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17/06/2015

Un printemps différent

Arts, Transports, MétroC'est le printemps de l'art urbain, décidément, à Paris. Après les fresques sur la façade du ministère de la Culture puis sur le périphérique (relire ici ou ), c'est au tour des sociétés de transport de s'y mettre.

Ainsi, en l'honneur d'un des grands festivals de l'été rock parisien (), la RATP a une nouvelle fois métamorphosé la station de métro Duroc (lignes 10 et 13), dans le très chic septième arrondissement. En ce moment, les grands panneaux publicitaires en 4 par 3 qui ornent ses murs n'affichent plus de la réclame traditionnelle. Mais... des affiches «Rock’Art», imaginées spécialement pour l'occasion par des créateurs, qui y illustrent les vedettes de ce festival. Au passage, comme chaque été à cette époque, la station a changé de nom: elle a été temporairement rebaptisée «Durock».

Une quinzaine de stations plus loin, et là à une plus grande échelle, débute demain matin l'opération «Art Residence». Cela se passe à Paris-Nord, la plus grande gare d'Europe. Jusqu'au 8 juillet, elle sera le lieu de résidence de seize artistes de street art. Qu'ils viennent de France ou de l'étranger (Berlin, Londres, New York ou Barcelone), qu'ils soient créateurs vedettes confirmées ou en devenir, ils et elles ont reçu carte blanche. Pour redécorer des quais de la gare et des couloirs du métro avec des peintures, des fresques, des pochoirs et des collages.

Arts, Transports, MétroL'idée est venue d'un collectif d'usagers de Paris-Nord, né en 2013 et baptisé « Quai 36 ». Du nom d'une des voies de la gare d'où partent et arrivent les trains en direction ou en provenance du Nord, la région d'origine des initiateurs de ce projet. Ce groupe d’amis et de passionnés d'art urbain voulait revaloriser l’espace public, offrir aux centaines de milliers d'usagers quotidiens de la gare une «expérience à la fois esthétique, culturelle et profondément humaine». La SNCF, séduite par le projet, l'a validé et a même accepté de le financer.

Cela ne manque pas de piquant ni même d'un certain panache, voire d'élégance. Venant d'une société de transport qui, à longueur d'années, peste contre les tags, grafs et autres graffitis. Consacre un budget très important à leur nettoyage. Et, quand elle réussit à attraper leurs auteurs, les traîne systématiquement en justice – obtenant parfois qu'ils soient condamnés à lui verser des dommages et intérêts d'un montant considérable.

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