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23/12/2015

Un classique de fin d'année

Art de vivre, Gastronomie, Economie, Sécurité, PoliceLes années passent, mais certaines choses tardent visiblement à s'améliorer, en France. C'est ce qui ressort des résultats de la campagne de contrôles menée en ce moment par la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Chaque hiver, à la période des fêtes de fin d'année – temps de bonne bouffe nationale, s'il en est – , les pandores de cet organisme effectuent des descentes dans les commerces de bouche et les restaurants. Ils y traquent à la fois les défauts d'hygiène alimentaire (vérification des températures de conservation, des dates limite de consommation, de la propreté des locaux, etc.) et les informations déloyales données aux consommateurs (relatives aux appellations d’origine, aux promotions, aux labels etc.). Et cet hiver, une nouvelle fois, un taux pas négligeable d'anomalies ou de manquements a été mis au jour: 26%. Autrement dit, un aliment sur quatre vendu en cette période ne respecte pas les normes – normes qui, il est vrai, en France particulièrement, sont innombrables et tatillonnes. Ce taux de 26% est dans l'étiage de ceux relevés les hivers précédents (relire , par exemple), donc aucun progrès en la matière, visiblement.

Les vérifications ne sont pas inutiles non plus dans un autre secteur, tout aussi de saison: celui des jouets et jeux d'enfants. Là, les inspections ont montré que le taux de produits non conformes et dangereux s’élevait à 10,3%. Ont notamment été épinglées des peluches-bouillottes «qui peuvent occasionner de graves brûlures sur la peau des enfants» et des «planches à roulettes transversales dotées de moteurs électrique type hoverboard» dangereuses (on a un peu de mal à imaginer ce que c'est, mais on prend note).

Malgré ces résultats peu emballants, les Français vont tenter de passer d'excellentes fêtes ils en ont bien besoin, après l'année qu'ils viennent de vivre.



PS: Ceci étant dit/écrit, ce blog lui aussi va prendre ses quartiers d'hiver, et donc faire une petite pause. Il rouvrira ses portes en janvier. Bonnes fêtes à toutes et tous.

22/12/2015

Une sobriété, compréhensible

«Paris est une fête», comme Hemingway l'écrivait. Elle doit le rester. Et il est essentiel (en termes d'attractivité touristique internationale, singulièrement) que le monde entier sache que la "Ville lumière" s'y emploie. Mais, après les événements qu'elle a vécus, la capitale française ne peut pas non plus faire la fête comme si de rien n'était. Un peu de retenue s'impose. C'est le raisonnement qui a conduit la mairie et le ministère de l'Intérieur à maintenir les habituelles festivités du 31 décembre sur les Champs-Elysées, mais à leur donner une configuration particulière.

Outre que les mesures de sécurité y seront, bien sûr, renforcées, ce réveillon 2015-2016 sera sobre. «Pas de grand show», ni de feu d'artifices. Des projections vidéos en 3D plus courtes que d’ordinaire, sur l’Arc de triomphe. Une heure ou deux de rassemblement, pas plus, et l'avenue rendue à la circulation automobile dès minuit et demie. Quant à la thématique de l'événement, elle a été adaptée. Avant les attentats du 13 novembre, il était question qu'il tourne autour de l'Europe. Finalement, il célébrera le vivre ensemble.

«Ce sera plus symbolique que festif», a déjà prévenu la mairie. Il faudra voir, dès lors, si l'événement attirera la grande foule.

Le 31 décembre 2014, 600.000 fêtards avaient célébré l'an neuf sur "la plus belle avenue du monde". Un an après, ils pourraient être moins nombreux, les attroupements de masse suscitant l'appréhension de beaucoup, en cette période d'alerte terroriste maximale. Ou, au contraire, qui sait, nombre de Parisiens, de Français et de touristes étrangers pourraient décider qu'après cette année si difficile qu'a vécue Paris, il est symboliquement important, par solidarité, de la clore en étant physiquement sur place, en un de ses lieux les plus emblématiques.

