Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/04/2007

Une journée

Ce jeudi à Paris comme dans tout le pays, on ne verra donc pas un seul appel de phare. On n’entendra pas un seul coup de klaxon. On ne sera pas témoin d’une seule queue de poisson. On ne rencontrera pas un seul stationnement sur le trottoir, sur une piste cyclable ou dans un couloir de bus. On ne surprendra pas un seul bras d’honneur. On ne sursautera pas à une seule insulte. Ce jeudi, en effet, c’est la «Journée nationale de la courtoisie au volant ».
On n’aura pas le temps d’aller voir ce soir, à l'heure de sortie des bureaux, ce que donne cette opération du côté de Madeleine ou de l’Etoile. Mais, on l’avoue, on est un peu sceptique sur le succès du mot d'ordre de courtoisie auprès des automobilistes parisiens.
A propos, c’est un peu passé inaperçu mais ce n’est pas inintéressant. Cette semaine, Jean-Marie Le Pen a donc lancé une grande opération séduction auprès des automobilistes, un électorat puissant s’il en est, en promettant s’il est élu une vaste amnistie des contraventions routières, une hausse du taux d'alcoolémie autorisé au volant, et la révision des limitations de vitesse (ainsi, on pourrait rouler à 150 km/h sur autoroute).
Le patron du FN a d’ailleurs donné l’exemple: l’autre jour, des journalistes d'un magazine automobile l'ont chronométré à 185 km/h sur autoroute, soit en excès de vitesse 55 km/h. Nicolas Sarkozy a encore fait mieux: à 130 km/h dans une zone limitée à 70 km/h, soit en excès de 60 km/h.
La campagne électorale n’attend pas. La courtoisie et le civisme non plus?
B.DL.

21/03/2007

Un choix

medium_bleu.jpgNicolas Sarkozy a donc choisi: ce sera le bleu. L’UMP a désormais officiellement sa couleur. En avril, ce parti lancera dans tout le pays une grande opération baptisée «Vague bleue», au cours de laquelle tous les partisans de Nicolas Sarkozy seront invités à afficher sa couleur de prédilection.
Le bleu, donc.
C’est la couleur de la mer et du ciel en été, tout cela annoncé le jour du printemps – respect pour le plan de com’, vraiment. La couleur florale du romantique. La couleur des merveilles de Majorelle et d'Yves Klein. La couleur de si beaux yeux. La couleur de la tenue de travail de l’ouvrier. La couleur la plus télégénique. Celle de TF1. La couleur la plus consensuelle, celle que, d'après tous les sondages, les gens habituellement préfèrent, loin devant le rouge et le vert.
Mais le bleu est aussi la couleur du sang des nobles. La couleur des amateurs de bidoche les plus carnassiers. La couleur des hématomes. La couleur des nuits d’explosion en Corse. Celle des gens frigorifiés et des nouveaux-nés cyanosés. La couleur des novices. Et bien entendu celle des uniformes de CRS.
Le bleu. C’est décidément tout un symbole. Tellement un symbole sans doute que Ségolène Royal, dans l’habillage graphique de son site web et de toute sa com' électronique, vient de la bannir. Au profit du rouge.
B.DL.

19/03/2007

Un candidat

medium_kerel.gifIl s’appelle Constant Kérel. Il est jeune. Il est beau. Il est dynamique, volontaire et intrépide. Il est breton, veuf et père d'un enfant, médecin de formation. Il est député de la 2ème circonscription du Morbihan. En tant que chef de file du Rassemblement des démocrates sociaux (RDS), il a décidé d’être candidat à l’Elysée.
A l’inverse des 110 propositions de Ségolène Royal, lui promet «30 changements garantis». Son RDS, comme l’UDF de François Bayrou, ambitionne de voir «la gauche et la droite rassemblées». Et à l’instar de tous les présidentiables, Constant Kérel a un blog, où il répond personnellement aux questions des électeurs. C’est le candidat qu’on voit le moins souvent à la télévision? Mais c'est celui dont on parle énormément en ce moment.
Et pour cause. Constant Kérel détient un terrible secret sur le Président sortant. Un secret si explosif que sa fille a été récemment kidnappée par les hommes de main de l’Elysée, pour faire pression sur le témoin qui le lui avait révélé. L’enfant n’a pu être sauvé que grâce à un raid spectaculaire à Notre-Dame de Paris. Depuis, Constant Kérel et son précieux témoin ont pris la fuite. Mais ils comptent bien revenir à Paris et parvenir à obtenir la fameuse levée de l’immunité présidentielle.
Y réussiront-ils ? Pour le savoir, il faudra attendre quelques mois, le temps que sorte chez Casterman le prochain numéro des aventures de Constant Kérel: candidat à l’Elysée mais aussi et surtout… héro de bande dessinée.
Ses aventures de présidentiables sont certes un peu trop incroyables pour être vrai, le monde politique dans lequel il évolue est parfois un brin trop caricaturé (valises d’argent liquide et petites pépées à l’Elysée, etc.) pour être crédible, mais ses aventures se lisent sans déplaisir.
En tout cas ce week-end, entre une pile de pensums plus sérieux à finir et de énièmes débats télévisés sur la campagne à se farcir, ce n'était pas désagréable de passer une heure avec un tel candidat.
B.DL.

