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07/04/2014

Un moment d'hésitation, révélateur

Un sondage de popularité assez moyen pour l'exécutif Hollande-Valls, publié ce matin (ici). Le hasard a voulu qu'on ait fait partie du panel des personnes interrogées. A dû jouer aussi le fait que nos téléphones n'étant pas sur liste rouge, on est sollicité à longueur de journées par des démarcheurs de toutes sortes, dont des sondeurs. Comme chaque fois, cela a été assez comique de répondre aux questions de la petite main qui, samedi matin, pour l'institut OpinionWay, nous a appelé en vue de cette enquête d'opinions.

Ainsi, la formulation d'une de ses questions en disait long sur l'ambiance anti-politique du moment, dans la population: «De quel parti politique vous sentez-vous le plus proche, ou, disons, le moins éloigné?» Parmi les formations qui étaient suggérées comme réponses à cette question, on a même eu droit au petit parti «Chasse, Pêche, Nature et Traditions», qui, pourtant, a depuis longtemps disparu de la circulation. Parmi les personnalités dont on était prié de dire si on était satisfait («assez ou très») ou mécontent («assez ou très»), figurait un certain... Nicolas Sarkozy. Qui a théoriquement quitté la politique active. On a aussi découvert que, parmi les questions destinées à établir le profil socio-économique du sondé (nécessaire, s'agissant d'une enquête par quotas), figurent, outre les interrogations habituelles (taille et composition du ménage, dernier diplôme obtenu, etc.), une question relative... au permis de conduire: la possession ou non de ce titre, et le nombre de points y figurant – on n'a pas bien vu le rapport.

Surtout, comme chaque fois qu'on a en ligne quelqu'un d'un institut de sondages, on a eu droit à ce délicieux petit moment d'hésitation de notre interlocuteur, après l'énoncé de notre profession. Puis à une requête de sa part de bien vouloir patienter quelques secondes, suivie d'un blanc. Soit sans doute le moment, pour lui, d'interroger son supérieur: sur la catégorie socio-professionnelle dans laquelle il pouvait bien classer cette occupation de journaliste (employé? cadre? profession supérieure?).

En ces temps de précarisation grandissante de la corporation journalistique (relire , par exemple), on n'est jamais assez prudent.

03/04/2014

Un fonctionnement quasi-dynastique

Puisqu'on évoquait hier le nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin, il a été élu très confortablement, dimanche. Par 64,4% des voix. Or, il y a six mois encore, c'était un parfait inconnu. Neuf Parisiens sur dix des quartiers Bastille-Nation-République qu'on aurait interrogés auraient probablement été complètement incapables de le situer.
 
Ce n'est pas faire injure à ses compétences et talents (éventuels: on ne le connaît pas du tout) que de le signaler: l'homme ne doit son ascension qu'au fait que son prédécesseur a renoncé à son poste, et lui a transmis les clés de la mairie. Ce précédent maire du onzième, le député PS Patrick Bloche, contraint par la nouvelle règle du non-cumul, a préféré conserver son siège de député plutôt que sa mairie d'arrondissement. En 2008, lui-même avait hérité de la mairie à la suite de combinaisons et de tractations politiques opaques, ayant abouti au retrait de son prédécesseur, depuis 1995: l'ancien ministre Georges Sarre. Qui, pour l'anecdote, en 2014, soutenait une liste dissidente   il faut suivre... 
 
Tout cela pour dire que ce mode de fonctionnement partisan quasi-dynastique, dans les bastions socialistes que sont les arrondissements de l'Est parisien, n'a pas contribué à motiver beaucoup l'électeur. Dimanche, dans notre arrondissement, ils ont été 42% à ne pas voter, soit encore davantage que le taux national d'abstention (38%).

02/04/2014

Une mode socialiste?

