08.10.2010
Une «censure»
«Je préfère un excès de caricature plutôt que pas de caricature du tout», avait dit un jour Nicolas Sarkozy. Manifestement, la bonne parole présidentielle n'est pas arrivée jusqu'aux oreilles des hauts dirigeants de la régie publicitaire de la RATP.
Puisque, a révélé avant-hier le journal satirique «Le Canard Enchaîné», cette régie a récemment cru bon de ne pas autoriser le Théâtre des Deux Anes à faire la pub de son dernier spectacle dans le réseau du métro et sur les bus parisiens. Ce spectacle humoristique s'intitule «Le banier de crabes». Il est consacré au fameux scandale «Woerth-Bettencourt», qui agite les hautes sphères de la République depuis cet été. Son affiche représente la milliardaire Liliane Bettencourt, genre Belle des champs, avec à la main un panier en osier dans lequel on reconnaît, outre l'artiste préféré de l'héritière de L'Oréal, François-Marie Banier, et le gestionnaire de fortune de l'octogénaire, Patrice de Maistre, le ministre Woerth et, surtout, le Président Sarkozy en personne. La régie de la RATP justifie le refus de cette affiche en la présentant comme diffamatoire car mettant dans le même sac – dans le même panier de crabes, en plus – des hauts personnages de l’Etat et des personnes poursuivies dans le cadre de procédures judiciaires.
Du coup, évidemment, (mini) polémique dans le tout-Paris. Les uns s'indignent d'une «censure». Les autres rétorquent que cette «censure» fait bien l'affaire du théâtre qu'elle frappe, vu qu'on n'aura jamais autant parlé de son dernier spectacle, etc, etc.
Pendant ce temps, personne n'a l'air de relever que, dans le même réseau de la RATP, comme on l'a remarqué l'autre jour en prenant le métro, s'affiche en ce moment, un peu partout, un autre spectacle d'humoristes consacré à Nicolas Sarkozy mais dont la promo, elle, n'a pas fait l'objet de «censure»: «Le cabot de la République», qui est joué au Théâtre du Caveau de la République. Pourtant, l'affiche de ce spectacle n'est pas davantage flatteuse pour le chef de l'Etat. Il y est caricaturé en espèce d'Aldo Maccione de pacotille, pathétique de bling bling.
Ces dernières années déjà, sur les panneaux publicitaires de la RATP, on avait pu voir, en affiches 4 par 3, le couple Sarkozy-Bruni férocement caricaturé dans les promos en faveur de l'une ou l'autre des nombreuses bandes dessinées satiriques dont il a été le protagoniste.
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04.10.2010
Un habit pour l'hiver
«Nuit blanche», samedi à Paris. N’adorant pas la promiscuité des très grandes foules – 1,5 million de personnes dans les rues, paraît-il –, on n’y a pas passé des heures. Mais on y est resté assez longtemps pour voir, comme chaque fois, pas mal de choses plutôt bien. En plus, cette année, la douceur du climat a rendu cette nuit parisienne plus belle encore.
A propos d’art contemporain, il y a une personnalité qui vient de se faire rhabiller pour l’hiver, comme on dit. A savoir le philosophe Luc Ferry: grand mandarin d’une certaine pensée néo-conservatrice française, dont les discours anti-Mai 68 influencèrent beaucoup Nicolas Sarkozy en 2007. L’autre jour, l’ex-ministre de l’Education y était allé de propos aussi définitifs que méprisants sur l’art contemporain («un art qui ne vise qu'à choquer»), par exemple sur la récente exposition Boltanski au Grand Palais («clairement moche et sans intérêt»:des «poncifs consternants»), et sur les avant-gardes en général (à l’origine d’une «déconstruction comme jamais dans l'histoire de l'humanité»). Les spécialistes de PARISart viennent de lui répondre. Et on a trouvé leur réplique d’une férocité jubilatoire.
L’éminence est d’abord raillée pour «sa médiocre connaissance de l'art contemporain». «Il mélange allégrement art moderne et art contemporain, dénigrant celui-ci à partir de celui-là, prenant des musiciens modernes (John Cage) à l'appui d'une charge contre l'art contemporain, et multipliant ainsi les approximations. Les seuls artistes contemporains qu'il mentionne sont les vedettes des discussions de bistrot sur l'art — Koons, Hirst, Boltanski, Murakami. Autre signe patent de méconnaissance, et erreur théorique: il procède à une double réduction de l'art contemporain, en le circonscrivant à cette petite poignée de vedettes internationales, et en le repliant sur son seul aspect mercantile de marché mondialisé».
Suit une charge au bazooka contre l’argument-massue de Luc Ferry: l’art contemporain aurait «clairement rompu avec l'idée de beauté». Qu’une argumentation s’articule ainsi sur une notion aussi subjective que la beauté manifestement effare PARISart. «Cette appréhension du présent de l'art avec les critères du passé est, à la lettre, réactionnaire, marquée du sceau de la nostalgie d'un monde révolu où «l'art, c'était d'abord la mise en scène de symboles éthiques, intellectuels ou spirituels majeurs, communs à un peuple ou à une époque».
Conclusion. «L'intérêt de cette interview de Luc Ferry n'est pas à rechercher dans ses propos sur l'art (…) mais dans la profondeur de cette cécité; dans l'ampleur, la violence et la radicalité du rejet de l'art moderne et contemporain; et dans cette position guère kantienne consistant à situer aujourd'hui «la beauté» dans le design et la mode, «dans le monde des objets plus que dans celui des œuvres». Et à choisir une Bugatti ou une montre Jaeger-LeCoultre plutôt qu'un Soulage, un Basquiat, ou un concert de Boulez. (…) Opposer une automobile, fût-ce une Bugatti, à un tableau de Soulage n'est tout simplement pas sérieux. C'est moins une audace que l'expression d'un désarroi théorique. Voire le signe que cette croisade contre l'art contemporain menée au nom de la «tradition» et des «classiques» s'accorde assez bien avec le bling-bling ambiant, qui n'est autre qu'une défaite majeure de la culture».
Et voilà Luc Ferry rhabillé pour l’hiver. On espère vraiment que l’intéressé répondra prochainement à tout cela. Et, qu’au-delà de sa petite personne ou de telle ou telle petite polémique si convenue (pour ou contre Murakami à Versailles, etc.), le débat se développera, dans la société française, à propos de l’art contemporain. Ces échanges, cette confrontation des points de vue, ce serait un signe plutôt stimulant, dans ce contexte si morose.
09:04 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : arts, culture, paris
13.09.2010
Une lassitude
Le débat artistique n’évolue décidément pas beaucoup, à Paris. On en aura encore l’illustration demain, avec l’inauguration de la grande expo Murakami au château de Versailles. Il y a deux ans déjà (relire ici ou là), ce château avait fait scandale en rendant hommage à l’Américain Jeff Koons, une initiative qui avait même fait l’objet de recours en justice. A présent, suscite une identique controverse l’arrivée sous ses ors de la star japonaise de l’école «kawaï» (mignon, en japonais) – sorte de croisement coloré entre l’esthétique pop art et la culture manga. Ainsi, s’insurgeait ce week-end le prince Sixte-Henri de Bourbon, descendant paraît-il de Louis XIV, «ce nouvel art du scandale perdra le prestige de Versailles comme vitrine culturelle de la France».
