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30/10/2015

Une bibliothèque expurgée?

LIVRE.jpgUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. La SNCF va nous faire... lire. On doute un peu que cela fasse partie de ses missions de service public, mais bon, au fond, pourquoi pas: cela ne l'empêche pas, dans le même temps, de veiller à la ponctualité des trains, à la propreté des gares, au bon état des voies ferrées, à la sécurité dans les wagons, ou à la lutte contre la fraude.

Depuis un petit temps déjà, il existe un "Prix SNCF du Polar" annuel. Désormais, il faut compter aussi avec un nouveau service, baptisé "SNCF e-LIVRE". Il avait déjà été testé l'an dernier, à titre expérimental, en régions Lorraine et Languedoc-Roussillon, et y a paraît-il remporté un franc succès.

Disponible via une application sous Androïd ou IOS et un site web dédié, ce service propose gratuitement aux voyageurs des trains TER et Intercités «5000 grands classiques de la littérature française», ainsi qu'une sélection «coup de cœur». Autant de livres que l'on pourra lire y compris sans connexion internet – ce qui est le plus souvent le cas, dans les trains régionaux français. La bibliothèque totalise en fait 100.000 ouvrages. «Une offre découverte permet de bénéficier de l’intégralité des livres disponibles pour une durée de 45 jours. Au-delà de cette période, il est possible de s’abonner pour 9,90€/mois pour conserver l’accès» à cette collection.

L'histoire ne dit pas (encore) si, entre deux gares ou deux trains en retard, l'usager aura également accès à la multitude d'ouvrages qui ont été publiés ces dernières années, et qui sont critiques envers la SNCF – c'est peu dire qu'on a l'embarras du choix: voir par exemple ici, ou , ou encore ici, et .

29/10/2015

Une respiration bienvenue

Heureuse surprise, dans le métro ce matin. Ça et là, sur les quais de stations, quelques panneaux publicitaires en 4 par 3 qui accueillent, non plus de la réclame – si fatigante, à la longue –, mais de la photographie d'art.

Car la RATP a décidé de donner carte blanche au photographe Philippe Halsman (1906-1979), qui est à l'honneur en ce moment au Musée du Jeu de Paume: une exposition rétrospective lui est consacrée. Du coup, seize stations et gares du réseau de transports parisien arborent en format géant des photos d'époque, le plus souvent souriantes, de stars comme Marylin Monroe, Dali, Mohamed Ali, Jean Cocteau ou Grace Kelly. Cela change agréablement des placards de pub faisant les louanges de smartphones, de doudounes ou de lessiveuses. Au printemps, déjà, dans un nombre identique de stations, la RATP avait sacrifié des pubs au profit de photographies du Belge Harry Gruyaert.

Pour la régie publicitaire de la RATP, Metrobus, ce genre de partenariats culturels entraîne un manque à gagner, en termes de recettes. Raison pour laquelle elle ne les multiplie pas tous les quatre matins. On peut d'ailleurs se demander si de telles opérations se poursuivront, à l'avenir.

Metrobus, en effet, pourrait bientôt être contrôlée à 100% par les sociétés JCDecaux et Publicis Groupe. Elles détiennent actuellement 33% de son capital, et sont en négociations exclusives pour sa prise de contrôle totale. Or, ces deux sociétés sont des multinationales à cash: notoirement plus soucieuses de profits et de rentabilité que de respirations artistiques.

28/10/2015

Un changement si lent

Banlieues, Jeunesse, Histoire, Police, Sécurité, TransportsOn serait bien allé à Clichy-sous-Bois, hier. Ville de la banlieue de Paris qui a commémoré la mort, il y a dix ans, de Zyed Benna et Bouna Traoré. Les deux ados qui ont péri électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005, à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers – le drame déclencha une vague mémorable d'émeutes urbaines, dans toute la France. On serait bien allé relater les cérémonies commémoratives de cet événement marquant, mais l'actualité par ailleurs en a décidé autrement.

