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30/09/2008

Un abus

Avez-vous remarqué comme, depuis l’éclatement de la crise financière internationale, le vocabulaire le plus dramatique est utilisé? Comme si la situation n’était pas déjà sufisamment inquiétante et qu’il fallait encore en rajouter dans l’anxiogène.

On avait déjà eu droit au «Les Français ont peur» de Nicolas Sarkozy, qui rappelle le légendaire, et si critiqué à l’époque, «La France a peur» de Roger Gicquel - en 1976, au 20 Heures de TF1. On nous asséna ensuite que le monde était passé «à deux doigts de la catastrophe», que la planète était «au bord du gouffre», et que la finance mondiale était «dans la tourmente». Autant de termes qui, si on prend un peu le temps de s'attacher au poids des mots, ne signifient tout de même pas rien. Ce matin, on a lu un commentaire parlant carrément d’«apocalypse». Pour mesurer l’abus de langage, il suffit d’ouvrir le «Robert». Apocalpyse? «Fin du monde», rien de moins. Apocalyptique? «Qui évoque la fin du monde, de terribles catastrophes». Un paysage d’apocalypse? Un paysage «grandiose et terrifiant». Sans paraître idiotement lénifiant et dédramatisant, devant un telle avalanche de termes lexicalement si contestables, on était plutôt d’accord avec Christian Noyer en l’entendant à la radio ce matin. Le gouverneur de la Banque de France estimait que la situation était assez grave pour encore en rajouter et demandait que l’on «arrête de se faire peur collectivement».

Avez-vous remarqué comme, lorsqu’ils sont confrontés à une abondance de nouvelles préoccupantes, les médias, bons princes, aiment donner un peu de répit à leur public en accordant une large attention aux actualités les plus heureuses? On l’a encore vu hier, avec cette histoire d’accident d’avion manqué «d'extrême justesse» dimanche par le Premier ministre François Fillon. C’est une si merveilleuse histoire. A l’approche de l’aéroport militaire de Villacoublay, en banlieue parisienne, le Falcon 900 du chef de gouvernement a quasi miraculeusement échappé à une collision avec un petit Cessna égaré, qui s’était retrouvé à 60 mètres à peine de son appareil. En entendant ce modeste incident répété en boucle et à longueur de journées, les Français ont dû se dire que, tout de même, le monde n’allait pas si mal que cela puisqu'il y avait un pilote dans l'avion.

Avez-vous remarqué comme, dans cette dernière affaire, on a peu relevé une info collatérale révélée par cet incident? A savoir que, pour rentrer de week-end de son fief sarthois, le chef de gouvernement utilise donc l’avion. Alors qu’entre Angers et Paris le dimanche soir, il doit bien y avoir deux TGV par heure et que le trajet doit prendre à tout casser même pas deux heures. Ce choix de l’avion plutôt que du TGV, c’est pour éviter de devoir déranger les clients de la SNCF avec de fastidieuses et interminables opérations de déminage des trains, argumentait Matignon ce matin, sentant poindre un début de polémique sur ce recours abusif  (environnementalement, en tout cas) au transport aérien. Mais un commentateur peu charitable rappelait derechef que, pour l’inauguration du TGV-Est déjà, François Fillon avait couvert l’événement en avion. Alors que le train utilisé pour les cérémonies officielles avait évidemment été entièrement sécurisé et que donc son excuse favorite du déminage ne tenait pas le moins du monde…

25/09/2008

Un pari

«La musique adoucit les mœurs». Elle n’est donc pas du luxe, dans ce monde si «rude» qu’est la politique. C’est Ségolène Royal qui l’assurait hier soir, à la télé, en présentant le grand «Concert de la Fraternité» qu’elle organise ce samedi au Zénith. Le programme définitif de cette manifestation est désormais connu. Sur scène, on verra des peoples qui, l’an dernier, faisaient partie de son comité de soutien (Benjamin Biolay, Ariane Mnouchkine, Patrick Fiori, Cali, etc.), des jeunes qui montent (Ridan, da Silva ou Princess Aniès) et quelques vieilles gloires sorties pour l’occasion du formol (Trust, Hervé Villard ou Georges Moustaki). Bref, des «artistes engagés», qui, tous, «évoqueront les enjeux de fraternité et de lutte collective».

L’an dernier, à l’issue de sa campagne élyséenne, Ségolène Royal avait promis d’organiser une telle fête, pour remercier tous ceux qui l’avaient épaulée. Clairement, il ne s’agit pas uniquement d’un rendez-vous artistique: l’événement a une dimension nettement politique. En tentant d’amasser les foules de supporteurs autour d’elle, la socialiste espère se relancer, elle que les sondages donnent en perte de vitesse. Singulièrement, elle entend marquer les esprits des militants socialistes, qui sont actuellement en plein processus de désignation de leur prochain dirigeant.

A cet égard, Ségolène Royal s’est lancé un fameux défi, et a pris un gros risque, en jetant son dévolu sur le Zénith. En effet, cet immense paquebot amarré aux portes de Paris peut accueillir jusqu’à une demi-douzaine de milliers de personnes. Du coup, si d’aventure, samedi soir, il devait rester à moitié vide, l’effet médiatique et symbolique de cet échec serait catastrophique pour la socialiste, et aurait un impact politique indéniable.

C’est pourquoi son équipe va probablement veiller à habilement gérer les lieux. A la télé, tous les professionnels de la com’ vous le diront, il n’y a rien de pire que des plans de gradins clairsemés. Dès lors, on peut imaginer que lorsque le public entrera dans l’énorme hall de concert du Zénith, celui-ci ne lui apparaîtra pas d’emblée dans sa configuration la plus vaste. Au contraire, son cloisonnement en différentes aires plus petites et séparées de grands rideaux noirs, comme c’est possible, permettra aux organisateurs d’ouvrir progressivement de nouveaux espaces en fonction de la densité de la foule. Et donc de toujours veiller à ce que le rendu télévisuel de la manifestation donne une image d’affluence.

Depuis des semaines, au demeurant, les comités «Désirs d’avenir» se démènent sans compter pour assurer la promo de l’événement. On peut parier que, pour assurer le succès de ce «Zénith de la fraternité», la redoutable machine logistique royaliste ne manquera pas d’affréter des cars en provenance de tous les départements. Ségolène Royal elle-même, d’ailleurs, ces derniers jours, a multiplié les courriels adressés à ses sympathisants pour les presser de se rendre à Paris samedi. Et, au besoin, pour corriger les rumeurs malveillantes que ses opposants n’ont pas manqué de faire circuler à propos de son méga-concert. Ainsi, un bruit a couru récemment, selon lequel, pour pouvoir assister à cette manifestation annoncée pourtant comme gratuite, les spectateurs, à l’entrée, seraient en fait très fraternellement mais aussi et surtout très fortement invités à s’acquitter d’un montant minimal de dix euros. Un argument potentiellement dissuasif en ces temps de préoccupation populaire pour le pouvoir d’achat. Ségolène Royal l’a bien compris. Histoire de tordre d’emblée le cou à cette rumeur, elle s’est immédiatement fendue d’un démenti catégorique, rappelant que la participation aux frais serait totalement libre.

