Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

08/04/2016

Un court-circuit, symptomatique

C'était couru d'avance, mais, visiblement, la mairie de Paris n'avait pas anticipé cela. La principale actualité de la semaine, dans la "Ville lumière", a été quelque peu court-circuitée par le climat social et revendicatif agité du moment, en France.

L'inauguration en grandes pompes de la "Canopée". L'immense structure (18.000 écailles de verre, 7.000 tonnes de poutres métalliques) qui recouvre désormais le futur nouveau Forum des Halles, lui toujours en cours de réaménagement. Sitôt ce mastodonte architectural dévoilé au public, il a été investi par les intermittents du spectacle. Eux qui sont chroniquement mobilisés ne jouent pas un petit rôle dans le mouvement actuel de revendication (les "Nuits debout", etc.) parti de Paris et qui, depuis, a fait tache d'huile en province et même en Belgique.

Ces intermittents s'inquiètent notamment de l'avenir de leur régime d'assurance chômage. Il est déficitaire et doit être renégocié, d'ici à l'été – avec, sans doute, de douloureuses économies à la clé. L'occasion était donc trop belle, pour eux, de «prendre possession de cette énième vitrine clinquante de la Ville de Paris: plus d’un milliard d’euros de budget, dont 14% de dépassement» par rapport aux estimations initiales. L'occasion aussi, en ces temps de mobilisation de la jeunesse contre la précarité, de se montrer dans «une immense zone de chalandise qui regroupe nombre d’entreprises et de magasins qui exploitent au quotidien des précaires (étudiants, travailleurs pauvres, personnes sans papiers), obligés d’accepter des boulots pourris pour survivre».

Paris, Architecture, Urbanisme, Social, Activisme, CultureLe coup de force des intermittents, cela dit, s'il a fait grimacer des élus de Paris, n'a globalement pas gâché la fête. Ni n'a empêché les Parisiens d'affluer dans ce centre commercial qui, bientôt, sera complètement relifté.

Une méga opération urbanistique qui, on peut le noter au passage, ne réussit toujours pas à faire l'unanimité. La pompe et les flonflons des discours d'inauguration n'ont pas fait taire les critiques qui, depuis le début, accompagnent ce projet. A propos de son gigantisme, de son coût, de sa physionomie, et des nuisances que le chantier a entraînées, pour le quartier. Chantier débuté dès 2011, et qui ne s'achèvera pas avant 2018 – on n'a donc pas fini d'en parler.

Les commentaires sont fermés.