Paris, Personnalités, ModeSystématiquement de travers, sur ses affiches de campagne électorale: la cravate du nouveau maire de notre onzième arrondissement de Paris, François Vauglin. Qui sait ce détail vestimentaire ne doit-il rien au hasard, mais traduit-il une mode, chez les socialistes français. François Hollande lui-même, si par extraordinaire cela vous avait échappé, est visiblement incapable de faire un noeud correctement. Lui qui, depuis le début de son mandat, s'affiche régulièrement avec une cravate complètement de travers.

Pas sûr, cela dit, que le tropisme vestimentaire «hollandais» de notre nouveau maire le rende populaire aux yeux de celui qui est désormais le plus célèbre des habitants de son arrondissement: le nouveau Premier ministre Manuel Valls.

Ce dernier, en effet, pendant la campagne présidentielle de 2012, alors qu'il était en charge de la com' et de l'image du candidat Hollande, passait ses journées à lui redresser la cravate. Avec, si souvent, un haussement de sourcils irrité.

01/04/2014

Un voisin, au sommet

C'est très anecdotique, mais ce n'est pas, pour autant, un poisson d'avril. Notre onzième arrondissement compte désormais un des siens au sommet du gouvernement. Puisque Manuel Valls, qui réside dans le quartier Bastille, a été nommé Premier ministre, hier soir.

Avis aux amateurs de bleu marine ou de kaki: cela va densifier encore un peu plus le nombre de pandores dans le quartier. Puisqu'il faudra y veiller aussi à la protection et à la tranquillité de cette désormais si haute personnalité.

A ce sujet, un conseil d'ami aux si nombreux Roms qui ont l'habitude d'errer et de camper rue de la Roquette ou boulevard Richard Lenoir. Plus que jamais, ils ont intérêt à marcher droit, à ne pas la ramener. Leur si puissant voisin considérant qu'une majorité parmi eux n'a «pas vocation» à s'intégrer, et donc à rester en France.

26/03/2014

Un moyen de pression

Cela tombe mal, pour France Télévisions. Moins de cinq jours avant le dénouement des élections municipales, le syndicat Force ouvrière a déposé un préavis de grève pour dimanche. Du coup, si, d'ici à la fin de la semaine, ce syndicat et la direction du groupe audiovisuel ne sont pas parvenus à s'entendre, c'est carrément la grande soirée électorale de dimanche qui pourrait ne pas pouvoir être diffusée. Le syndicat motive ce moyen de pression par son mécontentement concernant les modes de rémunération des intermittents du spectacle employés par le groupe audiovisuel.

Une soirée électorale annulée à la télévision: ce serait, sauf erreur, une grande première, en France. Dimanche dernier, plus de 8 millions de Français avaient suivi la soirée électorale du premier tour, sur les chaînes du service public.

Cela dit, au vu du taux de participation historiquement bas qui caractérise ce scrutin, on doute un peu que, en cas d'annulation de la soirée de dimanche prochain, le téléspectateur-électeur moyen s'en trouve durablement inconsolable.

21/03/2014

Un signe patent d'agitation

Huit. On les a comptés: il y a huit points d'exclamation, dans la tribune au vitriol – au bazooka, même – que Nicolas Sarkozy publie ce matin, dans «Le Figaro». Ce fameux texte où il compare les procédés des magistrats l'ayant mis sur écoutes (dans le cadre des enquêtes judiciaires le concernant) aux agissements de la Stasi: la sinistre police politique de l'ex-Allemagne de l'Est.

Passons vite sur cette analogie, tant elle est excessive. Et indigne envers les victimes de la Stasi. Cette comparaison à l'emporte-pièce ne fait sans doute que traduire l'état de confusion et d'agitation du signataire du texte.

