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20/10/2015

Une «saturation extrême et inquiétante»

Pauvreté, Social, Logement, GouvernementLe thermomètre remonte un peu à Paris, depuis ce week-end, mais, la semaine dernière, il y a fait inhabituellement froid. Aussi, un collectif de 870 associations de solidarité venant en aide notamment aux SDF et aux mal-logés vient de demander au gouvernement () de se bouger.

Car, «dans de nombreuses villes» du pays, lors de ce coup de froid, la situation de ces miséreux a vraiment été «critique». Quelques chiffres témoignent bien de la «saturation extrême et inquiétante des centres d’hébergement, à la veille de l’hiver». Un soir, rien qu' «à Paris et en Seine-Saint-Denis, 700 personnes à la rue, dont la moitié d’enfants, ont appelé le (numéro de téléphone) 115 sans obtenir d’hébergement. Dans le Rhône, 1950 personnes ont sollicité en vain un hébergement ces 15 derniers jours. Et en Haute- Garonne, ce sont 200 personnes qui sont sans solution chaque nuit».

Voilà donc l'Etat sommé de «mobiliser les capacités d’hébergement hivernales dès à présent, sans attendre le démarrage officiel du plan hiver et les températures négatives». Ne pas patienter jusqu'en novembre pour mettre ces gens à l'abri, d'autant que «des capacités inexploitées d’hébergement et de relogement existent, sur l’ensemble du territoire». Pour preuve, la crise des réfugiés a fait subitement découvrir à l'Etat l'existence de milliers de places d'hébergement disponibles, notamment dans autant de bâtiments publics et parapublics inoccupés.

L'équipe Valls a peu apprécié d'être ainsi houspillée. L'entourage de la ministre du Logement a sèchement fait savoir qu'elle avait donné instruction aux préfets d'ouvrir les places d'hébergement «en fonction de la demande, et non en fonction des températures».

pauvreté,social,logement,gouvernementLa réduction, ou non, de la grande misère: ce sera un des critères à l'aune duquel, dans moins de deux ans maintenant, on pourra juger l'action de François Hollande et des siens. A ce stade, le bilan ne paraît pas fameux.

Pour ne prendre que ce seul indicateur – mais il en vaut bien d'autres –, à en croire le collectif qui tient chaque année ce macabre décompte, au moins 480 personnes sont mortes dans la rue en France, en 2014. Soit encore plus qu'en 2013 (453).

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