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31/03/2016

Une éternité à attendre

Transports, Economie, Social, BelgiquePlus de 400 km cumulés de bouchons en région parisienne, ce matin. En ce jeudi qui est un jour de grèves et de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail.

L'occasion de faire écho à cette étude parue dernièrement, qui a calculé le temps que les automobilistes parisiens perdent chaque année dans les embouteillages.

Plus de 45 heures, en moyenne. Soit deux jours entiers à ronger son frein derrière son volant.

En la matière, Paris est championne de France, devant Lyon, Toulon, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Dans le classement des capitales européennes les plus embouteillées, la "Ville lumière" pointe à la quinzième place, Londres trônant en tête (101 heures passées chaque année dans les bouchons, par ses automobilistes). Si l'on examine la situation pays par pays, la France est le septième Etat européen dont le réseau routier est le plus saturé, ses conducteurs perdant chaque année 28 heures dans les bouchons. C'est la Belgique qui, triste privilège, arrive en tête de ce palmarès (44 heures d'embouteillages).

En France, cela dit, comme dans nombre de pays européens, l'an dernier, la congestion routière a globalement diminué, si l'on en croit cette étude. «Cela peut s’expliquer en partie par une économie européenne ralentie», explique-t-elle. Généralement, en effet, «le ralentissement de l’économie et le taux de chômage élevé réduisent le nombre de conducteurs, et donc conduisent à un trafic moindre».

Vu sous cet angle, donc, il n'y aurait pas lieu de trop se plaindre des bouchons: ils seraient juste le signe que l'économie va plutôt bien. Sûr que cela ira droit au cœur des centaines de milliers d'automobilistes qui, en région parisienne aujourd'hui, vont pas mal s'énerver.

30/03/2016

«Une double peine»

La sécurité sera «maximale» en France, lors de l'Euro 2016 de football – dont le coup d'envoi sera donné le 11 juin. C'est ce que François Hollande a assuré, hier (voir , notamment).

Et, en effet, les autorités sont visiblement prêtes à mettre le paquet, en termes de précautions prises. Ainsi, à Saint-Denis, de la mi-mai à la mi-juillet, un mur de 2,4 mètres de haut, carrément, sera érigé. Il s'ajoutera à tous les périmètres de protection et autres grillages de sécurité qui entourent déjà le Stade de France, en temps normal. Ce mur aura pour objectif de canaliser la foule et de limiter à quatre le nombre de portes d'accès à l'enceinte – et donc d'endroits à faire contrôler (fouille des spectateurs, etc.).

Oui, mais un tel dispositif va couper une bonne part des commerces environnants de la clientèle qui est attendue à cet événement. Car les fans de foot, pressés de rejoindre les rares points d'accès de l'enceinte, ne s'attarderont pas dans les bars et restaurants situés tout au long de cette barrière de sécurité. En lieu et place, ils gagneront le périmètre protégé, puis c'est là qu'ils consommeront: dans les espaces de restauration qui sont partenaires officiels de l'événement. Les commerçants du coin ont fait leurs calculs: cette reconfiguration sécuritaire du quartier les privera du chiffre d'affaires de 15.000 spectateurs venus par le métro, de 25.000 ayant emprunté le RER D, et d'une bonne partie des 25.000 autres débarquant du RER B. D'où la crainte, dans le quartier, de nombreux dépôts de bilan de commerces, dès la fin de la compétition.

Au-delà de ces soucis financiers, il y a aussi un symbole, qui vient se heurter de plein fouet à ce mur de sécurité.

Car nombre de riverains du Stade de France voient dans cet Euro de foot l'opportunité de tourner une page douloureuse. Celle des attentats du 13 novembre. Puisque, ce soir-là, les terroristes ont frappé, non pas seulement à Paris, mais aussi à Saint-Denis. Quelques mois plus tard, ces 2,40 m de clôture qu'ils vont devoir subir pendant deux mois donnent à une grande part des habitants du quartier le sentiment qu'ils seront «exclus» symboliquement – et même coupés de lui, physiquement – de ce grand événement populaire. Condamnés, en somme, à «la double peine: les attentats, puis le mur».

29/03/2016

Un revirement, en douce

 Sécurité, Police, Transports, Terrorisme, GouvernementC'était dans l'air – ce blog l'avait écrit, la semaine dernière –, et cela ne semble désormais plus faire le moindre doute. Finalement, la SNCF et l’Etat ne donneront pas suite au projet d'équiper toutes les grandes gares de France de détecteurs de métaux et de scanners à rayons X.

