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13/11/2015

Une réhabilitation historique (suite)

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et, en l'occurrence, une page d'Histoire.

Ce blog avait évoqué la possibilité, l'autre jour (relire ), et elle semble se concrétiser. Si l'on en croit un des porteurs du projet (), la station de métro "Belleville" va effectivement être bientôt rebaptisée "Belleville-Commune de Paris 1871". Un consensus, en tout cas, semble s'être dégagé sur le sujet à la mairie de Paris, et la RATP ne serait pas opposée à cette évolution.

Qui ne changera bien sûr rien à la vie quotidienne des habitants de ce quartier de l'Est parisien. Mais qui, au moins, rendra hommage au rôle que le petit peuple de Belleville joua dans ce mouvement insurrectionnel parisien qui fit trembler la IIIe République.

Cela rappellera aussi combien les Bellevillois(e)s eurent à souffrir, tout au long de la "Semaine sanglante". Lors de laquelle, fin mai 1871, le gouvernement versaillais envoya la troupe mater la révolte de la capitale. Car, si l'en croit les récits historiques, haletants, de cette terrible semaine (lire par exemple ici ou ), c'est à Belleville et dans les quartiers de La Villette et Charonne que se jouèrent les dernières heures, tragiques, de cette insurrection populaire. Le 28 mai 1871, précisément, tomba la toute dernière des barricades que les insurgés avaient érigées. Une impitoyable répression suivit.

Le quartier de Belleville «apparaîtra aux yeux des observateurs comme vaincu et terrorisé, mais toujours insoumis», écrivent les historiens Jean-Paul Haghe et Gérard Serra. «Un général écrira même, à son propos: "Le quartier entre la rue de Meaux et la rue de Belleville est le plus mauvais de Paris, les insurgés échappés ne craignent pas d’y manifester leur espoir de recommencer la partie...". Les injures aux agents de police et aux soldats sont monnaie courante et les arrestations de Bellevillois accusés d’avoir affirmé que la revanche viendra et que la Commune n’est pas morte vont se multiplier dans les mois et les années qui suivent la victoire des hommes de Versailles».

Près d'un siècle et demi plus tard, cela valait bien un hommage.

12/11/2015

«Un Tchernobyl politique »

Elections régionales, Activisme, FemmesMoins d'un mois avant les élections régionales. Sauf énorme surprise, comme tant de scrutins précédents, elles devraient être marquées par un fort taux d'abstention et l'ampleur du vote de protestation.

N'échappant pas à une habitude bien ancrée en France, il s'agira d'un scrutin qui fera la part belle aux hommes. A en croire les calculs effectués par un confrère, sur les 132 listes qui sont candidates, seules 28 sont menées par des femmes. Mais, en région parisienne, la féminisation des têtes de listes est un peu meilleure: 30%, contre 21% de moyenne nationale.

Paris et sa banlieue qui, en outre, accueillent ce qui est sans doute la liste la plus improbable du scrutin: celle «des drogués, des putes et des exclus». Elle regroupe des activistes venus de milieux très divers: des défenseurs des free party, des militants pour les droits des gays et assimilés, des partisans de la dépénalisation du cannabis, des prostitué(e)s réclamant le droit au «travail du sexe», des adhérents du Parti pirate, des écologistes en rupture avec leur parti, etc. FLUO est le nom de cette liste, acronyme de «Fédération libertaire unitaire ouverte». Selon son fondateur, «ce qu’on est en train de faire, c’est vraiment Tchernobyl dans le milieu politique». Au programme – encore en cours d'élaboration, via une démarche bien sûr participative – , figurent le «soutien aux cultures alternatives», la mise sur pied d'une coopérative régionale pour la transition énergétique, la «régulation expérimentale du marché du cannabis dans le champ de l’économie sociale et solidaire», ou l'octroi du droit de vote aux étrangers.

Autant d'idées si décalées par rapport au courant idéologique dominant que, à moins que, tout d'un coup, les électeurs aient envie de se lâcher, au soir du premier tour, les résultats de cette liste seront probablement plus gris que phosphorescents.

04/11/2015

Une semaine à 653.700€

Un peu de sport aujourd'hui, une fois n'est pas coutume dans ce blog. Puisque le tournoi de tennis du Palais omnisports de Paris-Bercy bat son plein, depuis dimanche matin.

La plupart des grands noms du tennis mondial y participent. Sa dotation, pourtant, ne s'élève qu'à 3,2 millions d'euros. C'est infiniment moins que celle de son prestigieux confrère parisien de Roland-Garros: 28 millions. Pour preuve qu'on ne joue pas là dans la même catégorie, au niveau financier en tout cas, dimanche à Bercy, le vainqueur de la finale du simple touchera une prime de 653.700€, 320.500€ allant à son adversaire battu. A comparer au montant qu'a empoché le dernier vainqueur en date de Roland: 1,8 million d'euros (relire ). Qui sait cet écart s'explique-t-il en partie par les investissements très coûteux qui ont dû être consentis à Bercy, notamment pour le "BNP Paribas Masters" (le nom officiel de ce tournoi de tennis). Le site a subi près de deux années de travaux de rénovation, qui ont coûté plus de 135 millions d'euros.

