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03/09/2012

Une nouvelle progression

De retour dans ce blog, et à Paris. Capitale qui, météorologiquement, a connu un été mi-figue, mi-raisin: le plus souvent radieux en août, assez pourri en juillet. Mais ce contraste n'a visiblement pas dissuadé les touristes du monde entier à, cet été encore, affluer en masse dans la «Ville lumière».

Au point qu'en cette rentrée, on se montre assez optimiste à l'office du tourisme de la capitale. Paris devrait finir l’année avec une nouvelle progression de la fréquentation touristique: de l'ordre de 1,5%. «Dans un contexte économique crispé, Paris demeure un bastion de résistance, en termes de fréquentation touristique», s'y félicite-t-on. Au premier semestre 2012, déjà, avec 7,8 millions d’arrivées hôtelières, la fréquentation touristique étrangère avait battu des records à Paris (+6% par rapport au 1er semestre 2011), alors qu'elle avait reculé sur l'ensemble de la France (-3%).

Ce sont les touristes des Proche et Moyen-Orients qui marquent la plus forte croissance (+19%). Ils sont suivis par les touristes américains (+14%) et asiatiques (+11%). Parmi ces derniers: les Chinois. Cet été, ils devraient confirmer leur position de nouveaux rois du shopping parisien. Selon les statistiques, le panier moyen du touriste chinois faisant les boutiques dans cette ville frise les 1500€ par jour. C'est moins que ce qu'y dépensent les grandes fortunes saoudiennes ou émiraties de passage dans la capitale, mais c'est beaucoup plus que le panier moyen du touriste brésilien, russe ou indien.

Ces excellents chiffres touristiques doivent, toutefois, être relativisés. En effet, le nouvel afflux de visiteurs ayant bénéficié à Paris cet été a découlé aussi, pour partie, de la dégringolade de l'euro sur le marché international des changes, due à la crise économique profonde qui frappe le vieux continent. Dans l'offre touristique internationale, cela rend les destinations européennes particulièrement compétitives pour les étrangers, et cela bénéficie bien sûr au premier chef à Paris, qui occupe traditionnellement le peloton de tête de ces destinations.

06/07/2012

Un indétrônable trio

paris,tourisme,economie,art de vivre,patrimoineUne note de saison, aujourd’hui: la première vague de départ en vacances débute ce soir. Et un trio décidément indétrônable, concernant le tourisme parisien: Notre-Dame, le Sacré-Coeur, le Louvre.

 

Les derniers chiffres en la matière, relatifs à la saison 2011, confirment à nouveau l’attrait que ces édifices représentent pour les touristes venus du monde entier. 13,6 millions de visiteurs pour la cathédrale, 10,5 millions pour la basilique, 8,9 millions pour le plus grand musée du monde. Ces trois lieux continuent d’occuper une place dominante, dans le palmarès des visites effectuées par les 28,2 millions de touristes dénombrés à Paris l’an dernier.

 

28,2 millions, cela fait encore 3% de plus que l’année auparavant. A l’échelle de la France, la croissance du tourisme est au rendez-vous également: 72,6 millions de visiteurs, au total (+2,5%).

 

Ces chiffres sont tout sauf anodins, dans le contexte économique très déprimé du moment. Représentant 7,1% du PIB de l’Hexagone, le tourisme y emploie 975.000 personnes. Rien que dans la capitale, ses 160.000 travailleurs constituent 13% de l’activité professionnelle totale.

 

Reste un petit problème, toutefois, que Paris, année après année, ne parvient pas à régler. La «Ville lumière» demeure plus que jamais la première destination touristique mondiale? Certes. Mais les montants qu’y dépensent les touristes restent proportionnellement moindres que ceux dont bénéficient plusieurs de ses grandes concurrentes internationales: Londres, New York ou Barcelone, par exemple.

20/06/2012

Un exemple, qui sait

Femmes, Immigration, Institutions, Elections législatives, ParisElle est jeune, brillante, belle. Elle vient de Paris. On trouve qu’elle est l'exemple le plus visible de ces nouveaux députés issus de l'immigration, qu'on évoquait hier dans ce blog. Mardi, jour de rentrée des parlementaires, elle deviendra la première, et l'unique, députée noire et d'origine africaine.

 

La socialiste Seybah Dagoma a été élue haut la main (70% des voix), dimanche à Paris. Fille d'immigrés tchadiens, née à Nantes il y a 34 ans, elle a grandi à Sarcelles – pas la banlieue la plus favorisée de Paris. Puis a gravi un à un les échelons. Jusqu'à devenir adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë: chargée de l'économie solidaire et sociale. Et avocate spécialisée en droit des affaires, dans un grand cabinet américain. Sa carrière professionnelle, elle va la mettre entre parenthèses ces cinq prochaines années, pour siéger à l'Assemblée.

 

Elle ne se reconnaît pas dans l'étiquette de représentante de «la diversité». Ne veut pas s'y laisser cantonner. Elle dit encore moins souhaiter «passer pour la nouvelle Rama Yade de gauche» – en référence à l'ex-secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme et aux Sports: icône ultra-métiatisée du sarkozysme jusqu'à sa disgrâce, puis sa rupture avec l'UMP. Seybah Dagoma, plutôt que de revendiquer une étiquette, veut contribuer à «mettre en place une politique de justice sociale, de progrès partagé et d'émancipation des individus».

