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24/04/2015

Une grande première, si tardive

Télévisions, Médias, FemmesComme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

C'est donc une femme qui va diriger France Télévisions. A l'issue d'une procédure laborieuse et contestée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fini hier par nommer () Delphine Ernotte à la tête du groupe audiovisuel public. Jusqu'à présent, tout au long de son histoire, France Télévisions avait été dirigé par des hommes. Ce blog le notait, l'autre jour (relire ): le fait qu'une femme accède à sa tête va peut-être, qui sait, l'inciter à enfin donner, sur ses antennes, une juste place aux femmes, quantitativement et qualitativement.

L'intéressée n'a jamais occupé la moindre responsabilité dans le monde de la télé. C'est ce que notaient ce matin, en faisant la moue, nombre de commentateurs – davantage des hommes que des femmes, cela dit. Comme si, pour autant, elle n'avait pas de solides compétences en gestion, elle qui a dirigé un groupe (France Telecom/Orange) d'une taille autrement plus imposante que France Télé. Et comme si les précédents patrons du groupe audiovisuel qui étaient issus de la télé sont tous restés dans les mémoires pour leur parfaite gestion du paquebot français de la télé... Du reste, puisque ces commentateurs réticents semblent l'avoir oublié, rappelons que Bertrand Meheut, pareillement, l'homme qui préside le groupe Canal+ depuis plus de dix ans, était complètement étranger au monde des médias, avant d'accéder à ce poste.

Il n'en demeure pas moins que, en effet, cette désignation de la nouvelle patronne de l'audiovisuel public français a un côté effarant – mais dont l'intéressée n'est nullement responsable. La moindre des choses eut été que les auditions des candidats à ce poste soient publiques. C'est visiblement trop demander au CSA, et c'est bien dommage.

La prochaine fois peut-être, à l'occasion de la nomination de la personne qui succédera à Delphine Ernotte, la France innovera de manière historique sur ce plan-là, cette fois.

Il ne faut jamais désespérer de rien: tout arrive (parfois).

13/04/2015

Un essaimage bienvenu

Un peu de culture, pour bien entamer la semaine. Et une nouvelle qui est passée assez inaperçue quand elle est tombée, le mois dernier, or elle confirme pourtant un mouvement de fond qui paraît assez réussi: l'essaimage des grandes institutions culturelles parisiennes en dehors de la «Ville lumière».

On avait déjà, ces dernières années, l'incroyable succès (relire ) remporté par le Louvre Lens – mais l'antenne du Centre Pompidou à Metz, elle, visiblement, peine à marcher aussi bien. Dans quelques mois, on aura l'inauguration du Louvre Abu Dhabi. En attendant, une autre vitrine muséale française a ouvert ses portes à l'étranger, il y a peu.

En Espagne, en l'occurrence. Et à Malaga, plus précisément. Sur le port de la ville andalouse, désormais, un bâtiment futuriste dénommé «El Cubo» (le cube), assez réussi, accueille le premier «Centre Pompidou provisoire». Pendant cinq ans, il proposera une sélection de près d'une centaine de pièces issues des prestigieuses collections de l'institution de la Place Beaubourg. Parmi elles, des Bacon, des Chagall, des Magritte, des Max Ernst, des Brancusi, et, bien sûr, des Picasso. Cette sélection sera renouvelée régulièrement. Elle sera complétée par des expositions temporaires (d'une durée de de trois à six mois), par des spectacles de danse, des représentations de théâtre, des cycles de cinéma, etc. Et, si elle attire les foules, cette expérience sera suivie d'autres du même style, dans d'autres pays voire sur d'autres continents.

Bien.

16/03/2015

Une envie de départ

Paris, Art de vivre, Economie, EnvironnementHuit habitants sur dix de Paris et de sa région rêveraient d'habiter ailleurs: aimeraient déménager dans une autre région de l'Hexagone. C'est l'enseignement majeur, assez choc, d'une étude qui vient d'être rendue publique. Cela fait à peu près 8 millions d'habitants qui souhaiteraient aller voir ailleurs – ce qui n'est tout de même pas rien.

