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21/09/2009

Une inconscience?

On parlait l’autre jour, dans ce blog, des «barres métalliques du métro, empoignées chaque jour par les mains de millions de voyageurs, (qui) doivent être de véritables nids à microbes». Et bien, mea culpa, il semblerait qu’on avait tout faux. En effet, le même jour ou presque, lors d'une table ronde organisée à la Cité des sciences à Paris, un épidémiologiste paraît-il réputé, le Dr Antoine Flahault, a mis en garde contre les «peurs exagérées» de ce type. Et a assuré que le risque de contamination par le virus pandémique H1N1 était «extrêmement faible dans le métro». A l’en croire, la transmission du virus «a davantage de chances de se faire entre voisins de bureau, en famille ou à l'école» que dans les transports publics. Car toutes les récentes pandémies grippales ont montré que «la contamination survient à 20% dans les écoles, à 30% ou 40% chez soi, dans la famille».

 

En l’absence de plus amples explications, les patients en puissance que nous sommes tous sont priés de prendre cette assurance pour argent comptant, même si elle ressemble tout de même beaucoup à un argument d’autorité. Cela dit, les gens ne semblent pas exagérément effrayés par cette maladie. Selon un sondage Ifop réalisé les 17 et 18 septembre derniers, 68% des Français se déclarent «pas du tout inquiets» par la pandémie, contre 5% seulement s’avouant «tout-à-fait inquiets». Allez savoir pourquoi, à moins d’avancer d’emblée des considérations sexistes, l’inquiétude est plus forte chez les femmes (39%) que chez les hommes (30%). Confirmation ce matin dans «Le Parisien», via un autre sondage réalisé par l’institut CSA cette fois. Près de six Français sur dix (59%) ne seraient pas inquiets s’ils venaient à attraper la grippe A. Avec, ici encore, un taux d’inquiétude plus élevé (58%) noté chez les femmes au foyer.

 

Malgré donc les 27 morts de cette maladie recensés à ce jour en France, dont certains patients jeunes et en parfaite santé, l’opinion affiche une grande sérénité face à cette pandémie. Du coup, cette question  la question qui tue, en somme: les Français sont-ils totalement inconscients ou, au contraire, remarquablement raisonnables? L’avenir le dira.

 

 

PS: Sinon, depuis quelques jours dans notre quartier de Paris, et sans doute dans d'autres arrondissements aussi, on peut même acheter des solutions hydroalcooliques dans des commerces de proximité comme les kiosques à journaux, les bars-tabac, etc. On ne s'y est pas (encore?) résolu.

18/09/2009

Un visage

unvisage.jpgC’était ce matin tôt, sur le chemin du bureau. Encore un peu dans les brumes épaisses du sommeil. Sous la grisaille de ce ciel parisien si prématurément automnal, ces jours-ci. Quand, à l’entrée d’un petit passage de notre quartier Saint-Sébastien, dans le onzième arrondissement, un gigantesque visage apparut sous nos yeux. Nous toisant d’un regard tranquille. Un visage très expressif, avec un regard prenant. Un artiste de rue l’avait placardé là, sur un pignon aveugle et triste comme la pluie. Sur plusieurs mètres de hauteur et de largeur, ce visage irradiait de quiétude et de sérénité. Donnait une dimension totalement différente à ce bout de trottoir parisien anonyme et banal.

 

Comme d’autres passants tout aussi stupéfaits par cette apparition si inattendue, on s’est lentement approché du portrait. Ce que l’on croyait une œuvre peinte directement sur le mur s’est avérée alors être le collage d’un dessin auparavant effectué sur un papier très fin, genre parchemin. Fragile support qui déjà, sous les assauts sans doute de la météo de ces derniers jours, commençait à se dégrader sur ses bords. Plus on se rapprochait de l’immense visage, plus ses traits se fondaient dans des nuances abstraites d’aplats grisés et noirs. Les rides devenaient vagues. Les plis se faisaient précipices, massifs, dunes ou ombres. Les reflets dans les prunelles semblaient des nuages flottant en plein ciel. Les formes les plus étonnantes surgissaient de ces contours vus de si près. L’effet de ce gigantesque visage apparaissant en si gros plan, face à des passants soudains si petits, était assez  saisissant. Des gens ne résistaient pas au souhait d’effleurer des doigts cette texture de papier si humaine.

 

On n’a pas la moindre idée de qui est cet homme ainsi représenté. Ni s'il a existé ou s’il est dû à la seule imagination de son auteur. Sans doute ne le saura-t-on jamais. A proximité de l’œuvre, pas non plus la moindre trace de signature d’un artiste. Définitivement donc, ce visage n’aura été qu’une fugace apparition croisée un matin au coin d’une rue. Un nouveau voisin brièvement et récemment implanté dans le quartier. Démuni d’identité, un sans-papiers de papier.

 

unvisage2.jpgCette œuvre ne gêne vraisemblablement personne. Au contraire, elle attire, intéresse, suscite la réflexion voire les échanges entre passants. Elle n'en sera sans doute pas moins rapidement effacée par les services de la propreté. En effet, dans la capitale en général et en particulier dans les rues prisées par l’art urbain, la municipalité s'empresse de gommer les traces des artistes de rue. Comme s’il fallait à tout prix hygiéniser une ville menacée d’une dangereuse contagion créative.

 

Du coup, notre beau visage matinal surgi de nulle part laissera rapidement la place à un mur parisien sans strictement rien, respectueux du règlement mais assommant de vacuité. L’art populaire obligé à ce point d’être éphémère, parfois, cela rend un peu amer. 

10:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paris, arts, culture

07/09/2009

Un anniversaire

Mine de rien, en catimini presque, Paris vient de commémorer un jalon de son Histoire urbanistique. Il y a quelques jours, en effet, on a fêté le trentième anniversaire de l’achèvement de l’énorme chantier des Halles. C’était le 4 septembre 1979 que le maire de l’époque, Jacques Chirac, avait inauguré l’énorme édifice. Et, du même coup, scellé la fin d’un gigantesque chantier – baptisé «le trou des Halles» par les Parisiens – qui, pendant des années, avait défiguré le cœur historique de la capitale.