 

L’anti-Rama Yade, Seybah Dagoma? Elle ne la ramène pas. A l’air d’être dans le registre de la modestie et de la retenue. Et dit qu’elle ne cherchera pas spécialement à attirer l’attention des médias. On verra. Qui sait, malgré tout, cette jeune femme pourrait-elle, ces prochaines années, devenir un exemple pour tant d’autres, en France.

31/05/2012

Une femme au sommet

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDécidément, c'est l'innovation en ce moment au sommet de l'Etat, en matière de rapports hommes-femmes. Le gouvernement Ayrault était déjà entré dans l'Histoire en devenant le premier de la Vème République à être rigoureusement paritaire. Dix jours plus tard, hier, a été annoncée qu'une femme allait être nommée à la tête d'un des corps policiers les plus prestigieux de l'Etat.

En l'occurrence, le Groupe de sécurité de la Présidence de la République (GSPR), qui regroupe les quelques dizaines d'agents d'élite chargés de la protection rapprochée du chef de l'Etat et des membres de sa famille. Il sera bientôt commandé par une femme. La commissaire divisionnaire dont question s'appelle Sophie Hatt. Mère de famille, quadragénaire, elle commandait il y a dix ans l'unité chargée de la protection du Premier ministre de l'époque: un certain Lionel Jospin.

A plusieurs sources, ce matin, l'on indiquait que l'ex-chef de gouvernement (1997-2002) avait personnellement recommandé au nouveau Président de lui confier le GSPR. C'est d'autant plus vraisemblable que Sophie Hatt, jadis, tira Lionel Jospin d'un très mauvais pas. C'était en 2000, lors d'un déplacement qu'il effectuait en Cisjordanie. A l'université de Biz Zeit, le Premier ministre socialiste avait été pris à partie, puis caillassé, par des centaines d'étudiants furieux des propos, peu adroits, qu'il avait tenus la veille, concernant le Hezbollah. A l'époque, à la télé, avaient fait sensation les images des gardes du corps de Lionel Jospin obligés de déployer autour de lui leurs mallettes en kevlar, pour le protéger des cailloux. Grâce au professionnalisme de Sophie Hatt, le Premier ministre avait pu être exfiltré sans le moindre dommage pour lui, et sans que ses gardes du corps doivent tirer le moindre coup de feu. La jeune femme, atteinte par des projectiles, avait été blessée au dos au cours de l'incident.

Institutions, Personnalités, Police, SécuritéDix ans après avoir veillé sur l'hôte de Matignon, là voici donc au sommet de la hiérarchie policière républicaine: en charge de la coordination de la protection de l'«homme normal» de l'Elysée.

Ces dernières années, déjà, une autre policière de choc avait innové, en devenant la première femme directrice centrale de la police judiciaire. Martine Monteil, c'est son nom, avait auparavant commandé la brigade de répression du proxénétisme à Paris, puis la brigade de répression du banditisme, et enfin la prestigieuse brigade criminelle. Autant de postes qui avaient toujours et exclusivement été occupés par des hommes.

Bien.

18/05/2012

Un progrès spectaculaire

gouvernement,femmes,activisme,personnalités«Belles, celles qui luttent», proclame un grand dessin bombé sur un mur de notre quartier du onzième arrondissement. Pendant la campagne présidentielle, les féministes avaient lutté pour la création d'un ministère des droits de la femme et pour la parité hommes-femmes au gouvernement. Elles ont doublement obtenu gain de cause.

En ce qui concerne la place des femmes dans l'équipe ministérielle, le progrès est même spectaculaire. Le gouvernement formé mercredi soir compte 17 hommes et 17 femmes. Dans sa dernière mouture, le gouvernement précédent (relire ici) comptait 24 hommes et 9 femmes.

Cependant des féministes toujours en lutte déplorent (ici) deux choses. Un seul maroquin régalien (la Justice) a été confié à une femme. Et on a vu «la reproduction du schéma consistant à confier aux femmes toujours le même type de portefeuilles (famille, personnes âgées, santé, etc.)». C'est une façon de voir les choses. L'autre est de constater qu'ont été confiées à des femmes certaines compétences qui, à en croire les sondages, correspondent aux préoccupations importantes de la population: le logement, l'environnement ou la lutte contre l'échec scolaire, par exemple.

Sinon, on peut remarquer que les premières polémiques concernant ce nouveau gouvernement visent toutes des ministres femmes.

Gouvernement, Femmes, Activisme, PersonnalitésL'écologiste Cécile Duflot, pour le jean qu'elle a osé porter au Conseil des ministres, hier (nous, on a du mal à s'en indigner). La radicale de gauche Christiane Taubira, pour son passé de militante indépendantiste (qui remonte à 30 ans: c'était en 1982). Et la socialiste Delphine Batho, pour son logement parisien à loyer modéré (dont elle est en train de déménager, a confirmé le Premier ministre, ce matin).