Aurait-on eu le temps d'aller à Clichy qu'on aurait pu à nouveau remarquer combien, dix ans plus tard, tous les problèmes soulevés par cette crise des banlieues n'ont pas encore été réglés – loin s'en faut.

Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple – mais bien concret, et qu'on trouve assez parlant – , l'enclavement de cette ville. Qui est dénoncé depuis des lustres par ses habitants, et qui les préjudicie fortement: pas simple, quand on vit dans une municipalité très mal desservie par les transports publics, de trouver un emploi, un stage, une formation, une crèche, une bonne école, ou tout le reste. C'était déjà le cas en 2005, et cela n'a pas changé en 2015. Il faut toujours compter au moins 1h30 de trajet si l'on veut se rendre en transports en commun à Paris, au départ de Clichy. Ville pourtant distante d'une vingtaine de kilomètres à peine de la capitale. Dix ans plus tard, on attend toujours que se concrétise le projet d'extension de la ligne de tramway T4 jusqu'aux villes de Livry-Gargan, Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Ce tramway prolongé ne sera pas opérationnel avant 2018, au mieux.

Un délai si long. Un changement si lent. Il ne faut dès lors pas s'étonner que subsiste un sentiment très fort de relégation, chez ces habitants.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

26/10/2015

Une appréhension paradoxale

Sécurité, TransportsPuisque la dernière note de ce blog parlait de sécurité routière, évoquer ce sondage réalisé pour le compte d'une grande compagnie d'assurances, dernièrement. En ville, 85% des Français se sentent plus en danger à pied qu’en voiture ou en deux-roues.

Ce n'est pas complètement infondé, comme sentiment. Si l'on en croit les chiffres de l'accidentologie française, la mortalité piétonne (en gros,15% du total des victimes de la circulation) est en hausse (+7%, de 2013 à  2014). Et près de deux tiers des piétons tués circulaient en milieu urbain. D'ailleurs, près d'un sondé piéton sur deux (47%) dit avoir déjà vécu une situation accidentogène. Parmi eux, 13% ont été victimes d'un accident proprement dit, et dans la majorité des cas c'était avec un automobiliste.

Une appréhension légitime, donc, mais qui n'empêche pas un paradoxe. Paradoxe qui, du reste, apparaît systématiquement, dans ce genre d'études. La quasi totalité (96%) de ces sondés piétons inquiets reconnaissent avoir eux-mêmes des comportements à risque, susceptibles de les mettre en danger. Par exemple, traverser en dehors des passages piétons, ou sans attendre que le feu soit rouge pour les automobilistes.

Une indiscipline/indolence qui, sans doute, explique pour partie (mais pas totalement, bien sûr) pourquoi, année après année, la mortalité piétonne ne parvient pas à baisser. Et c'est vrai aussi, et au premier chef, à Paris.

23/10/2015

Un vendredi si tragique

C'est loin de Paris, mais ce blog relatif à la France peut difficilement faire l'impasse sur une telle actualité. Puisque, depuis la catastrophe industrielle de l'usine AZF (une trentaine de morts, à Toulouse en 2001), jamais ce pays n'avait connu un vendredi aussi meurtrier qu'aujourd'hui.

Une quarantaine de morts, ce matin, dans un accident de la route en Gironde. Dans un virage dangereux d'une départementale sinueuse, au sommet d'une côte, une collision frontale entre un camion et un car transportant des personnes âgées.

Jamais, depuis plus de trente ans, l'Hexagone n'avait connu une telle catastrophe routière. Depuis le 31 juillet 1982: un carambolage sur l'autoroute A6, à hauteur de Beaune. Il avait impliqué deux cars et deux voitures, et avait coûté la vie à 53 personnes, dont 44 enfants. A la suite de cette catastrophe, plusieurs mesures mémorables relatives à la sécurité routière avaient été prises. L'abaissement à 110km/h de la vitesse maximale de circulation autorisée sur autoroute par temps de pluie, par exemple. Ou l'interdiction de tout transport scolaire par car les jours de grande transhumance estivale.

