08/02/2007
Une comparaison
Dans son dernier numéro, le magazine «Gala» -- «l’actualité des gens célèbres» -- n’y va pas avec le dos de la brosse à reluire. La demi-douzaine de pages qu’il consacre au couple Sarkozy sont si hagiographiques et richement illustrées qu’on croirait vraiment du publi-reportage. En bonne place et en lettres grasses, on y trouve la comparaison qui tue: Nicolas et Cecilia, «les Kennedy tricolores».
Ce faisant, «Gala» reprend en fait un vieux plan de com' du ministre de l’Intérieur lui-même. Lors de son arrivée place Beauvau, Nicolas Sarkozy s’était fait photographier par «Match» avec son fils Louis gambadant dans son bureau, comme jadis John-John Kennedy dans le bureau de son père à la Maison-Blanche.
Sarkozy-Kennedy, donc. Les deux hommes, en effet, sont immensément populaires, ils se jouent des médias et sont des experts en marketing politique.
Le candidat Sarkozy de 2007, toutefois, a au moins triplement intérêt à ce que son vieux plan de com’ comparatif s’arrête là -- sans même évoquer la fin tragique du 35ème Président des Etats-Unis ni se lancer dans l’évaluation machiste des charmes de Cecilia et de Jacqueline Lee Bouvier.
-Se faire comparer à un Américain n’est peut-être pas la meilleure chose pour un candidat à l’Elysée qui s’efforce de gommer son image d’ultra-atlantiste, «caniche» de la Maison-Blanche.
-Vouloir faire oublier les déboires de son couple n’est peut-être pas forcément compatible avec la référence omniprésente à Kennedy, «l’amant romantique de l’Amérique» (comme le décrivaient ses biographes), qui était connu aussi pour ses frasques sexuelles et sa libido incontrôlable.
-Les relations entre le clan Kennedy et la mafia ayant de tout temps fait jaser, Nicolas Sarkozy n’a peut-être pas intérêt à ce que les médias insistent de ce côté-là, lui qui est déjà raillé par ses adversaires comme étant le candidat du grand capital, l’homme des réseaux opaques entre le pouvoir et le business.
Du coup, cette question: «les Kennedy tricolores» Nicolas et Cecilia ne vont-ils pas/ ne devraient-ils pas plutôt engueuler la rédaction en chef de «Gala» pour cette comparaison historique?
B.DL.
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05/02/2007
Un vœu
Avec la campagne électorale, revient la vogue des stickers. Longtemps l’apanage des mouvements d’extrême droite – le Front national s’en était fait, et continue à en faire, une de ses spécialités –, les autocollants revendicatifs ont, depuis, élargi leur public. Désormais, toute la palette des couleurs politiques y ont recours. Les stickers occupent même une grande place dans la tendance grandissante des partis à recourir au merchandising.
Moins de cent jours avant le premier tour, réapparaissent aussi les stickers diffusés dans le cadre d’opérations apolitiques et de campagnes civiques. Ainsi, ces autocollants «Je ne veux plus» rouges et noirs («Je ne veux plus de Le Pen au second tour», par exemple, comme illustré en vignette) qu’on voit de nouveau fleurir un peu partout ces derniers jours à Paris.
C’est le réseau Animafac qui est à l’origine de cette opération. Ce réseau apolitique regroupant 10.000 associations étudiantes a lancé une campagne à l’attention des jeunes, baptisée «2007: pas sans nous», qui passe notamment par l’expression, via un site internet, des revendications (positives ou négatives) de la jeunesse en vue des prochaines élections. L’enjeu est clairement de ne plus réitérer ce qui avait été une des grandes caractéristiques du premier tour du scrutin présidentiel de 2002: l’abstentionnisme massif de l’électorat jeune.
Un Président n’ayant jamais, dans toute l’Histoire de la Vème République, été élu sans et contre la jeunesse, on peut imaginer que les présidentiables prêteront une oreille attentive aux revendications de ce public.
A fortiori après le séisme de 2002 et après la crise sociale et politique majeure du Contrat première embauche (CPE), qui, au printemps dernier, a rappelé les potentialités de mobilisation de la jeunesse.
B.DL.
09:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Elections présidentielles, Publicité
02/02/2007
Un basculement
Les médias feraient l’opinion? Détermineraient, par leurs choix, l’issue de l’élection? C’est l’antienne serinée depuis des mois par tous les petits candidats, furieux d’être snobés au profit des deux stars médiatiques de la course à l’Elysée: Royal et Sarkozy. Mais on le voit bien en ce moment: les médias suivent l’opinion autant qu’ils la font, la flattent autant qu’ils la forment.
Ainsi, à Paris ces jours-ci, plus moyen d’aller chez un marchand de journaux ou de croiser une devanture de kiosque sans tomber sur une kyrielle de quotidiens et de newsmagazines assassins envers Ségolène Royal, une personnalité que ces mêmes titres, pourtant, depuis près de deux ans maintenant, ont tant et tant encensée.
Mais voilà, les sondages se sont retournés. Du coup, le ton de la presse a changé. Doublement.
Sur le fond. «Ségolène va-t-elle dévisser?», «Tiendra-t-elle?», «Le sondage qui lui fait mal», «L'inquiétude au PS»: ce sont quelques-uns des titres éloquents qu’on a aperçus au kiosque ce matin. Curieusement, les si innombrables atouts de cette si atypique candidate qui allaient si immanquablement la faire gagner et sur lesquels les médias tartinaient si fréquemment depuis des mois sont subitement, comme par magie, passés de vie à trépas.
Sur la forme. Et cruellement. Jusqu’à présent, la si photogénique Royal a vu des clichés sublimes d’elle étalés à la Une de toute la presse. Depuis quelques jours, elle en prend plein la figure, littéralement. «Le Parisien» de ce matin et «Le Figaro Magazine» de ce week-end l’illustrent bien: désormais, elle n’apparaît plus en première page que ridée, fatiguée, énervée, visiblement déprimée, sinistre à faire peur.
Or, en quelques jours, physiquement, la femme n’a pas changé, évidemment. Mais son traitement médiatique, lui, a basculé. L’icône, la madone, a été désacralisée. Sans pitié. Jusqu’au prochain revirement médiatique.
Les médias, décidément, sont d'une grande frivolité.
B.DL.
11:12 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Royal, Médias
22/01/2007
Une décision
Malgré le décès inopiné de l’abbé Pierre, quelques heures plus tôt, il y avait la grande foule ce matin au Palais de la Découverte, à la conférence de presse de Nicolas Hulot. Quelque 170 journalistes s’y étaient inscrits, et une cinquantaine de confrères supplémentaires y ont accouru à la dernière minute.
Une grande agence de publicité parisienne avait été chargée d’organiser les relations presse de l’événement. La discipline était de mise. Avant que l’animateur télé monte sur scène – velours bleu (la couleur notoirement la plus télégénique) et voilages blancs (symbole de virginité politicienne?) -, un de ses conseillers a militairement prévenu les journalistes qu’ «un maximum de silence» était requis d’eux pendant la déclaration de l’intéressé. Les photographes aussi ont été sommés de ne pas immortaliser Nicolas Hulot avant que celui-ci soit bien «mis en situation» derrière son pupitre de verre, ni d’utiliser de flashs pendant son discours.
A 10h44 précisément, l’animateur a, une fraction de seconde, suspendu son discours. Puis, la voix nouée par l’émotion, a confirmé qu’il ne serait pas candidat à l’Elysée. L’un ou l’autre «Oh!» ont été entendus dans l’assemblée. Une jeune femme, visiblement inconsolable, a fondu en longs et silencieux sanglots. Quelques applaudissements sobres et polis ont salué la fin de son intervention.
A son issue, contrairement à ce qui était pressenti, Nicolas Hulot a accepté de répondre à une poignée de questions. De nombreux journalistes présents, il est vrai, avaient fait savoir qu’ils apprécieraient peu d’être transformés en scribes dociles, l’exclusivité des commentaires de l’animateur ayant à l’origine été réservée au 20 Heures de TF1, son employeur.
Le décès de l’abbé Pierre (qui réduira vraisemblablement l’espace réservé par ce JT à Nicolas Hulot) au moins autant que la sollicitude humble de l’homme de télé, ostensible ce matin, expliquent sans doute la modification de dernière minute de son plan de com.
B.DL.
12:10 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Hulot, Télévision
Un détail
Jean-Marie Le Pen porte donc «des slips Dim». Il l’a précisé l’autre soir à la télé, immédiatement après avoir reconnu payer l’impôt sur la fortune. Et ce bon mot le rendait visiblement hilare.