Ce qui motive principalement ces Parisiens et banlieusards qui sont candidats au déménagement? Une double envie: un coût de la vie moindre, et une qualité de vie meilleure. Rien d'étonnant, cela dit, à ce dernier égard, au-delà d'une certaine image de carte postale, largement surfaite, dont ont toujours bénéficié la «Ville lumière» et – moins – sa région. Dans les faits et au quotidien, la qualité de la vie y est très perfectible. Pour ne prendre que ce seul exemple – mais il y en a tant d'autres qu'on pourrait mettre en avant – , un épisode de pollution atmosphérique est à nouveau prévu (ici) pour la capitale française, demain mardi. Si l'on compte bien, ce n'est jamais que... le huitième, en moins d'un mois.

D'ailleurs, dans la dernière édition en date d'un classement annuel international sur la qualité de vie dans 230 villes du monde, publiée il y a peu, Paris n'apparaît qu'à la 27e position. Certes, elle devance nettement sa grande rivale européenne, Londres (40e). Mais elle arrive aussi très loin derrière des cités comme Vienne, Zurich, Munich, Düsseldorf, Francfort, Genève ou Copenhague.

Et on serait le dernier à parier que l'année prochaine, la «Ville lumière» occupera une position plus avantageuse, dans ce palmarès.

10/02/2015

Un appel à la coexistence

Art, Culture, Paris, BanlieuesC'est l'oeuvre de street art que tout le monde cherche en ce moment, sur les murs de Paris. Elle représente un homme en djellabah, avec, à ses côtés, le mot "coexist". La lettre C de ce terme est formée par un croissant musulman, le X et le T étant respectivement constitués par une étoile de David et une croix chrétienne.

L'auteur de cette inscription est un artiste dénommé Combo, Français né d’un père libanais chrétien et d’une mère marocaine musulmane. La semaine dernière, à Paris, il s'est fait ruer de coups alors qu'il apposait cette oeuvre sur un mur.

Cela a suffi pour donner un retentissement énorme à son "coexist". Qui, ce week-end, a même fait l'objet d'un happening artistique, co-organisé par l'Institut du Monde arabe. Cinq cents affiches reproduisant l'illustration y ont été distribuées, puis ont été collées un peu partout. Dans les rues de Paris, mais aussi sur les murs de quartiers de banlieue où, précisément, la coexistence pacifique entre les différentes communautés n'est pas toujours évidente, au quotidien.

Assez curieusement, on n'a pas encore aperçu la chose, depuis ce week-end, sur les murs de notre quartier du onzième arrondissement pourtant si ébranlé par la violence haineuse, en janvier. Mais sans doute cela ne devrait-il plus tarder.

 

PS: Dans un autre registre, un homme a été interpellé puis placé en garde vue à Paris hier soir, pour avoir tagué le mot "Juif" sur une vingtaine de véhicules garés dans le seizième arrondissement, quartier où réside une importante communauté juive.

03/02/2015

Une réplique, bien trouvée

C'est la réponse du petit peuple de Paris à «Fox News»: l'ultra-conservatrice chaîne de télé américaine. Qui donc, le mois dernier, à l'époque des attentats, avait osé décrire des quartiers entiers de la capitale française comme étant des «no go zones». Des zones de non-droit, pas loin d'être des zones de guerre, où nul, hormis les fondamentalistes musulmans, n'oserait s'aventurer. Un regard journalistique si caricatural et à l'emporte-pièce qu'il vaut à «Fox» une plainte en justice, de la mairie de Paris.

Après les édiles, c'est au tour des habitants des quartiers concernés de réagir. Ils ont bien sûr été très choqués d'être stigmatisés de la sorte. Mais, pour autant, n'ont pas perdu ce sens si parisien de l'humour potache. Ils proposent donc désormais (ici) aux touristes étrangers des visites de ces zones urbaines présumées si périlleuses. Des tours de ville en toute convivialité, effectués en compagnie des habitants de ces quartiers.

La proposition s'adresse bien sûr avant tout aux Américains qui sont de passage à Paris. Selon des échos, elle rencontrerait un certain succès auprès d'eux, nombre de ces visiteurs venus d'outre-Atlantique ayant eux-même été estomaqués par cette si grossière propagande télévisuelle.

Bien.