Un tel filtrage de l'accès aux quais des TGV, des trains Intercités et même des RER, comme c'est le cas dorénavant pour les lignes Thalys, cumule les désavantages, est-il analysé, en haut lieu. Il est à la fois trop coûteux (en personnel de surveillance, singulièrement.) et trop perturbant pour le fonctionnement quotidien des gares (création de longues files d’attente, etc.).

Conséquence: à Paris, il était prévu de que de tels portiques soient testés, ces jours-ci, aux entrées de la gare de l’Est. Il n'en sera rien. Ce dispositif de sécurisation sera «mis en place autrement», a confirmé, l'autre jour (ici), un membre de la direction générale de la compagnie des chemins de fer. D'autres moyens sécuritaires, encore peu définis, seront privilégiés.

Pourquoi pas. Mais il est tout de même curieux qu'un tel revirement soit annoncé par un responsable d'entreprise publique. Et que pas le moindre membre du gouvernement ne s'en explique devant l'opinion publique, et donc assume politiquement ce changement de cap. Où est donc passée la ministre des Transports, Ségolène Royal, qui, il y a trois mois, se fit tant de pub, sur ce sujet?

25/03/2016

Un gros impact, mais une renaissance en vue

Ils n'ont échappé à personne, cette semaine, dans notre quartier du onzième arrondissement: celui du Bataclan. Les signes d'une renaissance à venir.

Il y a quelques jours, des échafaudages ont commencé à être montés tout au long de la façade de la salle de spectacles. lls s'élèvent désormais sur plus de trois étages, y compris dans l'allée adjacente. Au passage, cela montre bien l'ampleur des dégâts que la tuerie du 13 novembre y a causés, et donc l'importance des travaux de rénovation qui vont devoir être menés à bien. Afin que l'établissement soit à nouveau accessible au public, ce qui devrait être chose faite à la fin de l'année.

Le Bataclan rouvert, ce sera tout bénéfice pour l'économie du quartier. A cet égard, la préfecture de Paris vient de donner quelques chiffres qui montrent combien les attentats perpétrés il y a quatre mois ont eu de lourdes conséquences, pour le climat des affaires dans la capitale.

Ainsi, pas moins de 325 entreprises situées en région parisienne ont, après le 13 novembre, fait appel à l'Etat, pour lui demander un soutien financier. Dans plus d'un cas sur trois, elles étaient implantées dans les dixième et onzième arrondissements – ceux que les terroristes ont frappé. Les principaux secteurs d'activité qui ont vu leur chiffre d'affaires dégringoler par la baisse de fréquentation due à cette sinistre actualité ont été les commerces de proximité, les hôtels, cafés et restaurants, ainsi que les lieux de spectacle.

La nature des aides qui leur ont été accordées? L'octroi du statut d'entreprise en activités partielles, par exemple. Il autorise les employeurs, «en cas de suspension d'activité due à un sinistre ou à des intempéries provoquant de façon subite l'arrêt de l'activité», de déclarer leur personnel, ou une partie de celui-ci, comme étant en chômage partiel ou technique, indemnisé par l'Etat. Les entreprises mises en difficultés ont aussi bénéficié de facilités et délais de paiement des cotisations sociales ou charges fiscales. La Banque publique d'investissement a également été mobilisée, en cas de reports de prêts bancaires. Ces aides ont été d'autant plus indispensables que, très souvent, les commerces et sociétés impactés par cette tragique actualité n'avaient pas souscrit d'assurances indemnisant la chute de chiffres d'affaires induite par de telles circonstances.

24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

23/03/2016

Un large soutien

On a cru qu'on rêvait encore. Ce matin, tôt, quand le radio-réveil, branché sur l'une ou l'autre station française, s'est mis en marche. Nous tirant des limbes du sommeil, au son de... "La Brabançonne" – à savoir, précision à l'attention des lecteurs français de ce blog, "La Marseillaise" de la Belgique. Mais non, on ne rêvait pas. Ces quelques notes faisaient partie de l'hommage rendu par ce média aux victimes des attentats de Bruxelles.

