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08/06/2015

Une envolée saisissante

Les médias français l'ayant peu fait, ce week-end, évoquons ces quelques chiffres. Puisqu'il n'y a pas de raison que la transparence ne s'applique pas également à ce domaine d'activité-là.

En remportant le tournoi de Roland Garros hier, Stan Wawrinka a empoché la coquette somme d'1,8 million d'euros. Ce qu'avait également fait Serena Williams, la veille. Puisque, dans ce secteur professionnel-là au moins, il y a égalité salariale entre hommes et femmes. Leurs adversaires malheureux, eux, ont dû se contenter – si l'on ose dire – de 900.000 euros chacun.

La Fédération française de tennis (FFT) rappelle régulièrement que, de tous les tournois du grand chelem, Roland Garros est loin d'être le mieux doté. Il n'en a pas moins connu, ces dernières années, une saisissante évolution à la hausse de ses dotations. Ainsi, cette année, elles ont atteint plus de 28 millions d'euros. Soit une hausse de 12% par rapport à l'an dernier. Entre 2013 et 2014, déjà, la dotation globale du tournoi avait augmenté de 13,7%. Et, entre 2012 et 2013, elle avait crû de 17%. Au total, donc, cela nous fait une hausse de plus de 40% en trois ans.

La FFT craindrait-elle que cela ne soit pas forcément bien pris par l'opinion française, où nul ne jouit de tels privilèges? Dans sa communication officielle sur le sujet, en tout cas, elle a pris soin de préciser que, «comme en 2013 et 2014, l'augmentation (de dotation) la plus significative concerne les perdants des 2e, 3e et 4e tours, qui voient leur rémunération augmenter de 16 à 19% par rapport à l'an dernier».

L'histoire ne dit pas s'il faut considérer ce traitement de faveur accordé aux derniers de la classe du tournoi parisien comme un vil «nivellement par le bas» – pour reprendre l'expression favorite de l'opposition sarkozyste, dans ses critiques des réformes éducatives menées par le gouvernement.

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