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29/05/2015

Un fameux désaveu

Elle peine, décidément, dans les grands dossiers d'urbanisme: Anne Hidalgo.

La maire PS de Paris vient de se faire mettre en minorité, concernant le projet très controversé d'agrandissement du stade de Roland Garros (relire , par exemple). Malgré son avis défavorable, les élus parisiens ont voté deux textes des Verts (voir ici), réclamant qu'on ne passe pas en force, sur ce dossier. C'est une fameuse gifle, pour la maire de Paris.

Une de plus. Elle qui, pareillement, avait déjà subi un identique désaveu à propos du projet de l'immense Tour Triangle. Et qui s'était pris un camouflet de la Justice dans le dossier emblématique de la nouvelle Samaritaine.

Anne Hidalgo fait semblant de rien. Pour preuve, comme si de rien n'était, le site web de la mairie, dès sa page d'accueil, fait toujours une pub faramineuse pour ce futur nouveau Roland Garros. Et, sur ce site, il faut vraiment bien chercher avant de trouver trace de ce vote en forme de camouflet. La maire compte sur Manuel Valls pour, malgré cette hostilité, délivrer les permis de bâtir. Les opposants au projet, eux, espèrent toujours que la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, sorte de son silence, sur ce dossier: monte au filet, en somme.

Pendant ce temps, jeu set et match, le tournoi de tennis bat son plein.

28/05/2015

Une fausse bonne idée?

Transports, Police, Economie, Personnalités, Elections régionales Obliger les usagers des transports publics à avoir une pièce d'identité sur eux. C'est l'une des idées de campagne de l'ex-ministre sarkozyste Valérie Pécresse. Qui, pour la droite, brigue la présidence de la région parisienne, en vue des élections régionales de décembre.

L'objectif affiché est de mieux lutter contre la fraude dans les transports. Aujourd'hui, neuf amendes sur dix infligées aux resquilleurs ne sont pas payées. Les intéressés donnant très souvent des identités et des adresses fantaisistes aux contrôleurs, les amendes ne leur parviennent jamais. Valérie Pécresse espère donc, via cette mesure, augmenter le taux de recouvrement de ces amendes.

Une partie de son raisonnement est d'une logique imparable: on peut très bien obliger les usagers du métro ou du RER à avoir une pièce d'identité sur eux, puisqu'on impose bien aux passagers des compagnies aériennes d'avoir leur passeport, et aux automobilistes de détenir leur permis de conduire et les documents du véhicule. Et il est vrai qu'en région parisienne, la fraude entraîne chaque année un manque à gagner de 400 à 500 millions d'euros, ce qui n'est pas rien pour les sociétés de transports. Mais une telle réforme, mine de rien, entraînerait un changement qui n'est pas mince.

Aujourd'hui, la loi permet aux contrôleurs des sociétés de transports ou autres vigiles et agents de sécurité de réclamer qu'on décline son identité. Mais elle ne les autorise pas le moins du monde à exiger que l'on produise une pièce d'identité, pour prouver celle-ci. C'est la prérogative des forces de l'ordre.

Transports, Police, Economie, Personnalités, Elections régionales Selon nombre de juristes, étendre cette possibilité à d'autres professions également nécessiterait probablement plus qu'une simple proposition de loi, et pourrait même poser des difficultés constitutionnelles.

Du reste, les syndicats des personnels des sociétés de transports ne sont globalement pas du tout demandeurs d'une telle évolution. Ils redoutent qu'elle conduise à terme à ce que des missions de police soient confiées à leurs agents, alors qu'ils n'ont aucunement été formés pour cela.

27/05/2015

Une éternité encore à attendre

Vingt ans que cela n'était plus arrivé. Ce mercredi, les cendres de deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, entrent au Panthéon. Elles figurent parmi les quatre héros de la Résistance qu'a choisi d'honorer François Hollande. La dernière fois qu'une femme avait été panthéonisée, c'était le 20 avril 1995. François Mitterrand avait alors fait entrer Marie Curie – et son époux, Pierre Curie – au Panthéon.

Ce soir et d'un seul coup, le nombre de femmes reposant dans ce temple républicain des «grands hommes» aura carrément doublé. Puisque, jusqu'à aujourd'hui, elles n'étaient que deux à y figurer: Marie Curie, donc, et Sophie Berthelot – et encore, cette dernière y repose en qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot. Au total, parmi ces honorables sépultures, on compte à peu près 17 fois plus d'hommes que de femmes.

