18.07.2011
Un interdit très théorique
Poursuivons dans ces interdits estivaux que vient de rappeler la préfecture de police de Paris.
Et d'abord, cet avertissement adressé aux touristes qui seraient trop fauchés pour s'offrir une nuit à l'hôtel. «Rien ne vous interdit de dormir à la belle étoile» dans la capitale, informent les pandores. Qui, toutefois, nuancent illico: «Pour des raisons de sécurité, évitez de dormir dehors». Et, de toute manière, pas question de dormir à la belle étoile dans les parcs et jardins, car «il est interdit d’utiliser les équipements existants dans les espaces verts de façon non conforme à leur destination». Enfin, «planter votre tente ou stationner votre caravane, oui, mais (uniquement) dans les lieux aménagés à cet effet». A part cela, belle nuit à la belle étoile dans la plus belle ville du monde.
Tant qu'à faire, la préfecture avertit aussi les amateurs d'un des plaisirs les plus populaires de l'été parisien. «Un petit creux? Avant de déployer votre nappe à carreaux, vérifiez que les lieux sont aménagés pour les pique-nique. Une envie de sardines? Optez pour la version en boîte, car le barbecue est strictement interdit».
Ah oui? Autant, c'est vrai, on voit rarement des barbecues fumer sur les trottoirs de Paris, autant les pique-nique dans des lieux pas conçus pour, dès la fin du printemps on peut en croiser à longueur de soirées et un peu partout: des berges du canal St-Martin jusqu'au Champ de Mars en passant par le bassin de la Villette ou le Pont des Arts.
Mais sans doute la préfecture de police se dit-elle que cela ne fait jamais de mal de rappeler les règles, même et y compris quand elles ne sont pas le moins du monde respectées.
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15.07.2011
Un avertissement (cocasse)
Ils sont cocasses, décidément, les communiqués de la préfecture de police de Paris, en ce moment. Un des derniers en date s'adresse rien de moins qu'aux Parisien(nes) qui voudraient singer Anita Ekberg en train de s'ébattre dans la fontaine de Trevi à Rome, dans «La Dolce Vita» de Felini.
Dixit la préfecture, donc: «Si un coup de chaud vous guette et que l’eau d’une fontaine vous tente, cherchez un autre endroit pour vous rafraîchir: la baignade y est interdite. Il en va de même pour les lacs, étangs, pièces d’eau, rivières, canaux. A 38 euros l’amende, l’option piscine sera moins salée...»
Si l'on peut se permettre, c'est de la vaste blague, cet avertissement policier. Et triplement.
Un: depuis des lustres dans la capitale française, dès que le thermomètre frise les 40 degrés, des Parisien(ne)s par centaines, de tous âges, prennent joyeusement d'assaut les fontaines pour s'y rafraîchir. Que l'on sache, ces innocentes ablutions n'ont jamais donné lieu au moindre procès-verbal.
Deux: on s'en souvient comme si c'était hier, de ce mémorable soir de juillet 98 où des dizaines de supporters de foot hystérisés avaient fêté à moitié nus, dans les fontaines de la place de l'Hotel de Ville (où le match venait d'être retransmis sur écran géant), la victoire des Bleus au Mondial. A l'époque, les pandores, présents en masse rue de Rivoli, s'étaient contentés d'observer ce spectacle en souriant.
Trois: plus récemment, deux jeunes filles ont batifolé en toute impunité dans une célèbre fontaine de Paris. Leurs ébats ont même été immortalisés, et les clichés attestant de leur infraction ont fait le tour du monde, par panneaux publicitaires interposés. C'était une pub pour une marque française de sac à mains très chers. Alice Taglioni et Laure Manaudou, sacoches au bras, y faisaient les folles dans une fontaine. A «5h du matin, place de la Concorde», précisaient, en légende de la photo, les affiches publicitaires. Il n'a jamais été dit que la préfecture avait infligé 38 euros d'amende à l'actrice et à l'ex-championne de natation. Ni que les deux naïades avaient été placées en garde à vue. Mais cela nous a peut-être échappé.
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12.07.2011
Une réelle nuisance
Vous êtes Parisien(ne) et n'en pouvez plus du bruit? La mairie lance une «concertation citoyenne» (ici) sur le sujet, pour son «Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement». Est concerné «le bruit lié aux transports routiers, ferroviaires, aériens et aux activités industrielles». Si c'est le bruit dû «au voisinage, aux travaux, aux terrasses de cafés, à la diffusion de la musique etc» qui vous gêne, sachez qu'il est censé être déjà géré par un «Plan de lutte contre le bruit» (là).
Elaboré au printemps, ce programme comprend une quarantaine de mesures. Qui vont du renouvellement des revêtements de chaussée par des produits moins bruyants jusqu'à la couverture du périphérique à certains endroits, en passant par le recours progressif à des colonnes à verre insonorisées, des contrôles plus fréquents des deux-roues trop bruyants, ou la création de structures de médiation pour les bruits de voisinage.
Depuis le début de l'été, par exemple, dès 23 heures dans les rues de certains quartiers très noctambules, des «médiateurs-artistes» invitent les fêtards à baisser le ton. Ne vous étonnez pas si, un de ces soirs à Oberkampf, Butte-aux-Cailles ou Pigalle, vous croisez ces médiateurs costumés... en clowns. Pareille expérience menée en Espagne aurait démontré qu'au-delà d'une certaine heure (et, sans doute, d'un certain taux d'alcoolémie), la sensibilisation contre le tapage est «plus audible en passant par l'art ou l'humour qu'en uniforme avec l'air sévère».
Le bruit n'est vraiment pas un mince problème, à Paris – comme dans toute mégapole exiguë et densément peuplée. Selon des études, 20% de la population de la capitale et sa banlieue, soit 2 millions d’habitants, sont «exposés potentiellement à des niveaux de bruit en façade de leur habitation jugés excessifs au regard des valeurs réglementaires».
