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24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

Commentaires

Donc, faisons comme nos amis belges: Rien.

Écrit par : cp | 24/03/2016

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