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10/03/2016

Une vulgarité ordinaire

Les ministres femmes, victimes de la vulgarité machiste des parlementaires, suite (et certainement pas fin). Interpellée à l'Assemblée nationale, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a fait l'objet d'une répartie bien grasse, lancée par un député de l'opposition. Elle parlait du délai de «quinze minutes» (quinze jours, en fait: petit lapsus de sa part) que le gouvernement s'est donné, avant de présenter en Conseil des ministres cette réforme si controversée. «Quinze minutes, douche comprise!», lui a lancé un député, hilare. Si l'on en croit le compte rendu de la séance, le mufle ne s'est même pas fait rappeler à l'ordre pour le caractère sexiste de sa tirade. «Il est inutile de crier!», lui a juste lancé le président de séance.

Précédemment, déjà, la même ministre avait eu droit aux plaisanteries douteuses d'un autre député de l'opposition, orfèvre en la matière. Il avait rebaptisé sa loi El Khomri, « loi El Connerie». Puis, anticipant sur les retouches que le gouvernement va probablement apporter au texte, avait lancé: la loi «va être castrée, et je parle en urologue!». Même "Le Figaro", c'est dire, a jugé ses propos vulgaires.

Sans remonter jusqu'à Edith Cresson, au cours de cette législature-ci, dans le même hémicycle, Cécile Duflot et Najat Vallaud-Belkacem, déjà, avaient subi pareil traitement. La première, alors qu'elle répondait à l'interpellation d'un parlementaire, avait eu droit à des quolibets moqueurs, visant la robe qu'elle portait ce jour-là. Et la seconde avait fait l'objet d'un tweet graveleux, qu'un député avait envoyé en pleine séance: «NVB suce son stylo très érotiquement».

Les mâles de cette espèce font décidément honte au genre masculin. Et à l'image de la classe politique, accessoirement.

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