Trois ministres femmes aussitôt dans le collimateur: dès les premières 48 heures.

Mais sans doute n'est-ce qu'un hasard. Ou pas? On verra.

15/05/2012

Une nouvelle ère (?)

Elections présidentiellesAu revoir Sarkozy, bonjour Hollande. Si d'aventure et par extraordinaire cela vous avait échappé, la France change donc de Président, ce mardi.

Exit l'homme du «travailler plus pour gagner plus», qui célébrait «le vrai travail». Place à l'homme qui a promis de «réenchanter le rêve français».

En somme, comme le dit un slogan facétieux qu'on voit pas mal sur les murs de notre onzième arrondissement de Paris, on passerait du «Métro, boulot, dodo» au «Dodo, vélo, disco».

Pas sûr, cependant, que, vu le contexte économique et social actuel, en France et en Europe, l'on soit autorisé à prendre ses désirs pour des réalités.

06/02/2012

Une année faste

C'est un peu dur à écrire, alors que deux quotidiens («France Soir» et «La Tribune») viennent de disparaître des kiosques, mais, malgré tout, 2011 fut une année faste pour la presse quotidienne nationale (PQN) en France. Au passage, cela n'a pas l'air d'avoir été le cas en Belgique, où, si l'on se souvient bien d'une dépêche vue en coup de vent la semaine dernière, les chiffres relatifs à la diffusion payante des journaux ont, une fois de plus, été mauvais.

Dans l'Hexagone, en revanche, les quotidiens nationaux ont cessé de perdre des lecteurs (+0,04%). Dans le détail (voir ici ou ), cela donne +1,34% pour «Le Figaro», +2% pour «Le Monde», +3,3% pour «Les Echos», ou carrément +5,4% pour «Libération». L'autre jour, le directeur de ce journal, Nicolas Demorand, y est allé d'un cocorico (ici). Selon lui, cela indique «qu’il n’y a pas de fatalité. Qu’un titre de presse peut reconquérir des lecteurs, sur tous les supports. Qu’il peut faire entendre sa voix dans un paysage médiatique saturé».

En tout cas, cela indique qu'en 2011, l'actu a été porteuse pour la «grande presse». Ainsi, c'est la saga DSK qui a permis à «Libé» de réaliser ses dix meilleurs ventes de l'année. Au-delà de cette rocambolesque affaire et rien qu'au plan franco-français – sans rappeler donc les révolutions arabes, la crise mondiale, etc – l'an dernier, l'actu chaude, ici, n'a pas arrêté. Le «Karachigate», les procès Chirac et Villepin, l'«affaire Bettencourt-Woerth», la libération des deux journalistes otages des talibans, les élections cantonales, les déboires tunisiens de Michèle Alliot-Marie, le scandale sanitaire du «Mediator», les primaires socialistes, etc, etc.

Bref, les journalistes PQN de France n'ont pas arrêté, l'an dernier. Le public a suivi, donc. Tant mieux (pour eux); quitte à bosser...

09/11/2011

Une libéra(lisa)tion

30 ans. Ce mercredi, cela fait exactement trente ans qu'a été signée, le 9 novembre 1981, la grande loi ayant mis fin au monopole d'Etat sur la radiodiffusion en France. Trente ans donc, jour pour jour, de libéra(lisa)tion de la bande FM.

Cela paraît tout bête aujourd'hui, mais, à l'époque, cela avait été un sacré chambardement. A la fin des années 70, en effet, chaque irruption sur les ondes, sans autorisation, d'une radio privée – qu'on appelait alors «radio pirate» – mettait l'Etat en fureur. Pour la petite histoire, et pour nos lecteurs les plus jeunes, les écologistes avaient été parmi les premiers à enfreindre le sacrosaint monopole, avec leur «Radio verte». Et, avant de devenir Président, François Mitterrand en personne avait joué les forbans radiophoniques: au titre de premier secrétaire du PS, avec «Radio Riposte», «la radio des socialistes».

Assez curieusement ce matin, trente ans donc après le Jour J, on n'a pas entendu la moindre radio commémorer cette libéralisation. Qui, en termes quantitatifs en tout cas – en termes qualitatifs, c'est plus discutable, trouve-t-on – est un vrai succès. En effet, la bande FM est plus que jamais plébiscitée dans l'Hexagone: plus la moindre de ses 6 000 fréquences n'est disponible, et pas moins de 43 millions de Français l'écoutent chaque jour.

14/10/2011

Un lot de consolation?

Comment et dans quelle mesure les présidentiables socialistes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire campagne et faire du buzz autour d'eux? Une étude a été consacrée à ce sujet. Même si elle n'aborde cette primaire que par le petit bout, techno, de la lorgnette, elle vient bien à point, trouve-t-on, pour achever la séquence socialiste de ce blog, cette semaine.