 

Un chantier suivant l’autre, trente ans plus tard, un nouveau projet a été conçu pour le Forum et ses alentours. Si par extraordinaire vous ne l’aviez pas encore vu, c’est ici. Ce lifting sera assurément la réalisation urbanistique majeure de ces prochaines années à Paris. Il devrait se dérouler vers 2013 et coûter la bagatelle de 760 millions d'euros.

 

Il est frappant de constater combien les autorités parlent désormais assez peu de cette future réalisation. Comme si elles étaient gênées aux entournures et craignaient de raviver la polémique, habituelle dans ce quartier, concernant ce lieu si décrié. Il faut dire que, de tous les projets qui avaient été présentés, celui choisi était le plus consensuel, donc à maints égards le moins emballant architecturalement.

 

Il faut dire aussi que, dans le quartier, la controverse ne s’est pas encore totalement apaisée. Régulièrement, les riverains remontent au créneau (ici, par exemple). Que ce soit pour déplorer la refonte de la placette actuelle entre le Forum et l’église Saint-Eustache, avec ses gradins sans cesse si animés. Pour regretter la disparition du jardin d’aventure tout proche, aujourd’hui très apprécié des enfants du quartier. Ou, concernant les commerçants cette fois, pour redouter l’impact de ces travaux pharaoniques sur le chiffre d’affaires de leurs magasins.

 

A Paris dès lors, d’ici à 2013, on n’a pas fini d’entendre parler de ce quartier. A fortiori bien sûr si la grande crise économique actuelle perdure, ce qui pourrait remettre en jeu la viabilité financière du projet des Halles…

02/09/2009

Un slogan

noweekend.jpgMême si tout cela a été finalisé alors que la plupart des Français étaient déjà partis ou en partance à la plage, une réforme sociale fondamentale pour l'Hexagone a été adoptée cet été: la libéralisation de l’ouverture des commerces le dimanche. On n’a d’ailleurs pas fini d’en parler. Pas plus tard qu’hier, à Lille, la justice a enjoint la chaîne de supermarchés ‘Match’ à respecter l'obligation légale de repos hedomadaire. Le syndicat CDFT avait porté plainte après avoir constaté que, dans douze magasins de la région, les supermarchés de cette enseigne ouvraient le dimanche sans fermer un autre jour de la semaine, en compensation. ‘Match’ a donc été prié de respecter la loi, sous peine d’astreintes. «C'est la fin de l'esclavage moderne», s'est félicité hier l’avocat du syndicat. Selon qui «on est tous d'accord pour dire que le travail est une valeur cardinale, mais la valeur du repos est tout aussi importante».

Et à Paris, au fond? La nouvelle loi met théoriquement fin à une situation un peu bizarre, que Nicolas Sarkozy en personne avait maintes fois dénoncée. A savoir le fait que, sur les Champs-Elysées le dimanche, selon que l’on déambulait sur l’une ou l’autre de ses rives, on trouvait soit des magasins ouverts (les boutiques à caractère culturel, sportif ou récréatif), soit des magasins fermés (tous les autres commerces) – plus personne ne s’y retrouvant au final. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme, cependant, les choses tardent à changer sur «la plus belle avenue du monde»; nombre de ses boutiques sont toujours fermées le dimanche.

 

Les commerçants parisiens, assure-t-on, sont, dans leur immense majorité, ravis de la nouvelle législation. Dans la capitale, toutefois, des poches de résistance semblent subsister. Témoin, cette affichette que l’on voit parfois collée sur la devanture de boutiques – y compris dans notre Marais, quartier pourtant (péniblement) bondé d’acheteurs le dimanche. L’affichette met en parallèle Nicolas Sarkozy et son grand «copain» Barack Obama. En regard du slogan fétiche du Président américain, elle affuble son homologue élyséen d’un slogan parodique, critiquant sa libéralisation du travail dominical. Cela donne donc… «Yes we can» contre «No week-end»

26/08/2009

Un soulagement

C’est particulièrement notable depuis lundi: Paris, tout doucement, revit! On entend à nouveau des coups de klaxon, et il ne faudra pas longtemps avant de tomber sur des embouteillages à la sortie des bureaux. Une à une, les boutiques rouvrent. Les musées préparent leurs expos de la rentrée. Dans les bistrots et les restos, le monde revient. On refait la queue devant les cinémas. Bref, lentement mais sûrement, la ville recommencer à bouger, à s’agiter, à vibrer.

 

C’est un fameux changement par rapport aux semaines précédentes, et c’est avec soulagement qu’on l’a constaté. Car, pendant toutes ces semaines d’août, Paris a été transformé en véritable désert. En ville vide. Morte. C’est un classique du mois d’août ici, mais, comme cela faisait plusieurs étés qu’on y avait plus aussi longtemps séjourné et donc qu’on n’avait plus expérimenté cela, on avait un peu oublié cette grande tradition estivale parisienne.

 

Alors, bien sûr, les premiers jours, ce n’est pas fondamentalement désagréable. Cette sensation de se croire un dimanche. Cet air ambiant (un peu) moins pollué que d’habitude. Ce luxe de ne devoir qu’à peine regarder les feux de signalisation avant de traverser les grands boulevards, tant le trafic y est réduit au minimum. Ce plaisir de s’asseoir à la meilleure table en terrasse sans avoir rien réservé. De trouver sans problème un Vélib’ aux stations. De pouvoir sommeiller tranquillement dans les parcs, affalé dans l’herbe tendre, sans le vacarme habituel des gosses.

 

Mais très vite, a-t-on trouvé, cela lasse. Surgit alors la même impression que celle que l’on peut ressentir dans une station balnéaire en basse saison. Le sentiment de n’être pas là où les choses se passent. L’effarement devant le fait que, dans cette ville, à cette période de l’année, plus rien ou presque ne se passe. L’agacement, dans cette capitale où d’habitude tout va si vite, de devoir subitement attendre pour tout et pour n’importe quoi: en particulier pour les métros et les RER, à cause de leurs horaires d’été allégés.

 

Particulièrement frappante, pour tout Parisien qui se respecte – et qui est donc, sur les bords, accro au shopping – , est la grisaille de ces rues entières de commerces dont les rideaux métalliques sont, en août, tous baissés et arborent invariablement le même avis: «Fermé pour congés». Sans pour autant être (trop) consumériste, voilà un spectacle urbain assez triste.

