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10.04.2009

Un préféré

A la veille de ce week-end de Pâques, c’est le moment où jamais d’évoquer le sujet: le chocolat. Et le chocolat belge, en prime! Ces derniers temps, en effet, les chroniqueurs gastronomico-mondains français en ont beaucoup parlé: l’ouverture d’une nouvelle boutique de Pierre Marcolini à Paris.

 

Depuis plusieurs années déjà, ce chocolatier belge est présent rive gauche, à Saint-Germain des Prés: rue de Seine plus précisément. Cette fois, il vient de franchir le fleuve et d’ouvrir un magasin rive droite: rue Scribe (facile à trouver: c’est celle qui jouxte l’Opéra Garnier). D’après les échos qu’on en a eus, ce nouvel endroit est «superbe». Dans son «design minimaliste, les chocolats sont mis en scène comme des bijoux». Particulièrement remarquée en ce moment est la création de Marcolini intitulée «L’Oeuf et les Oreilles». Il s’agit d’œufs de Pâques assez rigolos car surmontés de grandes oreilles également en chocolat, conçues pour pointer dans l’herbe de manière à ce que ces œufs soient plus aisément trouvables par les enfants qui, à cette époque, partent à la chasse au chocolat dans les jardins.

 

On doit bien l’avouer, au risque de consterner les lecteurs belges: on n’a jamais, au grand jamais, mangé de chocolats Marcolini. Quand on vivait à Bruxelles (cela commence à faire un certain nombre d’années), on n’a pas le souvenir que ce chocolatier y avait déjà percé. Et depuis qu’on habite Paris, on ne cesse d’entendre parler de ce créateur belge paraît-il si doué, mais on n’a jamais eu l’occasion d’y goûter.

 

Peut-être profitera-t-on de ce long week-end pour faire un saut rue Scribe. Ne serait-ce que pour vérifier si notre préféré de toujours, parmi les chocolats belges dispos à Paris, demeure indétrôné: le ‘Dolfin’ noir aux baies roses.

 

Ce chocolat-là, à notre humble avis, est une merveille. Mais il n’est pas si facile que cela à trouver à Paris. Un des rares endroits de la capitale où on est toujours sûr de pouvoir l’acheter, c’est la légendaire «Grande épicerie» du «Bon Marché», rue de Sèvres: dans le septième arrondissement, entre le jardin du Luxembourg et les Invalides. Un quartier très snob et un grand magasin affreusement cher, mais aussi et surtout, et depuis des décennies, un temple parisien de l’épicerie fine et du bon goût. Chaque fois qu’on y va, malgré toutes nos bonnes résolutions, on ne résiste pas et on en revient les bras chargés de paquets remplis de tas de choses merveilleusement appétissantes.

 

Beaucoup plus modestement, et pour conclure sur le chocolat belge, un ‘Côte d’or’ labellisé ‘NOUVEAU’ en grandes lettres capitales sur son emballage a fait son apparition, ces derniers temps, dans les supermarchés de quartier à Paris. Il existe peut-être depuis des lustres à Bruxelles, mais, ici en tout cas, il vient de débarquer dans les rayons. Noir, citron & gingembre. Cela ne vaut pas notre préféré noir et rose, mais ce n’est pas mal du tout.

 

 

 

PS: A l’attention des mauvaises langues toujours promptes à casser du journaliste: cette note n’est pas du publireportage mais du rédactionnel 100% informatif et désintéressé. Elle a été rédigée par pur souci de coller à l’actualité pascale et parisienne, et non parce que son auteur aurait préalablement été gavé à l’œil de kilos de chocolats offerts par les services de com’ des marques citées dans cet articulet ;-)

17.03.2009

Un emballement

Des semaines qu’on ne voit qu’elle à Paris: sur la plupart des panneaux publicitaires qui ornent les colonnes Morris ou les kiosques à journaux, dans les rues, ainsi que sur les affiches dans le réseau des transports en commun de la capitale. Elle? Emilie Dequenne, la comédienne belge. Qui marche dans la ville, sur fond d’un RER passant derrière elle, perché sur un viaduc. Dans le dernier film d’André Téchiné, qui sort demain en France (en Belgique aussi), elle incarne «La fille du RER». Avant de poursuivre plus bas la lecture de cette note, la bande de lancement de ce film.

 

Il s’agit d’une histoire vraie. Celle de «la fausse agression du RER D», comme on l’a appelée à l’époque. L’histoire de Marie L., une fille de banlieue un peu paumée, un peu mytho. Qui, en juillet 2004, inventa de toutes pièces une agression à caractère antisémite dont elle disait avoir été victime dans son train de banlieue, en compagnie de son bébé en poussette. Un récit assorti de détails particulièrement abjects. Ainsi, ces croix gammées qui, avait-elle dit, avaient été gravées sur son ventre par ses agresseurs. Ainsi encore, la passivité des nombreux usagers du RER qui, selon elle, n’avaient pas réagi à son calvaire.

Cette affaire fut à l’origine d’un des plus spectaculaires emballements médiatiques et politiques de ces dernières années en France. Les médias et les politiques réagirent au quart de tour à ce fait divers, prirent pour argent comptant les déclarations de la jeune femme. On était alors deux ans après la campagne présidentielle de 2002, qui s’était focalisée sur l’insécurité, et un an avant la flambée des banlieues. Problème? Les dirigeants eurent beau dire tout l’«effroi» que leur inspirait cet acte «ignoble», ce dernier s’avéra rapidement être… une affabulation. Quelques mois plus tard, la jeune femme fut jugée pour dénonciation de délit imaginaire. Elle encourait six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Finalement, elle fut punie de quatre mois avec sursis et de deux ans de mise à l'épreuve avec obligation de soins. «Je voulais qu'on s'occupe de moi», s’excusa l’affabulatrice. «J'avais conscience du mensonge, mais je ne pensais pas que ça allait aller aussi loin». Commentant plus tard l’affaire, qu’il jugea «regrettable», le Président Chirac estima qu’elle était « une «séquelle du «mauvais climat en France».

Cinq ans plus tard, donc, André Téchiné consacre un film à «la fausse agression du RER D». Y risque même un casting totalement à contre-emploi: ainsi, Catherine Deneuve en mère de famille banlieusarde habitant un petit pavillon modeste. On est curieux de voir comment le cinéaste, qu’on aime généralement plutôt bien, va s’en sortir dans l’adaptation cinématographique de cette affaire déjà en soi si rocambolesque. On n’est pas sûr qu’entre-temps, le climat en France – en termes de de rapports humains et de respect mutuel, notamment  – se soit fondamentalement amélioré.

