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29/02/2016

Un cynisme effarant

Effrayer les gens, pour mieux les détrousser. Leur faire croire qu'un attentat est en train d'être commis, afin que, dans le mouvement de panique qu'il produit, ils soient plus vulnérables aux pickpockets. C'est ce qui s'est passé ce week-end, à Paris.

Dimanche matin, dans une rame de métro qui stationnait à la station "Tuileries", des malandrins ont subitement fait exploser une grande quantité de pétards. Qui pouvaient faire croire qu'une attaque terroriste était en cours. Le groupe a ensuite profité du mouvement de panique qui a suivi pour tenter de voler des voyageurs.

Deux personnes ont réussi à prendre la fuite, mais quatre de leurs complices présumés ont pu être interpellés. Ils vont devoir faire face à de lourdes charges pénales (mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires en réunion avec arme dans un transport collectif de voyageurs, tentative de dégradation par moyen dangereux), qui pourraient leur valoir des peines de prison ferme.

A la préfecture de police de Paris, on n'est pas encore revenu d'un tel modus operandi. Jamais vu précédemment, dans la capitale française. Et d'un cynisme si effarant, en plein contexte d'alerte antiterroriste maximale.

26/02/2016

Une envolée délirante

Sports, Football, EconomieC'est la classique loi de l'offre et de la demande. Mais là, tout de même, cela va loin. Plus de trois mois séparent encore la France du coup d'envoi de l’Euro 2016 de football. Mais, déjà, les tarifs des hôtels s'envolent, dans les dix villes qui accueilleront la compétition.
Du moins, s'il faut en croire les relevés effectués par une association de consommateurs. Elle a passé au crible 440 établissements, essentiellement des deux et trois étoiles, en comparant les tarifs en vigueur les soirs de match avec ceux affichés le même jour de la semaine qui précède. Résultat? En novembre, les tarifs avaient progressé en moyenne de 45%. Mi-décembre (après le tirage au sort des rencontres), la hausse globale était de 67%. Depuis le début de l'année, des envolées à trois chiffres sont carrément constatées.
Ainsi, à Marseille, «le jour du premier match, le 11 juin au stade Vélodrome (Angleterre-Russie), le prix de la chambre du Best Western Aéroport (un 3 étoiles) culmine à 1000€, contre 80,75€ la semaine précédente! Une augmentation de 1138%, qui dit mieux?» Idem, ou à peu près, dans d'autres villes du pays: +307% pour le Formule1 de Bordeaux Nord, +936 % pour l’Ibis Stade Ouest de Saint-Denis, etc.
Cet Euro 2016 est censé constituer «une fête populaire», qui «rassemble les Français partout sur le territoire» et au-delà de leurs moyens financiers. Encore heureux, dès lors, que le gouvernement a eu le nez fin. Lui qui a réservé d'emblée (relire ) 20.000 billets d'entrée gratuits, à l'attention des publics moins favorisés.
Sans doute était-ce la moindre des choses.

25/02/2016

Une échéance qui se précise

Visiblement, les bonnes vieilles gloires du rock international se mobilisent pour notre bon vieux Bataclan. Dont la date de réouverture se précise, depuis la dernière fois que ce blog a évoqué () cette échéance. Ce pourrait être le 14 novembre. Soit quasiment un an jour pour jour après la tragédie du 13 novembre dernier (89 morts et des dizaines de blessés – dont plusieurs sont, à ce jour, toujours hospitalisés).

Ainsi, hier soir, le groupe de heavy metal Metallica a annoncé qu'il allait rééditer un album live qu'il avait enregistré dans la salle de concert du boulevard Voltaire, en 2003. "Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica!", ainsi que ce disque sera rebaptisé, sera vendu au profit de "Give for France". Cette collecte de fonds internationale a été lancée par la Fondation de France. Elle vise à la fois à venir en aide financièrement aux familles des victimes et aux blessés du 13 novembre, et à «prévenir le terrorisme», via le soutien d'«actions d'éducation, de lutte contre le racisme et d'apprentissage de la citoyenneté».

Ainsi, encore, hier toujours, a fuité l'info () selon laquelle The Cure, rien de moins, pourrait être programmé au Bataclan le soir où il rouvrira ses portes. Quitte, bien sûr, à y partager la scène avec les Eagles of Death Metal. Au même moment, le groupe culte de la new wave des années 90 sera en tournée dans l'Hexagone. Il pourrait donc faire un arrêt symbolique dans la salle endeuillée du onzième arrondissement. Là même où, se souviennent les mémorialistes du rock, les Cure avaient donné «leur premier concert français, le 17 décembre 1979, quelques mois après la sortie de leur premier album: "Three Imaginary Boys"».