21/12/2015

Une première place, évidemment

Paris, Terrorisme, Communication, InternationalC'était couru d'avance, vu cette année si dramatiquement historique que viennent de vivre la France et sa capitale: au total tout de même plus de 150 morts, à la suite d'attentats terroristes (130 tués le 13 novembre + une vingtaine en janvier et depuis).

L'Hexagone et la "Ville lumière" trônent en bonne place dans tous les palmarès de fin d'année qui sont dressés par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Ainsi, "Charlie Hebdo" ont été les termes les plus recherchés dans le monde en 2015, sur le moteur de recherches Google. Et c'est probablement pareil sur les autres moteurs. Jamais auparavant un media français n'avait vu sa notoriété internationale propulsée à de tels niveaux, à la suite d'une actualité si tragique le concernant. Pareillement, sur Twitter, c'est le hashtag #JesuisCharlie qui caracole en tête: il a été partagé cinq millions de fois dans la seule semaine qui a suivi la tuerie du 7 janvier. Et les hashtags #PrayforParis et #JesuisParis ont pris le relais dès le soir du 13 novembre: ce sont eux qui, dans le monde entier, ont été les plus relayés. Quant à Facebook, dans les dix sujets qui ont été les plus discutés sur ce réseau social en 2015, on trouve évidemment, aux côtés de l'élection présidentielle américaine, les attentats parisiens tant de novembre que de janvier.

En espérant que, à la fin de l'an prochain, Paris et le pays ne se retrouveront pas à nouveau, pour une raison aussi sinistre, en tête des palmarès de ce type – et le pire, c'est qu'on ne peut même pas écarter l'éventualité d'emblée.

18/12/2015

Un désintérêt manifeste

A partir de ce vendredi (mais dès hier, en Corse), les présidents de Régions élus ou réélus dimanche commencent à prêter serment. A propos des élections régionales, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient d'adresser une remontrance – parfaitement justifiée, selon nous – aux radios-télés. Pour la manière dont elles ont couvert un des volets de la campagne.

A savoir, la situation en outre-mer. Le CSA «déplore très vivement que les médias audiovisuels de métropole n’aient pas accordé plus d’attention aux enjeux et aux résultats électoraux» dans ces circonscriptions lointaines. D'autant que ces résultats n'ont pas été inintéressants: pas mal de changements. Dès dimanche soir (voir ), d'ailleurs, il semble que, dans les DOM-TOM, les réseaux sociaux se soient énervés de cette indifférence métropolitaine.

Indifférence dont ont aussi fait preuve, cela dit, des politiques. Et au plus haut niveau.

Ainsi, Manuel Valls a fait savoir qu'il avait téléphoné dès la fin du week-end dernier à toutes ces éminences régionales. Du moins, à celles élues ou réélues dans l'Hexagone. En revanche, le nouvel homme fort de la Corse (autonomiste il est vrai, une famille politique peu appréciée à Paris) a dû attendre jusqu'à ce matin pour recevoir le coup de fil de félicitations de Matignon. Et ses homologues d'outre-mer n'avaient pas davantage eu droit à cet honneur, pendant la semaine.

Après cela, on s'étonnera que plus de deux millions d'habitants d'outre-mer (et 300.000 Corses) aient parfois l'impression d'être considérés comme des Français de seconde zone.

17/12/2015

Une réutilisation, de bon aloi

Transports, Sécurité, Terrorisme, Police, Gouvernement, BelgiqueSégolène Royal en visite en gare de Paris-Nord, ce jeudi matin. Jusque là, pas grand-chose de très intéressant, on vous l'accorde.

Si ce n'est que la ministre des Transports s'y rend afin de «féliciter la SNCF pour la mise en place du premier portique de sécurité». Dans le cadre du renforcement de la sécurité ferroviaire, en ces temps d'état d'urgence.

La ministre avait promis que de tels portiques seraient installés sur les voies du Thalys avant les fêtes de fin d'année. Etant encore passé à cette gare l'autre jour et n'ayant rien vu qui s'apparentait à des travaux d'installation de tels portiques, on commençait à se demander si cette promesse allait bien être tenue dans les temps. Et bien oui, donc. La ministre assure même que, «dès le 20 décembre, les premiers portiques de sécurité et des scanners seront en état de marche pour les trains Thalys, en gares du Nord et à Lille».