13.01.2009

Un repère

Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat: c’est aujourd’hui qu’entre en vigueur une énième hausse des tarifs de la SNCF, une augmentation de 3,5% en moyenne. Apprécieront particulièrement cette hausse les innombrables voyageurs qui ont été victimes des avaries et des retards à répétition qu’ont connus cet hiver les chemins de fer français.

 

Parlant argent, l’Hexagone, comme les autres pays de la zone euro, vient de fêter sans tambours ni trompettes le septième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’euro. Or, malgré cette longévité qui commence donc à s’installer, dans ce pays  particulièrement, «le franc demeure un repère» confirme une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

 

Selon cette enquête, pour des dépenses quotidiennes et de montant en général limité, seulement 55 % des Français pensent systématiquement en euros. Mais plus d’un Français sur quatre pense uniquement en francs. «Sept ans après le passage à l’euro, les Français, dans l’ensemble, maîtrisent son utilisation comme unité de compte. Cependant, nombre d’entre eux sont toujours obligés de convertir en francs, surtout pour des valeurs qu’ils ne manipulent pas quotidiennement. Comme en son temps l’ancien franc, le franc continue à jouer, pour beaucoup d’entre nous, un rôle important dans leur appréhension du système de prix actuel». C’est surtout quand le prix du bien est élevé et la fréquence d’achat plus rare que les Français pensent en francs: par exemple, moins d’un sur trois pense uniquement en euros pour acheter une voiture. Le recours à l’une ou l’autre des deux unités de compte dépend donc, outre de facteurs comme l’âge ou la région d’habitation, du montant de la dépense. Plus il est faible, plus elle a de chance d’être évoquée en euros. En France, résume bien l’Insee, «on achète sa baguette en euros et sa voiture en francs».

 

Tiens, avez-vous remarqué comme, sept ans après son introduction, la monnaie unique européenne n’a pas encore trouvé de surnom affectif et populaire dans la langue française? Dans le langage courant, les francs avaient été rebaptisés «balles» ou «briques». La monnaie unique européenne, elle, se cherche toujours un sobriquet dans la langue de Voltaire – signe, selon certains spécialistes, de l’absence d’un lien affectif entre cette monnaie et les Français.

 

 

PS: A propos d’euro et de langue française, on sursaute à cette différence d’usage chaque fois qu’on passe en Belgique – et la dernière fois encore, pour les fêtes de fin d’année. Autant vous n’entendrez jamais un Français parler d’autre chose que de «centimes» d’euros, autant le Belge, lui, semble majoritairement parler de «cents». Ce n'est pas inintéressant, cette nuance.

26.12.2008

Une diminution

Dans le Thalys hier soir, retour d’un saut de puce en Belgique pour les fêtes. On ne prend ce train qu’une ou deux fois l’an, donc on n’y est pas trop habitué et, dès lors, on tombe à chaque fois un peu des nues en constatant cela: les prix pratiqués à la voiture-bar. Sans être radin pour un sou, ces prix sont tellement prohibitifs qu’ils en deviennent carrément grotesques. On s’en consolait en sirotant un coca light dont le prix du centilitre devait bien valoir, en ville, celui d’un cru bourgeois: dans les TGV français au moins, à partir de mars, les tarifs vont devenir un peu moins inaccessibles.

 

tintinetletrain.jpgLa SNCF, en effet, va changer de prestataire pour son service de restauration à bord. A la Compagnie des Wagons-lits, filiale du géant français Accor, va succéder, dans trois mois, le groupe italien Cremonini, qui annonce des tarifs en baisse de 20 à 30%. Des exemples concrets? Le café verra son prix baisser de 2€40 actuellement à 2€10. Le sandwich (forcément mou, sinon ce ne serait plus un sandwich SNCF) passera de 4€10 à 3€50. La bouteille d’eau coûtera 2€ (contre 2€50 aujourd’hui), le soda 3€40 (contre 3€60) et le paquet de chips 2€ (contre 2€20). Cette diminution de prix annoncée aidera peut-être à faire passer la pilule de la prochaine augmentation annuelle des tarifs des billets.

 

Tiens, à propos, la SNCF est en train de réfléchir à la suppression des wagons-bars dans ses TGV. Ou, du moins, de limiter leur présence aux seuls trains assurant les trajets les plus longs. Ces voitures-bars seraient remplacées par des distributeurs automatiques situés sur les plateformes ou par un service de vente ambulant à l’aide de charriots roulants. Raison de cette réforme envisagée? Malgré les tarifs prohibitifs qui y sont pratiqués, les voitures-bars ne sont pas très rentables. Selon le grand patron de la SNCF, Guillaume Pepy, «un wagon-bar, c’est 50 places assises en moins. C’est simple: supprimer le wagon-bar nous permettrait de faire 10% de chiffre d’affaire en plus sur une rame de dix voitures». CQFD 

 

29.10.2008

Un plébiscite?

calendrier.jpgNicolas Sarkozy «aime les Belges». Oui, oui, c’est le Président français en personne qui l’a assuré hier. Bonne nouvelle donc pour les relations franco-belges. L’an dernier, celles-ci avait été refroidies par un présentateur de JT de la RTBF qui avait eu l’impudence de se demander si l’hôte de l’Elysée avait bu de l’eau ou de la vodka lors d’une rencontre avec son homologue russe d’alors, Vladimir Poutine – rencontre à l’issue de laquelle le chef de l’Etat français était apparu dans un état un peu bizarre. A l’époque, l’Elysée n’avait pas du tout apprécié cette irrévérence, qui avait créé un énorme buzz sur internet. Mais l’incident est désormais clos, puisque donc Nicolas Sarkozy «aime les Belges». Il les aime même «beaucoup».

 

Le chef d’Etat français évoquait la Belgique lors de son déplacement sur l’emploi. «J’étais l’autre jour dans le Nord», a-t-il raconté. «Quelqu’un me disait ‘Monsieur Sarkozy, le dimanche on va tous en Belgique parce que les magasins sont ouverts’. Voilà qui est malin! J’aime beaucoup les Belges, mais je les aime tellement que je préférerais que cela soit eux qui viennent dépenser leur argent chez nous, plutôt que nous qui allions dépenser notre argent chez eux!» Et Nicolas Sarkozy de terminer cette anecdote par un vigoureux plaidoyer en faveur de l’ouverture des magasins le dimanche.