20/02/2007

Une inflation

C’était frappant, hier soir. A peine avait-on fini d’ingurgiter deux heures de Ségolène Royal sur TF1 («J’ai une question à vous poser») que, sur France 2, débutait une autre émission consacrée à la campagne électorale («Mots croisés»), avec de nouveau des présidentiables (Arlette Laguiller et Nicolas Dupont-Aignan) en direct sur le plateau.
De 20h50 à 1h du matin donc, moyennant uniquement quelques rares interruptions publicitaires, les plus mordus de l’élection présidentielle ont pu, pendant plus de quatre heures, assouvir leur passion.
La course à l’Elysée est à l’origine d’une inflation d’émissions politiques à la télévision. On a fait le compte. Rien que la semaine dernière, motivées par des scores d’audience souvent excellents, les six chaînes nationales, les deux chaînes parlementaires et les deux chaînes d’info continue ont consacré pas moins de 24 émissions de débat, d’analyse et de confrontation à la campagne.
Or, on n’est encore qu’à 60 jours du scrutin. Qu’est-ce que ce sera dans un bon mois? Comme, en journaliste un minimum consciencieux, on s’oblige à les suivre toutes ou presque, c’est bien simple: si on poursuit à ce rythme, on ne fera plus que cela.
B.DL.

01/02/2007

Un geste, donc

En France comme dans nombre de pays, éteindre donc la lumière et tous les appareils électriques en veille ce soir, entre 19h55 et 20 h, pour sensibiliser à l’environnement, au gaspillage d’énergie et au réchauffement climatique.
La mairie s’étant associée à l’opération de l’«Alliance pour la planète», la tour Eiffel et nombre de monuments habituellement illuminés de la Ville lumière vont eux aussi être plongés dans le noir.
Comme la ville et le pays dans leur ensemble, à cause d’une panne géante d’électricité entraînée par cette opération? Certains, depuis quelques jours, alimentent ce scénario-catastrophe, rappelant qu'un réseau d'électricité ne déteste rien moins que les variations brutales de consommation.
Paris totalement dans le noir ce soir? Ce serait tellement énorme qu’on n’ose à peine y croire.
Mais cela entraînerait au moins deux dégâts collatéraux pour l’action écologiste.
Un: cela obligerait au redémarrage des centrales thermiques classiques au fuel et au charbon, qui sont de loin les plus polluantes.
Deux: cela pourrait nuire à la couverture médiatique de l’événement. On s’y voit déjà: rédiger un papier sur batterie et à la lueur de la bougie, tenter de l’envoyer par adsl (cela fonctionne, en cas de big bug?), se replier sur le wifi (pareil?), ne même pas envisager le fax, constater que la carte satellite du portable a été désactivée, devoir se contenter du téléphone et dicter la chose à un claviste.
Comme jadis dans les reportages les plus mouvementés, réalisés dans les conditions les plus improbables, dans le fin fond des pays les plus exotiques: finalement, cela pourrait être une expérience délicieusement rajeunissante.
B.DL.