Un texte qui donc, sur ses quelques milliers de caractères, comprend huit points d'exclamation. Un signe de ponctuation qui, auparavant, n'était pas du tout fréquent, dans le langage écrit des hommes politiques. Ceux-ci, pour paraître posés et sereins, responsables donc, ont toujours privilégié l'assertion à l'exclamation. Les seuls à faire exception à cette règle implicite, ce sont les partis d'extrême droite et d'extrême gauche: leurs communiqués, par nature vindicatifs, ont toujours regorgé de points d'exclamation. Depuis un petit temps maintenant, l'UMP sarkozyste y a aussi un ample recours, dans sa communication. Vendredi, donc, son mentor a montré qu'il était parfaitement au diapason de cette évolution stylistique. Au risque que cela soit pris par le lecteur comme révélateur surtout du fait que, décidément, l'intéressé n'a pas changé: il peine toujours autant à se tempérer.

C'était Laurent Fabius, croit-on se souvenir, qui, lors d'une campagne présidentielle, avait dit cela, concernant Nicolas Sarkozy: «Avant de vouloir présider, il faut se présider». Par son texte, et rien que sur la forme – sans même s'occuper de son fond –, le peut-être futur candidat de la droite à la présidentielle de 2017 montre qu'en la matière, il a encore une marge de progression.

20/03/2014

Une «désinvolture outrancière»

radio,médias,humour,personnalités,internationalPuisqu'on parlait d'Europe1 hier, cette radio vient d'être sèchement rappelée à l'ordre par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). En cause, son humoriste et imitateur star: Nicolas Canteloup.

Début février, dans sa chronique quotidienne matinale «La revue de presque», avait été évoqué le génocide au Rwanda, en 1994. Le CSA a considéré que dans ce cadre, et malgré «la visée humoristique de cette émission», «certains propos ont été marqués par une désinvolture outrancière telle qu’elle pouvait être perçue comme une complaisance à l’égard d’un génocide». Le Conseil est donc «intervenu fermement» auprès de la chaîne, pour lui faire connaître sa désapprobation. Il l'a également sommée «de prendre toutes les mesures nécessaires afin que cette séquence ne soit plus mise à disposition du public sur l’ensemble de ses services, notamment sur son site internet».

Cela nous a peut-être échappé, mais on n'a pas constaté que la radio avait très amplement diffusé cette nouvelle, sur ses ondes.

C'est la deuxième fois consécutive (relire ) qu'un média français se fait sermonner pour une évocation supposément comique d'une tragédie ayant fait 800.000 morts.

19/03/2014

Une intrusion électorale

Un petit parti hétérodoxe, voire iconoclaste, qui se tape l'incruste dans les locaux d'un grand média de la place, pour une conférence de presse électorale. C'est la curiosité à laquelle on pourrait assister ce midi, à Paris. Du moins, si les vigiles de la radio Europe1 y consentent – ce qui, a priori, n'est pas gagné.

Le Parti pirate, en effet, a annoncé son intention d'investir le siège de cette station, situé dans les beaux quartiers: à deux pas du George V et des Champs-Elysées. Pour la petite formation, c'est une façon de réagir à l'occupation de ses panneaux électoraux par la radio privée. Ces derniers jours, en effet, Europe avait collé des affiches de pub en faveur de ses animateurs et émissions favoris, sur des panneaux officiels de campagne pourtant censés réservés aux affiches des candidats aux élections municipales de ces deux prochains dimanches.

Les flibustiers n'ont pas du tout apprécié ce «détournement d'espace d'expression démocratique, pour des fins publicitaires». Et espèrent que la justice sanctionnera un tel «manque de respect de la chose publique», révélateur d'un «mépris marqué pour le moment démocratique que sont les élections municipales». Et attendant, ce midi, ces pirates comptent rendre la pareille à la radio: «Puisque Europe1 s'est invité unilatéralement sur nos panneaux d'affichage, nous donnons rendez-vous à la presse dans les locaux d'Europe1 pour présenter les propositions de notre parti. Puisque Europe1 invoque l'humour et la transgression, nous partons vérifier sur place jusqu'à quel point ils savent rire. Nous ne doutons pas qu’Europe1 saura faire preuve d’ouverture et d’humour en nous accueillant dans ses locaux pour cette conférence de presse et en nous donnant accès à l’antenne».