 

La modification de la vieille loi de 1906 sur le repos dominical: vaste sujet s’il en est. Et énorme débat depuis des mois, voire des années, en France. Au fond, qu’en pensent les Français? «Ils veulent travailler le dimanche!», claironnait l’autre week-end le «Journal du Dimanche», sur base d’un sondage Ifop. C’était intéressant comme info car, traditionnellement, dans les sondages sur ce sujet, les Français apparaissaient plutôt partagés. Problème? Ce sondage-ci est assez foireux. Du coup, il faudra attendre la prochaine enquête d’opinion, à supposer qu’elle soit mieux faite, pour être fixé.

 

travaildimanchemonchoix.jpgDeux problèmes au moins se posent dans le sondage du «JDD». Un problème dans la question posée aux sondés, d’abord. «Travailler le dimanche est payé davantage qu’en semaine. Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous?» C’est une façon pour le moins biaisée de présenter les choses. En effet, dans la majorité des métiers d’astreinte par exemple (dont d’ailleurs le métier de journaliste…), le travail dominical n’est pas le moins du monde payé davantage que celui des autres jours. Un problème dans l’interprétation de la réponse, ensuite. Le «JDD» annonce un «plébiscite» populaire en faveur du travail dominical, qui recueillerait les suffrages de près de sept Français sur dix. La réalité des chiffres est plus nuancée. Certes, 67% des Français répondent globalement «oui» à la question posée. Mais 50% disent «oui, de temps en temps» au travail dominical et 17% seulement «oui toujours» à cette formule. Avec un Français sur deux disponible au cas par cas pour ce genre de travail et un sur trois (33%) qui le refuse dans tous les cas, peut-on vraiment parler de «plébiscite», à savoir (selon "Le Robert") d'approbation «à une majorité écrasante»?

 

Les opposants au travail dominical ont vu dans ce «sondage bidonné» une «manipulation» de l’opinion. A les en croire, cette opération de com’ politique aurait été directement et sciemment orchestrée par des cercles proches de Nicolas Sarkozy: par son grand ami l’industriel Arnaud Lagardère (dont l’empire médiatique inclut le «JDD») et par la dirigeante du patronat français Laurence Parisot (patronne de l’institut de sondages Ifop). C’est donc la théorie du grand complot.

 

C’est peut-être aussi bien, et tout simplement si l’on ose dire, une affaire de journalistes qui ont mal fait leur boulot. Et/ou se sont un peu fait mousser en vendant leur soupe avec une titraille un brin racoleuse. Ce ne serait pas la première fois que cela arriverait.

08.10.2008

Une débauche

Le Parlement entame aujourd’hui l’examen du grand projet de loi traduisant le «Grenelle de l’Environnement» tenu l’an dernier. Parmi les innombrables mesures en faveur de l’écologie que contient ce texte, il en est une qui va sans doute ravir les joyeux lurons du «Clan du Néon». Ces activistes, cousins des militants anti-pub, luttent contre le suréclairage commercial nocturne. A Paris mais également dans de nombreuses villes de province et jusqu’en Belgique: à Namur et à Bruxelles notamment.

(Avant de poursuivre plus bas la lecture de cette note, celles et ceux qui ne connaîtraient pas ces anti-néonistes feront ci-dessous une petite pause vidéo explicite, qui plus est sur un fond musical sautillant, dû au groupe électro-pop français «The Fortune Tailors»)


Clan du Néon PARIS - Phase 6 Passy with The Fortune Tailors
envoyé par ClanDuNeon

L’article 36 de ce projet de loi Grenelle donne pour la première fois aux pouvoirs locaux les moyens réglementaires de «prévenir, supprimer ou limiter» les émissions lumineuses nuisibles. Le but du gouvernement? Faire en sorte qu’en France bientôt, «on n’éclaire pas forcément moins, mais mieux» selon les mots de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Longtemps justifié pour des raisons de lutte contre l’insécurité ou simplement par goût de prestige, le suréclairage nocturne est désormais de plus en plus critiqué. Parce qu’il incommode les astronomes, désoriente les oiseaux et les insectes, dénature les paysages et, évidemment, est peu écologique et très coûteux.

D’autant que l’Hexagone a du retard à rattraper. Pour l’éclairage public, en effet, les Français consomment chaque année en moyenne 91kWh par an et par habitant. C’est 20kWh de plus qu’en 1990 et c’est une consommation deux fois plus élevée que celle de l’Allemagne (43kWh). Rien que les 9 millions de lampadaires que compte la France consomment chaque nuit… l’équivalent de l’énergie produite par une centrale nucléaire. Revoir l’éclairage public pourrait donc constituer une source d’économie d’énergie importante. Ainsi, les spécialistes estiment que rien que le changement des ampoules des lampadaires permettrait aux collectivités territoriales de réduire de 40 % leur facture d’éclairage.

Si la loi est votée, les élus locaux pourront, demain, imposer des contraintes en matière de puissance, d’orientation ou d’horaires d’utilisation de l’éclairage nocturne. Sur les bancs du Parlement,  figure également une proposition de loi, déjà signée par une trentaine de députés, qui cible plus particulièrement les excès de l’éclairage commercial.

A Paris, ce ne serait pas du luxe, tant parfois, le suréclairage dénature le panorama de manière caricaturale. On s’est encore fait la réflexion l’autre soir. On était attablé avec un ami pour dîner à une brasserie du Quai de la Mégisserie: vue sublime sur les flots de la Seine et sur la silhouette si harmonieuse de la Conciergerie. Un immense bateau-mouche bondé de touristes est alors arrivé, surmonté de dizaines de spots blafards et agressifs, déchirant brutalement la pénombre. Cet éclairage était ridiculement excessif: on se serait cru en plein jour, voire sur une scène de théâtre. Sur la Seine, paradoxalement, cette débauche de lumières ne va d'ailleurs pas sans poser de problèmes aux forces de sécurité. En effet, elle rend quasi invisibles les feux de signalisation des petits bateaux qui circulent sur le fleuve. C’est pourquoi ce facteur a été évoqué parmi les causes possibles du naufrage mortel survenu récemment sur la Seine.

