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05/02/2014

Une sécurité, décontractée

Une partie de la journée d'hier passée à la Cour d'assises de Paris. Où s'est ouvert le premier procès tenu en France d'un Rwandais présumé complice de génocide et de crimes contre l'humanité.

C'est complètement périphérique par rapport au caractère historique de ce procès, c'est même certainement très anecdotique, mais ne nous a pas échappé le fait que, pas une fois au cours de la journée, pendant nos déambulations dans le Palais de justice, nos affaires n'ont été contrôlées. Et pas une fois on n'a dû passer par un portique de sécurité.

Alors, certes, après avoir (très) vaguement montré patte blanche, on a bénéficié des accès au Palais qui sont réservés aux «professionnels» (magistrats, avocats, greffiers, journalistes, etc.), auxquels n'a pas droit le grand public. Mais tout de même: aurait-on été animé de noirs desseins qu'on aurait pu, sans le moindre problème, dans cette salle d'audiences de Cour d'assises, sortir de notre sac un couteau, une arme ou un pain de plastic.

On a été ravi, pendant toute la journée, du temps que nous a permis d'épargner ce dispositif de sécurité si décontracté. En y repensant, toutefois, on s'est demandé s'il n'avait tout de même pas été un peu léger.

04/02/2014

Une tradition, en péril?

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacCe mardi, François Hollande présente un grand plan anti-cancer. A deux mois des élections municipales, l'on peut a priori douter que ce plan s'attaque frontalement au lobby du tabac, à la corporation des buralistes, et à l'électorat fumeur. En revanche, s'agissant d'une autre assuétude, l'alcool, les autorités semblent moins timorées. En témoigne le dernier plan gouvernemental en date, visant à combattre «les drogues et les conduites addictives». Ce plan, présenté fin janvier, est passé assez inaperçu médiatiquement, alors qu'il contient quelques mesures très symboliques.

Ainsi, cette ambition affichée de lutter contre l'alcool au bureau. Qui, à terme, pourrait menacer une tradition bien française: celle du pot entre collègues (pot de départ à la retraite, etc.). Le plan prévoit de modifier l'article du Code du travail relatif à l’alcool en milieu professionnel. Cette modification viserait à «permettre aux entreprises de mettre en place, via le règlement intérieur, des mesures de limitation de consommation de boissons alcoolisées».

Actuellement, cet article du Code se limite à stipuler qu'«aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n'est autorisée sur le lieu de travail». Dès lors, y sont théoriquement illégaux les habituels pots d'entreprise autour d'un (mauvais) mousseux, et encore plus les pots de fin d'année où, pas rarement, sont servis des alcools forts. Demain, donc, on pourrait serrer la vis, à la fois dans les textes et dans la pratique. Et, in fine, en arriver à ne plus tolérer la moindre goutte d'alcool sur le lieu de travail, y compris lors des festivités conviviales? On a quelques doutes.

Santé, Art de vivre, Social, Folklore, Gouvernement, TabacAuquel cas, cela ne remontererait pas le moral des Français – moral si bas, en ce moment: on l'écrivait hier. Puisque, c'est bien connu, faire la fête permet d'oublier (un peu).

Mais au moins cela ferait-il le bonheur des tenanciers de bistrots, lieux où migreraient illico toutes les fêtes de bureau.

03/02/2014

Un moral pas folichon

Lecteurs et lectrices de ce blog, si vous êtes Français(e) et n'avez pas trop le moral, en ce moment, vous êtes parfaitement en accord avec l'humeur ambiante. Qui, effectivement, est à la morosité. Vient de le confirmer la dernière édition en date du «Baromètre du moral des Français» – oui, cela existe (voir ici).

Près de sept sondés sur dix (69%), carrément, s'y déclarent pessimistes sur «l'avenir de la société française». Les femmes, les âgés, les classes populaires et les électeurs de droite sont proportionnellement moins enclins à l'optimisme que les sondés masculins, les jeunes, les catégories socio-professionnnelles plus élevées, et les électeurs de gauche. En ce qui concerne leur état d'esprit relatif à leur avenir personnel, les pessimistes (+9 points par rapport à décembre) sont désormais aussi nombreux que les optimistes (-8). Jamais, depuis la création de ce baromètre, il y a trois ans, les niveaux d’optimisme et de pessimisme n'avaient ainsi atteint le même score.