Verdict samedi soir pour voir si cela aura suffi et si la socialiste a gagné son pari.

24/09/2008

Une réprimande

Dans les colonnes du journal «Le Parisien» hier matin, Xavier de Rosnay et Gaspard Auge, les deux musiciens du groupe électro-pop français Justice, revenaient pour la première fois en longueur sur la furieuse polémique à propos de leur clip « Stress». En résumé (si vous avez loupé la controverse, relire ici ou ), ce clip ultra-violent, qui montrait des jeunes de banlieue en train de faire le coup de poing, a été accusé de propager une vision caricaturale et xénophobe de la jeunesse des «quartiers», comme on dit maintenant. Ce qui vaut au groupe d’être traîné en justice.

Les deux musiciens – eux aussi originaires de la banlieue parisienne, mais plutôt côté chic – assurent que le clip ne véhicule pas le moindre «message politique». Devant l’accusation de racisme, ils tombent des nues et lèvent les yeux au ciel. «Ce clip était juste l’illustration d’un morceau générant du stress, du malaise. Si on avait été Anglais en 1977, on aurait mis en scène des punks attaquant des petites vieilles ou des sosies de la reine d’Angleterre». Avant sa diffusion, la vidéo a été testée sur différents publics, y compris blacks ou beurs, sans poser de problèmes.

Il n’empêche, filmer des Noirs de banlieue attaquant des Blancs de la capitale n’allait-il pas forcément choquer? Le duo déplore une lecture raciale du film de Romain Gavras. Les jeunes voyous filmés «ne s’en prennent pas qu’à des Blancs», rappellent-ils. «La première personne qui se fait attaquer, c’est un Noir et c’est la seule à défendre une autre victime. Après, on y voit ce que l’on veut. Il n’y a pas que des Noirs dans ce clip. Non. Il n’y a que des Français. Le premier pas vers le racisme, c’est de faire une segmentation par race. Ceux qui résument le clip à cela révèlent un malaise sur le visage de la France d’aujourd’hui».

«Stress» n’a dû son formidable succès d’audience qu’à internet. Ce clip, en effet, n’a jamais été montré à la télé. Parce qu’il a été censuré par les diffuseurs, car jugé trop violent? Pas du tout, démentent Xavier de Rosnay et Gaspard Auge. «Des choses fausses ont été écrites. La vidéo n’a jamais été bannie de la télévision. Elle n’était que sur internet pour que les gens aient le choix de la voir ou pas».

 

De toute manière, si «Stress» leur avait été proposé, il y a fort à parier que les télés françaises y auraient regardé à deux fois avant de le diffuser. En effet, elles sont soumises à une très stricte surveillance de la part du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Pour preuve, tout récemment encore, le gendarme du PAF a adressé une très sèche réprimande à «Virgin 17», une chaîne de la TNT. En cause, la diffusion, un mercredi après-midi, d’un clip du fameux (et plutôt doué) rapeur américain Kanye West. Ce clip (plutôt vulgaire) illustre le morceau (plutôt moyen) «Flashing Lights». «En raison de la violence suggérée par la dernière scène», le CSA a sermonné la chaîne pour avoir diffusé ce clip accompagné uniquement  d’une signalétique de catégorie II (déconseillé aux moins de 10 ans). Pour l’organe de contrôle, le clip ne doit carrément pas être diffusé en journée, et a fortiori pas le mercredi, lorsque les gosses sont en congé. Le CSA vient donc de sommer «Virgin 17» de faire preuve désormais «de davantage de vigilance» dans sa programmation muscicale, sous peine d’être sanctionnée.

Le clip controversé ci-dessous, pour que chacun puisse juger. Dans la version qui circule sur internet, il est précédé – à l’inverse de «Stress» de Justice – d’un avertissement précisant qu’il ne s’agit que d’une expression artistique et invitant le spectacteur au discernement. Comme manifestement cela ne suffisait pas, une deuxième version, soft, du clip a été tournée et est désormais diffusée sur la plupart des télés. Toute trace de violence y a disparu: on n’y voit que des bimbos sculpturales se trémoussant lascivement. Le CSA n’a pas encore réagi.

 

19/09/2008

Une visite

A Paris comme partout ailleurs ce week-end, les Journées du Patrimoine. Parce que la petite histoire des grands de ce monde fait toujours recette, parce que les coulisses des lieux de pouvoir ont toujours excité la curiosité populaire, il y a fort à parier que cette année encore, la queue va être interminablement longue rue du Faubourg Saint-Honoré, devant les grilles du palais de l’Elysée.

L’an dernier, pour la première fois dans les annales, le bureau personnel du Président de la République avait été ouvert au public. Cette année, les visiteurs auront accès à trois salons supplémentaires dont le célèbre salon d’Argent, où Napoléon signa son acte d’abdication le 22 juin 1815, après avoir été défait à Waterloo. Sinon, à l’occasion de cette Journée, le chef de l’Etat a voulu «mettre l’Histoire en valeur sous un angle inédit». Du coup, dans le salon Napoléon III, seront présentés au public «les menus d’hier et d’aujourd’hui, donnés en l’honneur d’invités illustres». Et dans la Cour d’honneur, les visiteurs pourront s’extasier devant «une collection unique de voitures présidentielles des débuts de la Cinquième République».

Dans le petit dépliant de présentation du Palais qui leur sera remis à leur arrivée, les visiteurs de l’Elysée découvriront un cliché inédit du couple Sarkozy-Bruni, réalisé spécialement pour l’occasion par la grande photographe américaine Annie Leibowitz. La photo montre un couple plus amoureux et glamour que jamais, limite illu de couverture d’un bouquin de la collection «Harlequin».

Ce week-end, d’ailleurs, l’amour pourrait bien priver les visiteurs de l’Elysée du bonheur incommensurable d’une poignée de main avec le maître de maison. Nicolas Sarkozy, en effet, est attendu en début de semaine prochaine à l’Assemblée générale des Nations unies. Or, il se murmure qu’il pourrait anticiper son départ à ce week-end pour pouvoir jouir avec madame d’un merveilleux week-end en amoureux à New York.

Il n’y a pas à dire: ces gens savent vivre.

23/07/2008

Une rumeur

A chaque été dans la capitale française, sa grande (ou petite, c’est selon) polémique culturelle. Cette année, la controverse porte sur une des occupations favorites des Parisiens pendant les chaudes soirées de juillet et d’août: les séances de cinéma en plein air, au festival «Paris Quartier d’été» ou «Cinéma au clair de lune» par exemple. Et surtout au cycle «Cinéma en plein air», qui chaque soir d’été depuis 18 ans maintenant, réunit des milliers de gens sur la grande pelouse du Parc de la Villette.

 

Cet été, c’est le tumulte à la Villette. Pour la première fois, en effet, l’accès aux séances n’est plus gratuit mais facturé 2 euros par personne. Du coup, une pétition circule contre cette innovation. Elle a déjà recueilli plus de 2000 signatures.