02.09.2008

Un premier bilan

b1439d70cf5039d040bd9b97a2b823f7.jpgPas terrible, cette saison touristique estivale qui s’achève. Pourtant, cet été comme chaque année, on a eu l’impression qu’il n’y avait jamais eu autant de touristes dans les rues de Paris (*). Et bien non, pas tant que cela en fait. Si la capitale et l’Hexagone ont semble-t-il échappé à la crise touristique qu’aurait pu faire craindre la météo pourrie, l’été 2008 ne restera pas dans les annales.

A l’échelle du pays, précisait le ministère du Tourisme hier, la fréquentation des hébergements marchands (hôtels, campings, résidences de tourisme, locations meublées, etc.) pour juillet et août se situera dans une fourchette allant de -0,7% à +0,5%. Ce résultat maigrichon est notamment dû au recul de la fréquentation des touristes américains et asiatiques, pénalisés par le cours de l’euro et la flambée du kérosène.

A Paris aussi, on a constaté l’absence (la moindre présence, en tout cas) de ces visiteurs. Si les chiffres des nuitées hôtelières dans la capitale restent malgré tout (faiblement) positifs (+2%), c’est grâce aux touristes français, qui ont quelque peu compensé la désaffection étrangère. Grâce aussi aux touristes des pays voisins, toujours aussi nombreux: Hollandais, Italiens, Allemands et Belges. Ces derniers singulièrement continuent visiblement à raffoler de la Ville Lumière. Pendant les six premiers mois de l’année, très exactement 295.985 Belges (soit une hausse de 3%) ont séjourné à l’hôtel dans Paris.

L’hôtel, justement: on est un peu tombé des nues hier, à la découverte des derniers chiffres relatifs aux prix des chambres ici, qu’on a trouvés décidément très chers. Le prix moyen d’une chambre d’hôtel dans la capitale française s’élève à 151€60, en hausse de 6,4%. Dans le créneau de l’hôtellerie haut de gamme, Paris est carrément la ville la plus chère d’Europe (388€ la nuit). La chambre d’hôtel moyen de gamme est à 178€. Et la chambre dans la catégorique économique affiche un prix moyen à 95€, ce qui n’est tout de même pas rien.

Paris, plus que jamais, reste un luxe.

(*) Des touristes partout à Paris et même et y compris dans les quartiers les moins courus, remarque-t-on  de plus en plus. C’est bien: les voyageurs sortent des sentiers battus tour Eiffel-Arc de Triomphe-Père Lachaise.

16.07.2008

Une nuance, ou l'autre

71dabeaad2d1db895173c0eb184b30a8.jpgLa Belgique périclite. Enfin, la Belgique politique – nuance. La Belgique culturelle, elle, continue visiblement à bien se porter. Et à s’exporter aux quatre coins du monde, notamment en France et à Paris. C’est ce qu’on se disait hier soir encore en arpentant les couloirs du métro. En effet, de «Bastille» à «Châtelet», d’«Odéon» à «République», dans toutes les stations ou presque, la plupart des panneaux publicitaires célèbrent désormais un des fleurons du neuvième art belge: Largo Winch.

Le film tiré de la célèbre bande dessinée belge de Francq et Van Hamme ne sortira que le 17 décembre 2008 sur les écrans français. Mais six mois auparavant, le visage du fameux golden-boy de phylactère et de papier s’étale déjà en format géant – sur fond d’une très belle photo du skyline de Hong Kong (*).

Tomer Sisley incarnera Largo Winch – aux côtés de la si séduisante Kristin Scott Thomas, quelle chance il a. Dans le registre bel homme, séducteur et briseur de coeurs, l’acteur français pourrait le faire. Un détail, toutefois, a de quoi troubler. Juste une nuance. Pour tout dire, une question… de cheveux (sujet de conversation éternel et merveilleux). Autant Largo était indéniablement blond, autant Tomer est indubitablement brun.

Après Daniel Craig en James Bond blondinet, alors que le héros de Ian Fleming se doit évidemment d’être châtain, voilà donc un deuxième grand tabou capillaire violemment brisé. Le public va-t-il en être perturbé?

 

 

(*) Panorama urbain reconnaissable entre mille par la célèbre «Bank of China Tower» de Ieoh Ming Pei (l’architecte de la Pyramide du Louvre) : 367 mètres d’élégance et de brio à l’état pur. Au passage, on aurait tant aimé voir un gratte-ciel de ce type dans le quartier d’affaires de La Défense, au lieu de ce projet de «Tour Signal» de Jean Nouvel pour lequel, désolé, malgré toute notre bonne volonté, on ne parvient décidément pas (encore?) à s’enthousiasmer.

05.06.2008

Une misère

f7f292366e45d1b4eb2461ab48a04eb7.jpgLes misères de la pub dans le métro de Paris, suite – et sans doute pas fin: on pourrait chaque jour ou presque écrire sur le sujet, tant le niveau moyen des campagnes est désolant. Ainsi, en ce moment, les voyageurs sont gratifiés d’une pub déshabillée (été oblige, sans doute) pour une grande chaîne de magasins de matériel informatique, le modèle étant montré quasiment nu mais ayant gardé sur lui «l’essentiel», à savoir tout son attirail de geek.

Moche mannequin, moche tête, moche regard, moche corps, moche peau, moche photo, moches couleurs, moche mise en scène, moche slogan: quand on n’aperçoit qu'occasionnellement une moche affiche publicitaire, par hasard au détour d’un quai de métro, cela passe encore. On lève à peine les yeux au ciel et on passe son chemin. Mais quand, comme ici, des couloirs entiers du métro, sur tout leur long et à raison d’innombrables stations, sont tapissés d’une campagne aussi moche, on commence à sympathiser avec les «Déboulonneurs»: ces activistes qui, à Paris surtout mais en province aussi, militent ardemment contre l’agression publicitaire des usagers des espaces publics.

33ac8b2af532c96543106d7041512de7.jpgOn subissait cela stoïquement l’autre soir – spectateur captif de toutes ces pubs, au gré des attentes du métro. Puis, station «Châtelet», on tombait sur un panneau publicitaire lui vraiment bien. Un panneau… complètement vide. Sans doute une erreur commise par la régie de la RATP dans le planning de réservation des espaces avait-elle momentanément laissé ce panneau sans aucune affiche. Du coup, l’espace avait été envahi par des centaines de tags et de grafs de toutes les couleurs. C’était très joli. On aurait dit de l’art moderne comme on l’aime: du Pollock ou du Twombly.