Cela dit, 653.700€ à l'issue d'une semaine de compétition, c'est tout de même, à la grosse louche, l'équivalent de 45 années de salaire minimum.

Sinon, pour l'anecdote, à l'échelon inférieur de ce tournoi, le joueur participant au premier tour des qualifications aura droit, lui, à une prime de... 1370€. Dans ces conditions, l'important est sans doute et avant tout de participer, comme disait l'autre.

03/11/2015

Un «rôdage» laborieux

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesLe vent l'emportera... Et la pluie, aussi. La météo très automnale prévue ce mardi à Paris évitera que les politiques se prennent à nouveau les pieds dans le dossier de la circulation automobile alternée, pour cause de pollution atmosphérique.

Depuis dimanche, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, se renvoient la balle, dans un échange peu clair, concernant l'instauration d'une telle restriction de circulation. La maire la voulait () pour dès lundi. Ségolène Royal a refusé, puis, du bout des lèvres, a accepté l'idée pour, éventuellement, ce mardi. Jour où, toutefois, la météo venteuse et pluvieuse réduira la pollution. Donc, finalement, les deux éminences n'auront pas à – laborieusement – se mettre d'accord.

«On est encore en période de rôdage», a confessé la ministre, bien consciente du caractère peu glorieux de la séquence. Quant à la maire, elle considère avoir gagné la partie, puisque son interlocutrice a désormais explicitement confirmé que la circulation alternée serait automatiquement imposée en cas d'accord de la mairie et de la Région parisienne.

C'est peut-être un peu vite dit. Et c'est même, possiblement, un fameux boulet que va devoir traîner l'Hôtel de ville.

Paris, Transports, Santé, Gouvernement, Environnement, Personnalités, Elections régionalesEn effet, les élections régionales de décembre pourraient bien amener la droite sarkozyste au pouvoir, à la tête de cette Région. Une droite qui, on le sait, n'a pas du tout la même lecture des enjeux environnementaux que la majorité PS-Verts gouvernant Paris.

Dès janvier, donc, à chaque pic de pollution, Anne Hidalgo pourrait devoir mener un bras de fer avec une Région ayant basculé à droite, et pas fan de la restriction de la circulation.

Ce serait la répétition, en somme, de la longue cohabitation/confrontation que la maire et avant elle son prédécesseur, Bertrand Delanoë, eurent avec la préfecture (le bras armé du gouvernement) de 2002 à 2012, quand la droite était au pouvoir à l'échelon national – François Fillon singulièrement, lorsqu'il était à Matignon, a très régulièrement mis son veto, via la préfecture, à des projets (urbanistiques, notamment) de l'Hôtel de Ville.

30/10/2015

Une bibliothèque expurgée?

LIVRE.jpgUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. La SNCF va nous faire... lire. On doute un peu que cela fasse partie de ses missions de service public, mais bon, au fond, pourquoi pas: cela ne l'empêche pas, dans le même temps, de veiller à la ponctualité des trains, à la propreté des gares, au bon état des voies ferrées, à la sécurité dans les wagons, ou à la lutte contre la fraude.

Depuis un petit temps déjà, il existe un "Prix SNCF du Polar" annuel. Désormais, il faut compter aussi avec un nouveau service, baptisé "SNCF e-LIVRE". Il avait déjà été testé l'an dernier, à titre expérimental, en régions Lorraine et Languedoc-Roussillon, et y a paraît-il remporté un franc succès.

Disponible via une application sous Androïd ou IOS et un site web dédié, ce service propose gratuitement aux voyageurs des trains TER et Intercités «5000 grands classiques de la littérature française», ainsi qu'une sélection «coup de cœur». Autant de livres que l'on pourra lire y compris sans connexion internet – ce qui est le plus souvent le cas, dans les trains régionaux français. La bibliothèque totalise en fait 100.000 ouvrages. «Une offre découverte permet de bénéficier de l’intégralité des livres disponibles pour une durée de 45 jours. Au-delà de cette période, il est possible de s’abonner pour 9,90€/mois pour conserver l’accès» à cette collection.

L'histoire ne dit pas (encore) si, entre deux gares ou deux trains en retard, l'usager aura également accès à la multitude d'ouvrages qui ont été publiés ces dernières années, et qui sont critiques envers la SNCF – c'est peu dire qu'on a l'embarras du choix: voir par exemple ici, ou , ou encore ici, et .