On avoue qu’on a entendu avec lassitude, ces derniers jours, les discours des tenants de cette vision passéiste et poussiéreuse du patrimoine historique. Non pas qu’on soit particulièrement passionné par les créations du pape du «nouveau japonisme»: la dernière grande rétrospective parisienne en date qui avait été consacrée à ce plasticien (à la Fondation Cartier, il y a quelques années) nous avait même laissé assez froid. Mais là, au vu des premières images de son expo à Versailles vues à la télé ces derniers jours, on a vraiment envie de se laisser tenter: le contraste avec le décor royal a l’air épatant.
De même n’a-t-on pas gardé un souvenir impérissable du président de l’établissement gérant le château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, lorsqu’il était ministre de la Culture, sous Jacques Chirac. Mais là, on trouve qu’une fois de plus, il se défend plutôt bien. Hier dans les journaux et ce matin encore à la radio, il l’a rappelé: «On voudrait imposer à ce château une pudibonderie qui n’a jamais eu cours. Il ne faut pas oublier que Versailles a été conçu et voulu pour la fête, le bonheur, la profusion. Critiquer le fait de présenter de l’art contemporain dans un musée national est une façon de contester ce qu’ont préconisé 50 ans de politique culturelle dans notre pays. Malraux a invité Chagall à réaliser un plafond à l’opéra de Paris. Chagall a créé les vitraux de la cathédrale de Reims. Jack Lang a demandé à Daniel Buren d’intervenir dans les jardins du Palais-Royal. Notre but est de faire comprendre au public l’universalité de l’art. Des œuvres du passé peuvent dialoguer avec celles d’aujourd’hui et vice versa ».
Et, ajoutera-t-on à l’attention de ceux qui veulent faire du château versaillais «le temple de leur nostalgie politique», même le très vénérable musée du Louvre, il y a peu, s’ouvrit à l’art contemporain: il fit repeindre le plafond d’une de ses salles par le grand artiste américain Cy Twombly. Et le résultat était très bien.
En art comme en tout, rien décidément n’est plus lassant que le manque d’audace.
09:21 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : culture, patrimoine, arts, expositions
09.09.2010
Une pléthore
Frédéric Mitterrand est content. Hier, en Conseil des ministres, il s'est réjoui de l'abondance et de la qualité des livres constituant la rentrée littéraire 2010 en France. Rentrée qui, avec 701 ouvrages, bat tous les records en termes de nombre de titres publiés. Cette pléthore ne gêne pas le ministre de la Culture. Pour qui cette «production éditoriale riche et diversifiée» témoigne «du dynamisme et de la diversité de l'édition française». Ce qui permet au marché du livre de faire figure de «pôle de stabilité au sein des industries culturelles, avec en 2009 une progression de l'ordre de 2%».
Soit. On trouve tout de même un peu courte cette communication ministérielle extatique. Ainsi, pas un mot sur le conservatisme croissant des éditeurs, qui, d'année en année, misent de plus en plus sur les auteurs confirmés, au détriment des écrivains qui essaient de percer. Pour preuve: lors de cette rentrée 2010, seuls 85 premiers romans sont publiés, un nombre historiquement bas – à titre de comparaison, 120 nouveaux romans étaient sortis à la rentrée 2004. Pas davantage d'allusion ministérielle au déséquilibre flagrant et persistant dans la mise en place de tous ces livres en librairies; déséquilibre qui, à chaque rentrée, pénalise les nouveaux auteurs au profit des gros vendeurs. Enfin, n'aurait pas fait de mal, dans cette communication au Conseil des ministres, un rappel par Frédéric Mitterrand du fait que, depuis plus de vingt ans, se maintient à un niveau élevé le nombre de Français qui ne lisent jamais. Ainsi, l'an dernier, un sondage avait confirmé que près d'un Français sur trois (30%) ne lisait pas même un livre par an.
Au passage, selon la même enquête, les Français en majorité (34%) ne lisent qu'entre un et cinq livres par an. Faites le calcul: cela veut dire que le lecteur français moyen aurait besoin ...de plus d’un siècle pour avoir lu tous les ouvrages publiés en cette rentrée littéraire 2010...
10:02 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : culture, littérature, economie, mitterrand
30.08.2010
Une reprise
Reprise de ce blog ce lundi, après la petite pause de l'été. Un été qui, finalement, a été météorologiquement plutôt moyen à Paris – on en gardera notamment le souvenir des pluies diluviennes et de l'horrible climat de Toussaint qui ont marqué les quelques jours autour du 15 août. Un été qui, en outre, a tout de même été politiquement assez tendu, trouve-t-on. Ce week-end, deux petites actualités à Paris ont assez bien illustré ce climat orageux.
La première est survenue samedi soir au parc de La Villette – dont, au passage, les animations (cinéma en plein air, etc.) ont, en juillet comme en août, connu à nouveau un succès de foule impressionnant. Avant-hier à La Villette, se déroulait «Le Grand Ramdam», une grande fête populaire axée sur la découverte des musiques du Maghreb, organisée aux heures de rupture du ramadan. Oublieux de la grande impopularité actuelle du gouvernement et du Président Sarkozy, les ministres Frédéric Mitterrand et Fadela Amara ont cru bon d'y prendre la parole en public, entre deux concerts. Mal leur en a pris: ils ont été copieusement hués par des milliers de spectateurs. La deuxième illustration du climat de tension actuel, on l'a trouvée dans les colonnes du journal «Le Monde» de ce même week-end. «La RATP veut doter ses agents de sécurité de gilets pare-balles», y a-t-on lu avec stupéfaction. Une innovation vestimentaire que les vigiles de la société de transports parisienne justifient par l'évolution selon eux dramatique du climat d'insécurité dans la capitale et sa banlieue et par la multiplication des actes d'incivilité voire d'agressivité dont ils sont victimes dans leur travail quotidien.
Sinon, pour tout de même ne pas d'emblée plomber l'ambiance de cette rentrée, parlant de reprise, une bonne nouvelle concernant Paris s'est confirmée cet été. En effet, juillet comme août ont consacré la reprise, assez spectaculaire, de l'activité touristique dans la capitale française – comme dans l'ensemble du pays d'ailleurs. On y a retrouvé les niveaux de fréquentation d'avant la grande crise financière internationale de l'hiver dernier. A Paris, les palaces comme les campings ou auberges de jeunesse n'ont pas désempli, si bien qu'à la fin de l'année, la capitale devrait à nouveau atteindre voire dépasser le cap annuel des 36 millions de nuitées hôtelières. Vu le poids du secteur du tourisme dans l'économie parisienne (son impact en termes d'emplois, singulièrement), c'est sans doute déjà ça.