 

On y découvre que, sur Twitter, Martine Aubry l'emporte en termes de popularité. Qui, sur ce média, «est calculée à partir du nombre de followers, de reprise dans des listes et le nombre d'abonnés à ces listes». Elle est huit points devant Ségolène Royal, qui elle-même devance d'un point François Hollande. Martine Aubry est de nouveau sur la première marche du podium en termes d'influence: variable calculée «à partir du nombre de followers, de reprise (RT) et de la capacité à démarrer des conversations». Là, elle devance Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. En tête toujours, Aubry (devant cette fois François Hollande Hollande et Ségolène Royal) en ce qui concerne l'engagement, «calculé à partir du nombre de tweet, de réponses aux followers et du ratio followers/réponses». La rivale de François Hollande ne cède sa première place (à Arnaud Montebourg) qu'en ce qui concerne la confiance, «calculée à partir du nombre de retweet (RT), du nombre de mentions (via @)».

 

Conclusion ? «Le team Aubry est celui qui a le mieux utilisé la toile et qui ressort en tête de presque tous les critères de l'influence. A noter notamment l'indice de popularité qui est très nettement supérieur à ceux de ses concurrents: sans doute le résultat de sa position de leader de l'opposition de fait et ancienne secrétaire générale du PS. Elle focalise, à ce titre, l'attention, et la suivre devient une sorte de passage obligé».

 

Le succès sur les réseaux sociaux ne se traduisant pas forcément dans la vraie vie, tout cela, bien sûr, n'assure ni n'annonce d'office la victoire de Martine Aubry dimanche: au second tour de cette primaire, où elle affronte François Hollande. Mais au moins, pour elle, cela constituera-t-il, probablement, un lot de consolation.

 

PS: Et puis aussi, si vous êtes branchés réseaux sociaux, cette autre étude, elle consacrée à Facebook. Elle analyse l'impact, pour les présidentiables socialistes, de leur participation aux débats télé: sur leur compte Facebook, etc.

22/09/2011

Une idée farce

paris,patrimoine,histoire,luxe,jolyOn la trouve drôle, parfois, Eva Joly. Dans «Le Monde» d’hier soir, la candidate écologiste à la présidentielle de 2012 y est allée d'une petite idée révolutionnaire assez farce, concernant un des lieux emblématiques du patrimoine parisien. A savoir, l'Hôtel de la Marine: l’imposant bâtiment à colonnade qui borde tout le côté nord de la place de la Concorde.

 

A l'horizon 2014, l'édifice sera vidé par la Défense nationale. Aux projets de réaffectation chics, chocs, voire snobs circulant dans le tout-Paris en ce moment, Eva Joly préfère, carrément, ... un Musée de la Révolution. A ses yeux, ce serait une manière, «en accord avec les idéaux des Lumières, (de) retrouver l'esprit de fête de la Révolution, pour créer un nouvel espoir d'émancipation et un nouvel horizon pour notre pays». A ses yeux, pourraient notamment y être transférées les «25 000 pièces relatives à cette époque, qui se trouvent conservées, loin des yeux du public, dans les réserves du Musée Carnavalet».

 

Iconoclaste? Pas du tout, selon Eva Joly. Pour qui, ce qui relèverait de «l'outrage» et «du mauvais goût», ce serait, au contraire, de faire de cet Hôtel de la Marine «un palace pour privilégiés». Etant donné que ce bâtiment «regarde la place de la Concorde, ancienne place Royale, qui fut l'un des hauts lieux de la Révolution française: symbole tout à la fois des excès de la Terreur et de la rupture fondatrice que constitua 1789 dans l'histoire nationale».

 

paris,patrimoine,histoire,luxe,jolyTout de même. Célébrer l'esprit révolutionnaire dans ce haut lieu du grand luxe qu'est la place de la Concorde – où se situe aussi, faut-il le rappeler, le si select l'Hôtel de Crillon, un des palaces les plus chers de Paris –; rien que l'idée risque de faire tousser, en haut lieu.

 

Vénérer les sans-culottes dans cet Hôtel de la Marine qui, jadis, fut le garde-meuble de la Couronne; le Premier ministre François Fillon risque encore d'accuser l'écologiste franco-norvégienne de n'être qu'une espèce de sous-Française manquant totalement de culture et d'identité nationales.

16/09/2011

Une (double) modernisation

gouvernement,technologie,internationalLa haute administration française qui se met au goût du jour, suite. Au début de l'année , Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, avait invité ses concitoyens à voyager (informatiquement) avec elle dans les nuages (relire ici). A présent, c'est au tour des Affaires étrangères de choyer «les mobinautes», comme il dit. Après Twitter et Facebook, le vénérable quai d'Orsay «arrive sur Foursquare, réseau social de micro-blogging basé sur la géolocalisation». A l’adresse foursquare.com/francediplo, l'on trouvera des «conseils pratiques selon la localisation de l’utilisateur»: recommandations aux voyageurs, coordonnées d'ambassades et de consulats, etc. Trop chouette.

 

On trouve que, pour rendre ce nouveau techno-gadget encore plus utile et attractif, les Affaires étrangères devraient l'alimenter avec les exploits de l'inénarrable Boris Boillon.