 

La direction de la Villette présente cet accès payant comme «nécessaire pour continuer le cinéma en plein air que nous aimons». En effet, renoncer à la gratuité permettrait au festival de ne pas tomber sous le coup d’un règlement qu’aurait pris le Centre national de la cinématographie (CNC), et qui imposerait des contraintes aux organisateurs de séances gratuites de cinéma en plein air, en termes de programmation par exemple. L’objectif de ce texte est de limiter le nombre de ces manifestations, afin de ne pas faire trop concurrence aux exploitants de cinémas. Assez curieusement, toutefois, on ne trouve nulle trace dudit règlement dans la communication du CNC, et il ne paraît pas s’appliquer aux autres festivals.

 

Du coup, la rumeur qui court dans Paris en ce moment (et qui a notamment été relayée par «Télérama» récemment) met la fin de la gratuité des pelouses cinéphiles de La Villette plutôt sur le compte… de «la pression» en ce sens qu’aurait exercée MK2. MK2: le groupe spécialisé dans le cinéma d’auteur, qui possède dix multiplexes à Paris parmi lesquels les MK2 Quai de Loire et Quai de Seine, dont on parlait encore ici jeudi dernier. Ces cinémas sont situés de part et d’autre du bassin de la Villette, et donc à deux pas du parc du même nom. Selon cette thèse (qui émeut pas mal de festivaliers parisiens), MK2 aurait intrigué pour rendre payantes les soirées cinéma de La Villette, afin que les chiffres de fréquentation de ses propres salles ne souffrent pas trop de cette concurrence gratuite pendant la durée du festival.

 

Marin Karmitz, à qui on en parlait hier, ne décolère pas contre cette rumeur. Le fondateur et patron du groupe l’attribue à «une volonté délibérée, qui existe depuis un certain temps, de salir MK2». Il ne voit pas en quoi ce festival lui poserait des problèmes et, si c’était le cas, comment il réussirait  à lui faire renoncer à la gratuité. Marin Karmitz dément d’ailleurs l’existence même du fameux règlement attribué au CNC. Et soupçonne les responsables de La Villette de «faire porter à d’autres leur propre responsabilité», ce festival lui semblant «désormais entré dans un système marchand», comme l’illustreraient les tarifs prohibitifs imposés aux annonceurs pour les spots de pub projetés avant les films.

 

Une guerre estivale du cinéma à Paris? Les salles payantes contre les pelouses gratuites? Pas du tout, se défend le patron de MK2. Les fédérations d’exploitants ont conclu, il y a plusieurs années déjà, un pacte avec les municipalités organisatrices de festivals en plein air, portant notamment sur la programmation. Le deal est le suivant : aux salles payantes les films récents ou en cours d’exploitation, aux pelouses gratuites la mémoire du septième art. Chacun, en gros, s’y retrouverait plutôt. «Lorsqu’elles mettent en valeur l’Histoire du cinéma, les projections gratuites de films en plein air ne nuisent absolument pas au circuit commercial», soutient Marin Karmitz. «Au contraire, elles sont bienvenues: elles assurent la transmission de la mémoire et de la découverte du cinéma. Donc, globalement, elles donnent plus envie aux gens d’aller voir des films et remplissent une véritable mission d’éducation culturelle».

 

Une mission de service public qui, à La Villette en tout cas, est désormais moins bien assurée. Deux euros la place de cinéma, cela peut sembler peu par rapport aux tarifs pratiqués dans les salles parisiennes. Mais cela doit sans doute peser dans le budget des familles nombreuses qui ne partent pas en vacances et veulent malgré tout offrir des moments privilégiés à leurs enfants. A fortiori quand ces familles viennent des alentours de la Villette: les quartiers Stalingrad, Jaurès et tout cela, qui malgré le début de leur «boboïsation», ne font tout de même pas encore partie des plus privilégiés de Paris, loin s’en faut.

09/07/2008

Un manque

Estimez-vous manquer d’argent pour être heureux? N’aimez-vous pas parler d’argent? Si vous avez répondu par l’affirmative à ces deux questions, il y a de fortes chances pour que vous soyez… Français(e). C’est en tout cas l’enseignement que l’on peut tirer d’une enquête d’opinion que vient de rendre public l’institut de sondages Ifop, et qui a été menée dans cinq pays européens: l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France.

Il en ressort que plus de six Français sur dix (61%) estiment manquer d’argent «pour être tout à fait heureux». Cette carence est citée bien avant… l’amour (33%). Des cinq pays analysés, c’est en France que ce manque d’argent est le plus souvent cité. Les Britanniques et les Espagnols placent également cette récrimination financière en tête, mais celle-ci distance moins nettement les autres. Quant aux Allemands et aux Italiens, ils attendent surtout de l’amour et des amis pour être heureux.

Autre spécificité hexagonale: les réticences à parler d’argent. C’est en France que ce sujet est le plus perçu comme étant tabou ou incorrect. Une forte majorité de Français (59%) sont de cet avis. En revanche, dans les quatre autres pays analysés, seule une minorité de gens (de 28 à 47%) jugent incorrect de parler d’argent.

 

Du coup, on peut en déduire que plus on a le sentiment de manquer d’argent, et plus on en est malheureux, moins on est disposé à en parler. Ce serait assez humain, voire logique. Mais l’étude ne dit pas explicitement si l’inverse marche aussi: si moins on manque d’argent pour être heureux, plus on aime parler fric. Cela dit, ce serait bien en accord avec une certaine culture bling-bling.

04/07/2008

Un recul

C’était hier en fin de soirée, devant les news du jour à la télé. A un moment, on a eu, on va dire, comme un imperceptible mais très physique mouvement de recul.

 

C’était le résumé de l’actualité Betancourt du jour. Quelques heures plus tôt, on avait entendu à la radio (ou lu sur les dépêches d’agences de presse, on ne sait plus trop) que les retrouvailles entre l’ex-otage franco-colombienne et ses enfants s’étaient déroulées dans le cadre relativement privé de l’avion mis à la disposition de la famille Betancourt par la présidence de la République. En entendant ou lisant cela, on s’était dit que c’était plutôt bien. Qu’après tant d’années de séparation et de médiatisation, cette famille avait bien le droit à des retrouvailles dans l’intimité.

 

Et puis non, en fait. Pas du tout, découvrait-on devant le «Soir 3».  «Ce sont de très belles images», avait prévenu Marie Drucker. Exactement comme elle aurait dit «C’est une très belle scène» en parlant d’un film de cinéma. Ou «C’est un très beau passage» à propos d’un chapitre de roman – d'ailleurs, «Ingrid Betancourt est une héroïne de roman», s’extasiait ce matin une éditorialiste, à la radio. Et on eut droit, effectivement, et en très gros plans, aux images des retrouvailles de Lorenzo, Mélanie et Ingrid Betancourt.

 

Léger mouvement de recul donc, en voyant (voir comme «voyeur») cela. Disons qu’on n’avait pas forcément envie d’être là. On était évidemment en empathie avec leur bonheur. Leurs effusions n’avaient rien d’indigne ni d’impudique. La scène était même maîtrisée juste ce qu’il faut. C’était «de très belles images», en effet. Mais on ne voyait pas trop à quel titre, et de quel droit, on assistait à tout cela. Pour tout dire, on ne savait pas trop où se mettre. On se sentait un peu dans la peau de quelqu’un qui s’était incrusté dans une fête à laquelle il n’avait pas été invité. On voyait cette famille s’embrasser, se caresser, se sentir, se toucher. Et on sentait que ces moments si intimes, si physiques, en fait, on les voyait mais ils ne nous regardaient pas.