Par ce détail vestimentaire inattendu, le candidat du FN a-t-il voulu signifier qu’il trouvait l’interrogation relative à son niveau de revenus exagérément attentatoire à son intimité? «Tu veux aussi connaître la marque de mes slips?», nous précise une consoeur, est une expression utilisée en France pour signifier à un interlocuteur qu’il est trop indiscret.
Mais, ce disant, l’intéressé a aussi habilement fait savoir à l’opinion qu’il était très Français. D’abord, en appliquant y compris à ses dessous la règle de la préférence nationale: le français Dim donc, plutôt que l’américain Calvin Klein ou l’australien Aussiebum. Ensuite, en choisissant le slip: un modèle qui - une étude très sérieuse le confirmait encore, il y a peu - est si typiquement hexagonal, les mâles de nombreux autres pays lui préférant le caleçon.
Il n'empêche, en donnant cette précision vestimentaire, le patron du FN a pris le risque de doublement désarçonner. Faire le lien entre le patrimoine financier et l’enveloppement du patrimoine viril est tout de même un brin culotté. Et faire naître avec de tels propos, dans le cerveau de tout(e) téléspectateur(trice) normalement constitué(e) l'entendant, l’image immédiate du septuagénaire Le Pen paradant en slip n’est peut-être pas, pas à première vue en tout cas, la meilleure manière pour lui de gagner des voix.
Or, Jean-Marie Le Pen en a besoin. Selon le dernier sondage Ifop, François Bayrou , avec 12% des intentions de vote, fait 2% de mieux que lui. Et vient donc pour la première fois le coiffer sur la troisième marche du podium. Avec son histoire de slip, c’était peut-être ce détail – et sa grande fortune – que le patron du FN voulait avant tout éclipser.
B.DL.
PS: Le Monsieur en Dim sur la vignette illustrant cette note n’est pas Jean-Marie Le Pen.
08:15 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Le Pen, Mode
18/01/2007
Une pression?
Petit moment amusant hier lors de la conférence de presse de France 3 consacrée à la couverture de l’élection présidentielle.
Dans la salle, une journaliste demande à Audrey Pulvar, la présentatrice du 19-20, si elle ne subit pas de trop de pressions en ce moment, dans ce climat où les journalistes sont allumés en permanence sur leur connivence avérée ou supposée avec les politiques. Réponse inattendue de l’intéressée: «Lorsque je travaillais en Martinique, j’étais la fille d’un syndicaliste indépendantiste très connu là-bas, et j’ai eu souvent l’occasion de l’interviewer. Cela ne m’a jamais empêché de faire mon boulot. Voire, je pouvais poser toutes les questions, parce que j’étais la seule que mon père n’aurait jamais pu envoyer balader! Aujourd’hui, je n’ai aucune raison professionnelle ou privée de m’exposer à ce genre de critiques. Mais je pense que l’on peut faire son boulot correctement même si on a un homme politique dans son entourage!»
Audrey Pulvar faisait allusion à ses consoeurs Marie Drucker et Béatrice Schönberg, qui prendront congé de leur JT respectif pendant toute la durée de la campagne présidentielle en raison du maroquin occupé par leur compagnon ou époux au gouvernement.
Avec un sourire en coin, Jean-Michel Blier, le chef du service politique de France 3, ajouta à l’attention de la salle: «C’est curieux que vous ne m’ayez pas posé cette question, à moi!». C’est apparemment, en la matière, le privilège de la gent masculine.
C.G.
09:00 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Télévision, Elections présidentielles
16/01/2007
Un groove grave
Au début, on trouvait cela vraiment très bête. Mais en même temps un peu drôle et donc finalement sympa. C’est un site internet qui, grâce à un montage, permet de «voir Sarko se la donner sur le dance floor». Sur «des musiques de ouf qui groovent grave», le candidat de l’UMP s’éclate sur quatre pistes de danse différentes (dont le légendaire décor de «La Fièvre du Samedi soir») et effectue huit pas de danse «qui déchirent» dont le célébrissime «moonwalk» de Mickael Jackson.
En fait, c’est vraiment tout sauf bête et innocent.
-En cliquant sur «Invite tes amis sur le dance-floor», on peut laisser des adresses mail et accepter de «recevoir des informations à caractère politique de la part des Sarkonautes».