On compatit au calvaire de tous ces gens. Qui n'ont pas, comme nous, l'immense privilège d'habiter entre deux quartiers aussi noctambules que Bastille et le Marais, mais de pouvoir, malgré tout, passer des nuits toutes fenêtres ouvertes et sans bruit. Un privilège qui n'a pas de prix a fortiori en période de canicule, comme c'est si souvent le cas l'été ici.
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05.07.2011
Un menu toujours aussi débattu
Gros embarras, hier soir sur une radio. A l'issue d'une interview assez ronron, un lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadélis, était soudain titillé par des auditeurs-internautes, là de manière un peu plus musclée, sur... les fameuses pâtes aux truffes dégustées ce week-end par son mentor – ce dont on parlait hier. «Il avait faim...», répliqua-t-il, d'une petite voix. «Oui mais quand même: des truffes!», insistait en substance un deuxième auditeur. «C'est bien, les pâtes: ce sont des sucres lents, cela donne de l'énergie», poursuivait le strauss-khanien. «Donc, après la gauche-caviar, la gauche-truffe?», assénait un troisième auditeur. «Dominique dînait avec un ami qui avait les moyens de lui payer cela», botta en touche le lieutenant de DSK. Qui, sans doute, avec de tels arguments, n'aura convaincu que ceux qui l'étaient déjà.
Autre réflexion sur le même sujet gastronomico-politique, hier encore: celle de Jérôme Fourquet, directeur adjoint de l'institut de sondages Ifop. A ses yeux, le rapport de DSK à l'argent peut vraiment, politiquement, être «problématique, surtout pour un possible candidat de la gauche». Car «on a en France un rapport ambigu à l'argent et à la réussite sociale; c'est notre vieux fond catholique et révolutionnaire». Et car «on a vu que DSK avait des moyens financiers qui n'ont rien à voir avec ceux des Français moyens». Et le sondeur de s'effarer: «Ses ennuis avaient commencé avec la Porsche et le prix de ses costumes. Et voilà qu'à peine sorti, il recommence: ses premiers pas de liberté sont pour aller manger des pâtes aux truffes à 100$ l'assiette! S'il revient en politique, la question de son train de vie sera l'une des grilles de lecture (de sa popularité)».
C'est aussi cette sortie si médiatisée du couple Strauss-Kahn-Sinclair dans l'Upper East Side qui a été invoquée, hier toujours, par Tristane Banon. Ce mardi, cette jeune femme poursuit DSK devant la justice française, pour tentative de viol en 2003. «Voir Strauss-Kahn libéré puis aussitôt dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade», a-t-elle déclaré hier.
L'addition, là, pour DSK, pourrait être vraiment salée, voire indigeste. Si d'aventure il était jugé aux assises puis reconnu coupable et condamné, c'est carrément de... 15 ans de prison qu'il pourrait écoper.
11:28 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, luxe, art de vivre, gastronomie, justice, strauss-kahn
04.07.2011
Un menu (révélateur?)
Melon au jamon serrano, pâtes aux truffes noires, Pinot gris: tel a donc été le menu des époux Strauss-Kahn pour leur première sortie resto samedi soir, dans l'Upper East Side new-yorkais. Avec les papparazzi dans les jambes, mais, pour Monsieur, sans bracelet électronique à la cheville. Juste deux remarques, en passant.
Un: sans être le moins du monde nutritionniste, juste journaliste, pareil menu nous semble tout de même exagérément calorique, riche et gras. Mais sans doute la ligne n'est-elle pas une priorité quand on a croupi à Rikers Island et été menacé de 74 années de prison...
Deux: au prix de la truffe melanosporum, un tel menu est très politiquement incorrect. Pour une personnalité dont, d'après un sondage ce week-end, 60% des Français de gauche espèrent le retour en politique. Selon la presse – qui, en ce moment, n'a visiblement rien de mieux à faire –, le couple Strauss-Kahn s'en est tiré avec une addition entre 600 et 700$. Et le resto qu'il ont choisi est pour le moins bling: fréquenté par des stars comme Rihanna, Madonna, etc.
Pour de fins analystes politiques, la truffe, après la Porsche Panamera et la prison dorée de Manhattan louée à 50.000$ par mois: tout cela montre bien que DSK n'en a plus rien à faire de la présidentielle de 2012. Sinon, il dépenserait sa fortune avec moins d'ostentation, histoire de ne pas choquer l'électeur socialiste qui, comme beaucoup de Français en ce moment, a du mal à nouer les deux bouts.
Juste: s'attendait-on vraiment à ce que DSK et Anne Sinclair aillent fêter cette libération sur parole au kebab du coin? Et que n'aurait-on dit s'ils l'avaient fait?
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14.06.2011
Une autre usurpation
Une note un peu légère, aujourd'hui. Pour bien commencer la semaine, et car cela faisait longtemps, dans ce blog. On a déjà évoqué (relire ici) la mobilisation des défenseurs de l'AOC camembert de Normandie contre le business de l'agroalimentaire, qui appâte le client en présentant ses fromages industriels comme des camemberts «fabriqués en Normandie»: une appellation qui ne correspond à rien. L'autre jour au Parlement, une usurpation du même acabit a été dénoncée. Frappant un autre produit phare d'un certain art de vivre à la française, qui, lui, n'a rien de gastronomique, mais qui s'appuie tout autant sur une vieille tradition. C'est... le savon de Marseille.
Si l'on veut respecter les règles de l'art, ce savon traditionnel doit être fabriqué avec 72 % d’huiles végétales et sans aucune graisse animale, parfum ou colorant. Cette règle remonte à loin: elle figure dans un édit de Colbert datant de 1688. Elle a été précisée en 1812 par Napoléon Bonaparte en personne. Par décret, il a octroyé à Marseille sa propre marque de savons à l’huile d’olive et a décrit la présentation de celle-ci: un pentagone dans lequel apparaît, en son milieu, les mots «huile d’olive», le nom du fabricant et celui de la ville de Marseille.