Cela a été rendu possible, en fait, par une petite entourloupe qu'a trouvée le gouvernement. Qui va faire... de la récup'. En clair, comme l'explique Ségolène Royal, «cette mise en œuvre opérationnelle et rapide du dispositif a pu être réalisée grâce à la réutilisation de l'équipement de sûreté ayant servi dans le cadre de la COP 21 organisée au Bourget», la conférence de l'Onu sur le réchauffement climatique.

Il suffisait d'y penser.

16/12/2015

Un impact qui se confirme

Un bon mois après les attentats du 13 novembre, on commence à voir un peu plus clair sur leur impact économique. Et il se confirme qu'il est lourd.

Cela a été annoncé hier: les aéroports parisiens ont, en novembre, accueilli 120.000 passagers en moins qu'à la même période de l'an dernier. C'est davantage que le recul de 0,1% du trafic passager qui avait suivi les attentats de janvier. L'hôtellerie française, pour sa part, a vu son son chiffre d'affaires dévisser de 9,3%, depuis le 13 novembre. Ce sont surtout les palaces parisiens qui ont été touchés. Et l'hébergement des dignitaires étrangers et de leurs délégations venus à Paris participer à la grande conférence de l'Onu sur le climat n'a compensé cela qu'à la marge.

Au global, en novembre, la fréquentation touristique de la "Ville lumière" et ses retombées économiques ont chuté de plus de 20%, par rapport à novembre 2014. A en croire le dernier baromètre de conjoncture en date, «74% des professionnels du tourisme interrogés estiment que leur activité est en baisse par rapport au mois de novembre 2014, et même 81% des professionnels parisiens». Le secteur des congrès et de l'événementiel évalue à 5,7 millions d’euros les pertes entraînées par cette sinistre actualité. Et le comité régional du tourisme considère que les perspectives pour le mois de décembre et les fêtes de fin d'année «ne sont pas encourageantes».

Du coup, malgré cette période habituellement si propice aux achats, le secteur du commerce et de la distribution craint le pire, en termes de recettes. D'autant que le contexte sécuritaire l'a contraint à augmenter ses budgets consacrés à la protection et à la sécurisation (vidéosurveillance, détecteurs de métaux, agents de surveillance, etc.). Le Centre national des centres commerciaux chiffre ce surcoût à 50% de plus que l’an dernier, et a calculé qu'il pourrait «atteindre 100 millions d'euros, sur l'année».

Bref, au-delà des pertes humaines qui ont été déplorées, l'économie parisienne et, au-delà, celle de l'ensemble du pays, clairement, n'ont pas fini de payer le prix de la tragédie du mois dernier.

15/12/2015

Une alerte, dans la discrétion

Transports, Sécurité, Police, TerrorismeLe dispositif est opérationnel depuis hier. Il fait suite à l'attaque terroriste qui, fin août, avait visé le Thalys. Désormais, les usagers de la SNCF peuvent alerter par SMS – et donc en toute discrétion – des comportements suspects relatifs «à la problématique terroriste».

Depuis 2010 en région parisienne, puis progressivement dans les autres régions, le numéro d'alerte 31 17 est à la disposition des voyageurs. On peut y signaler les incidents, agressions, incivilités, etc. dont on est témoin, survenant dans une gare ou un train. Dorénavant, donc, le centre de gestion des appels de la compagnie des chemins de fer et son poste de commandement national de sûreté peuvent être avertis par textos aussi. Les messages peuvent être envoyés (au numéro 31 17 7) depuis n'importe quel train ou gare situés en France.

Lors du dialogue audio ou écrit qui suit un tel signalement par SMS, l'agent «détermine la nature et la gravité des faits, pour prévenir les forces de sécurité». Il agit donc comme «un relais d'appel d'urgence vers ces services (pompiers, police, Samu, démineurs...)», qu'il informe «en temps réel de la localisation de l'appel, grâce à la connaissance des circulations des trains».

Quarante-cinq opérateurs, répartis dans cinq plateformes situées autour de Paris, traitent ces appels «7 jours sur 7 et 24 heures sur 24». Il s'agit d'«agents aptes à traiter tout type de problématiques», et qui ont été formés notamment aux «situations qui pourraient s'apparenter à des actes terroristes».