 Terrorisme, BelgiqueDes hommages qui, à Paris hier, ont été aussi bien physiques (rassemblement silencieux place de l'Hôtel de Ville, fleurs déposées devant l'ambassade de Belgique, etc.), que visuels (la tour Eiffel illuminée en noir-jaune-rouge) ou virtuels. Ainsi, y compris les réseaux sociaux officiels ont manifesté leur solidarité avec le plat pays.

Assez rapidement après la catastrophe, la Ville de Paris a changé la photo de profil de son compte Twitter (plus d'un million de followers, tout de même), y affichant le drapeau belge. Et ce message de sympathie: «Nous sommes de tout coeur avec le peuple belge. Paris pense à vous #Bruxelles». De même, le compte officiel du gouvernement français a troqué son habituel fond tricolore pour une Marianne proclamant «We stand together with Belgium».

Ces petites attentions, cela ne mange évidemment pas de pain. Mais, qui sait, à certaines personnes, font-elles du bien. Donc pourquoi pas.

22/03/2016

Une (avant-) dernière réouverture

Parler d'un lieu de plaisir, de détente et de fête est peut-être un peu déplacé, vu l'actualité dramatique du jour, à Bruxelles. Mais c'est cela aussi, la vie qui reprend. Après la sauvagerie.

Signaler donc qu'à Paris, hier, a rouvert le dernier des établissements (hormis le Bataclan) qui avaient été frappés par les attentats du 13 novembre. Le bar-restaurant "La Belle Equipe", rue de Charonne, dans notre 11e arrondissement.

Il y a quatre mois, vingt personnes y avaient été assassinées. Criblées de balles de kalachnikov, tirées en rafales par les terroristes. Plus d'une centaine de douilles y avaient été retrouvées.

Pour renaître, "La Belle Equipe" a choisi le jour du printemps, si symbolique.Les événements de ce mardi, malheureusement, montrent que l'hiver de l'actualité, lui, n'est pas terminé.

Mais l'été, il faut l'espérer, finira par arriver.

12:43 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

21/03/2016

Un "Belgian bashing", évidemment

Tout au long du week-end, pas mal de "Belgian bashing", évidemment, dans les commentaires politico-médiatiques français. Après l'arrestation, vendredi soir à Bruxelles, de Salah Abdelslam.

Principale cible de ces leçons données, Molenbeek et autres quartiers bruxellois assimilés, amalgamés à un «Djihadistan» (variante également entendue: un «Bruxellistan»), donc à un Etat où les terroristes feraient la loi. Il est vrai, si on dresse la liste, qu'en sont originaires, ou y sont passés, les auteurs et complices à la fois des attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, de l'attaque de cet été contre le Thalys, de la tuerie au musée juif de Bruxelles, des attentats de Madrid en 2004, ou de l'assassinat du commandant Massoud, en 2001. Cela fait beaucoup.

Pour autant, cela ne permet pas de mettre dans le même sac djihadiste les quelque 100.000 habitants de cette commune. Dont tant de braves gens qui n'ont rien demandé à personne et qui n'aspirent qu'à vivre en paix, sans qu'un tel stigmate, en plus, pèse sur eux. Cela n'autorise pas non plus les comparaisons les plus caricaturales. «Molenbeek, c'est la bande de Gaza de l'Europe occidentale!», a-t-on entendu, ainsi, samedi. Dans la bouche d'un chroniqueur sévissant sur une grande radio privée française – on ne nommera ni l'un, ni l'autre, par charité. Il faut vraiment n'être jamais allé à Gaza pour proférer une telle ineptie. On n'est donc là pas loin, dans les commentaires de cet acabit, du niveau plancher, à la Eric Zemmour (son mémorable «La France devrait bombarder Molenbeek»).

Pas mal de critiques françaises également sur le fait que Salah Abdelslam se planqua visiblement longtemps à Molenbeek même, y bénéficiant donc de complicités en dépit de la gravité des crimes dont il est accusé. Assez peu de commentaires parisiens, en revanche, rappelant que cela avait été le cas aussi pour le Corse Yvan Colonna. Avant sa condamnation pour l'assassinat, en 1998, du préfet Erignac, il avait passé le plus clair de sa cavale dans son île.

Enfin, assez peu d'éloges français sur le fait que Salah Abdelslam a pu être capturé vivant. Ce n'est pourtant pas rien, puisque cela devrait permettre son procès. Or, une telle étape judiciaire est généralement considérée comme très importante, pour la reconstruction des victimes. Il aurait été élégant que davantage de voix françaises, ce week-end, soulignent ce succès policier belge. Près de quatre ans jour pour jour après la mort, à Toulouse, du djihadiste Mohammed Merah, tdans l'assaut policier qui lui a été donné. Ses victimes, elles, n'auront jamais droit à un procès.