-En cliquant sur ce dernier mot, on apprend que ceux-ci constituent «une équipe de jeunes et de professionnels de l’internet qui souhaitent soutenir l’action de Nicolas Sarkozy sur internet». Car «un changement profond est nécessaire dans la manière de faire de la politique et de gouverner», car «il faut un Président qui a le courage de dire les choses et l’énergie pour mener les réformes».
-Et feuilletant «Le Monde 2» ce week-end, on a eu la confirmation que Nicolas et Cecilia Sarkozy avaient personnellement donné leur feu vert au lancement de «DiscoSarko»: un site prétendument parodique mais qui, dans les faits, espèrent-ils, participera grandement à la campagne d’humanisation du candidat lancée depuis son sacre d’intronisation dimanche.
Et manifestement, ça marche: «DiscoSarko» enregistre désormais plusieurs milliers de visites par jour.
B.DL.
10:35 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Publicité, Sarkozy
15/01/2007
Un business
Le congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy, hier à Paris, était redoutable de professionnalisme et d’efficacité: on était loin de l’amateurisme familial et de la sono crachotante du sacre d’investiture de Ségolène Royal à la Mutualité.
L’événement a donc coûté très cher – le chiffre de 3,5 millions d’euros souvent cité n’étant jamais que la fourchette basse de la facture probable pour l’UMP.
Du coup, les marchands du temple étaient nombreux, porte de Versailles. Au «Pop Store» (en français: à la boutique olé-olé), on pouvait notamment acheter, pour renflouer les caisses du parti sarkozyste:
-Des tee-shirts siglés 2007, avec les 0 en forme de coquelicots bucoliques (5€ pièce);
-Des polos couleur bleu ciel, estampillés «La France d’après» (25 €);
-Des parapluies (45€);
-Des stylos aux couleurs de l’UMP (2€);
-Des cravates «100% soie» (25€);
-Du savon de Marseille (1€);
-Des discours de Sarkozy (1€ le discours broché, 2€ le DVD);
-Des drapeaux tricolores français (20€);
-Des affiches de portrait du candidat de l’UMP (2€);
-Des ballons de football ornés du chêne, arbre symbole de l’UMP (15€);
-Des briquets (2€ l’un, 5€ les 3).
Les tarifs des consommations aux nombreux bars et cafés dispersés dans l’immense hall du Parc des expositions étaient passablement prohibitifs. Mais les toilettes étaient en accès libre.
B.DL.
10:20 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Sarkozy
28/12/2006
Un sursaut?
Est-ce enfin le résultat du séisme du 21 avril 2002? Les mairies, en ce moment, croulent littéralement sous les demandes d’inscription sur les listes électorales. Elles croulent tellement, en cette dernière ligne droite avant la date limite du 31 décembre, qu’elle ont reçu la consigne d’ouvrir leurs portes samedi matin.
Dans tout le pays, les chiffres relatant la progression du nombre d’inscrits par rapport à la même période de 2001 (lorsque les gens venaient s’inscrire pour pouvoir voter aux présidentielles de 2002) sont impressionnants: +60% à Nancy, +90% à Trappes (Yvelines), de 4.000 à 5.500 inscrits à Saint-Denis, 23.600 inscrits dans la seule ville de Marseille pendant le mois de décembre, etc.
On fait la queue devant les mairies, donc. Bien. Mais il y a encore une double marge dans laquelle de nets progrès civiques pourraient certainement être accomplis.
Un: dans un corps électoral évalué à la grosse louche à 45 millions d’électeurs, entre 2 et 4 millions de gens -- ce qui n’est tout de même pas rien -- ne s’inscriront pas et donc n’iront pas voter.
Deux: entre les inscrits et les électeurs votant effectivement le jour J, il y a encore une déperdition non négligeable. Ainsi, le 21 avril 2002, sur 41.194.689 inscrits, on n’a dénombré que 29.495.733 votants. Au second tour, c’était déjà un peu mieux (32.831.497 votants).
Et les 22 avril et 6 mai 2007?
B.DL.
10:40 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Participation, Civisme
19/12/2006
Un coup de jeune
Pour sa campagne présidentielle, Lutte ouvrière s’offre une petite folie. Le parti trotskiste se paie pendant quinze jours 14.000 panneaux publicitaires en 4 par 3 à l’effigie de sa candidate, Arlette Laguiller. Selon les indiscrétions, cette énorme campagne, diffusée sur l’ensemble du territoire national, aurait coûté à ce parti la bagatelle d’un million d’euros rien qu’en location d’espaces publicitaires (*).