11:03 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, tourisme, culture, sécurité
15.07.2010
Une fatwa
Ces jours-ci, la France fête le vingtième anniversaire de la loi réprimant les propos à caractère raciste, antisémite ou xénophobe. C'est le moment qu'a choisi le Front national pour jeter l'opprobre sur une artiste qui, dernièrement, a fait parler d'elle en se convertissant à la religion musulmane, en vertu de quoi elle n'apparaît plus en public que coiffée d'un couvre-chef. On veut parler de Diam's. Ce soir, la rappeuse doit se produire à un festival de musique, dans une bourgade du Var (Provence). Mais son concert pourrait bien être perturbé par des agitateurs du parti de Jean-Marie Le Pen, le FN ayant réclamé (ici) en vain l'interdiction de cette prestation. Pour les frontistes, en effet, Diam's est une «personnalité néfaste», «médiocre». Qui, dans ses chansons (proférées qui plus est «dans un français approximatif») «vomit toute la haine qu’elle porte en elle contre la France et envers les Autorités et la République». Le FN a donc prévenu: la venue ce soir d'une telle artiste sur des terres où l'extrême droite est si bien implantée ne peut qu'«engendrer désordre civil et insécurité».
Le FN en veut notamment à Diam's pour sa chanson «Ma France à moi». Dans laquelle la rappeuse dit notamment: «Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême/ Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM/ Celle qui s'croit au Texas, celle qui a peur de nos bandes/ Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante/ Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes/ Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l'hospice». Ou encore: «Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais/ Et qui prétend s'être fait baiser par l'arrivée des immigrés/ Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte/ Cette France hypocrite qui est peut-être sous ma fenêtre». Pour le FN, de tels textes sont évidemment insupportables. En outre, sans doute le parti de Jean-Marie Le Pen n'a-t-il pas encore pardonné à Diam's sa chanson intitulée «Marine», en référence à la fille du patron du FN. Cela donnait notamment ceci: «Marine/ Regarde-nous/ On est beau/ On vient des 4 coins du monde/ Mais pour toi on est trop/ Ma haine est immense quand je pense à ton père/ (...). T'as fait la même connerie que lui/ Penser que le blanc ne se mélange pas à autrui/ Marine/ On ne s'ra jamais copines parce que je suis une métisse/ Et que je traîne avec Ali».
Les organisateurs du festival et la mairie concernée ont évidemment catégoriquement rejeté la fatwa du Front national: «Diam's viendra bien. C'est de la musique et elle a le droit de s'exprimer, comme tout le monde». Puisque le parti de Jean-Marie Le Pen a, paraît-il, de nouveau le vent en poupe en France en ce moment, rappelons que, dans les villes qu'il dirigea jadis (Vitrolles, Marignane, Orange, Dreux etc.), en matière culturelle, le FN n'a pas rarement pris des mesures clairement excluantes: déprogrammation de spectacles, refus d'autorisation d'expositions, purges, dans les bibliothèques publiques, des livres jugés immoraux, diminution voire arrêt de subventions aux théâtres pas assez dans la norme, etc, etc. Depuis, de toute évidence, l'extrême droite n'a pas évolué d'un iota.
10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : culture, musique, le pen, jeunes
30.06.2010
Un «pari gagnant»
Un peu de culture, aujourd'hui. Quatre ans après son inauguration, c'est une consécration pour le musée du Quai Branly. Cette institution vient d'être bombardée en tête du classement des 340 musées français, édité chaque année par «Le Journal des Arts». Ce palmarès est établi sur la base de 69 critères concernant par exemple l’accueil du public, le dynamisme de la politique muséale, ou la conservation des oeuvres. C'est la première fois que Branly pointe en tête de ce classement. Ce qui, selon ses concepteurs, consacre le «pari gagnant» de ce musée dédié aux Arts premiers.
Dans ce classement, Branly détrône le Centre Pompidou, le Louvre étant stationnaire à sa troisième place. La rétrogradation du Musée d’art moderne de Beaubourg est expliquée par la longue grève qui y a eu lieu l'automne dernier ainsi que par sa politique d’accueil. A Pompidou, en effet, «les aides à la visite (audioguide et téléchargement multimédia) ne sont pas incluses dans le prix d’entrée». A Branly, en revanche, «Le Journal des Arts» a apprécié le fait que cette institution «offre 18 journées de gratuité par an à son public, lequel peut, par ailleurs, visiter l’intégralité de ses espaces d’exposition» – ce qui est loin d'être le cas au Louvre, par exemple. Les confrères se réjouissent aussi que «quatre ans après son ouverture, la fréquentation (de Branly) continue à progresser, avec une hausse de 7,6 % cette année», pour un total cumulé d'une demi-douzaine de millions de visiteurs.
En effet. On ne se félicitera jamais assez qu'un jeune musée trouve aussi rapidement et aussi aisément son public. A fortiori lorsqu'il est dédié à une culture et à des arts si lointains de ceux de ses visiteurs, ce qui offre à ces derniers une fantastique ouverture sur le monde.
Juste que, sans prétendre remettre en cause le bien-fondé des notes accordées par ces professionnels, nous personnellement, en tant que modeste usager parisien, on a toujours eu un gros problème avec Branly. On trouve ses collections très belles et ses expositions plutôt bien faites. On apprécie assez son grand jardin. Sans en avoir jamais été fan, l'immense vaisseau conçu par l'architecte Jean Nouvel ne nous dérange pas fondamentalement, dans sa physionomie extérieure. En revanche, on a toujours été très désorienté par son agencement intérieur. A chacune de nos visites, on a eu le même problème. Dans ce musée, on ne s'y retrouve jamais. On ne sait jamais où l'on est. On ne repère ni les sorties, ni les cheminements. On ne ressent ni ne comprend ni à la structure de ce vaste bâtiment, ni à l'articulation de ses circulations. Bref, on y ère, on s'y perd, on y flotte, et souvent on s'en agace.
Mais, les professionnels de l'art ne semblant pas insister outre mesure sur cet aspect des choses, sans doute a-t-on tout faux: probablement est-on particulièrement et singulièrement déstructuré.
10:52 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : musées, arts, culture, paris
23.06.2010
Une digression
Aujourd'hui, on s'autorise une petite digression. Pour coller à l'actu française du jour, on aurait dû parler ici de foot. Au risque (assumé) de paraître complètement décalé, on va s'en garder. Pour trois raisons. D'abord, parce qu'on n'a jamais eu grand-chose à dire de fondamental sur ce sujet – autant on aime faire du sport, autant commenter et regarder le sport fait par d'autres ne nous a jamais passionné. Ensuite, parce que hurler avec les loups, tout comme tirer sur l'ambulance, ne nous a jamais paru très glorieux. Enfin, parce que, à en croire de si nombreux commentaires entendus, lus ou vus depuis le fiasco footeux d'hier soir, la France est frappée par «un désastre», victime d'«une tragégie» (on se calme un peu, avec les mots?). Et donc, qui sait, ce pays a-t-il besoin, pour chasser la morosité, de petites digressions anodines et légères.