Si on devenait un jour le grand patron de la RATP, se disait-on dans la foulée – hypothèse hautement improbable et donc, on en convient, éminemment confortable –, on réserverait un panneau publicitaire de chaque station de métro à une œuvre d’art. On y afficherait en très grand format du Soulages, du Debré, du Schneider, du Rothko, du Hartung, du de Staël, et tout cela. Entre toutes ces pubs commerciales souvent si criardes et vulgaires, ces grandes toiles illumineraient le regard et aéreraient l’esprit. Un peu comme, sur France 2, les courts programmes «D’art d’art» (souvent bien faits, mais toujours trop courts et pas assez nombreux) éclairent les interminables tunnels de pub. Pourquoi ferait-on de la sensibilisation à l’art à la télé de service public et pas dans l’espace public que constitue le réseau de métro?

Ce serait d’autant plus nécessaire que le métro parisien manque cruellement d’œuvres d’art. Même dans le métro de Bruxelles, pour le souvenir qu’on en a gardé, il y en a davantage.

bd118985a8486697edf2507fdd3fc696.jpgIl y a bien la station «Arts et Métiers» qui, toute en plaques de cuivre, est à elle seule une œuvre d’art (conçue soit dit en passant par un Belge: le dessinateur de bande dessinée François Schuiten). Il y a aussi les mosaïques de la Déclaration des droits de l’homme à  «Concorde». Les autographes d’écrivains célèbres du Quartier latin sculptés sur la voûte de «Cluny La Sorbonne». Les moulages du Musée du Louvre à «Louvre Rivoli» et les sculptures  de Rodin à «Varenne». Il y a aussi les boules de Noël de Jean-Michel Othoniel à «Palais Royal». Et, depuis plus récemment, la grande verrière bleutée installée à «Bir Hakeim» par l’artiste américaine Judy Ledgerwood. Au total cela fait à tout casser une dizaine de stations qui sont dédiées à l’art, pour un réseau qui en compte quelque 380 et est utilisé chaque jour par environ 5 millions d’utilisateurs. Une misère, ici aussi, donc.

26.05.2008

Une course

736e9df65fe0eff74b6c0180b71df539.jpgC’était dimanche. C’était le lieu de rendez-vous de pas mal de Parisiens mordus de course à pied, qui auraient été ravis de courir hier les 20 kilomètres de Bruxelles – une course manifestement assez populaire y compris en France – mais qui s’y étaient pris trop tard et n’avaient donc pu s’inscrire. C’était un semi-marathon. Cela se passait en banlieue parisienne… sur une base aérienne de l’armée, au cœur donc d’un immense domaine militaire, protégé sur tout son long par d’imposantes clôtures de barbelés. Et c’était assez drôle.

L’ambiance, en effet, rappelait immanquablement le film «Top Gun». Il y avait en fond sonore, et à tue-tête, de la mauvaise musique de variétoche telle que celle écoutée par Tom Cruise dans le bar où il essaie d’emballer sa supérieure. Il y avait, évoluant dans ce décor spartiate (vestiaire à ciel ouvert sur le tarmac, pas de douches, ravitaillements réduits au minimum, etc.), des militaires en treillis patrouillant en jeeps ou en compagnie de molosses patibulaires, des officiers aviateurs impeccables et multi-galonnés, et des athlètes galbés comme des médaillés olympiques. Il y avait aussi un cockpit d’avion de chasse dans lequel on pouvait s’asseoir et se faire photographier, un stand où l’armée de l’air essayait d’appâter de futures recrues, et même une tombola où l’on gagnait des baptêmes de l’air.

3a7835aee8f0e04c9f51e29b74b0b573.jpgOn n’avait jamais couru, auparavant, sur les pistes d’un aérodrome. Ce fut assez impressionnant d’aligner, sur 21 bons kilomètres, les plaques de bitume invariablement toutes identiques et rigoureusement ponctuées de diodes lumineuses bleues. Sur les bas-côtés des pistes, parmi les graminées, des coquelicots poussaient et des lapins gambadaient. L’horizon de cet aéroport, si infiniment plat et ras à perte de vue, ne mettait que plus en valeur les constructions boursouflées d’un ciel tourmenté de nuages d’orage.

Nombre de participants à cette course étant visiblement des militaires, le niveau a été assez rapide. Les quinze premiers kilomètres ont été sublimes. Déjà, d’habitude, il n’y a rien de tel, pour se laver l’esprit de ses soucis, que de se concentrer pendant environ 1 heure et demi sur le seul rythme de ses foulées (inspirer sur deux pas, expirer sur trois pas, et ainsi de suite, un nombre incalculable de fois). Mais là hier, le silence impressionnant qui régnait aux confins de cette base militaire immense n’était que plus propice à l’évasion des préoccupations. Les quatre kilomètres suivants ont été plus pénibles. Les deux derniers ont été carrément atroces. A de tels degrés d’épuisement, on implorerait tous les Dieux de la terre, on maudirait même père et mère pour que cela s’arrête.

c7d5a0067001fec7628b1ae6ebc96ef0.jpgLa ligne d’arrivée franchie, sous un soleil de plomb et dans un état second, on est resté une à deux minutes limite groggy, comme anéanti par la violence physique de l’effort, prostré et persuadé qu’on n’arriverait jamais plus à se relever. C’est ensuite seulement, quand le pouls se calme, quand le souffle s’apaise, que la sensation la plus fabuleuse qui soit s’immisce petit à petit. Puis, de seconde en seconde, envahit le corps et l’esprit. C’est à ce moment qu’on le sent: on revit. Ressentir ce plaisir si intense est, chaque fois, un moment vraiment fascinant.

25.04.2008

Une substance

3c75393640bf6135dff0133378b49ef6.jpgLe week-end débute ce soir et le mois de mai, avec tous ses ponts, approche à grands pas. Les Français vont-ils profiter de tout ce temps libre à venir, et des beaux jours revenus, pour faire plus que jamais, voire immodérément, la fête? Dans l’Hexagone, en tout cas, le monde de la nuit vient de connaître une petite révolution: la mise sur le marché d’une célèbre boisson énergisante qui, si l’on en croit la pub, «donne des aiiiles» mais qui, jusqu’à présent, avait toujours été interdite en France. L’événement commercial n’a d’ailleurs pu échapper à personne vu le nombre de placards publicitaires à ce sujet publiés dans la presse ces dix derniers jours et le nombre de Minis qu’on a pu voir en rue, affublées de la reproduction géante de la fameuse canette bleue et argentée avec son taureau ailé.

