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30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

29/09/2015

Un coup de com', de bon aloi

Paris, Transports, Santé, Environnement, International L'interdiction de la circulation automobile, dimanche dans une partie de Paris – que ce blog évoquait, hier – , n'a sans doute pas fait de mal ni à la santé des Parisiens, ni à l'environnement dans la "Ville lumière". Mais elle n'a pas non plus fondamentalement changé grand-chose.

C'est, en substance, l'enseignement que l'on peut tirer du bilan qui a été dressé de l'expérience.

Dans la zone centrale qui était fermée à la circulation, «des niveaux sensiblement plus faibles (de pollution) qu’à l’extérieur de cette zone» ont été relevés – l'inverse eut été un comble, cela dit... Ainsi, en ce qui concerne le dioxyde d’azote, les niveaux étaient plus bas de 30% sur les Champs et de 20% place de l’Opéra, comparés à un dimanche régi par des conditions météorologiques analogues. Même si, de toute manière, dans l'ensemble de la capitale avant-hier, les niveaux généraux de pollution de l’air ont été peu élevés, grâce à un vent modéré qui a éloigné les polluants.

Mais «cet impact significatif» a été «très local». Aucune amélioration notable de la situation n'a été notée dans le reste de la capitale, malgré le fait que les automobilistes avaient été invités à réduire à 20km/h leur vitesse de circulation. Et le périph' a été aussi pollué qu'à l'ordinaire un dimanche comparable.

Paris, Transports, Santé, Environnement, International Certaines zones de Paris intra muros ont même été, ponctuellement, ... davantage polluées que d'habitude. A Bastille, par exemple, en milieu de matinée: juste avant l'entrée en vigueur de la mesure de restriction de la circulation, quand donc le trafic sur la place était particulièrement congestionné.

Il s'est dès lors agi, avant tout, d'une opération symbolique. Pas marginalement un coup de com', même: visant à soigner l'image de Paris, deux mois avant l'ouverture de la grande conférence de l'ONU sur le climat, la COP21, qu'elle accueillera à partir de la fin novembre.

28/09/2015

Un petit temps de retard

Gros succès public et médiatique, hier, du premier dimanche sans voitures organisé à Paris. Une première un peu tronquée, cela dit. En effet, elle n'a concerné que 30% environ du territoire de la "Ville lumière" (les arrondissements centraux et artères touristiques, en gros) – mais sans doute faut-il un début à tout.

Sur les Champs, c'était assez comique de voir le sourire en coin que tirait le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur. Qui faisait partie des personnalités étrangères invitées par la maire, Anne Hidalgo, à l'occasion de cette première parisienne. Il rappelait, l'air de rien, qu'un tel dimanche sans voitures existe à Bruxelles depuis déjà bien... quinze ans. Et n'y suscite d'ailleurs plus guère de débats, tant il est entré dans les habitudes.

25/09/2015

Une pierre, deux coups

Transports, Sécurité, Social, Emploi, Paris, Banlieues20 milliards d'euros. Ce n'est pas rien, et c'est le montant total de l'engagement financier que la Région parisienne va prendre, sur cinq ans, envers la SNCF et la RATP. Le chiffre a été rendu public hier, à l'occasion de la présentation des projets de contrats de plan que ces instances s'apprêtent à signer.

Un gros volet de ce plan est consacré au renforcement de la présence humaine dans l'ensemble du réseau de transports publics de Paris et sa région. Un demi-millier d'agents supplémentaires vont y être déployés «pour renforcer l’accueil et la sécurité des voyageurs». Concrètement, des «équipes d’accompagnement» vont patrouiller dans les bus de nuit, des dizaines de médiateurs vont être embauchés, et une «présence humaine effective jusqu’au dernier train» est promise dans les grandes gares. Dans les petites gares, cette présence sera assurée par des «équipes mobiles attitrées à 4 à 6 gares maximum». Au total, espèrent la SNCF et la RATP, tout cela ne pourra que rehausser le «niveau de sécurité sur l’ensemble du réseau».

En tout cas, cette gestion de la sécurité avec l'accent mis sur le personnel – et non plus seulement sur le matériel: caméras de vidéosurveillance, portiques, grillages, etc. – ne pourra pas faire de mal à l'emploi, dans la capitale et sa région. C'est d'autant moins superflu que la situation en la matière n'est pas terrible. Les derniers chiffres mensuels en date, rendus publics hier soir, l'ont encore confirmé: le nombre de chômeurs continue à croître, à Paris et en banlieue. A un rythme mensuel de 1,6%, pour une hausse de près de 5% (4,6%) en un an.