On reste donc dans le domaine de la musique, qu'on évoquait hier à l'occasion de la Fête du même nom. Avec une anecdote au ras du bitume de notre onzième arrondissement. Est-ce pour faire honneur à cette manifestation? Ou est-ce une coïncidence? Ces derniers temps, en tout cas, les rues de notre quartier ont été égayées par les digressions musicales d'un facétieux artiste du macadam, qui s'est amusé à y tracer des mots célèbres de chansons françaises. C'était plaisant de suivre ses digressions. En compagnie notamment de la Mylène («Je, je suis libertine/ Je suis une catin», etc.) ou de Marcia Baila, des regrettés Rita («Quand tu souris et quand tu ris/ Je ris aussi/Tu aimes tellement la vie», etc.). En ces temps de «désastre» national et d'affliction collective, il y a donc encore des Parisiens qui ont assez le moral pour pousser la chansonnette.
Cela dit, et plus fondamentalement, ce 21 juin à Paris, on a encore eu la confirmation que la musique n'adoucissait pas forcément les moeurs. Ainsi, selon les chiffres des autorités, rien qu'en une soirée dans la capitale et ses trois départements limitrophes, 239 personnes ont été interpellées pour des atteintes aux personnes et aux biens. Parmi elles, 192 ont fait l'objet d'un placement en garde à vue. Dans la seule capitale, 2.300 policiers et gendarmes avaient été mobilisés. Ils n'ont donc guère eu le temps, eux, de chantonner des bluettes.
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22.06.2010
Un tintamarre
La Fête de la Musique hier, à Paris comme ailleurs. Comme chaque 21 juin, on est allé y faire un tour en soirée, sans cette fois y passer des heures vu la météo si peu estivale. On y est resté cependant assez longtemps pour constater qu'une fois encore, on jouait et on entendait vraiment un peu de tout dans les rues – un peu n'importe quoi aussi, parfois: c'est le principe de cette festivité – et que, globalement, résonnait dans Paris un tintamarre réjouissant. Et assez assourdissant. Une fois encore donc, on s'est réjoui du privilège que l'on a, tout en habitant dans ce quartier Bastille si animé et donc bruyant, de vivre dans un endroit très calme. La nuit dernière donc, on n'a pas eu besoin de bouchons d'oreilles pour fermer l'oeil.
Ce qui, vu le niveau sonore ambiant, n'a pas dû être le cas de nombre de Parisiens. Pour qui, Fête de la Musique ou pas, le bruit constitue une réelle nuisance au quotidien. C'est d'ailleurs un des facteurs majeurs à l'origine de la difficile cohabitation entre fêtards et riverains. Depuis le lancement cet automne de la pétition contre «La nuit se meurt en silence», on semble avoir assez peu progressé dans la recherche de solutions concrètes pour améliorer cette âpre coexistence. Deux idées, toutefois, ont émergé. Premièrement: l'installation de sonomètres visuels dans les rues les plus animées de la capitale le soir – parmi lesquelles notre bonne vieille, et désormais si festive, rue Amelot, dans notre onzième arrondissement. Ces sonomètres visuels vireraient à un rouge vif et très voyant quand le niveau sonore dans la rue dépasserait les 80 décibels. Ce qui, espèrent (naïvement?) ceux à l'origine de ce projet, inciterait les fêtards, du coup avertis, à baisser le ton. Deuxième idée: la création d'«un service de médiation nocturne» à la Ville de Paris, qui irait à la rencontre des riverains les soirs où ils n'en peuvent plus du tapage nocturne. On sait assez, en effet, combien la police – qui, à Paris comme ailleurs, a d'autres chats à fouetter la nuit – intervient peu quand elle est saisie de plaintes pour nuisances sonores.
Le bruit, cela dit, tout le monde s'en plaint si souvent mais, à l'occasion, chacun se l'inflige aussi. Dernièrement, une étude l'a rappelé. Menée auprès de 2000 lycéens de la région parisienne, elle portait sur le niveau sonore moyen auquel ces ados écoutent leur baladeur. Résultat? En majorité (54%), ils l'écoutent en permanence à un niveau supérieur à 85 décibels, ce qui équivaut au bruit d'une tondeuse à gazon. Ils sont même 7% «à pousser le volume à plus de 100 décibels, soit un niveau dangereux, correspondant au bruit émis par un marteau piqueur». A Paris et dans sa région, dès lors, les campagnes de sensibilisation seront poursuivies voire intensifiées, afin de «faire prendre conscience aux jeunes de l’importance de la qualité de l’environnement sonore et les sensibiliser aux risques auditifs liés à l’écoute prolongée des musiques amplifiées».
11:15 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre, santé
15.06.2010
Un combat
C'est l'été à Paris. Même si ce n'est pas flagrant d'un point de vue météorologique, il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, a-t-on aperçu l'autre jour, la station de métro «Duroc» a été temporairement rebaptisée «Durock» et décorée, sur tous ses panneaux publicitaires en 4×3, de photos et d'affiches de groupes musicaux. Un rhabillage à l'occasion du festival «Rock en Seine».
Le lancement de la saison des grands festivals musicaux en plein air, c'est, en région parisienne comme ailleurs, le signal par excellence du début de l'été. Cette année encore, du reste, les Parisiens amateurs de rock vont se prendre la tête pour faire un choix. En effet, les deux grands festivals du début de la saison, qui tous les ans attirent chacun des dizaines de milliers de spectateurs, auront lieu le même dernier week-end de juin. Et, entre eux, ce sera le choc des titans. D'un côté, «Rock en Seine» donc, au domaine de Saint-Cloud, avec à l'affiche Stereophonics, LCD Soundsystem, The Kooks, Massive Attack, Eels ou Roxy Music. De l'autre côté «Solidays», à l’Hippodrome de Longchamp, avec Pony Pony Run Run, M, Olivia Ruiz, Ginzhu, les BB Brunes ou Vanessa Paradis.
Parlant de festivals de rock, certains ne sont pas appréciés par un certain public. L'a encore rappelé hier l'actualité judiciaire. Qui, devant le tribunal de grande instance de Nantes (Loire-Atlantique), a vu s'opposer la Confédération nationale des associations familiales catholiques de France (CNAFC) et les organisateurs du prochain festival de rock heavy metal «Hellfest».
Début avril déjà, les alliés les plus conservateurs de Nicolas Sarkozy (Christine Boutin, Philippe de Villiers, etc.) avaient protesté en vain, à l'Assemblée, contre la tenue de ce «festival sataniste» et contre son subventionnement par les pouvoirs publics. Car cette manifestation selon eux «promeut et véhicule la culture de mort». Et est dédié à une musique à même d'«influencer négativement des jeunes en fragilités psychologiques, au point de les amener à poser des actes graves et violents». Dans la foulée, l'association catholique voulait que les organisateurs d'«Hellfest» soient contraints par la justice à leur communiquer les textes des chansons qu'interpréteront les 114 artistes attendus à ce festival. A ses yeux, en effet, en présence d'un tel type de rock, le «principe de précaution» est de mise. Et celui-ci exige «de protéger en particulier les populations les plus fragiles» contre «toute atteinte aux intérêts spirituels, moraux et matériels des familles». Hier, toutefois, le tribunal a débouté l’association de ses demandes, qui selon lui auraient pu porter atteinte à la liberté d’expression.