 

Pas pratique, en outre. Ainsi, pendant le week-end du 15 août – qui est le sommet de la morte saison à Paris –, pour trouver ne serait-ce qu’une boulangerie ouverte, c’était vraiment la galère. Dans la capitale, pourtant, la préfecture est supposée régler cela. C’est un héritage de la Révolution de 1789, de l’époque donc où le pain était considéré comme une base essentielle de l’alimentation. En édictant un calendrier des fermetures estivales, les autorités veillaient à ce que, dans chaque quartier, subsiste au moins une boulangerie ouverte pendant les grands congés. Depuis ce temps, depuis 220 ans donc, à Paris, les boulangers ne peuvent toujours pas prendre leurs vacances quand bon leur chante: ils doivent se plier aux tours de garde imposés par la préfecture. Cet été, cependant, on ne sait pas trop ce que les bureaucrates ont bidouillé, mais on a passé pas mal de temps à errer dans la ville à la recherche de boulangeries ouvertes.

 

Cette semaine, en revanche, les boulangeries, comme les commerces dans leur ensemble, commencent à rouvrir. Les trottoirs et les stations de métro ont l’air de se repeupler – et, en plus, de gens souvent beaux et bronzés. La vie reprend. Enfin. Paris tranquille, définitivement, ce n’est pas Paris.

17/07/2009

Un pari (raté?)

steakfritessalade.jpgCela ne marche pas. Pas encore et pas assez, en tout cas. Il y a quinze jours (relire ici), le taux de TVA en vigueur dans la restauration avait dégringolé dans les 185.000 hôtels, cafés, bars et restaurants de France. Par cette mesure, le gouvernement espérait entraîner des baisses de prix au bénéfice des consommateurs. Raté, pour l’instant. A Paris, ces deux dernières semaines, intuitivement et sans passer des heures sur la calculette, on n’avait pas vraiment eu l’impression que l’addition au resto ou au bistrot avait fondamentalement baissé. Les témoignages informels qu’on avait recueillis ça et là auprès de Parisiens allaient globalement dans le même sens. C’est désormais officiellement confirmé: ce pari gouvernemental, pour l’instant en tout cas, est raté.

 

Du coup, en haut lieu, on commence un peu à s’énerver. «C’est du donnant-donnant, on ne peut pas recevoir sans donner», a averti hier la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui aimerait bien que les restaurateurs se bougent et que les consommateurs s’y retrouvent. C’est que cette baisse de TVA entraîne 2,4 milliards de manque à gagner en termes de recettes pour l’Etat. «La baisse de prix dans la restauration ne va pas assez vite», a renchéri ce matin le ministre chargé de l’application du Plan de relance de l’économie, Patrick Devedjian. Pour qui les restaurateurs ne peuvent «pas perdre de temps» et doivent rapidement répercuter cette mesure au bénéfice de leurs clients. «Les premiers résultats sont loin d’être parfaits, mais ce n’est que sur le long terme que l’on verra si cette mesure est efficace», estime quant à lui le principal syndicat des métiers de l’hôtellerie et de la restauration.

 

Attendre et voir, donc. Mais encore?

08/06/2009

Un désert

On n’a pas du tout été étonné en apprenant hier soir le taux d’abstention record qui a caractérisé les élections européennes en France – et à Paris y compris. En milieu de journée, en effet, dans notre bureau de vote du onzième arrondissement, c’était… le désert. Dans la cour de la petite école réquisitionnée pour l’occasion, il y avait à peine un couple de petits vieux qui prenait paisiblement le soleil sur un banc. Tandis qu’à l’intérieur, à côté des isoloirs et derrière les grandes tables sur lesquelles s’alignaient sagement les piles de bulletins de vote, les préposés bâillaient aux corneilles.

 

Il faut dire que, pour le Parisien de la rue, ce week-end, l’événement était moins ce scrutin que… la visite si médiatisée de la famille Obama. En tant qu’habitant du centre ville, d’ailleurs, on a pu suivre l’évolution, heure par heure, de ce séjour présidentiel sans même devoir se brancher sur les infos à la radio: il suffisait d’écouter le vacarme plus ou moins important fait dans le ciel par les hélicoptères qui supervisaient la sécurité des déplacements de la famille présidentielle américaine.

 

Des hôtes de marque qui, pour des raisons de sécurité, ont eu droit à ce à quoi n’importe quel Parisien n’oserait jamais rêver. Visiter Notre-Dame, vidée de ses cohortes de touristes bruyants, dans un silence… de cathédrale. Et admirer les merveilles du Musée d’art moderne de Beaubourg puis du Louvre alors que ceux-ci, évacués également de leur foule habituelle, devaient ressembler à un désert de calme et de sérénité.

 

Pour cette famille, jouir de ces lieux magnifiques dans de telles conditions dut être vraiment formidable. Mais, pour le coup,  vu la quiétude qui y régnait, leur atmosphère n’était pas le moins du monde typiquement parisienne. Quelque part, cela doit être (un peu) frustrant.

22/04/2009

Un test

taxisparisiens.jpgA1. Cette autoroute, les touristes belges qui débarquent à Paris en voiture la connaissent bien. Et surtout son ultime tronçon avant d’arriver dans la Ville lumière par la porte de la Chapelle, qui est chroniquement embouteillé. Dès ce matin, cette partie de l’A1 fait l’objet d’un test de circulation. Son but est d’accroître le nombre de taxis à Paris. Mais les autres automobilistes risquent d'en baver.

 

Il s’agit en effet, le matin entre 7h et 10h sur le tronçon de 5 km de cette autoroute proche de l’entrée dans la capitale, de réserver une voie de circulation (celle de gauche) aux seuls taxis (et cars). L’objectif principal de cette voie dédiée est de faciliter l’accès de la capitale aux taxis transportant les voyageurs provenant de l’aéroport de Roissy. Ce n’est pas du luxe: seuls 23 kms séparent Charles de Gaulle de Paris, mais, vu le trafic sur l’A1 à cet endroit, l’entrée dans la capitale ne prend pas rarement jusqu'à une heure. La fluidification de cet axe de transit pour les taximen est censée inciter davantage ceux-ci à ne pas craindre les embouteillages et donc à redescendre à Paris après leurs courses à CDG. Selon les autorités, si ce dispositif marche, les Parisiens pourraient bénéficier chaque matin d’une offre supplémentaire «d’environ 500 à 600 taxis», ce qui n’est pas rien vu la pénurie de ce moyen de transport ici.