Pour sa sixième course à l’Elysée (annoncée comme la dernière après celles de 1974, 1981, 1988, 1995 et 2002), la chef de file de LO, elle, s’offre carrément une petite coquetterie. En effet, n’importe quel quidam ayant croisé ces affiches et les ayant regardées avec un peu d’attention l’aura remarqué: le visage de la candidate y a été très largement rajeuni, soit par un gros travail de retouche, soit par le recours à un cliché pas tout neuf. Au point qu'Arlette Laguiller, qui va sur ses 67 ans, a l’air d’en avoir au minimum quinze de moins.
On ne sait si cela va lui amener des électeurs supplémentaires.
B.DL.
(*) Cherchez l’erreur: pour cette campagne, LO a choisi le géant de l’affichage Clear Channel, la multinationale texane qui, aux Etats-Unis, lors des dernières élections présidentielles, aurait dit-on largement soutenu George Bush.
09:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Publicité, Laguiller
13/12/2006
Une si jolie collection
Nicolas Sarkozy n’est pas du genre à vouloir que ses discours fondateurs sur la France de 2007 se perdent dans les limbes. Depuis plusieurs mois donc, après chaque convention de l’UMP, il les publie aux «Editions de l’Union» et les envoie notamment à tout son fichier presse.
Beau papier, joliment brochés, élégamment mis en page: ces petits livres sont ravissants. Surtout, en couverture, ils ont le chic de reprendre chaque fois en une couleur différente la fameuse photo officielle du patron de l’UMP faite en 2004 par le grand photographe de mode allemand Peter Lindbergh, qui immortalisa précédemment Milla Jovovich, Linda Evangelista, Naomi Campbell ou Claudia Schiffer.
On avait déjà eu droit notamment au petit livre rose («Discours pour la France du travail», Agen, 22 juin 2006), au petit livre vert clair («Discours de Marseille», 3 septembre 2006), et au petit livre orange («Notre République», Périgueux, 12 octobre 2006). Le dernier discours en date, intitulé «La France de la mondialisation» et prononcé à Saint-Etienne le 9 novembre, vient d’être publié. On se demandait quelle allait être sa couleur. Il est vert foncé.
On en connaît qui attendent chaque fois avec impatience la publication du prochain numéro de cette collection. Ce si joli camaïeu, en effet, est on ne peut plus élégant dans une bibliothèque.
B.DL.
08:40 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Publicité, Sarkozy
12/12/2006
Une affiche
On ne voit qu’elle en ce moment sur les murs de Paris. Elle a été tirée à 300.000 exemplaires. Elle est d’ailleurs tellement collée n’importe où et n’importe comment que les maires socialistes pourront désormais difficilement faire des ennuis aux colleurs sauvages d’affiches associatives ou festives qui s’imposent sur les façades.
C’est la première affiche de campagne de Ségolène Royal. Elle a été conçue à la fois par le PS et par l’équipe rapprochée de la candidate. C’est «une campagne d’attente» destinée à occuper le terrain jusqu’en février, moment où sortiront le slogan et l’affiche officiels.
Politiquement comme graphiquement, cette deuxième campagne ne pourra pas être pire que celle-ci.
En effet, le slogan proposé aujourd’hui («Pour que ça change fort!»), qui se veut sans doute très fort, très énergique et très jeune, est tout de même assez faible. La candidate est photographiée en pleine foule; c'est une bonne idée mais le floutage de plusieurs des visages qui l’entourent la fait apparaître comme cernée par des taches de brouillard peu esthétiques. La coexistence des styles romain et italique ne paraît quand même pas terrible. Et un rose plus franc, se perdant moins dans le fond grisé de la partie supérieure du cliché, aurait pu être choisi pour les lettres de son nom.
Celles-ci reprennent la police de caractère qu'utilise en couverture «Le Nouvel Observateur», le newsmagazine qui, justement, avait lancé le premier la «Ségomania» l’an dernier en s’interrogeant en Une: «Et si c’était elle?» C’est sans doute un hasard.
B.DL.
11:20 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Royal, Paris, Publicité
11/12/2006
Un virus
On a appris son existence samedi matin par la radio. Et pendant tout le week-end visiblement, les gens en ont pas mal parlé sur les chats et dans les blogs.