A l'époque où François Hollande avait fait connaître son choix (relire par exemple ici ou ), les féministes avaient dit leur satisfaction. Il n'empêche, au rythme d'une panthéonisation par Président, on vous laisse calculer le nombre de quinquennats qu'il faudra encore, avant que la parité hommes-femmes règne également dans cette institution.

26/05/2015

Une belle affiche

Justice, Cinéma, Gouvernement, Personnalités, TaubiraLe film n'a pas eu la Palme d'or, dimanche soir. Mais l'affiche pourrait être belle, ce soir.

«La Tête haute», qui a fait tant parler de lui au Festival de Cannes, raconte l'histoire d'un jeune en rupture familiale et sociale ainsi que d'une juge pour enfants et de son éducateur, ceux-ci se battant pour qu'il ne sombre pas encore davantage dans la délinquance. Le rôle de la magistrate est interprété par Catherine Deneuve. Comédienne qui, ce soir, pourrait bien s'afficher avec... le membre certainement le plus haut en couleurs du gouvernement Valls.

Sur le coup de 19h30, en effet, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a prévu de se rendre au cinéma "Etoile Saint Germain", à Saint-Germain-des-Prés. Elle y assistera à la projection de «La Tête haute», suivie d'un débat. Des professionnels de la justice des mineurs participeront aux échanges, de même que des jeunes qui sont pris en charge par la Protection judiciaire de la Jeunesse, ainsi que l’équipe du film.

Est-ce pour ménager le suspense? La présence de la diva du cinéma français – par ailleurs icône, depuis tant d'années, de Saint-Germain des Prés – n'a pas été précisément annoncée, par le cabinet de la garde des Sceaux. Mais sûr que, auquel cas, la rencontre des deux femmes, vu leur forte personnalité à chacune, ne manquerait ni de relief, ni de piquant.

 

PS: On n'est jamais assez prudent. Comme il y aura vraisemblablement pas mal de journalistes à cette séance de ciné particulière, et vu que, dans la salle et sur scène, des mineurs délinquants seront présents, le service de com' du cabinet Taubira a bien pris soin de conditionner l'accréditation des représentants des médias à leur engagement formel de «respecter les dispositions en vigueur concernant l’anonymat des mineurs». La grande ordonnance de 1945 sur la justice juvénile et la loi de 1881 sur la presse interdisent «de divulguer toute information concernant l'identité et la personnalité des mineurs délinquants». Dès lors, à l'"Etoile Saint Germain" ce soir, les médias seront tenus de «garantir, lors de la diffusion, l’anonymat physique et patronymique de tous les mineurs filmés et de leur famille». Pas mal de floutage en vue, du coup.

22/05/2015

«Un dumping social»

Il n'a pas l'air d'être trop bien parti, ce grand plan que le gouvernement avait lancé dernièrement (relire ici), destiné à renforcer l'attractivité touristique de Paris notamment en améliorant sa desserte par taxi, depuis les aéroports de Roissy et d'Orly.

Les autorités croyaient avoir amadoué les taxis parisiens en leur concédant une voie dédiée sur une portion de l'autoroute A1, à l'heure de pointe matinale. La profession a apprécié, mais, pour autant, elle n'est pas prête à avaler l'idée d'un «forfait-taxi pour les trajets Paris aéroports». Hier jeudi, dans Paris, une manifestation de taxis, assez suivie, a protesté contre ce projet.

Il s'agirait de déterminer un montant fixe pour la course entre Paris et ses aéroports, semble-t-il autour de 50-55 euros. Mais les chauffeurs s'indignent (là, par exemple) à l'idée qu'une tarification forfaitaire les oblige à «travailler la nuit et le jour pour le même prix, les jours ouvrés et le dimanche et les jours fériés aux mêmes tarifs», et à «gagner le même revenu, que la course dure trente ou soixante minutes». A leur sens, ce serait du «dumping social», qui ne pourrait «que dégrader les conditions de travail des chauffeurs et par là même la qualité de service au public». Pas question pour eux, donc, de sortir du mécanisme actuel de tarification au compteur. Tout au plus se disent-ils prêts à discuter de l'instauration éventuelle d'un tarif plafond, qui ne pourrait pas être dépassé.