Reste à voir si ce service sera lui aussi victime de l'envolée actuelle du nombre de fausses alertes à caractère terroriste (colis suspects, etc.), due au climat tendu du moment. Un phénomène que ce blog évoquait (), l'autre jour, s'agissant des transports publics en région parisienne – mais probablement est-il constaté dans d'autres régions du pays aussi.

14/12/2015

Un grand classique

Après avoir été pendant dix-sept ans à gauche, la région parisienne a donc basculé à droite hier soir, à l'issue du second tour des élections régionales. Vendredi, l'ex-ministre sarkozyste Valérie Pécresse deviendra la nouvelle présidente de région. Elle s'est imposée d'un cheveu (avec 60.000 voix d'avance, sur 3,8 millions de votants) face au candidat de la gauche, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS).

Mais, à Paris proprement dit, c'est ce dernier qui est arrivé en tête, et assez largement (49% contre 44%). Comme d'habitude, c'est dans les arrondissement de l'Est et du Nord de la capitale que la gauche a réalisé ses meilleurs scores: plus de 60% dans les 10e et 11e, ainsi que dans les 18e, 19e et 20e. Et, tout aussi classiquement, c'est dans l'Ouest parisien que la droite a cartonné: plus de 70% dans les 7e et 8e, près de 80% dans le 16e.

L'Est de Paris bobo/hipster et le Nord populaire qui votent plus que jamais à gauche. Les arrondissements les plus bourgeois de l'Ouest qui campent résolument à droite. Et le Front national qui, dans la capitale, a été réduit à un très maigre 6%. La couleur de la région a beau avoir changé, la cartographique politique de la "Ville lumière", elle, n'a pas évolué d'un iota.

11/12/2015

«Une immense fierté»

Elections régionales, Paris, Banlieues, TerrorismeLe second tour des élections régionales, ce week-end en France.

Donc, comme ce blog n'a pas encore eu l'occasion de le faire, depuis le premier tour, il est plus que temps de revenir rapidement sur la manière dont, dimanche dernier, ont voté les Parisiens (voir ) habitant le dixième et le onzième arrondissements. A savoir, les deux quartiers qui ont été endeuillés par les attentats du 13 novembre: il y a quatre semaines jour pour jour, ce vendredi.

Deux enseignements, pas inintéressants.

D'une part, les quelque 70.000 votants de ces deux quartiers ont fait partie des Parisiens qui ont le moins voté Front national. Alors que, dans tout le pays, ce parti a vu sa dynamique électorale renforcée, après les tueries. Le FN n'a recueilli que 7,3% et 7,5% des suffrages dans ces deux arrondissements, respectivement,. C'est très inférieur au score qu'il a réalisé dans l'ensemble de la capitale (9,7%). «Le peuple de Paris a défié la peur en répondant dans les urnes avec une dignité qui déjoue la stratégie des terroristes et qui m’inspire une immense fierté», a commenté la maire (PS), Anne Hidalgo, dimanche dernier.

D'autre part, les Verts – critiques à l'égard du virage ultra-sécuritaire de l'exécutif Hollande-Valls, après les attentats (l'état d'urgence, etc.) – ont réalisé leurs meilleurs scores parisiens notamment dans ces deux arrondissements ensanglantés, le mois dernier. 15,9% d'électeurs écologistes dans le dixième, 14,7% dans le onzième: loin devant le piètre score des Verts à l'échelon national. Du coup, au final, dans la capitale, le FN n'arrive qu'en quatrième position, derrière la droite sarkozyste, les socialistes et les écologistes.

Le Front n'en a pas moins recueilli plus de 18% des suffrages dans l'ensemble de la région parisienne. C'est deux fois plus qu'aux élections régionales de 2010. Et il a culminé jusqu'à plus de 30% en grande couronne parisienne: dans les zones rurales de la banlieue Est.