24/09/2015

Une commémoration qui approche

Dans un peu plus de trois mois, Paris commémorera les attentats de janvier. On commence à en savoir un peu plus sur la manière dont cela va se passer.

Des plaques commémoratives en mémoire aux victimes seront apposées aux endroits où elles ont été tuées. Dans notre onzième arrondissement, donc: rue Nicolas Appert (où se situait la rédaction de "Charlie Hebdo") et boulevard Richard Lenoir (où a été abattu le policier du commissariat du onzième). On fera de même devant l'épicerie casher de la porte de Vincennes. En outre, place de la République, 17 arbres devraient être plantés, en hommage aux 17 victimes. Enfin, une grande marche silencieuse pourrait se tenir dans le courant de la première semaine de janvier 2016 – soit un an jour pour jour après la terrible semaine.

Puisque, à ce stade de la préparation des commémorations, pas grand monde ne semble se souvenir d'elle, évoquons celle qui, parmi toutes les victimes de janvier, fut le plus rapidement oubliée – par les médias, en tout cas. A savoir, la jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe. Abattue par Amedy Coulibaly le lendemain de la tuerie à "Charlie" et la veille de la prise d'otages à l'hypercasher.

Elle fut assassinée en lisière immédiate de Paris, à Montrouge. Ce serait donc le minimum que, dans trois mois, la mémoire de cette jeune femme soit tout autant honorée, par la population mais aussi par les édiles de la capitale, que celles de toutes les autres victimes de ces dramatiques événements.

23/09/2015

Une évolution qui semble se confirmer

Culture, Arts, Paris, BanlieuesParis et sa région se décoincent, décidément, dans leur rapport à l'art urbain – qui y fut si longtemps méprisé, dénigré et pénalisé. Au printemps, on avait eu/vu des premiers signes de cette évolution (relire ici ou ). En ce début l'automne, ce mercredi, le mouvement, lentement mais sûrement, semble se confirmer.

Ainsi, en gare de Paris-Nord – une fois de plus –, précisément face à la voie 7, un artiste de rue, Nowart, a reçu carte blanche pour célébrer le 125ème anniversaire de la mort de Vincent Van Gogh. Sa fresque en hommage au grand peintre a été créée sur les palissades du kiosque Thalys. Van Gogh ayant passé sa vie entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, «nous voyons cette fresque comme un cadeau fait à nos voyageurs», a commenté la direction de Thalys. «Il est dans notre ADN de favoriser les rencontres et la créativité: le démontage de notre kiosque nous a donné une belle opportunité de sortir des sentiers battus».

L'art urbain fait tout autant parler de lui, ces jours-ci, dans un lieu nettement plus éloigné du centre de Paris. En effet, le record de la plus grande fresque murale d'Europe est désormais détenu par Evry, la ville préfecture du département de l’Essonne.

Culture, Arts, Paris, BanlieuesCette fresque a 95 mètres de long et 16 mètres de haut. Signée par l'artiste de street art Speedy Graphito, elle a été réalisée en deux semaines, sur l'enceinte de l'agora de la ville. Et s'inscrit dans le cadre d'un festival que la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne consacre à l'art urbain. A cette occasion, pendant deux ans, cinquante artistes locaux mais aussi des créateurs «d’envergure nationale et internationale» se relaient dans les six villes regroupées au sein de cette agglomération. Afin d'y enraciner la pratique culturelle et de souligner la diversité de ce territoire.

Bien.

22/09/2015

Une ouverture «au rabais»

Les musées du Louvre et d'Orsay ainsi que le château de Versailles: trois institutions culturelles parmi les plus fréquentées de Paris et de sa région, qui pourraient bien voir leur fonctionnement perturbé, ces prochains jours. Un préavis de grève reconductible a d'ailleurs été déposé à Orsay pour ce mardi. Des réunions de la dernière chance étaient prévues ce matin, pour tenter d'éviter la fermeture de l'établissement.