Dans sa lutte contre le heavy metal, donc, le lobby catholique a jusqu'à présent été vaincu en France, sur les plans tant politique que judiciaire. Reste à voir si, dans ce cas, il s'agit là aussi d'un choc des titans ou plutôt d'un combat d'arrière-gardes.
11:51 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, jeunes, justice, politique
11.06.2010
Une promotion
Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et puisque pendant un mois dès ce soir, on va n'entendre parler que de foot, allons-y illico. Une grande opération de promotion débute aujourd'hui à Paris, et durera jusqu'au 11 juillet. Cela s'appelle «Foot de théâtre». Pendant la Coupe du monde, une cinquantaine de théâtres privés de la capitale casseront leurs prix d'entrée: offrant des réductions de 20 à 50%. Ces soldes visent évidemment à amoindrir la chute de fréquentation redoutée pendant le Mondial. Cette opération est lancée alors que viennent d'être rendus publics des résultats assez catastrophiques concernant les théâtres dans la capitale française.
Car la crise économique, visiblement, modifie les habitudes culturelles des Parisiens. Qui sortent moins. Vont beaucoup moins qu'avant au théâtre, en tout cas. Le dernier rapport de l'Association pour le soutien au théâtre privé le reconnaît: «Si l’on s’en tient à l’activité des théâtres privés à Paris, l’année 2009 marque une évolution nettement défavorable». Les deux grands indicateurs sont de la même couleur que le rideau de ces théâtres: rouge. Rouge vif, même. En 2009 par rapport à 2008, les recettes brutes ont reculé de 17% et le nombre de spectateurs payants a chuté de 10 %. Concrètement, cela fait 21 millions d'euros et 380.000 spectateurs en moins. L'an dernier, seuls 5,7 millions de tickets d'entrée au théâtre ont été vendus à Paris.
Ce sont les cafés-théâtres qui y ont le plus souffert de la crise: leur fréquentation a chuté carrément de... 45%. Les théâtres publics, eux, qu'ils soient subventionnés par l'Etat ou par la Ville, ont mieux résisté: -4% pour les recettes, -8% pour la fréquentation. Contraste: alors que les théâtres se vident, les cinémas n'ont jamais été aussi remplis. L'an dernier, plus de 200 millions d'entrées dans les salles obscures ont été comptabilisées en France, contre 190 millions en 2008. Jamais depuis 1982 un tel succès de foule n'avait été enregistré. Selon la directrice du Centre national du cinéma, Véronique Cayla, «la salle de cinéma constitue, dans ces périodes de crise, un véritable lieu refuge».
Pour redresser la barre, les théâtres, en France en général et à Paris en particulier, devraient-ils, au lieu de se contenter d'opérations de promotions ponctuelles, songer à revoir plus globalement à la baisse l'ensemble de leurs grilles tarifaires?
11:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : culture, cinéma, théâtre, economie, paris
28.05.2010
Une «libération»
Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et on reste dans le domaine des transports qu'on évoquait hier. En effet, depuis jeudi soir et jusqu'à la fin du week-end, la SNCF remet au goût du jour le «book dropping», qui eut son heure de gloire il y a quelques années. Dans le cadre de son opération «Passe-livre», elle a «libéré» 10.000 livres dans la salle d'attente de la gare de Paris-Montparnasse. Ensuite? «Un lecteur découvre un livre qui lui plaît, l’emmène dans ses voyages, le redépose dans une gare ou dans un train, où un nouveau lecteur peut le découvrir à son tour. Et son voyage continue indéfiniment». Comme il se doit, cette libération livresque a été modernisée à la sauce geek du moment. Ainsi, en allant sur la page http://passelivresncf.fr puis en y entrant le code figurant sur la dernière page du livre qu'il vient de lire, le voyageur pourra découvrir le parcours de cet ouvrage et les appréciations des gens qui l'ont lu avant lui.
Puisqu'on parle de livres, cette semaine à l'Assemblée, le ministre de la Culture a été interrogé sur «la régression de la lecture traditionnelle dans notre pays depuis plus de vingt ans». Et sur ses projets relatifs aux «bouleversements induits par la révolution numérique», qui «ouvrent de nouvelles opportunités pour redonner le goût de la lecture à nos concitoyens, notamment aux plus jeunes». Frédéric Mitterrand a notamment confirmé son intention d'«adapter les bibliothèques, afin que la lecture sur écran et les nouvelles pratiques culturelles sur internet se développent dans de bonnes conditions ». Un «contrat numérique» sera proposé à ces établissements pour qu'ils «puissent moderniser leurs équipements». Ce n'est pas un luxe: «à ce jour, près de la moitié des bibliothèques publiques ne sont pas équipées» pour avoir accès aux nouvelles technologies. L'on va aussi «mieux soutenir les associations œuvrant au développement de la lecture dans les écoles, les bibliothèques et les quartiers, afin de passer de 600.000 à 2 millions le nombre d’enfants touchés» par leurs initiatives. Parmi ces associations soutenues, «Lire et faire lire», de l'écrivain Alexandre Jardin.
Pourquoi pas. Pour autant, il ne faudrait pas croire que la Culture dégage des moyens supplémentaires en faveur de ce plan gouvernemental visant à «développer le goût de la lecture» (ici). Il coûtera 100 millions d'euros? Oui, mais il sera exclusivement financé par un «redéploiement de crédits existants». En clair, cela veut dire que si d'aventure le livre reçoit prochainement quelques euros de financement public en plus, ce sera invariablement au détriment de la musique, du théâtre, du cinéma, du patrimoine ou des arts plastiques. Austérité Rigueur budgétaire oblige.
10:41 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, littérature, transports, technologie
23.04.2010
Un décloisonnement
Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Ce sera le gros chantier culturel à Paris, ces prochaines années. Et il a été présenté cette semaine. Il concerne le Grand Palais, ce sublime édifice non loin de la Seine. Qui, après avoir longtemps vivoté et même, physiquement, pourri sur pieds, commence à trouver sa place dans le paysage culturel, pourtant déjà si vaste, de la capitale.
Mais cet immense paquebot se sent trop à l’étroit pour remplir toutes ses ambitions. Trop cloisonné surtout, lui qui est divisé entre le Palais proprement dit, les Galeries nationales et le Palais de la découverte. Le projet de rénovation présenté mercredi entend renouer avec le faste, les volumes aérés et les expositions populaires des débuts du Grand Palais, lors de l’Expo universelle de 1900. Dès lors, la nef du premier étage va être dotée de galeries d’expositions suppplémentaires. Une section spécialement dédiée aux activités numériques sera créée. Les espaces du bâtiment aujourd’hui sous-utilisés seront revus, et leur réorganisation fera l’objet d’un concours international d'architecture. Le tout permettra de doubler la capacité d’accueil de l’ensemble, la faisant passer de 10.000 à 20.000 visiteurs par jour.