10/12/2015

Une régularité perturbée, à nouveau

La sécurité dans les transports ferroviaires en cette période d'alerte terroriste maximale – que ce blog évoquait hier , c'est l'actualité de ce jeudi, à Paris et dans sa banlieue. En effet, le trafic est fortement perturbé sur le RER A (1,2 million de voyageurs chaque jour), à la suite du dépôt d'un préavis de grève concernant précisément ce sujet.

Quatre syndicats contestent les consignes qui leur ont été données par la direction, relatives à la réaction à avoir face à des colis abandonnés et suspects. Ils jugent ces directives inadaptées, insuffisamment claires et précises, voire dangereusement laxistes. Ainsi, selon le syndicat CGT-RATP, «certaines valises laissées sur les quais sont ouvertes sans prévenir la police» (ni donc les démineurs), sur ordre des directeurs de stations. Plusieurs témoignages émanant de conducteurs du RER, relayés aujourd'hui par les médias, vont dans ce sens. La direction de la société de transports, elle, nie catégoriquement tout laxisme.

Depuis les attentats du 13 novembre, le nombre de signalements de colis suspects ou bagages abandonnés a été quadruplé, dans les transports urbains parisiens. Ce phénomène avait déjà été noté après les tueries de janvier (relire ). Parfois, les désagréments occasionnés par ces fausses alertes sont considérables. Par exemple, fin novembre, pas moins de cinq lignes de métro (cinq!) ont vu leur fonctionnement interrompu pendant près d'une heure, à cause d’une fausse alerte due à un colis suspect découvert à la station "République". D'où, des dizaines de milliers d'usagers plongés dans la galère.

Pareillement, comme au début de l'année, ce contexte sécuritaire et anxiogène ambiant a pour effet de faire dégringoler la ponctualité des transports, à Paris. En effet, chaque déploiement du dispositif de sécurité en cas d'alerte implique en moyenne (et au minimum) une heure d’interruption de trafic dans la station ou gare concernée, ainsi que sur les lignes en correspondance.

09/12/2015

Un renforcement visible, de part et d'autre

 Transports, Sécurité, Police, Belgique, TerrorismeUn aller-retour inopiné en Thalys, et donc l'opportunité d'expérimenter les mesures de sécurité renforcée qui y ont cours, depuis les attentats du 13 novembre.

La société de transports recommande instamment à ses clients d'être présents sur le quai au minimum trente minutes avant le départ du train, en gares de Paris-Nord comme de Bruxelles-Midi. Dans les faits, y compris aux heures de pointe, vingt minutes paraissent suffire.

Les modalités de vigilance varient, selon le pays. De part et d'autre de la frontière, est de mise le contrôle à la fois de l'identité du voyageur (long regard droit dans les yeux, puis vérification de la conformité du visage scruté avec celui figurant sur la pièce d'identité) ainsi que du nom imprimé sur le billet. Des deux côtés, aucune palpation de sécurité, ni fouille des poches, ni passage des bagages au scan. Voilà pour les points communs. L'inspection visuelle du contenu des bagages, en revanche, varierait-elle? En tout cas, hier soir à Paris, on y a échappé. Mais pas ce midi, à Bruxelles.

Le style avec lequel ces mesures de sécurité renforcée sont appliquées diffère, aussi. Plus tendu (mais parfaitement courtois) à Paris. Plus souriant (mais pareillement professionnel) à Bruxelles.

En France comme en Belgique, une différence notable par rapport à auparavant: la présence ostensible des agents de la police aux frontières (de la police française, dans notre cas), à bord des trains. Ainsi que celle des Douanes, à l'arrivée. Ces derniers, toutefois, paraissent opérer selon un mode aléatoire. En somme, ils pratiquent ce qu'on appelle des «contrôles au faciès».

Notre physionomie bien européenne et notre mise soignée nous ont permis d'échapper à ces formalités. Ce qui tombait bien, parce qu'on n'avait pas précisément que cela à faire. Mais d'autres usagers de nos trains, eux, n'ont pu passer à côté. Ils étaient, disons, plus basanés, et vêtus de manière plus décontractée.

Chacun jugera.

08/12/2015

Un anniversaire, bien d'actualité

C'était il y a trente ans, jour pour jour, hier. Le 7 décembre 1985. Un samedi. Vers 17h45, heure d'affluence dans les grands magasins parisiens, à l'approche des fêtes de fin d'année.

