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05/06/2015

Un patrimoine parisien séculaire

Economie, Patrimoine, Histoire, Paris, Gouvernement Ne pas achever la semaine sans faire écho à ce qui est une bonne nouvelle, pour notre quartier Bastille. Un de ses savoir-faire séculaires pourrait se voir reconnu à sa juste valeur, et protégé en conséquence.

Le gouvernement, en effet, vient de faire paraître un décret qui étend le dispositif de reconnaissance régissant les Appellations d'origine contrôlée (AOC): le label qui distingue et protège les spécialités gastronomiques régionales (le chabichou du Poitou, la noix du Périgord, le brie de Meaux, etc.). Désormais, cette démarche compte une déclinaison appelée les «Indications géographiques». Celles-ci reconnaissent et protègent les produits manufacturés et ressources naturelles «liés à un territoire par des caractéristiques, un savoir-faire ou un procédé de fabrication». La porcelaine de Limoges, par exemple, ou le savon de Marseille, ou encore la dentelle de Calais.

Le rapport avec notre bon vieux quartier Bastille? Ce label pourrait s'appliquer au Faubourg Saint-Antoine. En l'occurrence, aux meubles et produits d'ébénisterie traditionnelle créés par les artisans qui travaillent dans les ateliers situés dans les cours et passages donnant sur la rue du Faubourg Saint-Antoine: le boulevard qui relie les places de la Bastille et de la Nation.

Pour la petite histoire, la tradition de ces artisans parisiens remonte à très longtemps. Dès 1657, autorisés à ce faire par Colbert, ils adaptèrent les créations des ateliers royaux et, s'écartant du seul recours à l'essence de chêne, innovèrent en recourant également à l'acajou, à l'ébène et même au bronze et à la marqueterie. La production de la corporation des ébénistes du Faubourg Saint-Antoine atteint son apogée à la fin du XVIIIe, puis survécut vaille que vaille, au fil des siècles.

Economie, Patrimoine, Histoire, Paris, Gouvernement Aujourd'hui encore, dans les vieux passages du XIe arrondissement (passages du Chantier, des Trois frères, de la Bonne graine, etc.), ces artisans perpétuent cette si vieille tradition.

Leurs ateliers donnent une idée pittoresque de ce qu'était le XIe populaire avant sa boboïsation et son invasion par le commerce mondialisé: les Nike, Gap, Zara, H&M, Starbucks, etc.

Alors, sûr que, pour continuer à survivre, les vieilles corporations comme celle des ébénistes du Faubourg Saint-Antoine ont besoin de bien d'autres choses encore que juste d'un label: une politique globale en faveur de l'artisanat, par exemple, davantage de formations pour les jeunes désireux de se lancer dans ces métiers, etc. Mais sans doute est-ce déjà cela.

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