On l’évoque beaucoup, mais pas grand monde ne semble l’avoir reçu. Donc, on n’est pas vraiment sûr qu’il ne s’agit pas d’un gag, d’un ragot, d’un coup de com, voire d’un coup tordu de Françoise de Panafieu.
Il s’agit d’un virus informatique, semble-t-il aussi redoutable que vorace. Il se transmet par courriel d’une boîte électronique à l’autre. Il se dénomme «Ségolène». Il essaie de contaminer les internautes chez qui il s'incruste en leur promettant (faussement bien sûr) en pièce jointe... des photos en petite tenue de la candidate du PS à l’Elysée.
C’est trop nul.
B.DL.
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09/12/2006
Un clip
A cinq mois de l’échéance, le net s’empare plus que jamais des présidentielles. Les clips pro et anti-Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn avaient déjà fait fureur ces derniers mois. Depuis l’officialisation récente de sa candidature, c’est Nicolas Sarkozy qui tient la vedette sur le web.
Parmi les nombreux clips satiriques qui lui sont consacrés, il y en a un qui a l’air de circuler pas mal par mail en ce moment. Il vient d’aussi loin que le Burkina Faso, fabuleux pays d’Afrique de l’ouest, et fera grincer des dents les inconditionnels du patron de l’UMP.
Le chanteur, Zongo Seydou alias Zêdess, qui partage sa vie entre Ouagadougou et la Belgique, y brocarde ce «descendant de l’immigration subie» qui «a inventé l’immigration choisie», celui «qui se vante d’être le roi du charter depuis qu’il est à l’intérieur du ministère». «Au karcher, au charter, il nettoie la France. Attention la racaille, 2007 la délivrance!», chante «l’étalon de la musique burkinabé».
Qui termine son apostrophe au n°2 du gouvernement par cette vacherie bien de saison: «On est pauvres (au Burkina Faso)? Mais ici, il n’y pas de clochards».
B.DL.
PS: Pénible et impardonnable faute de goût tout de même: sur une des pages du site de Zongo, Sarkozy apparaît, via un photomontage, sous les traits d’Adolf Hitler. On va apprécier à l’UMP, où, jeudi à 11h29 précisément, le clip a été envoyé en lien par un internaute malicieux.
09:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Sarkozy, Musique
05/12/2006
Une puérilité agaçante
On a vu la scène avec un certain effarement au 20 Heures de France 2 hier, et les images n’étaient vraiment pas à l’avantage de Ségolène Royal, qui déjà traîne la réputation d’avoir un fichu caractère.
La candidate socialiste à l’Elysée était dans le lobby d’un grand hôtel israélien. Elle y croise par hasard une autre personnalité française en visite dans l’Etat hébreu: la députée et candidate UMP à la mairie de Paris Françoise de Panafieu. Cette dernière l’avait critiquée ce week-end pour sa bourde libanaise. Du coup, affichant le visage buté d'une gamine en colère à qui on a pris son jouet dans une cour de récréation, Royal refuse de lui serrer la main, passe son chemin et s’engouffre dans sa limousine d’un air hautain, laissant Panafieu plus hilare que choquée devant un affront d’une telle prétention.
Jusque à présent, seules des personnalités infréquentables (de l’extrême droite, par exemple) se voyaient, plutôt justement, infliger un telle marque d’impolitesse. Ségolène Royal innove donc en étendant la pratique aux représentants de partis démocratiques. Au risque de passer vraiment pour quelqu’un qui ne tolère pas la moindre critique.
A moins que cet incident n’illustre les limites de la diplomatie prônée par la candidate socialiste, caractérisée notamment par le souci de «dialoguer avec tout le monde»: cela vaudrait pour un député du Hezbollah comparant Israël aux nazis mais pas pour une parlementaire de l’UMP.
Cela promet pour la suite.
B.DL.
10:55 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Royal
30/11/2006
Un raté, donc
Soirée un peu agitée hier: à peine était-on rentré à la maison, vers 20 heures, qu’il fallait repartir au bureau pour couvrir la déclaration impromptue de candidature de Nicolas Sarkozy, qui n'était prévue à l'origine que ce jeudi.