Les syndicats protestent contre le projet d'ouverture 7 jours sur 7 de ces trois institutions, ainsi que François Hollande l'a promis. Au lieu d'être habituellement fermés au grand public les lundis ou mardis, Le Louvre, Orsay et Versailles seraient accessibles au public scolaire, ces jours-là. Pour les syndicats, c'est «une idée séduisante, mais qui est incompatible avec la réalité».

Ils argumentent (, notamment) qu'un musée n'est jamais inactif, y compris les jours où il est fermé au grand public. Le lundi ou le mardi, c'est le moment où les chercheurs ont accès aux collections, où on en profite pour procéder à l'entretien des lieux et effectuer des réparations, où on fignole les accrochages, où on organise des visites de presse ou des formations, etc. Accessoirement, ce sont aussi les jours où ces institutions remplissent leurs caisses: en privatisant leurs espaces (pour des réceptions, des cocktails d'entreprise, etc.). Bref, accueillir en plus les scolaires au même moment «ne peut matériellement s'envisager sans dégrader fortement la conservation du patrimoine et les conditions de travail des agents».

En outre, les gamins des écoles n'auraient «aucune garantie de qualité de visite dans de bonnes conditions». François Hollande avait souhaité () que, par cette initiative, soient «offertes à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, pour s'émerveiller, pour s'émouvoir». Très bien. Mais concrètement, à en croire ces opposants, dans ces musées ces jours-là, ces jeunes pourraient bien en être réduits à des «parcours en zig-zag, pour éviter les zones balisées en opérations techniques». Etre réduits, en somme, à des visites «au rabais, dans l’ambiance bruyante et parfois poussiéreuse de chantiers divers, de travaux et de circulation d’engins et de techniciens».

C'est évidemment une perspective moins emballante.

21/09/2015

Un succès public

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Un peu de culture, pour bien commencer la semaine. Et une bonne nouvelle, pour un des grands musées parisiens.

Le musée d'Orsay, en l'occurrence. Pour la deuxième année consécutive, il apparaît à la première place des musées français et européens plébiscités par le "Travellers’ Choice Musées". Ce palmarès est issu des avis laissés depuis douze ans par les utilisateurs du site TripAdvisor, commentaires qu'un algorithme a totalisés en vue de ce classement, en prenant en compte à la fois leur quantité et leur qualité. Orsay devance même Le Louvre, deuxième de ce palmarès français et troisième de son équivalent européen. L'institution de la rive gauche arrive deuxième dans le volet international du classement, derrière le Metropolitan Museum of Art de New York.

Dès demain, ce même musée d'Orsay va à nouveau faire parler de lui. Il inaugure une exposition thématique consacrée... à la représentation de la prostitution dans la peinture. Certaines sections, présentant des tableaux explicites, seront interdites aux mineurs. Précédemment, déjà, le musée avait quelque peu bousculé les convenances en consacrant une exposition au nu masculin. Sa qualité avait été discutée, mais le succès public avait été au rendez-vous.

Ce devrait être à nouveau le cas avec l'exposition qui débute demain, s'agissant d'un sujet aussi affriolant que grand public. Un sujet racoleur, grimacent certains. Pour qui Orsay, dans son but d'attirer les grandes foules, va tout de même un peu loin dans la facilité des thématiques qu'il aborde – on vous laisse juges.

Paris, Arts, Culture, International, Femmes, Personnalités Sinon, pour la petite histoire, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'ira pas demain soir à Orsay, s'afficher devant des tableaux montrant des filles de joie, leurs clients et leurs maquereaux. Elle assistera plutôt, à la Comédie française, à la représentation du "Père": la pièce d'August Strindberg, mise en scène par Arnaud Desplechin. Sans doute est-ce moins sulfureux. Et plus cohérent avec les vues du gouvernement – qui, pour rappel, soutient la mise à l'amende des clients de la prostitution.

18/09/2015

Un succès pas garanti

Cela fait rêver. Un concours dont les lauréats gagneront... une photo dédicacée par François Hollande.

Ses communicants l'ont annoncé (ici) ce matin, à la veille des Journées du patrimoine. Ce week-end, les visiteurs de l'Elysée seront invités à partager les photos de leur visite du palais présidentiel, les partager via Instagram et Twitter, à l'aide du hashtag #ElyseeJEP. «Une sélection de ces photos sera affichée sur le site jep.elysee.fr. Cinq d’entre elles seront choisies pour être imprimées par le service photo de l’Elysée et dédicacées par le Président de la République». Cerise sur le gâteau, «le public pourra participer à l'opération "Ma photo à l’Elysée", qui permettra de se faire prendre en photo par les photographes officiels de la Présidence, dans la cour d’honneur du Palais de l'Elysée».