Les auditeurs d'Europe 1 seront-ils informés en direct, par leur radio préférée, de cette action de protestation et tentative d'occupation la visant? Dans la négative, cela ferait un peu Corée du Nord. Ce qui serait piquant, venant d'un média qui est politiquement étiqueté très à droite.

14/03/2014

Un état très perfectible

Institutions, Justice, Paris, PatrimoineDans l'attente, au Palais de Justice de Paris, ce vendredi. Vraisemblablement pour une bonne partie de la journée, voire de la soirée – mais pas de la nuit, on l'espère. Puisque doit tomber, à une heure indéterminée, le verdict du procès du premier Rwandais jugé en France pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. La Cour d'assises s'est retirée à 10 heures, pour délibérer.

C'est très anecdotique par rapport à l'enjeu de ce procès historique, mais ce fut néanmoins assez parlant d'aller et venir dans ce Palais de justice, tout au long des six semaines d'audiences qu'a durées ce procès. En effet, si l'on considère que l'état de ce noble bâtiment parisien est représentatif de la condition dans laquelle se trouve l'institution judiciaire française, on se rend compte qu'elle a des progrès à faire.

Certes, la vitrine est belle. Avec leurs dorures et leur marbre, elles en imposent, la cour d'honneur du Palais et les grandes galeries de l'édifice – ainsi, cette «Galerie marchande» qui fait face à l'entrée, dont l'intitulé nous a toujours fait sourire. En revanche, quand on s'éloigne un peu des lieux de passage les plus fréquentés, cela devient vite moins glorieux.

Institutions, Justice, Paris, PatrimoineDes bâtiments préfabriqués hideux, juste à côté de la vénérable Sainte Chapelle. Des murs léprosés, rongés par humidité. Des fenêtres qui sont maintenues fermées grâce à du papier inséré dans leurs vieilles jointures, pour les caler. Du matériel informatique ou de bureau (photocopieuses, etc.) et du mobilier déclassés qui traînent dans les couloirs, en attente d'un hypothétique enlèvement pour la déchetterie. Des cendriers et des poubelles qui débordent. Des machines à café ou distributeurs automatiques de boissons qui oublient de rendre la monnaie. Des vieux tags sur les murs, qu'on ne prend même plus la peine d'effacer. Des papiers gras, des cannettes et des mégots par terre, pas rarement. Des toilettes où règne parfois une odeur repoussante, et dont les portes ne ferment plus à clef depuis longtemps.

Dans l'une de ces toilettes, les murs sont maculés d'un grand tag, rageur. «PLUTOT TAGUEUR QUE PROCUREUR!», proclame-t-il, en lettres capitales. Tel un crachat envoyé à la face de l'institution: ces WC sont situés juste à côté des chambres correctionnelles où, chaque jour, sont jugés et sanctionnés les incivilités et autres petits délits urbains, dont les tags ou les graffitis.

11/03/2014

Un triptyque, inhabituel

Aimer. Boire. Chanter. Hier soir, tel a été le programme, plutôt sympa, de François Hollande. Non pas que des photos volées aient abouti chez «Closer», montrant le Président en train de se livrer à ces trois activités. Plus sagement, le chef de l'Etat s'est rendu à l'«UGC-Normandie», le grand ciné des Champs-Elysées. Où il a assisté à la projection en avant-première d'«Aimer, boire et chanter»: le dernier film d'Alain Resnais, le cinéaste français récemment décédé.

C'était sans doute, pour lui, une occasion de se rattraper et de s'associer à l'hommage national au grand homme, alors qu'il n'avait pu assister à ses funérailles, le matin même. En effet, au moment où elles se déroulaient, à l'église St-Vincent de Paul, dans le dixième arrondissement de Paris, le chef de l'Etat, lui, était en province. Dans le Lot, à Cahors, il assistait aux obsèques de l'ancien ministre Maurice Faure. Il avait donc chargé son chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault, de le représenter aux funérailles du cinéaste.

