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31/08/2015

«Un nouveau pas», un peu lent

Paris, Education, Informatique, Communication, JeunesseRentrée demain en France, pour quelque 12 millions d'élèves. Dont près de 200.000 scolarisés dans les établissements de la Ville de Paris. Ces derniers bénéficieront notamment d'«un plan précurseur du numérique à l'école», dont la mairie est très fière.

Depuis plusieurs années, déjà, des tableaux numériques interactifs sont installés dans les salles informatiques des établissements parisiens. A la faveur de cette rentrée, «un nouveau pas» va être franchi. Dans les classes de 12 collèges de la capitale, les élèves de cinquième auront des tablettes à leur disposition, utilisées à des fins pédagogiques. Et leurs jeunes camarades de fin de primaire qui sont scolarisés dans 24 écoles situées en zone d’éducation prioritaire bénéficieront «de nouvelles classes mobiles avec des tablettes numériques». Au total, se félicite la mairie, «1.500 tablettes seront déployées» dans les établissements parisiens, à partir de cette rentrée.

Très bien. Mais tout de même un peu faiblard. Ainsi, pour s'en tenir à l'innovation relative aux collèges, en bénéficieront donc les élèves de cinquième de 12 de ces établissements. A titre de comparaison, au total très exactement 56.935 élèves sont scolarisés dans les collèges de la Ville.

Dès lors, dans les faits, la masse des collégiens parisiens scolarisés dans le public continuera à n'avoir accès à ces outils pédagogiques que dans les «espaces numériques de travail» de leur école – et encore, si leur établissement est équipé d'un tel espace. Et non en classe, dans le cadre de leur apprentissage quotidien.

28/08/2015

Une violence ordinaire (encore)

Voilà qui rappelle cette étude qui avait fait grand bruit quand elle était sortie, au printemps. Etude sur les violences à caractère sexuel dont sont victimes les femmes dans les transports publics, en France. Elle avait montré qu'en région parisienne, 100% des utilisatrices des transports en commun y ont déjà fait l'objet au moins une fois de harcèlement sexiste ou d'agression sexuelle.

Et voilà qui illustre le bien-fondé du plan de lutte contre ces violences adopté par le gouvernement à la suite de cette étude. Aussi tardif, imparfait et limité que soit ce dispositif – on peut bien sûr toujours estimer qu'on n'en fait jamais assez, en la matière.

Hier, a été interpellé à son domicile de la banlieue parisienne un agresseur sexuel sévissant dans le métro et le RER. Il comptait déjà, dans ses antécédents judiciaires, pas moins de... 112 mises en cause, dont 29 (29!) condamnations notamment pour violences et agressions sexuelles. Pas plus tard que la semaine dernière, il avait encore agressé plusieurs jeunes femmes, par exemple sur la ligne 1 du métro parisien. Il est en garde à vue dans les locaux de la Sûreté régionale des transports. Et devrait prochainement comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, pour agressions sexuelles et violences volontaires aggravées.

Il a été arrêté, mais combien d'agresseurs de ce type, «frotteurs» (ainsi qu'ils sont dénommés par les policiers: relire ) et autres, sont-ils encore dans la nature?

Puisque l'on approche de la rentrée, bon courage à toutes les femmes qui, retour de vacances, dès lundi, reprendront chaque jour le métro, le bus ou le RER. Avec tout ce qui leur en coûte. Et tout le cran qu'il leur faudra, souvent.

27/08/2015

Un quart d'«anomalies» estivales

Consommation, Tourisme, Economie, Sécurité, Art de vivre, GastronomiePuisque ce blog évoquait hier la saison touristique, un premier bilan de la grande «Opération Interministérielle Vacances 2015», que fait mener le gouvernement de la mi-juin à la mi-septembre. Elle vise à s'assurer que les vacanciers bénéficient de «prestations commerciales sûres et loyales», ce qui «contribue à la confiance des consommateurs envers les professionnels et à l’attractivité de l’offre touristique française».

Concrètement, il s'agit de vérifier notamment que les règles de sécurité applicables aux produits et aux services sont respectées et que le consommateur est bien informé sur la nature des prestations qui lui sont offertes. Tous les corps de contrôle de l’Etat sont mobilisés: policiers, gendarmes et douaniers bien sûr, mais aussi agents de la répression des fraudes, services vétérinaires, inspecteurs du ministère de la Jeunesse et des Sports (pour les colonies de vacances, par exemple), etc. Cet été, sont particulièrement inspectés les «nouvelles formes de consommation, notamment celles de l’économie collaborative» (hébergement chez l’habitant, location de voitures entre particuliers, etc.) ainsi que, bien sûr, «les commerces soumis à un pic saisonnier d’activité» (restaurants, festivals, événements sportifs ou culturels, etc.).