L'Autorité de la concurrence devrait rendre son avis sur le sujet en juin. Mais il se dit que le gouvernement pourrait ne pas même attendre cet avis, et imposer sa réforme dès la semaine prochaine.

Un tel passage en force serait assez inédit. En effet, dans le passé, très rares ont été les gouvernements qui ont osé heurter de front le lobby des taxis, dont les manifestations (opérations escargot, blocages des grands axes, etc.) sont souvent très perturbatrices de la circulation, et donc redoutées par les gouvernants. Même Nicolas Sarkozy, à l'époque où il était à l'Elysée, s'était bien gardé de suivre les recommandations que Jacques Attali lui avait faites, de réformer de fond en comble cette profession.

21/05/2015

Un démarrage fulgurant

Paris, Musique, CultureEnfin une bonne nouvelle, pour La Philarmonie. Cet immense temple parisien de la musique, qui a été inauguré en janvier à La Villette. Jusqu'à présent, ce paquebot culturel avait surtout fait parler de lui pour l'envolée de son coût et de ses délais de construction (relire ici, par exemple). Mais là, il semble susciter l'engouement.

550.000, c'est le nombre de visiteurs que La Philarmonie a accueillis, en quatre mois. C'est plus que prévu, et cela lui permet d'afficher un taux de remplissage de 96% pour ses concerts. Surtout, un quart du public des concerts provient des quatre arrondissements populaires du Nord-Est de Paris, et 10% rien que du 19e, où l'institution s'est établie. Dans le même temps, le public d'origine – celui de la Salle Pleyel, donc majoritairement issu des beaux quartiers de l'ouest parisien – a visiblement suivi, lui aussi. Il a pris sans heurts ses nouvelles habitudes dans ce grand ensemble situé pourtant dans un environnement sociologique moins favorisé et dans un cadre urbain plus ingrat: en contrebas du périphérique.

Les finances de l'institution seront stabilisées si, à l'avenir, ce succès se confirme. Mais ce n'est pas gagné d'avance. Car, si La Philarmonie n'a pas désempli dès son ouverture, c'est aussi et surtout parce qu'elle a eu le nez fin. Parce que, d'entrée de jeu, elle a programmé une exposition thématique très populaire, et qui avait déjà remporté un grand succès à l'étranger: la rétrospective consacrée à David Bowie. Il faudra donc voir si, par la suite, des choix de programmation moins immédiatement consensuels remporteront tout autant l'adhésion du public.

11:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, musique, culture

20/05/2015

Une décontraction très nouvelle

Quand les magazines de papier glacé entrent en collision avec les débats à l'Assemblée. Hier après-midi, les députés sarkozystes ont mené la charge contre le gouvernement, qu'ils accusent de «complicité hypocrite» avec le «proxénétisme procréatif». C'est tout le débat à propos de la GPA, ou gestation pour autrui: le recours à l'étranger, par des Français, à des mères porteuses. Et voilà que ce matin, dans «Gala», un animateur télé de la chaîne M6 s'affiche, tous sourires (), avec son petit Elliot: enfant de trois mois issu d'une GPA menée aux Etats-Unis.

Ce n'est pas la première fois qu'une personnalité cathodique française a recours à une mère porteuse, mais jamais auparavant (à moins que cela nous ait échappé) cette démarche n'avait été rendue publique aussi ouvertement, et assumée avec autant de décontraction.

Du coup, il sera intéressant de voir si le gouvernement va faire semblant de rien. Ou, au contraire, faire en sorte que des poursuites soient diligentées contre l'intéressé. Puisque, théoriquement, il est passible de peines de prison et d'amende (voir ici). Intéressant aussi de voir la consigne que Nicolas Sarkozy va donner à ses troupes. Les envoyer descendre en flammes cet animateur télé? Ou, au contraire, ne pas faire trop de vagues sur ce cas précis, pour ne pas risquer de se mettre à dos l'électorat des jeunes accros à ce genre de programmes télévisés ainsi qu'à l'humour potache qu'affectionne ce présentateur.

Reste à voir également si un "coming out" de ce type est de nature, ou non, à faire évoluer le jugement que porte l'opinion sur le recours aux mères porteuses. Un jugement qui a basculé, à l'occasion de la grande bataille de 2013 sur le «mariage gay». Auparavant, les Français n'étaient pas spécialement opposés à la GPA. Mais, à présent (voir , par exemple), ils la désapprouvent majoritairement.