 

Reste que, évidemment, tous les véhicules chassés de cette voie de l’A1 désormais réservée aux taxis seront refoulés sur les autres voies. Qui, du coup, risquent d’être encore plus embouteillées que d’habitude. Ce matin, au premier jour de l’expérimentation, cela allait encore paraît-il, a-t-on entendu à la radio. Mais, pour la semaine prochaine, lorsque les vacanciers de Pâques seront rentrés, les spécialistes craignent le pire. D’autant que la préparation de ce test avait déjà été difficile. C’était en février et mars derniers. Une expérimentation de circulation similaire avait concerné cette fois le périphérique. Une de ses quatre voies y avait été neutralisée sur 500 mètres à la porte de la Chapelle, de façon à permettre aux véhicules arrivant de l’A1 de s’insérer plus facilement sur la rocade. Du coup, à l’heure de pointe jusqu’en milieu de matinée, un «effet entonnoir» avait engendré plusieurs kilomètres de bouchon sur le périph’ extérieur.

 

autorouteA1.jpgDès lundi matin donc, des dizaines de milliers de banlieusards estimant souvent n'avoir d'autre choix que leur voiture pour aller bosser à Paris risquent de pester. Eux qui, dans la configuration actuelle de l’autoroute A1 déjà, se tapent si fréquemment le matin d’interminables moments d'attente dans leurs véhicules ralentis voire carrément stoppés par les bouchons.

08/04/2009

Un remplacement (encore)

On parlait hier des rues et boulevards de Paris qui, bientôt, seront embellis par le remplacement, actuellement en cours, des sanisettes version vieux modèle, qui défigurent le paysage urbain depuis un quart de siècle. Le projet d’une autre amélioration esthétique est lancé cette semaine dans la capitale française. Cette fois, ne sont plus concernés ces blocs massifs de béton (9 tonnes l’unité!) qui abritent les toilettes publiques mais une pièce particulièrement légère et fragile, et néanmoins si utile, du mobilier urbain. Dans le jargon administratif  de l’Hôtel de ville, on appelle cela les «réceptacles de propreté». Les poubelles donc, selon le terme laissé par le créateur de cette si pratique invention (*).

 

Depuis que les attentats new-yorkais du 11 septembre 2001 ont haussé le degré d'alerte du plan français de vigilance antiterroriste (‘Vigipirate’), les poubelles à Paris sont une véritable misère. En effet, les anciennes poubelles en métal ont dû être abandonnées, les consignes de sécurité imposant un modèle de récipient ouvert et transparent – afin qu’on puisse y détecter la présence éventuelle d’engins explosifs. Cela fait donc des années maintenant qu’en guise de poubelles, sur les trottoirs et dans les parcs et jardins de Paris, on ne voit que de misérables cercles de métal auxquels pendouillent lamentablement des sacs en plastique – lorsque ces sacs fragiles n’ont pas été déchirés en répandant leur contenu sur la chaussée. Ce modèle enlaidit d’autant plus la capitale française qu’on y trouve des poubelles un peu partout: on en dénombre 30.000 sur son territoire.

 

Bientôt, cependant, c’en sera fini de ce coup de poing visuel permanent. En effet, à partir de l’an prochain et d’ici à 2014, un nouveau modèle de «réceptacle de propreté» va faire son apparition. Plusieurs prototypes (dont un ici, par exemple) ont déjà été dessinés en 2007, dans le cadre d’un concours d’idées lancé un an plus tôt par la mairie. Deux ans plus tard, celle-ci vient donc de décider de passer à l’étape supérieure: une grande consultation des habitants afin de sonder leurs préférences.

 

Car cela a l’air tout bête de changer de poubelle, mais, en fait, ce n’est pas si simple que cela, a fortiori dans une ville comme Paris. D’abord, dans les quartiers architecturalement protégés (et ils sont nombreux ici), les préconisations esthétiques des Bâtiments de France doivent intégralement être respectées. Ensuite, le modèle de poubelle choisi doit non seulement être esthétique mais également pratique, afin de ne pas compliquer ni ralentir le travail des éboueurs. Enfin, même si les récipients à déchets sont transparents et ouverts, avant de pouvoir être installés sur la chaussée, ils doivent avoir passé avec succès les tests de sécurité de la préfecture de police. Ainsi, lors du concours de 2007, des charges explosives ont été placées dans chaque prototype afin de vérifier qu’en cas d’explosion, le matériel brisé ne blessait pas le public.

 

Cerise sur le gâteau, si l’on ose dire s'agissant d'ordures, chaque future nouvelle poubelle parisienne sera assortie d’un cendrier de rue. Afin d’essayer de réduire un peu le nombre de mégots jetés par terre: une véritable plaie qui, depuis que le tabac a été interdit dans les lieux publics, a transformé les rues de Paris en gigantesque cendrier.

 

 

 

(*) Pour rappel et pour la petite histoire, le terme ‘poubelle’ vient du patronyme d’Eugène Poubelle: le préfet de Paris qui, en 1884, imposa pour la première fois aux habitants de la capitale de déposer leurs ordures ménagères dans des récipients communs, qui étaient alors en bois et en fer blanc.

11/02/2009

Un changement

Travaux en cours sur la ligne 1: une des plus longues et fréquentées du réseau de métro parisien, notamment par les touristes puisqu’elle relie des lieux aussi courus que le Louvre, le Marais, Bastille, les Champs ou les Tuileries. Station après station – on en est à présent à 'Palais royal-Musée du Louvre' – , la RATP est en train d’équiper les quais de cette ligne de portes palières. Ce changement n’est pas qu’esthétique. Ce dispositif, en effet, avec les «fosses anti-suicide» (relire ici), vise à dissuader les candidats au suicide à se jeter sur les voies à l’approche des trains.

 

C’est le moment précis que choisit la SNCF pour divulguer ses statistiques en matière de suicides. Le bilan est assez catastrophique, en région parisienne en tout cas (*). En 2008, le ‘Transilien’ (le nom du réseau de chemin de fer de Paris et sa banlieue) a enregistré en moyenne un suicide ou une tentative de suicide tous les deux jours. C’est  22% de plus qu'en 2007. Au total, cela donne 181 cas ou tentatives de suicides, contre 148 en 2007. L'augmentation des suicides est particulièrement sensible aux heures de pointe (+72 % en un an). D’où un impact sur la circulation des trains: en 2008, sur les lignes de la banlieue parisienne, près d'un retard sur dix a été dû à un suicide. Soit 5000 trains annulés ou retardés par an pour ce type d’accident.