 

 

 

PS: Identique mouvement de recul, on l'avoue, en entendant hier soir à la radio le porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt. Qui comparait l’ex-otage à Nelson Mandela et à Gandhi.  Et réclamait pour elle le prix Nobel de la Paix.

28/05/2008

Une addiction

e4d9bfe5c794c2b6e8341ec3ee471a87.jpgDes semaines que son visage s’étale en grand format sur les panneaux publicitaires des couloirs du métro de Paris. Cette fois, ça y est, elle est là. Ce mercredi, Carrie Bradshaw, alias Sarah Jessica Parker, débarque dans 500 salles de cinéma de Paris et de France avec ses copines Samantha, Miranda et Charlotte pour l’adaptation en long métrage de la cultissime série télé «Sex and the City». Le film devrait faire un tabac. L’autre jour déjà, venue à Paris présenter et dédicacer la nouvelle (et très chère) gamme de parfums qu’elle vient de lancer, Sarah Jessica Parker a bien failli provoquer une émeute tant ses fans étaient nombreux.

N’importe qui ayant regardé ne serait-ce qu’un seul épisode de «Sex and the City» pourra le confirmer: Carrie Bradshaw est une passionnée de chaussures. En vraie «fashion addict», elle ferait n’importe quoi pour une paire de Manolo Blahnik. Du coup, l’institut de sondages TNS-Sofres profite de l’arrivée sur les grands écrans français de l’icône new-yorkaise de la mode pour rendre publics les résultats d’une enquête d’opinion essentielle, réalisée il y a quelques mois, sur… les Françaises et les chaussures.

Ce sondage indique qu’un peu plus de 4 femmes sur 10 (42%), contre à peine 2 hommes sur 10 (17%), aiment s'arrêter pour regarder les vitrines des magasins de chaussures, voire ont du mal à résister à la tentation de rentrer dans ce magasin quand elles ont aperçu un modèle qui leur plaît. Seules 20% des femmes disent ne pas faire attention aux devantures des magasins de chaussures.

 

efc0f5c5c9c9f002584e4ad8714cea3e.jpgEn moyenne, les Françaises possèdent 9 paires de chaussures (contre 6 pour les hommes). La moitié d'entre elles (50%) en possèdent 7 paires ou plus, contre 28% des hommes seulement qui sont dans ce cas. Les femmes détenant plus de 9 paires de chaussures font partie des catégories aisées (avec un record de 14 paires en moyenne) mais appartiennent aussi aux catégories moyennes supérieures (11). Onze, c’est le nombre moyen de paires de chaussures que l’on retrouve dans la garde-robe des Parisiennes.

Seules 13% des Françaises admettent posséder un grand nombre de chaussures, voire avouent, comme Carrie Bradshaw, les collectionner. Six Françaises sur dix considèrent détenir un nombre raisonnable de chaussures. Cette notion de raison, toutefois, est éminemment variable. Pour preuve, 33% des Françaises possédant plus de 20 paires de chaussures trouvent cette quantité raisonnable…

21/05/2008

Une détente

68f74ac48312f378f7b71986823a50d1.jpgLa vie est si dure. Parfois. Si on veut tenir le coup, il faut pouvoir, de temps en temps, s’offrir des petits moments de détente. Même et y compris quand on est Président. C’est sans doute ce qu’on s’est dit ces jours-ci au palais de l’Elysée. En ce moment, en effet, l’agenda présidentiel contient l’une ou l’autre pause détente aussi délassante que télégénique.

Ainsi, ce matin à 11h30, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le cinéaste et producteur américain Steven Spielberg. Pile poil le jour de sortie du dernier «Indiana Jones» dans les salles françaises: que voilà un plan de communication merveilleusement bien conçu. Qui sait, l’ami de Tom Cruise et le papa d’E.T. l’extraterrestre trouveront-ils le temps de visionner ensemble quelques séquences du «Royaume du crâne de cristal» dans la salle de cinéma privée de l’Elysée.

Demain à 18h, le chef de l’Etat reçoit en grandes pompes Céline Dion, en pleine tournée en ce moment à Paris. La chanteuse se verra remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. Rien ne figurant à l'agenda présidentiel officiel à l’issue de cette cérémonie, qui sait le Président de la République, qui adore pousser la chansonnette au coin d’une guitare avec ses copains, vocalisera-t-il quelques instants avec Céline, Carla et l’un ou l’autre ami. Ce sera un moment si joli. Et c’est sûr qu’après cela, cela ira beaucoup mieux dans le pays.

07/05/2008

Un changement

En 366 jours de présence de Nicolas Sarkozy au palais de l’Elysée, il y a en tout cas une catégorie de Français qui a expérimenté la rupture: les adeptes de la course à pied – pas un si micropublic que cela, puisqu’il rassemble tout de même quelques millions d’âmes. Le changement fut même spectaculaire.

Il y eut d’abord l’âge d’or du sarkozysme: les premiers mois de mandat du nouveau chef d’Etat. A l’époque, toutes les télés de France retransmettaient quasi en boucle les images du Président en train de faire son jogging. On voyait et revoyait cela tellement souvent la télé que le Président avait l’air de s’entraîner à longueur de journées. Il y eut successivement le jogging version capitale avec François Fillon dans les rues de Paris, le jogging version virile avec les gardes du corps aux alentours du Fort de Brégançon, le jogging version plagiste de luxe à Malte entre deux siestes sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré, le jogging version comique à New York en compagnie d’un Bernard Kouchner rubicond et essoufflé, etc., etc. La surexposition médiatique et la surexploitation politique de ce sport étaient telles qu’on déplora vite un dégât collatéral. A l’époque, le footing était si connoté UMP qu’il n’était pas rare que de simples quidams en train de s’adonner à la course pied soient subitement apostrophés par des «Allez Sarkozy!» (ou les variantes: «Plus vite, Sarko!», etc.) lancés par des passants hilares et moqueurs. On n’invente rien. C’est tellement véridique qu’on a personnellement vécu cela plusieurs fois - alors que, physiquement, on n’a pas grand-chose en commun avec le Président ;-). Et on connaît des coureurs à qui est survenue la même mésaventure. C’était tout simplement le dernier cliché à la mode: n’importe quel coureur à pied votait forcément UMP et ne rêvait que de singer l’hôte adoré de l’Elysée.

Cela, c’était il y a quelques mois. Mais cette époque appartient au passé. Avez-vous remarqué? On ne voit plus du tout d’images de Nicolas Sarkozy en train de pratiquer la course à pied – si on ne se trompe pas, le dernier grand footing télévisuel présidentiel remonte à la fin décembre 2007, à Louxor. Du coup, comme par magie, tous les coureurs à pied de France peuvent à nouveau pratiquer leur sport favori en toute quiétude, sans crainte d’être chambrés. Il ne viendrait plus à l’idée de quiconque de héler un coureur avec le nom du Président: la plaisanterie apparaîtrait définitivement datée.