19/05/2015

Un privilège à relativiser

paris,banlieues,logement,social,art de vivreHabiter à Paris et dans sa région: le rêve. C'est souvent l'idée qu'on s'en fait quand on n'y réside pas, et a fortiori quand on voit cela depuis l'étranger. Une étude statistique publiée ce matin vient relativiser ce privilège supposé.

Ainsi, en région parisienne, 19,5% des logements sont considérés comme surpeuplés, soit trois fois plus qu'en province (6%). C'est bien sûr dû au fait que la capitale et sa banlieue se distinguent par l'exiguïté de leurs habitations: elles «accueillent en moyenne 2,3 habitants, soit autant qu’au niveau national, alors que le nombre moyen de pièces et la surface habitable moyenne y sont nettement plus faibles». N'en déplaise au cliché de Paris et ses grands appartements haussmanniens, dans la «Ville lumière», «la part des logements surpeuplés dépasse 25%».

Des logements trop petits, donc. Et, en plus, pas forcément en très bon état. Ou, du moins, pas toujours confortables.

Ainsi, un quart des résidences principales situées en région parisienne ont un problème d’humidité. A Paris intra muros, ce taux monte à 28,6%, «du fait de l’ancienneté et de la vétusté d’une partie du parc» résidentiel. Dans la capitale, 6% des logements connaissent également des soucis d'infiltrations d’eau, soit davantage que dans le reste du pays.

Enfin, en 2013, près d'un Parisien sur quatre (23,4%) a déclaré avoir eu froid dans son logement. Ce n'est pas seulement dû au fait que, cette année-là, la France a connu «l’un des hivers les plus froids depuis vingt ans». Cet inconfort thermique est aussi la conséquence des qualités des logements: en région parisienne, «les deux causes du froid (dans l'habitation) les plus souvent citées par les ménages sont la mauvaise isolation et les installations de chauffage insuffisantes».

Mais à part cela, bien sûr, habiter à Paris est un bonheur permanent.

18/05/2015

Un trait d'union, bienvenu

On peut n'y voir qu'une passerelle, sans grand intérêt. On peut aussi considérer que c'est l'amorce du début de la réduction de la fracture entre Paris et sa banlieue: deux territoires qui se côtoient, mais qui manquent si souvent de pont et de lien entre eux.

Le périphérique ne coupe dorénavant plus totalement la «Ville lumière» des communes situées de l'autre côté de ce boulevard. Pour la première fois, en effet, une passerelle piétonne a été aménagée au-dessus de ce périph'. Elle relie Paris et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Longue de 65 mètres, pesant 120 tonnes, réservée aux piétons et aux vélos, elle surplombe désormais le boulevard périrurbain le plus fréquenté d'Europe.

Les habitants pourront donc aller et venir beaucoup plus aisément qu'auparavant d'une rive à l'autre de la rocade. L'espoir est que cela crée des liens, non seulement individuels, mais aussi collectifs.

Bien.

15/05/2015

Un objectif ambitieux, une origine inchangée

métrofemmes.jpgUne femme à la tête de la RATP. Voilà qui ne pourra pas faire de mal à la mobilisation décrétée contre le fléau des violences et des agressions qui, dans le réseau parisien de transports en commun, visent spécialement les femmes.

L'intéressée, Elisabeth Borne, vient de voir son projet de nomination validé par le Sénat et l'Assemblée. Il ne manque donc plus qu'un arrêté pris en Conseil des ministres, pour qu'elle puisse entrer en fonctions. Lors de son audition par les parlementaires, elle a promis de faire de la régie parisienne «l'entreprise de référence, en termes de mobilité durable». La barre est donc placée haut. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a du pain sur la planche, vu l'état général actuel du réseau.

La future PDG, qui dirigera 55.000 salariés, sort du sérail politique. En effet, elle vient du cabinet de la ministre des Transports, Ségolène Royal, cabinet qu'elle dirigeait. C'est un grand classique, à la régie parisienne. Pour preuve, à sa tête, Elisabeth Borne remplacera Pierre Mongin. Ce dernier avait été nommé à la présidence de l'entreprise publique en 2006, par le Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin, dont il dirigeait le cabinet.