28/10/2015

Un changement si lent

Banlieues, Jeunesse, Histoire, Police, Sécurité, TransportsOn serait bien allé à Clichy-sous-Bois, hier. Ville de la banlieue de Paris qui a commémoré la mort, il y a dix ans, de Zyed Benna et Bouna Traoré. Les deux ados qui ont péri électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005, à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers – le drame déclencha une vague mémorable d'émeutes urbaines, dans toute la France. On serait bien allé relater les cérémonies commémoratives de cet événement marquant, mais l'actualité par ailleurs en a décidé autrement.

Aurait-on eu le temps d'aller à Clichy qu'on aurait pu à nouveau remarquer combien, dix ans plus tard, tous les problèmes soulevés par cette crise des banlieues n'ont pas encore été réglés – loin s'en faut.

Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple – mais bien concret, et qu'on trouve assez parlant – , l'enclavement de cette ville. Qui est dénoncé depuis des lustres par ses habitants, et qui les préjudicie fortement: pas simple, quand on vit dans une municipalité très mal desservie par les transports publics, de trouver un emploi, un stage, une formation, une crèche, une bonne école, ou tout le reste. C'était déjà le cas en 2005, et cela n'a pas changé en 2015. Il faut toujours compter au moins 1h30 de trajet si l'on veut se rendre en transports en commun à Paris, au départ de Clichy. Ville pourtant distante d'une vingtaine de kilomètres à peine de la capitale. Dix ans plus tard, on attend toujours que se concrétise le projet d'extension de la ligne de tramway T4 jusqu'aux villes de Livry-Gargan, Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Ce tramway prolongé ne sera pas opérationnel avant 2018, au mieux.

Un délai si long. Un changement si lent. Il ne faut dès lors pas s'étonner que subsiste un sentiment très fort de relégation, chez ces habitants.

21/10/2015

Un budget considérable

59 milliards d'euros. C'est le montant que les Français dépensent chaque année dans les restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, snacks, sandwicheries, kebabs, fast-food et autres cantines. Le chiffre est cité par une étude publiée cette semaine, relative à l'évolution de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. 59 milliards d'euros: cela confirme le poids économique énorme que pèse la consommation dans le secteur de la restauration. Et cela permet de comprendre pourquoi ce secteur a si souvent été cajolé par les gouvernements. Voir, pour ne citer que ce seul exemple, la baisse très controversée (car ruineuse pour les finances publiques) de la TVA sur la restauration, que Nicolas Sarkozy décida en 2009 – avec des effets nettement moindres qu'espéré sur l'emploi.

Ces 59 milliards d'euros dépensés chaque année par les Français dans les snacks et restaurants représentent plus du quart (26%) de leur budget alimentaire. A titre de comparaison, en 1960, cette part du budget n'était que de 14%. Ces cinquante dernières années, le budget resto des Français s'est donc envolé, «sous l'effet des hausses de prix successives». Car, comme tout le monde l'aura sans doute remarqué – et à Paris a fortiori – , «manger à l'extérieur coûte de plus en plus cher. Depuis 1960, les prix y ont augmenté de 5,9% par an en moyenne, soit davantage que les prix de l'alimentation au domicile (+4,0% par an)».

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, l'étude confirme que «de fortes disparités de dépenses existent» évidemment dans ce secteur, en fonction de la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les clients qui le fréquentent. Ceux qui consacrent une plus grande part de leur budget aux repas pris à l'extérieur sont, sans surprise, «les ménages dont la personne de référence est cadre ou exerce une profession libérale, a moins de 35 ans, habite une grande ville ou a un niveau de vie élevé». Et c'est encore plus vrai en période de crise économique et en ces temps de précarisation sociale grandissante. Car «les évolutions annuelles de l'alimentation hors domicile sont très volatiles: plus facilement arbitrable, cette dépense est sensible aux variations de prix et aux fluctuations de revenus».

16/10/2015

Un quart d'heure de travail

Paris, International, Economie, Art de vivre, TechnologiesParis, première ville du monde en termes de qualité de vie et d'accessibilité. C'est, en tout cas, ce qu'atteste une étude internationale publiée hier. Elle se fonde notamment sur la densité des sites culturels, historiques et traditionnels parisiens situés en plein centre-ville et donc rapides et faciles d’accès. Cette étude positionne également la capitale française au troisième rang mondial en termes d'attractivité économique.

Puisqu'on en est aux classements internationaux, cette autre étude, parue dernièrement, qui, elle, compare les prix, les salaires et le pouvoir d’achat dans 71 villes mondiales. Il en ressort que, si l'on prend en compte un panier standardisé de 122 biens et services, Zurich, Genève et New York sont les cités les plus chères de la planète. On y découvre aussi combien de temps il faut travailler, selon que l'on réside dans telle ou telle capitale, pour acheter un kilo de pain et de riz, ou... un Big Mac et un iPhone 6.