Commentaire de l'institut CSA: «Alors que les raisons expliquant les différentes variations du moral des Français étaient particulièrement diffuses au cours des dernières vagues et ne reposaient pas nécessairement sur un événement en particulier, mais davantage sur un contexte général morose, suscitant un sentiment de désarroi général, ce mois-ci, un événement en particulier est cité à de très nombreuses reprises par les personnes interrogées, pour justifier leur état d’esprit: la hausse du chômage». De même, la «chute plus abrupte» du moral des Français en ce qui concerne leur avenir personnel «s’explique surtout, ce mois-ci, par la forte influence du contexte économique national». Et la baisse est «générale dans l’ensemble des catégories sociales, de manière sensiblement égale».

Qu'ajouter à cela? Que ça va aller. Ou, en tout cas, que c'est sans doute ce qu'il faut se dire, dans un tel climat.

30/01/2014

Un label, là aussi

C'est la préfecture de police de Paris qui nous l'apprend: la France, qui a toujours raffolé des normes, des certifications et des labels, a étendu jusqu'aux... commissariats de police l'application d'une de ces certifications. Dernièrement, ce «label Marianne», ainsi qu'il a été baptisé, a été décerné à la direction de la sécurité de proximité de Paris. La préfecture est aux anges: «C'est la première fois qu'une direction active de police est ainsi labellisée. Au total, ce sont 45 services de police parisiens qui ont été distingués pour la qualité de leur accueil».

Ce label, en effet, se veut «une reconnaissance de la qualité de l’accueil du public». Il est valable trois ans, et se décline en 19 engagements. Ceux-ci visent cinq grands objectifs: faciliter l’accès des usagers, accueillir les usagers «de façon attentive et courtoise», donner aux demandes «une réponse compréhensible» et «dans un délai annoncé», donner une réponse systématique aux réclamations, et «être à l’écoute des usagers, pour progresser». Concrètement, les 45 sites policiers de Paris désormais labellisés s’engagent à offrir au public «un accueil de qualité, dans des locaux plus conviviaux et qui favorisent la confidentialité, tout en simplifiant les demandes administratives».

Pourquoi pas.

En une dizaine d'années de vie à Paris, on n'a pas accumulé un grand vécu des commissariats de cette ville, donc on n'a aucune expertise en la matière. En revanche, on se souvient bien que, chaque fois qu'on a franchi les portes d'un commissariat, cela a pris des heures avant d'en resortir – un peu comme aux urgences des hôpitaux, en somme.

Notez que ce label ne comporte aucun engagement relatif au taux d'élucidation des méfaits amenant le public à s'adresser aux policiers. Sans doute ne faut-il pas rêver.

29/01/2014

Une sanction, mais pas l'autre

Femmes, Elections, Institutions, Parlement, GouvernementLarge approbation hier après-midi, à l'Assemblée, du projet de loi sur l'égalité entre les hommes et les femmes. «Une grande loi de progrès», dixit la gauche. «Un texte fourre-tout», minimise la droite – il est vrai qu'il traite aussi bien du congé parental que de l'égalité professionnelle, des pensions alimentaires, des stéréotypes sexistes, des mini-Miss ou de l'IVG. Nombre de députés sarkozystes, toutefois, ont voté avec la majorité. Parmi eux, la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que les ex-ministres Valérie Pécresse et Nicole Ameline.

Un point de ce texte concerne la parité hommes-femmes dans les assemblées. La France n'en est à peu près nulle part: on ne compte que 22% de femmes au Sénat et 27% à l'Assemblée. Dès lors, le texte voté hier double la pénalité financière infligée aux partis ne respectant pas la parité aux législatives. Ces amendes, déjà, ne sont pas minces. L'an dernier, par exemple, elles ont privé l'UMP de près de 4 millions d'euros de financement public.

Pendant la discussion parlementaire, les députés Verts ont essayé de muscler ce volet du texte. Ils ont proposé de pénaliser une deuxième fois les partis. Sur base, cette fois, non du genre des candidats qu'ils présentent aux législatives, mais de la composition de la représentation parlementaire issue de ces scrutins. Dans cette optique, seraient une deuxième fois sanctionnés les partis qui comptent exagérément plus d'élus que d'élues. Le gouvernement et la majorité socialistes, cependant, ont refusé d'aller aussi loin.

«Ce ne serait pas le choix fait par les partis qui serait sanctionné, mais celui que font les électeurs. Cela pose trop de problèmes d’ordre constitutionnel», ont-ils justifié. «Le juge constitutionnel estime que ce serait en quelque sorte venir contrarier la liberté de choix des électeurs», a renchéri la ministre des Droits des femmes. Les Verts ont dû s'incliner, mais ils ont peu apprécié. A les en croire, «la parité ne sera jamais effective dans les assemblées» si on continue à uniquement sanctionner son non-respect au niveau des candidats présentés par les partis. Puisque, très souvent, «les partis continuent à proposer aux candidates de se présenter dans des circonscriptions qui ne sont pas gagnables»....