 

La SNCF, du coup, a décidé de saisir le taureau par les cornes. Elle va former ses agents afin de les aider à mieux repérer, sur les quais, les personnes à risque de suicide. Elle va aussi communiquer sur une des conséquences particulièrement horribles de ce type de geste désespéré, de manière à tenter d’en dissuader les candidats: comme l’expliquait hier un responsable du ‘Transilien’, «contrairement à une idée reçue, on ne gagne pas à tous les coups en se jetant sous nos trains: il y a 50% de tentatives ratées, et les conséquences sont terribles». Surtout, les usagers des transports pourront remarquer bientôt un changement important. La SNCF, en effet, va «cesser de faire du suicide un tabou». Concrètement? Dans ses annonces au public lors des retards causés par ce type d’événement, elle ne parlera plus pudiquement d’«incident voyageur» ou d’«accident de personne». Elle précisera carrément qu’il s’agit d’un suicide ou d’une tentative.

 

Le parler vrai. C’est déjà cela. Cela ne réglera sans doute pas fondamentalement les choses, mais ne pourra qu’y contribuer.

 

 

 

(*) Sans que l'on sache vraiment pourquoi, le bilan est (un peu) moins dramatique en ce qui concerne le réseau de la RATP, où l’on a noté en 2008 une légère baisse des suicides ou tentatives: 195 contre 220 l’année précédente.

03/02/2009

Un détail

La capitale française, ce matin, a retrouvé son apparence normale. Disparue la neige, qui, hier matin, a causé pas mal de désagréments aux Parisiens. Mais qui a aussi embelli encore un peu plus la ville. Si vous avez 2 minutes 6 secondes avant de poursuivre la lecture de cette note plus bas, jugez-en à ces quelques images de notre quartier préféré sous la neige et notamment d’une place des Vosges – la plus belle de Paris à nos yeux, mais on n’est sans doute pas impartial vu qu’on juge en voisin et donc en chauvin – plus élégante que jamais grâce aux flocons.

Cela dit, on l’a encore vérifié hier à Paris: le diable se niche parfois dans les moindres détails, comme dit l’adage. Pour preuve, la mésaventure survenue aux bus de la RATP, qui ont dû rentrer aux dépôts à peine après les avoir quittés, les rues de la capitale étant jugées par la régie trop glissantes et donc trop dangereuses pour y circuler. Dimanche soir, pourtant, les 27 saleuses de la mairie avaient déversé 10 tonnes de sel sur les 500 kilomètres de voies de la capitale jugées prioritaires. Dans le même temps, 1500 agents de la propreté s’étaient affairés à déneiger les points stratégiques: 750 accès au métro, 15.000 passages piétons, 170 ponts et 1900 abris bus notamment. Pourtant, lundi matin, cela patinait et glissait en tous sens dans les rues de Paris. Que s’est-il donc passé? Un détail technique, si l’on a bien compris. Le sel fond à raison de 2 centimètres par heure. La première opération de salage aurait eu lieu trop tôt dimanche soir pour être efficace face aux chutes de neige de la fin de la nuit. Quant à la seconde opération, menée le matin, le sel déversé aurait tardé trop longtemps avant de faire son effet – d’où l’heure de pointe matinale catastrophique.

 

Un détail encore: Paris sous la neige, c’était certes très esthétique, mais c’était aussi très mauvais d’un point de vue écologique. En effet, toutes ces tonnes de sel déversées sont une plaie pour les sols et la végétation. A cet égard, Paris pourrait d’ailleurs utilement s’inspirer de villes voisines en remplaçant ce sel par de la saumure, beaucoup moins agressive. En outre, on a dénombré hier matin 350 kilomètres d’embouteillages dans la région parisienne, soit deux à trois fois plus que d’habitude – imaginez donc la pollution qui régnait. Dès lors, c’est plutôt une bonne chose que ces «épisodes neigeux», comme on dit dans le jargon météo, soient très rares dans la capitale française. La RATP, au demeurant, invoque cette rareté pour justifier le fait que ses bus ne sont pas équipés de pneus neige: cet investissement (16.000 pneus pour équiper une flotte de 4000 bus) est jugé beaucoup trop important pour l’utilisation qui en serait faite.

29/01/2009

Une pagaille

La «pagaille», la «galère», la «journée noire», la «prise en otage» du public par les syndicalistes: on va à nouveau n’entendre que cela aujourd’hui en France et à Paris particulièrement, en ce jour de grève générale interprofessionnelle. La pagaille, cela dit, les usagers des transports parisiens n’ont pas attendu ce jeudi pour l’endurer. Hier matin, en effet, le RER et le métro de la capitale ont été le théâtre de scènes de chaos d’anthologie.

 

En cause, un rail qui s’est brisé en pleine heure de pointe à la station ‘Auber’ et a dû être remplacé sur une section de 4 mètres. Résultat des courses, le trafic du RER A – une des lignes de transport les plus fréquentées au monde: 1 million de passagers par jour – a dû être complètement interrompu, pendant près de trois heures, entre ‘Nation’ et ‘La Défense’. Et quelque 5.000 passagers de trois trains arrêtés dans le tunnel après ‘Châtelet’ ont dû être évacués en descendant puis en cheminant à la queue leu leu dans l’obscurité, le long des voies. La masse de voyageurs reflués du RER s’est ensuite déversée dans le métro, qui, sur la ligne 1 notamment, a été complètement saturé. D’où à nouveau la cohue et la grande confusion, des gens en étant réduits à cheminer sur les rebords des escalators (pour avoir une idée de ce que cela donne, revoir ici, en vidéo au bas de la note, une situation analogue survenue précédemment).

 

A la télé et à la radio, pendant toute la journée, ont afflué les témoignages effarants. Des femmes enceintes et des enfants bousculés. Des petits vieux au bord du malaise. Des crises de claustrophobie. Des larmes. Des éclats de voix. Des usagers dans une colère noire après cet énième incident technique les retardant. Il y a dix jours déjà, l’autre vendredi soir à la gare de Paris Saint-Lazare, des voyageurs rendus fous furieux par les retards à répétition avaient insulté des agents de la SNCF et menacé de leur casser la figure, les forçant à se réfugier dans un local sous la protection des policiers. Des vitres avaient également été briséees par des usagers en colère.