Hier soir, et on l’a écrit, on n’excluait tout de même pas à 100% l’idée que la fuite vers «Libé» de son entretien à la presse régionale ait été organisée par l’intéressé lui-même ou par son entourage. Histoire d’à nouveau s’assurer les gros titres des 20 heures mercredi soir (avant un grand show télé ce jeudi soir) et de faire la Une de tous les quotidiens ce jeudi matin.
Une nuit plus tard, ce n’est pas l’hypothèse la plus retenue, même si on la lit encore ça et là. Nicolas Sarkozy aurait donc réellement été victime d’une fuite qu’il n’a pas orchestrée.
S’il l’avait lui-même ourdie, en tout cas, ce serait un fameux fiasco. Le président de l’UMP, en effet, réussit le tour de force de mécontenter à peu près tout le monde.
Mécontenter les journaux régionaux victimes de la fuite, bien sûr. Mécontenter aussi les quotidiens régionaux qui n’ont pas eu le privilège d’être convoqués à Beauvau pour l’interview. Mécontenter encore la presse parisienne, qui déteste par-dessus tout passer après la presse de province. Mécontenter son entourage sans doute, qui a dû lire ce matin les éditoriaux majoritairement narquois relatifs à ce non événement ainsi que les commentaires hilares des professionnels de la com sur la forme qu’il a prise. Mécontenter Chirac peut-être, puisque l’annonce de la candidature de son éternel rival a finalement eu lieu le jour de son anniversaire.
Voilà donc une campagne élyséenne qui commence de manière un peu laborieuse.
B.DL.
10:49 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Journalisme, Sarkozy
29/11/2006
Un an de plus
Le Président Chirac fête ses 74 ans aujourd’hui. Comme chaque année, ni fleurs, ni couronnes, ni communiqué ne sont prévus par l’Elysée: cela fait longtemps qu’on n’y communique plus sur l’âge du capitaine.
Avec la charité que l’on doit sans doute à un vieil homme en fin de carrière, même les sarkozystes épargnent le chef de l’Etat. Ainsi ce matin, le député Claude Goasguen, qui n’est pourtant pas commode, s’est contenté de lui souhaiter de pouvoir dès l’an prochain assouvir sa passion pour les voyages sans cette fois l’omniprésence pesante de gardes du corps. Sa collègue Nadine Morano, autre sarkozyste de choc, s’est prise pour Marilyn Monroe face à John Kennedy et a entonné «Happy birthday, mister President» en direct à la radio: cela dénotait un sens de l’humour bienvenu mais c’était assez ridicule. Enfin et surtout, Nicolas Sarkozy en personne n’a pas écouté ses plus perfides conseillers, qui lui conseillaient de déclarer sa candidature pour 2007 le jour même de l’anniversaire du chef de l’Etat, histoire d’encore un peu plus le ringardiser.
Après s’être haï pendant plus de dix ans, ces deux hommes finiront par s’aimer.
B.DL.
10:45 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Sarkozy, Chirac
27/11/2006
Un détail ou l'autre
Dans les congrès de parti comme dans la vie de tous les jours, il y a des petits détails qui parfois en disent long. Ainsi, hier matin à la Mutualité:
-Ségolène Royal a laissé aux «éléphants» le rituel des bousculades médiatiques. Sans doute pour encore mieux se distinguer d’eux, elle a préféré une arrivée discrète en voiture et une entrée par une porte dérobée aux quelques pas dans la cohue des caméras.
-à la façon dont ils avaient été placés dans la salle (à plusieurs rangées de sièges de la star du jour) ou à l’indifférence télégénique suscitée par leur arrivée, de nombreux ex-ministres jospinistes (Guigou, Trautmann, Glavany, etc.) ont pu constater qu’ils étaient définitivement «has been». A l’inverse, le congrès a consacré le retour d’anciennes stars (Edith Cresson, Yvette Roudy, Jean-Louis Bianco, etc.), qui avaient complètement disparu de la circulation. C’est le fait du Prince.
-Ségolène Royal a tendu la main à Laurent Fabius, mais celui-ci lui a fait la bise. Elle avait fait la même chose avec Lionel Jospin à La Rochelle.
-Le même Laurent Fabius est resté assis lors de l’ovation debout que le congrès a dédiée à François Hollande.
-Anne Sinclair, si omniprésente ces dernières semaines, n’était pas là.
-A l’issue de son discours, François Hollande, par quelques petits gestes discrets, a tenté de faire monter toutes les stars du parti sur l’estrade pour une grande et belle photo de groupe autour de l’héroïne du jour. Raté: celle-ci s’est fait acclamer seule.