Les travaux ne devraient pas être achevés avant plusieurs années. Leur budget sera de 236 millions d'euros, payé pour moitié par le ministère de la Culture. Le Grand Palais devant s'aquitter de l'autre moitié de l'addition, il prévoit l’installation en son sein de cafétéria, boutiques et autres espaces marchands – ben voyons, il faut bien trouver les fonds quelque part...
Tout aussi prosaïquement, l’amateur d’art fréquentant ce lieu, au-delà de futurs éblouissements culturels éventuels, sentira très physiquement l’amélioration de son confort de visite. En effet, le projet de rénovation prévoit «l’installation d’un système de régulation thermique dans la nef». Excellente nouvelle. Car ce n’est vraiment pas un luxe. Aujourd’hui, en effet, en dehors de la belle saison, il fait souvent péniblement froid dans cet édifice visiblement très difficile à chauffer vu ses dimensions colossales. Dès lors, son décloisonnement et l’augmentation de ses surfaces utiles étaient difficilement imaginables sans une amélioration en la matière.
11:14 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, patrimoine, paris
29.03.2010
Un renouveau
Ces derniers jours dans le quartier, en matière d’urbanisme et de patrimoine, on a beaucoup parlé de la place de la République. Dont on évoquait dans une note récente le grand projet de lifting, qui vient d’être officiellement dévoilé par la mairie (voir les photos ici). Projet ambitieux puisqu’il s’agit de faire en sorte que, d’ici au printemps 2013, «la "Répu" quitte la catégorie des places courants d'air et gaz carbonique, pour offrir la physionomie conviviale d'une grande place populaire du 21e siècle». Cela dit, en ce qui concerne le patrimoine de l’Est parisien, il est un autre chantier dont on a beaucoup moins parlé ces derniers temps mais qui, comme en catimini, vient, lui, de s’achever. On a pu le constater ce week-end, en passant là un peu par hasard: la restauration de la façade de l’Opéra Bastille est enfin terminée.
Depuis 1996, le bâtiment – qui est généralement assez détesté mais que, nous, on a toujours adoré, on le redisait cet été encore (ici) – était péniblement défiguré. Défiguré par les gigantesques filets qui l’entouraient, destinés à éviter des chutes de pierres sur la chaussée. C’était le résultat de malfaçons dues à l’achèvement précipité de l’édifice à l’époque, afin que le Président Mitterrand puisse l’inaugurer dans le cadre des cérémonies commémorant le bicentenaire de la Révolution de 1789. Le chantier de restauration , entamé en janvier 2008, a consisté à poser 28000 m2 de parements neufs (mélange de pierre, d’ardoise et de granit) en lieu et place des blocs de la façade qui, trop fragilisés, menaçaient de s’effondrer.
Le résultat fait plaisir à voir. A fortiori quand, en ces jours printaniers, le soleil éclatant fait ressortir la couleur sable des pierres de l’édifice et souligne d’autant plus les contrastes avec les parois vitrées. Quatorze ans après la pose de ses filets si disgracieux, ce monumental bâtiment peut enfin être apprécié à sa juste valeur – excellente nouvelle décidément, pour le quartier.
11:11 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, culture, patrimoine
11.03.2010
Un triomphe
Un peu de culture aujourd’hui, parce qu’on regrette de ne pouvoir en faire plus souvent dans ce blog. Et une bonne nouvelle, parce que ça fait du bien. Bonne nouvelle, car elle montre qu’à Paris en matière d’arts, oui décidément, le grand public est bien plus ouvert et curieux que ce que prétendent parfois certains esthètes grincheux et volontiers méprisants. Viennent à nouveau d’en témoigner les chiffres de fréquentation astronomiques de l’exposition consacrée au peintre Pierre Soulages, des données qui ont été dévoilées en milieu de semaine par le Centre Pompidou, où s’est clôturée lundi cette rétrospective.
Rétrospective assez épatante, on l’avait écrit (ici) le jour de son vernissage. Mais consacrée à un artiste abstrait dont on aurait pu penser qu’il n’était pas d’office d’un accès aisé pour tout le monde. Les monochromes noirs de Soulages, ce n’est pas la migraine assurée, mais cela ne s'aborde tout de même pas aussi aisément que des paysages de Cézanne, des nus de Renoir, des danseuses de Matisse ou des Tahitiennes de Gauguin – cela dit sans déprécier aucunement ces derniers artistes. Et bien, malgré cela, en moins de six mois, l’expo Soulages a été vue par... plus d’un demi-million de visiteurs! 502.000 très exactement, soit près de 5.000 visiteurs par jour. Triomphe d’autant plus inattendu et impressionnant que, pendant la durée de cette rétrospective, le Centre Pompidou a été fermé au public pendant plus de trois semaines, pour cause de grève. Sans ce mouvement social, on aurait sans doute dépassé les 600.000 visiteurs.
Voilà qui, au palmarès de la fréquentation des grandes expos de Beaubourg, place carrément ce peintre abstrait français juste derrière les stars internationales aussi populaires que sont Kandinsky (703.000 visiteurs, en 2009), Matisse (735.000, en 1993) et Dali (840.000, en 1979).
Ce serait si bien si un tel succès incitait les responsables des grands centres culturels parisiens – et, au-delà, français – à faire preuve d’audace dans leurs prochaines programmations.
10:52 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, culture, expositions, paris
05.01.2010
Une disparition
Puisque, depuis le réveillon, on parle de fête dans ce blog, restons-y encore aujourd’hui. Et évoquons cette conséquence complètement paradoxale que pourrait avoir, à Paris, la récente décision gouvernementale d’harmoniser à 7 heures du matin l’heure de fermeture des discothèques. Dans la capitale française, à cause de cette réforme, les clubbers et autres fêtards pourraient bien devoir… rentrer se coucher plus tôt!
En cause? La disparition des «afters»: ces fêtes qui commencent au petit matin, lorsque les autres discothèques ferment leurs portes et leurs clients se mettent au lit. A ce moment, les adeptes des «afters», eux, recommencent à se trémousser joyeusement jusqu’à la fin de la matinée. Que deviendront les «afters» parisiens avec cette nouvelle réglementation fermant toutes les boîtes du pays à 7 heures du matin? Aucun arrêté particulier concernant ce sujet précis n’a, semble-t-il, encore été pris. Les exploitants de boîtes s’interrogent donc sur l’avenir de ce concept festif. Et des sites web adressés aux noctambules (ici, par exemple) annoncent d’ores et déjà que ces soirées «seront sûrement bientôt interdites» dans la Ville lumière.