Boulevard Haussmann, au rayon vaisselle du premier sous-sol des "Galeries Lafayette", une bombe dissimulée dans un attaché-case explosait. Quelques minutes plus tard, autre explosion. Au rayon parfumerie du "Printemps", cette fois. Des explosifs cachés dans un sac en toile. Ces deux attentats, revendiqués par le Hezbollah libanais, firent une quarantaine de blessés, dont une demi-douzaine très grièvement atteints.

En février de la même année, déjà, le terrorisme proche-oriental avait frappé en plein coeur de Paris: au grand magasin "Marks & Spencer", une bombe avait fait un mort et quatre blessés. Furent ensuite visées et touchées, jusqu'à l'automne 1986, la galerie du Claridge, la librairie Gibert Jeune, la galerie du Point-Show ou la rue de Rennes. Au total, cette vague d'attentats fit 13 morts et plus de 300 blessés. Neuf personnes furent jugées (dont cinq par contumace) en Cour d'assises, et condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour la petite histoire, c'est de cette époque que date la refonte totale du dispositif antiterroriste français, alors peu organisé ni coordonné, voire franchement hétéroclite. La grande loi antiterroriste de décembre 1986 innova en deux points mémorables, dans la mesure où ils sont toujours d'actualité trente ans plus tard. D'une part, la mise sur pied, au sein du parquet de Paris, d'une cellule spécialisée, regroupant des magistrats entièrement dédiés à la lutte antiterroriste, jouissant d'une compétence étendue à l'ensemble du territoire national. D'autre part, la création, dans la capitale, d'une Cour d'assises spéciale (sans jury populaire), pour juger les affaires terroristes.

07/12/2015

Un certain relâchement (suite)

sécurité,police,terrorisme,paris,elections régionalesLégère surprise, tout de même, hier après-midi, devant et dans notre bureau de vote du quartier Saint-Sabin, dans le onzième arrondissement. Quartier, comme on le sait, une fois de plus endeuillé par la violence terroriste, le 13 novembre dernier.

Précisément, parmi les 615 bureaux de vote situés dans la capitale, ceux installés dans les 10ème et 11ème arrondissements avaient été identifiés comme «sensibles» par le ministère de l'Intérieur, paraît-il. A ce titre, ces bureaux étaient supposés bénéficier hier d'«une présence (policière) humaine, visible et renforcée, avec des patrouilles à l'extérieur de ces bureaux de vote, toute la journée». Des effectifs militaires avaient été appelés en renfort, avait-il été dit. Et la mairie de Paris, outre cette présence policière et le recours au personnel municipal, avait fait appel à 125 agents de sécurité privés, pour veiller au grain pendant ce scrutin.

Or, dans notre bureau de vote, on n'a rien vu d'un tel déploiement. A l'heure où on y est passé, en tout cas, un seul et unique agent municipal procédait à des contrôles très aléatoires des sacs. Aucune palpation de sécurité. Aucune vérification d'identité. Pas le moindre «filtrage systématique et rigoureux aux accès des bâtiments ou espaces recevant du public», comme l'impose pourtant le Plan Vigipirate à son degré de vigilance maximal. Juste trois policiers qui, une dizaine de mètres plus loin, bavardaient entre eux, très relax, les mains dans les poches, ne semblant pas prêter plus attention que cela au déroulement des opérations de vote.

Une fois des plus, donc, aurait-on eu une arme (arme à feu ou arme blanche) dans la poche de notre veste qu'elle aurait vraisemblablement franchi sans le moindre problème ce dispositif de sécurité très relatif. Et, dans ce bureau de vote, on aurait fait un carton.

Curieux, décidément.

04/12/2015

Une réouverture, déjà

On ne dira pas que c'est «the place to be» de ce vendredi: ce serait d'un goût douteux, vu les circonstances. Mais enfin, c'est l'événement du jour, dans notre 11ème arrondissement. La réouverture ce matin, rue de la Fontaine-au-Roi, du "Café Bonne Bière". Cette brasserie qui, il y a trois semaines, avait fait partie des établissements frappés par les terroristes. Cinq de ses clients avaient trouvé la mort, dans la fusillade qui avait visé sa terrasse. «Il est temps pour nous de nous retrouver ensemble unis et d'avancer, pour ne pas oublier», expliquent (ici) les gérants de l'établissement, pour justifier sa réouverture aussi rapide.