Force est donc de constater que, malgré le grand slogan de campagne de François Hollande («Le changement, c'est maintenant»), les plus hauts postes publics restent squattés par des personnalités qui, toutes, sont extrêmement marquées, politiquement. Sans que ce constat conduise à (préj)juger négativement les qualités de la future patronne de la RATP – ses 10 millions d'usagers quotidiens constateront très vite, dans leur vécu journalier, si l'on progresse, ou non, vers son si ambitieux objectif d'«entreprise de référence».

13/05/2015

Un réseau condamné

Condamnés à de la prison ferme, pour des vols. La Justice a-t-elle considéré qu'il fallait frapper fort, alors que, ces dernières années à Paris, ont successivement éclaté plusieurs scandales du même acabit (relire par exemple ici ou )? Toujours est-il qu'elle vient de condamner à des peines de prison les piliers d'un réseau qui sévissait à Orly.

 

Des bagagistes de cet aéroport pillaient les valises des voyageurs. Trois d'entre eux dévalisaient les soutes des avions, pendant que le quatrième faisait le guet sur le tarmac. Leur manège a duré pendant au moins deux ans, entre 2009 et 2011, certains ayant même avoué l'avoir débuté dès 2007. Articles de maroquinerie, bijoux, téléphones, tablettes, consoles de jeu, caméscopes ou appareils photo numériques: leur larcin, quand il a été mis au jour par les policiers, ressemblait à une véritable caverne d'Ali Baba, haut de gamme.

 

L'autre jour, donc, les quatre piliers de ce réseau ont été condamnés à des peines de prison ferme (allant de six à neuf mois) ainsi qu'à des amendes et à trois ans d'interdiction de travailler dans un aéroport. Treize autres personnes, sous-fifres du réseau, ont écopé de prison avec sursis et d'amendes, pour abus de confiance et recel.

 

Un jugement qui, en tout cas, ne tombe pas à n'importe quel moment: à l'approche des vacances, qui vont drainer des millions de voyageurs à Roissy et à Orly.

12/05/2015

Un presque homonyme

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes3502 voleurs à la tire interpellés dans les transports publics parisiens, en 2014. Soit presque dix par jour, ce qui n'est tout de même pas rien.

Et aussi 882 receleurs de téléphones et autres appareils volés à des usagers. Et 1252 détenteurs d'armes prohibées – pas mal de couteaux en circulation, visiblement, dans les bus et le métro... – et 109 détrousseurs matinaux de voyageurs fatigués ou de fêtards éméchés. Sans oublier, dans les six gares que compte la capitale, 95 voleurs de bagages arrêtés.

Tel est le bilan de la Brigade des réseaux franciliens (BRF), pour l'an dernier. Il a été dressé hier par la préfecture de police de Paris, qui a félicité pour son action ce «bras armé de la police régionale des transports».

Police qui a désormais un nouveau grand patron. Le commissaire divisionnaire Jean-Marc Novaro, c'est son nom. Il s'en est donc fallu de peu (deux lettres) pour que la capitale et sa région aient à la tête de leur police des transports un homonyme du commissaire Navarro: le plus célèbre flic parisien de la télé...

L'intéressé connaît le terrain. Ces trois dernières années, en effet, au titre de détaché du ministère de l’Intérieur, il a officié comme directeur de la sécurité de la RATP. Lundi, le préfet de police lui a fixé comme priorité notamment la lutte contre les violences faites aux femmes.

Paris, Banlieues, Transports, Métro, Sécurité, Police, Femmes«Professionnalisme, dialogue et performance»: c'est ce que promet () ce commissaire Novaro pas Navarro. Vu l'ampleur prise par le fléau des agressions à caractère sexuel perpétrées dans le réseau des transports publics (ce blog l'évoquait, dernièrement: ici), c'est peu dire qu'il a du pain sur la planche.

Et donc qu'il est particulièrement attendu au tournant.

11/05/2015

Une faute de goût réparée

L'initiative se justifie bien sûr en soi, mais elle peut aussi être vue comme l'implicite réparation d'une grosse faute de goût.

L'Assemblée nationale vient de lancer le cycle de cérémonies commémorant Olympe de Gouges (1748-1793): grande figure de la Révolution, guillotinée sous la Terreur. C'est à elle que l'on doit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et notamment cette formule célèbre: «La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune». Il y a quelques mois, des énergumènes des services de l'Assemblée avaient cru bon, pour rendre hommage à cette féministe, de réaliser à son effigie... un tablier de cuisine (). Intégré à la boutique en ligne de l'Assemblée, l'article n'y était resté que quelques heures, puis en avait été retiré vu le tollé. On a encore vérifié ce matin, en parcourant en vitesse les rayons de ce magasin, on n'y trouve désormais plus trace de cette initiative si douteuse, ni du moindre article pouvant paraître péniblement sexiste.