Résultat? Trois heures de travail nécessaires à Nairobi pour acheter un burger, contre neuf minutes à peine à Hong Kong. A Paris, c'est 15 minutes. Pour le smartphone à plus de 600 euros de la marque à la pomme, c'est 21 heures de travail à Zurich, trente fois plus à Kiev, et 42 heures à Paris. Ville où il ne faut bosser que 9 minutes pour pouvoir se payer un kilo de riz, à comparer aux 4 minutes nécessaires à Oslo et aux 73 minutes de New Delhi. Quant à un kilo de pain, aliment de base pour 98% des Français, il coûte 10 minutes de travail au Parisien moyen – comme au Lyonnais, d'ailleurs. C'est le double des 5 minutes seulement qu'il requiert à l'habitant de Genève. Mais c'est huit fois moins que les 83 minutes de travail requises à Manille.

L'étude, émanant d'une grande banque suisse – donc par nature pro-consumériste –, ne se hasarde pas à se prononcer sur la question de savoir si, dans ce si merveilleux monde contemporain, un burger de McDo ou un joujou branché d'Apple sont désormais à considérer comme des produits de première nécessité, à l'égal du riz ou du pain.

15/10/2015

Un réchauffement qui sera généralisé

Bigre: «la plus grande conférence diplomatique jamais organisée en France depuis la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme, à Paris en 1948». Ainsi le gouvernement Valls a-t-il, hier, à l'issue du Conseil des ministres, présenté la COP21: la conférence internationale sur le climat, qui s'ouvrira à Paris à la fin novembre. Elle réunira 20 000 personnes accréditées, 20 000 visiteurs dans les espaces dédiés à la société civile, et plus de 3 000 journalistes venus du monde entier.

Cet événement supposément parisien se déroulera, en fait, au Bourget, en banlieue nord de la capitale. Le chantier d’aménagement du site a démarré il y a dix jours, et prendra un bon mois. On va y aménager 80 000 m2 de halls déjà construits et ériger 80 000 m2 supplémentaires de «structures temporaires et réutilisables». Soit «un total de 16 hectares de surfaces, dans un souci de responsabilité environnementale». Ce qui n'empêchera pas, cela dit, que l'événement soit sponsorisé par de grandes entreprises privées pas forcément toujours regardantes sur l'impact écologique de leurs activités – mais passons.

Le gouvernement l'a assuré, hier: «Les mesures nécessaires pour renforcer les réseaux de transports en commun existants ont été prises», histoire que ce grand raout ne vienne «pas perturber les trajets des habitants» de la région parisienne. Ce sera un vrai casse-tête. Il faudra assurer à la fois le fonctionnement normal du réseau de transports publics, les trajets sans encombres des délégations de diplomates (dont la plupart des convois devront être ultra-sécurisés), et une relative fluidité du trafic automobile, dans cet environnement autoroutier de l'A1 qui est déjà chroniquement saturé.

Sans oublier le défi sécuritaire à relever, alors que l'on sait que des manifestations potentiellement houleuses (les "black blocks", etc.) se dérouleront. Puisque le gouvernement ne s'est pas étendu sur le sujet hier, signalons qu'il a déjà donné l'ordre que, pendant toute la durée de la conférence, 80% d'effectifs de forces sécurité supplémentaires soient mobilisés.

De toute évidence, le réchauffement ne figurera pas qu'au menu des discussions de la conférence. Dans la rue aussi, ce sera chaud à tous points de vue, dans la capitale voire dans l'ensemble de sa région.

07/10/2015

Une figure honorée

Paris, Histoire, Personnalités, Immigration, EtrangersPuisque, ce mercredi, le parti sarkozyste statue sur le sort de l'eurodéputée et ex-ministre Nadine Morano – ses récents propos racialistes pourraient lui coûter son investiture aux élections régionales de décembre – , signalons cet hommage que la Ville de Paris vient de rendre.

Lundi, elle a baptisé une rue du dix-septième arrondissement en l'honneur d'une personnalité assez peu connue des Parisiens, mais qui a pourtant marqué, à sa façon, l'histoire de la "Ville lumière". Car c'est le premier et unique maire... «de race noire» (comme dirait Nadine Morano) que connut, mais oui, la capitale française.

Severiano de Heredia (1836-1901), c'est son nom. Mulâtre originaire de Cuba, naturalisé Français en 1870, il présida le Conseil municipal de Paris pendant six mois, en 1879, et fut aussi député et ministre des Travaux publics. Si l'on en croit ses biographes, pendant toute sa carrière, il dut se coltiner des injures racistes («le nègre du ministère», «nègre roublard aux grosses lippes», «ministre chocolat», etc.). Il repose désormais au cimetière des Batignolles. Et reste donc un cas unique, dans les annales de l'histoire de la capitale.

En tant que Parisien moyen, d'ailleurs, on ne mettrait pas d'office la main au feu qu'on connaîtra, de notre vivant, un maire de Paris qui, à nouveau, ne soit pas «de race blanche» (comme dirait Nadine Morano).

06/10/2015

Une cause pas si désespérée

Sainte Rita, patronne des causes désespérées, dit-on. Et bien non: pas si désespérées que cela, semble-t-il.