24/02/2016

Un «cap emblématique franchi»

Paris, International, Communication, TechnologiesC'est la conséquence des attentats de janvier et de novembre 2015: Paris dégringole, dans la dernière édition en date du classement annuel des villes les plus agréables du monde, rendue publique hier par l'institut Mercer.

La capitale reste la première ville française classée, mais elle perd dix places en un an, ne pointant plus qu'en 37e position. Loin derrière Vienne, Zurich, Auckland ou Munich. Et devancée même par Bruxelles, qui se hisse au 21e rang (+1).

Sans doute, dans ces conditions, faut-il bien se trouver des motifs de consolation. Hier, la mairie en a fait des tonnes (, notamment) sur la première place qu'elle vient de décrocher dans un autre palmarès international. Celui de la mégapole la plus suivie sur Twitter. Elle est la première capitale à compter plus d'un million d'abonnés, sur cette plateforme de microblogging. Ce matin, on dénombrait très exactement 1.002.437 "followers" du compte officiel de la mairie. A titre de comparaison, la ville de New York en a deux fois moins.

Pour fêter ce «cap emblématique franchi», l'Hôtel de ville a lancé un concours visant à récompenser les plus beaux messages mentionnant le hashtag #1MillionParis. Les lauréats verront leur prose diffusée sur la centaine d'écrans tactiles qui équipent les arrêts de bus. Et, en l'honneur de ce millionième abonné, une vidéo en "timelapse" a été réalisée.

2,06 minutes plutôt pas mal. Très très cliché: visiblement, pour ses concepteurs, Paris se limite aux seuls quartiers Notre-Dame, Louvre-Conciergerie et tour Eiffel – les Parisiens de Belleville, de Ménilmontant, de Saint-Lazare, de la Goutte d'or ou d'ailleurs apprécieront. Mais vidéo sans doute parfaite pour alimenter à l'étranger l'image d'Epinal de la "Ville lumière".

Mise en scène de la sorte, en effet, la capitale française paraît la cité plus agréable du monde. Mais donc, au-delà de ces images formatées et si l'on en croit cette étude internationale, c'est loin d'être le cas.

Chacun jugera.

23/02/2016

Un mauvais bilan, forcément

Puisque ce blog évoquait les transports hier, relater ces mauvais chiffres qui viennent de sortir, relatifs à la ponctualité des transports publics parisiens en 2015.

Décidément, cela ne s'arrange pas. Pas la moindre ligne de RER n'a rempli les objectifs qui lui avaient été assignés. La palme de l'irrégularité revient encore et toujours au RER A, qui n'a affiché que 84% de trains à l’heure – encore moins bien qu'en 2014. S'agissant des lignes de trains SNCF "Transilien", une seule sort du lot.

Dans le métro, en revanche, cela va mieux. Hormis, bien sûr, pour la satanée ligne 13, plus saturée que jamais. Globalement, l'objectif de 95% de métros à l'heure a été respecté. Le taux de 100% qu'affichent la 1 et la 14 est, bien sûr, artificiel, puisque ce sont des lignes entièrement automatisées – ce qui, cela dit, ne les met pas à l'abri de gros couacs (cfr )

Ce très mauvais bilan est dû en partie à l'année si dramatiquement particulière que Paris et sa banlieue ont vécue, en 2015: les attentats de janvier puis de novembre, et le renforcement considérable du dispositif d'alerte anti-terroriste. Cela a entraîné nombre d'interruptions et de ralentissements de trafic, dus par exemple à la multiplication des alertes pour colis suspects (relire par exemple ici ou ).

22/02/2016

Un contraste frappant: curieux

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueOù en est-on dans l'application des mesures de sécurité renforcées concernant les trains Thalys? Deux mois après l'apparition des premiers portiques en gare de Paris-Nord. L'autre jour, un aller-retour express en Belgique a été assez éclairant.

Côté français, le dispositif d'accès aux trains semble désormais rôdé. Quelque 260.000 voyageurs et leurs bagages sont déjà passés sous ces fameux portiques. Le public a intégré le fait que, désormais, il faut être présent en gare au moins vingt minutes avant l'heure de départ du train. Globalement, donc, le dispositif de sécurité semble appliqué sans causer d'agitation et/ou de désorganisation majeures.