En sortira-t-on un jour?

28/01/2014

Une souffrance au travail, là aussi

C'est un secteur que ce blog évoque assez peu, mais allons-y, puisque ces chiffres, dévoilés à la fin de la semaine dernière, sont, trouve-t-on, intéressants – même si les médias français les ont peu répercutés. Ils concernent la souffrance au travail au sein de l'armée.

Il s'agit du premier bilan d'«Ecoute défense», un an après sa création. Cette ligne d'écoute téléphonique anonyme et gratuite est dédiée aux militaires et à leur entourage, confrontés à une situation de détresse. Elle est tenue par des psychologues des hôpitaux d’instruction des armées. En un an, ce service n'a pas chômé. Il a reçu 330 appels. Dans 71% des cas, ils relataient une souffrance psychologique, 54% des appelants étant dans un état clinique de stress post-traumatique. 80% des appels ont concerné des militaires de l’armée de terre, et «tous les théâtres (d'opération) récents, l’Afghanistan, les Balkans ou le Mali, sont concernés», a précisé le ministère de la Défense. 5% des appels ont été le fait d'anciens combattants de conflits beaucoup plus vieux, comme l’Indochine ou l’Algérie. Dans près d'un cas sur deux (47%), l'appelant a été, non un militaire, mais un proche ou un membre de sa famille. Ces personnes en demande d'information et d'orientation vers des soins ont été guidées «vers le correspondant le mieux adapté, prioritairement auprès des soignants du service de santé des armées, ou vers le réseau civil de proximité».

Régulièrement, ces dernières années, chaque fois que s'ouvrait un nouveau front extérieur pour l'armée française, des soldats ont eu le courage de témoigner de la solitude qui avait été la leur: quand ils n'avaient reçu aucun soutien psychologique dans l'armée, alors pourtant qu'ils jugeaient en avoir besoin. Et d'expliquer la difficulté, dans ce milieu militaire, de verbaliser la souffrance, le stress voire le traumatisme. Sous peine de «passer pour une mauviette» – l'expression qui revenait très souvent, dans leurs témoignages.

Avec cette ligne d'écoute, «le tabou sur le stress post-traumatique dans les armées est levé», se félicite-t-on, aujourd'hui, au ministère de la Défense. Il était temps. Alors que l'armée française a été si souvent endeuillée, ces dernières années (relire par exemple ici, ou ).

22/01/2014

Un vieux débat de langue française

Un débat houleux hier soir, à l'Assemblée. A propos du toilettage de la loi Veil de 1975, sur l'avortement. Les députés, survoltés, en ont même profité pour s'étriper sur un vieux sujet d'affrontement relatif à la langue française. A savoir, l'appellation qu'il convient de donner à une femme ministre. Cfr la chiraquienne Michèle Alliot-Marie. Quand elle était à la Défense et aux Affaires étrangères, elle interdisait qu'on lui donne du «Mme la ministre», imposant le «Mme le ministre». Un quinquennat plus tard, la droite sarkozyste, visiblement, n'en démord toujours pas.

«En français, la fonction prime sur le genre!», a, ainsi, argumenté un député UMP. Fâché qu'un de ses collègues, qui dit systématiquement «Mme le ministre», ait été rappelé à l'ordre: au nom de la circulaire qui, depuis 1994, recommande la féminisation des titres. «Nous sommes des hommes et des femmes libres: personne ne peut imposer à l’autre un vocabulaire qu’il ne souhaite pas! Les députés de la nation ont le devoir de défendre la langue et de ne pas céder aux diktats de la modernité». Ce à quoi l'ex-ministre communiste Marie-George Buffet a rétorqué: «Essayez de prononcer "Mme le ministre est enceinte". Vous verrez: c’est difficile». Et la présidente de la délégation aux droits des femmes de renchérir: «Ce qui ne se nomme pas est invisible. En utilisant le masculin dans la totalité des titres, vous voulez rendre les femmes invisibles».

Mais rien n'y a fait. Les députés UMP ont continué à interpeller au masculin «Mme le ministre» des Droits des femmes. Puis, ont donné du «Mme le président» à la députée socialiste qui présidait la séance. L'intéressée, énervée, a fini par s'adresser à un député sarkozyste... en le féminisant. Le pauvre: il en a été tout retourné.

