Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

09/04/2015

Une ambiance assurément glaciale

Le communiqué restera dans les annales de la communication partisane française, pour sa brièveté. Une quinzaine de mots. Diffusé ce matin par le FN, il informe que «la rumeur d'un bureau exécutif (du parti) qui se déroulerait cet après-midi est totalement infondée». Ce ne sera donc pas dès ce jeudi que Marine Le Pen et son paternel, depuis hier officiellement en «rupture», laveront leur linge sale en famille.

L'ambiance doit assurément être glaciale en ce moment, au siège du parti – situé à Nanterre, en banlieue parisienne. Sans doute que chaque camp y compte les siens, et que le moindre cadre ou même simple employé se sent obligé de faire allégeance à l'un ou l'autre duelliste.

Dans tout cela, les communicants du FN essaient de sauver la face. Quitte à devoir jouer les mercenaires. Pour preuve hier, c'est le même directeur de la communication, Alain Vizier (originellement plus proche de Jean-Marie Le Pen que de sa fille), qui a envoyé aux médias les deux communiqués fatidiques de la journée. Celui du matin, dans lequel Marine Le Pen rompt avec un «Jean-Marie Le Pen (qui) semble être entré dans une véritable spirale, entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique». Puis, en fin d'après-midi, le communiqué dans lequel le paternel reproche à sa fille et à son clan d'avoir «ouvert au Front National une crise qui pourrait être grave de conséquences». Et annonce à «la Présidente du Front National» qu'il entend bien rester jusqu'au bout «un homme politique responsable, libre, qui a toujours marché tête haute et mains propres».

On ignore si le processus frontiste de validation des communiqués officiels du parti prévoient ou non, avant leur envoi aux médias, leur relecture systématique par la présidente et sa garde rapprochée, y compris lorsqu'il s'agit des communiqués paternels. Si une telle règle existe, son application éventuelle a dû être glaciale, hier. Tant, en l'occurrence ici, «le drame familial rejoint le drame politique. C'est à la fois le Roi Lear et Dallas» – comme l'a assez bien résumé le documentariste Serge Moati, hier.

Les commentaires sont fermés.