Les lieux ont été remis à neuf. Plus aucun impact de projectiles n'est visible. La mairie de Paris a fait un peu de nettoyage et de rangement dans le "mausolée" qui, depuis la tuerie, s'était accumulé devant cet établissement.

"La bonne bière" se remet donc à couler à flots, à la Fontaine-au-Roi. En revanche, il faudra attendre encore un bon mois, au minimum, pour que les autres établissements endeuillés le 13 novembre ("Le Carillon", "Le Petit Cambodge", et "La Belle équipe") fassent éventuellement de même.

Et le "Bataclan"? Alors, là, ce sera certainement beaucoup plus long. Un an d'attente carrément, sans doute.

D'abord, les lieux ont été complètement dévastés, et ils sont aujourd'hui totalement impraticables (impacts de balles, dégâts causés par les explosions des kamikazes, etc.). Ensuite, si la volonté des gérants de la salle ne fait aucun doute («Nous sommes dans un besoin de vie. Il est nécessaire de revoir les portes ouvertes. Les équipes, les artistes, le public veulent une reconstruction. Il y a un désir de Bataclan»), le pas, dans ce cas-là, est infiniment plus difficile à franchir, d'un point de vue psychologique. Il y a trois semaines, 90 personnes ont trouvé la mort, dans cette salle. Il va donc falloir du temps. Du temps avant que les Parisiens, par hypothèse, se fassent à l'idée de retourner écouter de la musique, danser, boire et faire la fête, dans un cadre qui est désormais, et à jamais, si dramatiquement connoté.

03/12/2015

Un certain relâchement (assez habituel)

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementOn n'est pas d'un naturel anxieux. Et encore moins du genre à voir le danger partout, dès qu'on met le pied dehors. Mais on s'est tout de même fait à nouveau la réflexion pas plus tard que ce matin. Et ce n'est pas la première fois, ces quinze derniers jours.

Devant faire une course en vitesse dans un grand magasin, on a pu constater qu'on y entrait comme dans un moulin. Pas la moindre fouille de sacs. Pas le moindre vigile en vue. Pas le moindre dispositif de contrôle apparent. Rien. Heureusement qu'on n'était pas venu avec une kalachnikov. Entre les rayons de décorations de Noël, les étalages de foie gras, et les empilements de jouets pour gamins, on aurait fait un carnage.

De même, hier, passant dans le Marais, on s'est demandé si le dispositif de sécurité entourant la grande synagogue de la rue Pavée n'était tout de même pas un peu léger. Un militaire en faction, un autre une dizaine de mètres plus loin. Juste deux hommes, donc. Les traits tirés, visiblement fatigués, qui avaient l'air de trouver le temps très long.

Manifestement, malgré l'état d'urgence, la priorité sécuritaire du moment est davantage au Bourget, autour des négociateurs de la COP 21, que dans les arrondissements centraux parisiens.

Sinon, hier, le gouvernement a mis fin prématurément () à l'interdiction des sorties et des voyages scolaires en région parisienne, qu'il avait décrétée au lendemain des attentats du 13 novembre. Après les tueries de janvier, déjà, il n'avait pas attendu très longtemps avant de prendre une même décision (relire ).

 Terrorisme, Sécurité, Education, Tourisme, GouvernementToutefois, les visites des lieux très touristiques avec des groupes d'écoliers sont déconseillées (*). Les chefs d'établissements devront informer préalablement l'Education de chaque sortie scolaire. Et les équipes encadrantes ont été invitées à faire preuve de la plus grande vigilance.

Dans la droite ligne de la teneur de la circulaire qui a été envoyée à tous les inspecteurs d'académie et directions d'école après les attentats. Elle leur impose «le déploiement systématique de l'ensemble des outils de prévention et de protection des élèves et des personnels».