 

L’arrivée d’un tel produit sur le marché français ne va évidemment pas impressionner les Belges, qui, eux, depuis quinze ans au moins, carburent à la vodka Red Bull en boîtes de nuit. Il ne va probablement pas non plus dissuader les frontaliers français de continuer à aller acheter cette boisson énergisante en Belgique.  En effet, le Red Bull français ne sera qu’une pâle copie de son voisin belge.

La recette traditionnelle de cette boisson est un cocktail de caféine, de vitamines et d’un acide aminé: la taurine. En France toutefois, cette dernière substance a été remplacée par un autre acide aminé: l'arginine. En effet, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) reste sceptique sur l’intérêt nutritionnel et surtout sur l’innocuité de la taurine. Selon un avis de l’Afssa relatif à cette substance, il est impossible «d’assurer avec certitude que les teneurs de taurine (…) relevées dans le produit ne présentent aucun risque pour la santé». L’Agence soupçonne même que la taurine puisse avoir, chez certaines personnes et dans certains modes d’utilisation, des «effets neuro-comportementaux indésirables». A son sens, l’effet de la taurine sur la glande thyroïde mériterait par exemple d’être étudié de manière plus approfondie.

N’y tenant plus, après avoir piaffé tant d’années à attendre aux portes de ce pays, le taureau ailé a donc fini par accepter de modifier sa recette magique pour être enfin autorisé à pénétrer le marché français. L’Hexagone n'en sera pas moins le seul pays du monde où les noctambules boivent du Red Bull sans taurine.

D’où, tout de même, quelques questions. Les fêtards français seraient-ils congénitalement plus fragiles que les noctambules d’autres pays? Le Red Bull à la taurine aurait-il pu être dangereux en France spécifiquement alors que, dans tous les autres pays du monde où il est vendu, il n’a, jusqu’à preuve du contraire, tout de même pas provoqué morts d’hommes? A l’heure où l’on prend l’avion aussi facilement que le train et où tout et n’importe quoi se vend et s’achète sur internet, quel est donc l’intérêt, l’efficacité, la cohérence et la crédibilité d’une mesure interdisant un produit alimentaire à Paris mais le tolérant à Bruxelles?

«Ce sont de très bonnes questions», a-t-on répondu quand on les a posées au service de com’ de l’Afssa. «Mais chaque pays a son propre mode de fonctionnement, c’est comme cela», a-t-on mollement argumenté. Dans ce dossier comme dans de nombreux autres concernant la santé en France, ce qui a joué ici, c’est donc une règle intangible, sacrosainte même, au point qu’aucun décideur politique n’ose plus désormais y déroger : le «principe de précaution». Face à lui, il n’y a plus qu’à s’incliner.

26.03.2008

Un dépit

8efb395ef0acb39348df49f34303d544.jpgOn avait d'emblée localisé l’accent. La voix ne nous était pas inconnue, mais on ne l’avait pas identifiée immédiatement. C’était en fait Freddy Thielemans, le bourgmestre de Bruxelles. Qui, à la radio l’autre jour, paraissait très dépité. Un peu énervé même, pour tout dire.

Il faut dire qu’une enquête réalisée après de 1110 voyageurs par le site de voyages TripAdvisor vient de classer Bruxelles comme… la ville la plus ennuyeuse d’Europe. Devant Zurich, Oslo, Varsovie et Zagreb. A l’attention de tous les auditeurs et potentiels visiteurs français, le maire de la capitale belge tentait donc de rectifier l’image de sa cité. Non, non, assurait-il et répétait-il en boucle, on ne s’ennuie nullement à Bruxelles. Proportionnellement à sa superficie, cette ville accueille même, sur son territoire, la plus grande concentration au monde de théâtres.

Selon ladite étude, Paris est le meilleure ville d’Europe pour la cuisine, le shopping et la mode. C’est aussi, avant Venise et Rome, la cité la plus romantique du vieux continent. Zurich décroche la palme de la ville la plus propre, Prague celle de la plus économique. Londres est la ville la plus sale et la plus chère. Au total, dans ce classement, Paris ne s’en sort pas trop mal. Certes, c’est la deuxième ville la plus chère et la plus sale d’Europe. Et elle est considérée comme la moins accueillante de toutes. Mais, citée dans 9 des 14 catégories du questionnaire, elle est aussi la capitale la plus nominée de toutes les villes européennes.

22712a88484f651a40628be8578e68aa.jpgL’étude, en gros, consacre et alimente tout de même pas mal de vieux clichés sur les grandes capitales européennes, au premier rang desquels l’image d’Epinal d’un Paris chic, savoureux et tendance mais peuplé de Parisiens peu aimables voire carrément teigneux. Au téléphone hier soir, un attaché de relations publiques pour TripAdvisor, un peu gêné, recadrait la portée de ce classement. Ce n’est qu’«une enquête de perception, qui ne reflète pas forcément la réalité», rappelait-il. Elle a été menée en majorité «auprès de voyageurs anglo-saxons, majoritairement Américains», donc elle peut être biaisée. En outre, touristiquement, les voyageurs interrogés sont «relativement immatures», dans le sens où ils ne passent souvent qu’en coup de vent en Europe et «n’y synthétisent en vitesse que deux, trois choses». Avant de passer à autre chose.

Et notre interlocuteur de pousser l’amabilité belgophile jusqu’à préciser que, pour sa part, il trouvait que certains quartiers de Bruxelles ressemblaient agréablement «aux quartiers branchés de New York: Soho, Tribeca, etc». Connaissant les deux villes, on ne voyait pas très bien ce qu’il voulait dire, mais on ne doutait pas qu’une telle appréciation allait mettre quelque baume au cœur des Bruxellois.

27444626b20eac703d0f85264d991281.jpgFreddy Thielemans se consolera également en prenant connaissance d’une autre étude internationale, elle beaucoup plus favorable à la capitale belge. Il s’agit de l’édition 2008 du «Top35 des villes du monde où il fait bon vivre pour les Européens». Bruxelles y pointe en sixième place à égalité avec Luxembourg, loin devant Paris (en vingtième position). La capitale française est même devancée par Strasbourg.

PS: Ce critère de l’enquête du TripAdvisor: «la ville européenne avec le plus de gens beaux». Réponse des sondés, dans l’ordre: Rome, Paris puis Stockholm. Ici, pas de doute même si on adore Rome: on aurait classé Paris très largement en tête.