30/01/2007

Un silence

On l’entendait ce matin à la radio, puis on le lisait dans «La Croix»: un film, en ce moment, connaît un succès phénoménal en France: «Le grand silence». Ce documentaire sur les moines de la Grande Chartreuse, prix du Jury à Sundance, se caractérise par son absence de dialogues, de commentaires et de musique.
2h42 de silence total, donc. Cela doit être très reposant. A fortiori pour les habitants de Paris, la grande ville du bruit? C’est un peu une antienne, entre marronnier journalistique (un sujet hier soir encore, au JT) et gros cliché touristique.
Paris n’est pas plus bruyante que n’importe quelle autre grande capitale. Et avec un peu de concentration/de décontraction, on fait parfaitement abstraction du tumulte urbain permanent– mais on n’habite pas le long du périphérique, on en convient.
Parmi les bruits typiques de Paris, certains, c’est vrai, sont insupportables:
-les poubelles à verre lorsque leur contenu est déversé dans le camion ad hoc;
-les skates des ados lorsqu’ils dévalent certaines portions de trottoir dont le revêtement est très usé;
-les chariots des livreurs du Franprix, lorsqu’ils cahotent sur la cour pavée le samedi matin;
-la vraie nuisance de tout habitant du centre de Paris: tous ces voisins qui, hystérisés par la flambée de l’immobilier, à longueur de journées, de mois et d’années (et spécialement le week-end, bien sûr), bricolent, rénovent, tapent, clouent, scient, vrillent, poncent, percent, tronçonnent; et tous ces chantiers qui n’en finissent pas: les marteaux piqueurs, les échafaudages qu’on monte, qu’on démonte puis qu’on remonte aussitôt quelques mètres plus loin, etc.
Mais il y a aussi des bruits de Paris qui sont infiniment évocateurs et dont on ne se lasse jamais:
-les cris stridents du métro quand il aborde les tournants;
-le glissement de ces foules immenses qui se pressent le matin dans les couloirs interminables du RER: aux interconnexions des gares du Nord ou de Lyon, de préférence;
-le volume sonore des grandes brasseries, à l’heure de la pause-déjeuner;
-les pas, rassurants à force d’être familiers, du voisin du dessus sur les vieux planchers de chêne;
-celui qu’on préfère: les crachotements de la centrale-radio dans le taxi, la nuit. Quand sous les yeux défile Paris illuminé ou, encore mieux, déjà endormi.
B.DL.

11:00 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma, Paris

16/01/2007

Un groove grave

medium_discosarko.jpgAu début, on trouvait cela vraiment très bête. Mais en même temps un peu drôle et donc finalement sympa. C’est un site internet qui, grâce à un montage, permet de «voir Sarko se la donner sur le dance floor». Sur «des musiques de ouf qui groovent grave», le candidat de l’UMP s’éclate sur quatre pistes de danse différentes (dont le légendaire décor de «La Fièvre du Samedi soir») et effectue huit pas de danse «qui déchirent» dont le célébrissime «moonwalk» de Mickael Jackson.
En fait, c’est vraiment tout sauf bête et innocent.
-En cliquant sur «Invite tes amis sur le dance-floor», on peut laisser des adresses mail et accepter de «recevoir des informations à caractère politique de la part des Sarkonautes».
-En cliquant sur ce dernier mot, on apprend que ceux-ci constituent «une équipe de jeunes et de professionnels de l’internet qui souhaitent soutenir l’action de Nicolas Sarkozy sur internet». Car «un changement profond est nécessaire dans la manière de faire de la politique et de gouverner», car «il faut un Président qui a le courage de dire les choses et l’énergie pour mener les réformes».
-Et feuilletant «Le Monde 2» ce week-end, on a eu la confirmation que Nicolas et Cecilia Sarkozy avaient personnellement donné leur feu vert au lancement de «DiscoSarko»: un site prétendument parodique mais qui, dans les faits, espèrent-ils, participera grandement à la campagne d’humanisation du candidat lancée depuis son sacre d’intronisation dimanche.
Et manifestement, ça marche: «DiscoSarko» enregistre désormais plusieurs milliers de visites par jour.
B.DL.

28/12/2006

Un sursaut?

medium_drapeaufrancais.jpgEst-ce enfin le résultat du séisme du 21 avril 2002? Les mairies, en ce moment, croulent littéralement sous les demandes d’inscription sur les listes électorales. Elles croulent tellement, en cette dernière ligne droite avant la date limite du 31 décembre, qu’elle ont reçu la consigne d’ouvrir leurs portes samedi matin.
Dans tout le pays, les chiffres relatant la progression du nombre d’inscrits par rapport à la même période de 2001 (lorsque les gens venaient s’inscrire pour pouvoir voter aux présidentielles de 2002) sont impressionnants: +60% à Nancy, +90% à Trappes (Yvelines), de 4.000 à 5.500 inscrits à Saint-Denis, 23.600 inscrits dans la seule ville de Marseille pendant le mois de décembre, etc.
On fait la queue devant les mairies, donc. Bien. Mais il y a encore une double marge dans laquelle de nets progrès civiques pourraient certainement être accomplis.
Un: dans un corps électoral évalué à la grosse louche à 45 millions d’électeurs, entre 2 et 4 millions de gens -- ce qui n’est tout de même pas rien -- ne s’inscriront pas et donc n’iront pas voter.
Deux: entre les inscrits et les électeurs votant effectivement le jour J, il y a encore une déperdition non négligeable. Ainsi, le 21 avril 2002, sur 41.194.689 inscrits, on n’a dénombré que 29.495.733 votants. Au second tour, c’était déjà un peu mieux (32.831.497 votants).
Et les 22 avril et 6 mai 2007?
B.DL.