(*) Les déplacements dans les lieux très touristiques qui sont déconseillés aux groupes d'écoliers, donc. Mais à part cela, et dans le même temps, Manuel Valls qui vient de lancer un «message à tous ces touristes qui ont annulé, ces derniers jours, leur déplacement à Paris»: «Venez à Paris, les conditions de sécurité sont assurées!». On comprend que les touristes aient un peu de mal à s'y retrouver, face à ces deux postures pour le moins contradictoires.

02/12/2015

Un élan sans précédent

Il tourne en boucle sur les radios de France, en ce moment. Un spot de l'Etablissement français du Sang (EFS). Il remercie les donneurs pour leur générosité après les attentats du 13 novembre, et les invite à poursuivre leur mobilisation dans la durée.

On en sait d'ailleurs un peu plus, désormais, sur l'ampleur de cet «élan citoyen sans précédent», depuis que ce blog l'a évoqué, la semaine dernière (relire ici). Et il se confirme qu'il a pris une dimension exceptionnelle.

Ainsi, entre le 16 et le 22 novembre, 88.000 prélèvements de sang, de plasma et de plaquettes ont été réalisés, dans tout le pays. C'est 55% de plus qu'en temps normal, dans un laps de temps identique. A Paris et dans sa région en particulier, qui étaient particulièrement concernées par cette dramatique actualité, l’augmentation a carrément été de 280%, par rapport à une semaine ordinaire. Et ce flux ininterrompu s'est poursuivi pendant deux semaines: cela ne fait que quelques jours, seulement, que l'on est revenu à un rythme normal.

01/12/2015

«Un luxe non tapageur»

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisPas mal de commentaires évidemment, et pas toujours très aimables, à propos du restaurant parisien où Barack Obama, François Hollande et quelques happy few (Manuel Valls, etc) ont dîné, hier soir. "L'Ambroisie", le triple étoilé de la place des Vosges. Il se targue de proposer «une cuisine sans fioriture, d’un luxe non tapageur, d’un respect inconditionnel de la tradition et de l’élégance, qui combine avec brio classicisme et modernité». Une cuisine absolument «divine», si l'on en croit le guide Michelin : «hymne à la tradition revisitée avec grâce, des produits soigneusement choisis, des cuissons d'une précision horlogère, des alliances de goûts sans faille».

Pas mal de commentaires notamment sur les à-côtés de ces agapes. Le lundi, ce restaurant est habituellement fermé. Ses deux patrons et le personnel ont donc été priés de rappliquer fissa, pour accueillir cette si honorable assemblée. L'histoire ne dit pas s'ils ont dû eux-mêmes aller faire leur marché, comme tant de restaurateurs de Paris qui, hier, ont été privés de livraisons – à cause des restrictions de circulation dues à l'ouverture de la COP 21.

La carte de l'établissement ne mentionne aucun tarif. C'est généralement le signe qu'ils sont exorbitants. D'après le Michelin (), il faut compter entre 160 et 360€ le couvert. Hier soir, ils étaient douze à table. Si l'on suppose que les convives ont porté leur choix sur des mets situés dans le niveau médian de ces tarifs, cela nous fait, à la grosse louche, une addition totale d'un montant aux alentours de trois SMIC – mais fallait-il s'attendre à ce que ces convives aillent se sustenter au kebab du coin? On ne sait si c'est l'Elysée ou la Maison Blanche qui a invité.

Art de Vivre, Gastronomie, Personnalités, ParisBarack Obama semble décidément aimer les arrondissement du centre-Est parisien. Puisque, pas plus tard que la veille au soir, il était de l'autre côté du boulevard: devant le Bataclan. Pour sa deuxième venue consécutive, les riverains ont à nouveau eu droit à tout le déploiement sécuritaire habituel aux déplacements de l'Américain, et à tous les désagréments induits (rues bloquées, etc.). L'hélicoptère de police, toutefois, a nettement moins tourné dans le ciel que la veille au soir. Un peu vers 20 heures, puis en fin de soirée, et c'est tout.

Pas trop de tapages, donc. En marge d'un dîner d'«un luxe non tapageur». Sans doute était-ce la moindre des choses.