Quel merveilleux week-end en perspective.

L'histoire ne dit pas si les Français, dont les trois quarts sont mécontents de leur Président (voir , par exemple), vont se bousculer pour avoir son autographe.

17/09/2015

Un souhait de bonheur

Logement, Personnalités, Paris, JusticeManquait-elle vraiment aux Français? En tout cas, elle fait son retour (par la petite porte) sur la scène médiatique. Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot: l'ineffable égérie du grand mouvement de contestation de 2013 contre le mariage pour tous.

«Je souhaite beaucoup de bonheur à ces cinq étudiants», a-t-elle déclaré, hier. S'adressant aux jeunes gens qui viennent d'être relogés dans le somptueux logement social (un triplex de 173m², près du Champ de Mars) qu'elle occupait avec sa famille, et dont la ville de Paris l'a expulsée, l'an dernier – on avait parlé, à l'époque (), du (petit) chahut que cela avait suscité. Le logement avait servi de QG opérationnel aux anti-mariage gay. Désormais, il héberge une colocation étudiante.

C'est sans doute de bonne guerre – mais un peu facile, a-t-on trouvé – : la mairie vient de faire une grosse opération de com' autour de la réaffectation de cette habitation. Elle a notamment fait savoir qu'il lui avait fallu investir 75.000 euros dans la rénovation de ce logement, «qui n’avait pas été très bien entretenu». Virginie Merle-Tellenne n'a pas apprécié, pas plus que d'être à nouveau présentée comme une fraudeuse. D'ailleurs, elle ne lâche pas le morceau. Elle a fait appel de la mesure d'expulsion l'ayant frappée. La justice examinera le dossier à la fin novembre.

Logement, Personnalités, Paris, JusticeEst-ce à dire que, si d'aventure elle obtient gain de cause, elle ferait à son tour expulser ces cinq braves étudiants à qui elle vient d'adresser ses souhaits de bonheur? Non. Virginie Merle-Tellenne se satisferait de dédommagements qu'elle obtiendrait de la mairie, et laisserait ces jeunes gens profiter à leur tour des lieux. «Ils y sont bien, tant mieux pour eux. J’espère qu’ils auront une vie aussi engagée et active que j’ai eue dans ce logement».

Madame est vraiment trop généreuse.

 

PS: La même Frigide Barjot fait publier, ce jeudi, dans l'hebdomadaire d'ultra-droite "Valeurs Actuelles", un sondage qu'elle a commandé à l'Ifop, sur la loi Taubira. A en croire cette étude d'opinions, seuls 46% des Français souhaiteraient qu'après la présidentielle de 2017, cette loi soit conservée telle quelle. C'est vraiment trop généreux de leur part.

16/09/2015

Un quatuor de concurrents

C'est officiel depuis ce mercredi matin. La candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024 fait face à quatre dossiers concurrents, présentés par les villes de Rome, Hambourg, Budapest et Los Angeles.

C'est la candidature de la cité américaine (déjà à deux reprises hôte des Jeux) qui, a priori, est la plus dangereuse pour la "Ville lumière". Même si elle fait un peu figure de candidature US par défaut (après le renoncement de Boston à se lancer dans la course) et si, pour 2024, ce serait normalement au tour d'une ville européenne de devoir être choisie (après les JO de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020). Le dossier de Budapest, en revanche, paraît moins costaud que ceux de Hambourg et Rome, qui seront toutes deux des adversaires coriaces.

Ce matin, en réagissant à cette officialisation des villes candidates, les porteurs du projet parisien ont une fois de plus montré combien ils avaient tiré les leçons des échecs successifs des précédentes candidatures de la capitale française. Ce sont les sportifs tricolores – avant les politiques – qui ont été mis en avant dans les médias, et ils ont bien pris garde de ne pas afficher la moindre arrogance.

La décision fatidique sera prise en septembre 2017. Ce choix constituera donc, pour le prochain Président français, à peine élu quelques semaines plus tôt, soit un joli cadeau de bienvenue, soit un boulet à traîner pendant tout son quinquennat.