Dimanche, lors d’un long (et sublimement estival) entraînement au Bois de Vincennes, on se réjouissait de cette tranquillité de sportif retrouvée. Entre deux foulées, toutefois, on se disait qu’avec les grands communicants de l’UMP et ce merveilleux athlète résidant à l’Elysée, on ferait mieux de rester sur nos gardes. De fait. On est tombé depuis, avec un peu de retard, sur une opération promotionnelle organisée il y a peu par les Jeunes UMP. Tenez-vous bien… un grand «Footing pour les Réformes» (de splendides photos ici). Du coup, on craint à nouveau le pire.

05/05/2008

Une grande réussite

990a38778ecba3510f484c690d76dfd2.jpgAprès avoir été aisément réélu maire de Paris en mars dernier, Bertrand Delanoë se lance dans sa grande opération de conquête du Parti socialiste, les yeux probablement rivés sur l’élection présidentielle de 2012. Cette semaine, un texte de réflexion dans la perspective du congrès du PS en novembre. Puis un livre d’entretien dans lequel il dévoilera sa vision pour la France. Ensuite une campagne de com’ en béton et une tournée de promo dans tout le pays. Et enfin une journée d’étude fin mai rassemblant tous ses soutiens. La mécanique Delanoë est bien rôdée et, dans les semaines à venir, elle va montrer toute son efficacité.

En même temps, cette machine peut aussi connaître de spectaculaires ratés. Vient d’en témoigner, sur le plan européen, le sort qui a été réservé ces derniers jours par les électeurs aux trois personnalités politiques auxquelles le maire de Paris a ostensiblement apporté son soutien.

Ce fut d’abord, à la mi-avril, Walter Veltroni, longtemps maire de Rome et grand ami du maire de Paris, que ce dernier est venu soutenir dans la dernière ligne droite de sa campagne en tant que leader de la gauche italienne aux élections législatives. Résultat: Veltroni a été battu à plates coutures par Silvio Berlusconi. Ce fut ensuite le ministre italien de la Culture Francesco Rutelli, qui était candidat de la gauche aux municipales de Rome et auquel Bertrand Delanoë a officiellement apporté son soutien. Résultat: lundi dernier,  après vingt ans de gestion de gauche, la mairie de Rome a basculé à droite, tombant même aux mains d’un post-fasciste, Gianni Alemanno. Ce fut enfin, la semaine dernière, Ken Livingstone, le maire travailliste de Londres, qui briguait un troisième mandat et auquel, le dernier week-end d’avril, Bertrand Delanoë avait rendu visite. Résultat: ce week-end, «Ken le Rouge» a été spectaculairement battu par son opposant conservateur.

La diplomatie du maire de Paris affiche donc une grande réussite: trois soutiens, trois déroutes. Bertrand Delanoë n’y est sans doute pas personnellement pour beaucoup. Il n’empêche, ne serait-ce que sur le plan symbolique, son ego et son plan de carrière auraient sans doute espéré autre chose avant de se lancer à son tour dans la bataille.

24/04/2008

Un cordon

Les journalistes ont donc (un peu) protesté hier midi, dans la cour du Palais de l’Elysée. A la sortie du Conseil des ministres, ils ont ostensiblement déposé par terre micros, stylos et caméras. Ce faisant, ils voulaient dénoncer le fait d’avoir été parqués en rang d’oignons derrière un cordon de sécurité. Alors que, d’habitude, ils évoluent librement dans la cour, ce qui leur permet d’interviewer au vol les ministres sortant du Conseil. Du coup, en lieu et place de la joyeuse agitation médiatique qui clôt habituellement les réunions hebdomadaires du gouvernement, c’est dans un silence de mort, et sans que la moindre question leur soit posée, que les ministres, souvent éberlués, ont regagné leurs voitures. La majorité des journalistes ont ensuite boycotté le compte rendu du porte-parole du gouvernement.

 Les journalistes tiennent à leur «stylo (ou micro) trottoir» ministériel hebdomadaire, le dernier exercice journalistique qui, par son immédiateté et sa spontanéité, casse (un peu) la communication si souvent très verrouillée des hommes politiques. A l’Elysée, si on veut mettre un terme à ce cirque médiatique, c’est officiellement parce qu’il pose des problèmes de sécurité. Comme l’a expliqué sans rire hier Franck Louvrier, le conseiller presse et communication de Nicolas Sarkozy, ce cordon a été mis en place car «la semaine dernière, deux ministres ont été fortement bousculés». «Il y a dans la cour de l'Elysée un nombre de médias beaucoup plus important qu'avant. Il faut donc trouver un dispositif qui permette aux uns et aux autres de travailler, pour que les journalistes ne soient pas bousculés par les voitures qui démarrent et qu'eux-mêmes ne bousculent pas les ministres ou se bousculent les uns et les autres». Pour la semaine prochaine, un dispositif plus adapté que le cordon est d’ores et déjà annoncé.Voilà pour la version officielle. Cela n’aurait toutefois rien d’étonnant que, dans les coulisses, cette décision d’éloigner les ministres des journalistes, en reléguant ces derniers derrière un cordon, ait été décidée avant tout pour cadenasser un peu plus la parole ministérielle et donc éviter les cacophonies et couacs gouvernementaux, si nombreux ces derniers temps. Ce coup du cordon journalistique est donc probablement la première mesure, et le coup de maître, du publicitaire Thierry Saussez, le grand ami de Nicolas Sarkozy, nommé récemment Délégué interministériel à la communication pour, précisément, resserrer les boulons médiatiques du gouvernement.

Ce serait d’autant moins étonnant que ce cordon, c’est un grand classique des publicitaires s’essayant à la communication politique. La droite n’a d’ailleurs pas du tout le monopole de cette technique. On s’en souvient parfaitement. Début 2002, la grande communicatrice Nathalie Mercier (venue elle d’Euro RSCG, la boîte de pub de Jacques Séguéla) avait débarqué à Matignon pour coacher la com’ et booster l’image du Premier ministre et futur candidat socialiste à l’Elysée Lionel Jospin. Le premier accessoire de presse qu’elle avait ressorti, c’était… ce fameux cordon. Pendant quelques mois, les journalistes ont bouffé du cordon à longueur de journées. Ils n’étaient autorisés à se positionner qu’à certains endroits bien particuliers: endroits qui avaient été préalablement sélectionnés et validés par les communicants de Matignon en fonction de leur rendu télévisuel et du jour favorable sous lequel ils feraient apparaître l’homme politique. A cette époque, pour éviter notamment les petites phrases mal dosées ou le «off» qui dérape, Lionel Jospin ne se déplaçait plus qu’entouré de gardes du corps tenant tous à la main un cordon de sécurité qui formait un cercle mouvant autour de lui et barrait l’accès aux journalistes.

Un tel dispositif était à la fois pathétique, ridicule et inefficace. Au bout de quelques mois, d’ailleurs, le fameux cordon a été abandonné. Et plus personne n’a jamais entendu reparler de la grande prêtresse de l’image politique Nathalie Mercier (recyclée depuis à la com’ du musée Branly). Peut-être faudrait-il rappeler ce flop mémorable à Thierry Saussez.