Virilité outragée, contre féminité niée. Qui sait est-ce cela, l'égalité.

21/01/2014

Un inversement de tendance

PARISjet'aime.jpgCela a très longtemps été une tendance lourde, pour Paris. Mais il se confirme qu'à présent, cette tendance s'est résolument inversée. La «Ville lumière» a bel et bien cessé de perdre, année après année, ses habitants. Le très sérieux Institut de la statistique (Insee) vient de le confirmer, dans des études (ici ou) basées sur les résultats du dernier recensement (*).

Ces données confirment – outre que la région parisienne (11,8 millions d'habitants) reste la plus peuplée de France – que Paris a désormais une «contribution massive» dans la croissance démographique de la région, depuis 2006. Car «c’est au centre de l’agglomération parisienne que le solde naturel progresse le plus et le déficit migratoire s’accentue le moins». En chiffres, la capitale a gagné 68.600 habitants entre 2006 et 2011, ce qui représente plus de 21% de la croissance de la population régionale. Alors que, sans interruption depuis le milieu du XXe siècle jusque dans les années 80, Paris n'avait cessé de perdre des habitants. Puis, à partir de 1982, avait vu sa population tout au plus stagner (une augmentation annuelle moyenne de 0,1%).

Ce sujet est totalement absent des débats de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Curieusement, trouve-t-on. Cet inversement de tendance ne dit-il pas des choses, sur l'attractivité retrouvée de la ville?

 

(*) Recensement dont, cela dit, on espère qu'il s'est mieux déroulé pour les autres Parisiens que pour notre petite personne. Pour l'anecdote, en guise d'entretien avec notre agent recenseur, imposé par la procédure, on a juste eu droit... à un avis de son passage: avis trouvé un soir dans la boîte aux lettres, en rentrant du boulot. Le document nous invitait à passer à la mairie pour un entretien avec l'intéressé, celui-ci n'ayant pu nous rencontrer à domicile (sans rendez-vous préalable, et pendant les heures de bureau). Trouvant le procédé un peu léger, surtout ayant d'autres choses à faire, on n'avait jamais donné suite à cet avis. Et le recensement, nous concernant, en était resté là.

On n'est pas sûr, du coup, de faire effectivement partie des 2,274 millions de personnes qui sont désormais officiellement comptabilisés comme habitant dans les 20 arrondissements de Paris intra muros.

20/01/2014

Un très faible intérêt

A propos des élections municipales du mois de mars, qu'on évoquait dans la dernière note, on peut noter le désintérêt d'une bonne part de l'électorat français. Ainsi, dans le dernier sondage relatif à ce sujet, seuls 55% des Français déclarent être intéressés par ce scrutin. A comparer avec les 62% de sondés qui, deux mois avant les élections municipales de 2008, avaient dit leur intérêt. Six ans plus tard, à la même époque, l'institut de sondages TNS Sofres enregistre même «le plus faible résultat sur cette question», depuis que a, en 1983, il pris l'habitude de la poser, à l'approche d'un tel scrutin.

Parmi les 45% de sondés désintéressés (+7, par rapport à 2008), figurent, comme c'est souvent le cas, beaucoup de jeunes (28%) et d'ouvriers (37%).

17/01/2014

Un sujet doublement sensible

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetVif agacement à la mairie de Paris, hier. A la constatation du grand écho donné par les médias à une note de l'office du tourisme britannique, publiée le matin même par «Le Figaro». Elle indique que Londres pourrait bientôt détrôner Paris, au rang de ville la plus visitée au monde, par les touristes. Une allégation que la mairie a nuancée, hier soir: dans un communiqué un peu énervé.

Enervé, parce que ce sujet est doublement sensible, ici.

D'abord, pour une raison psychologique. La capitale française n'a jamais digéré l'affront d'avoir été battue, et sèchement, par son homologue britannique, pour l'attribution des derniers JO. Or, ce sont précisément ces Jeux, et l'afflux de visiteurs qu'ils occasionnèrent à Londres, qui pourraient permettre à cette ville de battre Paris, en termes de fréquentation touristique. Cela retourne donc, et douloureusement, le couteau dans une plaie jamais cicatrisée.

Sensible aussi, parce que le sujet a clairement une dimension politique. Dans le sens où ce nouvel épisode dans la vieille guerre Londres-Paris survient dans un contexte politique parisien bien particulier: celui de la campagne, musclée, en vue des élections municipales de mars.