15/09/2015

Une cordialité dénoncée

Etrangers, Immigration, Personalités, Hidalgo, Le Pen, ParisLa maire de Paris, Anne Hidalgo, devrait porter le voile musulman. C'est la tenue que Marine Le Pen lui a conseillé d'arborer, hier soir, lors d'un meeting électoral tenu en banlieue de Paris. La patronne du FN ne décolère pas, après le tweet que la maire a envoyé, dans lequel elle souhaite la bienvenue aux candidats réfugiés politiques venus du Moyen-Orient, hébergés dans la capitale. Message de bienvenue rédigé en trois langues: français, anglais et arabe.

Depuis ce tweet, Anne Hidalgo est copieusement insultée par la mouvance d'extrême droite. «Collabo», pactisant avec «les envahisseurs» et «l'occupant», lui est-il même lancé. Non sans que, bien sûr, soient renvoyées à la figure de la maire ses propres origines étrangères (elle est issue de l'immigration espagnole), comme s'il s'agissait d'un stigmate infamant.

Ce matin, Marine Le Pen en a rajouté une couche. Sur une radio, elle a considéré qu'Anne Hidalgo incarnait «le summum des élus immigrationnistes», qui prêchent «l'intégration à l'envers». A savoir, si on a bien compris, qui se plient aux usages (linguistiques, ici) des nouveaux arrivants, alors que ce sont ces derniers qui devraient avant tout ce faire, pour s'intégrer à leur pays d'accueil.

On peut aussi considérer, sans en faire tout un plat comme ça, qu'accueillir des visiteurs dans leur langue est une simple marque de courtoisie. Une illustration de la chaleur et de la cordialité de l'accueil qu'on réserve à ces arrivants.

Bienvenue, donc, en effet. Et, pourquoi pas, dans toutes les langues.

 

PS: «J'ai même fait un an d'arabe dialectal, à la fac. J'aggrave mon cas...» La réponse ce matin, à cette attaque de Marine Le Pen, d'Anne Hidalgo. Qui, visiblement, n'est pas du genre à se laisser impressionner, ni à courber l'échine.

14/09/2015

Une certaine élégance

Télévision, Journalisme, PersonnalitésLe chiffre est tombé ce matin, et il était très attendu dans le petit monde médiatico-politique. Plus de 10 millions de Français ont, hier soir, regardé le dernier JT de 20 Heures de TF1 présenté par Claire Chazal.

Une longévité exceptionnelle (24 ans à la barre du 20 Heures) conclue donc par une audience record. Mais qui sait cet audimat faramineux était-il en partie motivé par un certain voyeurisme – l'intéressée allait-elle avoir la larme à l'oeil?

Mais non: son au revoir – même si jamais, avez-vous remarqué, elle n'a prononcé les mots «Au revoir», «A bientôt» ou «Adieu» – était parfaitement digne, a-t-on trouvé. Peut-être un rien longuet au moment du clip d'hommage qui a été diffusé en guise de générique de fin, mais globalement teinté d'une certaine élégance. Et au moins a-t-on évité la familiarité à la PPDA («Je vous embrasse tous»), qu'à l'époque, on avait trouvée assez déplacée.

A en croire un sondage publié hier, les Français avaient une bonne opinion de la présentatrice, ils trouvaient qu'elle faisait bien son travail au 20 Heures, mais, pour autant, ils ne la regretteront pas spécialement à cette fonction. Aux dernières nouvelles, mais les choses peuvent évoluer vite, elle conserve son bureau à TF1, compte demeurer dans cette maison, et est en attente d'une nouvelle affectation.

11/09/2015

Une tension, à gauche aussi

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), a annoncé hier la création de 540 places d'hébergement supplémentaires à l'attention des réfugiés. Elles seront aménagées dans six centres répartis dans la capitale. En juin, déjà, 1450 de ces migrants avaient été pris en charge par la ville, après l'évacuation par la police de plusieurs campements qu'ils avaient aménagés sur la voie publique – à Stalingrad, notamment.

Un bon millier de ces étrangers, toutefois, étaient restés sur le carreau. Ils campent depuis trois mois quai d'Austerlitz, et même sur le parvis de la mairie du 18e arrondissement, depuis quelques jours. Eux ne sont ni Syriens, ni Irakiens, mais Africains pour la plupart: essentiellement venus du Soudan, de Somalie ou d'Erythrée. Les laisser à la rue, alors que d'autres sont pris en charge? Délicat, politiquement et en termes d'image. Dès lors, ces étrangers-là y compris bénéficieront eux aussi des nouvelles capacités d'hébergement déployées à l'occasion de l'arrivée des déplacés du Moyen-Orient. «C'est une question de morale» qu'une telle égalité de traitement, a justifié la maire.