Mais selon Valérie Boyer, députée (UMP) des Bouches du Rhône, «certaines industries de savon et de détergent utilisent la dénomination «savon de Marseille» sur des savons composés de graisses animales et fabriqués en dehors de la région marseillaise. Cette situation constitue non seulement une concurrence déloyale vis-à-vis des fabricants de l’authentique savon de Marseille, mais également une tromperie à l’égard des consommateurs!»
Prié de se prononcer vite fait sur le sujet, le secrétaire d'Etat au Commerce a fait préciser à l'Assemblée que le savon de Marseille ne bénéficiait d'«aucun des dispositifs protégeant une appellation d’origine ou d’indication géographique». En revanche, «le décret (napoléonien) du 22 décembre 1812 semble toujours en vigueur, bien que les amendes n’aient pas été actualisées». La Direction de la concurrence et de la répression des fraudes a mené l'enquête sur ce sujet en 2007, «afin de vérifier la qualité des savons, en particulier du savon de Marseille, auprès de vingt-huit entreprises de fabrication ou de distribution». Résultat? «Des écarts ont effectivement été constatés entre les caractéristiques du savon de Marseille telles que définies dans le code des usages précité et la plupart des produits contrôlés. Les anomalies les plus graves ont fait l’objet de procès verbaux pour pratique commerciale trompeuse, et des contacts ont été pris avec les professionnels de la filière afin d’appeler leur attention sur les problèmes rencontrés».
Ouvrons l'oeil, donc.
PS: Pour les lecteurs que passionne le sujet – on ne sait jamais – , cette précision encore, de ladite députée. «Deux arrêts de la cour d’appel d’Aix-en-Provence – celui du 28/12/1927 et celui du 12/11/1928 – disposent que la dénomination savon de Marseille (...) s’applique à un produit fabriqué avec un mélange d’huiles végétales contenant, après la fabrication, approximativement 62% à 64% d’acide gras et de résine, 8% à 8,5% d’alcalis combinés, 1,35% d’alcali libre – soude –, du chlorure de sodium et de la glycérine, 28% à 29 %d’eau».
11:47 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, économie, folklore
09.05.2011
Un coup de théâtre
Restons un jour encore dans cet univers du très grand luxe que l'on évoquait la semaine dernière. Pour, tout de même, mentionner le tremblement de terre que vient de vivre ce petit monde si exclusif, à Paris. En effet, rien moins que le «George V» (tout comme d'ailleurs le «Ritz») vient de se faire recaler par le jury qui, la semaine dernière, a officiellement octroyé le label et l'appellation «palace» à huit hôtels de grand luxe en France. Dont quatre sont situés à Paris: le «Meurice», le «Bristol», le «Plaza-Athénée» et le «Park Hyatt Paris-Vendôme» (le «Crillon» n'était pas candidat, devant bientôt subir de lourds travaux de rénovation).
Que le si classe « George V » ait loupé le coche a visiblement laissé pantois tout le beau monde, dans la Ville lumière. «Je ne comprends pas, je suis très surpris: depuis des années, nous sommes régulièrement classé premier hôtel du monde», a réagi son directeur général. Qui a eu cette comparaison on ne peut plus chic: « Dans le classement des vins de Bordeaux de 1855, Yquem et Petrus ont aussi été oubliés, et ce sont pourtant les plus prestigieux... » Comme s'il s'agissait de ne pas tirer sur l'ambulance, Didier Le Calvez, le PDG du «Bristol» (et qui, précédemment, dirigea pendant neuf ans le «George V») s'est bien gardé de narguer le recalé. «Peut-être y a-t-il eu l'une ou l'autre petite défaillance au moment de l'inspection», a-t-il commenté, si charitable, en début du week-end. «Mais je ne doute pas que, d'ici à la prochaine session, le «George V» aura rectifié cela et aura toute sa place parmi les palaces».
Au passage, à la même source, la précision du prix de la chambre la plus chère du «Bristol», dénommée «suite impériale»: 17.000€, la nuit. Et la confirmation que, malgré son tarif, cette suite est très demandée: son taux d'occupation à l'année dépasse les 80%.
Comme on le disait l'autre jour, ce n'est décidément pas la crise pour tout le monde.
PS: Que ne se désespèrent pas tous ceux qui n'auraient pas 17.000 € à claquer en une seule nuit, mais qui voudraient tout de même s'offrir un grand frisson passager en expérimentant les draps (de soie, on imagine) du «Bristol». Le tarif de la chambre la moins chère de ce palace est beaucoup plus abordable: 700€. Mais on ne sait si, pour ce prix-là, on a droit à davantage qu'une chambre de bonne.
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06.05.2011
Un peu de détente (encore)
C'était à prévoir: «La Porsche tranquille» de DSK n'en finit pas de faire jaser, au Parti socialiste. «Hollande, lui, dans Paris, il roule en scooter!» C'est ce qu'a souligné hier, fielleusement, un député soutenant l'ex-n°1 du PS, François Hollande. Qui est candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée, et sera donc le concurrent à DSK à la primaire si, comme c'est probable, le patron du FMI se décide à y aller.
Autre petite phrase, émanant cette fois d'un soutien de DSK: «Dominique Strauss-Kahn a toujours roulé dans des voitures françaises». En entendant cette contre-attaque, on l'a trouvée complètement à côté de la plaque. A moins qu'on n'ait rien compris, le problème ici est moins «l'identité nationale» (hexagonale ou pas) de la voiture, que son coût exorbitant. Et donc l'image symbolique désastreuse qu'il véhicule quand est concerné un socialiste: hiérarque – fût-il officiellement en congé – d'un parti largement coupé de l'électorat populaire.