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetHier, dans les couloirs de la mairie, on n'a cessé de pester contre Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate de la droite à la mairie est accusée d'avoir, avec la complicité du très sarkozyste «Figaro», été à l'origine de ce buzz médiatique. Qui, en boucle et pendant toute la journée, a tapé sur le clou des points faibles touristiques de la «Ville lumière», face à Londres: magasins ouvrant peu le dimanche, ville «bonnet de nuit» avec ses bars fermant à 2 heures du matin, insécurité, saleté, etc. Or, ce sont autant de thèmes de campagne de NKM, et d'arguments qu'elle utilise pour descendre en flammes le bilan de la municipalité sortante.

Mais sa rivale socialiste, Anne Hidalgo, n'a pas tardé à réagir. Ce matin, son équipe de campagne a frontalement accusé NKM d'avoir minablement basculé dans un «Paris bashing» déloyal et très peu patriote, motivé par de basses considérations électoralistes.

Cela promet, pour le ton du reste de cette campagne, dans la capitale. Pendant les 64 jours qui séparent encore du premier tour.

16/01/2014

Une coïncidence, pas flatteuse

On est là, bien sûr, dans un registre très anecdotique: celui du folklore à vocation touristique. Mais c'est une coïncidence de deux annonces, tombées quasi au même moment hier, qui n'est pas forcément valorisante, pour la France et pour Paris.

La première annonce: la confirmation (, par exemple) que le Musée Grévin va bientôt honorer, par une statue de cire à son effigie, l'animateur de télé Patrick Sébastien. La seconde: son homologue à Rome, le Museo delle Cere, a choisi, lui, de rendre hommage au Sud-Africain Nelson Mandela, qui s'apprête donc à rejoindre sa galerie de personnalités statufiées.

Certes, il en faut pour tous les goûts. Mais, tout de même: on a donc, mis en valeur, d'un côté un bienfaiteur de l'humanité, et de l'autre le symbole du comique troupier télévisé.

Vive l'exception culturelle française.

10/01/2014

Une hypocrisie, si comique

Il n'était même pas 10 heures, mais on a dû faire plusieurs librairies et kiosques à journaux, ce matin dans Paris. Avant de parvenir à trouver un exemplaire de l'édition spéciale du fameux magazine people qui fait 7 pages sur «L'Amour secret du Président» Hollande. Visiblement, comme il fallait s'y attendre, la revue se vend très bien.

En tout cas, on remercie bien sincèrement sa rédaction. Car en parcourant ces pages, on a deux fois éclaté de rire – ce dont on a peu l'habitude, de grand matin.

D'abord, en constatant que les fins limiers de ce magazine vont jusqu'à identifier le chef de l'Etat (dont le visage n'apparaît pas, sur les photos publiées), ou du moins celui qui a l'air de lui ressembler, notamment en zoomant sur... ses souliers: en comparant ceux qu'il portait tel jour et puis tel autre, etc. Un modèle, décidément, de journalisme d'investigation.

Ensuite, en notant que le magazine justifie cette publication avec un argument d'ordre sécuritaire. A savoir, les dangers que cet «amour secret» ferait peser sur François Hollande, les problèmes qu'il poserait quotidiennement aux agents chargés de sa protection rapprochée, etc. On est là, évidemment, dans la plus pure hypocrisie. Ce qui est recherché avant tout, avec une telle «révélation exclusive», c'est le buzz. Et donc le fric. Point barre.

Mais sans doute la presse people aurait-elle tort de se priver. Puisque ça marche, puisque ça se vend. Quant à savoir si pratiquer ce type de journalisme est possible sans avoir, au fond de soi, quelques scrupules, on laisse les confrères concernés juger. Qui donc serait-on, pour déterminer comme ça, d'autorité, qui aurait le droit, ou pas, à se regarder sans honte dans le miroir?

19/12/2013

Un secteur particulièrement surveillé

Une nouvelle bien de saison, à l'heure où toute la France s'hystérise dans les magasins pour le rituel annuel des courses de Noël. Les services chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont été priés de se bouger: d'intensifier leurs contrôles. Afin d'éviter que, comme on dit (ici) au gouvernement, les consommateurs «soient victimes de négligences ou d’abus, durant cette période d’activité commerciale intense».