A l'époque, cette catastrophe avait provoqué une émotion considérable, dans le pays tout entier. Le Président Mitterrand lui-même avait assisté aux obsèques des victimes. Ce matin, son lointain successeur à l'Elysée, François Hollande, a tout de suite pris conscience de l'ampleur du drame. Quelques minutes à peine après son officialisation, alors qu'il effectue un déplacement à Athènes, il a dit sa «tristesse» après une telle «tragédie», et a salué la mémoire des victimes. Puis, il a immédiatement ordonné que les agendas ministériels soient modifiés, Manuel Valls et plusieurs ministres étant envoyés sur place.

22/10/2015

Une ségrégation résidentielle (suite)

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa région parisienne concentre à elle seule près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France, écrivait ce blog, l'autre jour (), sur foi du dernier rapport en date de la Fondation Abbé Pierre. Selon la préfecture de région, qui vient de faire le point sur la question, il serait plus juste de parler d'un tiers des bidonvilles du pays qui se situent en banlieue et à Paris. Les autorités ont d'ailleurs quantifié de manière assez fine la population Rom qui (sur)vit dans la région-capitale.

7144 personnes, très précisément, dont un tiers d'enfants. Soit un chiffre à peine moins élevé que celui de l'an dernier, malgré les opérations d'évacuation forcée et de démantèlement ayant visé de très nombreux campements, ces derniers mois – mais ils se reforment aussitôt, à un autre endroit.

Ces Roms sont de nationalité roumaine ou bulgare principalement, donc bénéficient d'un titre de séjour en règle. Ils s'amassent dans 132 campements qui, eux, sont pour la plupart illégaux: 80% font l'objet d'une procédure judiciaire d'expulsion. Le plus vaste de ces bidonvilles Roms parisiens se trouve à Saint-Denis: il regroupe 880 personnes. Viennent ensuite les campements de Wissous (680 occupants), Champs-sur-Marne (372), Montreuil (347) et Grigny (213).

La "Ville lumière" elle même compte un bidonville Rom sur son territoire, depuis le printemps. Il est situé dans le 18e arrondissement, porte des Poissonniers, sur les voies de chemin de fer désaffectées de la Petite ceinture. Quelque 70 familles y résident, si l'on ose dire, soit 400 personnes environ. Le tribunal de grande instance a été saisi par SNCF Réseau, propriétaire de la parcelle, pour qu'il ordonne l’évacuation des lieux.

Paris, Banlieues, Social, Pauvreté, LogementLa préfecture vient de charger deux groupes de travail de lui remettre des propositions d'ici à la fin de l'année, concernant à la fois les possibilités d'insertion de ces populations et les solutions qui permettraient de leur assurer un logement pérenne. Une fois rendu, ce document sera soumis aux autorités européennes, afin que les actions qui en découlent puissent être financées (en partie) par l'Union.

On attend de voir cela.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

20/10/2015

Une «saturation extrême et inquiétante»

Pauvreté, Social, Logement, GouvernementLe thermomètre remonte un peu à Paris, depuis ce week-end, mais, la semaine dernière, il y a fait inhabituellement froid. Aussi, un collectif de 870 associations de solidarité venant en aide notamment aux SDF et aux mal-logés vient de demander au gouvernement () de se bouger.

Car, «dans de nombreuses villes» du pays, lors de ce coup de froid, la situation de ces miséreux a vraiment été «critique». Quelques chiffres témoignent bien de la «saturation extrême et inquiétante des centres d’hébergement, à la veille de l’hiver». Un soir, rien qu' «à Paris et en Seine-Saint-Denis, 700 personnes à la rue, dont la moitié d’enfants, ont appelé le (numéro de téléphone) 115 sans obtenir d’hébergement. Dans le Rhône, 1950 personnes ont sollicité en vain un hébergement ces 15 derniers jours. Et en Haute- Garonne, ce sont 200 personnes qui sont sans solution chaque nuit».

