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03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

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