18/03/2016

Un niveau qui ne s'améliore pas

 Langue française, Personnalités, FemmesNe pas partir en week-end sans le signaler: la semaine qui s'achève a été celle de la langue française. Dimanche, elle culminera avec la Journée internationale de la Francophonie. En l'honneur des 274 millions de personnes qui, dans le monde, parlent la langue de Voltaire. Le français, qui, comme le quai d'Orsay n'a pas manqué de le rappeler, est «la cinquième langue la plus parlée sur la planète, mais la seule, avec l'anglais, à l'être sur les cinq continents».

Peut-être, mais en France en tout cas, le niveau décline, visiblement. Pour preuve, les mots qui, à Paris cette semaine, ont marqué le débat politico-médiatique: «chiottes», «couilles» et «salope».

Interrogée par une radio sur les rumeurs de démission de Manuel Valls, la ministre Najat Vallaud-Belkacem, pourtant en charge de l'Education, a carrément qualifié ces ragots de «bruits de chiottes». Quant à l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, sur un plateau de télé, elle s'est laborieusement expliquée sur le langage fleuri que des échos lui attribuent. Elle qui serait «en mode greffage de couilles», et qui «laisserait aux mecs le concours de taille du zizis». Tandis que, sur un autre plateau, le député sarkozyste Claude Goasguen n'a pu s'empêcher de pouffer de rire, en se remémorant que la maire de Paris, Anne Hidalgo, cette semaine, s'est fait traiter de «salope».

Vu un tel florilège, alors qu'on était précisément dans la Semaine de la langue française, on n'ose imaginer les mots auxquels on aura droit, la semaine prochaine.

Encore bravo à tou(te)s.

17/03/2016

Un "retour d'expérience"

Le Bataclan et ses alentours interdits d'accès par les policiers, ce matin. Sans que, pour autant, ce quartier du onzième arrondissement soit complètement bouclé, comme les médias français le prédisaient en boucle, ces dernières vingt-quatre heures. Pour preuve, la circulation automobile sur le boulevard Voltaire n'a pas été interdite.Les riverains apprécieront certainement ce dispositif policier mesuré, eux qui n'en peuvent plus, depuis quatre mois, de voir leur vie quotidienne perturbée par les suites des attentats.

Cette agitation du jour, au Bataclan, est due à la venue des parlementaires qui composent la commission d'enquête mise en place à l'Assemblée nationale. Leur visite des lieux n'est bien sûr en rien une reconstititution, dans le sens judiciaire du terme: c'est l'apanage de la justice, et non du pouvoir législatif. En revanche, ces élus ont tenu à se rendre physiquement sur le théâtre de la tuerie, pour mieux appréhender ses circonstances ainsi que la manière dont les autorités l'ont gérée, le soir du 13 novembre (intervention des unités d'élite, gestion du périmètre de sécurité, prise en charge des blessés, etc.).

Terrorisme, Paris, Sécurité, Institutions, ParlementLa commission parlementaire, en effet, a pour mission, non d'enquêter sur les faits, leurs auteurs et leurs complices – c'est l'objet des enquêtes pénales en cours –, mais de dresser un "retour d'expérience": de tirer les leçons de ce qui a été bien ou mal fait, en ce terrible soir du 13 novembre (voir , par exemple). Puis, de tout mettre en oeuvre pour que, si de telles tueries se reproduisent, elles soient gérées de la manière la plus optimale possible.

Etant entendu qu'il semble faire peu de doutes que, dans une ville française ou l'autre, à un moment ou à un autre, dans une configuration ou l'autre, des actualités similaires se reproduiront – et la France, en la matière, n'est bien sûr pas le seul pays concerné.

16/03/2016

«Une iniquité à réparer»

Deux jours déjà qu'il a eu lieu, mais on continue à ne parler que de cela, à Paris. Parler du chahut si rugueux qui, lundi soir, a secoué l'habituellement si chic et paisible 16e arrondissement. A propos du projet d'y implanter, d'ici à l'été, un centre d'hébergement d'urgence de 200 places, pour les SDF.