Aimer, boire, chanter. La romance, les libations, les ritournelles. L'espace d'une soirée, cela a dû fameusement changer François Hollande. De ce qui est son triptyque habituel: l'impopularité, les vaches maigres de la rigueur budgétaire, la complainte de l'austérité.

10/03/2014

Un éternel malaimé

Paris, Transports, Histoire, Tourisme, International, Economie Sans tambours ni trompettes, l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle vient de fêter son quarantième anniversaire. En effet, c'est le 8 mars 1974 qu'il avait été inauguré.

Quarante ans plus tard, Roissy-CDG, ce n'est vraiment pas rien, en termes de masse. Quelque 62 millions de passagers accueillis chaque année, le deuxième aéroport le plus fréquenté d'Europe (après Londres-Heathrow), le septième au monde, 150 compagnies aériennes l'utilisant, 116 mouvements d'avions chaque heure, deux avions par minute aux heures de pointe, 100.000 emplois directs et indirects.

Indéniable succès quantitatif, donc. Et... énorme problème qualitatif. Ce blog a plusieurs fois eu l'occasion de l'écrire, ces dernières années (relire ici, ou ): Roissy-CDG fait partie des aéroports les plus détestés et décriés, dans le monde entier.

Mais, a-t-on vu, lu et entendu de toutes parts, dans les médias ces derniers jours, les nouvelles infrastructures inaugurées à l'occasion de ce quarantième anniversaire sont vraiment impeccables.

On se réjouit de découvrir cela, en partant en vacances cet été – mais cela paraît encore si loin.

05/03/2014

Une «comédie humaine»

Nicolas Sarkozy a donc bel et bien été enregistré à son insu. Par celui qui, à l'Elysée, était son haut conseiller idéologique: le sulfureux Patrick Buisson. La révélation du contenu (pas mirobolant, à ce stade) des premiers de ces enregistrements suscite évidemment une agitation médiatico-politique considérable. Mais, comme toujours, le buzz a la mémoire courte. En effet, en matière de hauts conseillers qui déballent (ou balancent, comme on veut), existe un fameux précédent. Qui remonte à plus de vingt ans.

Personnalités, Institutions, Histoire, Sarkozy, Mitterrand, LittératureQuand, en 1993, Jacques Attali avait entamé la publication de ses «Verbatim». Par cette démarche, ce haut conseiller de François Mitterrand entendait relater «aussi honnêtement mais aussi crûment que possible, les faits, les impressions, les dialogues» des «épisodes singuliers de la comédie humaine», au plus haut sommet de l'Etat. A l'époque, ce récit non-autorisé «de réussites et d’erreurs, de mesquineries et de grandeurs» avait ulcéré les piliers de la Mitterrandie (les Fabius, Lang, Mauroy, Badinter, etc.). Le Président lui-même avait dit son courroux. En deux phrases mémorables, il avait raillé «le guillemet facile» de l'auteur, et le fait qu'il était «peut-être plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique».

Néanmoins, la série des «Verbatim» avait connu un grand succès de librairie. Au point que, habituelle rançon de la gloire, un pastiche avait vu le jour. «Aboitim, neuf années dans les secrets de François Mitterrand», c'était son titre. Et son auteur, anonyme, avait choisi Baltique pour pseudonyme: le nom du labrador du Président.

A l'inverse de la chronique des années Sarkozy par Patrick Buisson, ce récit-là, au moins, était marrant.

04/03/2014

Un début laborieux

On ne dira pas que c'est mal parti, parce qu'il ne faut jamais préjuger de rien. Mais enfin, cela paraît tout de même être un début assez laborieux. Alors que la France pourrait envisager une éventuelle candidature de Paris à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024, seul un Français sur deux se dit partant pour un tel projet.