 

PS: On ignore si un avatar russe de la formule est en préparation. Puisque, au même moment, une chaîne de télévision publique de ce pays avait, dans un reportage, présenté Barbès comme un quartier où «pratiquement personne ne parle français», et où «une femme sur deux porte la burqa et le niqab».

20/01/2015

Un refus d'être stigmatisé

C'est une gifle envoyée par des citoyens de base à un des plus grands organes de la presse nationale française. Un droit de réponse adressé au «Figaro» par vidéo interposée – vidéo qui, en quelques jours à peine, a déjà été visionnée à plus de 70.000 reprises.

Jeudi dernier, le quotidien avait consacré un reportage à Grigny, la ville (banlieue de Paris) dont est originaire Amedy Coulibaly: l'assassin de la policière municipale de Montrouge et de quatre clients de l'épicerie casher de Paris. Nombre d'habitants ont été «choqués» par le portrait que le journal a dressé de leur ville, présentée comme particulièrement sujette à la fois au discours complotiste à propos des attentats et à la parole antisémite.

Dans son papier, «Le Figaro» avait notamment utilisé le terme «herbes folles». La réponse fuse, via cette vidéo: «Nous refusons d'être comparés à des herbes folles, condamnées à devenir des mauvaises graines». Plus globalement, les habitants récusent le sempiternel «amalgame: jeune, noir, arabe, musulman = terroriste, antisémite, délinquant inculte, anti-républicain et anti-Français». Ils assurent être «solidaires de toutes les victimes». Et proclament leur désir de «vivre en paix», sans avoir à constamment «se justifier».

Ce mardi, le ministre de la Jeunesse et de la Ville a prévu de rencontrer le collectif de «reporters citoyens» qui est à l'origine de cette vidéo. Le thème des échanges, tel qu'annoncé par son cabinet? «Le rôle de l'Etat, mais aussi des médias, pour donner des quartiers populaires une image plus juste». Vaste programme. Quant au «Figaro», à moins que cela nous ait échappé, il n'a pas encore écrit le moindre mot sur la colère des habitants de Grigny envers son reportage, qu'ils jugent rempli «de préjugés et de clichés».

Si ça tombe, quand le quotidien sarkozyste finira par évoquer la polémique, il se justifiera en invoquant... son droit à la caricature.

15/01/2015

«Un héros», à nouveau

Etrangers, Immigration, Médias, Internet C'est l'homme qui affole le web et les réseaux sociaux, en ce moment. En quelques jours à peine, une pétition en sa faveur a réuni un nombre considérable de signatures – elles étaient près de 280.000, ce matin.

Il s'appelle Lassana Bathily. 24 ans, de nationalité malienne et de confession musulmane. Vendredi, lors de la prise d'otages dans l'hypermarché casher de Paris, il a réussi à sauver plusieurs clients du magasin, qu'il a cachés dans la chambre froide. Pour le collectif d'associations blacks (CRAN) qui a lancé la pétition en sa faveur, c'est «un héros» et «un modèle». Lui, le musulman, a sauvé des juifs. Qui eux-mêmes, auparavant, l'avaient sauvé de la mort sociale, en lui proposant un job dans leur magasin. Le CRAN y voit donc «une formidable leçon sur les bénéfices de l'entraide et de la fraternité, ce qui est le sens profond de toute vraie religion».

Les médias, le web et les réseaux adorent bien sûr ce genre de si belles histoires. D'où le succès rencontré par la pétition demandant à l'Etat de faire un geste envers ce jeune sans-papiers. Les autorités, à moins que cela nous ait échappé, n'ont pas encore réagi.

En juin dernier, déjà, un autre «héros» sans-papiers avait fait parler de lui, et avait affolé les médias.

Etrangers, Immigration, Médias, Internet Mohssen, Tunisien, âgé de 26 ans. Lors d'un très violent incendie qui avait ravagé un immeuble d'habitations à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis, banlieue Nord de Paris), n'écoutant que son courage, il avait réussi à sauver plusieurs personnes des flammes. Vu l'intensité du brasier, auraient-elles dû attendre l'arrivée des pompiers qu'elles auraient probablement péri.