La surveillance a été renforcée notamment dans le secteur des produits alimentaires des réveillons de fin d’année. Dans le viseur des contrôleurs, à la fois les fabricants, les grossistes, les importateurs et les distributeurs. Pour les amateurs de chiffres, 13.500 vérifications ont déjà été effectuées sur des foies gras, des huîtres, des bûches, etc. Elles ont porté à la fois sur le respect des règles d’hygiène (dates limites de consommation, températures de conservation ou propreté des locaux) et sur «la loyauté de l’information mise à disposition des consommateurs» (étiquetage, véracité des labels et appellations d’origine, réalité des annonces promotionnelles, etc.). Résultat? 3.000 manquements ont déjà été relevés, soit un «taux d’anomalie» de 22 %.

L'an dernier, à cette époque, il n'était que de 18,5%. L'histoire ne dit toutefois pas (encore) si ce taux cette année plus élevé d'infractions constatées traduit un relâchement des professionnels de la filière alimentaire, ou simplement une plus grande efficacité des opérations de surveillance les concernant.

18/12/2013

Une durée

Police, Justice, PersonnalitésSeize heures. Claude Guéant, qui est soupçonné de détournement de fonds publics, a donc passé seize heures d'affilée en garde à vue, hier. L'ex-secrétaire général de l'Elysée puis ministre de l'Intérieur, quand Nicolas Sarkozy était Président, est arrivé dès huit heures du matin à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Il en est sorti vers minuit. L'homme est âgé de 68 ans – ce qui n'est tout de même pas rien. Et sa santé n'est pas au mieux: il a subi un pontage coronarien en 2011, et a dû être hospitalisé au Val de Grâce cet été, après un malaise.

Cela nous frappe à chaque fois, mais c'est comme cela: les interrogatoires aussi interminables sont monnaie courante, en France. Avant Claude Guéant, Bernard Tapie, Dominique de Villepin ou même Nicolas Sarkozy, pour ne citer que ces quelques exemples, ont eux aussi été interrogés par des policiers ou des juges pendant des journées voire pendant des nuits entières.

Il n'y a, bien sûr, aucune bienveillance à avoir envers les délits politico-financiers et leurs auteurs présumés. On laisse néanmoins chacun juger de l'humanité – ou non – de telles pratiques. Qui sont aussi infligées aux innombrables quidams gardés à vue chaque jour en France, là loin des caméras. Et qui sans doute, eux, ne bénéficient même pas des maigres privilèges concédés aux VIP placés dans de telles situations: un plateau-repas pas (trop) immangeable, et l'une ou l'autre (très brève) pause, toutes les quatre ou cinq heures.

Pour ne s'en tenir qu'au strict plan de l'efficacité, on doute tout de même assez de la pertinence de tels procédés. Que peut-on encore bien tirer de sensé d'un gardé à vue qui en est déjà à sa quinzième heure d'interrogatoire?

17/12/2013

Un pilier de la Sarkozie

C'est un pilier du système Sarkozy qui, depuis ce matin, avec Claude Guéant (ex-ministre de l'Intérieur et ex-n°2 de l'Elysée), est interrogé dans les locaux de la police judiciaire. A propos des soupçons pesant sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007.

Même s'il est beaucoup moins connu à l'étranger que Claude Guéant, cet homme est pourtant un très proche de l'ancien Président. Son nom: Michel Gaudin.

Au n°77 de la rue de Miromesnil, dans le huitième arrondissement de Paris – là où Nicolas Sarkozy a installé ses bureaux, depuis qu'il a quitté l'Elysée –, c'est ce même Michel Gaudin qui dirige le cabinet particulier de l'ancien Président. A ce titre, il a la haute main sur son agenda, et connaît tous les secrets et les coulisses des multiples rencontres que Nicolas Sarkozy ne cesse d'avoir avec des personnalités. Auparavant, Michel Gaudin a été rien de moins que grand patron de la Police nationale (2002-2007), puis préfet de police de Paris (2007-2012).

A ce dernier poste, il régna d'une main de fer, ne lésinant notamment jamais sur les déploiements policiers impressionnants et sur les interpellations – ils s'en souviennent bien, tous ceux qui, pendant le quinquennat Sarkozy, ont manifesté dans Paris. Le voilà donc à présent, à son tour, placé en garde à vue: contraint de s'expliquer pendant des heures devant des policiers. Fameux retournement de situation.

11/12/2013

Un parallèle, ou l'autre

Frappant de voir combien, dans les médias et les états-majors politiques français, des parallèles historiques assez lourds commencent à être faits, à propos de l'intervention militaire en Centrafrique. Ainsi, ces deux rapprochements souvent entendus depuis vingt-quatre heures: depuis que l'opération a pris un tour dramatique, en coûtant la vie à deux soldats. L'avenir dira si ces comparaisons historiques sont à l'emporte-pièce, ou non.