 

L'hiver dernier, ce jeune et fringant ambassadeur de France, proche de Nicolas Sarkozy, avait fait sensation. A peine nommé en Tunisie, il avait dû présenter ses excuses pour avoir publiquement rudoyé une journaliste de ce pays. Ensuite, on avait pu admirer sa plastique irréprochable grâce à une photo de lui en maillot de bain figurant sur sa page «Copains d'avant». A présent, voilà qu'il a les honneurs du «magazine people des Tunisiens»: Tunivisions. Ni speedo ni biscottos, mais un titre sublime («Le James Bond de la diplomatie»), une accroche mémorable («My name is Boillon, Boris Boillon!»), et une photo amenée à devenir mythique (le montrant posant à la manière du célèbre espion 007). Cela aussi, c’est une fameuse modernisation de la vénérable diplomatie française.

 

gouvernement,technologie,international«Boris Boillon pose façon James Bond dans le magazine people Tunivisions. Cela correspond-il à une nouvelle méthode de communication des ambassadeurs de France?» C'est la question qu'a posée, hier, un téméraire confrère au briefing de presse du porte-parole des Affaires étrangères. «Il s’agit d’un choix d’illustration photographique d’un magazine tunisien, qui consacre une édition aux relations franco-tunisiennes», a sobrement répondu le porte-silence.

 

C'est petit bras, comme commentaire. En ces temps de crise, les Français ont besoin de rêves. Fi donc de l'avarice de compliments. Boris Boillon, c'est le Roger Moore de Nicolas Sarkozy, c'est Daniel Craig from Paris.

02/08/2011

Un joli coup de com'

C'est LA grosse nouvelle de cet été 2011 en France, à en juger à l'incroyable écho qu'elle a eu ces quinze derniers jours dans les médias, ici. On veut parler du passage de 11 à 17 euros du montant de l'amende pour stationnement impayé ou irrégulier. Cette majoration est entrée en vigueur lundi; cela faisait un quart de siècle que la contredanse n'avait pas augmenté. Cette mauvaise nouvelle pour des millions d'automobilistes a donné une idée assez farce de campagne de com' aux... producteurs de prunes!

Car, il fallait y penser: dans le langage courant, en français de France en tout cas – en français de Belgique, on ne se souvient plus trop, mais on ne croit pas –, les amendes de stationnement sont rebaptisées des «prunes». Du coup, les producteurs de ces fruits ont sauté sur l'occasion pour faire la pub de leurs produits. Comment? Jusqu'au 30 septembre, ils proposent tout simplement... le remboursement des PV de stationnement! Il suffit d'aller sur la page dédiée de leur site web, qui proclame d'ailleurs fièrement: «Chaque jour, la Prune de nos terroirs rembourse 3 PV». Là, l'automobiliste verbalisé répond à un petit quizz sur ces fruits. S'il obtient cinq bonnes réponses et est tiré au sort, les producteurs français de Reine-Claude, de Quetsche ou de mirabelles lui envoient un virement correspondant au montant de son amende.

Bravo aux pubards qui ont conçu cette campagne de com': rien qu'au vu du retentissement médiatique qu'elle a eu ces derniers jours, elle est un succès. Qui sait la popularité probable d'une telle initiative auprès des automobilistes se répercutera-t-elle même, cet été, sur les chiffres de vente de cette filière agricole – l'Hexagone produit chaque année, singulièrement dans le Sud-Ouest, 75 000 tonnes de prunes, ce qui n'est tout de même pas rien.

28/07/2011

Un pastiche

MasTacsignature.jpgCe doit être la rançon de la gloire. Cela concerne Miss.Tic: l'artiste dont on parlait il y a deux jours, qui a participé à la confection du nouveau pochoir géant du quartier Beaubourg. Miss.Tic: la papesse du Street Art parisien, dont les pochoirs de jolies jeunes femmes délurées, aux petites réflexions spirituelles et décalées, font la pluie et le beau temps dans les rues ici, depuis le milieu des années 80. La rançon de la gloire? Miss.Tic a désormais un pastiche.

On en avait déjà entendu parler, mais on ne l'avait encore jamais constaté de visu: sur un mur ou l'autre, dans la ville. C'est désormais chose faite. L'autre soir, en effet, de retour du bureau, flânant le nez en l'air dans une ruelle de notre onzième arrondissement, on est tombé sur la soeur jumelle revendiquée de Miss.Tic: la délicieusement dénommée... Mass.Toc.

Le style des pochoirs signés Mass.Toc rappelle tant ceux de Miss.Tic qu'au début, on s'est demandé si ce n'était pas une auto-parodie de l'intéressée.

Un énième produit dérivé, en quelque sorte, imaginé par une artiste qui en a déjà tant (des fournitures scolaires à la maroquinerie, en passant par la lingerie). Une dernière trouvaille marketing d'une miss née dans la rue certes, mais à présent si institutionnalisée qu'elle figure sur des timbres-poste, est exposée dans les galeries de Saint-Germain des Prés (relire ici), ou sert d'identité visuelle à une marque de voitures de location.

masTacgrosse.jpgMass.Toc n'en est pas encore là, en termes de reconnaissance. Ses silhouettes, il est vrai, loin des sylphides de Miss.Tic, renvoient plutôt à... Beth Ditto, la gironde (et épatante) chanteuse de Gossip. Mais elles aussi aiment les jeux de mots en forme de clin d'oeil: «J'assure en chair», proclamait la dame aux formes généreuses le soir où on l'a croisée, sur son mur carrelé.