27.02.2008

Un coup de poing (encore)

7ba640c1b215b17624e0767d88967051.jpgDepuis la note d’hier, et toujours sur le thème du coût de la vie à Paris, on a retrouvé une intéressante étude sur la question, qui a été réalisée très récemment par le cabinet de consultance internationale Mercer, et qui compare le coût de produits et services dans onze grandes capitales internationales, dont Paris et Bruxelles. Alors évidemment, vu le public visé par le commanditaire de l’étude, n’est pas soupesé ici l’habituel et fameux «panier de la ménagère», mais plutôt l’attaché-case du cadre expatrié. L’étude en dit long, malgré tout, sur la différence de coût de la vie entre les capitales française et belge.

Ainsi, une chemise lavée et repassée au pressing coûtera en moyenne 4€20 à Paris et 3€50 à Bruxelles. Le loyer mensuel d’un appartement de 3 chambres s’élèvera à 4000€ à Paris, contre 2000€ à Bruxelles. Dans la capitale française, un menu dans un bon restaurant coûtera en moyenne 40€ ; ce sera 35€ dans la capitale belge.  A Bruxelles, une télévision LCD de 63cm vaut environ 719€ ; c’est nettement plus cher (777€) à Paris. En fait, sur un seul de ces cinq biens de consommation sélectionnés, les dépenses mensuelles pour une ligne de téléphone, le Bruxellois paiera plus (17€50) que le Parisien (16€).

Au total, si l’on pose à 100 l’indice du coût de la vie à Paris, Bruxelles sera nettement meilleure marché (94). Beaucoup moins chères que la capitale française sont aussi des villes comme Berlin (96), Madrid, Budapest et Pékin (93), New York (90), Varsovie (89) ou New Delhi (77). En revanche, le coût de la vie à Rome (100) est similaire à celui de Paris. En fait, en matière de coût de la vie, les capitales française et italienne sont uniquement battues par Londres (115), où une chemise repassée, un appart et un resto coûtent respectivement 7€57, 5783€ et 44€75.

93848a5f732594e6e964258ba40a0740.jpgLes Parisiens ayant des problèmes de pouvoir d’achat ne pourront se consoler, par rapport à leurs cousins bruxellois, en misant sur la qualité de vie dans leur ville. Dans cette même étude, en effet, l’indice de la qualité de la vie – à savoir l’environnement naturel, l’offre de loisirs, l’offre de transports, etc. –  est meilleur à Bruxelles (102) qu’à Paris (100). En termes de qualité de vie, la capitale belge partage carrément la première marche du podium avec son homologue allemande. Paris arrive juste derrière ce duo de tête, et devance tout de même des villes rivales comme Londres, Rome ou Madrid.

05.12.2007

Un service

fe0c0740e6a1c7028ccf6cb6ad5cb33f.jpgComme les Français sont les champions du monde des blogs, on avait à l’esprit qu’ils étaient également les premiers de la classe européenne en matière d’internet. On avait tout faux.

 

Si l’on en croit la dernière étude d’Eurostat, sortie hier, près d’un Français sur deux seulement (49%) a accès à Internet et un peu plus de quatre Français sur dix (43%) disposent d’une connexion à large bande. En ce qui concerne l’accès des ménages à cette technologie, l’Hexagone est donc loin derrière d’autres pays comme la Belgique, l’Allemagne, les pays scandinaves voire certains Etats de l’ex-Europe de l’Est.

 

En revanche, les Français sont les champions européens dans une activité effectuée sur internet: les appels téléphoniques. Il est vrai que, par rapport aux autres pays européens, la France se distingue par le faible coût des offres multimédias (forfaits ADSL, téléphone, décodeur télé, etc.) proposées par les opérateurs aux particuliers – mais pour une qualité de service souvent pitoyable, nuancent les associations de consommateurs.

 

 

4acd2c74d61d898f9884bd02dfa8d934.jpgAu fond, parlant d’Internet, cette nouvelle qui peut intéresser les lecteurs de ce blog voyageant souvent entre Paris et Bruxelles. Peut-être l’ont-ils remarqué: depuis la mi-novembre, le Thalys est devenu le premier train international à grande vitesse proposant à bord un accès internet à large bande, et ce y compris lors du passage du train en zones couvertes (gares, tunnels, etc.). Le dispositif est testé actuellement, à titre expérimental, dans une rame. Deux rames supplémentaires seront équipées d’ici à la fin décembre. Les 26 rames du réseau Thalys bénéficieront de cette technologie d’ici à l’été.

Jusqu’à la fin des tests, en février, l’accès à internet sera gratuit dans ces trains. Ensuite, a-t-il été confirmé en début de semaine, la gratuité sera maintenue pour les voyageurs de première classe, mais le service deviendra payant en seconde. Ce sera 6€50 l’heure de connexion ou 13€ le forfait de 4 heures.

A terme, cette connexion Wifi à haut débit sera également proposée progressivement sur l’ensemble du réseau de grandes lignes SNCF, en commençant par le TGV-Est.

11.11.2007

Un chiffre

54%. C’est donc le nombre de Français qui, selon un sondage paru ce matin dans «Le Journal du Dimanche», se disent favorables, «en cas d’éclatement de la Belgique, au rattachement de la Wallonie, c'est-à-dire des provinces francophones, à la France». Quatre Français sur dix (41%) y sont opposés. Les «rattachistes» français sont un peu plus nombreux parmi les sympathisants de gauche (56%) que de droite (53%). Leur nombre est plus important (66%) dans les régions françaises frontalières de la Belgique: Nord-Pas de Calais, Ardenne et Meuse.

 

Invité par la radio France Info ce midi à commenter ce sondage, le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué, avait tout de même l’air un peu gêné aux entournures. Il faut dire que le confrère lui avait carrément demandé s’il craignait «pour (sa) vie» – bigre: Bruxelles comme Rangoun ou Kaboul?- «et pour (sa) région»

 

Le socialiste bruxellois convenait que le résultat principal de ce sondage était «amical». Prudent, il estimait qu’en Histoire, on ne pouvait jamais préjuger de rien. Il rappelait toutefois que, dans ce cas de figure de l’éclatement de la Belgique et du rattachement de la Wallonie à la France, le petit million de Bruxellois francophones se trouveraient tout d’un coup bien esseulés – sans parler de ces Wallons rattachés à Paris qui perdraient du coup l’atout économique de la capitale européenne.

 

Peut-être Charles Picqué aurait-il pu ajouter que lors de toutes les élections tenues en Belgique ces dernières années, les rares listes électorales présentées dans une poignée de sous-régions de Wallonie par des partis prônant ouvertement le rattachement à la France n’ont recueilli qu’à peine… 1 ou 2 % des suffrages.