Le contrôle des pièces d'identité n'est plus qu'aléatoire, mais il est très fréquent; des agents des douanes et de la police sont présents sur les quais à chaque départ et arrivée de train. Seul accommodement apparentdestiné sans doute à assurer une certaine fluidité de l'embarquement –: les voyageurs ne subissent plus que très rarement des palpations de sécurité. Ils sont même dispensés d'ouvrir leur manteau au moment de passer sous le portique.

Par rapport aux contrôles effectués à Bruxelles-Midi, en revanche, c'est le jour et la nuit – du moins, cela l'était le jour où on est passé dans cette gare.

Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, BelgiqueLà, pas de portique, pas d'inspection de bagages, pas de fouille, pas de vérification d'identité. Rien. Juste, tout de même, le billet à montrer avant de monter dans le train. Et pas mal de militaires qui patrouillent.

Fin décembre (relire ), au-delà de nuances dans leur style, la rigueur des contrôles était analogue, d'une gare à l'autre. Deux mois ont passé, et ce n'est plus le cas. Qui sait, donc, pas mal d'usagers du Thalys se posent-ils des questions, en constatant un contraste aussi frappant entre la Belgique et la France.

Alors que, à Paris, en boucle et à longueur de journées (voire par exemple ici ou ), les responsables politiques continuent d'insister sur le maintien de la menace à un niveau extrêmement élevé.

19/02/2016

Une façon de parler

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et un peu de langue française, en l'occurrence.

«Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement», etc. On a repensé à cet adage, l'autre jour. Lorsque, en suivant les débats à l'Assemblée nationale, on s'est dit que, au moins, on n'avait pas perdu notre journée. Puisqu'on venait d'apprendre un nouveau mot.

Scissiparité. Le terme a surgi au hasard du débat relatif au fameux projet de révision constitutionnelle (la déchéance de la nationalité pour les terroristes, etc.). La phrase disait ceci: «Monsieur le Premier ministre, vous voulez l’union nationale sur votre projet de révision. C’est très bien. Mais pouvez-vous l’obtenir avec le soutien de la moitié de la majorité et de la moitié de l’opposition? L’addition de deux scissiparités ne constitue pas un gain numérique».

Manuel Valls étant resté de marbre, on ignore s'il a compris, ou non, le sens de l'apostrophe. Dans la négative et/ou à l'attention des lecteurs de ce blog pour qui, comme nous, cette scissiparité relèverait du mystère, sa définition, vue dans le dictionnaire: «Mode de division des êtres unicellulaires consistant à doubler de longueur, puis à se partager en deux cellules identiques qui peuvent se séparer, comme le font de nombreuses bactéries (S'oppose à gemmiparité). Mode de division comparable observé chez les pluricellulaires vermiformes tels que les annélides polychètes».

Merci et bravo au député radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg – qui, on le voit, n'est pas professeur d'université pour rien de relever ainsi le niveau lexical des débats parlementaires. On n'est pas trop sûr, cela dit, qu'une telle façon de parler rapproche vraiment la politique des citoyens (du moins, des quidams qui ne sont pas d'un niveau Bac +19).

18/02/2016

«Une complaisance»

Médias, Télévision, Santé"Le Petit Journal", l'émission vedette des soirs de Canal+, se prend une remontrance du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Un soir d'automne, deux bouteilles de bière avaient été ouvertes et consommées sur le plateau de ce talk-show. Posées en évidence sur la table, elles avaient «été visualisées de nombreuses fois». Le présentateur avait «incité son invitée à trinquer et à boire». Cette consommation avait été «mise en valeur par des propos à caractère humoristique». Et, à aucun moment, pendant la séquence, n'avait été diffusé le moindre message de prévention contre l’abus d’alcool.

Ce faisant, juge le CSA, Canal a méconnu la disposition du Code de la santé publique qui prohibe toute propagande directe ou indirecte en faveur des boissons alcoolisées, à la radio comme à la télé. Sans compter que «l’exposition significative dont la bière a bénéficié tout au long du programme (a) traduit une forme de complaisance de l’éditeur à l’égard de la consommation de cet alcool». Le CSA a d'autant moins apprécié qu'il avait déjà mis en garde cette même émission, à une précédente occasion, sur ce sujet. Il avait alors prié "Le Petit Journal" de «faire preuve d’une grande vigilance» en la matière.