A en croire un sondage paru ce matin, seule une courte majorité de Français (51,9%) est favorable à une telle candidature, à laquelle 48,1% des sondés s'opposent. Pour 55% de ces répondants, ce serait «un luxe que la France ne peut pas se permettre, par ces temps de crise». Le soutien populaire accompagnant une candidature faisant partie des critères sur lesquels le CIO se base pour départager les villes en lice, Paris a encore, on va dire, une marge de progression.

Ce sondage survient au lendemain de la visite effectuée à Londres par une délégation de haut niveau, menée par la ministre des Sports. Elle s'est longuement entretenue avec ceux qui, en Grande-Bretagne, avaient porté et fait aboutir la candidature de Londres pour l'organisation des derniers JO d'été en date. A noter que le ton de ces visiteurs français d'hier était volontiers à l'humilité. Alors que, à l'inverse, dans sa rivalité face à la capitale britannique, Paris avait échoué notamment à cause de l'arrogance qui avait été reprochée au Comité Paris 2012, qui, à l'époque, portait ce projet.

03/03/2014

Une question de goût

Cinéma, Culture, PersonnalitésMarine Le Pen l'a indiqué hier soir, à la faveur d'une émission politique radio-télé où la question lui était incidemment posée. Elle n'était «pas fan» d'Alain Resnais: le grand réalisateur français, décédé ce week-end.

Voilà qui est parfaitement son droit. Les goûts et les couleurs, etc.

Et la présidente du Front national de préciser, à propos d'un des films les plus célèbres du cinéaste, «Hiroshima, mon amour»: «Je l'ai vu, et bien, bon: non...»

Voilà qui tombe assez bien. C'est ce qu'on s'est dit, en entendant cela. Dans le cas inverse, au moment de revoir pour la énième fois notre film-culte, on aurait sans doute été un peu déstabilisé de nous souvenir qu'il faisait aussi partie des films préférés de Marine Le Pen.

28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

27/02/2014

Un aménagement, bienvenu

Justice, Histoire, Institutions, International La Justice française se voit souvent reprocher son inhumanité, donc ne passons pas sous silence cette initiative. Elle a été prise au Palais de Justice de Paris. Dans le cadre du procès, devant la Cour d'assises, de Pascal Simbikangwa: le premier Rwandais à être jugé en France pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.

A quelques mètres de la salle d'audiences, a été aménagée une «zone de silence», dont l'accès est interdit au grand public. Elle est réservée à deux psychologues, membres d'une association agréée d'aide aux victimes. Ces deux professionnels suivent en permanence le procès, et c'est dans cet espace particulier qu'ils viennent en aide aux «personnes en difficultés», comme nous dit une vice-procureur. A savoir, aux membres du public ou des parties civiles qui vivraient mal l'évocation, à l'audience, des atrocités commises lors du génocide de 1994. Puisque la nécessité d'une bonne justice impose que, parfois, dans leurs débats, magistrats, jurés et avocats aillent jusqu'à traiter dans les moindres détails, macabres, de l'épouvantable contexte historique de ce procès.

«On pensait qu'il pouvait y avoir un besoin» d'aide, explique le cabinet du procureur général. Et, effectivement, depuis l'ouverture de ce procès, début février, cette infrastructure a déjà plusieurs fois servi.

Bien.

14/02/2014

Une sanction, sévère

Justice, Social, ParisC'est l'épilogue judiciaire d'un fait divers qui, à l'époque, avait provoqué une fameuse agitation, dans notre quartier Saint-Ambroise.

En octobre 2011, dans l'immeuble juste à côté de notre bureau, un chômeur avait fait irruption dans une agence Pôle Emploi, puis pris en otages deux de ses cadres. Visiblement un peu agité dans sa tête, il avait justifié son geste de manière décousue, évoquant notamment «la machine à broyer» qu'était, selon lui, l'administration gérant les chômeurs – dont les services aux usagers étaient, à l'époque déjà, notoirement perfectibles. Quelques heures plus tard, il avait fini par se rendre. Aucune effusion de sang n'avait été à déplorer. Et son arme s'était révélée factice.

