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30/11/2015

Un climat de tension

Une fois de plus, hier, on n'a pas dû d'attendre que les flashs d'alerte des agences de presse tombent sur le smartphone pour savoir que ça chauffait à nouveau, dans notre quartier du onzième arrondissement. Il a suffi de tendre l'oreille. Il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre le concert incessant des sirènes de véhicules de police et le vacarme des hélicos tournoyant dans le ciel.

«Liberté! Liberté!». «Etat policier!». Quelques-uns des slogans que plusieurs centaines d'opposants à l'état d'urgence scandaient, dans l'après-midi, place de la République. Les deux tiers des rues du quartier étaient entièrement bloquées à la circulation. Sur la place elle-même, stationnaient plusieurs dizaines de fourgons de police et de CRS. Et, aux grilles de la station de métro, fermée, une grande banderole avait été accrochée. «Anti Cops 21», proclamait-elle. Dénonciation donc à la fois de la conférence onusienne qui s'est ouverte au Bourget ce matin et du dispositif policier qui est de mise depuis l'instauration de l'état d'urgence.

Très vite, l'atmosphère de l'esplanade, saturée de gaz lacrymogènes, est devenue irrespirable. Et, entre huées, coups de matraque, poubelles incendiées et jets de projectiles divers et variés, l'ambiance n'a pas tardé à dégénérer. En fin d'après-midi, les forces de l'ordre ont chargé. Plus de 300 «éléments perturbateurs», comme l'Elysée les a dénommés, ont été interpellés et placés en garde à vue. Dans le quartier, toutefois, les sirènes des véhicules de police ont résonné jusqu'à 21h30 passées.

Sans compter qu'ensuite, il n'a pas fallu attendre trois heures pour que, à nouveau,... la grosse agitation recommence. En cause, cette fois, la venue de Barack Obama (accompagné de François Hollande et de la maire de Paris, Anne Hidalgo) devant le Bataclan, pour s'y recueillir à la mémoire des victimes du 13 novembre. Une fois de plus, donc, ce fut le grand tohu-bohu sécuritaire, dans cette partie du onzième.

A une heure du matin, les dizaines de milliers de Parisiens du coin avaient droit, pour s'endormir, à la berceuse des rotors d'hélicoptères.

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