Cela n'a pas empêché Canal de récidiver. Puisque, comme le regrette le CSA, «sous couvert d’humour et de divertissement», cette chaîne a «diffusé à nouveau une émission qui contrevient à la réglementation» et à la «protection du consommateur». On peut donc supposer que ce deuxième «appel à la prudence» lancé par le "gendarme de l'audiovisuel" sera le dernier. La prochaine fois, il sanctionnera.

17/02/2016

Un soutien assez mesuré

A 574 jours du choix de la ville hôte des Jeux olympiques de 2024, 65% des Français se disent favorables à la désignation de Paris. C'est ce qu'a indiqué un sondage rendu public hier soir. Le taux d'adhésion des habitants de la région parisienne (66%) et des Parisiens eux-mêmes (67%) est un peu plus élevé. «Ces résultats confirment que les Français sont en attente de projets fédérateurs, porteurs de sens et de valeurs», a réagi le comité qui porte le projet Paris 2024. «Les Jeux olympiques et paralympiques, c’est une opportunité exceptionnelle pour notre pays de fédérer, de rassembler les Français derrière un projet positif et une ambition collective».

Pourquoi pas. Mais, en l'occurrence et à ce stade, si on peut se permettre, il n'y a tout de même pas lieu de pavoiser.

D'abord, si on regarde d'un peu plus près cette enquête d'opinions, on constate que, parmi ces 65% de Français favorables à Paris 2024, seuls 23% sont «tout à fait» emballés par cette perspective. Les 42% restants y sont juste «plutôt» favorables. On a déjà vu soutien plus enthousiaste.

Ensuite, si on prend la peine de revenir un peu en arrière, il y a six mois, les enquêtes d'opinion (ici, par exemple) donnaient 72% des Parisiens soutenant ce projet, de même que 79% des habitants de la région capitale. Du coup, si ces sondages successifs sont fiables, l'adhésion populaire aux JO à Paris semble en fait... décroître, dans la capitale et sa banlieue. Alors même que, les mois passant, ne cesse de s'amplifier le ramdam fait autour de ce projet, par ses organisateurs et par la mairie.

Les porteurs de Paris 2024 ont donc intérêt à ce que, dans les 574 jours à venir, des chiffres un peu meilleurs soient rendus publics. Pas seulement pour leur moral, mais aussi pour l'avenir du dossier de candidature parisien. Puisque, parmi les éléments que le CIO prend en compte pour attribuer les Jeux à telle ou telle ville candidate, figure précisément l'ampleur – ou non – du soutien populaire à ce projet, dans les pays concernés.

16/02/2016

Un an à attendre

Paris, Musique, Culture, Economie, TerrorismeLes "Eagles of Death Metal" de retour sur scène à Paris, ce mardi soir. A l'Olympia. près de trois mois jour pour jour après leur concert endeuillé du Bataclan, le 13 novembre.

A propos de la salle de spectacles du onzième arrondissement, précisément, on en sait un peu plus sur le moment où elle pourrait rouvrir ses portes. «Nous ferons tout notre possible pour accueillir à nouveau des spectacles avant la fin de l'année 2016», ont annoncé, ainsi, l'autre jour, ses directeurs et le propriétaire des lieux: le groupe Lagardère.

Le délai de la fin novembre a été évoqué (, par exemple). Les travaux de rénovation – lourds –, cela dit, n'ont pas encore débuté. Le site web officiel (en sommeil) du Bataclan n'en confirme pas moins cette décision de principe de rouvrir ses portes au public.

Le jour venu, ce sera assurément tout bénéfice pour l'animation de cette partie de l'arrondissement – qui peine un peu, depuis le 13 novembre. En outre, cela fera un grand bien à la vie économique locale, lourdement impactée par la fermeture de ce lieu où, chaque soir ou presque, convergeaient des centaines de personnes et travaillaient des dizaines d'autres (relire ).

15/02/2016

Un menu pas trop ragoûtant

Et de deux. Après, la semaine dernière, une étude ayant montré que la France a finalement assez peu tiré de leçons du mémorable scandale des "lasagnes à la viande de cheval", une autre enquête est rendue publique en ce début de semaine. Et elle ne donnera pas forcément envie aux Parisiens d'aller au resto.