Le tribunal correctionnel de Paris vient de le condamner à trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Outre des dommages et intérêts à payer à ses deux victimes.

La prise d'otages est, évidemment, un acte très grave. Qu'on l'accomplisse avec une arme de pacotille ne change rien au traumatisme infligé aux victimes, qui, sur le moment, ignorent son caractère factice. Et il n'est pas admissible, quand on a un contentieux avec une administration, de s'en prendre physiquement à deux des représentants. Qui font juste leur travail, voire sont eux-mêmes en souffrance vu les conditions dans lesquelles ils doivent l'effectuer.

Justice, Social, ParisIl n'empêche. 18 mois ferme. Ce n'est pas rien. Alors qu'aucune goutte de sang n'a été versée. Et alors que, de facto, aucun danger réel n'a été causé à la sécurité d'autrui. On n'est d'ailleurs pas le seul à le penser. Ainsi, le parquet – institution qui, pourtant, n'a rien de laxiste – avait requis une peine nettement moindre: 3 ans de prison certes, mais assortis seulement de quatre mois ferme. Ces quatre mois étant couverts par la détention provisoire qu'a déjà effectuée le condamné, il n'aurait pas dû retourner en prison.

Et aurait donc pu, dès lundi, tenter de retrouver un travail.

13/02/2014

Un «débat désagréable»

Une matinée belge ce jeudi, à la Cour d'assises de Paris. Où donc – et c'est une première en France –, est jugé un Rwandais accusé de complicité de génocide. Toute la matinée, en effet, a été consacrée à l'audition comme témoin du Belge Filip Reyntjens: professeur à l'université d'Anvers et spécialiste reconnu du Rwanda.

L'homme était cité à comparaître, et n'a donc eu d'autre choix que de venir témoigner. Mais, a-t-il précisé à la Cour, il l'a fait sans gaieté de coeur.

Notamment car, pour lui, le débat sur le Rwanda est, en France, «désagréable, voire détestable». Car il est «extrêmement polarisé», est «devenu un enjeu franco-français», et a pris une tournure «très émotionnelle, voire passionnelle». Dans ce débat hexagonal, a déploré le professeur anversois, «on n'écoute jamais les autres» et on caricature ses opposants en allant jusqu'à s'envoyer à la tête des accusations de négationnisme ou de révisionnisme. Et l'on schématise à outrance les faits. Car «on aime les histoires simples, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Mais ce n'est pas une histoire simple».

11/02/2014

Un scénario d'horreur

On évoquait hier le Paris de 2001 et celui de 2014. Mais qu'en sera-t-il du Paris de 2040?

«De Roissy jusqu'aux confins nord de la capitale française, s'élève un vaste bidonville, où se pressent quelque six millions d'habitants sur les vingt que compte cette mégapole». C'est une zone de non-droit, sous la coupe de bandes armées qui «se livrent régulièrement à des attaques contre les trains ou les véhicules». A l'autre extrémité de la capitale, le quartier d'affaires de La Défense n'est plus que l'ombre de lui-même. Car «les tours ont cessé d'être entretenues, à mesure que l'insécurité interdisait leur accès». En banlieue toujours, à côté d'EuroDisney, «un New Paris a été construit. Il reproduit, à l'échelle, les principaux monuments de la capitale et ses rues les plus emblématiques».

Et ce «New Paris» ne désemplit pas de touristes venus du monde entier. Car l'ancien Paris, lui, est fini. Le centre-ville, le dimanche, est «une ville morte; tout est fermé, car le travail est interdit. Ceci, outre les problèmes de sécurité, explique la fuite des touristes». Les autres jours de la semaine, pareillement, «la ville-musée est lugubre. Les rues sont à peine éclairées, conséquence d'une loi votée à l'initiative des écologistes, qui taxe très lourdement l'éclairage nocturne». Dans les grands musées de la «Ville lumière», «la sécurité des collections n'est absolument plus assurée. De très nombreux vols sont déjà intervenus». Paris n'est plus la ville de la culture, ni même celle des amoureux. Car, comme les touristes, les amants «ont déserté Paris, sous la pression de l'insécurité, des extrémistes et des fondamentalistes religieux», qui s'attaquent aux femmes dont ils jugent la tenue indécente. Du coup, le chic parisien a lui aussi vécu: les Parisiennes ne sortent plus dans la rue qu'«engoncées dans d'énormes manteaux sombres, dont la fonction est plus de les rendre invisibles que de les protéger de la pluie et du froid».

