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30/01/2015

Un mois qui s'achève

A Paris comme ailleurs, la page de ce dramatique mois de janvier s'apprête à être tournée: ce week-end. Ce n'est pas encore le cas place de la République, mais dans notre quartier du onzième arrondissement ensanglanté par les attentats, la vie reprend tout doucement son cours normal. Si l'on excepte la présence, toujours aussi massive, de policiers, de gendarmes et de militaires.

Rue Nicolas Appert notamment, les amoncellements de bouquets de fleurs, de bougies, et de messages ou dessins de sympathie ont cessé de grossir jour après jour. Les foules ne s'agglutinent plus à longueur de journées devant ces lieux de recueillement. On l'a encore constaté ce matin: on n'y croise plus guère que l'une ou l'autre personne – des touristes, notamment – en train de prendre des photos. Malgré tout, chaque soir, a-t-on pu remarquer, brûle toujours, à ces endroits, l'une ou l'autre bougie. Par le hasard des passants venus. Ou, qui sait, des riverains se chargent-ils de cette tâche vespérale quotidienne. Pour que, tout de même, malgré les jours passant, une flamme au moins demeure, dans la nuit.

L'autre jour, ce blog avait évoqué le relâchement des consignes de sécurité, en ce qui concerne l'envoi des écoliers parisiens en classes de neige. De la même manière, il est loin le temps où les piscines municipales du quartier Saint-Sabin étaient désertées par les écoliers, le plan Vigipirate à son degré d'alerte maximal prohibant toute sortie scolaire. Dorénavant, comme auparavant, les groupes scolaires s'y pressent à longueur de journées. Là aussi, donc, le relâchement est notable.

Nul, sans doute, ne fait grief aux directions d'écoles et à la mairie d'arrondissement de cet assouplissement, de facto, des consignes de sécurité. Chacun aspire à ce que la vie recommence comme avant. Mais très différente serait bien sûr la réaction populaire si, par malheur – qui peut promettre le contraire? –, un attentat survenait à nouveau. Là, illico, les autorités se verraient reprocher d'avoir été très inconscientes face au danger.

Cela n'arrivera peut-être jamais. Il n'empêche, en attendant, on ne trouve pas forcément adéquat ce fossé qui existe, dans notre onzième arrondissement – et ailleurs, à Paris –, et qui, de jour en jour, s'y creuse. Le fossé si visible entre, d'une part, un dispositif de vigilance antiterroriste qui est officiellement toujours à son degré maximal d'alerte (avec toutes les contraintes que cela implique, théoriquement), et, d'autre part, la façon, beaucoup plus décontractée, dont ce plan est appliqué, dans la vie de tous les jours.

Vigipirate maintenu au niveau «Alerte Attentat», ou pas? Dans tous ses aspects sans exception, ou pas? Dans les textes seulement, ou sur le terrain également?

A la faveur de ce changement de mois, les autorités pourraient peut-être trancher la question clairement.

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