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02/10/2015

Une «ségrégation résidentielle»

950.000. Le chiffre a été donné hier, par la Fondation Abbé Pierre (). Au moins 950.000 personnes, en région parisienne, sont en situation de mal-logement. Parmi elles, de 60.000 à 70.000 utilisateurs quotidiens du réseau d'hébergement d'urgence ou d'insertion, 79.000 personnes qui n'ont d'autre choix que de loger chez des tiers, 460.000 qui vivent dans des habitations surpeuplées, et 404.000 habitant un logement privé de confort.

Ce mal-logement découle notamment de la pénurie d’offres de logements accessibles ainsi que de la flambée des prix et des loyers. A cet égard, la Fondation a calculé que, sur une période dix ans, les loyers avaient augmenté de 40 à 60%, en région parisienne.

La capitale et sa banlieue constituent la région la plus riche du pays? Elle concentrent néanmoins «entre 30 et 44% des logements repérés comme potentiellement indignes en France». De même, «près de la moitié de la population installée dans des bidonvilles en France» réside en région parisienne. Ces campements de fortune ne se développent plus seulement en périphérie, dans des terrains vagues, des friches industrielles ou sous des échangeurs autoroutiers, mais également au cœur des villes (à Saint-Denis, par exemple). Dans le même temps, autre illustration concrète et très visible du mal-logement, les squats, «phénomène autrefois épisodique, constituent dorénavant une forme de mal-logement pour de nombreux ménages, avec un déploiement sensible sur certains départements. Centrés auparavant majoritairement sur l’habitat ancien inconfortable, ce phénomène touche dorénavant l’habitat social (logement en cours de réfection entre deux locataires, etc.)».

Un peu comme Manuel Valls avait dénoncé «un apartheid» territorial régnant en France, la Fondation fait le constat d'une «ségrégation résidentielle» frappant la région parisienne. Une ségrégation qu'elle juge «porteuse de lourdes conséquences sur la capacité à "faire société" et à donner à chacun une place digne». Elle exhorte donc les autorités à mettre en place, dans la région capitale, une politique du logement «plus attentive aux plus défavorisés».

01/10/2015

Un prix désormais à payer

Paris, Propreté, Santé, Tabac, Art de vivre, Police68€. Le prix à payer pour une fraction de seconde d'insouciance/d'incivisme. Ce n'est vraiment pas donné, mais c'est la règle à Paris, à partir de ce jeudi.

Ce 1er octobre, en effet, entre en vigueur le règlement municipal qui punit d'une contravention d'un tel montant le jet de mégot sur la voie publique. Ce sera même 180€, si la prune n'est pas payée dans les délais. Jeter son mégot à terre est «un geste qui a de sérieuses conséquences sur l’environnement», justifie la mairie. «Un mégot met entre 4 et 12 ans pour disparaître. Il dégage des métaux lourds et des polluants comme la nicotine, le cadmium et le plomb. Ces substances toxiques sont nuisibles à la flore et à la faune. Jetés dans les caniveaux, les mégots polluent l’eau et les égouts. Sur les grilles en pied d’arbre, ils sont aussi nocifs et réduisent sérieusement la vie des arbres».

Pourquoi pas. La tolérance zéro ambitionnée par la mairie de Paris paraît d'autant moins choquante que, ces derniers mois, elle a fait un réel effort pour disposer un peu partout, dans les rues, des poubelles d'un nouveau modèle, qui sont équipées d'éteignoirs. Et c'est vrai que, au fil des ans, cette pollution commençait à prendre des proportions d'ampleur: les agents parisiens de la propreté ramassent chaque année... 350 tonnes de mégots.

Juste, si on peut se permettre, a priori, on doute un peu que les pandores auront vraiment le loisir et le temps de verbaliser les fumeurs négligents. Alors que, dans la capitale, restent quotidiennement impunies tant d'infractions ayant des conséquences elles autrement plus immédiates et potentiellement gravissimes: les feux de signalisation franchis au rouge ou à l'orange par les automobilistes, par exemple.