-Dominique Strauss-Kahn est apparu complètement abattu à la fin du congrès, lorsque la caméra qui filmait l’événement pour le retransmettre sur écran géant effectuait un ultime travelling dans la salle. Visage sombre et dramatiquement fermé, endossant sa veste d’un geste las, physiquement totalement seul dans des premiers rangs déjà désertés. Il semblait littéralement atterré.
B.DL.
11:34 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Royal, Fabius, Strauss-Kahn
26/11/2006
Un sacre un peu laborieux
Dimanche matin avec les socialistes à la Mutualité, pour le congrès d’investiture de Ségolène Royal.
Le sacre a été laborieux. La sono était à ce point catastrophique que certains militants, mi figue mi raisin, se demandaient si des fabiusiens, dans les coulisses, ne l’avaient pas sabotée. Etait-elle exténuée ou sous l’emprise d’une trop forte émotion? La Reine de la matinée a délivré une prestation très moyenne: discours rempli de petites phrases et de grands slogans tant de fois déjà entendus ces dernières semaines, ton plus scolaire que jamais, souffle court, sourire figé – elle a été nettement moins bonne que lors de ses dernières prestations de campagne. Et en fin de matinée, les problèmes techniques s’accumulant, l’intervention par vidéo du socialiste danois Poul Rasmussen dut carrément être annulée.
On était vraiment à un monde du sacre du Bourget, lorsque Nicolas Sarkozy avait été élu à la présidence de l’UMP: un show d’une redoutable efficacité, véritable modèle de professionnalisme – qui avait coûté plusieurs millions d’euros il est vrai.
En termes de com et d’organisation de grands événements politico-médiatiques donc, les socialistes auront semble-t-il bien besoin des cinq mois qui les séparent des présidentielles pour refaire leur retard sur l’UMP.
B.DL.
15:25 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elections présidentielles, Royal
24/11/2006
Une pratique curieuse
On avait déjà cru le remarquer auprès de collègues en suivant l’intéressée sur le terrain. On en a maintenant la confirmation: les journalistes (enfin, des journalistes) appellent désormais Ségolène Royal par son prénom. Ces jours-ci dans les rues de Paris, on ne peut que s’en rendre compte à la vue des abribus ou des kiosques où sont placardées les couvertures de deux news-magazines: «Le roman de Ségolène» («Le Nouvel Obs») et «La vraie nature de Ségolène» («Le Point»).
Ce parti-pris relève-t-il de l’affectif et révèle-t-il donc une adhésion politique? Ce serait parfaitement le droit de ces magazines, mais il serait plus sain et honnête qu’ils l'explicitent à leurs lecteurs.
S’agit-il simplement pour ces journalistes de s’inscrire dans un mouvement de mode, les gens semblant effectivement avoir davantage tendance à dire «Ségolène» que «Ségolène Royal»? Le rôle des médias, croyait-on, n’est pas de suivre la foule mais de garder du recul.
Peut-être la candidate socialiste bénéficie-t-elle de ce traitement en vertu du genre qui est le sien? Dans ce cas, cela relèverait du sexisme le plus idiot.
On ne voit donc guère que l’étourderie et la légèreté pour expliquer un tel égarement journalistique. Mais ce qui se tolère dans le feu de l’action -- voir Arlette Chabot sur France 2 qui, l’autre soir, commentait en direct l’investiture de l’intéressée et appelait cette dernière par son prénom, avant de s’en excuser -- s'explique moins dans le cas de médias papier ayant tout le temps de réfléchir et de peaufiner avant de boucler.
Si ce phénomène continue, les journalistes n’auront bientôt plus guère que deux solutions.
Soit appeler tous les candidats aux présidentielles par leur prénom. «Jean-Marie à la recherche de ses 500 signatures» en couverture de «L’Express», «Jacques se tâte pour 2007» en ouverture du 20 Heures de France 2, «Nicolas karshérise la racaille» en Une du «Monde»: cela ferait sérieux.
Soit à nouveau, mais cette fois à raison, supporter les couplets dénonçant la consanguinité de la classe politico-médiatique, la connivence complaisante et malsaine existant parfois entre politiques et journalistes.
B.DL.
11:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Journalisme, Médias, Elections présidentielles, Royal



