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21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

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