Le premier rapprochement a trait à la venue surprise de François Hollande, hier soir à Bangui. Un déplacement risqué, qui a dû mettre sur les dents les services de sécurité de l'Elysée. Du coup, certains médias sont allés jusqu'à le mettre sur le même pied qu'une visite tout aussi inopinée qu'avait jadis effectuée François Mitterrand, pareillement dans un pays en guerre. Visite mémorable. C'était le 27 juin 1992. Quittant un sommet européen à Lisbonne, il s'était rendu à Sarajevo, ville alors sous le feu des snipers. Là, il avait encouragé les soldats du contingent français déployés en Bosnie, puis s'était entretenu avec le Président de ce pays, Alija Izetbegovic. Cette visite avait créé la stupéfaction générale.

Le deuxième parallèle historique est moins flatteur pour François Hollande. C'est même une prédiction de Cassandre qui, si elle se révèle fondée, va lui pourrir le restant de son quinquennat. Ce rapprochement-là compare carrément l'intervention française en Centrafrique avec la calamiteuse opération onusienne «Restore Hope»: en Somalie, dans la première moitié des années 90. D'innombrables Casques bleus y avaient perdu la vie. Pour rien, comme l'atteste l'état actuel de ce pays.

Il est vrai que certaines images vues à la télé ces derniers jours – Bangui plongée dans la plus complète anarchie, mise à feu et à sang par des bandes incontrôlées – faisaient froid dans le dos. Tant elles rappelaient, il y a vingt ans, Mogadiscio.

10/12/2013

Un jugement plus accommodant

International, Armée, Défense, Hollande, CommunicationOn a peut-être la mémoire courte, mais, a priori, on n'a pas le souvenir qu'une opération militaire française à l'étranger ait ainsi été endeuillée aussi rapidement après son lancement. Ce matin, a été confirmée la mort de deux soldats français faisant partie du contingent déployé en Centrafrique depuis vendredi. Ces deux jeunes gens appartenaient au huitième régiment de parachutistes d’infanterie de marine, basé à Castres (Midi-Pyrénées). C'est ce même régiment qui, un jour dramatique d'août 2008, avait vu d'un coup dix de ses hommes tués, en Afghanistan.

Les deux décès de Bangui ont été confirmés vers 9 heures, ce matin, par un communiqué de l'Elysée. Qui, quarante minutes plus tôt, dans un autre communiqué, avait annoncé la visite surprise de François Hollande en Centrafrique, ce mardi en fin de journée. Probablement ce déplacement improvisé a-t-il été décidé dans la nuit: alors que l'info sur ces deux décès n'avait pas encore été rendue publique, mais que le palais présidentiel, lui, la possédait déjà.

François Hollande s'investit beaucoup sur le terrain international, a fortiori ces derniers mois (Centrafrique, crise du nucléaire iranien, libération des otages français détenus au Sahel, etc.). Il ne lui a pas échappé que c'est un des très rares volets de son action présidentielle qui est salué par l'opinion. Dix-neuf mois après son accession à l'Elysée, son bilan en général et sa personnalité en particulier sont conspués par les Français: à peine un sondé sur cinq se déclare satisfait. En revanche, un sondage  vient encore de le montrer, le jugement populaire est plus accommodant sur la politique étrangère du Président.

Sans doute l'intéressé y a-t-il songé, au moment de décider de se rendre au débotté, cet après-midi, aux côtés de ses troupes endeuillées.

06/12/2013

Un hommage, à vitesse variable

LaLARME.jpgLa tristesse en France évidemment aussi, et des hommages unanimes à Nelson Mandela.

François Hollande a un peu tardé, cela dit, à réagir à la mort du grand homme. Hier soir, le communiqué de l'Elysée n'est arrivé qu'à 23h45 dans les boîtes électroniques des journalistes. Jean-François Copé, le patron de l'UMP, lui, avait réagi dans la demi-heure suivant l'annonce du décès: dès 23h15. Le chef de l'Etat, il est vrai, avait plus prioritaire à faire: hier soir, il a décidé puis annoncé l'envoi des soldats français en République centrafricaine.

C'est sans doute aussi à cela qu'on mesure la portée d'une actualité: les personnalités françaises ont veillé jusque tard dans la soirée, hier, pour pouvoir communiquer leur réaction à ce décès. Ainsi, la Parisienne Anne Hidalgo a envoyé son communiqué à 0h28, et Ségolène Royal ainsi que Jean-Marc Ayrault (qui est en visite officielle en Chine, depuis mercredi) l'ont fait carrément à 1h36. Marine Le Pen, elle, mais aussi le ministre Pierre Moscovici, ont préféré ne réagir que ce matin.