Sinon, quitte à parler bagnoles – on aura décidément tout fait, dans ce blog ;-)... – , hier toujours, à Paris, un autre bolide a fait le buzz. Concerné, cette fois? Le bon vieux Johnny. «Un panier percé», paraît-il. Flambeur à n'en plus finir. Menant un tel train de vie que, parfois, son banquier en grimace. Le rockeur, entendait-on sur une radio, s'est même arrangé pour se faire payer une... Ferrari Testarossa par son producteur. Rouge, la Testarossa (*), comme il se doit.
Le bling-bling automobile serait-il tendance, en France en ce moment? C'est ce qu'on se demandait hier encore. Dans la soirée, à Saint-Germain des Prés. On patientait sagement à un passage piétons, rue Bonaparte, quand le hasard voulut qu'y passe une voiture sur laquelle tous les passants, comme en seul homme, se retournèrent. Une... Ferrari rouge. Décapotée, vrombissante, étincelante. Pas de Johnny au volant, mais deux minets jeunes Parisiens de bonne famille. Très jeunes: ils n'avaient pas 25 ans.
Et, décidément, c'était la journée bling, hier. Deux heures plus tard, place de la Bastille, rentrant à la maison en passant devant un lounge-bar bondé, on remarquait que la foule en terrasse n'avait d'yeux que... pour une Porsche, stationnée devant l'établissement On n'a pas poussé le zèle journalistique jusqu'à l'inspecter pour vérifier s'il s'agissait bien, ou non, d'une Panamera S. On s'est juste dit que sa présence à Bastille était finalement assez logique, s'agissant d'un quartier sociologiquement très bobo et donc politiquement très strauss-kahnien. On s'est dit aussi que, dans la capitale française, visiblement, ce n'était pas la crise pour tout le monde, en ce moment.
(*) Testarossa. Peut-être, ce printemps radieux aidant, est-on exagérément hormonisé, en ce moment, mais, quand on entend ça, on pense illico... à testostérone. Une bagnole de macho?
11:49 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, strauss-kahn, art de vivre, luxe
05.05.2011
Un peu de détente
Les politiques et les journalistes s'amusent, en ce moment. Histoire d'un peu relâcher la pression. En cette période déjà si nerveuse de précampagne électorale présidentielle, où ils ont si peu l'occasion de se détendre – et cela ne fait que commencer: on en a encore pour un an. On a donc été bien amusé, nous aussi, ce matin, au saut du lit. En entendant, sur une radio, le dernier pastiche en date de slogan de campagne électorale suggéré par les facétieux à Dominique Strauss-Kahn.
Ce slogan détourne le fameux et mémorable «La Force tranquille», de François Mitterrand. Appliqué à DSK, il devient... «La Porsche tranquille». Si d'aventure cela vous avait échappé: lors de son dernier passage à Paris, le probable candidat à l'investiture socialiste à l'Elysée s'est fait paparazzier, avec Anne Sinclair, en train de sortir d'une rutilante Porsche. Pour les connaisseurs, une Panamera S: «une voiture à 10 plaques!», paraît-il. Ledit bolide n'appartient pas au patron du FMI, mais à un de ses amis, a précisé l'entourage de DSK. Il n'empêche, ce cliché volé tombe vraiment mal, pour un politique qui peine à se défaire d'une certaine image bling-bling: le ryad à Marrakech, l'appartement place des Vosges, l'immense fortune de son épouse, etc. C'est même une erreur de com' de béotien, qui n'a pas fini de faire jaser, venant d'un DSK pourtant censé coaché en permanence par une escouade de communicants de haute volée.
Dans le camp DSK toujours, un autre slogan fait fureur, paraît-il. L'inspiration, cette fois, n'est pas mitterandienne mais nord-américaine. Comme Obama a conquis l'Amérique avec son «Yes we can», certains strauss-kahniens s'encouragent en scandant des... «Yes we khan»...
Pour l'anecdote, il se raconte aussi que, dernièrement, a vu le jour, dans un autre état-major de présidentiable, une autre déclinaison hexagonale du fameux slogan d'Obama. Il s'agit cette fois de Nicolas Hulot. Dernièrement, ses collaborateurs lui ont offert un tee-shirt. Sur lequel figurait le slogan... «Yes I kite». En référence à la passion de l'animateur télé pour le kite-surf...
On a gardé le meilleur pour la fin: la perle langagière de la semaine. Elle émane d'un ponte de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse. Mardi, soit très fatigué, soit lui aussi très facétieux, ce cacique du grand parti sarkozyste a commis un gros lapsus. Il concernait à nouveau DSK. On vous le donne tel quel: «Nicolas Sarkozy a bien fait de proposer Nicolas Strauss-Kahn comme président du FMI, à l'époque». Merveilleux.
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29.04.2011
Une réglementation (théorique?)
La Fête du travail, dimanche. La préfecture de police de Paris vient donc de rappeler (ici) qu'était strictement réglementée la vente de muguet en rue: par les particuliers s'improvisant fleuristes d'un jour pour arrondir leurs fins de mois. Ainsi, pas question pour eux de vendre sur la voie publique à moins de 40 mètres de la boutique d'un fleuriste professionnel. Pas question non plus de proposer du muguet en pot ou en préparation florale: ils ne peuvent vendre cette fleur qu'«en l'état», pour ne pas trop concurrencer ces commerçants. «La violation de ces dispositions est passible d’une contravention de 1ère classe». Quant aux petits malins qui voudraient devancer leurs innombrables concurrents en vendant du muguet dans les rues de Paris dès samedi soir, qu'ils y réfléchissent à deux fois. Car, en dehors du jour J, «la vente du muguet sans autorisation municipale constitue une contravention de 4ème classe». Et peut valoir, outre la saisie de la marchandise, jusqu'à 6 mois de prison et 3 750 euros d’amende.