«Une Jungle de Calais dans le bois de Boulogne», comme le dénoncent les riverains. Ils sont si remontés que, lundi soir, une réunion publique d'information sur le sujet a dû être interrompue, car elle manquait de tourner au pugilat général. Les orateurs et défenseurs du projet, dont la préfète (qui a signé le permis de construire), se sont notamment pris une nuée de quolibets et d'insultes tout sauf classe et distingués.

La chose a fait tant de bruit qu'elle a été évoquée à l'Assemblée nationale, hier (lire ici ou voir ). Manuel Valls s'est dit «profondément choqué». Il a jugé injustifiable «les insultes et les menaces dont la représentante de l’État a été l’objet», et intolérable «que le débat public soit manipulé» par les détracteurs du projet. Le Premier ministre a redit la détermination de l'Etat à mener ce projet à bien.  Et de conclure: «Il n’est pas possible, il n’est pas juste, que certains souhaitent se dérober à l’effort. En matière de solidarité et de lutte contre la pauvreté, chacun doit assumer ses responsabilités». Même tonalité à la mairie de Paris. Où l'on annonce qu'on ira «jusqu'au bout» pour «réparer une iniquité»: le 16e est «le seul arrondissement qui ne compte aucun centre d’hébergement d’urgence».

Des recours en justice sont annoncés. Donc, on n'a pas fini d'entendre parler de ce dossier. En attendant, il ne faudrait pas tomber dans la caricature: croire que tous les habitants du 16e d'office et sans exception sont aussi en pointe contre ce projet que leur maire d'arrondissement, le député sarkozyste Claude Goasguen – auteur d'une pétition à succès, sur le sujet. Il existe aussi des riverains qui sont profondément gênés par l'image désastreuse que ce chahut donne de leur quartier.

L'image d'un îlot d'aisance et d'égoïsme, indécrottablement replié sur lui-même et sur ses seuls petits privilèges. Insupportablement insensible à la détresse d'autrui.

15/03/2016

Un vrai changement d'échelle

 Terrorisme, Institutions, GouvernementPuisque ce blog revenait hier sur les attentats du 13 novembre, ce chiffre qui a été rendu public il y a quelques jours, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer, ici. 2.200.

Soit le nombre de demandes d'indemnisation qui ont déjà été introduites par les victimes de ces si mémorables tueries perpétrées à Paris et Saint-Denis. Et encore, ne s'agit-il pas, à ce stade, d'un chiffre définitif. Selon le gouvernement, le nombre total de victimes du 13 novembre «pourrait aller jusqu'à 4.000».

C'est un très officiel Fonds de garantie qui indemnisera ces personnes. Cet organisme a été mis sur pied après les vagues d'attentats qui ont ensanglanté la France, dans le milieu des années 80. Il est chargé d'évaluer les préjudices (physiques, moraux ou économiques) subis par les blessés ainsi que par les ayants-droits des personnes décédées. Puis, il verse les indemnisations auxquelles ces personnes ont droit. Puisque les compagnies d’assurance traditionnelles ne couvrent pas ce type de préjudices liés au terrorisme, ne prenant en charge que les dommages matériels causés.

Il y a un mois, 1.200 dossiers de victimes du 13 novembre avaient déjà été traités par ce Fonds. Ce qui a donné lieu au versement de 18 millions d'euros d'indemnisations, à titre provisoire. L'organisme a à sa disposition une dotation d'1,2 milliard d'euros. Il «n’aura aucune difficulté à faire face» aux demandes des victimes du 13 novembre, assure en boucle le gouvernement.

Il n'empêche, c'est un vrai et fameux changement d'échelle, auquel les autorités sont confrontées. Etant donné la gravité sans précédent des tueries qui ont été commises dans la capitale, il y a quatre mois. Pour preuve, ces 4000 personnes qui devront probablement êtres indemnisées, cela correspond au nombre total de victimes que ce Fonds de garantie a eu à indemniser tout au long de sa trentaine d'années d'existence.

14/03/2016

Une agitation infondée

Quatre mois quasiment jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis, "Le Petit Cambodge" rouvre ses portes, ce lundi. A la terrasse de ce restaurant du dixième arrondissement, le 13 novembre dernier, quinze personnes avaient été assassinées par les tueurs. Cette réouverture survient après celles de plusieurs autres établissements (relire ici, ou ) pareillement endeuillés, au même moment. En revanche, pour aller de nouveau faire la fête au Bataclan, il faudra encore un peu attendre (voir ici).