PS : Parlant de ce Thierry Saussez, notez qu’on peut être un grand communicant  «un des leaders de la communication institutionnelle et politique en France», se présente-il lui-même, de manière assez immodeste – et négliger sa propre communication. Prenez le site web du «Monsieur anti-couacs» du gouvernement. Outre un design un peu daté et de nombreuses coquilles,  sa rubrique «Actualités» n’a plus été actualisée depuis… la fin février.

16/04/2008

Une question

L’envolée historique des prix, les Français la sentaient et s’en plaignaient depuis des années. Hier, l’Insee (ici) l’a enfin reconnue. L’Institut l’a chiffrée à +0,8% sur un mois – en un seul mois donc, a été engloutie la moitié de la  hausse annuelle prévue pour toute l’année par le gouvernement: félicitations aux prévisionnistes de Bercy pour l’acuité de leur jugement. Et à +3,2% sur l’année: du jamais vu depuis 1991. Conséquence mécanique de cette valse folle des étiquettes: début mai, le salaire minimum sera augmenté de 2,3%, ce qui représente au bout du mois une vingtaine d’euros nets en plus sur la feuille de paie des quelque 2 millions de smicards.

Cette opération de rattrapage bénéficiant au smic – une première depuis 1996 – vient rappeler le niveau de cette rémunération, qui est versée à quelque 15% des travailleurs en France: très exactement 8€44 bruts de l’heure, ce qui donne par mois 1279€ bruts, soit quelque 1000€ nets.

D’où cette question, qui paraîtra infiniment tartouille mais qu’on s’est toujours posée depuis qu’on vit en France et à laquelle on n’a jamais obtenu de réponse convaincante. Comment donc fait-on pour vivre avec 1000€ par mois? Comment diable parvient-on à boucler ses fins de mois et à ne pas sombrer dans le surendettement avec un salaire d’un tel niveau? A fortiori quand on a des enfants à charge. Quand on est à temps partiel (4 smicards sur 10) et qu’on gagne donc encore moins que ces 1000 euros par mois. Et/ou quand on habite des villes comme Paris – dans notre quartier Bastille-Marais, cela met donc le prix moyen du moindre mètre carré… à 8 smics.

10/04/2008

Une sanction?

2a6db410e866802d136f6694ba661619.jpgCe soir, les dirigeants du Paris Saint Germain (PSG) sont convoqués devant la commission de discipline de la Ligue française de football professionnel. En cause évidemment, l’affligeante banderole haineuse et insultante contre les Ch’tis déployée fin mars en plein match. En guise de sanction, le club de foot parisien risque une amende, un match à huis clos ou le retrait d’un point – ce qui n’arrangera rien aux mauvais comptes du PSG, déjà chroniquement menacé de relégation.

En outre, deux mesures de rétorsion supplémentaires, au moins aussi potentiellement préoccupantes pour le club, sont en cours d’étude dans d’autres instances. Sans parler des poursuites judiciaires dont font l’objet les idiots ayant conçu, réalisé et déployé la fameuse banderole: trois personnes ont été placées en garde à vue ce matin.

D’une part, le ministère de l’Intérieur envisage la dissolution administrative des «Boulogne Boys»: l’association de supporteurs la plus radicale, la plus ancienne et la plus importante (elle compte plusieurs centaines de membres) du PSG. Ses dirigeants, en effet, auraient au minimum fermé les yeux sur la confection et le déploiement de la banderole. D’autre part, le Conseil de Paris est à nouveau saisi d’une demande de suspension de la subvention (de plus de 3,5 millions euros) versée chaque année par la ville au club de foot.

Cela fait plusieurs années que ce genre de requête de sanction financière revient régulièrement, portée par des élus écologistes ou UMP. Cette fois c’est un conseiller et sénateur centriste, Yves Pozzo di Borgo, qui remonte au créneau. Il juge que «l’affaire de la banderole injurieuse montre une fois de plus que ce club ne remplit pas ses engagements de prévention et de lutte contre les discriminations». Or, l’octroi des millions de la mairie au PSG est désormais explicitement lié à l’engagement de ce club d’agir contre le hooliganisme, le racisme et les discriminations. Cette charte avait même été renforcée à la suite de la mort, fin 2006, d’un jeune supporteur parisien, en marge d’affrontements entre les hooligans du PSG et des supporteurs du club israélien de Hapoël Tel-Aviv.

Mais le maire de Paris a toujours refusé de couper les vivres au PSG en suspendant le «partenariat exigeant», selon ses mots, qui unit la Ville et le club parisien. Son argument massue? La convention porte «sur la mise à disposition des jeunes Parisiens de places de foot et le financement de mesures de sécurité et de prévention». En clair, l’arrêt du subventionnement public du PSG ferait plus de victimes collatérales innocentes que de tort aux hooligans.

Soit. Mais alors, on fait quoi?

31/03/2008

Un retard

7cb6cdce95db980197dd161b2b8a8305.jpgAvis aux retardataires et/ou aux étourdis: l’échéance fatidique est fixée ce 31 mars à minuit, pas une minute de plus. Passée cette heure, en effet, les billets de 200 FF à l’effigie de Montesquieu ne pourront plus être échangés et ne vaudront donc plus rien du tout.

 

A première vue, on aurait cru que, six ans après l’introduction de l’euro, une poignée seulement de Français disposaient encore de ces vieux francs dans leur bas de laine. Et bien, pas du tout, et on est même tombé des nues en découvrant le chiffre: la Banque de France recense quelque 3,74 millions de billets Montesquieu encore en circulation. L’Hexagone a d’ailleurs prévu des délais d’échange très larges pour les anciens francs. Si le 100 francs Delacroix perdra sa valeur courant 2009, le 500 francs Curie, le 200 francs Gustave Eiffel, le 100 francs Cézanne, le 50 francs Saint-Exupéry et le 20 francs Debussy pourront être échangés jusqu’en 2012.

Tiens, au fond, parlant de monnaie, une récente étude de l’Insee a montré que là aussi, comme dans l’échange des anciens billets, la France souffrait d’un certain retard. En effet, une minorité non négligeable de quatre Français sur dix comptent encore parfois en francs.

Tout dépend en fait du montant de la transaction. Pour un montant inférieur à 100 euros, seules 2 pc des dépenses sont converties en francs. Mais le chiffre monte à 5% pour les dépenses jusqu’à 1500 euros et à 11% pour les dépenses au-delà de ce montant. Les grosses dépenses donc, à savoir celles qui nécessitent une réflexion voire génèrent un stress, sont régulièrement converties dans l’ancienne monnaie. Ainsi, lors de l’achat d’une voiture, moins d’un Français sur trois pense uniquement en euros, mais six Français sur dix réfléchissent en francs. D’autres facteurs que le montant de la dépense jouent également. Par exemple, le retard dans l’adoption mentale de l’euro est plus fréquent chez les personnes peu diplômées et à revenus modestes que chez les autres. Il se rencontre aussi plus fréquemment en province et en outre-mer qu’en région parisienne. Et il touche moins les jeunes. Selon l’Insee, pour une dépense donnée, une personne de plus de 55 ans est cinq fois plus susceptible d’utiliser mentalement le franc qu’un jeune de moins de 25 ans.