Mass.Toc: une critique de la plastique toujours si irréprochable des femmes de Miss.Tic? On lui souhaite, en tout cas, longue vie à elle aussi. Il n'y a pas de raison, trouve-t-on, que l'accès aux murs de Paris soit réservé à un certain tour de taille.

11:38 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arts, culture, femmes

24/06/2011

Une distinction

medaille.jpgUn peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Et car il est plus que temps d'en parler, s'agissant d'un prix qui a été décerné à Paris il y a quatre jours déjà – soit il y a une éternité, au rythme effréné où se déroule l'actualité. La distinction en question, c'est le «Prix Humour et Politique» millésime 2011, prix dont on a déjà parlé dans ce blog auparavant (voir ici, , ou encore ).

Cette année, c'est l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius qui a été récompensé. Pour ce commentaire à propos de la Tontonmania ayant entouré la commémoration, le 10 mai dernier, des 30 ans de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée: «Mitterrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’espoir pour beaucoup d’entre nous…».

Pas mal, en effet.

Parmi les quinze perles, volontaires ou non, qui avaient été présélectionnées par le jury, on aimait assez celle du porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur son ex-collègue MAM alors en plein scandale à propos de ses vacances tunisiennes: «Michèle Alliot-Marie conserve toute sa légitimité à Saint-Jean-de-Luz» (la circonscription basque de l'intéressée). Ou cette métaphore naturaliste, si mignonne, de François Bayrou: «Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles: elles sautent dans tous les sens». De même que ce constat de Gabriel Cohn-Bendit, le frère de Dany l'écologiste: «Les Verts sont capables du meilleur comme du pire; mais c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs». Mais, aurait-on fait partie du jury que peut-être aurait-on récompensé, ex-aequo avec Laurent Fabius, l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, pour sa réflexion amère mais si lucide, dans ce monde impitoyable qu'est la courtisanerie politique: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».

Encore bravo à tous. Et merci: en politique, en France comme ailleurs, mais en France particulièrement ces derniers temps, on a si peu l'occasion de (sou)rire.

01/06/2011

Une victoire

BANANIA.jpgOn avait évoqué cela dans ce blog (ici), à l'époque: la plainte en justice déposée par l'association antiraciste MRAP contre la société Nutrimaine, qui commercialise en France la boisson chocolatée Banania. Une plainte contre le visuel du tirailleur sénégalais figurant sur les produits de cette marque, et contre son slogan: «Y’a bon Banania». Pour le MRAP, tous deux véhiculent une image du Noir tellement caricaturale et stéréotypée qu'elle en devient «contraire aux principes de respect de la dignité humaine». Si on en reparle à présent, c'est parce que du neuf est intervenu dans cette procédure, dernièrement.

 

En effet, alors qu'elle avait été déboutée en première instance, l'association a récemment obtenu gain de cause en appel. La justice a enjoint Nutrimaine, sous peine d'astreintes, de «faire cesser, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention «Y'a bon» seule ainsi que la mention «Y’a bon» accompagnée de la marque Banania et/ou un personnage de couleur noire ». Le MRAP a salué un arrêt «historique». .

 

Eric Zemmour et ses amis vont encore hurler au «politiquement correct»...

25/05/2011

Une «réalité méconnue»

Audrey Pulvar, Florence Foresti, Gisèle Halimi, Clémentine Autain, Virginie Despentes, Christine Ockrent, Isabelle Alonso et quelque 23.000 personnes ont déjà signé l'appel lancé samedi par plusieurs associations féministes. Le texte s'intitule «Sexisme: ils se lâchent, les femmes trinquent». Et se veut une réaction «au déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques» à la suite de l'«affaire DSK».

Les signataires de ce manifeste disent avoir constaté, ces derniers jours, «un florilège de remarques sexistes». Du «il n’y a pas mort d’homme» au «troussage de domestique» – on en parlait l'autre jour dans ce blog – «en passant par «c’est un tort d’aimer les femmes?», ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent» ont été «largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux». Selon eux, un tel déferlement consacre une «fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires».

Ces tirades ne posent pas pour seul problème de faire «apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes». Elles tendent aussi «à minimiser la gravité du viol», à «en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage». Dès lors, elles «envoient un message simple aux victimes présentes et futures: «Ne portez pas plainte».

75.000 femmes sont violées chaque année en France. 75.000. Ce qui fait plus de 200 viols chaque jour – sans compter, sans doute, tous les viols qui ne sont pas suivis d'un dépôt de plainte. Pour les signataires de cet appel, le déferlement de sexisme auquel a donné lieu «l'affaire DSK » illustre «à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue». Méconnue notamment «de la part d’élites qui prétendent diriger notre société», ce qui «est particulièrement inquiétant».