En guise d'hommage, le ministère français des Affaires étrangères a décidé de déployer aujourd'hui un portrait immense de Nelson Mandela, sur la façade de son siège, à Paris: au quai d'Orsay.

29/11/2013

Un rappel à l'ordre

C'est une affaire qui avait fait grand bruit, dans le monde des médias mais aussi au-delà. Et il est frappant de voir combien le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a accéléré ses procédures, de manière à ne pas trop tarder à statuer sur ce cas.

Le cas de la chaîne TF1. Qui, dans son JT de 20 Heures du 11 novembre, a diffusé un sujet bidouillé, relatif à un déplacement de François Hollande en province. Ont été copié-collées quelques secondes de son de manifestants en train de conspuer le chef de l'Etat. Ce qui a faussement fait croire aux téléspectateurs que l'intéressé avait été hué dès son arrivée sur place, à peine sorti de sa voiture. TF1 a admis que ce fond sonore avait été «maladroitement décalé». Mais a minimisé l'affaire, parlant d'«une erreur regrettable, sans volonté de déformation de la réalité».

Le CSA, lui, est autrement plus cinglant, dans l'avis qu'il vient de rendre sur ce bidouillage. Il juge que la chaîne, en diffusant un tel sujet monté d'une telle manière, a clairement manqué à ses obligations déontologiques. A manqué, plus précisément, à l'obligation faite aux médias de «faire preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information», et «de veiller à l’adéquation entre le contexte dans lequel des images ont été recueillies et le sujet qu’elles viennent illustrer». TF1, dès lors, a été mise en demeure. Elle est fermement priée de, désormais, strictement se conformer à ses obligations. Ce qui paraît vraiment la moindre des choses.

En attendant, lorsqu'on fait l'expérience de taper, à tout hasard, «TF1 manipulation» sur les moteurs de recherche internet, en une fraction se seconde sont proposées plusieurs centaines de milliers de résultats.

26/11/2013

Un vote, en catimini

CARTEddePRESSE.jpgSaisissant contraste. Hier, pendant toute la journée, les médias français ont abondamment couvert l'ouverture, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de la concertation sur la réforme annoncée de la fiscalité. En revanche, ces mêmes médias ont très peu fait écho à un vote intervenu il y a peu au Parlement, relatif à... la propre fiscalité des journalistes.

Cela a trait encore et toujours au fameux abattement fiscal dont bénéficie la presse – on l'a déjà souvent évoqué, dans ce blog (relire ici, ou ). Au Sénat, à l'occasion du débat sur le budget 2014, le PS a proposé que, comme toutes les autres «niches fiscales», cet avantage soit réduit. Concrètement, seuls les journalistes gagnant moins de 4000€ nets par mois pourraient continuer à déduire 7.650€ de leur revenu imposable annuel, à titre d'«allocation pour frais d'emploi». Malgré l'opposition du gouvernement, la proposition a été votée à une large majorité. Les sénateurs de la droite UMP, en effet, ont (comme les centristes) approuvé la mesure. «Dans la période difficile que nous vivons, toutes les catégories doivent participer à l’effort qui est demandé à des millions de Français», a-t-elle justifié.

Du coup, si ce vote au Sénat est confirmé par l'Assemblée, les grandes fortunes de la profession journalistique (présentateurs de JT, etc.) pourront dire adieu à 7.650€ d'abattement fiscal.

Pas sûr qu'on s'apitoiera sur leur sort.

 

LIPSTICK.jpgPS: Au passage, notons ce coup de sang de la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin, à propos de qui peut, en France, prétendre au titre de journaliste. «Le mot "journaliste" recouvre une grande diversité de situations! D’un côté, il y a le photoreporter, de plus en plus souvent payé à la pige parce que les titres veulent de moins en moins de salariés, qui part dans des zones de conflit sans carte de presse et franchit les check points au péril de sa vie. De l’autre, il y a des minettes qui essaient des rouges à lèvres dans des bureaux du 16e arrondissement de Paris, pour de beaux journaux en papier glacé. Ou des minets qui testent les blousons en cuir des dernières marques à la mode. Ceux-là aussi ont la carte de presse; ils sont "journalistes"!»

Cette tirade effarée, si l'on en croit le verbatim de la séance (ici ou ), n'a été accueillie que par des «sourires», dans l'hémicycle. Les minet(te)s peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles: ils et elles conserveront leur carte de presse.