Est-ce une coïncidence? Ce week-end, les rumeurs, ragots et échos sur l'imminence présumée d'attentats sur le point d'être commis à Paris ont à nouveau enflammé les réseaux sociaux. Au point que la préfecture de police, en pleine nuit, ait décidé de réagir, pour tenter de calmer cette agitation infondée. «Ne propagez pas les rumeurs. Pour tout renseignement, consultez les sites officiels», a-t-elle tweeté.

Cette tentative d'apaisement, ou sans doute plutôt la tonalité de cette intervention officielle, n'ont pas valu à la préfecture que des commentaires aimables. «Oui, les bons sites officiels qui ont couvert le (scandale du) sang contaminé et (ont prétendu) que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière», lui a-t-il, ainsi, été envoyé. Entre autres tweets acides, comme ce «Bah oui, c'est connu, la police de la nation renseigne objectivement, elle n'est pas du tout sélective!», ou ce «Le Ministère de la Vérité pourrait-il nous communiquer une liste des sites agréés?».

Ambiance.

11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

10/03/2016

Une vulgarité ordinaire

Les ministres femmes, victimes de la vulgarité machiste des parlementaires, suite (et certainement pas fin). Interpellée à l'Assemblée nationale, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a fait l'objet d'une répartie bien grasse, lancée par un député de l'opposition. Elle parlait du délai de «quinze minutes» (quinze jours, en fait: petit lapsus de sa part) que le gouvernement s'est donné, avant de présenter en Conseil des ministres cette réforme si controversée. «Quinze minutes, douche comprise!», lui a lancé un député, hilare. Si l'on en croit le compte rendu de la séance, le mufle ne s'est même pas fait rappeler à l'ordre pour le caractère sexiste de sa tirade. «Il est inutile de crier!», lui a juste lancé le président de séance.

Précédemment, déjà, la même ministre avait eu droit aux plaisanteries douteuses d'un autre député de l'opposition, orfèvre en la matière. Il avait rebaptisé sa loi El Khomri, « loi El Connerie». Puis, anticipant sur les retouches que le gouvernement va probablement apporter au texte, avait lancé: la loi «va être castrée, et je parle en urologue!». Même "Le Figaro", c'est dire, a jugé ses propos vulgaires.

Sans remonter jusqu'à Edith Cresson, au cours de cette législature-ci, dans le même hémicycle, Cécile Duflot et Najat Vallaud-Belkacem, déjà, avaient subi pareil traitement. La première, alors qu'elle répondait à l'interpellation d'un parlementaire, avait eu droit à des quolibets moqueurs, visant la robe qu'elle portait ce jour-là. Et la seconde avait fait l'objet d'un tweet graveleux, qu'un député avait envoyé en pleine séance: «NVB suce son stylo très érotiquement».

Les mâles de cette espèce font décidément honte au genre masculin. Et à l'image de la classe politique, accessoirement.

09/03/2016

Un espace public toujours aussi masculin

 Paris, FemmesCe sont nos confrères de France Télévision qui ont fait le travail hier, à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme. Ils ont ouvert un plan de Paris, puis ont méthodiquement recensé () les rues de la capitale portant des noms d'hommes et celles dénommées en l'hommage de femmes. Résultat? «Seules 247 femmes sont mises à l'honneur dans les artères de la capitale, quand 3 156 hommes ont donné leur nom à une rue, une impasse, une avenue ou un boulevard. Rapporté au nombre total des rues de Paris, cela signifie que seules 4% d'entre elles portent le nom d'une femme». Piètre résultat, donc. A fortiori pour une ville gouvernée par une femme, la maire Anne Hidalgo.

Le sujet, à dire vrai, est tout sauf neuf. Depuis des lustres, déjà, la masculinité symbolique de la dénomination de l'espace public parisien fait débat, dans la mouvance féministe. Du reste, elle concerne tout autant les stations de métro de cette cité (relire ).

Mais ce chiffre de 4% de lieux de Paris honorant des femmes est encore inférieur à celui de 9% qui, en 2011, était issu d'une étude (relire ici) qui avait porté sur la dénomination de 6.365 rues parisiennes. Seules 166 portaient le nom d'une femme, avait conclu cette enquête, à l'époque.