On compte quelque 13.600 restaurants dans la "Ville lumière". Or, s'il faut en croire les résultats des contrôles qu'une association de consommateurs a recensés dans 1.500 de ces établissements pendant six mois, l'an dernier, seuls 34% peuvent s'enorgueillir d''un «bon» niveau global d’hygiène. Un peu plus de la moitié n'ont qu'un niveau «acceptable». Et 8% un niveau «à améliorer». «Dans l’ensemble des arrondissements à l’exception du 7e, moins de la moitié des restaurants ont obtenu le niveau d’hygiène bon, ce qui représente une situation non-satisfaisante, voire préoccupante». Quant aux consommateurs qui, dans ces conditions, décideraient de privilégier des établissements servant plutôt tel type de cuisine ou tel autre, ce serait en pure perte. En effet, «il ne semble pas exister de critères qui permettraient de se méfier d’un type de restaurants plus que d’un autre». Puisque «les restaurants les plus mal notés d’un point de vue de l'hygiène sont de tous types: cuisine française, italienne, asiatique, restauration rapide, etc».

De manière plus générale, dans le pays de la bonne bouffe qu'est la France, la restauration commerciale est le premier lieu (39%) où les toxi-infections alimentaires collectives sont contractées, devant la restauration collective (33%) et le domicile (28%). Les agents pathogènes les plus fréquemment impliqués sont le staphylocoque ou la salmonelle. En 2013, 1.346 foyers d'infections de ce type ont été déclarés. Ils ont affecté 10.602 personnes. Parmi lesquelles 643 ont dû être hospitalisées, et deux ont trouvé la mort.

12/02/2016

Une masculinité, plus que jamais (suite)

Femmes, Gouvernement, PersonnalitésGrosse agitation dans la mouvance féministe, depuis hier soir (voir , notamment). Elle a réagi dès les minutes qui ont suivi l'annonce de la composition du nouveau gouvernement Valls. Le secrétariat d’Etat aux Droits des femmes y est désormais intégré au ministère de la Famille et de l’Enfance, et non plus aux Affaires sociales. Selon les protestataires, cela traduit «le mépris» du duo Hollande-Valls pour les femmes.

Y compris les milieux féministes proches du Parti socialiste sont vent debout. «Mettre sous un même ministère la famille, l’enfance et les droits des femmes, n’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles: celui d’épouse et de mère?», a interrogé, ainsi, la présidente (PS) du Haut Conseil à l’Egalité. Et, sur les réseaux sociaux, évidemment, les femmes s'énervent. Imaginant, par exemple, sous un prochain gouvernement socialiste, un ministère «de la Famille, de lEnfance, des Droits des femmes, du Tricot, du Ménage et de la Cuisine».

Sinon, au sein de ce gouvernement, la parité hommes/femmes a été rétablie. Elle qui n'était plus de mise depuis le départ de Christiane Taubira.

Mais, pour donner une idée de la répartition des rôles, les Affaires étrangères, la Défense, la Justice, l'Intérieur, l'Economie ou les Finances sont aux mains d'hommes. En revanche, c'est à des femmes qu'ont été confiés les secrétariats d'Etat en charge, au hasard, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, de la Biodiversité, ou de l'«Egalité réelle» (?).

Encore bravo.

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

10/02/2016

Une «hauteur» de vues, vraiment ?

Institutions, Langue française, Gouvernement, Parlement«Etre à la hauteur». C'est ce que Manuel Valls ne cesse de réclamer à la classe politique, depuis les attentats du 13 novembre. Il le fit encore en boucle tout au long du débat parlementaire qui, ce mercredi, se conclut (provisoirement) par le vote des députés (en première lecture, seulement) sur le projet de révision constitutionnelle (déchéance de la nationalité pour les condamnés pour terrorisme, etc.) . Mais, dans le camp même du Premier ministre, on n'est pas toujours «à la hauteur». Deux exemples, issus des échanges que les députés ont eus cette semaine, à propos de ce cette réforme.

D'abord, les quolibets, dignes d'une cour d'école, que deux députés socialistes ont lancés à un de leur collègue sarkozyste. Qui venait de nuancer de la sorte «l'état de guerre» sans cesse invoqué par Manuel Valls, pour justifier ce texte: «La guerre étrangère désigne les conflits entre États-nations, auxquels nous ne sommes pas confrontés actuellement, grâce à Dieu». Sacrilège: invoquer le divin (fût-ce en une tournure de phrase très commune en langue française) dans le temple républicain de la laïcité qu'est l'Assemblée. Cela lui a valu des «Calotin!» et autres «À bas la calotte!».