Qui, hier, n'a pas lésiné sur les grands couplets humanistes. Est-ce lié? Mardi soir, elle avait été prise à partie, sur sa gauche, concernant ce dossier.

Cela s'est passé dans notre onzième arrondissement, au Cirque d'Hiver précisément. Le PS y tenait un grand meeting consacré à ce thème des réfugiés – en compagnie, comme il se doit, de quelques people: Virginie Ledoyen, Jamel Debbouze ou Jane Birkin. A trois reprises, et notamment quand Anne Hidalgo discourait à la tribune, la réunion a été perturbée. Par des interventions d'activistes de collectifs associatifs venant en aide aux migrants parisiens regroupés dans ces campements de fortune (ici, notamment). Les trublions, avant d'être évacués sans ménagement par le service d'ordre du parti, ont eu le temps de brandir des banderoles et de scander des slogans hostiles au PS, auquel ils reprochent une «hypocrisie» et un réveil très tardif, sur ce dossier. «Hidalgo ne fait rien!», «Honte au PS!», «Ça suffit, ça suffit! Préfecture et mairie, tenez vos promesses!», «Ceci est un cirque!», a-t-on, ainsi, pu entendre.

Cela a évidemment jeté un froid, dans l'assemblée. Et a confirmé, si besoin, que la droite n'était pas la seule famille politique où cette question des migrants suscite des tensions et des divisions internes: c'est le cas à gauche également.

10/09/2015

Un tournant, qui sait

Etrangers, ImmigrationSans doute qu'avant de parler d'un basculement de l'opinion française, il serait prudent d'attendre la parution d'autres sondages allant éventuellement dans le même sens, ces prochains jours. Il n'empêche, dès ce stade, ce n'est pas banal. A en croire une enquête d'opinion rendue publique hier soir, les Français sont désormais majoritairement favorables à ce que l'Hexagone accueille sur son territoire «une part des migrants et réfugiés notamment en provenance de Syrie». Ce n'était pas du tout le cas jusqu'à présent.

En moins de dix jours, la part de l'opinion favorable à un tel accueil a bondi de 9%. Il est assez rare que les sondages enregistrent une variation aussi importante dans un laps de temps aussi court. L'opinion n'en reste pas moins très clivée, sur le sujet. Trois quarts des sympathisants de gauche et du centre sont favorables à la venue de ces migrants et réfugiés, mais celle-ci continue à rebuter une large majorité de sondés de droite et d'extrême droite.

A probablement fini par jouer sur l'opinion française la succession d'images fortes qu'elle a pu voir en boucle dans tous les médias, ces dix derniers jours. La photo de ce gamin découvert mort sur une plage, bien sûr. Mais aussi la solidarité qu'ont manifestée, le week-end dernier, les Allemands qui sont venus accueillir les premiers convois de réfugiés arrivés chez eux.

A cet égard, les Français ont-ils été touchés par, hier, les sourires, les mots de reconnaissance et, souvent, les larmes d'émotion des premières familles syriennes et irakiennes venues d'Allemagne, qui ont été accueillies en région parisienne? Les sondages de ces prochains jours le diront, et confirmeront peut-être ce basculement de l'opinion.

09/09/2015

Un effort à relativiser

François Hollande l'avait promis à Angela Merkel, ce week-end. Puis il l'annonça officiellement, lundi. Ce mercredi, arrivent en France les premiers convois de réfugiés syriens et irakiens, en provenance de Munich. Quelque 24.000 devraient suivre dans les deux ans à venir, fuyant comme eux les persécutions au Moyen-Orient.

Si rien, bien sûr, n'est jamais totalement comparable, a fortiori d'une époque à l'autre, rappeler l'Histoire permet parfois d'éclairer le présent. Donc quelques chiffres. A l'attention particulière des personnalités et des partis qui s'épouvantent que l'Hexagone prenne une telle part dans l'accueil de cette «déferlante migratoire».