Leur bienfaiteur avait été légèrement blessé, dans les secours qu'il avait portés. Le gros écho médiatique donné à son exploit avait conduit les autorités à réagir. Mohssen avait été invité et reçu à la préfecture. Elle lui avait assuré que son dossier de demande de régularisation serait désormais étudié avec la plus grande bienveillance, «en récompense de sa bravoure». Au final, effectivement, le «héros» a obtenu un titre de séjour.

 

Actualisation 15h34 AFP Lassana Bathily sera naturalisé Français mardi 20 janvier, annonce jeudi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

24/12/2014

Un paradoxe culinaire

art de vivre,gastronomie,folkloreUn sujet sur un mets bien de saison, pour aborder comme il se doit le réveillon. Près d'un Français sur deux (47%) serait donc favorable à l'interdiction du gavage des canards et des oies, dans la production de foie gras. C'est ce qu'a assuré, cette semaine, un sondage très médiatisé. Les femmes (56%) et les jeunes (51%) seraient même majoritairement favorables à une telle interdiction. Et près d'un sondé sur trois (29%) refuserait d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques, liées à la souffrance animale.

Grand bien leur fasse. Sauf que...

Sauf que les résultats de ce sondage sont tout de même peu compatibles avec d'autres études sur le même thème, qui ont été publiées auparavant.

Ainsi, ces données faisant état () de ce que 63,2% des Français compteraient manger du foie gras en entrée au repas de Noël, loin devant le saumon (43,9%) ou les huîtres (33,9%). La part d'amateurs de palmipèdes monterait même à 80%, selon d'autres sources (ici). A les en croire, ce mets serait très largement considéré par la population comme «festif» (96%) et «de bon goût» (94%). Ajoutons que le leader du marché français du foie gras, le groupe Labeyrie, a tablé cette semaine sur une progression de 5% de ses ventes de ce produit. “Il semble que cette année, les Français aient décidé de ne pas se priver de foie gras”, s'est réjoui, en écho, son concurrent et n°2 du secteur, le groupe Delpeyrat.

Bref, sur ce sujet délicat du foie gras, les Français – sondeurs ou sondés – donnent l'impression de dire à peu près tout et n'importe quoi.

Cela ne devrait probablement pas leur couper l'appétit.

15/12/2014

Une si longue attente

Sept ans. Il aura donc fallu sept ans pour que le Musée de l'Histoire de l'Immigration soit inauguré: ce soir, par François Hollande. Il est ouvert depuis la fin 2007, mais jamais il n'avait eu droit à la moindre consécration officielle. Avant lui, aucune autre grande institution culturelle parisienne n'avait bien sûr jamais été traitée de la sorte.

Le si long délai avant cette reconnaissance s'explique par la thématique du musée, qui entend souligner les apports des migrants à la société française. C'était le projet qu'avait lancé jadis Jacques Chirac. Mais il aboutit alors que, à l'Elysée, venait d'être élu un Nicolas Sarkozy qui mit d'emblée la barre à droite toute, sur les questions d'immigration (l'époque Eric Besson, ministre «de l'Immigration et de l'Identité nationale», etc.). Dès lors, jamais il ne voulut inaugurer ce musée. Il faut dire que le comité scientifique qui l'encadre a connu pas mal de dissensions, notamment d'ordre politique. Enfin, pendant plusieurs semaines, l'immeuble fut occupé par des centaines d'étrangers sans-papiers y revendiquant leur régularisation, ce qui acheva de le rendre définitivement infréquentable, aux yeux des gouvernants.

Sept ans plus tard, donc, ce lundi, l'institution est enfin honorée officiellement. Qui sait cela attirera-t-il l'attention du grand public sur ce musée, qui, trouve-t-on, le mérite bien.

Pour son contenu, d'abord. On y a déjà vu l'une ou l'autre exposition thématique bien intéressante. Pour le contenant, ensuite. Le Palais de la Porte Dorée, qui l'accueille, est une splendeur de l'Art déco (notamment son bas-relief, sublime, de plus de 1000 m2). Et il a été si bien restauré qu'il fait désormais partie, à notre avis, des plus beaux édifices monumentaux de la capitale.