27/12/2006

Une réelle impopularité

Cinq ans après l’adoption de la monnaie unique, nombre de Français continuent à encore à penser en francs. Selon un sondage TNS Sofres à paraître demain, un Français sur quatre convertit toujours et systématiquement cette monnaie dans sa tête, 23% effectue souvent cette opération mentale, 32% de temps en temps, et seulement 20 % réfléchit exclusivement en euros.
25 % des Français continuent donc à calculer chaque jour qu’une pièce d’1 euro égale 6,56 FF, qu’un billet de 50 euros représente 327,98FF, et qu’il faut très exactement 76€22 pour avoir un vieux billet de 500FF. C’est un effort mental aussi méritoire que bizarre dans la mesure où, pour le taux de conversion, le Français a été particulièrement peu gâté par rapport à nombre de pays européens: allez donc faire des multiplications par 6,56 alors qu’en Belgique par exemple, il suffit de multiplier par 4 et d’ajouter un zéro.
On ne sait si cela contribue à l’impopularité persistante de la monnaie européenne en France. Mais cette impopularité est réelle.
Selon le même sondage, la monnaie unique est jugée une mauvaise chose pour la France par 52 % des Français. Ce désaveu progresse même avec les années: il ne touchait que 45 % de l’opinion il y a trois ans. Et il atteint des proportions beaucoup plus élevées (66%) dans certaines couches de la population comme les ouvriers.
Quasiment tous les Français (94 %), d’ailleurs, sont persuadés que l'euro a eu pour conséquence d'aggraver la hausse des prix. Que le gouvernement n'ait cessé pendant cinq ans de nier l'évidence et de prétendre le contraire n'a sans doute qu'accru encore le ressentiment populaire envers cette monnaie.
B.DL.

11:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe, Social

18/12/2006

Un incroyable succès

Les chiffres ne sont pas encore officiels, mais ils ont commencé à circuler ce week-end et ils le montrent sans conteste: le Louvre est vraiment en train de casser la baraque.
On savait déjà qu’avec ses 65.000 m2 de surfaces, ses 35.000 œuvres exposées et ses 14 kilomètres de salles d’exposition, de réserves et de galeries, il s’agissait du plus grand musée du monde. On n’a jamais douté non plus – mais sans doute n’est-on pas objectif – qu’il s’agit du plus beau musée du monde. Ce qui est plus neuf, en revanche, c’est que d’année en année, le Louvre est en train de devenir le musée le plus fréquenté de la planète.
Il accueille en moyenne 25.000 personnes par jour et 45.000 par dimanche, soit la population d’une ville moyenne. A l’année, quelque 7 millions de visiteurs franchissent ses portes. Les derniers chiffres sont encore plus astronomiques: avec une nouvelle progression de plus de 500.000 visiteurs par rapport à 2005, le Louvre franchirait en 2006 la barre des 8 millions de visiteurs - record jamais enregistré dans toute son histoire.
Le revers de la médaille de cet incroyable succès? Parfois, vu la foule, les visites ne se font plus vraiment dans les conditions de calme et de sérénité requises. A cet égard, on ne saurait trop conseiller aux touristes de passage ici pendant les fêtes de fin d’année d'éviter la Grande pyramide, les vacances de Noël étant, comme nul Parisien ne l’ignore, la période plus fréquentée de l’année pour ce musée.
B.DL.