Dans les années 70, la France accueillit 120.000 à 130.000 "boat people", fuyant le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Cinquante ans plus tôt, déjà, elle avait donné refuge à 120.000 Arméniens, rescapés du génocide. Et, à la fin des années 30 à nouveau, elle fut une terre d'asile. Franco ayant remporté la guerre civile espagnole, ce ne sont pas moins de 500.000 républicains qui, en quelques semaines, trouvèrent le salut en franchissant les Pyrénées. A cette occasion, certains départements français durent gérer un nombre de réfugiés qui était plus important que celui de leur propre population.

Des précédents historiques existent, donc. Certes, il ne se passèrent pas tous bien – comme l'a utilement rappelé un confrère, en début de semaine (voir ici). Mais ils permettent de relativiser l'ampleur de l'effort que la France va devoir accomplir, ces deux prochaines années.

 

PS: Effort qui, cela dit, dans son aspect financier, sera en (petite) partie pris en charge. Les europhobes de droite et d'extrême droite se gardent bien de le signaler, mais la France, pour chaque réfugié qu'elle accueillera sur son territoire, recevra une subvention de 6000€, versée par l'Union européenne.

08/09/2015

Un air du temps

Etrangers, Immigration, MédiasL'opinion française (ou, du moins, une partie de cette opinion) est-elle en train d'évoluer, sur la question des réfugiés et des migrations? Ce blog se posait la question hier, et, visiblement, c'est aussi le sujet principal d'interrogation dans les rédactions – les médias donnant même l'impression de sentir le vent dominant tourner.

Ainsi, ils accroissent leur couverture du sujet, puisqu'il semble passionner les foules. Exemple parmi d'autres: hier soir, l'édition spéciale que «Le Téléphone sonne», sur France Inter, a consacrée à cette thématique a battu tous ses records d'appels. Plus de 1500 auditeurs souhaitant prendre la parole à l'antenne ont téléphoné à la station.

La radio Europe 1, elle, depuis ce week-end, relaie auprès de son public les nombreuses initiatives qui ont fleuri ces derniers jours, en faveur des réfugiés. Elle répercute, par exemple, les appels à dons ou à bénévoles qui sont lancés par les associations.

Pourquoi pas. Juste, habituellement, sur cette même radio, éditorialement profilée très à droite – ce qui est parfaitement son droit –, se succèdent à l'antenne les chroniqueurs et éditorialistes qui, l'un après l'autre, maugréent contre la «pensée unique» de la politique «compassionnelle». Fustigent à longueur de journées «l'angélisme», en matière migratoire singulièrement. Dans la droite ligne des dénonciations du «droit-de-l'hommisme» qui firent les grandes heures des années Sarkozy.

Donc, avant que, par hypothèse, l'opinion française dans son ensemble évolue sur cette thématique des réfugiés, les médias de ce pays, déjà, se mettent à l'air du temps. Non sans, parfois, un certain opportunisme.

07/09/2015

Une évolution? Pas sûr

«Dignité humaine». «Pas en mon nom». «Ouvrons les frontières». «Tous humains». «Bienvenue». «Welcome refugees». «Je suis Syrien», inscrit sous une photo du petit Aylan: le gosse dont le cadavre a été retrouvé sur une plage de Turquie, la semaine dernière.

Quelques pancartes et slogans aperçus samedi en fin d'après-midi, place de la République. Où une demi-douzaine de milliers de personnes ont réclamé une politique d'accueil plus affirmée de la France envers les réfugiés fuyant les persécutions, en Syrie et ailleurs. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans des villes de province, à Nantes ou à Strasbourg par exemple. Dans le même temps, ces derniers jours, nombre d'initiatives concrètes de solidarité envers ces migrants ont vu le jour, sur les réseaux sociaux ou dans des municipalités.

Du coup, tout au long du week-end, les médias ont glosé sur un changement qui serait en cours, en France. Pour résumer la manière dont ce pays est présenté: jusqu'à la semaine dernière, vu de l'étranger a fortiori, il passait pour en crise, fermé, crispé sur son identité, obsédé par sa sacrosainte laïcité au point d'en faire une lecture excluante envers les étrangers. A présent, il se découvrirait accueillant, ouvert, solidaire, épris de fraternité.

Pourquoi pas. Mais les sondages ne font pas du tout état d'une telle évolution.

