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09/06/2015

Un «consommateur captif», à «protéger»

Paris, Transports, Tourisme, EconomieRude début de semaine, décidément, pour la corporation des taxis. Depuis hier, elle se mobilise contre le développement en province d'UberPOP, le service qui permet aux particuliers d'arrondir leurs fins de mois en jouant les taxis. Hier soir, un tribunal administratif a suspendu l'expérimentation d'une voie dédiée aux taxis, sur l'autoroute A 1 (relire ici). En attendant de juger sur le fond, il a jugé recevable sur la forme le recours des sociétés de véhicules avec chauffeur (VTC), qui n'ont pas accès à cette voie dédiée.

En plus, hier toujours, l'Autorité de la concurrence a validé () le projet d'instauration d'un forfait pour les courses entre les aéroports de Roissy/Orly et Paris, forfaitarisation à laquelle les taxis s'opposent (relire ici).

A ses yeux, «le système actuel de tarification est particulièrement complexe pour le consommateur, et notamment pour le consommateur non parisien ou le touriste étranger». Cette complexité «contribue à créer un sentiment de défiance envers les taxis», voire incite à «la fraude». C'est ce qu'on appelle la "course d'approche": la facturation au client du trajet et du temps que le taxi qu'il a commandé met pour venir le chercher. Ce client, «lorsqu’il entre dans le véhicule, découvre un montant variable, pouvant être très élevé, alors qu’aucune prestation ne lui a encore été rendue et qu’il ne dispose d’aucun moyen pour en contrôler l’exactitude». Or, la facturation de cette course donne parfois lieu à une «fraude consistant pour le conducteur à prendre des détours, tant qu’il n’est pas visible du client, afin d’augmenter le montant facturé».

L'Autorité met aussi en lumière les aléas du système actuel de tarification des taxis parisiens, qui combine un tarif kilométrique avec un tarif horaire. Cette méthode «incite le chauffeur à sélectionner les tranches horaires où la circulation est fluide et où le parcours à une vitesse élevée est probable». Et donc à délaisser les courses où il risque de perdre du temps dans les embouteillages. Or, ces heures de pointe sont «précisément des heures de forte demande», de la part des clients.

Paris, Transports, Tourisme, EconomieEn outre, «les courses longues vers ou depuis les aéroports sont réputées plus rémunératrices que les autres trajets, de sorte que les taxis sont incités à rester positionnés aux sorties d’aéroports», au lieu d'aller en ville répondre à la demande des clients. Une étude de 2005 a montré qu'«à 8 heures du matin, près de 30% des taxis en attente se trouvent dans un aéroport, alors que c’est l’heure où la demande exprimée mais non servie à Paris serait la plus forte (plus de 16%)».

Bref, ces forfaits Roissy/Orly-Paris s'imposent, vu la «nécessité de protéger le consommateur, et notamment le touriste étranger, qui est captif lors de son arrivée aux aéroports». Captif? Car des modes de transport collectif alternatifs aux taxis existent, «mais présentent des inconvénients en terme de temps ou de confort, compte tenu par exemple des bagages à transporter». Et car les touristes étrangers non francophones et pas au courant des subtilités des tarifs des taxis parisiens sont «le plus fréquemment la cible des taxis clandestins situés aux abords des aéroports, ou des fraudes».

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