Sans doute la différence entre ces deux pourcentages est-elle due, non au fait que des rues portant des noms de femmes auraient, entre-temps, été débaptisées, mais aux lieux que ces deux recensements ont respectivement pris en compte (juste les rues et avenues, ou également les squares, jardins, passages et impasses, etc.). Des variations d'ordre méthodologique, mais qui ne font pas oublier qu'on est donc encore très loin de la parité, en la matière.

11:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, femmes

08/03/2016

Une beauferie ordinaire

Comme tous les 8 mars, la Journée internationale pour les droits des femmes, ce mardi. A Marseille, c'est l'occasion qu'a choisie un festival «d'art et d'humour au féminin» pour organiser un spectacle de... Jean-Marie Bigard. L'humoriste bien connu pour ses sketches toujours si infiniment délicats envers les femmes – notamment pour son hélas célèbre «lâcher de salopes».

Cette invitation sidère une grande partie de la mouvance féministe . Selon ces opposantes (, notamment), «mettre en lumière un humoriste qui a fait des blagues sexistes sa marque de fabrique et qui insulte constamment les femmes dans ses sketches nous semble consternant. Le sexisme ne nous fait pas rire et contribue à banaliser les violences machistes». L'organisatrice du festival, elle, se justifie. «Dans son (dernier) spectacle, "Nous les femmes", il se met justement dans la peau d’une femme pour les défendre et leur rendre hommage pour leur courage et leur volonté… Quoi de mieux pour honorer cette journée de la femme?»

Chacun(e) jugera.

Sinon, toujours dans le registre de la beauferie ordinaire, "Les Chiennes de garde" ont remis, dernièrement, leur prix annuel récompensant le macho de l'année. C'est un sénateur de la droite sarkozyste qui a été primé. L'an dernier, dissertant sur la pénurie de médecins qui frappe de nombreuses régions rurales françaises, il l'avait expliquée notamment par la féminisation de la profession médicale, «puisque 75% des nouveaux diplômés sont des femmes. Or, nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants».

Cela dit, la misogynie n'a jamais empêché d'aller loin et haut, dans ce pays – dans d'autres pays non plus, du reste.

Pour preuve, ce même mardi est aussi le jour de la prestation de serment de Laurent Fabius, en tant que nouveau président du Conseil constitutionnel, la juridiction suprême française. Le même Fabius qui, en 2006, lorsque Ségolène Royal avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2007, avait eu cette répartie si fine, en allusion au couple que l'intéressée formait alors avec François Hollande: «Ségolène Royale candidate? Mais qui va garder les enfants?».

Encore bravo à tous.

07/03/2016

Un «précédent jamais égalé»

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesImaginez la scène. Vous descendez d'une rame de métro et vous dirigez vers la sortie de la station. Dans les couloirs, vous tombez sur des contrôleurs de billets. Une fois dehors, vous envoyez un SMS à la personne avec laquelle vous avez rendez-vous. Vous savez qu'il lui arrive de voyager sans payer. Vous lui proposez, du coup, de vous retrouver plutôt à la station suivante, pour éviter qu'elle se fasse à son tour contrôler et donc mettre à l'amende. Ce texto que vous lui avez envoyé – petite attention amicale, à défaut d'être civique vous vaut ... deux mois de prison (avec sursis, tout de même) et 3 750€ d’amende.

C'est ce que prévoit une proposition de loi que les députés examineront en dernière lecture, cette semaine (mercredi, en l'occurrence). Elle ambitionne de prévenir et de réprimer «les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs». En son article 13, elle sanctionne les personnes qui signalent la présence de contrôleurs en train d'opérer dans les gares, stations et rames de la RATP ou de la SNCF. Dans le collimateur, outre les textos ou les messages postés sur les réseaux sociaux, les applications qui proposent un tel "service".

Les partisans de cette mesure la justifient par le coût de la fraude dans les transports. Elle entraîne chaque année un manque à gagner de plus de 350 millions d'euros, pour les sociétés concernées. En outre, argumentent-ils, ces applications de signalement des contrôles, si elles étaient utilisées par des terroristesqui, après avoir tué, prendraient la fuite en métro, en RER ou en train leur permettraient de réduire les risques d'être appréhendés.

 Transports, Sécurité, Police, Terrorisme, TéchnologiesLe patron de "CheckMyMetro", une appli qui propose cette fonction, ne décolère pas. «Deux mois de prison pour un SMS à un ami, c'est totalement disproportionné et grave, dans un état de droit. La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. Est-il strictement et évidemment nécessaire de mettre en prison des gens qui indiquent la présence de contrôleurs? Je ne le crois pas».