Théoriquement, en tout cas.
A cet égard, on est assez curieux de voir si, ce week-end, les forces de l'ordre vont mettre beaucoup de zèle à verbaliser les éventuels contrevenants à cette réglementation: tous ces «honnêtes pères (ou mères) de famille» (comme on dit ), qui, en ces temps si difficiles pour tant de Français, prendraient un peu leurs aises avec cette réglementation. Histoire de ramener quelques dizaines d'euros supplémentaires à la maison.
Pour le dire plus clairement: il sera intéressant de voir si ces gens vont être aussi sévèrement traités que le sont d'autres vendeurs à la sauvette. Tous ces étrangers qui, à la sortie des stations de métro, dressent des étals de fortune et proposent des fruits exotiques aux usagers de la RATP. Et qui, eux – on a déjà vu si souvent vu cela, relire par exemple ici – ne bénéficient d'aucune mansuétude de la part des policiers.
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21.04.2011
Un «service de prestige»
Une escapade à Roissy et Orly, aujourd'hui – bien de saison, avec cette météo digne d'un mois d'août. D'autant qu'un nouveau service, dont la société Aéroports de Paris (ADP) avait annoncé le lancement en février, est en train, ces jours-ci, de vraiment y démarrer. Mais ne vous réjouissez pas trop vite: il n'est pas précisément destiné à l'usager lambda de ces deux aéroports.
Car il s'agit d'un «service de prestige», dixit ADP. D'un «service sur mesure». D'une «nouvelle panoplie de services d'accueil hautement personnalisée, mise à disposition d'une clientèle d'affaires ou VIP». C'est «La Conciergerie». Elle vous accueille comme une star à votre arrivée à l'aéroport: à votre descente d'avion ou de voiture. Porte vos bagages. S'assure que vous bénéficiez d'«un accès prioritaire aux postes d’inspection filtrage». Met à votre disposition un «personal shopper» pour vos achats en zone détaxée. Court acheter à la pharmacie le médicament que vous avez oublié à la maison. Se charge des livraisons de fleurs et de cadeaux que vous n'avez pas eu le temps de faire avant votre décollage. S'occupe de votre animal domestique, etc.
Les tarifs de ce service 5 étoiles sont si surfaits qu'ils en deviennent drôles. Une cravate de rechange? 60€. Un détachage express de votre chemisier en soie? 12 € . Un fax urgent à envoyer avant de décoller? 1€ (la page). L'accès à une borne internet quand toutes celles qui sont mises à disposition du public sont occupées? 8€ (par tranche de 10 minutes). Un trousseau de clés à garder précieusement pendant votre périple? 45€ (la journée). Un bouquet de fleurs à livrer à Paris? 120€ (+ le «prix de la composition florale», bien sûr). Une révision express de votre voiture pendant votre voyage? (forfait de 250€: hors pièces et main-d'oeuvre, cela va de soi).
Bienvenue dans la vraie vie parisienne. Pour certains, du moins.
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20.04.2011
Une «usurpation»
Le diable se niche dans les détails, assure l'adage. En France, pays de la bonne bouffe, il semble que l'on retrouve le démon également dans le moindre recoin d'... emballage de fromage. C'est l'association de consommateurs «UFC-Que choisir» qui a récemment alerté sur cette diablerie gastronomique (ici). Qu'elle juge d'autant plus préoccupante qu'elle affecte «le fleuron de notre identité nationale: le camembert».
Votre camembert préféré est-il «de Normandie» ou «fabriqué en Normandie»? Là est toute la question. Pour l'organisme qui défend les producteurs de camembert d'appellation et d'origine contrôlée, la mention «fabriqué en Normandie» est illégale, et devrait être interdite. Car elle est trompeuse: «elle est source de confusion dans l’esprit de 90% des consommateurs». Explication? «Contrairement au «camembert de Normandie», dont la fabrication est régie par un cahier des charges draconien, la mention «camembert fabriqué en Normandie» n’a aucune valeur légale. Elle signifie uniquement que l’usine de production du fromage est située dans cette région, sans garantie quant à l’origine de ses composants : lait pasteurisé, lait en poudre ou lait importé des quatre coins de la planète en fonction des cours du marché». L'UFC accuse donc les géants de l'industrie laitière française, le groupe Lactalis singulièrement, de se livrer à de la «concurrence déloyale», voire à de l'«usurpation». Selon elle, le gros business de l'agroalimentaire tente sans vergogne de «profiter de la réputation de la dénomination protégée, pour induire le public en erreur».
L'heure doit être grave. Et, en haut lieu, on doit être très ennuyé. Car, en cette ère de pré-campagne électorale, voilà, somme toute, une insécurité de plus – gustative, voire gastronomique – à mettre au débit de sa politique de lutte contre la délinquance.
11:06 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, art de vivre, economie
08.04.2011
«Une contrainte» ou «une routine»
Aujourd'hui, pour bien terminer la semaine, une note qui vous permettra de vous situer par rapport au Français moyen en ce qui concerne son rapport au travail. Du moins si vous avez un emploi – selon les derniers chiffres du chômage, la France compte 4 millions de demandeurs d'emploi (4,3 millions, outre-mer compris).
Seuls… 31% des Français se disent heureux au boulot. C'est le chiffre saisissant que l'on trouve dans le dernier baromètre annuel sur le bien-être au travail en France. Ce taux de satisfaction descend à 29% dans le secteur privé. Les ouvriers se déclarent deux fois moins souvent heureux au travail (22%) que les cadres supérieurs (46%). Dans leur majorité, certes relative (36%, +5 par rapport à l'an dernier), les Français voient avant tout leur boulot comme «une contrainte» ou «une routine». Seuls 32% (-3%) le considèrent comme «un plaisir» ou «une fierté». Pour tous les autres, ce n'est qu'«une sécurité».