12/12/2014

Une réapparition

Femmes, Hommes, Art de vivreUne nouvelle très légère, une fois n'est pas coutume et pour bien terminer la semaine. Miss France 2015 ayant à peine été élue, le week-end dernier, voilà à présent le grand retour de Mister France.

Cette compétition était en sommeil depuis 2011. La voilà donc qui renaît. L'objectif est d'élire «un homme responsable, avec des projets, des idées qu'il va pouvoir faire partager. Il va pouvoir exprimer sa vision de l'avenir et être le représentant d'une génération ambitieuse, énergique et volontaire». Avis aux lecteurs de ce blog qui seraient tentés: le casting est ouvert (). Conditions pour candidater: être célibataire, de nationalité française, âgé de 18 à 35 ans et mesurer plus d'1m78. Sont également requis le sens de l'humour, le goût de l'expression en public, le fait d'avoir «une passion, des projets, un talent» ainsi que «du charme». Et, bien sûr, il convient d'être «irrésistible».

Il y a quelques semaines, un sondage () avait décrit l'homme idéal, tel que les Françaises l'imaginent. L'attention à l'autre (caractéristique plébiscitée par 46% des sondées), le sens de l'humour (28%) ainsi que la capacité d'écoute (27%) avaient été cités très largement avant les qualités liées au physique. Les termes «viril» et «sexy», par exemple, n'avaient remporté que 3% des suffrages. «Finies la virilité et l'ère du macho bling-bling, place à l'homme sensible et attentionné!», en avait déduit la Sofres. «La personnalité prime très largement le physique», s'était extasié l'institut de sondage.

Mais bien sûr. Comme si le concours Miss France venait de couronner une femme au physique complètement anecdotique, mais à la personnalité absolument éblouissante. Et comme si les votants pour ce titre de Mister France réapparaissant allaient élire un candidat à la plastique très moyenne, mais aux neurones prodigieux.

05/12/2014

Une si belle découverte

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et même une belle histoire, qui a été rendue publique cette semaine.

Elle a pour cadre, non Paris, mais Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Dans les fonds anciens de la bibliothèque de cette municipalité, on a retrouvé, par le plus grand des hasards, une édition originale... de William Shakespeare. Une édition rarissime, même, puisqu'elle est datée de 1623.

Littérature, Culture, International L'ouvrage a été authentifié par d'éminents spécialistes de l'auteur. Il est intitulé «Mr. William Shakespeare, comedies, histories and tragedies: First Folio: published according to the original copies». Il contient 36 pièces, qui furent imprimées sept ans après la mort du dramaturge. Il s'agit d'un «first folio», or les manuscrits de ce type sont considérés comme des références. En France, jusqu'à présent, il n'en existait qu'un seul exemplaire, conservé à la Bibliothèque nationale.

Originellement, cette pièce rare provient de la bibliothèque d'un collège de Saint-Omer, qui, à la Renaissance, accueillait des étudiants anglais. Elle a été redécouverte fortuitement, à l'occasion de recherches effectuées en vue de la préparation d'une exposition consacrée à l'histoire des relations entre la région de Calais et l'Angleterre.

L'autre jour, le porte-parole du quai d'Orsay – qui a assez peu l'occasion de s'exprimer sur des questions de littérature et de culture – a salué cette belle découverte. «Au-delà de son intérêt scientifique, (cet ouvrage) témoigne de la richesse des liens historiques entre la France et le Royaume-Uni», s'est-il félicité.

24/10/2014

Un géant, bienvenu?

Gastronomie, Art de vivre, Santé, ParisNe pas achever la semaine sans mentionner ce qui en a sans doute été l'événement majeur, pour tous les ados de Paris. L'ouverture de ce qui fait figure de temple mondial – ou européen, en tout cas – du whopper.

L'enseigne Burger King, en effet, a inauguré en grandes pompes son vaisseau amiral français: un fast food géant (1000 mètres carrés, 250 places assises) situé à Alésia, dans le quatorzième arrondissement. C'est le plus grand Burger King du continent. Il fait suite au retour en fanfare de cette marque en France, il y a bientôt un an (relire ). Retour couronné de succès: les Burger King de la gare Saint-Lazare et de la Villette ne désemplissent pas, paraît-il.