En lieu et place de cette bévue, le président de l'Assemblée a, l'autre jour, dans un discours solennel, vanté les qualités et le legs de cette «femme extraordinaire, qui eut l'audace, dans cette période troublée de la Révolution, de réclamer des droits pour les esclaves, les indigents et les femmes». Et d'annoncer qu'en octobre prochain (à l'occasion de la célébration du 70e anniversaire de l'élection des premières femmes députées), un buste de cette figure historique serait officiellement installé, dans l'enceinte de l'Assemblée.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, 222 ans après la mort de l'intéressée.

07/05/2015

Un effet induit

Paris, Banlieues, Terrorisme, Sécurité, TransportsLa délinquance et l'insécurité ont dégringolé en France, et singulièrement à Paris, depuis les attentats de janvier. Et c'est très probablement dû à Vigipirate, le dispositif de vigilance antiterroriste – qui, en région parisienne notamment, a été relevé à son niveau maximal d'alerte.

Les derniers chiffres en date de l'Observatoire national de la délinquance sont assez spectaculaires. En ce qui concerne par exemple les vols perpétrés sur le réseau ferré de la région parisienne, qui est «l’un des principaux espaces de déploiement des forces de l’ordre et des militaires du plan Vigipirate». Pendant les trois semaines de janvier qui ont suivi les attentats, ces vols ont été «en baisse de près de 40% par rapport aux mêmes semaines de 2014». Puis, lors des six semaines suivantes, les baisses mesurées ont à nouveau été «fortes», «sans atteindre de tels niveaux» (aux alentours des 30%). En mars, encore et toujours, une réduction a été enregistrée, dans la zone de 20%. Ce n'est que depuis la fin de ce mois-là que la diminution est retombée sous la barre des 10%.

Il faut être prudent avant d'attribuer de manière certaine cette dégringolade à la "peur du gendarme" subitement déployé en masse dans les rues. En effet, «dès la première semaine de l’année 2015, celle qui s’est conclue le mercredi de l’attaque de l’hebdomadaire "Charlie Hebdo", le nombre de faits de vols sur le réseau ferré d’Île-de-France était en forte baisse». Et, en novembre 2014, pareillement, le nombre de faits de vols a connu des diminutions hebdomadaires de 25%. Il n'empêche, les experts en criminalité jugent vraiment «très singulières, au regard de l’ensemble des statistiques hebdomadaires», ces variations observées lors des trois semaines de janvier ayant suivi l’attaque contre "Charlie". Ils estiment donc «légitime» le «scénario d’un effet du plan Vigipirate» sur ce type de délinquance et de criminalité, même si cet effet, «avec le temps, se serait réduit progressivement».

En d'autres termes, Vigipirate, qui a pour but de «terroriser les terroristes» (comme dirait Charles Pasqua), incite visiblement aussi les «sauvageons» (comme les appelait Jean-Pierre Chevènement) et autres petits malandrins à se tenir à carreau.

Sans doute est-ce déjà cela.

06/05/2015

Une «maladresse», on va dire

Une chaîne de télé française rappelée à l'ordre à propos d'un commentaire déplacé relatif à des citoyens belges. Ce n'est pas si fréquent, et pourtant cela vient de se passer.

Hier soir, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait savoir () qu'il était intervenu auprès de LCI: la chaîne d'info continue du groupe TF1. En cause, un sujet qu'elle a diffusé en boucle, relatif au scandale d'évasion fiscale qui éclabousse la banque suisse HSBC. Le journaliste de LCI, évoquant le type de clients de la banque impliqués dans cette affaire, a cru bon de les énumérer de la sorte: «Dans cette banque-là, il y avait des trafiquants d’armes internationaux, des trafiquants de drogue. Il y avait des gens qui ont financé Al-Qaïda. Il y a des diamantaires juifs d’Anvers qui avaient des comptes très importants à Genève».

