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22/05/2015

«Un dumping social»

Il n'a pas l'air d'être trop bien parti, ce grand plan que le gouvernement avait lancé dernièrement (relire ici), destiné à renforcer l'attractivité touristique de Paris notamment en améliorant sa desserte par taxi, depuis les aéroports de Roissy et d'Orly.

Les autorités croyaient avoir amadoué les taxis parisiens en leur concédant une voie dédiée sur une portion de l'autoroute A1, à l'heure de pointe matinale. La profession a apprécié, mais, pour autant, elle n'est pas prête à avaler l'idée d'un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports». Hier jeudi, dans Paris, une manifestation de taxis, assez suivie, a protesté contre ce projet.

Il s'agirait de déterminer un montant fixe pour la course entre Paris et ses aéroports, semble-t-il autour de 50-55 euros. Mais les chauffeurs s'indignent (là, par exemple) à l'idée qu'une tarification forfaitaire les oblige à «travailler la nuit et le jour pour le même prix, les jours ouvrés et le dimanche et les jours fériés aux mêmes tarifs», et à «gagner le même revenu, que la course dure trente ou soixante minutes». A leur sens, ce serait du «dumping social», qui ne pourrait «que dégrader les conditions de travail des chauffeurs et par là même la qualité de service au public». Pas question pour eux, donc, de sortir du mécanisme actuel de tarification au compteur. Tout au plus se disent-ils prêts à discuter de l'instauration éventuelle d'un tarif plafond, qui ne pourrait pas être dépassé.

L'Autorité de la concurrence devrait rendre son avis sur le sujet en juin. Mais il se dit que le gouvernement pourrait ne pas même attendre cet avis, et imposer sa réforme dès la semaine prochaine.

Un tel passage en force serait assez inédit. En effet, dans le passé, très rares ont été les gouvernements qui ont osé heurter de front le lobby des taxis, dont les manifestations (opérations escargot, blocages des grands axes, etc.) sont souvent très perturbatrices de la circulation, et donc redoutées par les gouvernants. Même Nicolas Sarkozy, à l'époque où il était à l'Elysée, s'était bien gardé de suivre les recommandations que Jacques Attali lui avait faites, de réformer de fond en comble cette profession.

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