Pour preuve, la petite église qui, à Paris, est dédiée à cette sainte. Située dans le quinzième arrondissement, elle est fameuse pour les célébrations religieuses bien particulières qui s'y déroulent. Des bénédictions... d'animaux. Des milliers de chats, de chiens, de perruches et d'autres animaux de compagnie – un jour, on y vit même... un chameau – ont déjà été bénis à Sainte Rita. Qui, en plus, hier, a miraculeusement échappé à la démolition.

Elle fait l'objet d'un permis de démolir, au profit d'un immeuble de logements sociaux et d'un parking. Les travaux devaient commencer lundi. C'était compter sans la détermination des opposants à ce projet. Bien déterminés à «faire barrage de leurs corps» aux démolisseurs, ils ont réussi à leur faire rebrousser chemin. Finalement, le sort de la paroisse se jouera au tribunal.

Le plus comique était de voir, parmi ces manifestants, des élus de la droite sarkozyste parisienne. Membres, donc, d'un parti qui est toujours très prompt à condamner les trublions et autres sauvageons, mais qui, là, jouaient les gros bras. Bombant leur torse fièrement ceint de l'écharpe tricolore, ils promettaient, devant une nuée de caméras, d'aller jusqu'à s'opposer physiquement aux démolisseurs, s'ils osaient pénétrer dans l'église.

L'histoire ne dit pas si ces activistes si atypiques étaient prêts à aller jusqu'à arracher leurs chemises à ces pauvres ouvriers, comme à de vulgaires hauts dirigeants d'Air France, s'ils avaient tenté de forcer le passage.

30/09/2015

Un revirement, royal

Avec Ségolène Royal, il ne faut jamais s'étonner de rien. Mais là, c'est tout de même un revirement complet de sa part; qu'elle a annoncé ce matin (). Concernant, toujours, ce dossier de la pollution automobile à Paris.

Jusqu'à présent, la ministre de l'Ecologie freinait tant qu'elle pouvait, chaque fois que la capitale, lors de pics de pollution, demandait que soit imposée la circulation automobile alternée. Une mesure que Ségolène Royal assimile à de l'«écologie punitive», ce qu'elle abhorre. Mais là, ce matin, gros infléchissement. Bientôt, cette circulation alternée pourra être mise en place beaucoup plus en amont: «dès que l'alerte pollution est donnée, et plus seulement lorsque l'on constate la pollution». Les procédures seront assouplies pour, au besoin, prolonger pendant plusieurs jours cette restriction de circulation. Et, «chaque fois que des élus demanderont une réduction de la vitesse, ils l'obtiendront» – c'est loin d'être le cas, à présent.

La ministre a été moins claire, en revanche, sur un autre point, à propos duquel elle est pourtant attendue au tournant. Son dispositif () de petites pastilles de toutes les couleurs, à apposer sur les pare-brise des véhicules en fonction du degré de leur caractère polluant. A apposer sur une base volontaire seulement, bien sûr («Il ne faut pas stigmatiser les automobilistes, mais les encourager à rouler propre»).

Ce système a du plomb dans l'aile depuis qu'a éclaté le scandale Volkswagen, qui a montré combien sont discutables les indicateurs de pollution qu'annoncent les constructeurs automobiles. Dès lors, sur quels paramètres absolument incontestés et incontestables le gouvernement va-t-il bien pouvoir se baser, pour attribuer les petites pastilles de telle ou telle couleur à tel ou tel type de véhicule? La question se pose avec d'autant plus acuité, depuis ce matin. Moment choisi par VW pour confirmer que le fameux logiciel destiné à truquer les tests antipollution de ses moteurs diesel avait bel et bien été installé en France également. Et sur 948 064 véhicules, précisément – ce qui n'est tout de même pas rien.

29/09/2015

Un coup de com', de bon aloi

Paris, Transports, Santé, Environnement, International L'interdiction de la circulation automobile, dimanche dans une partie de Paris – que ce blog évoquait, hier – , n'a sans doute pas fait de mal ni à la santé des Parisiens, ni à l'environnement dans la "Ville lumière". Mais elle n'a pas non plus fondamentalement changé grand-chose.

C'est, en substance, l'enseignement que l'on peut tirer du bilan qui a été dressé de l'expérience.

Dans la zone centrale qui était fermée à la circulation, «des niveaux sensiblement plus faibles (de pollution) qu’à l’extérieur de cette zone» ont été relevés – l'inverse eut été un comble, cela dit... Ainsi, en ce qui concerne le dioxyde d’azote, les niveaux étaient plus bas de 30% sur les Champs et de 20% place de l’Opéra, comparés à un dimanche régi par des conditions météorologiques analogues. Même si, de toute manière, dans l'ensemble de la capitale avant-hier, les niveaux généraux de pollution de l’air ont été peu élevés, grâce à un vent modéré qui a éloigné les polluants.

