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27/03/2015

Un dernier vestige en jeu

Ce week-end, en région parisienne, ce sera un des enjeux du second tour des élections départementales. Le maintien ou, au contraire, l'écroulement du dernier pan de ce qui, pendant près d'un siècle, a été un monument de la carte politique française: la «ceinture rouge» de Paris.

Ainsi que l'on dénommait les collectivités territoriales de la banlieue de la «Ville lumière» gérées par le Parti communiste. Cette «ceinture rouge» – expression née dès les années 1920 – a connu son apogée à la fin des années 1970. A l'époque, le PCF était à la tête de plus d'une centaine de villes de la petite et grande couronnes parisiennes. Cette «banlieue rouge» a commencé à s'effriter au début des années 80. Les élections municipales de l'an dernier ont consacré son basculement à droite. D'innombrables villes depuis très longtemps communistes ont été perdues par la gauche (Aulnay-sous-Bois, Bobigny, Saint-Ouen, Bagnolet, Le Blanc-Mesnil, Villepinte, etc.). Au fil des décennies, donc, la «ceinture rouge» d'antan est devenue «ceinture bleue». Et ce dimanche verra peut-être s'accomplir l'ultime étape de ce processus.

En effet, le dernier département de banlieue encore géré par les communistes, le Val de Marne, pourrait, à son tour, tomber à droite. Depuis sa création, en 1968, il a toujours été géré par le PCF (hormis pendant six ans, dans les années 70). Georges Marchais a été le député de ce département pendant un quart de siècle. Dimanche, à en croire les dernières estimations, le combat gauche-droite y sera extrêmement serré.

Un autre enjeu intéressant, cela dit, concernera tout autant la banlieue parisienne: la Seine-Saint-Denis. Outre que la gauche peut tout au plus espérer la conserver de justesse, c'est le département du pays où on a le moins voté, dimanche dernier. Quelque 63% des électeurs ont boudé le scrutin. Or, dans cette même Seine-Saint-Denis, à l'élection présidentielle de 2012, François Hollande avait réalisé son plus beau score métropolitain de second tour (65,3%), face à Nicolas Sarkozy. Qu'en reste-t-il, après trois ans? Un contraste frappant, qui en dit sans doute long sur un certain désenchantement.

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