10:45 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Culture, Musées

14/12/2006

Un assagissement

De très savantes études écrites par des spécialistes l'assurent: la téléréalité est moins voyeuriste. Mais tout de même, «gare aux extrémismes», modèrent Médiamétrie et Eurodata Worldwide TV, dans un rapport qui vient d’être rendu public.
En effet, les émissions trash demeurent. Ainsi, pour la 13ème saison de «Survivor», la chaîne américaine CBS a décidé de placer les candidats dans telle ou telle équipe en fonction de la couleur de leur peau. Puis a dû faire marche arrière devant le tollé suscité par ce casting ethnique. La Grande-Bretagne ne manque pas d’imagination non plus puisqu’elle s’intéresse à des coaches d’un genre un peu particulier. Dans «Your money or your wife» sur Channel 4, des sauveurs viennent en aide à des couples surendettés parce que Madame est une droguée du shopping. Tandis que « Dump your mates in 4 days», sur la même chaîne, montre aux ados comment en quatre jours tourner le dos à leurs copains les plus encombrants. Comment donc larguer les boulets, comme on dit en français.
Le seul mérite reconnu à la téléréalité, qui n’est plus un phénomène depuis longtemps, est d’avoir réveillé la fiction aux Etats-Unis, et par extension, dans de nombreux pays dont la France. Toutefois, malgré l’effort manifeste observé ces derniers mois sur les écrans de l’Hexagone, notamment en matière de séries, on est encore loin d’y atteindre la qualité des séries pionnières made in USA: les «Six feet under», «Lost», «24», «The Shield», et autres «Desperate housewives».
C.G.

09/12/2006

Un clip

medium_tn_zedess008.2.jpgA cinq mois de l’échéance, le net s’empare plus que jamais des présidentielles. Les clips pro et anti-Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn avaient déjà fait fureur ces derniers mois. Depuis l’officialisation récente de sa candidature, c’est Nicolas Sarkozy qui tient la vedette sur le web.
Parmi les nombreux clips satiriques qui lui sont consacrés, il y en a un qui a l’air de circuler pas mal par mail en ce moment. Il vient d’aussi loin que le Burkina Faso, fabuleux pays d’Afrique de l’ouest, et fera grincer des dents les inconditionnels du patron de l’UMP.
Le chanteur, Zongo Seydou alias Zêdess, qui partage sa vie entre Ouagadougou et la Belgique, y brocarde ce «descendant de l’immigration subie» qui «a inventé l’immigration choisie», celui «qui se vante d’être le roi du charter depuis qu’il est à l’intérieur du ministère». «Au karcher, au charter, il nettoie la France. Attention la racaille, 2007 la délivrance!», chante «l’étalon de la musique burkinabé».
Qui termine son apostrophe au n°2 du gouvernement par cette vacherie bien de saison: «On est pauvres (au Burkina Faso)? Mais ici, il n’y pas de clochards».
B.DL.

PS: Pénible et impardonnable faute de goût tout de même: sur une des pages du site de Zongo, Sarkozy apparaît, via un photomontage, sous les traits d’Adolf Hitler. On va apprécier à l’UMP, où, jeudi à 11h29 précisément, le clip a été envoyé en lien par un internaute malicieux.

03/11/2006

Un monde

medium_110_F_670060_XcqM1u3vxTdeAJy0N2YDrO2vRbc8ef.jpgLe club très select des palaces parisiens s’agrandit, avec l’ouverture ce matin du «Fouquet’s Barrière» à l’angle des avenues des Champs-Elysées et George V.
Ils sont désormais au nombre de sept les hôtels de très grand luxe dans la capitale pouvant afficher la dénomination enviée de palace: le «Fouquet’s» donc, mais aussi le «Bristol», le «Crillon», le «George V», le «Meurice», le «Plaza Athénée» et le «Ritz».
Il y a quelques années, on avait passé pas mal de temps au «George V», pour un grand reportage «lifestyle» d’été. On avait visité des suites tarifées jusqu’à 10.000 euros la nuit. On nous avait présenté une bouteille de vin (un Petrus 1947, si on se souvient bien) affichée 7.500 euros sur la carte du restaurant gastronomique. On avait sympathisé avec le «styliste floral» de la maison: un ancien mannequin américain âgé de 28 ans, clone de Jim Morrison, très star. Pour notamment pouvoir parsemer chaque soir les sols de marbre du palace de dizaines de milliers de pétales de roses, il disposait d’un budget mensuel équivalant à cinquante fois le salaire minimum.
C’était vraiment tout un monde.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Paris, Tourisme