paris,personnalités,littérature,economie,histoireCe Paris imaginé en 2040, c'est celui de Nicolas Baverez. Ce très médiatique historien et économiste néo-libéral entrevoit ainsi la capitale française, dans vingt-cinq ans. Et la décrit de la sorte dans «Lettres béninoises»: la remise au goût du jour des «Lettres persanes» de Montesquieu, qu'il vient de publier chez Albin Michel.

Le portrait est sombre? Le scénario urbain est horrifique? C'est la moindre des choses. Venant du chef de file des «déclinologues». Ainsi que Dominique de Villepin, jadis, avait rebaptisé ces penseurs qui, à longueur d'essais, s'affligent d'une France qu'ils jugent en déclin tant sur les plans économique que culturel ou géopolitique.

Au moins Nicolas Baverez confirme-t-il qu'il a de la suite dans les idées. Moins attendu, il se révèle être... un très grand comique. Si l'on consent à prendre son bouquin pour une farce, tellement outrancière qu'elle en devient très cocasse.

Mieux vaut, sans doute, prendre le parti d'en rire.

10/02/2014

Une page qui se tourne

Une page politique est en passe de se tourner, à Paris. Ce lundi, en effet, s'ouvre le dernier Conseil municipal de Paris qui sera présidé par le socialiste Bertrand Delanoë. Puisque celui qui est le maire de la capitale depuis 2001 a décidé de ne pas se représenter, aux élections municipales de mars.

«J'ai dirigé Paris pendant 13 ans, c'est lourd», a commenté l'intéressé, l'autre jour. Affichant l'air de celui qui n'est pas mécontent de tourner la page.

paris,personnalités,delanoë,elections municipalesSans doute le temps viendra, dans les deux mois, pour un bilan plus détaillé et argumenté de son action de maire.

Si néanmoins il faut l'esquisser d'emblée, en résumé, et de manière très impressionniste, on dira qu'on le trouve moyen. Passable. Mais guère plus, finalement.

Côté pile? Contrairement à son cliché de «belle endormie» (par rapport à d'autres capitales censées plus dynamiques, comme Londres, etc.), Paris est une ville qui bouge bien: en matière d'activités culturelles, de loisirs, de création, d'animation, de convivialité ou de proximité. Pas mal de bonnes choses ont été faites, depuis 2001, dans les domaines de l'urbanisme, de l'aménagement, du patrimoine ou des déplacements. Et la mairie s'est vraiment activée pour atténuer (à défaut d'avoir encore réussi à les régler) quelques gros problèmes structurels, tels le manque de logements à prix accessible ou la pénurie de places en crèches. Côté face, la pauvreté est encore plus visible dans le Paris de 2014 qu'elle l'était déjà dans le Paris de 2001. La ville est toujours aussi chroniquement polluée et embouteillée. La propreté ne s'y est pas spectaculairement améliorée. La sécurité quotidienne reste un sujet controversé. Et, globalement, la dualité s'est aggravée. Pour le formuler autrement: un art de vivre exquis, oui, demeure à Paris, mais, pour y avoir accès, il faut, plus que jamais, être nanti. Ceux qui ne le sont pas continuent donc à galérer. Avec, peut-être, la (maigre) consolation de le faire dans une ville qui, sans doute, reste l'une des plus belles du monde.

C'est peu dire, donc, que la prochaine équipe au pouvoir aura du pain sur la planche.