Conclusion de l'étude? En France, «satisfaction professionnelle et motivation atteignent des scores historiquement bas. En cause, un déficit toujours aussi massif en terme de rétribution (la question du pouvoir d’achat et du niveau de salaire restent très sensibles); mais aussi la question de l’utilisation des compétences, des conditions de l’accomplissement au travail». Autre «signal d’alerte»: «Pour la première fois, l’une des caractéristiques traditionnelles de la relation des salariés français à leur travail (une dimension affective, quasi hédoniste) semble atteinte, en particulier dans le secteur public».
Plus que jamais, donc, bon week-end à vous, a fortiori si votre travail est «une contrainte» ou «une routine». Et, puisque c’est ce soir que débutent les vacances scolaires pour la zone de Paris, bons congés si vous avez la chance d’en prendre.
13:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, economie, art de vivre
04.04.2011
Un bilan toujours aussi mauvais
«Contrairement à nos espoirs, les choses s'améliorent, mais pas assez vite ». C'est ainsi que les dirigeants de l'organe de contrôle de la qualité de l'air en région parisienne ont résumé leur dernier bilan annuel, qu'ils viennent de publier. La situation reste préoccupante. Pour preuve, «entre 1,8 et 3,6 millions» d'habitants de la région parisienne «sont potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la réglementation, principalement le long du trafic et dans le coeur de l'agglomération parisienne».
Cela vaut d'ailleurs de gros ennuis à la France. L'Europe lui réclame des comptes à propos de la pollution au dioxyde d'azote: un gaz très irritant, qui pénètre au plus profond des plus fines ramifications des voies respiratoires. En région parisienne, la teneur moyenne en dioxyde d'azote est deux fois supérieure aux normes européennes, et touche 9 Parisiens sur 10. Idem pour la pollution due aux particules fines. La directive européenne autorise 35 jours lors desquels la barre des 50 microgrammes /m3 est dépassée. Or, dans certaines villes de la région parisienne comme Saint-Denis, on a recensé... 176 jours de dépassement en 2010. Cette situation perdurant depuis 2003, elle vaut désormais à la France un gros contentieux avec l'Europe, qui compte bien lui imposer des amendes d'un montant faramineux.
A propos de ces particules fines, précisément, c'était vraiment frappant, ces dernières semaines à Paris et dans sa région: frappant, le nombre de jours où la pollution de ce type a été telle que la procédure d'information du grand public a dû être déclenchée. Pendant le seul mois de mars, six jours ont été dans ce cas de figure. A en juger à l'historique des alertes pour ce polluant, rien que pendant les trois premiers mois de 2011, a été dépassé le nombre total d'alertes déclenchées pendant les deux années précédentes...
Mais cela n'empêchera assurément pas d'innombrables touristes du monde entier de venir respirer le bon air de la Ville lumière, à la faveur de ces premiers beaux week-ends de printemps.
10:38 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, environnement, paris, europe, art de vivre
31.03.2011
Un engouement (déclinant)
«La suppression du chèque n’est pas une option aujourd’hui». Dixit hier la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. A qui vient d'être remise une étude confirmant que ce moyen de paiement restait très utilisé par les Français. Le chiffre a de quoi donner le tournis: en 2009 en France, premier pays utilisateur de chèques en Europe, 3,3 milliards de chèques ont été émis!
Dans des pays comme la Belgique, où le chéquier a quasiment disparu, l'engouement persistant des Français pour le chéquier a toujours été un sujet d'étonnement, voire d'amusement. Deux petites remarques.
La première, tirée de notre humble expérience personnelle. Autant, quand on vivait en Belgique, on n'a jamais eu le moindre chéquier, autant, depuis dix ans qu'on habite en France, on y est devenu assez accro. C'est vraiment pratique pour toutes ces dépenses qu'on ne peut régler par carte bancaire et dont on ne peut prévoir le montant exact à l'avance, et donc se munir du liquide ad hoc: la consultation chez le médecin ou à l'hosto, la visite à domicile d'un plombier ou d'un réparateur, etc. Très pratique aussi quand on doit envoyer un paiement par courrier: en France, les virements bancaires sont infiniment plus compliqués et coûteux à faire qu'en Belgique, où ils sont monnaie courante.
La seconde remarque est tirée des chiffres. On l'ignore souvent à l'étranger, mais, d'année en année, les Français utilisent tout de même de moins en moins le chèque. Cela ne date pas d'hier. Dès 2003, le nombre de transactions par cartes bancaires a dépassé celui des opérations par chèques. On est donc loin des années 80, où 70% des transactions en France se faisaient par chèque. Aujourd'hui, attestent les statistiques de la Banque centrale européenne, le chèque n'intervient plus que dans 19% des transactions dans ce pays, contre 40% pour les cartes, 21% pour les virements, et 19% pour les prélèvements.
Cela dit, si l'utilisation du chèque décline en moyenne de 5% chaque année en France, toucher à ce moyen de paiement relève encore largement du tabou. Pour preuve, cela fait vingt ans au moins que, tel un serpent de mer, revient, avant de disparaître aussitôt, le projet de rendre payante l'utilisation des chèques. Jamais, cependant, une banque n'a osé franchir le pas. Et ce n'est pas demain qu'un parti politique préconisera la fin de la gratuité de ce moyen de paiement.
11:38 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, gouvernement, art de vivre, belgique
24.02.2011
Une découverte, ou pas
Aujourd'hui, parlons un peu des merveilles de la recherche française. Et d'un sujet moins sinistre que ceux des jours précédents – cela ne pourra pas faire de mal. Un sujet néanmoins assez existentiel: peut-on... se passer de sexe?