19/10/2006

Un grand classique

Dès ce soir jusqu’au 17 février prochain, on va de nouveau voir des queues immenses s’étirer sur les trottoirs le long de l’Hôtel de ville. Ce 19 octobre, en effet, y est inaugurée une vaste rétrospective consacrée à un des photographes français les plus populaires: Robert Doisneau.
Près de 300 photos sont exposées, certaines immensément célèbres, déjà vues et revues, d’autres moins connues et donc plus intéressantes. Ainsi, cette fascinante série dédiée aux Halles avant leur stupide démolition: on se croirait vraiment dans «Le Ventre de Paris» de Zola. Ou ce reportage tout en retenue et en émotion sur les prostituées de la rue Saint-Denis dans les années cinquante.
En sortant du vernissage, on n’était toutefois pas totalement enthousiaste. Avec un ami photographe professionnel, qu’on avait convié pour avoir son avis, on convenait que Doisneau posait au moins deux problèmes.
D’abord, depuis que l’on sait que «Le baiser de l’Hôtel de ville» n’était absolument pas la capture spontanée d’une scène de rue mais une mise en scène pour une photographie commandée, on regarde évidemment la plupart des autres clichés de Doisneau d’un œil suspect. Sont-ce des hasards magnifiquement pris sur le vif? Ou des compositions arrangées de toutes pièces, qui n’ont forcément pas la même valeur?
Ensuite, tout cela est, disons, si… joli. Doisneau l’a bien dit: «Le monde que j’essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite recevoir». Ce photographe n’aimait pas «la laideur», qui le rendait «physiquement mal». «La petite mélancolie» et «l’attendrissement» étaient les valeurs qui l’émouvaient le plus. Tout cela donne au Paris qu’il a immortalisé un côté Amélie Poulain: artificiellement bienveillant, exagérément lénifiant, à la limite de la mièvrerie souvent.
C’est cela «la générosité» de Doisneau, corrigeaient ses héritiers lors du vernissage. Les Parisiens, sans nul doute, vont adorer l'expo et donc préférer ce regard-là sur son oeuvre.
B.DL.

10:56 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris, Arts, Expos

06/10/2006

Un scrutin très suivi

On se serait davantage cru à Bruxelles qu’à Paris ce matin, en écoutant les radios publiques françaises. Il n’y en avait, en effet, que pour les élections municipales qui se déroulent ce dimanche en Belgique.
France Inter a ouvert son journal de 8 heures sur le sujet et l’a évoqué pendant plusieurs minutes, avec notamment une interview du président de la Chambre, Herman Decroo. France Info a elle carrément consacré une spéciale de trois heures à la question et réalisé cette émission en direct depuis la gare d’Anvers.
En général, pour autant qu’on puisse en juger, c’était plutôt bien vu et bien fait: résumé comme il le faut, accessible à l’auditeur français moyen, dénué de trop de touches exotiques faciles, illustré de témoignages pertinents. Verbalisé, qui plus est, comme il se doit: à Paris visiblement, on ne prononce plus Anvers comme «envers» et wallon comme «vallon».
L’ensemble, néanmoins, avait une tonalité passablement dramatique. Les confrères français, en effet, en ont fait des tonnes sur une Belgique «menacée de scission»et dont «l’avenir est en jeu», sur une ville d’Anvers «qui pourrait bien tomber ce week-end», et sur une extrême droite qui pourrait «atteindre 25 pc des voix en Flandre» et réaliser «une percée historique en Wallonie».
On était tout de même interloqué en entendant tout cela. On s'est demandé si cela correspondait à la réalité ou relevait plutôt de la mise en scène un peu sensationnaliste du récit médiatique.
Premières réponses dimanche soir.
B.DL.

14:59 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Belgique, Médias

29/09/2006

Un vacarme

medium_11_51_05_571533000_00802244.jpgC’est parti, donc. Ségolène Royal officialisera sans doute ce soir sa candidature à l’investiture socialiste pour les présidentielles de 2007. Dominique Strauss-Kahn l'a fait ce midi. Laurent Fabius dimanche. Et Jack Lang, on ne sait pas.
On n’a pas fini d’entendre parler de cette campagne: ces prochains jours (cela nous épargnera au moins le Mondial de l’automobile), ces prochaines semaines, et tous ces prochains mois jusqu’en avril prochain.
On en parlera notamment, énormément, sur internet. Le "bruit médiatique" n’a jamais assuré une élection, était-il répété ici, l’autre jour. Mais là, les présidentiables socialistes sont carrément à l’origine d’un vacarme.
On le pressentait, on l’a vérifié ce matin. En tapant Dominique Strauss-Kahn sur Google.fr, on obtient plus d'un million de réponses. Avec Laurent Fabius, le moteur de recherche affiche 1,5 million de résultats. Ségolène Royal, elle, les surpasse largement avec ses 4,6 millions de références.
Et Jack Lang, au fond? Depuis des semaines, la rumeur le dit en petite forme. Elle assure notamment qu’il ne décrochera même pas les 30 parrainages de hiérarques socialistes nécessaires au dépôt de sa candidature. On le saura d’ici mardi.
En attendant, l’ancien ministre de la Culture se ravira au constat que, sur le web en tout cas, il casse toujours la baraque: son nom donne lieu à... plus de 17 millions de résultats!
B.DL.