23/05/2011

Une excellente affaire

Les médias français tardent, non pas à tourner la page de l'«affaire DSK » – comment le pourraient-ils? Elle est retentissante et ne fait que commencer – , mais, du moins, à revenir à un traitement rédactionnel quantitativement normal de cette actualité. Dimanche soir, c'était vraiment flagrant.

Ce week-end n'a pas apporté beaucoup d'éléments factuels fondamentalement neufs, dans cette affaire. Hier, néanmoins, les JT de 20 Heures en ont à nouveau fait des tonnes à son propos. La palme est revenue au 20 Heures de TF1. Qui a consacré 4 minutes – soit une éternité, dans la conduite ultra-minutée d'un JT – à un rappel en images de cette affaire. Alors que, si récente, elle est bien sûr toute fraîche encore dans la mémoire du public. La séquence n'apprenait strictement rien de neuf: faite d'images et de commentaires déjà servis tant de fois aux téléspectateurs ces derniers jours. Mais elle a sans doute permis à TF1 de garder pendant quelques précieuses minutes supplémentaires pas mal de téléspectateurs devant le petit écran.

Car, comme on le pressentait dans ce blog dès lundi dernier, le «cas DSK» est évidemment une aubaine pour les médias. Et ils ont bien cela à l'esprit, au moment de déterminer leurs choix rédactionnels.

Dès le lendemain de l'arrestation de l'ex-patron du FMI, les quotidiens français ont vu s'envoler leurs ventes au numéro: +93% pour «Libération», par exemple. Les sites web d'information ont enregistré des records de fréquentation: ainsi, 12 millions de pages vues (deux fois plus que d'habitude) en une seule journée sur lefigaro.fr. Le soir où la chaîne d'info continue BFMTV a retransmis en direct l'audience du tribunal new-yorkais amené à statuer sur la remise en liberté provisoire de l'intéressé, elle a été regardée par plus d'1 million de téléspectateurs: deux fois plus qu'habituellement à cet horaire. Le même engouement a profité aux JT des télés traditionnelles: les premiers jours du scandale, les 20 Heures de TF1 comme ceux de France 2 ont gagné chacun un million de téléspectateurs supplémentaires.

C'est enfoncer des portes ouvertes que de le rappeler, mais sans doute cela ne fait-il jamais de mal non plus: les entreprises du secteur des médias ne sont pas des philanthropes. Comme toutes les autres sociétés, elles veulent et doivent au minimum être rentables, au mieux faire des profits. Dès lors, en période d'actu chaude comme aujourd'hui, l'info, plus que jamais, c'est, aussi, du business.

18/05/2011

Un défoulement

ALAFOLIE.jpgCe matin enfin, on a eu/pris/ le temps d'aller traîner un peu sur le net, pour voir ce qu'il s'y disait sur cette fameuse «affaire DSK». Et on n'a pas été surpris de constater que, trois jours plus tard, c'y était toujours la folie. Folie des plaisanteries grivoises, des pastiches, des chansons, des jeux de mots, parodies, complots ou autres moqueries à deux balles. Du genre, et pour s'en tenir à ce qui est mentionnable dans un tel blog: «La débandade», «DSK dans de sales draps», «Il a cassé sa pipe», «Le festival de Kahn» ou «Dominique nique nique»...

Il y a sans doute plusieurs lectures possibles à ce défoulement planétaire.

La première est lénifiante. Ce défoulement n'illustre jamais qu'un certain côté potache d'internet, auquel il ne faut pas prêter plus d'attention ni accorder plus d'importance que cela.

La deuxième lecture est plus psychologisante. On ne cesse de l'entendre et de le lire dans les médias français, depuis trois jours: cette «affaire DSK», si hors-norme, si spectaculaire, si inattendue et si violente dans sa représentation visuelle, a de quoi créer, en France singulièrement, «un traumatisme». Rien que par la symbolique, ce n'est tout de même pas rien de voir quelqu'un passer, du jour au lendemain, du statut d'ex-futur Président à celui de prisonnier le plus célèbre de la planète. Vu sous cet angle, ce défoulement généralisé sur la toile permettrait, pour certains, d'évacuer le traumatisme. Il aurait valeur et fonction d'exutoire. Tourner en dérision un événement permet de le dédramatiser, de se sentir moins touché par lui, de se rassurer.

Troisième lecture possible à ce défoulement généralisé, elle carrément déprimante. Par nature, l'être humain est mauvais, moqueur, méchant. Il saisit la moindre occasion qui se présente pour déverser son fiel. Chez l'homme, le cynisme l'emporte, par nature, sur la compassion.

clownbis.jpgIl y a des moments où on regrette (un peu) de n'être que journaliste. Et pas psy ou sociologue, ce qui nous aurait permis d'appréhender plus finement ce phénomène. Mais pourquoi donc un tel défoulement? Là, franchement, on ne sait pas.

Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'internet n'est pas l'unique média servant de défouloir. Depuis dimanche, les plaisanteries graveleuses – ou comiques, c'est selon – circulent y compris dans les médias traditionnels et les rédactions des journaux les plus respectables. Les journalistes sont des êtres humains comme les autres.

