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07/09/2015

Une évolution? Pas sûr

«Dignité humaine». «Pas en mon nom». «Ouvrons les frontières». «Tous humains». «Bienvenue». «Welcome refugees». «Je suis Syrien», inscrit sous une photo du petit Aylan: le gosse dont le cadavre a été retrouvé sur une plage de Turquie, la semaine dernière.

Quelques pancartes et slogans aperçus samedi en fin d'après-midi, place de la République. Où une demi-douzaine de milliers de personnes ont réclamé une politique d'accueil plus affirmée de la France envers les réfugiés fuyant les persécutions, en Syrie et ailleurs. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans des villes de province, à Nantes ou à Strasbourg par exemple. Dans le même temps, ces derniers jours, nombre d'initiatives concrètes de solidarité envers ces migrants ont vu le jour, sur les réseaux sociaux ou dans des municipalités.

Du coup, tout au long du week-end, les médias ont glosé sur un changement qui serait en cours, en France. Pour résumer la manière dont ce pays est présenté: jusqu'à la semaine dernière, vu de l'étranger a fortiori, il passait pour en crise, fermé, crispé sur son identité, obsédé par sa sacrosainte laïcité au point d'en faire une lecture excluante envers les étrangers. A présent, il se découvrirait accueillant, ouvert, solidaire, épris de fraternité.

Pourquoi pas. Mais les sondages ne font pas du tout état d'une telle évolution.

Avant le choc suscité par l'affaire Aylan, une majorité solide (56%) de sondés s'opposait () à ce que la France accueille de nouveaux migrants et réfugiés en provenance de Syrie. Une opposition majoritaire dans quasiment toutes les catégories de la population. Les enquêtes d'opinion publiées depuis (voir par exemple ici ou ) confirment cette tendance. 55% des Français restent opposés à ce que leur pays, comme l’Allemagne, assouplisse ses conditions d’accueil des migrants. Six sondés sur dix considèrent que Syriens ne méritent pas un meilleur accueil en tant que réfugiés de guerre. Et 52% ne suivent pas Manuel Valls quand il affirme la nécessité d’accueillir les migrants qui «fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions».

 Il y a donc un réel décalage entre, d'une part, le sentiment majoritaire tel qu'il s'exprime dans les sondages et, d'autre part, celui qui, ces derniers jours, s'est manifesté dans la rue, sur le terrain local ou sur le web, et auquel les médias ont fait écho ce week-end.

Commentaires

Boboland est tranquille, pas de camps de migrants (Même s'ils sont méga diplômés nous rapportent des gazettes mensongères... ) place des Vosges...

Écrit par : cp | 07/09/2015

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