Avant le choc suscité par l'affaire Aylan, une majorité solide (56%) de sondés s'opposait () à ce que la France accueille de nouveaux migrants et réfugiés en provenance de Syrie. Une opposition majoritaire dans quasiment toutes les catégories de la population. Les enquêtes d'opinion publiées depuis (voir par exemple ici ou ) confirment cette tendance. 55% des Français restent opposés à ce que leur pays, comme l’Allemagne, assouplisse ses conditions d’accueil des migrants. Six sondés sur dix considèrent que Syriens ne méritent pas un meilleur accueil en tant que réfugiés de guerre. Et 52% ne suivent pas Manuel Valls quand il affirme la nécessité d’accueillir les migrants qui «fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions».

 Il y a donc un réel décalage entre, d'une part, le sentiment majoritaire tel qu'il s'exprime dans les sondages et, d'autre part, celui qui, ces derniers jours, s'est manifesté dans la rue, sur le terrain local ou sur le web, et auquel les médias ont fait écho ce week-end.

04/09/2015

Une première, mine de rien

Gouvernement, Femmes, Institutions, PersonnalitésNe pas achever la semaine sans le signaler. En catimini, la France vient de franchir une étape symbolique vers l'égalité hommes-femmes. Du moins, elle a franchi un cap dans l'affichage politique de cette égalité – ce qui n'est pas la même chose, en termes de portée.

Cela s'est produit mercredi, à la faveur du remplacement du précédent ministre de l'Emploi et du Travail, François Rebsamen. C'est une femme qui lui a succédé: Myriam El Khomri, ex-secrétaire d'Etat, ayant bénéficié d'une promotion éclair, qui a surpris tout le monde – vu son jeune âge, son inexpérience ministérielle, et le fait que, jusqu'à présent, elle ne passait pas particulièrement pour une experte de ces matières sociales.

Il n'empêche, désormais, chaque mercredi matin, dans le salon de l'Elysée où se réunit le Conseil des ministres, on comptera autour de la table davantage de femmes que d'hommes. Neuf ministres féminins, pour huit ministres masculins.

Jamais auparavant un tel cas de figure ne s'était présenté. Jamais dans aucun gouvernement de la Ve République (ni, a fortiori, dans ceux des Républiques précédentes), les hommes n'avaient ainsi été en minorité. Certes, si l'on prend en compte également les secrétaires d'Etat (qui ne participent pas au Conseil), le gouvernement Valls 2 est toujours majoritairement masculin, mais de peu: 17 hommes, pour 16 femmes.

Une première, donc. Même si, bien sûr, en cette matière comme dans d'autres, la quantité (= le nombre de ces éminences) compte sans doute moins que la qualité (leurs talents et compétences éventuels).

03/09/2015

Un chaos évité (pour l'instant)

Le pire avait été annoncé aujourd'hui, en termes de circulation et de déplacement dans Paris et sa région. En effet, un millier de tracteurs d'agriculteurs et d'éleveurs en colère, venus de tout le pays, ont convergé vers la capitale, dans le but de bloquer complètement son accès. Et bien non, finalement: comme déjà lors de manifestations de ce type organisées ces dernières années (relire par exemple ici ou ), ce n'est pas le chaos annoncé. Pas au moment d'écrire ces lignes, en tout cas.

Car les Parisiens et banlieusards motorisés ont très largement appliqué les consignes de la préfecture de police. Elle avait instamment recommandé que, dans la mesure du possible, ils laissent leur véhicule au garage, ce jeudi. Résultat, on a dénombré ce matin infiniment moins de bouchons qu'à l'habitude, dans la capitale et à ses alentours. Une cinquantaine de kilomètres de retenues seulement, environ (voir ). C'est quatre voire cinq fois fois moins qu'en temps normal.

Mais c'est peu dire que les autorités demeurent sur les dents. Car le restant de la journée ne va pas forcément se dérouler sans mal.

Localement, et à l'échelle de notre onzième arrondissement parisien, l'accumulation de tous ces tracteurs place de la Nation – qui était leur lieu final de destination – risque de ne pas être facile à gérer. Principalement, Manuel Valls reçoit ce midi les manifestants. Son gouvernement va faire un geste en leur faveur, mais évidemment pas leur lâcher les trois milliards d'euros qu'ils réclament. Or, certains parmi ces agriculteurs ont déjà prévenu que, s'ils n'obtenaient pas gain de cause, ils ne retourneraient pas ce soir dans leurs campagnes. Mais resteraient à Paris, le temps qu'il faudrait.

C'est là que la situation pourrait finir par s'échauffer.