12/05/2011

Une appli, ou l'autre

appli.jpgOn parlait avant-hier de l'appli iphone assez farce lancée par le Parti socialiste pour le trentième anniversaire de l'accession de François Mitterrand à l'Elysée, le 10 mai 1981. A Paris, depuis un petit temps déjà, deux autres applications pour smartphone, n'ayant elles rien de politique, suscitent un gros débat.

La première a été baptisée du doux nom de «Stop-pervenches». Ainsi que l'on surnomme en France les contractuel(le)s qui verbalisent les automobilistes mal stationnés. Cette appli permet de consulter et de signaler en temps réel la localisation de ces agents. Histoire de donner toutes les chances aux possesseurs de smartphones d'éviter d'être verbalisés. Pour maximiser ses chances d'éviter un PV, on peut même enregistrer le lieu où sa voiture est stationnée et recevoir sur son téléphone une alerte dès qu'une «pervenche» est dans le voisinage. Les syndicats de la préfecture de police ont dénoncé ce dispositif, et demandé au préfet de police d'intervenir. Selon la CFDT-Préfecture, «cela risque de se retourner doublement contre les agents. D'une part, cela va diminuer leur rendement de PV, et ils vont donc s'exposer à des sanctions disciplinaires de la part de leur hiérarchie. D'autre part, c'est vraiment donner un bâton pour se faire battre: cela ne peut qu'accroître l'agressivité des automobilistes verbalisés envers nos agents. Qui, déjà, dans leur travail quotidien, sont de plus en plus fréquemment confrontés à des atteintes à leur intégrité physique».

La deuxième appli controversée concerne les transports publics parisiens. Cette fois, il s'agissait d'une application Android permettant aux usagers de la RATP de diffuser, sur un site (baptisé «Incidents-RATP») ou via Twitter, les problèmes qu'ils rencontraient sur les lignes de métro, bus et RER. Le particulier à l'origine de cette initiative a été sommé par la RATP d'y mettre fin. La société de transports a avancé que des informations erronées pouvaient être diffusées par ce média. Et a invoqué la violation de ses droits de propriété intellectuelle qu'entraînerait l'utilisation du sigle RATP par quelqu'un d'extérieur à la société, n'ayant donc pas droit à ce faire. Mais rien que le buzz autour de cette réaction de la société de transports a eu pour effet de faire exploser le nombre d'utilisateurs de ce site. Qui, en une seule journée, est passé de 1800 à 4000 visites. Et, depuis, des applis mobile autrement dénommées ont pris le relais. Enfin, comme pour les «pervenches», certaines permettent de localiser la présence, dans le réseau, des équipes de contrôleurs chargés de verbaliser les usagers en défaut de titre de transport...

03/05/2011

Un gros business

HULOT.jpgLes élections présidentielles de 2012, un gros business: on en parlait hier. Elles constitueront aussi une affaire en or pour les instituts de sondages – la France n'est pas pour rien le pays au monde qui produit et consomme chaque année le plus grand nombre de sondages à caractère politique. Dès à présent, d'ailleurs, cette folie sondagière ne nous épargne rien. On en a encore eu l'illustration l'autre jour, avec cette enquête d'opinions qu'on trouve d'un niveau assez consternant.

La question? «Avec quel leader politique partiriez-vous en vacances?» L'intérêt avancé? Mesurer, «sous un angle décalé, l’intérêt que suscitent les personnalités politiques auprès des Français». L'objectif commercial probable derrière tout cela? De la pub en masse pour le commanditaire de ce sondage: un site de voyages en ligne, qui, grâce à cette enquête, a vu sa marque citée à chacune des innombrables reprises médiatiques de ce sondage.

Pour ceux que cela intéresse, Nicolas Hulot domine le palmarès des «vacanciables» politiques pour «un trek au bout du monde» ou «un safari en Afrique». Nicolas Sarkozy, en revanche, n'apparaît qu'en quatorzième position des personnalités citées par les sondés. Et Dominique Strauss-Kahn n'est pas mal placé pour les mini-trips urbains culturels et branchés.

Pour arriver à ces données si passionnantes, «1 050 internautes âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française internaute (critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région, source Insee)» ont été dérangés. Et ont donc été priés de donner leur avis sur une question aussi idiote (la mission des dirigeants politiques n'étant pas précisément d'être de bons compagnons de voyage) que virtuelle (aucun répondant ne bronzera évidemment jamais sur le yacht du milliardaire Bolloré en compagnie de Nicolas et Carla Sarkozy).

Plus intéressant aurait sans doute été de venir avec un sondage montrant que cet été encore, près d'un Français sur deux n'aura pas les moyens de partir en vacances. Mais cela aurait été moins glamour, moins fun et donc moins vendable – cela aurait fait moins de buzz, comme on dit.

Business is business.

(*)Pas trop désireux de rajouter encore de la pub à la pub, une fois n'est pas coutume, aucun lien dans cette note ne dirige vers ladite «enquête». Mais les lecteurs que cela passionne ne devront sans doute par chercher longtemps avant de trouver par eux-mêmes, sur le net, ses résultats.