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23/04/2015

Un changement de garde

Aucun renforcement notable du dispositif de sécurité autour des églises, dans notre onzième arrondissement en tout cas. C'est ce qu'on a pu constater ce matin. Au lendemain de l'annonce qu'un projet d'attentat a été déjoué dimanche, visant une ou des églises en banlieue de Paris.

En revanche, là où le changement est notable – a fortiori dans notre quartier endeuillé par les attentats de janvier –, c'est dans la manière qu'ont les forces de l'ordre d'opérer. Au fil des semaines, elles en sont arrivées à privilégier autant que possible les gardes mobiles, par rapport aux gardes statiques. Laisser des gendarmes, des policiers ou des militaires stationnés à longueur de journées et en permanence devant des lieux susceptibles d'être visés par un attentat, cela coûte cher, en termes financiers et humains. Dès lors, ces gardes statiques et permanentes sont de plus en fréquemment remplacées par des surveillances ponctuelles et tournantes.

On comprend bien la logique d'un tel changement de garde, mais, visiblement, cela ne contribue pas à détendre le climat.

C'est ce qu'on s'est encore dit cette semaine. En assistant fortuitement au débarquement de militaires affectés à de telles gardes mobiles, devant un grand centre communautaire juif du quartier (que ce blog a déjà évoqué: ). Ils étaient une dizaine. Des paras, en treillis de combat. Armés comme s'ils étaient au Mali. Et qu'on n'avait jamais vus auparavant, dans le quartier. Ils se sont postés à tous les coins de la rue, ont monté la garde pendant une heure, ont toisé du regard quiconque, passant ou riverain, qui osait s'approcher, puis sont repartis. Cette apparition si massive et soudaine a tendu le quartier. On a vu des mamans dont les gosses étaient en train de jouer dans un square voisin regrouper leur progéniture, puis s'en aller vite fait. On a entendu des «Il se passe quelque chose?», dans la bouche de riverains. On a croisé des regards inquiets.

C'était une ambiance qui contrastait vraiment avec celle que l'on vit quotidiennement, depuis janvier, dans les lieux du quartier qui, eux, sont surveillés de manière statique et permanente. A ces endroits, à force de se côtoyer, riverains, gendarmes et policiers en sont venus à se connaître, à échanger, voire à sympathiser. On se salue, on se sourit, on bavarde un peu. Dans un souci commun de rendre le moins désagréable possible pour tout le monde ce dispositif d'alerte sécuritaire maximale, si pesant. Et qui devient si durable – bientôt quatre mois, déjà.

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