Résultat? Moyen. Précisément, 21.660 entreprises ont, à ce jour, été inspectées. Dont 6.800 restaurants, 2.200 grandes et moyennes surfaces, 3.700 marchés, 2.600 sites d’hébergements, et un millier de sites de réservation en ligne. Quelque 22% de ces contrôles ont mis au jour des «anomalies», et donc ont donné lieu à des «mesures pédagogiques, correctives ou répressives». C'est dans l'étiage habituel pour ce genre d'opérations de protection des consommateurs (relire par exemple ).

Deux manières de lire ce bilan. Trois quarts de l'offre de produits et de services proposés cet été aux vacanciers en France respectent parfaitement la réglementation. Mais dans quasiment un cas sur quatre, des problèmes se posent. Ce qui n'est tout de même pas rien.

26/08/2015

Un attrait confirmé, mais précaire?

C'était loin d'être gagné d'avance (relire par exemple ici ou ), mais il semble qu'en fait, la fréquentation touristique internationale de Paris ne souffre pas des attentats de janvier, ni du climat d'alerte terroriste qui y est de mise depuis. C'est ce qu'indiquent, en tout cas, les dernières statistiques en date, diffusées récemment.

Ainsi, au premier semestre, et en dépit de cette sinistre actualité, la fréquentation touristique a encore augmenté dans la "Ville lumière" et sa région: +1,6%, soit 15,9 millions d’arrivées hôtelières. Certaines clientèles particulières ont même connu un boom spectaculaire (+48,9% pour les touristes chinois). Du coup, les autorités s'attendent à ce que, à l'échelle du pays tout entier, 2015 soit une année exceptionnelle en termes de fréquentation. L'Hexagone devrait confirmer haut la main sa place de première destination touristique au monde. Et même la conforter, avec plus de 85 millions de visiteurs étrangers accueillis.

Ombre au tableau: cet attrait confirmé pour les destinations France et Paris est parfois dû à des facteurs purement conjoncturels. Par exemple, la situation au Maghreb (attentats en Tunisie, etc.) a dissuadé nombre de candidats au voyage dans ces pays à y passer leurs vacances, ce qui a pu bénéficier à la France. Dans ce pays même, c'est la crise économique persistante qui a poussé nombre de Français à privilégier des vacances à domicile plutôt qu'à l'étranger. Dès que la situation globale s'améliore, ils pourraient donc très bien se remettre à bouder la France, au profit de destinations de vacances plus lointaines. Et il faudra mesurer aussi, à terme, l'impact, sur la fréquentation chinoise, du ralentissement de la croissance dans ce pays et des récentes dévaluations de sa monnaie.

En outre, a contrario de l'optimisme suscité à Paris par ces bons chiffres touristiques, certaines études internationales, elles, ont une vision plus sombre de la situation. Témoin, l'édition 2015 du classement de 140 villes qu'a publié le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit, dernièrement. Il fait état d'un déclin de la qualité de vie – et donc de l'attractivité potentielle – des villes européennes, dû au climat économique morose qui les affecte et au contexte sécuritaire pesant qui est désormais le leur. Dans ce classement, Paris chute de la 20e à la 29e place, précisément en raison de la dramatique actualité qu'elle a endurée au début de l'année.

25/08/2015

Un immense chantier, «une double peine»

Transports, ParisRetour à la normale, dans le RER et le métro parisiens. Qui n'ont pas peu été perturbés ces quatre dernières semaines, par le gigantesque chantier entrepris dans le RER A – la ligne périrurbaine la plus fréquentée d'Europe: 1,2 million de voyageurs chaque jour.