Peut-on se passer de sexe... quand on est une plante, précisons illico, au risque d'en décevoir certain(e)s. «Les plantes peuvent-elles se passer de sexe?», c'est, en effet, la question que se sont posée des chercheurs de l'Institut français de recherche agronomique (INRA) – on connaît des thésards qui, en ce moment, passent leurs nuits à faire des recherches sur des sujets moins libidineux. Un communiqué de l'INRA, pas peu fier, l'a annoncé hier: ces travaux sur la sexualité (ou l'a-sexualité, comme on veut) végétale viennent d'être publiés dans le prestigieux journal «Science». «Les plantes peuvent-elles se passer de sexe?», donc. Si on a bien compris, la réponse est oui. Certes, en règle générale, «la majorité des plantes, notamment des plantes cultivées, se reproduisent sexuellement». Mais, mais, mais... «certaines espèces produisent des graines différemment, par un processus asexué nommé apomixie. Les descendants ainsi produits sont des clones identiques à leur mère». Pas si anecdotique comme découverte, puisque «l'introduction de l'apomixie chez les plantes cultivées représenterait une révolution. Elle permettrait de multiplier à l'identique n'importe quelle plante intéressante sur le plan agronomique». Trop chouette, donc, l'apomixie.
Les lecteurs qui voudraient en savoir plus sur cette merveille du monde végétal liront cela ici. Les autres, qui auraient l'impression d'avoir perdu leur temps en lisant les lignes qui précèdent, peut-être s'en consoleront avec cette autre info que l'on a apprise hier, concernant cette fois la sexualité humaine.
Entendu sur une radio française, qui en faisait ses choux gras: «13 millions de dollars: c'est le prix de sexe.com, le domaine internet le plus cher du monde». Sur le podium des noms de domaine les plus onéreux, viennent ensuite vodka.com (3 millions de dollars) et pizza.com (2,6 millions). Comme concluait bien le confrère, «c'est beaucoup plus éclairant (sur le genre humain) qu'un long traité de sociologie». Et cela confirme que l'apomixie, pour l'heure en tout cas, est réservée au monde végétal, loin des trivialités du genre humain. Mais cela, assurément, ce n'est pas une découverte.
11:18 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, environnement, sciences, art de vivre
21.02.2011
Une apostrophe
«Ca suffit!» C'est ainsi que les médias français ont, ce week-end, traduit le «Jalas!» qu'a donc osé lancer le nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, à une journaliste tunisienne à qui il voulait clouer le bec. Car elle avait la mauvaise idée de l'interroger sur «des trucs débiles» selon lui: la longue complaisance de Paris envers le despote Ben Ali, les vacances à la plage et les voyages en jet privé de la ministre Alliot-Marie, etc. Si d'aventure cela vous avait échappé, ce langage si peu diplomatique, dans la bouche d'un jeune diplomate censé brillantissime, a provoqué un gros buzz sur le net. Il a aussi conduit des centaines de Tunisiens à manifester, pour réclamer le départ de l'«arrogant» jeune homme. Et a contraint ce dernier à présenter ses excuses à la télévision tunisienne.
«Ca suffit!», donc. Contrairement à Boris Boillon, on n'est pas arabophone, donc on peut se tromper. Mais, de nos voyages dans le monde arabe, jadis, on a tout de même gardé un souvenir assez net que ce «Jalas!», dans le langage courant, était un terme beaucoup plus rude que le «Ca suffit!» français. Une apostrophe très méprisante, même. Du genre de celles que l'on lance aux importuns pour les prier de dégager vite fait , d'aller se faire voir (pour rester poli) ailleurs.
Qui sait peut-on traduire ce «Jalas!» par «Casse-toi, pauvre con!» Par «Casse-toi, pauvre conne!», en l'occurrence. Cela tomberait bien, finalement, cette version arabe et féminisée de la célèbre apostrophe agricole sarkozyste, dans la bouche d'un diplomate qui se définit lui-même comme un «Sarko boy».
11:17 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : france, international, art de vivre, sarkozy, langue française
01.02.2011
Un marronnier
A Paris comme ailleurs, décidément, il y a des débats qui n'avancent pas. Des questions qui, d'année en année, reviennent sans qu'on n'arrive visiblement à les trancher. Ces marronniers, comme on appelle en journalisme les sujets tarte à la crème si lassants à force de revenir tout le temps, valent y compris pour les questions a priori les plus anecdotiques. C'est ce qu'on se disait pas plus tard que dimanche après-midi. A la terrasse d'un café, place de la Bastille. Où, en plein soleil et grâce aux rayonnements d'un braséro, on se réchauffait au coin d'un chocolat bouillant – ridiculement cher, bien sûr: on est Paris.
Chaque hiver dans la capitale française, cela ne rate pas: on reparle de l'interdiction éventuelle des chauffages de terrasses au gaz. Ces parasols chauffants, en effet, sont très énergivores et grands émetteurs de gaz à effet de serre. Il y a trois ans déjà (ici), dans ce blog, on avait évoqué un projet de les interdire. Trois ans plus tard, a-t-il été confirmé dernièrement, les élus parisiens s'apprêtent seulement à en débattre. Mieux vaut tard que jamais, sans doute.
Pour la mairie, il n'y a pas photo. Ces braséros doivent disparaître, car «ils polluent énormément, sont nocifs pour les personnes, et ne sont pas cohérents avec le plan parisien de réduction des émissions de gaz à effet de serre». «Chauffer l'extérieur, c'est absurde et stupide!», résument les Verts. Mais, sur les 15.000 cafetiers et restaurateurs que compte Paris, 9.000 ont des terrasses. Qui sont bondées à longueur d'année mais qui, craignent-ils, seront désertées l'hiver si on supprime ces braséros si confortables pour les clients. Le syndicat des cafetiers veut donc (ici) «disposer de cinq ans pour se mettre en conformité» avec une éventuelle interdiction.
On serait prêt à parier qu'en janvier 2012, il sera toujours possible, le dimanche après-midi à Bastille ou ailleurs dans Paris, de siroter cafés et autres chocolats en terrasse, à l'ombre douillette de ces fameux parasols chauffants.