 

Ce jeudi, il sera de bon ton de pester contre les grévistes prenant en otages les petites gens qui n’en peuvent plus et n’en peuvent rien. On est plutôt sensible au vécu de tous ces usagers qui n’ont pas, comme nous, la chance d’habiter au cœur bobo de Paris et qui donc, ce soir, pour rejoindre leur grande banlieue, vont passer des heures insupportables. Mais, en même temps, on se pose une question. Si l’on fait le calcul sur une année par exemple, qu’est-ce qui cause le plus grand nombre d’heures perdues, de stress et de désagréments à ces usagers des transports parisiens? Les journées de grève ou les pannes et incidents techniques accumulés à longueur de semaines dans un réseau notoirement vétuste et saturé? 

 

28/01/2009

Une hausse (encore)

immobilier.jpgOn parlait hier ici des discriminations frappant l’accès au logement. A Paris, se loger reste plus que jamais hors de prix. Depuis des mois et des mois, les Parisiens entendaient ou lisaient de savantes analyses selon lesquelles les prix de l’immobilier allaient enfin baisser/avaient enfin baissé/ dans leur ville. Raté. Deux études publiées récemment viennent de prouver… exactement le contraire.

 

Ainsi, selon Seloger.com, «avec 8,6% de hausse en un an, les loyers ont explosé» en 2008 dans la capitale française. En cause, le manque chronique de logements disponibles. Et le ralentissement du marché immobilier: de nombreux candidats à l’acquisition attendent, pour acheter, que les conditions de crédit soient plus favorables et que les prix baissent. Du coup, dans l’immédiat, ils se reportent sur la location, cette demande croissante faisant grimper les loyers. Même si un tassement a été enregistré ces trois derniers mois, le prix moyen du mètre carré loué à Paris s’affiche encore à 28,7 euros. Faites le calcul. Si vous vivez en couple, avez un enfant et voulez un appartement de 50 mètres carrés (ce qui, pour trois personnes, n’est tout de même pas énorme) à Paris, vous devrez débourser chaque mois 1435 euros de loyer.

 

Acheter alors, puisque louer reste hors de prix? Raté, ici aussi. Le meilleur indicateur en la matière sont les chiffres de la Chambre des notaires de la région parisienne. Or, selon ces données, en 2008, les prix de l’immobilier acquisitif dans la capitale ont encore progressé de 4 à 5%. A Paris, le prix moyen au mètre carré s’affiche désormais à 6630 euros. L’arrondissement le plus cher reste le sixième (Saint-Germain des Prés, les environs du jardin du Luxembourg, etc.) à 10200 euros (+11%), suivi du septième (la tour Eiffel, les Invalides, et tout cela) à 9740 euros. Dans notre cher (c’est le cas de le dire) quartier Bastille-Haut Marais, on oscille entre 6000 et 8000 euros le mètre carré. Ici aussi, faites le calcul: un 50 mètres carrés dans le coin vous coûtera quelque 350.000 euros. Soit à peu près trente années de salaire minimum.

 

immobilierencore.jpgComment expliquer cette résistance parisienne à la chute nationale des prix de l’immobilier? Pour le patron du groupe Orpi, «le marché de la capitale est atypique: la demande y est encore sensiblement supérieure à l'offre. En outre, il y a une très forte proportion de ménages qui ne recourent pas ou peu à l'emprunt pour acheter». Concernés notamment, les étrangers fortunés qui acquièrent un pied-à-terre à Paris au titre de résidence secondaire. Dans la capitale, ces achats représentent près d’une transaction sur dix. Et dans certains quartiers cotés comme les Champs-Elysées – cela doit être vrai aussi pour le Marais – les transactions effectuées par des investisseurs étrangers constituent près de 40% des ventes réalisées.

 

Mais, depuis la crise financière et boursière internationale, ces acquéreurs (russes, asiatiques ou américains, pour l’essentiel) seraient de moins en moins nombreux à Paris. C’est ce qui expliquerait en partie la chute du nombre de transactions enregistrée dans la capitale en 2008. Et c’est ce qui, d’après les experts, annoncerait une chute des prix enfin dans la capitale française en 2009. Mais peut-on encore se fier à ces prévisions?

20/01/2009

Un «comité»

affiche.jpgBoboland, autrement dit notre cher onzième arrondissement parisien, serait-il devenu la Mecque de redoutables activistes de la mouvance anarcho-autonome? Le repaire de cette «ultragauche» dénoncée à cor et à cri par les autorités et que la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, voit derrière les actions de sabotage dont a été victime le réseau TGV de la SNCF? Ces derniers temps, en tout cas, de Bastille à République, dans ces quartiers de Paris donc où, à chaque élection, l’extrême-gauche ne fait pas de mauvais résultats, les murs ont été placardés de bien mystérieuses affiches aux slogans vengeurs.

 

Elles sont signées par un obscur «Comité invisible». Une organisation inconnue au bataillon, mais dont l’appellation n’est pas sans rappeler la «Cellule invisible» à laquelle  Julien Coupat et ses amis terroristes présumés sont accusés par les autorités d’appartenir.

 

«Que fait la police?», interroge une de ces affiches, au moment où l’Intérieur présente un bilan très mitigé en matière de lutte contre la délinquance et la criminalité. «AutonoRme», proclame une autre affiche au bas de laquelle le R a dégringolé, dans ce qui doit être, si l'on comprend bien, une dénonciation des atteintes causées à l’autonomie par une culture exagérément normative. «Incarcérez, incarcérez. Vos prisons seront nos universités», fustige et menace une troisième affiche.

 

On imagine aisément que les fins limiers de Michèle Alliot-Marie sont d’ores et déjà aux trousses de ces dangereux afficheurs masqués.

31/12/2008

Un déploiement

En ce jour de St-Sylvestre, les autorités ont incontestablement voulu marquer les esprits. De mémoire de Parisien, on n’avait jamais vu cela depuis de très nombreuses années: le dispositif de sécurité déployé dans la capitale est d’une ampleur sans précédent.