Ensuite, la réplique qui a été faite à un autre député de droite, qui, lui, faisait l'analogie entre ce texte de loi et «un mauvais film, dont le titre est "Il faut sauver le soldat Hollande"». Puis prévenait le chef du gouvernement: «Ne comptez pas sur moi ni sur un nombre important de parlementaires de droite et de gauche pour être les figurants de ce film». Le chef de file des députés PS, piqué au vif, lui a lancé: «Il y a les soldats et les planqués, Monsieur!», «Planqué!».

Réduire ses contradicteurs à des tire-au-flanc. A des déserteurs, en somme. A des traîtres à la patrie, donc – alors même que l'on parle de déchéance de la nationalité. Outre que ce n'est pas «à la hauteur», le recours à de tels arguments d'autorité a un nom, et il est particulièrement malvenu, dans le contexte. Puisque ce n'est rien d'autre que du terrorisme intellectuel.

Encore bravo.

09/02/2016

Une gêne, visiblement

Encore une réouverture d'un établissement de l'Est parisien qui a été frappé par les attentats du 13 novembre. Mais cette réouverture-là fait moins l'unanimité, et les médias n'en font pas des tonnes à son sujet. Comme si tout le monde était un peu gêné.

Le restaurant "Casa Nostra", dans notre onzième arrondissement: rue de la Fontaine au Roi. Il a fait scandale quand, dans la foulée des tueries, des médias l'ont accusé – tournage en caméra cachée à l'appui – d'avoir vendu à la presse à sensation des images de vidéosurveillance du soir du 13 novembre. Cela conduisit la mairie de Paris à ne pas lui verser la subvention qu'elle a allouée aux autres commerces mis à l'arrêt par les attentats.

Le gérant de l'établissement a porté plainte en diffamation contre l'émission de Canal+ qui a fait ses choux gras de l'affaire. A l'en croire, les images qui l'incriminent ne sont qu'«un montage». L'homme estime avoir été piégé. Ces jours-ci, il tente une contre-offensive médiatique (, par exemple). La Justice tranchera.

En attendant, visiblement, on ne se bouscule pas, dans son restaurant. Alors que le grand public se précipita dans chacun des autres établissements endeuillés par les tueries, dès qu'ils rouvrirent.

08/02/2016

«Une première phase satisfaisante»

Paris, Propreté, Environnement, Tabac, PoliceCela n'a l'air de rien comme sujet, mais c'est tout de même un enjeu de propreté, pour Paris. Puisqu'il est à l'origine de 350 tonnes de déchets par an: les mégots dans les rues.

On en sait désormais un peu plus sur ce que donne cette petite révolution dans les usages que la capitale française a lancée, en octobre dernier. Verbaliser (68 ou 180€) le jet de mégots par terre (relire ici ou ).

En quatre mois, vient de préciser la mairie, 800 procès-verbaux ont été dressés. Un chiffre que les autorités municipales jugent «satisfaisant pour une première phase». Et qui fait suite au démarrage en fanfare de l'expérimentation: 350 contrevenants verbalisés pendant le seul premier mois d'application de la mesure. La prévention, cela dit – et c'est heureux –, n'a pas été oubliée: 30 000 corbeilles de rue avec éteignoir ont été installées, «c’est-à-dire en moyenne une tous les 100 mètres». A cet égard, la semaine prochaine, les élus de la capitale adopteront un «grand plan de renforcement de la propreté» (), qui comprend notamment la distribution de 125.000 cendriers de poche (en plus des 50.000 qui ont déjà été écoulés).

Dans un autre registre, concernant une autre pollution, 50 sanisettes supplémentaires vont être installées, ainsi que 150 autres qui, elles, seront ouvertes toute la nuit. Pour tenter d'enrayer un autre fléau de la "Ville lumière". Les rues qui, au petit matin, sentent la pissotière – on connaît bien cela dans nos arrondissements de l'Est parisien, avec les quartiers très animés la nuit comme Bastille, Oberkampf, le Marais ou le Canal Saint-Martin.

05/02/2016

Une certaine confusion

Heureusement que près de dix ans séparent encore les Français de cette échéance (éventuelle), parce que, visiblement, ils ont encore besoin d'un temps de réflexion pour se faire une idée claire à son sujet. L'exposition universelle de 2025, à laquelle Paris et sa région sont candidates.