Voilà donc l'Etat sommé de «mobiliser les capacités d’hébergement hivernales dès à présent, sans attendre le démarrage officiel du plan hiver et les températures négatives». Ne pas patienter jusqu'en novembre pour mettre ces gens à l'abri, d'autant que «des capacités inexploitées d’hébergement et de relogement existent, sur l’ensemble du territoire». Pour preuve, la crise des réfugiés a fait subitement découvrir à l'Etat l'existence de milliers de places d'hébergement disponibles, notamment dans autant de bâtiments publics et parapublics inoccupés.

L'équipe Valls a peu apprécié d'être ainsi houspillée. L'entourage de la ministre du Logement a sèchement fait savoir qu'elle avait donné instruction aux préfets d'ouvrir les places d'hébergement «en fonction de la demande, et non en fonction des températures».

pauvreté,social,logement,gouvernementLa réduction, ou non, de la grande misère: ce sera un des critères à l'aune duquel, dans moins de deux ans maintenant, on pourra juger l'action de François Hollande et des siens. A ce stade, le bilan ne paraît pas fameux.

Pour ne prendre que ce seul indicateur – mais il en vaut bien d'autres –, à en croire le collectif qui tient chaque année ce macabre décompte, au moins 480 personnes sont mortes dans la rue en France, en 2014. Soit encore plus qu'en 2013 (453).

19/10/2015

Une réhabilitation historique

Mieux vaut tard que jamais. Cette semaine, une statue d'un buste de femme va faire son apparition dans la célèbre salle des Quatre Colonnes, de l'Assemblée nationale. C'est une première, puisque, depuis la création de cette institution, seuls des bustes d'hommes y avaient été exposés. C'est la grande révolutionnaire et féministe Olympe de Gouges (1748-1793) – dont ce blog a déjà parlé: relire ici, par exemple – qui aura les honneurs de cette innovation. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle rédigea à l'époque, sera gravée sur le piédestal de sa statue.

Sinon, concernant l'Histoire toujours, et celle de Paris plus particulièrement, plus de 150 personnalités de la culture, des médias et du syndicalisme ont lancé un appel pour qu'une des stations de métro programmées dans le cadre des travaux du Grand Paris soit baptisée "Commune de Paris 1871". En hommage au soulèvement révolutionnaire (relire par exemple ) qui fit trembler la capitale et marqua tant cette époque.

«Il est temps, plus que temps, que la Commune retrouve toute la place qui lui est due dans la mémoire parisienne et nationale», estiment ces signataires. Parmi lesquels le chanteur Dominique A ou les comédiens Pierre Arditi, Michel Piccoli, Arianne Ascaride et Yvan Le Bolloch. Qui rappellent que «les communardes et les communards surent inventer des mesures démocratiques et sociales qui sont encore d’une brûlante actualité, de la séparation de l’Église et de l’État à l’école laïque, gratuite et obligatoire, de l’égalité des salaires des femmes et des hommes à la citoyenneté des étrangers, du droit du travail au droit au travail».

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

15/10/2015

Un réchauffement qui sera généralisé

Bigre: «la plus grande conférence diplomatique jamais organisée en France depuis la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme, à Paris en 1948». Ainsi le gouvernement Valls a-t-il, hier, à l'issue du Conseil des ministres, présenté la COP21: la conférence internationale sur le climat, qui s'ouvrira à Paris à la fin novembre. Elle réunira 20 000 personnes accréditées, 20 000 visiteurs dans les espaces dédiés à la société civile, et plus de 3 000 journalistes venus du monde entier.

Cet événement supposément parisien se déroulera, en fait, au Bourget, en banlieue nord de la capitale. Le chantier d’aménagement du site a démarré il y a dix jours, et prendra un bon mois. On va y aménager 80 000 m2 de halls déjà construits et ériger 80 000 m2 supplémentaires de «structures temporaires et réutilisables». Soit «un total de 16 hectares de surfaces, dans un souci de responsabilité environnementale». Ce qui n'empêchera pas, cela dit, que l'événement soit sponsorisé par de grandes entreprises privées pas forcément toujours regardantes sur l'impact écologique de leurs activités – mais passons.