11:13 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, environnement, paris
12.01.2011
Une fermeture
L'ouverture des hostilités en France ce mercredi: le lancement des soldes d'hiver. Et donc le début de la saison de l'hystérie voire des empoignades dans les grands magasins de Paris, une des capitales mondiales du shopping comme chacun sait. Une de ces collisions de l'actualité comme on les aime veut que, sur la plus chère artère commerciale de Paris et de France, ce jour d'ouverture coïncide avec... une fermeture.
Ce soir à 19 heures, ferme le seul et unique bureau de poste des Champs-Elysées. Hier midi, à l'appel d'un syndicat, des salariés de La Poste ont déposé une gerbe devant l'immeuble et prononcé une oraison funèbre, en hommage à ce service public bientôt disparu de «la plus belle avenue du monde». L'entreprise justifie sa décision de quitter les lieux par la flambée des loyers commerciaux dans ce quartier. Ils dépassent désormais les 10.000€ le m2; La Poste ne peut plus suivre. Le propriétaire de ses locaux, désireux de tirer lui aussi profit de la frénésie immobilière, avait décidé de faire passer le loyer mensuel de 15.000 à... 108.000€.
L'an dernier déjà, la seule et unique pharmacie des Champs avait dû fermer ses portes, après l'annonce du doublement du montant de son loyer. Plus haut sur la même avenue, le géant McDonald's y compris est aux prises avec la folie immobilière: il a engagé une procédure judiciaire contre son bailleur, qui veut lui aussi doubler son loyer.
«La plus belle avenue du monde ne comptait déjà pas la moindre librairie», remarquait, amère, une habitante des Champs, entendue à la radio locale ce matin. «Voilà maintenant qu'elle n'aura même plus de bureau de poste. Bientôt, il n'y aura plus que des magasins de fringues ici...» Sans doute, oui. Mais les fashionistas, eux, sont ravis: les enseignes Abercrombie, Banana Republic ou Levi's sont d'ores et déjà annoncées. Sans doute est-ce un grand progrès pour la ville.
PS: Sinon, puisque l'on parle de folie, on a vu ce week-end, en vitrine d'une boutique pour dames – c'était à Nice, mais on aurait très bien pu voir cela à Paris –, une paire de bottes vendue... 2499€. Très bling: pleines de dorures et de broderies. 2499€. Par comparaison, le montant du salaire minimum en France, que touchent quelque 2,5 millions de salariés et qui a été (très) légèrement rehaussé début janvier, est, net, de 1.073€.
11:31 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : economie, mode, fonction publique, paris, luxe, art de vivre
06.01.2011
Un air de famille
Les Français se plaignent beaucoup de la SNCF, cet hiver. Et particulièrement ces jours-ci – si vous avez raté cela, lire par exemple ici. Les pataquès de ces dernières semaines risquent d'ailleurs d'amener pas mal de gens à signer une pétition lancée il y a peu, par des usagers qui «n’acceptent pas d’être traités comme des vaches à lait: juste bons à être entassés dans des trains qui arrivent en retard et à payer toujours plus pour un moindre service».
Mais, finalement, pendant les épisodes hivernaux comme on dit, la SNCF fonctionne-t-elle beaucoup plus mal que la SNCB? On n'en est pas sûr. Dernièrement, en tout cas, à l'occasion de notre rapide passage annuel en Belgique pour la Noël, on ne s'est pas senti trop dépaysé.
Ainsi, dans le plat pays, on a eu droit à des guichets totalement fermés pour cause de jour férié; les usagers étant priés de se débrouiller pour les horaires, les tarifs, les correspondances, etc. On a eu droit à des trains bruxellois de banlieue passablement cafouilleux – mais on les a trouvés moins sales que nos RER parisiens. Droit à des quais verglacés car ils n'avaient pas été salés (vol plané, relativement gracieux, en descendant d'un omnibus sur le quai d'une gare du Brabant wallon). Droit à des gares qui, à l'exception de salles d'attente ridiculement exiguës et donc archi-bondées, n'étaient pas du tout chauffées: glaciales, du coup. Droit à des toilettes publiques, dans ces gares, qui, en pleine journée, étaient inexplicablement fermées.
En ce qui concerne le Thalys, le trajet Paris-Bruxelles, on l'a fait... debout. Comme dans le métro de Paris aux heures de pointe. Même pas un strapontin, ni même assez de place pour s'asseoir par terre. Cet après-midi-là, en effet, les occupants des trois Thalys précédents, annulés à cause de la neige, avaient été regroupés dans notre train. Du coup, les réservations ne valant plus, la foule était debout et à touche-touche (*). Quant au trajet de retour Bruxelles-Paris, ce furent retards au départ, en cours de route et à l'arrivée, arrêts inexpliqués en rase campagne, et pas le moindre mot d'excuses bien sûr. Tout cela, finalement, faisait assez SNCF.
Sans doute faut-il voir les choses positivement. Au moins, cet air de famille hivernal assez pagailleux que semblent partager SNCF et SNCB a de quoi rassurer, par son côté routinier, ceux que cela stresse de voyager.
(*) Au passage, remplir à ras bords un TGV est-il bien bien raisonnable (ou simplement réglementaire) en termes de sécurité? Si notre Thalys effroyablement bondé avait déraillé, ou si une bombe y avait explosé, combien de voyageurs auraient-ils été empêchés physiquement, rien que par la cohue, de gagner les issues de secours? Combien de morts en plus aurait-on déploré par rapport à un train qui aurait été normalement rempli? Et, le cas échéant, qu'aurait-dit la société Thalys? Cet après-midi-là, personne à bord de notre TGV n'avait l'air de se poser ces questions.
12:19 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : transports, météo, belgique, art de vivre