Il faut relativiser les choses, semble-t-il. D’abord, à Paris, cette disparition des «afters» a déjà eu lieu. Au début des années 2000 dans la capitale française, le dimanche matin voire midi, on croisait fréquemment des fêtards en train de faire la queue devant les boîtes les plus à la mode, pour pouvoir entrer à leurs «afters». Le tout, sous l’œil médusé de riverains en route pour leur marché ou leur jogging dominical après, eux, une paisible nuit de sommeil. C'était d'ailleurs ce genre de rencontres qui rendait Paris assez drôle. A cette époque, aller danser le dimanche midi était presque plus trendy que le samedi soir. Dix ans plus tard, en revanche, il faut vraiment bien chercher pour trouver des établissements (ici, par exemple) ou des fêtes (là) qui sont clairement labellisés «after». La plupart des clubs de la capitale ferment leurs portes au plus tard à 6 heures du matin.
«A Paris, contrairement à d’autres capitales européennes comme Berlin par exemple, la grande époque des afters est révolue», nous confirme Eric Labbé, bon connaisseur de la nuit parisienne et un des initiateurs de la pétition contre l’endormissement de la capitale – pétition qui, mine de rien, va tout de même vers les 15.000 signatures. Cet essoufflement du concept des «afters» à Paris est peut-être lié à la croisade qu’ont menée pendant des années les autorités contre ce genre de soirées. A cause non pas tant des nuisances sonores qu’elles entraînent pour les riverains (les décibels sont moins gênants en matinée qu’en pleine nuit), mais de la réputation de hauts lieux de consommation de drogues qui a souvent collé à la peau des «afters». En ces années 2010, incontestablement, la mode à Paris est moins aux «afters» qu’aux «after work»: ces soirées en semaine qui commencent dès l’heure de sortie des bureaux, comme dans les séries télé américaines genre Ally McBeal.
Du reste, note notre interlocuteur, il n’est même pas sûr que ce texte sur l'heure de fermeture des boîtes entraîne la disparition des derniers «afters» de Paris. Aujourd’hui, en effet, ces soirées se déroulent souvent dans des établissements (bars de nuit, etc.) qui ne sont pas officiellement considérés comme des discothèques. Or, la réglementation concerne les lieux ayant l’exploitation d’une piste de danse comme activité principale. Dès lors, les clubbers parisiens accros d’«afters» pourraient bien continuer à danser jusqu’à la fin de la matinée – fiers représentants d’une espèce de noctambules quasiment en voie de disparition ici.
11:47 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre
22.12.2009
Un créateur
Pas terribles, les illuminations de fin d’année et décorations de Noël des grands magasins, cet hiver à Paris. Ce n’est évidemment que notre humble avis. Et, sur cette question on ne peut plus de saison, le Parisien moyen ne partage pas forcément cette impression. Mais, à titre purement personnel, autant les années précédentes, on était plutôt sous le charme du visage hivernal que présentait la capitale, autant cet hiver, on trouve l’ensemble assez moyen.
Car, bon, dans ces décorations et illuminations, on trouve tant de déjà vu (les Champs-Elysées). Tant d’imagerie censée féerique mais au final plutôt facile voire tarte à la crême, dégoulinant de consensualisme voire de miévrerie (les Galeries Lafayette). Tant d’exotisme de pacotille (les vitrines «slaves» du Printemps Haussmann, ou les libellules lumineuses si champêtres projetées sur le plafond du Forum des Halles). Tant de kitsch, de dorures, de roses, de rouges et de mauves qui, à force, finissent par être écoeurants (un peu partout). Tant de redites peu imaginatives (les arbres enneigés, etc: idem un peu partout).
En revanche, on a été assez agréablement surpris par les œuvres urbaines d’un créateur français qu’on croyait disparu de la circulation depuis longtemps, tant on a peu entendu parler de lui ces dernières années. Mais un créateur qui, finalement, semble plutôt revenir à la mode cet hiver à Paris: Jean-Charles de Castelbajac.
Pour les fêtes de fin d’année dans la capitale française, «le Courrèges des années 70», comme on appela jadis ce couturier, a notamment relooké l’immeuble vitré du Drugstore Publicis, sur les Champs-Elysées. L’«immense vitrail pop» qu’il a créé sur le bâtiment éclate de couleurs vives. Et, par sa franchise, tranche agréablement dans ce paysage décoratif si uniforme. On y retrouve un peu l’esprit des mailles déstructurées et des couleurs flashy qui firent la réputation de celui qui, à l’époque, habilla des héroïnes télé aussi mémorables que Farah Fawcett-Majors dans les «Drôles de Dames/Charlie’s Angels» ou Joanna Lumley/Purday dans «Chapeau melon & Bottes de cuir».
Castelbajac encore et toujours cet hiver à l’autre bout de la ville, rive droite cette fois. Le BHV, en effet, l’a réquisitionné pour habiller son grand magasin de la rue de Rivoli. Le couturier voulait y créer «un Noël électro, un Noël technicolor, un univers poptissime». Il a jeté son dévolu sur un objet aussi usuel que le tube néon. Puis l’a «démultiplié dans les différentes couleurs de l’arc-en-ciel, pour créer le spectacle». L’objectif ? «Un festival qui naît lorsque l’on remonte la rue de Rivoli. Une immense frange de néons sur laquelle on surfe comme sur une vague. Mon installation transforme le BHV en un vaisseau de lumière du XXIème siècle».
Le résultat est plutôt réussi, se dit-on chaque fois que l'on passe le soir rue de Rivoli. La répartition des couleurs voulue par le créateur (chaudes sur la façade côté Concorde, froides vers la Bastille) marche assez bien. On regrette d’ailleurs de ne pas être passé par là le mois dernier, le soir où cette déco de Noël a été inaugurée. En effet, la «marraine exceptionnelle» des festivités n'était autre que Beth Ditto, l’impayable et épatante chanteuse du groupe Gossip. Pour le coup, la fête a dû être assez drôle.
11:29 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, folklore, art de vivre, culture
17.12.2009
Une ouverture
Comme on avait un peu suivi cette affaire cet automne (relire ici ou là), on y revient maintenant, puisqu'il s'agit de son dénouement. Hier midi, un McDonald's a ouvert dans la galerie attenante au musée du Louvre. Sans tambours ni trompettes semble-t-il, cette inauguration. En tout cas, la presse étrangère ne paraît pas avoir été conviée, si l’on en juge au bristol qu’on n’a jamais reçu – on ne s’en formalise nullement. Il faut dire que, lorsque la nouvelle de l’implantation d’un fast food à un tel endroit avait été confirmée, nombre de médias internationaux (voir ici, par exemple) avaient froncé les sourcils devant un tel voisinage entre symbole de la gastronomie mondialisée et haut lieu de l’exception culturelle hexagonale.
Plus précisément, c’est une galerie de dix restaurants qui a été inaugurée au Carrousel du Louvre. Un espace de «restaurants du monde», paraît-il. On n’a pas encore eu l’occasion d’aller y faire un tour depuis hier midi, mais, d’après ce qu’on nous en a dit, deux détails des lieux attirent particulièrement l’attention. D’une part, ce McDo du Louvre, qui servira ses premiers burgers lundi, a établi ses quartiers dans la partie de la galerie la plus éloignée du fameux musée. D’autre part, pour l’occasion, la chaîne a troqué sa déco criarde habituelle pour un look qui, sans doute, se veut plus arty chic. Une double précaution destinée à désamorcer toute nouvelle polémique?