Le gouvernement l'a assuré, hier: «Les mesures nécessaires pour renforcer les réseaux de transports en commun existants ont été prises», histoire que ce grand raout ne vienne «pas perturber les trajets des habitants» de la région parisienne. Ce sera un vrai casse-tête. Il faudra assurer à la fois le fonctionnement normal du réseau de transports publics, les trajets sans encombres des délégations de diplomates (dont la plupart des convois devront être ultra-sécurisés), et une relative fluidité du trafic automobile, dans cet environnement autoroutier de l'A1 qui est déjà chroniquement saturé.

Sans oublier le défi sécuritaire à relever, alors que l'on sait que des manifestations potentiellement houleuses (les "black blocks", etc.) se dérouleront. Puisque le gouvernement ne s'est pas étendu sur le sujet hier, signalons qu'il a déjà donné l'ordre que, pendant toute la durée de la conférence, 80% d'effectifs de forces sécurité supplémentaires soient mobilisés.

De toute évidence, le réchauffement ne figurera pas qu'au menu des discussions de la conférence. Dans la rue aussi, ce sera chaud à tous points de vue, dans la capitale voire dans l'ensemble de sa région.

14/10/2015

Une reconversion qui tarde

Paris, Terrorisme, ArtsPuisqu'on évoquait hier l'immeuble de notre quartier Saint-Sabin où était située la rédaction de "Charlie Hebdo", avant l'attentat du 7 janvier, signaler cette intervention murale – elle d'un meilleur goût – qui orne ce bâtiment, depuis un petit temps.

Un grand collage, deux immenses doigts pointés vers une de ses portes d'accès. A l'évidence, l'artiste de rue anonyme à l'origine de cette intervention s'est inspiré de Michel-Ange et de sa célèbre fresque "La Création d'Adam", qui orne la voûte de la chapelle Sixtine.

Pourquoi pas. Juste, autant on voit bien ce qui a été détruit dans cet immeuble, autant on distingue assez mal ce qui y aurait été créé. Et, si ce collage doit être lu comme une invitation artistique à un avenir meilleur et créatif pour les lieux, très bien, mais cela paraît mal parti.

Pour preuve, la mairie de Paris, qui a remis complètement à neuf les anciens locaux de la rédaction de "Charlie", tente depuis des semaines de les mettre à nouveau en location. En vain, à ce stade. Personne, visiblement, pas la moindre petite entreprise ou start up, ne souhaite emménager dans ces lieux si dramatiquement connotés.

Et cela pourrait bien durer.

12:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme, arts

13/10/2015

Une double incompréhension

Paris, TerrorismeDix jours. Dix jours que ce graffiti fait terriblement mal aux habitants de notre quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement parisien. «La vie est belle! Et la mort est douce», proclame-t-il. Rien que de très banal, oui mais...

Mais ce tag a été apposé à l'angle de la rue Nicolas Appert. Soit à quelques mètres à peine de l'immeuble de l'ancienne rédaction de "Charlie Hebdo", où a eu lieu la tuerie de janvier ayant coûté la vie à une dizaine de personnes. A deux pas, aussi, de l'endroit où ce policier de la brigade à vélo du commissariat du 11e a été abattu comme un chien.

Du coup, double incompréhension.

La première, relative au profil de l'auteur de ce graffiti. De deux choses l'une. Soit il ignorait la proximité du lieu de ces attentats, et, dans ce cas, franchement, c'est à se demander sur quelle planète certains vivent, parfois. Soit il était parfaitement au courant de la chose. Auquel cas, célébrer la mort dans un tel lieu relève, au choix, de l'apologie du terrorisme ou de la psychiatrie.

