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02/09/2015

Une péripétie judiciaire, fût-ce pas banale

Justice, Sécurité, Politique, Front national, Elections municipales Pas mal d'agitation médiatique autour d'un procès – il est vrai pas banal – qui se tient ce mercredi, en banlieue de Paris. Devant le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne), comparaissent une demi-douzaine de personnes devant répondre d'association de malfaiteurs et de dégradation de biens. Parmi eux, un ex-responsable local du Front national. Avec ses amis, il menait des virées nocturnes dans sa ville, lors desquelles notamment il mettait le feu à des voitures. Pour ensuite mieux dénoncer l'insécurité ambiante.

Une activité criminelle (présumée) menée à des fins politiques: le FN est évidemment un peu gêné par l'affaire, même s'il a exclu l'intéressé de ses rangs et a lui-même informé la police de ses méfaits. A contrario, les adversaires du Front se réjouissent de l'embarras dans lequel le plonge ce dossier. Qui, effectivement, illustre que la "dédiabolisation" alléguée par ce parti connaît, pour le moins, quelques failles locales.

Il ne faudrait toutefois pas déduire de ce rocambolesque fait divers que les responsables locaux du FN sont tous des zozos s'empêtrant dans des agissements qui, comme cela semble le cas ici, relèvent plus de la pathologie que de la politique. Ce serait trop simple. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter au sondage qui, un an après les élections municipales de mars 2014, analysa le sentiment des habitants de la dizaine de villes qui sont désormais régies par le Front.

Il montra que sept habitants sur dix de ces localités étaient satisfaits de leur maire, «score supérieur à la moyenne constatée auprès de l’ensemble des habitants des communes de 10.000 à 100.000 habitants (66%)». Cette enquête confirma aussi la banalisation du FN, aux yeux d'une part grandissante de l'opinion: un «sentiment d’indifférence éprouvé par une majorité relative des personnes interrogées (42%) à l’égard du fait de vivre dans une commune dirigée par un maire frontiste» – indifférence que l'on retrouve y compris chez les sondés de gauche (37%).

Dès lors, la "lepénisation des esprits" semble bel et bien réelle. Et, au-delà de l'émoi médiatique du moment, elle ne devrait pas fondamentalement être affectée par cette péripétie judiciaire ponctuelle que le FN doit gérer – même si, évidemment, il s'en serait volontiers passé.

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