08.11.2007

Un inventaire

Les médias français font ce qu’ils peuvent pour suivre le feuilleton de la Belgique politique qui se déglingue. Les innombrables subtilités institutionnelles de ce divorce annoncé sont déjà rébarbatives, on l’imagine, pour de nombreux Belges. Mais alors pour les Français, elles prennent un tour largement incompréhensible. Du coup, certains médias ici en viennent à prendre le parti de laisser tomber l’institutionnel pour privilégier le registre l’émotif.

 

Ainsi, ce matin, le quotidien «20 Minutes» (un gratuit certes, mais du coup un des plus gros tirages de la presse hexagonale), recense «60 raisons d’aimer la Belgique» (lire ici).

 

Cet inventaire à la Prévert est très inégal. Il est ennuyeux quand il s’étend sur les clichés habituels de la belgitude (Brel, Tintin, Eddy Merckx, les Diables Rouges, etc.) ou quand il joue au guide touristique pour Français à peine débarqués du Thalys à Bruxelles-Midi («les bars La Lunette, Le Cercueil et l'estaminet La Bécasse»). Il est réjouissant quand il rend légitimement hommage à quelques petites phrases cultes («Tu ne te permets juste rien du tout», de Benoît Poelvoorde dans le film «C'est arrivé près de chez vous») ou à des personnalités épatantes comme Arno ou Jean-Claude Van Damme. Il est carrément surréaliste quand, emporté par l’enthousiasme, il en vient à louer «l’odeur de la clope dans un vieux café de Bruxelles». Il est de bon goût quand il cite les modistes Olivier Theyskens, Kris Van Assche ou Martin Margiela. Branché, on le suppose, quand il encense «la discothèque «Culture Club» à Gand ». Emouvant quand il s’émeut du «soleil qui se couche à Ostende». Iconoclaste quand il prétend que les «croquettes de crevettes», on ne les déguste pas amoureusement mais on les «jette aux mouettes sur la digue de Newport» (sic).

 

Au total, en tout cas, tout cela, dévoré de grand matin dans le métro parisien, avait furieusement des saveurs de madeleines de Proust.

01.06.2007

Un Bruxellois

0270cd10cd15a809012c22626a25b943.jpgAvis aux touristes bruxellois en partance pour Paris ce week-end: ils n’y seront pas trop dépaysés puisque le plus célèbre personnage du folklore de la capitale belge est en ce moment affiché ici à tous les coins de rue.

En tombant sur cette méga-campagne de pub pour une émission de radio, on se demandait vraiment ce que le Manneken Pis avait à voir avec un programme de libre antenne pour jeunes. Sa décontraction urinaire avait-elle donc été choisie car jugée représentative de la liberté de ton d’un programme se voulant «sans interdit»: «une vraie zone de libre parole et d’échanges entre potes, 4 heures de direct sans filet»? C’était tout de même un peu tiré par les cheveux.

Le choix s’explique en fait par les origines de l’animateur de ce programme: un certain Mikl, né à Bruxelles, qui a fait ses débuts d’animateur radio en Belgique en 1997 avant de faire carrière à Paris.

La mise en avant de la statuette enfantine bruxelloise se veut aussi exemplative de la dimension européenne de l’émission, «première libre antenne francophone européenne», diffusée tous les soirs «dans toute l’Europe francophone», et qui prend des appels venant aussi bien de jeunes de France que de Belgique, de Suisse ou du Luxembourg.

On n’a pas encore la Constitution européenne - notre ami Sarkozy y travaille -, mais on a une libre antenne européenne: c’est magnifique.

22.05.2007

Un père

«Il a élevé la bande dessinée à la dignité d’un art, d’un style et d’une philosophie!» Dans «France Soir» ce matin, André Santini rend hommage, en citant le philosophe Michel Serres, à Hergé, le père de Tintin, dont on commémore ce mardi le centenaire de la naissance.

Le facétieux et télégénique député-maire d’Issy-les-Moulineaux voue une véritable passion au plus célèbre des journalistes belges, jusqu’à estimer ce matin que son auteur, avec l’album «Tintin chez les Soviets», «a sûrement contribué à la chute du Mur de Berlin».

La tintinophilie n'épargne évidemment pas la France – en a encore témoigné le succès de la grande expo à Beaubourg. Elle a d'ailleurs gagné les plus hauts sommets de l'Etat. Le gouvernement Fillon, en effet, compte en son sein un très éminent tintinophile: le raffarinien Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports.

Mais il arrive bon dernier dans l’ordre protocolaire de cette fine équipe – encore un effort, mille sabords.

B.DL.

14.02.2007

Une déclaration

Prévenons d’emblée nos lecteurs belges: Saint-Valentin aujourd’hui ou pas, ce qui suit n’est pas précisément une déclaration d’amour française envers le plat pays.
C’est Europe 1 qui faisait ses choux gras de cette anecdote ce matin, sur la base d’un écho paru dans «L’Express». Cela se passe le 23 novembre à Matignon. Le Premier ministre regarde Nicolas Sarkozy au 20 heures de TF1. Les témoins sont peu nombreux. Du coup, le chef du gouvernement se lâche contre le patron de l'UMP: «Quelle démagogie! Quelle petitesse! Quelle vision étriquée! Il va faire de la France une Belgique».
Et le confrère d’Europe 1 de charitablement ajouter: «Et dans la bouche de Dominique de Villepin, ce n'est pas un compliment».
Au service de com de Matignon ce matin, tout le monde était en réunion. Personne n’a pu donc nous confirmer, nous infirmer ou nous commenter cette si charmante déclaration. On va nous rappeler, nous a-t-il été promis. C'est toujours ce que l'on dit.
B.DL.

23.12.2006

Une arnaque?

Un bref aller-retour en Belgique, pour la Noël.
On est peut-être un peu teigneux, mais on a cru remarquer (et notre portefeuille aussi) ces dernières années que plus le Thalys faisait des campagnes de pub pour ses billets à tarif réduit, moins on parvenait en fait à obtenir ce type de billet.
Cette fois encore, alors que le tarif premier prix doit être aux environs de 50 euros, on a payé à peu près le double. Alors qu’on a commandé le billet il y a de longues semaines et qu’on voyagera en heures creuses.
Le voyageur paie-t-il, en fait, toutes ces campagnes de marketing et de publicité?
B.DL.