26/03/2008

Un dépit

8efb395ef0acb39348df49f34303d544.jpgOn avait d'emblée localisé l’accent. La voix ne nous était pas inconnue, mais on ne l’avait pas identifiée immédiatement. C’était en fait Freddy Thielemans, le bourgmestre de Bruxelles. Qui, à la radio l’autre jour, paraissait très dépité. Un peu énervé même, pour tout dire.

Il faut dire qu’une enquête réalisée après de 1110 voyageurs par le site de voyages TripAdvisor vient de classer Bruxelles comme… la ville la plus ennuyeuse d’Europe. Devant Zurich, Oslo, Varsovie et Zagreb. A l’attention de tous les auditeurs et potentiels visiteurs français, le maire de la capitale belge tentait donc de rectifier l’image de sa cité. Non, non, assurait-il et répétait-il en boucle, on ne s’ennuie nullement à Bruxelles. Proportionnellement à sa superficie, cette ville accueille même, sur son territoire, la plus grande concentration au monde de théâtres.

Selon ladite étude, Paris est le meilleure ville d’Europe pour la cuisine, le shopping et la mode. C’est aussi, avant Venise et Rome, la cité la plus romantique du vieux continent. Zurich décroche la palme de la ville la plus propre, Prague celle de la plus économique. Londres est la ville la plus sale et la plus chère. Au total, dans ce classement, Paris ne s’en sort pas trop mal. Certes, c’est la deuxième ville la plus chère et la plus sale d’Europe. Et elle est considérée comme la moins accueillante de toutes. Mais, citée dans 9 des 14 catégories du questionnaire, elle est aussi la capitale la plus nominée de toutes les villes européennes.

22712a88484f651a40628be8578e68aa.jpgL’étude, en gros, consacre et alimente tout de même pas mal de vieux clichés sur les grandes capitales européennes, au premier rang desquels l’image d’Epinal d’un Paris chic, savoureux et tendance mais peuplé de Parisiens peu aimables voire carrément teigneux. Au téléphone hier soir, un attaché de relations publiques pour TripAdvisor, un peu gêné, recadrait la portée de ce classement. Ce n’est qu’«une enquête de perception, qui ne reflète pas forcément la réalité», rappelait-il. Elle a été menée en majorité «auprès de voyageurs anglo-saxons, majoritairement Américains», donc elle peut être biaisée. En outre, touristiquement, les voyageurs interrogés sont «relativement immatures», dans le sens où ils ne passent souvent qu’en coup de vent en Europe et «n’y synthétisent en vitesse que deux, trois choses». Avant de passer à autre chose.

Et notre interlocuteur de pousser l’amabilité belgophile jusqu’à préciser que, pour sa part, il trouvait que certains quartiers de Bruxelles ressemblaient agréablement «aux quartiers branchés de New York: Soho, Tribeca, etc». Connaissant les deux villes, on ne voyait pas très bien ce qu’il voulait dire, mais on ne doutait pas qu’une telle appréciation allait mettre quelque baume au cœur des Bruxellois.

27444626b20eac703d0f85264d991281.jpgFreddy Thielemans se consolera également en prenant connaissance d’une autre étude internationale, elle beaucoup plus favorable à la capitale belge. Il s’agit de l’édition 2008 du «Top35 des villes du monde où il fait bon vivre pour les Européens». Bruxelles y pointe en sixième place à égalité avec Luxembourg, loin devant Paris (en vingtième position). La capitale française est même devancée par Strasbourg.

PS: Ce critère de l’enquête du TripAdvisor: «la ville européenne avec le plus de gens beaux». Réponse des sondés, dans l’ordre: Rome, Paris puis Stockholm. Ici, pas de doute même si on adore Rome: on aurait classé Paris très largement en tête.

17/03/2008

Une vedette

adb1e0ef8cd4e3b9383a50ff8afbd8d4.jpgHier, incontestablement, ce fut lui la vedette de la soirée électorale dans la capitale: l’ancien maire de Paris (1995-2001) Jean Tiberi, qui, avec 225 voix d’écart seulement, a réussi in extremis à conserver sa mairie du cinquième arrondissement. Ce fut lui la vedette bien plus que Bertrand Delanoë, qui a certes rempilé à l’Hôtel de Ville mais n’est pas parvenu à faire basculer à son profit l’un ou l’autre arrondissement supplémentaire et donc surtout pas ce fameux cinquième. Il se raconte d’ailleurs que, derrière ses sourires de façade, Bertrand Delanoë, hier soir, était fou de rage de voir sa candidate socialiste dans le cinquième, Lyne Cohen-Solal, à nouveau défaite par ce décidément indéboulonnable Jean Tiberi: depuis 25 ans maire et depuis 40 ans député du cinquième.

Il faut dire que c’est un lascar, cet homme-là. On s’en était rendu compte lors de la campagne pour les législatives de 2002. On l’avait alors suivi toute une journée sur le terrain, dans son fief aux pieds du Panthéon. On en avait gardé un très bon souvenir.

Car Jean Tiberi est un homme vraiment très drôle. Il n’a jamais sa langue (de vipère) en poche, il est mordant, roublard et fielleux à souhait, il a tant de répartie qu’il accepte sans problème d’être chambré, il a une mauvaise foi délicieusement crasse, il a toujours dans sa poche une anecdote dévastatrice et un bon mot assassin. Tutoiement facile, main constamment sur l’avant bras de son interlocuteur, clins d’yeux permanents, larges sourires dévoilant ses dents de la chance: il a aussi ce contact très physique, limite charnel, avec les gens qui est l’apanage des grands professionnels de la politique.

C’était un moment plaisant mais aussi très instructif. Rue Mouffetard ou place de la Contrescarpe, Tiberi connaissait absolument tout le monde, faisait la bise à quasiment chaque passant, tutoyait tous les commerçants, appelait la plupart des gens par leur prénom sans jamais se tromper. Et malgré le train d’enfer de sa campagne, il prenait interminablement le temps de répondre à toutes les sollicitations des habitants croisés, notait soigneusement la moindre de leurs demandes dans son petit cahier,  promettait faveurs, services et interventions à longueur de journée. Un modèle de «proximité», se vantait-il. Un sommet de «clientélisme», selon ses détracteurs. Du grand art, en tout cas.

 

Ce qui risque d’être très artistique aussi, voire carrément baroque, c’est la cohabitation qui va se nouer dès demain sur les bancs du Conseil de Paris entre Jean Tiberi – multirécidiviste patenté de la mise en examen et des affaires: «Tiberi en prison!» ont scandé ses opposants hier  soir  –  et sa collègue voire possible chef de groupe UMP Rachida Dati, ministre de la Justice. On ne trouvera pas plus beau contraste politique entre ce vieux Corse adepte de la politique et des méthodes de papa, très quatrième République en somme, et l’égérie de la modernité sarkozienne.

14/03/2008

Une fin

Plus que deux fois dormir et la France en aura donc fini avec ces élections municipales. Il est grand temps, d’ailleurs, que la campagne se termine.