On vous laisse juger si ce cousinage entre la Joconde et le Mc Do constitue ou non une bonne nouvelle pour la gastronomie et la culture. Le gouvernement français, lui, semble en être ravi. Hier, le secrétaire d'Etat au Commerce et au Tourisme a loué cette galerie de restaurants, présentée comme «un nouveau support d'attractivité» pour le musée, et n’a vu «aucune contradiction» entre la vocation culturelle des lieux et la présence d'un McDo.
La galerie du Louvre accueillant déjà des enseignes comme Virgin, Apple Store ou Starbucks, sans doute a-t-on considéré qu’un peu plus ou un peu moins…
10:58 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : culture, gastronomie, art de vivre, paris
02.12.2009
Une morosité
A Paris ce mercredi, les amateurs de culture vont faire la grimace. En effet, quelques-uns parmi les sites culturels les plus visités de la capitale et de sa région garderont portes closes: les musées du Louvre, d’Orsay ou du quai Branly, le Centre Pompidou, le domaine du château de Versailles, sans parler de plusieurs théâtres et de la Bibliothèque nationale. Portes closes car, aujourd’hui, c’est journée de grève dans les institutions culturelles nationales. On évoquait ce mouvement vendredi en parlant de Beaubourg, en grève lui depuis près de dix jours déjà. Sept syndicats du ministère de la Culture protestent «contre les suppressions d'emplois, la réduction des subventions, et plus largement le désengagement de l'Etat» dans le secteur culturel. C’est le premier grand conflit social que doit affronter Frédéric Mitterrand depuis sa nomination au ministère de la Culture, cet été. A 16h30, il recevra les syndicats. Rien ne dit, toutefois, que les institutions aujourd’hui fermées au public lui seront accessibles demain. En effet, le mot d’ordre de grève est reconductible.
Dans les attroupements moroses qui, pendant toute cette journée, ne manqueront pas de se former devant les musées et théâtres fermés, on comptera énormément d’étrangers en visite dans la capitale. En effet, un coup d’œil jeté aux dernières statistiques officielles du tourisme parisien confirme qu’une fois de plus l’année dernière, les grandes institutions culturelles de la Ville lumière ont occupé une place de choix dans le palmarès des lieux visités par les touristes de passage ici.
Pour preuve, avec près de 8,5 millions de visiteurs estimés, le Louvre demeure dans le tiercé de tête du top 10 touristique parisien, derrière les inamovibles cathédrale Notre-Dame (13 millions) et Sacré-Cœur de Montmartre (10,5 millions). Dans ce palmarès, l’on retrouve aussi bien le Centre Pompidou (5,5 millions) que le Musée d’Orsay (3 millions) ou le Musée du quai Branly (1,5 million). On estime qu’en 2008, 70 millions de visiteurs ont sillonné les 55 principaux sites culturels de la capitale. Sans compter 10 millions d’autres ayant visité les 82 expositions temporaires organisées à Paris.
En 2009, cependant, l’année touristique a été placée sous le signe de la morosité. Le comité régional du tourisme l’a confirmé dernièrement: depuis janvier, la fréquentation touristique en région parisienne a chuté de quelque 7%.
10:34 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tourisme, culture, social, paris
30.11.2009
Une «capitale du sommeil» (suite)
Alors, Paris? Toujours la «capitale du sommeil»? Début du mois (relire ici), notre bonne vieille Ville lumière avait été rebaptisée ainsi par une pétition qui décrivait et dénonçait l’endormissement généralisé d’une ville anesthésiée par une double et redoutable potion de barbituriques. D’une part, l’aspiration grandissante des riverains boboïsants à repousser les nuisances sonores des noctambules chaque soir un peu plus loin de leur sommeil. D’autres part, le zèle des autorités préfectorales à tracasser le monde de la nuit par d'impitoyables retraits d’autorisations et autres sanctions administratives. Quelques semaines plus tard, où en est-on? Paris s’est-elle réveillée?
En tout cas, ladite pétition n’est pas loin de faire un tabac. Certains jours, l’afflux des signataires a été tel que le serveur qui l’héberge a saturé. Ce matin, on en était à près de 13000 signatures. Cela montre que le diagnostic qui y est posé est partagé par davantage qu’une poignée de gais lurons assoiffés de décibels et de nuits blanches. Ce que pense sans doute la préfecture de police de Paris, puisqu’elle n’a toujours pas jugé bon de s’exprimer sur le sujet.
Du côté de la mairie de Paris, on ménage la chèvre et le chou. Ce qui, politiquement, est sans doute logique: difficile, en réagissant au problème de manière tranchée, de ne pas se mettre à dos soit la mouvance des fêtards, soit le milieu des comités de riverains soucieux de tranquillité. Côté pile, l’adjoint au maire chargé du tourisme a démenti tout endormissement de la capitale et juré que, la nuit, on s’y amusait toujours autant qu’à l’époque où Hemingway, après avoir écumé les bars et clubs de Montparnasse ou de Saint-Germain des Prés, racontait cela dans «Paris est une fête». «Est-ce que Paris s'endort ou est en train de devenir un ville-musée? Non, nous n'avons pas fait ce constat. Paris reste la Ville lumière, elle est au top». L’illustrerait d’ailleurs le nouveau portail «Parisnightlife», spécialement dédié aux tuyaux (*) à destination des noctambules. Côté face, la conseillère de l’adjoint au maire chargé de la Culture chargée de ce dossier a déclaré publiquement que certains constats dressés dans la pétition, en effet, ne manquaient pas de fondement. Alors, plutôt pile ou plutôt face? Comme souvent quand on ne sait pas trop quoi faire, on va asseoir tout le monde autour d'une table et palabrer: la ville va organiser prochainement des «Etats généraux de la nuit parisienne».
Sinon, sur le terrain, «La Flèche d’or», au moins, a rouvert. après six mois de fermeture causés notamment des problèmes de cohabitation avec les riverains. Quand on était un peu plus jeune, on a pas mal traîné dans ce fameux lieu nocturne de l’Est parisien, établi dans l’ancienne gare de chemins de fer de Charonne. On n’y est pas retourné depuis sa réouverture, et donc on ne sait pas trop à quoi y ressemble l’ambiance à présent, mais enfin, voilà au moins un endroit de plus à Paris pour les oiseaux de nuit et autres amateurs de bruit.
(*) Des tuyaux qui parfois, paraissent tout de même un peu faisandés. Quel Parisien un peu à la page sort donc dans des endroits comme «Le Caveau de la Huchette» ou «Chez Michou», lieux promotionnés sur ce site mais où, à moins de se tromper, on ne doit guère trouver que des touristes un peu fânés? Mais sans doute en faut-il pour tous les goûts.
10:45 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, culture, art de vivre, paris