On vous laisse juges si c'est, ou non, une bonne nouvelle. Au moment où, selon la dernière étude nationale en date (), pour la première fois depuis quinze ans, l'obésité progresse un peu moins qu'avant, en France. Entre 1997 et 2000, elle a augmenté de plus de 18 %. Entre 2006 et 2009, ce fut de 10,7 %. Depuis 2009, on serait plutôt dans la zone des 3% de croissance.

Un Français adulte sur trois (32 %) n'en reste pas moins en surpoids, dont 15 % souffrent d'obésité, soit près de 7 millions de personnes. Ce qui n'est tout de même pas rien.

30/09/2014

Un homme si drôle

Comme quoi, tout arrive. Alain Juppé a beau n'avoir jamais eu la réputation d'être l'homme politique le plus comique de France, hier soir, il a néanmoins remporté le prix Humour & Politique 2014 (*). Grâce à cette répartie, il est vraie pleine de délicieuse autodérision venant de qui eut une carrière parsemée de tant de traversées du désert:«En politique, on n'est jamais fini. Regardez-moi!»

On peut d'ailleurs remarquer un changement d'attitude chez lui, depuis un petit moment. Depuis, précisément, qu'il a fait son coming-out présidentiable, à la fin août. Désormais, il prend soin de ponctuer chacune de ses interventions télévisuelles d'une petite phrase (un peu) rigolote. Histoire de bien montrer que, non, décidément, il n'est pas si austère.

Lui-même, du reste, avait un jour théorisé sur la nécessité qu'il avait de paraître moins techno, sévère, cassant, droit dans ses bottes. «C'est plus facile de sourire que de réformer. Mais puisqu'on me dit qu'il faut être aimable...», avait-il lancé. Avec un sourire un rien crispé.

 

(*) Prix dont plusieurs nominés méritent, trouve-t-on, les félicitations. Le ministre Michel Sapin, pour cette désarmante tentative de minimiser les manques gouvernementaux: «Quand on ne va pas assez loin, c'est déjà qu'on va quelque part». Son ex-collègue Arnaud Montebourg, que rien décidément n'arrête, pour son culot: «Je crois à un retour de Nicolas Sarkozy, mais menotté». Et le député UMP Henri Guaino, groupie sarkozyste, pour le comique involontaire de sa dévotion fayotte: «Si Nicolas Sarkozy n’avait pas été là, il n’y aurait plus de démocratie en France, en Europe et dans le monde».

03/09/2014

Un paradoxe ou l'autre

Déjà quasiment plus de «Paris Match» à la librairie du coin, ce matin. Alors qu'il n'était même pas 9h30. Idem au kiosque d'à côté, où la pile était déjà fameusement entamée. Tout indique donc que les Français vont se ruer sur l'hebdomadaire, qui publie les bonnes feuilles du livre que Valérie Trierweiler fait paraître demain, consacré à sa liaison avec François Hollande. Nul doute que cet ouvrage lui-même se vendra comme des petits pains. Tout comme, en janvier, il s'était écoulé plus de 600.000 exemplaires de l'édition du magazine «Closer» ayant publié les fameuses photos volées du Président et de la comédienne Julie Gayet.

Dans le même temps, et malgré ce succès public, les Français continueront probablement, dans les sondages et les médias, à prétendre avec aplomb que, non non, la vie privée de leur Président, et celle des personnalités en général, ne les intéresse pas.

Mais un autre paradoxe est au moins aussi saisissant. Ce déballage sur les secrets d'alcôve d'une liaison amoureuse est commis par la même personne qui, il n'y a pas si longtemps, a intenté des procès – et les a gagnés – pour atteinte à l'intimité de sa vie privée. Alors, certes, sur le principe, chacun a certainement le droit d'écrire sur sa vie, de coucher ses états d'âme sur papier, et de tenter de donner une portée littéraire à une romance. Mais, en l'occurrence, dans ce cas précis, force est de constater que la cohérence de la démarche n'est pas très aisée à cerner.

20/06/2014

Un succès confirmé

Une info légère, pour terminer la semaine en douceur. Mais légère uniquement dans son contenu informatif, pas dans son poids calorique.