La seconde interrogation: pourquoi donc les services de la propreté de la mairie de Paris tardent-ils tant à effacer cette inscription murale? Alors qu'ils sont si prompts à recouvrir les tags, œuvres de street art, pochoirs et autres, apposés parfois y compris sur des murs situés à quelques mètres de là?

11:56 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

12/10/2015

Un procédé un peu cavalier

Ce n'est pas tous les jours que notre boîte mails perso reçoit un message d'un PDG d'une société de plus de 50.000 salariés, mais c'est ce qu'il lui est arrivé ce week-end. Un message du grand patron d'Air France.

Frédéric Gagey, c'est son nom, y fait savoir que les fameux incidents ayant émaillé le comité d'entreprise de lundi dernier – lors duquel deux cadres de la compagnie ont été molestés –, «ce n’est pas Air France». «Soyez en convaincus, ces violences ont été le fait d'individus isolés et ne reflètent ni la réalité ni l’ambition de votre compagnie». Et de vanter les «mesures courageuses» envisagées pour «assurer son avenir dans le peloton de tête des compagnies aériennes à vocation mondiale». Nulle part, il n'est fait mention des 2900 emplois menacés: à l'origine de la colère syndicale qui a dérapé de la sorte, il y a une semaine.

Pour diffuser cette communication de crise, Frédéric Gagey a donc utilisé le fichier clients d'Air France. Soit plusieurs millions d'adresses électroniques, habituellement réservées à l'envoi d'offres commerciales de la compagnie ou au suivi de dossiers de voyages de particuliers ou de sociétés. Un procédé un peu curieux, voire cavalier: en tant que client lambda d'Air France, on n'a pas le souvenir de lui avoir donné notre accord pour recevoir également ce genre de communications-là.

Mais on ne doute bien sûr pas que, par souci d'équité, Frédéric Gagey va à présent autoriser les syndicats des pilotes de ligne, du personnel navigant, et des agents au sol d'Air France à utiliser, à leur tour, ce fichier. Histoire de bien veiller à ce que, sur ce conflit social, la clientèle bénéficie d'une information absolument complète, et non du tout unilatérale.

 

PS. Dans le cadre de cette communication de crise, la compagnie a réalisé une vidéo de promo. Un petit film parfaitement aimable, délicieusement souriant, mais qui se prend pas mal de commentaires acerbes, voire carrément teigneux. Du genre: «Ca coûte combien de faire une vidéo aussi vide que ça?», «C'est une honte, de la pure propagande d'une autre époque», «Putain même sur les photos officielles de Corée du Nord, les sourires sont moins grincants», ou même... «Aucun DRH n'a été maltraité durant ce tournage».

09/10/2015

Un engouement, finalement

Sports, Paris, PersonnalitésCe n'était pas si évident que cela au départ (relire par exemple ), mais, finalement, les Français – et les Parisiens, singulièrement – ont l'air de se prendre... aux Jeux: de se mobiliser, pour que Paris décroche les JO de 2024.

En tout cas, la campagne de financement participatif qui a été lancée fin septembre pour soutenir la candidature de la "Ville lumière" a connu un plutôt bon début. Durant les dix premiers jours de collecte, elle a engrangé plus de 200.000 euros de dons. Sans compter 3,5 millions de contacts générés sur les réseaux sociaux.

Le Comité olympique a pris le parti d'accepter y compris jusqu'aux contributions les plus modestes. Cela commence donc à partir de 0,65€, soit le coût de l'envoi d'un SMS "2024". On peut aussi acheter un bracelet vantant la candidature parisienne (2€). Ou, nettement plus cher, participer à des ventes aux enchères, pour acquérir des symboles de l'esprit sportif tricolore: un kimono porté par une judoka française médaillée olympique en 2012 (200€), un ballon de l'Euro de basket dédicacé par les joueurs de l'équipe de France (450€), etc.

L'histoire ne dit pas (encore) si, d'ici à 2024, parmi ces lots mis aux enchères, figureront quelques objets très symboliques de l'activité sportive de personnalités publiques.