Mais «cet impact significatif» a été «très local». Aucune amélioration notable de la situation n'a été notée dans le reste de la capitale, malgré le fait que les automobilistes avaient été invités à réduire à 20km/h leur vitesse de circulation. Et le périph' a été aussi pollué qu'à l'ordinaire un dimanche comparable.

Paris, Transports, Santé, Environnement, International Certaines zones de Paris intra muros ont même été, ponctuellement, ... davantage polluées que d'habitude. A Bastille, par exemple, en milieu de matinée: juste avant l'entrée en vigueur de la mesure de restriction de la circulation, quand donc le trafic sur la place était particulièrement congestionné.

Il s'est dès lors agi, avant tout, d'une opération symbolique. Pas marginalement un coup de com', même: visant à soigner l'image de Paris, deux mois avant l'ouverture de la grande conférence de l'ONU sur le climat, la COP21, qu'elle accueillera à partir de la fin novembre.

24/09/2015

Une commémoration qui approche

Dans un peu plus de trois mois, Paris commémorera les attentats de janvier. On commence à en savoir un peu plus sur la manière dont cela va se passer.

Des plaques commémoratives en mémoire aux victimes seront apposées aux endroits où elles ont été tuées. Dans notre onzième arrondissement, donc: rue Nicolas Appert (où se situait la rédaction de "Charlie Hebdo") et boulevard Richard Lenoir (où a été abattu le policier du commissariat du onzième). On fera de même devant l'épicerie casher de la porte de Vincennes. En outre, place de la République, 17 arbres devraient être plantés, en hommage aux 17 victimes. Enfin, une grande marche silencieuse pourrait se tenir dans le courant de la première semaine de janvier 2016 – soit un an jour pour jour après la terrible semaine.

Puisque, à ce stade de la préparation des commémorations, pas grand monde ne semble se souvenir d'elle, évoquons celle qui, parmi toutes les victimes de janvier, fut le plus rapidement oubliée – par les médias, en tout cas. A savoir, la jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe. Abattue par Amedy Coulibaly le lendemain de la tuerie à "Charlie" et la veille de la prise d'otages à l'hypercasher.

Elle fut assassinée en lisière immédiate de Paris, à Montrouge. Ce serait donc le minimum que, dans trois mois, la mémoire de cette jeune femme soit tout autant honorée, par la population mais aussi par les édiles de la capitale, que celles de toutes les autres victimes de ces dramatiques événements.

22/09/2015

Une ouverture «au rabais»

Les musées du Louvre et d'Orsay ainsi que le château de Versailles: trois institutions culturelles parmi les plus fréquentées de Paris et de sa région, qui pourraient bien voir leur fonctionnement perturbé, ces prochains jours. Un préavis de grève reconductible a d'ailleurs été déposé à Orsay pour ce mardi. Des réunions de la dernière chance étaient prévues ce matin, pour tenter d'éviter la fermeture de l'établissement.

Les syndicats protestent contre le projet d'ouverture 7 jours sur 7 de ces trois institutions, ainsi que François Hollande l'a promis. Au lieu d'être habituellement fermés au grand public les lundis ou mardis, Le Louvre, Orsay et Versailles seraient accessibles au public scolaire, ces jours-là. Pour les syndicats, c'est «une idée séduisante, mais qui est incompatible avec la réalité».

Ils argumentent (, notamment) qu'un musée n'est jamais inactif, y compris les jours où il est fermé au grand public. Le lundi ou le mardi, c'est le moment où les chercheurs ont accès aux collections, où on en profite pour procéder à l'entretien des lieux et effectuer des réparations, où on fignole les accrochages, où on organise des visites de presse ou des formations, etc. Accessoirement, ce sont aussi les jours où ces institutions remplissent leurs caisses: en privatisant leurs espaces (pour des réceptions, des cocktails d'entreprise, etc.). Bref, accueillir en plus les scolaires au même moment «ne peut matériellement s'envisager sans dégrader fortement la conservation du patrimoine et les conditions de travail des agents».

En outre, les gamins des écoles n'auraient «aucune garantie de qualité de visite dans de bonnes conditions». François Hollande avait souhaité () que, par cette initiative, soient «offertes à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, pour s'émerveiller, pour s'émouvoir». Très bien. Mais concrètement, à en croire ces opposants, dans ces musées ces jours-là, ces jeunes pourraient bien en être réduits à des «parcours en zig-zag, pour éviter les zones balisées en opérations techniques». Etre réduits, en somme, à des visites «au rabais, dans l’ambiance bruyante et parfois poussiéreuse de chantiers divers, de travaux et de circulation d’engins et de techniciens».

C'est évidemment une perspective moins emballante.

18/09/2015

Un succès pas garanti

Cela fait rêver. Un concours dont les lauréats gagneront... une photo dédicacée par François Hollande.

