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15/11/2015

Un impact économique, aussi

Vision frappante ce matin, boulevard Richard Lenoir. Sur le terre-plein central où d'habitude, chaque dimanche dès tôt le matin, se tient l'immense marché qui s'étend jusqu'à Bastille. Rien. Pas un étal ouvert. Personne, ou presque. Pas un client en vue, juste l'un ou l'autre joggueur, promeneur de chien, ou passant. Jamais, depuis bien quinze ans qu'on habite cette partie du onzième arrondissement de Paris, on n'avait vu cela.

Comme tous les marchés à Paris depuis samedi, celui de Richard Lenoir a été interdit d'ouvrir ce dimanche, sur ordre des autorités. Pareillement, dans toute la ville, il est frappant de voir combien la vie habituelle est perturbée. Là aussi, sauf erreur, c'est sans précédent: les écoles, les bibliothèques, les centres sportifs, les piscines, les musées, tout est absolument fermé. Des cinémas et des grands magasins sont même restés volets baissés, hier. Idem, bien sûr, pour la tour Eiffel et Le Louvre.

Le dimanche, d'habitude, des milliers de gens, au minimum, font leurs courses au marché Richard Lenoir, qui est vraiment le lieu dominical de socialisation de tout le quartier. Même si les considérations d'ordre économique ne sont pas forcément les plus prioritaires du moment, en ce temps de recueillement, l'arrêt de ce marché – jusqu'à quand ? – va lourdement peser sur l'économie locale.

Idem pour le Bataclan. Cette salle de spectacles était le poumon économique du quartier. Plusieurs soirs par semaine, depuis des lustres, elle attirait des centaines de spectateurs. Ouvreurs, serveurs, vestiairistes, techniciens, éclairagistes, vigiles, régisseurs, administrateurs: tous ces emplois sont désormais mis entre parenthèses, jusqu'à ce que la salle rouvre (quand?). Sans compter autant d'emplois induits (traiteurs, fournisseurs, etc.), tout autant précarisés par cette dramatique actualité. De même, la grande brasserie attenante à la salle de spectacles, le Bataclan Café, ne désemplissait pas, à longueur de journées. Là aussi, sa fermeture va créer un vide, non seulement en termes de convivialité et d'animation, mais aussi pour l'économie du quartier.

Paris, Terrorisme, Economie, Art de vivreEt cela ne vaut pas seulement pour cette partie de l'arrondissement. A Charonne hier soir, c'était saisissant. Avant les tueries de vendredi, c'était, avec Bastille ou Oberkampf, un des quartiers les plus animés et festifs de l'Est parisien. Mais là, hier, Charonne la noctambule n'était plus que l'ombre d'elle-même. La foule y était au minimum deux fois moins dense qu'en temps normal. De nombreux bistrots n'avaient même pas ouvert. Et, dans les restos, on trouvait facilement une table même sans réservation préalable – là aussi, on n'avait jamais vu cela dans ce quartier, un samedi soir.

C'est l'évidence – même si, on le répète, ce ne doit pas être la préoccupation majeure de l'instant – : les attentats perpétrés vendredi dans ces quartiers de l'Est de Paris vont lourdement peser sur leur économie. Et il leur faudra du temps, pour se relever.

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