81% des sondés (voir ) trouvent que c'est «une bonne chose» que l'Hexagone brigue l'organisation d'un tel événement, lui qui n'a plus accueilli d'Expo universelle depuis 1937. Mais sept sondés sur dix préféreraient qu'il soit réparti dans les grandes villes françaises, et non concentré dans la seule région parisienne. Or, à ce stade, une telle extension n'est pas du tout envisagée. Et, si 89% des Français ont une bonne image de cet événement, ils s'opposeraient à ce qu'il soit financé par les pouvoirs publics, lui voulant un financement uniquement privé. Or, cette éventuelle Expo s'appuierait en partie sur les infrastructures que l'on construirait pour les JO de 2024 (si Paris obtient bel et bien ces Jeux), qui, elles, seront pour une part financées par les pouvoirs publics.

Bref, encore beaucoup de conditionnel pour ce projet, et donc autant de confusion dans les esprits. Qui sait les années passant permettront-elles d'y voir un peu plus clair.

04/02/2016

Une mobilisation encore incomplète

Femmes, Sécurité, Transports, MétroL'an dernier, 114 agressions sexuelles perpétrées dans les transports publics parisiens ont été élucidées. Le chiffre a été donné hier, par la préfecture de police de Paris. Ces agressions sont imputées à vingt "frotteurs". Ainsi que l'on surnomme les individus qui profitent de la cohue des heures de pointe pour agresser sexuellement leurs victimes.

Dans le cadre du dernier plan en date du gouvernement pour lutter contre le harcèlement sexiste, une unité spéciale a été créée au sein de la la police parisienne des transports. En outre, plusieurs jugements ont été prononcés à l'encontre de tels harceleurs. Il semble donc que les autorités commencent enfin à se bouger contre les auteurs de violences sexuelles dans les transports – un vrai fléau quotidien, pour tant d'usagères.

Juste, certains élus politiques, eux, mériteraient visiblement toujours d'êtres un peu secoués.

Ainsi, il semblerait (voir ici ou ) que, dernièrement, soit passées à la trappe du Sénat toutes les dispositions relatives au harcèlement sexiste, qui étaient contenues dans la future loi renforçant la sécurité dans les transports publics – loi née à la suite de l'attaque du Thalys, cet été. Pour d'obscures raisons techniques, ce volet du texte a été retiré, et n'a donc pu être débattu (). Il imposait notamment aux sociétés de transport de former leur personnel de sécurité à la problématique des violences sexuelles.

Encore bravo.

03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

02/02/2016

Un marketing curieux (encore et toujours)

cinéma,culture,publicité,commerce,etrangers,racisme,immigrationSortie en salles, demain mercredi, du film "Chocolat". Il narre le destin de Rafael Padilla (1865-1917). «Clown nègre», premier artiste noir de la scène française, coqueluche du tout-Paris à l'époque – il inspira même Toulouse-Lautrec. Succès probable, pour ce film, ne serait-ce que parce que le personnage de "Chocolat", nom de scène de cet artiste, est campé par Omar Sy: une des personnalités préférées des Français.

Puisque c'est bien dans le sujet de la représentation «des races» – comme dirait l'ex-ministre sarkozyste Nadine Morano –, signalons la chose, au passage: la poursuite de la distribution, dans les magasins de la chaîne Monoporix, d'un produit dont le marketing avait pourtant été très contesté, il y a six mois (relire ). Des tablettes de chocolat dont l'emballage est illustré par des photographies de visages de jeunes Africains ou Antillais. Le degré de noirceur de leur peau étant censé illustrer le type de chocolat vendu: au lait ou pas, etc.

Accusé de «racisme ordinaire», Monoprix avait assuré n'avoir jamais eu «aucune intention de heurter». Puis avait annoncé qu'elle était «en train de faire évoluer ce pack» controversé. Mais on trouve toujours ces chocolats présentés de la sorte dans les rayons de tous les Monop' de France et de Navarre, ainsi que (mais en partie seulement, à première vue) sur la boutique en ligne de cette enseigne. Seule différence: les réseaux sociaux, qui s'étaient beaucoup mobilisés sur l'affaire il y a six mois, sont, depuis, passés à autre chose.

L'histoire ne dit toujours pas si les clients et consommateurs de Monop' trouvent cela appétissant.