Ses communicants l'ont annoncé (ici) ce matin, à la veille des Journées du patrimoine. Ce week-end, les visiteurs de l'Elysée seront invités à partager les photos de leur visite du palais présidentiel, les partager via Instagram et Twitter, à l'aide du hashtag #ElyseeJEP. «Une sélection de ces photos sera affichée sur le site jep.elysee.fr. Cinq d’entre elles seront choisies pour être imprimées par le service photo de l’Elysée et dédicacées par le Président de la République». Cerise sur le gâteau, «le public pourra participer à l'opération "Ma photo à l’Elysée", qui permettra de se faire prendre en photo par les photographes officiels de la Présidence, dans la cour d’honneur du Palais de l'Elysée».

Quel merveilleux week-end en perspective.

L'histoire ne dit pas si les Français, dont les trois quarts sont mécontents de leur Président (voir , par exemple), vont se bousculer pour avoir son autographe.

17/09/2015

Un souhait de bonheur

Logement, Personnalités, Paris, JusticeManquait-elle vraiment aux Français? En tout cas, elle fait son retour (par la petite porte) sur la scène médiatique. Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot: l'ineffable égérie du grand mouvement de contestation de 2013 contre le mariage pour tous.

«Je souhaite beaucoup de bonheur à ces cinq étudiants», a-t-elle déclaré, hier. S'adressant aux jeunes gens qui viennent d'être relogés dans le somptueux logement social (un triplex de 173m², près du Champ de Mars) qu'elle occupait avec sa famille, et dont la ville de Paris l'a expulsée, l'an dernier – on avait parlé, à l'époque (), du (petit) chahut que cela avait suscité. Le logement avait servi de QG opérationnel aux anti-mariage gay. Désormais, il héberge une colocation étudiante.

C'est sans doute de bonne guerre – mais un peu facile, a-t-on trouvé – : la mairie vient de faire une grosse opération de com' autour de la réaffectation de cette habitation. Elle a notamment fait savoir qu'il lui avait fallu investir 75.000 euros dans la rénovation de ce logement, «qui n’avait pas été très bien entretenu». Virginie Merle-Tellenne n'a pas apprécié, pas plus que d'être à nouveau présentée comme une fraudeuse. D'ailleurs, elle ne lâche pas le morceau. Elle a fait appel de la mesure d'expulsion l'ayant frappée. La justice examinera le dossier à la fin novembre.

Logement, Personnalités, Paris, JusticeEst-ce à dire que, si d'aventure elle obtient gain de cause, elle ferait à son tour expulser ces cinq braves étudiants à qui elle vient d'adresser ses souhaits de bonheur? Non. Virginie Merle-Tellenne se satisferait de dédommagements qu'elle obtiendrait de la mairie, et laisserait ces jeunes gens profiter à leur tour des lieux. «Ils y sont bien, tant mieux pour eux. J’espère qu’ils auront une vie aussi engagée et active que j’ai eue dans ce logement».

Madame est vraiment trop généreuse.

 

PS: La même Frigide Barjot fait publier, ce jeudi, dans l'hebdomadaire d'ultra-droite "Valeurs Actuelles", un sondage qu'elle a commandé à l'Ifop, sur la loi Taubira. A en croire cette étude d'opinions, seuls 46% des Français souhaiteraient qu'après la présidentielle de 2017, cette loi soit conservée telle quelle. C'est vraiment trop généreux de leur part.

15/09/2015

Une cordialité dénoncée

Etrangers, Immigration, Personalités, Hidalgo, Le Pen, ParisLa maire de Paris, Anne Hidalgo, devrait porter le voile musulman. C'est la tenue que Marine Le Pen lui a conseillé d'arborer, hier soir, lors d'un meeting électoral tenu en banlieue de Paris. La patronne du FN ne décolère pas, après le tweet que la maire a envoyé, dans lequel elle souhaite la bienvenue aux candidats réfugiés politiques venus du Moyen-Orient, hébergés dans la capitale. Message de bienvenue rédigé en trois langues: français, anglais et arabe.

Depuis ce tweet, Anne Hidalgo est copieusement insultée par la mouvance d'extrême droite. «Collabo», pactisant avec «les envahisseurs» et «l'occupant», lui est-il même lancé. Non sans que, bien sûr, soient renvoyées à la figure de la maire ses propres origines étrangères (elle est issue de l'immigration espagnole), comme s'il s'agissait d'un stigmate infamant.

Ce matin, Marine Le Pen en a rajouté une couche. Sur une radio, elle a considéré qu'Anne Hidalgo incarnait «le summum des élus immigrationnistes», qui prêchent «l'intégration à l'envers». A savoir, si on a bien compris, qui se plient aux usages (linguistiques, ici) des nouveaux arrivants, alors que ce sont ces derniers qui devraient avant tout ce faire, pour s'intégrer à leur pays d'accueil.

On peut aussi considérer, sans en faire tout un plat comme ça, qu'accueillir des visiteurs dans leur langue est une simple marque de courtoisie. Une illustration de la chaleur et de la cordialité de l'accueil qu'on réserve à ces arrivants.