Sports, Paris, PersonnalitésOn n'est pas sûr que cela déclencherait un tonnerre d'enchères, mais au moins on aurait l'embarras du choix.

Du vélo de course de Nicolas Sarkozy aux chaussures de running de Dominique de Villepin, en passant par les maillots de foot que François Hollande portait quand il avait le temps de participer à des matchs caritatifs, ou le casque que coiffe François Fillon quand il se rend au circuit du Mans pour assouvir sa passion de la course automobile.

08/10/2015

Une amélioration, à parfaire

Une bonne nouvelle pour les quelque 30 millions de touristes qui visitent Paris chaque année. Et, tant qu'à faire, une bonne nouvelle aussi pour les habitants de cette ville. La sécurité s'améliore dans et aux alentours des grands sites touristiques de la capitale française.

C'est, du moins, ce qui ressort des chiffres qu'a donnés la préfecture de police de Paris, cette semaine. «Tous les indicateurs sont à la baisse», a-t-elle assuré. Dans ces zones touristiques, de mai à septembre, les coups et blessures volontaires ont chuté de 24%, les vols à la tire de 28%, et les vols avec violence de 17%. Concernant ce dernier type de délinquance spécifiquement, la baisse est même de 34% dans le quartier Montmartre, et carrément de 56% au Champ de Mars. C'est le résultat du travail accompli par les quelque 29.000 policiers qui, depuis le début de l’année, ont été mobilisés dans les sept zones concernées par ce "Plan tourisme" de la préfecture (Montmartre, Champs-Elysées, Champ de Mars, Trocadéro, Louvre, Notre Dame-Quartier Latin et Opéra).

Deux remarques toutefois, si on peut se permettre.

Une nuance, d'abord. Cela a déjà été dit (ici), dans ce blog: le déploiement de milliers de militaires dans les rues, depuis les attentats de janvier, contribue très largement à cette sécurisation accrue de la ville. Pas évident de chercher noise à des touristes sous la tour Eiffel, quand, désormais, tant de soldats armés jusqu'au cou y patrouillent. Un bémol, ensuite. Des faits divers récents – on pense par exemple aux vols dont plusieurs touristes chinois ont été successivement victimes, à la sortie ou aux abords de leur hôtel en banlieue parisienne – montrent que les autorités auraient intérêt à ne pas concentrer leurs efforts sur le seul Paris intramuros. Il arrive aussi aux touristes de franchir le périphérique. Et ils ont le droit d'y être autant en sécurité que sur les Champs ou à Montmartre.

07/10/2015

Une figure honorée

Paris, Histoire, Personnalités, Immigration, EtrangersPuisque, ce mercredi, le parti sarkozyste statue sur le sort de l'eurodéputée et ex-ministre Nadine Morano – ses récents propos racialistes pourraient lui coûter son investiture aux élections régionales de décembre – , signalons cet hommage que la Ville de Paris vient de rendre.

Lundi, elle a baptisé une rue du dix-septième arrondissement en l'honneur d'une personnalité assez peu connue des Parisiens, mais qui a pourtant marqué, à sa façon, l'histoire de la "Ville lumière". Car c'est le premier et unique maire... «de race noire» (comme dirait Nadine Morano) que connut, mais oui, la capitale française.

Severiano de Heredia (1836-1901), c'est son nom. Mulâtre originaire de Cuba, naturalisé Français en 1870, il présida le Conseil municipal de Paris pendant six mois, en 1879, et fut aussi député et ministre des Travaux publics. Si l'on en croit ses biographes, pendant toute sa carrière, il dut se coltiner des injures racistes («le nègre du ministère», «nègre roublard aux grosses lippes», «ministre chocolat», etc.). Il repose désormais au cimetière des Batignolles. Et reste donc un cas unique, dans les annales de l'histoire de la capitale.

En tant que Parisien moyen, d'ailleurs, on ne mettrait pas d'office la main au feu qu'on connaîtra, de notre vivant, un maire de Paris qui, à nouveau, ne soit pas «de race blanche» (comme dirait Nadine Morano).