Vingt-cinq mètres sous terre, le remplacement des 25 kilomètres de voies entre Nanterre et Vincennes. Pas du luxe: elles avaient quarante ans d'âge. Le vieux ballast soutenant ces voies a été renouvelé, les antiques traverses de bois ont été remplacées par des poutres d'appui en béton, plus costaudes. De nouvelles voies ont été posées. Et le système d'aiguillage a été changé. Ce chantier a mobilisé 300 personnes, sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Les travaux ont concerné le tronçon entre les stations "Auber" et "La Défense". Tous les étés suivants jusqu'en 2018 inclus, les tronçons suivants seront traités et devront donc, pareillement, être fermés à la circulation. Le chantier se déroulera ensuite de nuit (ce qui permettra une exploitation normale de la ligne) et ne prendra fin qu'en 2021.

Depuis hier, sur le réseau, on aperçoit d'aimables affichettes remerciant les usagers pour leur patience et leur souhaitant une bonne rentrée. C'est sans doute le moins que la RATP pouvait faire.

Transports, ParisEn effet, le chantier a causé des embarras considérables aux usagers – sans oublier les touristes étrangers, complètement désorientés. Bon nombre se sont reportés sur la ligne 1 du métro (qui passe par "La Défense", et permet de récupérer le RER A à "Châtelet"). Résultat, aux heures de pointe particulièrement, elle a été complètement engorgée. La RATP avait placardé 3 000 panneaux d’information dans 60 gares et déployé un millier d'agents dans tout le réseau pour venir en aide aux voyageurs. Ils ont dû gérer pas mal de mauvaise humeur.

«C'est vraiment la double peine!». C'est ce qu'on a entendu l'autre jour, dans la bouche d'usagers en colère, croisés par hasard à "Châtelet": «Déjà qu'on ne part pas en vacances, mais, en plus, on doit se taper cette galère!». En effet, les Parisiens et banlieusards qui ont eu la chance et les moyens de partir à la plage ont, eux, retrouvé leur RER A sans encombre. Et même ravis, puisqu'on leur promet que, grâce à ces travaux, «un haut niveau de performance» lui sera «garanti».

Ces aigreurs estivales d'usagers, on va les retrouver les étés suivants. Quand, cette fois, ce sont les méga-stations "Charles de Gaulle-Etoile", "Châtelet" et "Nation" qui vont devoir être fermées. Là, ça risque d'être carrément l'enfer. Et le ton des récriminations va encore monter d'un cran.

12:11 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : transports, paris

24/08/2015

Une ambiance hélas inchangée

Retour de vacances, et donc reprise de ce blog.

C'est un constat assez lugubre que doivent faire les Français qui, comme nous, ont pris leurs congés de la fin juillet à la fin août. Si l'on peut le résumer ainsi, ils sont donc partis à la plage peu après les explosions et incendies volontaires survenus à la mi-juillet sur le site pétrochimique de LyondellBasell à Berre-l'Etang, dans les Bouches-du-Rhône. Un sinistre qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques, et qui n'est toujours pas élucidé. Et ces estivants sont rentrés de vacances en apprenant l'attaque perpétrée vendredi soir dans le Thalys Amsterdam-Paris. Qui aurait pu tourner au «carnage» – dixit François Hollande, ce matin – : coûter la vie à plusieurs centaines de passagers. La garde à vue de l'auteur des faits se poursuit, et peut durer jusqu'à demain mardi.

C'est donc peu dire que, pause estivale ou pas, le climat d'alerte et de menace terroristes demeure intact et toujours aussi pesant, plus de sept mois après les tueries de janvier.

Mais, par ailleurs, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, demeure tout autant en France une certaine atmosphère sécuritaire qu'on ne serait pas loin de qualifier d'indolente. Et qui, sur le terrain, tranche fameusement avec les assurances données en boucle par les dirigeants, selon lesquelles la mobilisation et la vigilance maximales sont plus que jamais de mises.

Par exemple, hier après-midi, à la gare de Paris-Montparnasse – où, pendant toute la journée, ont afflué des dizaines de milliers de voyageurs revenant de vacances – , on n'a pas aperçu ni croisé le moindre militaire, gendarme ou policier en faction ou en patrouille. Pas un seul. Même constat l'autre jour en gare de Paris-Nord. A la descente d'un Thalys où, là non plus, pas la moindre mesure particulière et visible de sécurité n'était notable.

Quant aux braves gendarmes qui, depuis le 7 janvier, sont affectés à la sécurisation de notre immeuble de bureau du boulevard Richard Lenoir, au centre de ce onzième arrondissement parisien si endeuillé par les attentats de janvier, ils donnent l'impression de passer désormais le plus clair de leurs temps avachis dans leur fourgon, à pianoter en bâillant sur leur smartphone.