Cela a été annoncé et confirmé cette semaine: un deuxième «Burger King» va ouvrir à Paris, le mois prochain. Cette enseigne de restauration rapide avait fait son grand retour dans la capitale française il y a six mois (relire ), après y avoir été absente pendant quinze ans. L'accueil fait à son établissement de la gare Saint-Lazare a été si bon que son chiffre d'affaires a dépassé toutes les prévisions. Dès lors, fin juillet, un deuxième ouvrira. Dans le parc de La Villette, cette fois.

Les hasards de l'actualité sont parfois féroces. Cette annonce survient précisément la semaine où ont été présentées les grandes orientations de la prochaine loi sur la santé. Qui envisage notamment que, sur tous les aliments vendus dans les magasins, et a fortiori les produits alimentaires industriels, soit apposée une signalétique informant clairement le consommateur de la qualité de ces produits, ou non, pour la santé.

L'histoire ne dit pas si les whoppers et autres burgers – qui, au minimum, n'ont aucun intérêt nutritionnel – seront concernés, ou pas, par cette réforme annoncée.

06/06/2014

Une mise au goût du jour

Paris, Transports, Métro, Sécurité, CommunicationUne fois n'est pas coutume, un sujet très léger. Pour bien terminer la semaine. Mais un sujet qui concerne tout de même une icône de Paris, dans son genre. Un petit personnage qui a été vu par des générations entières de bambins parisiens, et par au moins autant d'enfants de touristes venus du monde entier visiter la capitale française. On veut parler de Serge, le lapin de la RATP. Celui qui, en sticker sur toutes les portes des métros et des RER, depuis 1977, invite les mômes à prendre garde de ne pas s'y «faire pincer très fort».

Le lapin Serge a donc été relooké (ici). Sans doute était-il temps, lui qui ne l'avait plus été depuis 1986. Un concours a même été lancé () sur Facebook (quasi 100.000 «J'aime»!), pour élaborer la nouvelle légende qui accompagnera ce visuel plus moderne. Et, histoire d'être totalement dans le vent, Serge a ouvert un compte Twitter (https://twitter.com/SergeLapinRATP (@SergeLapinRATP), «pour dialoguer avec ses fans».

On n'arrête décidément jamais la modernité.

04/06/2014

«Un nouveau territoire»

C'est un hasard de l'actualité, mais il ne tombe pas mal. En ces jours où toute la France se passionne pour les identités régionales – à la faveur du fameux projet de redécoupage de l'Hexagone des Régions, qu'a esquissé François Hollande hier. Ce soir, la maire de Paris lance les premiers noms de domaine en .paris. Et elle n'est pas peu fière que la «Ville lumière» soit «l’une des toutes premières capitales au monde à pouvoir créer des adresses internet à son nom, dans le cadre d’un processus lancé en 2012 par l’ICANN». Les «pionniers» qui seront les premiers à disposer d'un site web dont l'adresse s'achève par un .paris «deviendront les ambassadeurs de Paris et participeront avec la Ville à la construction de ce nouveau territoire numérique» de demain.

Pourquoi pas. Mais l'identité régionale vaut-elle également pour une ville qui est si cosmopolite et mondialisée? Les Parisiens ont ils, eux aussi, le sens du terroir? Autant que les Auvergnats, les Bretons ou les Bourguignons? Alors que la majorité des habitants de la capitale ne sont pas des Parisiens de souche (issus de générations entières ayant vécu sans discontinuer dans cette ville), mais des ex-immigrés venus d'autres Régions – et qui, d'ailleurs, prennent souvent soin d'entretenir leurs racines non-parisiennes. On verra cela, notamment à l'aune du succès – ou pas – de ce nouveau nom de domaine si fièrement parigot.

En tout cas, le projet paraît moins passéiste et régionalo-franchouillard que celui qu'a réaffirmé hier, avec force, l'ineffable Geneviève de Fontenay qui, décidément, n'en rate pas une (relire ). Interrogée sur la nouvelle carte de France redessinée par François Hollande, la dame au chapeau a protesté. «Les gens sont attachés à leurs racines! Pourquoi il y a tant de monde qui veut venir en France? Parce que, justement, on a notre folklore, notre terroir, notre tradition. Nous, en tout cas, on continuera à faire des Miss Quercy, des Miss Centre-Val de Loire, des Miss Artois: ce qui fait la France!»