 

Ces dernières années, le 31 décembre, 4.500 hommes assuraient la sécurité dans la capitale. Cette année, ils seront carrément au nombre de… 7.000! Dont 2.000 déployés rien que dans le quartier des Champs-Elysées. La ville va donc être quadrillée de policiers, de gendarmes et de pompiers. Cette fois, on a même fait appel aux militaires, aux unités mobiles de la réserve nationale ainsi qu'à des hélicoptères qui survoleront en permanence la banlieue nord de la capitale. Tout ce joli monde a pour tâche de réprimer «tout acte qui viendrait gâcher l’esprit de fête devant prévaloir tout au long de la soirée dans la capitale». Voilà les fêtards prévenus. Ce soir à Paris, il ne s’agira vraiment pas de faire le mariole.

11:51 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, sécurité

15/12/2008

Une pollution

lacher-de-ballons-florance-trocadero.jpgDe l’avantage d’habiter un quartier festif, comme le onzième arrondissement en compte tant. L’autre matin, sortant de la maison encore un peu endormi, on est tombé sur des dizaines et des dizaines de ballons multicolores. Il y en avait partout: virevoltant dans les rues, déboulant sur les trottoirs, s'amusant à échapper aux poursuites des écoliers du coin, tentant vainement de se dégager des branches d’arbres où ils s’étaient coincés ou, au contraire, s’envolant avec liberté dans les airs. Ces ballons constituaient les restes d’une fête qui s’était tenue la veille au soir dans la rue. Les convives avaient laissé s’envoler des centaines de ballons par les fenêtres, transformant tout le quartier en théâtre d’un spectacle léger, plein de couleurs et aérien.

 

A peine s’était-on amusé de cette animation inopinée qu’arrivé au bureau, on revenait plus sérieusement aux dures réalités. En tombant sur un communiqué de presse consacré à une pollution à laquelle, on l’avoue, on n’avait jamais pensé auparavant.

 

La pollution due au «million de ballons, qui en France s’envolent chaque année dans le ciel pour célébrer des causes qu’elles soient bonnes ou mauvaises – anniversaires, promotions, appels publics, festivités…». «Toutes ces grappes de ballons commémoratifs, festifs et revendicatifs avec leurs couleurs chimiques, les rubans synthétiques, les parures d’artifices, et l’hélium d’Air Liquide; ils vont finir quelques jours après dans les fleuves, en mer et sur la plage, éclatés et blafards, siglés et paraphés, dégoulinant de bonnes intentions et de messages vains, agglutinés à cette marée de déchets que se tuent à ramasser jour après jour les équipes de professionnels du rivage ou qui tuent jour après jour oiseaux, tortues marines, et poissons leurrés».

 

ballons.jpgC’est l’association environnementale Robin des Bois’ qui, en cette période de fêtes, a choisi d’attirer l’attention sur ce problème. Elle vient de demander «à tous les organisateurs de spectacles et de kermesses, à tous les acteurs de la promotion et de l’évènementiel d’éviter de disperser des déchets dans l’atmosphère et de contribuer ainsi, par une attitude exemplaire, à une gestion préventive des déchets et à la protection du littoral». L’association déplore qu’«en France, cette manie d’envoyer des déchets dans l’air ne faiblit pas, malgré la somme des informations sur les débris de ballons en latex ou en plastique retrouvés en mer ou dans les estomacs d’espèces marines et les nids d’oiseaux». «Le ciel n’est pas une décharge», conclut l’association. Qui, sur son site, publie des photos de plages souillées de ballons qui, c’est vrai, donnent plutôt envie de trouver illico un autre moyen, moins polluant, de symboliser la fête.

04/12/2008

Un classement

Paris, ville chère, suite: on a déjà beaucoup parlé de ce sujet dans ce blog (ici ou encore , par exemple) mais le filon est visiblement inépuisable. En témoignent à nouveau les résultats tombés cette semaine d’une étude internationale menée par un comparateur de prix sur internet. En octobre dernier, les prix de 25 biens de consommation courante ont été relevés dans 24 villes différentes, dont 20 capitales européennes. L’analyse des 1724 prix répertoriés confirme que les Parisiens ne sont pas gâtés.

 

Ainsi, Paris est la troisième ville la plus chère d’Europe, juste derrière Copenhague (Danemark) et Oslo (Norvège). Parmi les prix exorbitants par lesquels la capitale française se distingue, on relève l’essence, l’électronique grand public, l’alcool ou le tabac. Les prix flambent à Paris y compris pour des produits aussi courants que la canette de coca. Si l’on fait la moyenne de son prix de vente entre grande surface, bar et distributeur automatique, cela donne la canette à 1€40 à Paris. C’est carrément 1€ de plus qu’à Bruxelles. Finalement, si l’on en croit ce classement, les seuls prix parmi les plus bas d’Europe dont peut s’enorgueillir Paris concernent deux types de produits bien particuliers: les livres et… les préservatifs.

 

Se cultiver et se protéger. Finalement, l’essentiel est préservé.

11:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie, paris

17/11/2008

Un pugilat

Cela a volé bas, samedi.  On ne parle pas des coups bas entre camarades socialistes réunis en congrès à Reims. Au moins ces affrontements-là ne furent-ils que verbaux – du moins si l’on excepte l’un ou l’autre gnon perdu dans les bousculades médiatiques. En revanche, à Paris le même jour, c’est carrément à coups de poings, de barres de fer, de battes de base-ball et de bombes de gaz lacrymogène que l’on s’est affrontés.

 

C’était en plein centre-ville, en fin de journée. Cela s’est passé au Forum des Halles – lieu que, décidément, on n’aime pas –, Porte Lescot précisément, sous les regards médusés de centaines de badauds. C’était deux bandes rivales qui s’affrontaient: l’une réunissant des gamins de la banlieue ouest de Paris, l’autre des gosses du même âge mais originaires eux de la banlieue nord de la capitale. Résultat? Un pugilat général dans lequel furent impliquées plus de 70 personnes, sans compter une trentaine de policiers débordés, des vitrines et du mobilier cassés, des blessés et une dizaine des jeunes interpellés, dont certains âgés à peine de seize ans. Avant de faire le coup de poing aux Halles, ces hurluberlus avaient déjà, il y a plusieurs mois, semé la panique dans le quartier de la gare du Nord et à Pigalle.