Bienvenue, donc, en effet. Et, pourquoi pas, dans toutes les langues.

 

PS: «J'ai même fait un an d'arabe dialectal, à la fac. J'aggrave mon cas...» La réponse ce matin, à cette attaque de Marine Le Pen, d'Anne Hidalgo. Qui, visiblement, n'est pas du genre à se laisser impressionner, ni à courber l'échine.

11/09/2015

Une tension, à gauche aussi

La maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), a annoncé hier la création de 540 places d'hébergement supplémentaires à l'attention des réfugiés. Elles seront aménagées dans six centres répartis dans la capitale. En juin, déjà, 1450 de ces migrants avaient été pris en charge par la ville, après l'évacuation par la police de plusieurs campements qu'ils avaient aménagés sur la voie publique – à Stalingrad, notamment.

Un bon millier de ces étrangers, toutefois, étaient restés sur le carreau. Ils campent depuis trois mois quai d'Austerlitz, et même sur le parvis de la mairie du 18e arrondissement, depuis quelques jours. Eux ne sont ni Syriens, ni Irakiens, mais Africains pour la plupart: essentiellement venus du Soudan, de Somalie ou d'Erythrée. Les laisser à la rue, alors que d'autres sont pris en charge? Délicat, politiquement et en termes d'image. Dès lors, ces étrangers-là y compris bénéficieront eux aussi des nouvelles capacités d'hébergement déployées à l'occasion de l'arrivée des déplacés du Moyen-Orient. «C'est une question de morale» qu'une telle égalité de traitement, a justifié la maire.

Qui, hier, n'a pas lésiné sur les grands couplets humanistes. Est-ce lié? Mardi soir, elle avait été prise à partie, sur sa gauche, concernant ce dossier.

Cela s'est passé dans notre onzième arrondissement, au Cirque d'Hiver précisément. Le PS y tenait un grand meeting consacré à ce thème des réfugiés – en compagnie, comme il se doit, de quelques people: Virginie Ledoyen, Jamel Debbouze ou Jane Birkin. A trois reprises, et notamment quand Anne Hidalgo discourait à la tribune, la réunion a été perturbée. Par des interventions d'activistes de collectifs associatifs venant en aide aux migrants parisiens regroupés dans ces campements de fortune (ici, notamment). Les trublions, avant d'être évacués sans ménagement par le service d'ordre du parti, ont eu le temps de brandir des banderoles et de scander des slogans hostiles au PS, auquel ils reprochent une «hypocrisie» et un réveil très tardif, sur ce dossier. «Hidalgo ne fait rien!», «Honte au PS!», «Ça suffit, ça suffit! Préfecture et mairie, tenez vos promesses!», «Ceci est un cirque!», a-t-on, ainsi, pu entendre.

Cela a évidemment jeté un froid, dans l'assemblée. Et a confirmé, si besoin, que la droite n'était pas la seule famille politique où cette question des migrants suscite des tensions et des divisions internes: c'est le cas à gauche également.

09/09/2015

Un effort à relativiser

François Hollande l'avait promis à Angela Merkel, ce week-end. Puis il l'annonça officiellement, lundi. Ce mercredi, arrivent en France les premiers convois de réfugiés syriens et irakiens, en provenance de Munich. Quelque 24.000 devraient suivre dans les deux ans à venir, fuyant comme eux les persécutions au Moyen-Orient.

Si rien, bien sûr, n'est jamais totalement comparable, a fortiori d'une époque à l'autre, rappeler l'Histoire permet parfois d'éclairer le présent. Donc quelques chiffres. A l'attention particulière des personnalités et des partis qui s'épouvantent que l'Hexagone prenne une telle part dans l'accueil de cette «déferlante migratoire».

Dans les années 70, la France accueillit 120.000 à 130.000 "boat people", fuyant le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Cinquante ans plus tôt, déjà, elle avait donné refuge à 120.000 Arméniens, rescapés du génocide. Et, à la fin des années 30 à nouveau, elle fut une terre d'asile. Franco ayant remporté la guerre civile espagnole, ce ne sont pas moins de 500.000 républicains qui, en quelques semaines, trouvèrent le salut en franchissant les Pyrénées. A cette occasion, certains départements français durent gérer un nombre de réfugiés qui était plus important que celui de leur propre population.

Des précédents historiques existent, donc. Certes, il ne se passèrent pas tous bien – comme l'a utilement rappelé un confrère, en début de semaine (voir ici). Mais ils permettent de relativiser l'ampleur de l'effort que la France va devoir accomplir, ces deux prochaines années.

 

PS: Effort qui, cela dit, dans son aspect financier, sera en (petite) partie pris en charge. Les europhobes de droite et d'extrême droite se gardent bien de le signaler, mais la France, pour chaque réfugié qu'elle accueillera sur son territoire, recevra une subvention de 6000€, versée par l'Union européenne.