27/09/2006

Une rengaine

medium_Segolene.jpgDepuis quelques jours, il paraît qu’elle fait fureur sur le net. C’est une chanson (audible ici) qui a été créée en l’honneur de Ségolène Royal par un groupe d’amateurs baptisé, cela ne s’invente pas, «Les gars de la Royal». Et elle s’appelle «Le Sego Royal mix».
Les jeunes chanteurs, très potaches, le précisent sur leur site: ils «n’ont aucun lien direct avec Ségolène Royale (sic), le parti socialiste, ses militants, ses dirigeants, ni ne sont désignés ou mandatés par eux». Et «ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables en cas de victoire de Ségolène Royale (resic) aux élections présidentielles de 2007».
La chanson -- une parodie en fait de «Célimène», de Gilles Sommaire et David Martial (sortie en 1975) -- a donc été écrite «dans une unique optique de divertissement».
Cela donne notamment: «Depuis des mois j’en reviens pas/Je m’demande si je n’rêve pas/ Ya une bombe chez les candidats/ Imaginez une poupée/ La plus belle fille du parti/ Et la plus rayonnante aussi/ C’est une reine, Ségolène/ Elle nous entraîne, Ségolène/ C’est une souveraine, Ségolène/ Record women, Ségolène ». Et ainsi de suite, sur un rythme zouké.
A la fin, à la question «Mais dis-moi, dis-moi, qu’est-ce qu’on fait des autres (présidentiables), alors? », Besancenot est joyeusement renvoyé «au centre de tri», Alliot-Marie à la «corvée d’patates pour le parti», José Bové «dans les radis», de Villiers «au fond du puits» et Marine Le Pen «caissière à Monoprix».
On l'avoue, sur ce dernier point au moins, pourtant si sexiste, on a souri.
B.DL.

PS : Ségolène Royal est-elle en train de devenir une mode musicale? Une lectrice attentive de «Paris Libre», et que l’on soupçonne d’être ségoléniste, signale qu’une autre chanson a été consacrée à la madone socialiste des sondages. C’est la version féminine de la précédente, œuvre de «Classe-Affaires» (un groupe de trois filles: N’gel,Amétys et Natty), qui a voulu «signer là un titre festif rempli d’humour qui n’est rien d’autre qu’un clin d’œil a Ségolène». On peut l’écouter ici. Tout cela va-t-il contribuer à la victoire de l’intéressée?

20/09/2006

Un engouement un peu surfait

Les personnalités politiques françaises, et les présidentiables en particulier, en pincent pour internet. Chaque semaine désormais, ou presque, l’un ou l’autre ténor annonce l’ouverture de son blog.
Mais quel sera l’impact réel d’internet sur le résultat des présidentielles? Ifop vient de se pencher sur la question, et son étude remet un peu les choses à leur place.
L’institut de sondages ne nie pas les potentialités offertes par ce nouveau média en matière politique: l’accès plus facile à l’info, l’interactivité, de nouvelles voies de recrutement (adhésions en ligne, etc.) ou l’ouverture du débat à des publics (jeunes, etc.) qui en étaient jusqu’à présent exclus ou étaient rétifs à des formes d’engagement traditionnelles.
Mais l’étude rappelle aussi deux données rédhibitoires. Un: seule une minorité d’électeurs (44%) se déclarent assez ou beaucoup intéressés par la politique (et internet, manifestement, n'y change rien). Deux, seuls 12% de l’électorat accordent prioritairement leur confiance à Internet pour s’informer en matière politique, loin derrière tous les autres médias (télé, radio, presse, etc.).
L’on sait, du reste, que le public internaute n’est pas du tout représentatif de l’électorat en général: il est beaucoup plus masculin, urbain et appartient proportionnellement davantage aux catégories sociales supérieures que l'électeur moyen.
Du coup, cette conclusion, qui risque de doucher quelques illusions: «Il n’est pas acquis que la fabrique de ce que l’on pourrait appeler une popularité en ligne, et que l’on mesurerait notamment par le nombre de soutiens engrangés, les blogs dédiés à une personne ou le bruit médiatique sur la toile, ne se traduise à terme par une popularité électorale déterminante au moment de voter».
Ce sera, en tout cas, un des éléments intéressants à analyser au lendemain du scrutin.
B.DL.