 

Coïncidence: c’est juste au lendemain de ce week-end houleux que le centre commercial des Halles inaugure, ce lundi, ses illuminations de fin d’année. Pour l’occasion, dès la nuit tombée et jusqu’à début janvier, le Forum s’illumine tout en rose, avec notamment un sapin de Noël de dix mètres de haut installé sur la place basse du mall. Les organisateurs promettent une «frénésie rose», qui transportera les usagers et visiteurs des Halles «dans un tourbillon de rêve et de lumières». Si au moins cette animation pouvait en calmer un peu quelques-uns, ce ne serait déjà pas mal.

 

Dans la foulée, puisque la culture, comme la musique, adoucit les moeurs, on ne peut que se réjouir de la réouverture aux Halles, début décembre, du "Forum des Images" entièrement rénové après trois années de travaux. Cette très belle réalisation – dont la déco intérieure fait elle aussi largement appel au magenta – proposera au public une bibliothèque du cinéma, un restaurant, un bar et cinq salles de projection différentes. On ne sait si, au vu des incidents de ce week-end, les programmateurs oseront ou non programmer «West Side Story».

07/11/2008

Un malaise

Cela ne s’arrange pas chez Vélib’. Certes, le système parisien de location de vélos en libre-service connaît un succès éclatant. Vient encore de le confirmer la dernière livraison de l’Observatoire des déplacements à Paris. Pendant le premier trimestre 2008, les déplacements à vélo dans la capitale française ont augmenté de 33% par rapport au premier trimestre 2007. Cette croissance est surtout due au Vélib’, un cycliste parisien sur trois ayant recours à ce dispositif. Ces jours-ci, néanmoins, le système connaît un double malaise.

 

Malaise social, d’abord. Hier, comme ils l’avaient déjà fait en avril dernier (relire ici), les «gilets jaunes»  – à savoir le personnel de maintenance de Vélib’, regroupé au sein de Cyclocity, une filiale du groupe JC Decaux  – ont fait grève pendant toute la journée. Ils réclament notamment un meilleur cadre de travail, eux qui bossent y compris de nuit dans des conditions difficiles, ainsi qu'une rémunération décente: au moins équivalente au salaire minimum. Le mouvement a fait tache d’huile chez des homologues de Vélib’ en province: Vélo’v (Lyon) et VéloToulouse (Toulouse).

 

Malaise sécuritaire, ensuite. Les cyclistes parisiens ne savent plus à quel saint se vouer sur la question de savoir s’ils peuvent ou non circuler dans les couloirs de bus. Les associations (ici, par exemple) réclament de longue date cet accès. Mais entre la mairie centrale, les mairies d’arrondissements et la préfecture de police, les autorités ne tergiversent pas rarement. Entre les autorisations de circulation implicites, les PV malgré tout distribués par les pandores pas toujours au courant, et les coups de klaxon fréquents des chauffeurs de bus, les cyclistes en perdent leur latin. Et les récents arrêtés pris par la mairie n’ont pas simplifié les choses. Ils ont ouvert aux vélos 26 des 58 derniers kilomètres de couloirs de bus qui ne leur étaient pas encore accessibles. Mais en l’absence d’une signalisation adéquate, plus personne ne s’y retrouve.

 

Pour résumer donc, et si on a bien compris, en gros restent interdits aux vélos les couloirs de bus qui sont en site propre, à savoir ceux qui sont protégés du reste de la circulation par des séparateurs au sol. Et pour cause: ces couloirs-là sont des pièges mortels pour les cyclistes. En effet, les chauffeurs de bus, qui y roulent souvent vite, peuvent plus difficilement faire un écart pour éviter des vélos aperçus au dernier moment.

 

Reste que ce serait tout de même plus simple et plus sécurisant pour tout le monde si Paris jouissait enfin d’un réseau cyclable digne de ce nom. Mais c’est évidemment plus compliqué, car plus cher. Raison pour laquelle la mairie ne se contente que de vagues et lointains engagements en la matière: 200 kilomètres de voies nouvelles promises d’ici à… 2013.

 

En attendant, le quidam à vélo dans Paris est prié de croire en sa bonne étoile. Et de redoubler de vigilance pour ne pas servir, à son corps défendant, de chair à statistiques. Statistiques qui sont mauvaises car à mesure que croît l’usage du vélo dans la capitale, augmente bien sûr le nombre de sinistres touchant des cyclistes: + 21% par rapport au premier trimestre 2007.

22/10/2008

Une amélioration

Tiens, puisqu’on parlait de la presse hier, la situation des kiosques à journaux commence à s’améliorer petit à petit à Paris, semble-t-il. On revient de loin. Il y a quelques années, en effet, ce secteur commercial était vraiment en crise. Nombre de kiosquiers étaient dégoûtés du métier. Dégoûtés de la maigreur des commissions touchées sur les ventes, de la diminution de ces ventes due à la concurrence des journaux gratuits, de la masse chaque jour plus importante de publications à manipuler, et des conditions de travail physiquement difficiles (exiguïté des kiosques, absence de toilettes, horaires à rallonge, etc). Résultat des courses? A Paris, les kiosques voyaient leurs chiffres d’affaires s’effondrer (-6% en 2006, par exemple). Et ils fermaient les uns après les autres, au rythme d’une quinzaine de cessations d’activité par an.

 

En 2005, la mairie a décidé de réagir contre cette hécatombe. Elle a accordé à une filiale du groupe Hachette-Lagardère et des Messageries de la presse une délégation de service public pour redynamiser le réseau de kiosques.Cela a conduit à la fois à la réduction de l’assortiment des titres mis à disposition, à la diminution des quantités de journaux livrées (pour limiter les invendus, qui demandent tant de travail aux kiosquiers) et à l’augmentation (à 20%) du taux de la commission. Le résultat de cette politique commence à se faire sentir.

 

Ainsi, cette année, 46 kiosques ont rouvert et 19 ont été créés à de nouveaux emplacements – ce qui porte à 333 le nombre de kiosques parisiens. C’est une excellente nouvelle à la fois pour la diffusion de la presse, donc pour la démocratie, et pour l’animation des rues de la ville.

 

 

PS : On suggère à la mairie de Paris, quand elle aura achevé de remettre ce secteur économiquement sur pied, de se pencher enfin sur l’esthétique des kiosques. En effet, si l’on excepte évidemment les plus anciens, ces édicules sont esthétiquement le plus souvent hideux – spécialement ceux qui ont vu le jour dans les années 80 et 90, avec cette structure tubulaire en alu d’un goût complètement effarant.

 

10:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, médias, economie