06/10/2015

Une cause pas si désespérée

Sainte Rita, patronne des causes désespérées, dit-on. Et bien non: pas si désespérées que cela, semble-t-il.

Pour preuve, la petite église qui, à Paris, est dédiée à cette sainte. Située dans le quinzième arrondissement, elle est fameuse pour les célébrations religieuses bien particulières qui s'y déroulent. Des bénédictions... d'animaux. Des milliers de chats, de chiens, de perruches et d'autres animaux de compagnie – un jour, on y vit même... un chameau – ont déjà été bénis à Sainte Rita. Qui, en plus, hier, a miraculeusement échappé à la démolition.

Elle fait l'objet d'un permis de démolir, au profit d'un immeuble de logements sociaux et d'un parking. Les travaux devaient commencer lundi. C'était compter sans la détermination des opposants à ce projet. Bien déterminés à «faire barrage de leurs corps» aux démolisseurs, ils ont réussi à leur faire rebrousser chemin. Finalement, le sort de la paroisse se jouera au tribunal.

Le plus comique était de voir, parmi ces manifestants, des élus de la droite sarkozyste parisienne. Membres, donc, d'un parti qui est toujours très prompt à condamner les trublions et autres sauvageons, mais qui, là, jouaient les gros bras. Bombant leur torse fièrement ceint de l'écharpe tricolore, ils promettaient, devant une nuée de caméras, d'aller jusqu'à s'opposer physiquement aux démolisseurs, s'ils osaient pénétrer dans l'église.

L'histoire ne dit pas si ces activistes si atypiques étaient prêts à aller jusqu'à arracher leurs chemises à ces pauvres ouvriers, comme à de vulgaires hauts dirigeants d'Air France, s'ils avaient tenté de forcer le passage.

05/10/2015

Une indépendance freinée

logement,jeunes,paris,banlieues,social,economieC'est une des conséquences de la crise du logement à Paris et dans sa région, que ce blog évoquait vendredi. Le "syndrome Tanguy", comme l'on pourrait le dénommer. En référence au film français à succès d'il y a une dizaine d'années.

Dans la capitale et sa banlieue, les jeunes tardent de plus en plus à quitter le domicile parental. Les 20-29 ans subissent de plein fouet l'envolée des loyers des petites surfaces. Ainsi, à en croire l'Observatoire des loyers, entre 2001 à 2011, les loyers des studios ont bondi de 49% à Paris et de 44% en banlieue. Plus globalement, la crise économique de 2008 a «freiné l'indépendance résidentielle» de ces jeunes. C'est ce que confirme une étude qui vient de sortir.

Aujourd’hui, un jeune de plus de 25 ans sur deux vivant et né en région parisienne habite toujours chez ses parents. En moyenne, ces jeunes de la capitale ne quittent papa et maman qu'à l'âge de 24 ans et neuf mois, soit beaucoup plus tardivement que les jeunes de province (22 ans).

Ces "Tanguy" sont, pour beaucoup, des étudiants (76% des étudiants de la région parisienne sont dans ce cas) et des chômeurs (62%, + 10 points par rapport à 1999). Mais beaucoup de jeunes actifs en emploi se retrouvent également dans la situation du héros du film d'Etienne Chatiliez. C'est même le cas de près de quatre de ces jeunes actifs sur dix (39%, +6) .

C'est évidemment dû à la précarité de l'emploi que ces jeunes occupent: difficile, sinon quasi impossible, de voir son dossier de candidat locataire retenu, quand on ne bénéficie pas d'un contrat à durée indéterminée. Pour preuve, deux tiers des jeunes actifs parisiens travaillant en CDI ont leur propre logement, alors qu'un jeune en CDD (contrat à durée déterminée) sur deux habite toujours chez ses parents. C'est aussi le cas de deux jeunes intérimaires, apprentis ou stagiaires sur trois.