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26/11/2015

Un élan «dans la durée» souhaité

Dans toute la la presse, ces jours-ci, un placard publicitaire de l'Etablissement français du Sang (EFS). Il remercie (voir ) tous les protagonistes de l'«élan citoyen sans précédent» qui a suivi les attentats du 13 novembre. Les dizaines de milliers de donneurs de sang «qui se sont présentés partout en France» ont «rendu possible la collecte dans des conditions exceptionnelles», salue-t-il. «Votre mobilisation, vos dons, ont sauvé des vies», assure la pub, en lettres capitales rouges et noires.

La réalité est un peu différente. Dans les faits, tout au long de ce mémorable week-end, l'afflux inopiné et si massif de tant de donneurs a complètement pris de court l'EFS et ses centres de collecte, voire les ont pas mal désorganisés. Dès le lendemain des tueries, d'ailleurs, l'organisme s'est empressé de faire savoir (ici) que «le niveau satisfaisant des réserves en produits sanguins a permis de faire face à la situation exceptionnelle de cette nuit». Et de bien préciser qu'il n'avait «pas aujourd’hui de besoins urgents», alors qu'on aurait pu imaginer que le carnage l'avait conduit au bord de la rupture de stock.

Comme il lui fallait rapidement réduire un peu ce flux de généreux donateurs peu commode à gérer vu son ampleur, l'EFS a aussitôt fait passer le message aux autorités. Raison pour laquelle, par exemple, dès le samedi après-midi qui a suivi les attentats, l'ensemble des panneaux lumineux d'information de la mairie de Paris, répartis dans toute la ville, ont exhorté la population à donner son sang «la semaine prochaine aussi». L'information, amplement relayée par tous les médias, a fini par passer dans l'opinion.

A présent, l'enjeu est que cette mobilisation se poursuive «dans la durée». Et particulièrement «en décembre et en janvier, périodes particulièrement sensibles pour les réserves» de l'EFS. Car, au-delà des périodes de crises majeures et ponctuelles, «10.000 dons de sang par jour» sont nécessaires, pour faire face à la demande.

Et c'est particulièrement vrai alors que, demain vendredi, on sera à deux semaines de cette si sinistre nuit. Puisque, selon les chiffres que la ministre de la Santé a donnés cette semaine, 161 blessés sont toujours hospitalisés, dont 26 en services de réanimation.

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