On n'est pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour les femmes modernes, du Quercy et d'ailleurs.

23/04/2014

Un business florissant

Paris, Société, Institutions, EconomieC'était il y a un an, jour pour jour. Le 23 avril 2013, après des mois de débats fiévreux et de manifestations d'anthologie, le Parlement français adoptait de manière solennelle et définitive le «mariage pour tous».

Un an plus tard, Paris est sur la première marche du podium des villes de France où le plus grand nombre de «mariages pour tous» sont célébrés. Dans la capitale, 15% de tous les noces conclues en mairies concernent des couples de même sexe, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Dans certains arrondissements, ce chiffre explose. Ainsi, il atteint 40% dans le quatrième arrondissement – et pour cause, il comprend le «Marais gay».

Dans ce quartier, les commerçants, depuis un an, se frottent les mains. En effet, la loi Taubira a accru encore un peu plus leur chiffre d'affaires, qui était déjà très florissant. Qu'il s'agisse des bijouteries (les alliances), des pâtisseries (les pièces montées), des agences de voyage (les voyages de noces) et même des librairies (les ouvrages sur l'homoparentalité, paraît-il, se vendent comme des petits pains, depuis avril 2013).

Le business «gay-friendly»: voilà au moins un pan de l'économie que François Hollande aura réussi à redresser, depuis son arrivée à l'Elysée.

Sans doute est-ce déjà cela.

21/02/2014

Un déséquilibre (un peu) moins criant

«Aux grands hommes: la patrie reconnaissante». Et les femmes? François Hollande a donc rempli sa promesse, et entendu la demande qui lui était faite – déjà évoquée, dans ce blog: relire ici ou . Parmi les quatre grands noms de la Résistance dont le chef de l'Etat confirme, ce vendredi, le prochain transfert au Panthéon, figurent deux femmes: Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion.

Ces femmes ont eu un parcours de vie si admirable que l'on peut considérer que, finalement, leur genre importe peu: est même assez accessoire, dans les motivations du processus qui conduira à ce qu'un hommage solennel leur soit rendu par la Nation.

Oui, mais non. A titre de symbole, il était important que, enfin, une panthéonisation face la part belle aux femmes. Pour donner un signe, pour lancer un mouvement. Etant entendu que n'est pas supportable – dans le message que cela renvoie aux Françaises – ce déséquilibre si flagrant existant dans le genre des personnalités reposant au Panthéon.

Au demeurant, il y a encore un fameux bout de chemin à faire. Puisque, après le transfert des cendres de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Germaine Tillion, l'institution ne comptera jamais que 4 femmes. Contre quelque 70 hommes.

31/01/2014

Un énorme succès

musées,culture,artsNe pas partir en week-end sans mentionner ce qui fut la bonne nouvelle de la semaine – il y en a peu, des bonnes nouvelles, en France en ce moment. Le Louvre Lens vient de franchir le cap du million de visiteurs. C'est donc une confirmation: ce qui apparaissait d'emblée (relire ici) comme une excellente idée s'est, de fait, transformé en énorme succès public.

Car un million de visiteurs accueillis en à peine plus d'un an, c'est très largement supérieur aux prévisions initiales. A l'origine, les concepteurs du projet tablaient sur un maximum de 700.000 visiteurs pour la première année, puis sur 500.000 pour les années suivantes: lorsque, passé l'effet de curiosité dû à la nouveauté, le musée adopterait un régime de croisière. Il s'agissait déjà d'objectifs ambitieux. En effet, aucun musée en dehors de Paris n'affiche de tels chiffres de fréquentation. Mais là, après cette première et si excellente année, le chiffre de 500.000 visiteurs annuels devrait être largement atteint, voire allègrement dépassé.

D'autant que, semaine après semaine, le succès ne se dément pas. Pour preuve, déjà plus de 40.000 personnes, soit bien plus qu'attendu, ont visité l'exposition en cours en ce moment (consacrée aux Etrusques), pourtant récemment inaugurée.

Bien.

14:30 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musées, culture, arts