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04/12/2015

Une réouverture, déjà

On ne dira pas que c'est «the place to be» de ce vendredi: ce serait d'un goût douteux, vu les circonstances. Mais enfin, c'est l'événement du jour, dans notre 11ème arrondissement. La réouverture ce matin, rue de la Fontaine-au-Roi, du "Café Bonne Bière". Cette brasserie qui, il y a trois semaines, avait fait partie des établissements frappés par les terroristes. Cinq de ses clients avaient trouvé la mort, dans la fusillade qui avait visé sa terrasse. «Il est temps pour nous de nous retrouver ensemble unis et d'avancer, pour ne pas oublier», expliquent (ici) les gérants de l'établissement, pour justifier sa réouverture aussi rapide.

Les lieux ont été remis à neuf. Plus aucun impact de projectiles n'est visible. La mairie de Paris a fait un peu de nettoyage et de rangement dans le "mausolée" qui, depuis la tuerie, s'était accumulé devant cet établissement.

"La bonne bière" se remet donc à couler à flots, à la Fontaine-au-Roi. En revanche, il faudra attendre encore un bon mois, au minimum, pour que les autres établissements endeuillés le 13 novembre ("Le Carillon", "Le Petit Cambodge", et "La Belle équipe") fassent éventuellement de même.

Et le "Bataclan"? Alors, là, ce sera certainement beaucoup plus long. Un an d'attente carrément, sans doute.

D'abord, les lieux ont été complètement dévastés, et ils sont aujourd'hui totalement impraticables (impacts de balles, dégâts causés par les explosions des kamikazes, etc.). Ensuite, si la volonté des gérants de la salle ne fait aucun doute («Nous sommes dans un besoin de vie. Il est nécessaire de revoir les portes ouvertes. Les équipes, les artistes, le public veulent une reconstruction. Il y a un désir de Bataclan»), le pas, dans ce cas-là, est infiniment plus difficile à franchir, d'un point de vue psychologique. Il y a trois semaines, 90 personnes ont trouvé la mort, dans cette salle. Il va donc falloir du temps. Du temps avant que les Parisiens, par hypothèse, se fassent à l'idée de retourner écouter de la musique, danser, boire et faire la fête, dans un cadre qui est désormais, et à jamais, si dramatiquement connoté.

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