18/09/2006

Un peu d'air

medium_caniche.jpgJacques Chirac à la radio ce matin, pour 45 minutes d'entretien à bâtons rompus. C’était assez exceptionnel, venant d’un chef d’Etat qui n’a jamais raffolé de l’improvisation et du direct.
Interrogé sur les critiques faites la semaine dernière aux Etats-Unis par Nicolas Sarkozy contre la tendance de la diplomatie française à un certaine «arrogance», voire «grandiloquence». l'hôte de l'Elysée a sèchement asséné que Paris n’avait jamais été dans une attitude de «soumission» à l’égard de Washington. Puis, plus tard: «Je vous donne la position de la France telle qu’elle est aujourd’hui». Sous-entendu: pour la diplomatie de demain, que les Français prennent leurs responsabilités en élisant ou non Sarkozy à la tête du pays.
Pendant tout le week-end déjà, le si américanophile ministre de l’Intérieur en avait pris pour son grade: il a été traité de «petit Bush français» à la Fête de l’Huma dimanche par Marie-George Buffet et de «caniche» de la Maison-Blanche par Laurent Fabius au raout socialiste de Lens samedi. L’intéressé, visiblement, s’en contrefiche: il a vu ce week-end Tony Blair, lui aussi fréquemment rebaptisé «caniche de Bush» par ses détracteurs. Et ce week-end, Ségolène Royal elle s’affichait aux côtés de l’Espagnol Zapatero. Avant et après de nombreuses autres escapades internationales, au programme aussi des Fabius, Jospin, Lang et autres DSK.
Londres, Madrid, Washington, Rome, Bruxelles, des capitales africaines aussi: les prétendants pour 2007 peaufinent donc leur image nationale en se rendant à l’étranger. Au delà des noms d'oiseaux et des effets de communication, cette attention portée à l'international ne peut être que bénéfique pour relever un peu le niveau de cette campagne. Et aérer un débat politique français tout de même souvent très hexagonal, voire par moments franchement égotique.
B.DL.

12/09/2006

Une vocation?

C’est un signe de plus, mais on n'en avait guère besoin, de leur «peopelisation»: les personnalités politiques sont de plus en plus souvent utilisées et détournées, à leurs corps défendant, dans et par des campagnes de publicité.
La dernière en date vient de sortir. Conçue pour la radio Europe 1 autour de son slogan «Parlons nous», elle se décompose en cinq visuels (visibles ici) dont un fait allusion à la politique et est sorti pour la première fois dans la presse lundi matin.
On y voit Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jack Lang (ces deux derniers surtout devenus pour le coup franchement hilarants) relookés, à l'aide d'un montage, en jeunes banlieusards, avec tout l’attirail ad hoc (sweat à capuche, casquette de base-ball, blouson de cuir, piercings, etc.) et surmontant le slogan «Que faire pour que les jeunes croient de nouveau à la politique?».
Au début de l’année déjà, les couples François Hollande/Ségolène Royal et Dominique de Villepin/Nicolas Sarkozy, photographiés eux en situation réelle, avaient été utilisés par une campagne de pub: tiens, pour une radio également (RTL), et accompagnés du slogan «Vivre ensemble».
«Je trouve la méthode discourtoise et déplacée», avait grincé Ségolène Royal. «Les photos sont plutôt sympathiques et souriantes, après tout ça fait du bien», avait commenté Dominique de Villepin. «Mais je ne suis pas sûr que les responsables politiques aient vocation à devenir des mannequins publicitaires», avait ajouté le Premier ministre.
Que les faits semblent donc démentir.
B.DL.

PS: Selon ses créateurs, la campagne d’Europe 1 «recrée une connivence et une empathie », «construit un imaginaire de marque identifiable et différenciant», «délimite un territoire de communication pérenne et évolutif». Bref, «renforce le top of mind». C’est quoi, ce langage? Les pubards sont décidément impayables.