L'homme a mis en ligne une pétition. Elle dénonce notamment la «dérive sécuritaire et liberticide» que constituerait «le précédent jamais égalé» qu'instaurerait une telle mesure: on «punirait pénalement un simple commentaire». A ce jour, sa pétition a récolté quelque 1400 signatures.

04/03/2016

«Une prise de conscience de ses actes»

A Paris, cette semaine, les amateurs de la petite reine en ont beaucoup parlé. Le groupe français JC Decaux, numéro 1 mondial du vélo en libre-service, a dû rappeler 4 600 bécanes. Dans la capitale, mais aussi dans des villes comme Lyon, Toulouse, Nantes ou Marseille. En cause, «un problème de fabrication identifié par un fournisseur et pouvant affecter le bon fonctionnement de certains modèles de freins arrière». La société a pris soin de préciser qu'à ce jour, «aucun incident n'a été signalé». Et que tous les vélos  «qui demeurent accessibles en station ne sont pas concernés».

S'agissant de Vélib, une autre nouvelle est passée, elle, plus inaperçue, dernièrement. A savoir, l'application désormais aux adultes également du principe du «Tu casses, tu répares».

En termes juridiques, cela s'appelle la réparation pénale. Depuis 2013, en vertu d'une convention entre la mairie de Paris, le parquet et la protection de la jeunesse, les mineurs pris à dégrader ou à voler des Vélibs ont une alternative, s'ils veulent éviter de passer devant le juge. Travailler pendant deux jours dans les ateliers de réparation de la société. Ils y sont encadrés par un responsable de l’association qui est chargée d'appliquer cette réparation pénale ainsi que par un chef d’atelier formé au tutorat. Pendant ces deux jours, ils sont formés aux rudiments de la mécanique du vélo, puis prennent part à la réparation des cycles et des pièces endommagés.

«Cette mesure permet au jeune impliqué de prendre conscience de l’impact de ses actes», se réjouit-on, chez Vélib. «Depuis la mise en place du dispositif, aucun des mineurs accueillis en atelier n’a récidivé». Désormais, donc, une convention signée entre Decaux et le ministère de la Justice étend ce système de réparation aux adultes y compris. Toujours, bien sûr, sur base volontaire uniquement (il ne s'agit pas de travaux forcés), et sur le mode des travaux d'intérêt général.

Certaines années, jusqu'à 8 000 Vélib’ sont vandalisés ou volés (87% étant ensuite retrouvés), dans la capitale française.

03/03/2016

Un changement, cousu de fil blanc

 Femmes, Famille, Gouvernement, Elections présidentiellesCe matin, cela n'apparaissait pas encore dans l'organigramme officiel du gouvernement. Mais c'est François Hollande lui-même qui l'annonce, dans une interview au magazine féminin "Elle". Un changement de dénomination de ministère va être opéré.

Il est dû à la polémique qui avait suivi le remaniement ministériel de février. Uu ministère "de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes" avait été créé. Cette dénomination, jugée péniblement stéréotypée (les femmes d'office assimilées à l'éducation des gosses), avait été largement dénoncée, par les mouvements féministes (relire ). François Hollande en a pris acte. Et a décidé qu'il faudrait désormais parler de "ministère des Familles".

Au passage, ce changement d'appellation n'est bien sûr pas anodin, à treize mois du premier tour de l'élection présidentielle. En effet, le terme retenu renvoie implicitement à la grande réforme du "mariage pour tous", en 2013. Qui avait consacré, fût-ce tardivement et incomplètement, la reconnaissance par la France de la pluralité des situations familiales – et reconnu, singulièrement, les familles homoparentales.

Trois ans plus tard, donc, le choix de cette dénomination ministérielle est un clin d'œil subliminal fait par le chef de l'Etat à cet électorat. Alors que, mois après mois, sa popularité ne cesse de dégringoler, a fortiori parmi les sympathisants de gauche qui l'ont élu en 2012. Cela paraît vraiment très gros, comme manœuvre. C'est cousu avec du fil blanc très voyant. Mais, qui sait, à force de se multiplier, ces gestes présidentiels d'amabilité catégorielle finiront-ils par porter leurs fruits.

A ce stade, cela dit, on serait bien le dernier à en prendre le pari.