Pour le "gendarme de l'audiovisuel", «faire état de la judéité des personnes mises en cause, dans une énumération faisant référence à des trafiquants d’armes, de drogue et des personnes ayant financé Al Qaïda, peut contribuer à alimenter les amalgames et à encourager les discriminations». Or, LCI et toutes les radios et télés françaises en général sont contractuellement tenues de «respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public» de «ne pas encourager des comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion ou de la nationalité», et de «promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité».

Le CSA attribue cet écart, non à une volonté délibérée, mais à la «maladresse» du commentateur concerné. Préférons, en effet, pour le bon moral de tout le monde dans ce pays, voir les choses sous cet angle.

05/05/2015

Un grand n'importe quoi

Partis, Personnalités, Le Pen, Droit, Famille, FemmesPuisque, vu l'actualité d'hier soir, ce blog peut aujourd'hui difficilement parler d'autre chose que de la famille Le Pen – décidément, et plus que jamais, la famille Addams de la politique française –, peut-être quelqu'un devrait-il signaler deux choses à Jean-Marie Le Pen.

D'abord, puisqu'il veut «répudier» sa fille Marine et faire en sorte qu'elle ne puisse plus porter son patronyme, l'informer que la répudiation des femmes (qu'elles soient épouses ou filles) n'est pas permise, en droit français. S'agissant du mariage, cette façon de le dissoudre qui découle de la volonté unilatérale du mari, donc est par essence inégalitaire, ne peut jamais avoir cours en France, en tout cas entre époux Français "de souche" (pour prendre un terme bien lepéniste), les choses étant moins claires (voir par exemple ici) quand il s'agit de statuer sur la reconnaissance ou non, par la justice française, d'une mesure de répudiation prononcée à l'étranger.

Du reste, il est assez piquant de voir le chef historique d'une formation d'extrême droite en arriver à prôner une sanction relevant du droit musulman, alors que son parti dénonce en boucle «l'islamisation» de l'Hexagone.

Ensuite, signaler à Jean-Marie Le Pen que, s'il ne peut répudier sa fille, il peut, éventuellement, la déshériter. La procédure, cela dit, n'est pas simple, le Code civil français imposant traditionnellement, lors d'une succession, une part réservataire pour chacun des enfants – mais le processus d'harmonisation européenne pourrait bientôt nuancer cela (lire par exemple ).

Du reste, il serait assez piquant de voir Jean-Marie Le Pen en arriver à faire le malin sur la question de son héritage. Alors que lui-même est soupçonné d'avoir planqué en Suisse des millions d'euros, notamment en pièces d'or et en lingots – ses explications sur le sujet tardent à venir, d'ailleurs.

04/05/2015

Un ultime sursis octroyé

Les médias français en ont relativement peu parlé, ces derniers jours, mais c'est pourtant une fameuse épée de Damoclès qui pèse désormais sur l'Hexagone, et qui concerne Paris au premier chef.

La Commission européenne a adressé au gouvernement Valls une sèche mise en garde (ici), l'invitant à prendre enfin «des mesures ambitieuses, rapides et efficaces» pour lutter contre la pollution de l'air. En cause, cette pollution aux particules fines qui pose tant de problèmes à la «Ville lumière» et à la plupart des agglomérations du pays. Bruxelles rappelle que «les chiffres des autorités françaises les plus récents montrent que le problème de pollution de l'air persiste et que les limites maximales journalières pour ces particules sont dépassées dans dix zones». Or, souligne sèchement la Commission, «la France n’a pas adopté les mesures qui auraient dû être appliquées depuis 2005, pour protéger la santé de ses citoyens». Alors qu'en février 2013 encore, Bruxelles avait mis une énième fois Paris en demeure de se bouger, sur la question.

L'Europe donne à la France un dernier délai de deux mois, pour s'activer. Sinon? «La Commission pourra saisir la Cour de justice de l'Union européenne». Et cette juridiction pourrait infliger à la France des amendes dont le montant pourrait atteindre des dizaines de millions d'euros.

Ségolène Royal n'a toujours pas réagi. Il va être intéressant de voir comment la ministre de l'Ecologie va gérer ce dossier. Elle qui vient d'avoir une violente passe d'armes avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui reproche au gouvernement son apathie sur le fléau de cette pollution – voir comment Ségolène Royal, hostile à toute «écologie punitive», n'a cessé de traîner les pieds chaque fois qu'elle a dû valider la mise en place de la circulation automobile alternée, dans la capitale.