A Marseille, on l’a vu hier, les colleurs d’affiches et distributeurs de tracts des deux camps en viennent à se taper dessus. A Paris, en revanche, les jeux semblent tellement faits qu’on s’ennuie à mourir – il fallait vraiment être passionné pour ne pas tomber en narcolepsie hier en fin de soirée devant l’émission spéciale consacrée à ce scrutin parisien par France 3-Ile de France. A Neuilly, le berceau historique de la Sarkozie, après les coupes de champagne dimanche dernier, ce sont les insultes antisémites que, dorénavant, l’on se lance à la tête. A l’UMP, on frise le n’importe quoi puisque le meilleur ami du Président, le député Patrick Balkany, en vient à flinguer en public Patrick Devedjian, le patron du grand parti présidentiel. A la Sofres, Ipsos, BVA ou autres instituts de sondages, on en arrive à publier, pour Toulouse par exemple, des enquêtes d’intention de vote pointant les deux candidats à 50-50. Or, si vous posez la question en privé à n’importe quel grand patron d’institut de sondage, il vous confirmera qu'un résultat annoncé comme cela n'a absolument aucun sens. Il vous expliquera que vu notamment la marge d’erreur, s’il fallait être tout à fait honnête, un tel sondage devrait être présenté de la sorte: «Les deux candidats sont dans une fourchette entre 48 et 52 mais nous sommes dans l’impossibilité la plus totale de déterminer lequel des deux finira par l’emporter». Conclusion honnête mais évidemment peu vendable à la Une des journaux. Du coup, on résume à 50-50, ce faisant on entretient le suspense, donc on stimule la commande de nouvelles enquêtes, dès lors on fait tourner le business.

Les sondeurs d’ailleurs, au premier tour dimanche dernier, ont tout de même pas mal cafouillé, a-t-on assez peu souligné. Sur le taux d’abstention par exemple, qui fut donné d’abord remarquablement bas puis finalement historiquement haut. Le sommet de la cacophonie, néanmoins, fut sans conteste atteint par le ministère de l’Intérieur, qui a connu un énorme bug informatique ayant considérablement retardé la validation et la publication des résultats. Rebelote dimanche pour le second tour? Il ne manquerait vraiment plus que cela, en guise de pénible fin de scrutin.

13/03/2008

Un goût

8dcd5fdd693af69dd77bf26ba2c3be8f.jpgLes fabricants et vendeurs de sandwichs voient-ils leurs chiffres de vente exploser en campagne électorale? Si tous les journalistes de France, de Navarre et d’au-delà, qui suivent la campagne pour ces élections municipales, sont au même régime alimentaire que nous, la réponse à cette question est incontestablement oui. Dans ces périodes, en effet, on n’a que le temps de manger des sandwichs: matin, midi et soir.

Si donc, pour les plumitifs en tout cas, la politique hexagonale avait un goût   à supposer qu’on puisse parler de saveur s’agissant d’une nourriture si industrielle et si peu roborative – ce serait assurément… celui du sandwich.

On s’était déjà fait la réflexion la semaine dernière. En coursant à Paris des candidats comme Rachida Dati (en Dior et bottes à talon vertigineux), Christine Lagarde (en béquille pour cause d’entorse, dès lors plus facile à suivre) ou Jean-Marie Cavada (en très petite forme dans ses discours, avait-on trouvé – au vu de la gifle qu’il s’est prise dimanche soir, les électeurs du douzième arrondissement ont été du même avis).

On a de nouveau expérimenté ce grand classique gastronomique des campagnes électorales françaises ce mercredi. A Toulouse (*), en suivant Pierre Cohen, le député socialiste qui rêve de faire basculer à gauche la Ville rose, gérée depuis 37 ans par la droite. De nouveau, cela a été une journée 100% sandwich.

Ce jeudi, à Marseille cette fois, on n’aura d’autre choix que de regoûter aux plaisirs du sandwich sur le pouce. En compagnie toute la journée du maire UMP Jean-Claude Gaudin, qui brigue un nouveau mandat. Au vu de son agenda (des rendez-vous presse à 11h30, 15h et 16h30, excusez du peu), on craint de n’avoir, une fois de plus, pas le temps de s’offrir une bouillabaisse sur le vieux port avec les mouettes, notamment, comme aimable compagnie.

Au moins, lors de cette campagne électorale-ci – qui, vu le timing, a été plus Air France que SNCF – a-t-on  tenté un léger saut qualitatif, en troquant le sandwich mou des chemins de fer contre le plateau-repas des compagnies aériennes. Pas sûr, cependant, qu’on y a gagné au change.

(*) La dernière fois qu’on était venu en reportage ici, s’est-on souvenu hier, c’était l’an dernier, en compagnie de Ségolène Royal et du Premier ministre espagnol José Luís Zapatero, à la veille du premier tour des présidentielles. Cela n’a pas trop porté chance à l’intéressée. Porterait-on la poisse aux socialistes à Toulouse? Réponse dimanche soir.

11/03/2008

Un score

6c2bd369ff3b0b093086880f1383e956.jpgLes habitants du sixième arrondissement sont cool. Dimanche, à l’occasion du scrutin municipal, ils ont réservé un plutôt bon accueil électoral à un candidat pourtant très atypique puisqu’il s’agit d’un… SDF, Jean-Marc Restoux.

L’homme, âgé de 54 ans, outre qu’il tient un blog, fait la manche depuis des années à Saint-Germain des Prés – quasi impossible d’aller prendre un verre au «Flore» ou au «Deux Magots» sans le croiser. Histoire notamment d’apporter «un autre son de cloche» à la campagne municipale parisienne et de «prouver que les gens dans la rue ne sont pas des abrutis»,  il présentait à la mairie une liste soutenue par l’association «Salauds de pauvres», liste sur laquelle, en guise de «people», figurait l’écrivain Frédéric Beigbeder. Sur les quelque 15.000 votants du sixième, 577 lui ont donné leur voix. Ce qui assure à ce candidat un score de 3,7%, soit quasiment autant que les Verts (3,8%) et beaucoup plus que le Front national (2,3%).

Comme toutefois il n’a pas atteint la barre des 5% des suffrages, Jean-Marc Restoux ne verra pas ses frais de campagne (1800€) remboursés. Dès dimanche soir, dès lors, l’homme s’est remis au travail: a recommencé à faire la manche boulevard Saint-Germain.

PS: Parlant de SDF, la réalité parfois égale dramatiquement la fiction. Les fabuleux romanciers Murakami Ryû (dans «Miso Soup») et Bret Easton Ellis (dans «American Psycho») ont écrit des scènes hallucinantes de SDF massacrés par des psychopathes: de grands moments littéraires, même si ces passages sont presque illisibles tellement ils sont insoutenables de cruauté et de violence gratuite. Hier à Lille – mais cela aurait très bien pu se passer à Paris aussi – deux ados de 12 et 17 ans ont été mis en examen et écroués pour avoir tenté d’assassiner un SDF. Samedi soir, le miséreux aurait refusé de leur donner de l'alcool. En retour, les gamins se seraient acharnés sur lui à coups de couteau à la gorge et aux reins. Les jours de la victime, grièvement blessée, ne sont plus en danger.