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02.06.2010

Une réouverture

Aujourd'hui, un sujet infiniment plus léger qu'hier. Et même carrément bucolique. Du beau monde se pressait hier soir au Jardin des Plantes. Ministres, élus parisiens, mécènes et autres personnalités diverses et variées étaient au cocktail d'inauguration de la réouverture des Grandes serres du Muséum national d'Histoire naturelle. Car ce joyau du patrimoine architectural et botanique, qui était fermé depuis six ans pour restauration, est de nouveau accessible au grand public à partir de ce mercredi. Cela ne peut pas mieux tomber, en cette Année mondiale de la biodiversité qu'est 2010.

 

Ces magnifiques édifices sont les dignes héritiers des orangeries et serres du Jardin du Roy, utilisées à l'époque pour conserver et acclimater les collections botaniques et les plantes rares ramenées par les naturalistes français de leurs voyages d'exploration. Il s'agit même des premières structures de métal et de verre de ce type construites dans le monde, entre 1834 et 1836. Le chantier de restauration a été long et complexe, vu que cet ensemble est intégralement classé. Les vitrages, qui étaient en très mauvais état, ont été entièrement démontés puis replacés dans les règles de l'art. Les boulons et fragments métalliques de l'ossature, parfois si mal en point qu'ils menaçaient de s' écrouler sur les visiteurs, ont eux aussi été réparés. Les lieux ont été reconfigurés pour se conformer aux règles de sécurité et être accessibles aux handicapés. Et le Muséeum a repensé le contenu botanique de l'ensemble, de manière à permettre la découverte d' «une nature imaginaire où cohabitent des plantes des quatre coins du monde; une nature bien réelle, car les plantes y poussent en pleine terre et se laissent admirer de très près». Bref, une «rencontre avec le monde végétal, le plus ancien laboratoire de la vie, tout à la fois poétique et scientifique».

 

«Passer de l'émerveillement (pour le patrimoine végétal présenté) à l'engagement (en faveur de l'environnement et de la biodiversité)»: tel est le voeu formulé pour les visiteurs par l'institution. Celle-ci, soucieuse de mettre ses actes en concordance avec ses discours, a veillé notamment à ce que l'énergie nécessaire au maintien à 22 degrés de la température de la serre tropicale humide provienne du reyclage de la chaleur produite par l'incinération de déchets. Autre initiative appréciable en ces temps de crise: les tarifs d'entrée pratiqués sont plutôt raisonnables: 5 euros le ticket adulte, 3 euros le billet enfant (jusqu'à 14 ans).

 

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que, dès aujourd'hui et durant tout cet été – même si la canicule estivale n'est sans doute pas la meilleure période pour visiter cet endroit –, le Jardin des Plantes redevienne, auprès des touristes singulièrement, un des endroits les plus courus et donc les plus bondés de Paris.

19.05.2010

Un bien mauvais départ

Il était annoncé comme le chantier urbanistique de la décennie à Paris: au minimum quatre années de travaux colossaux et un budget d'au bas mot 760 millions d’euros. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il commence bien mal, ce chantier. On veut parler du projet de rénovation du Forum des Halles et de ses alentours. Début de cette semaine, la mairie n'a eu d'autre choix que de décider de suspendre tous les travaux liés à la première phase du chantier, à savoir au réaménagement du vaste jardin des Halles jouxtant le méga-centre commercial. Mercredi dernier, en effet, le tribunal administratif avait, en référé, ordonné l'interruption de l'exécution du permis de démolir du jardin actuel. Selon lui, un «doute sérieux» pèse sur la légalité de l'autorisation municipale d'abattre notamment, dès le mois de juin, les quelque 300 arbres figurant dans l'actuel jardin Lalanne, l'enclos de verdure de 3000 m2 situé dans l'espace vert des Halles.

 

L'action en justice avait été lancée par un comité de riverains furieux contre «l'absurdité» écologique et urbanistique de ce volet du projet municipal. Ces habitants sont évidemment ravis, qui voyaient dans ce dossier une «accumulation d’erreurs, d’incurie, d’incompétence et de manque d’écoute». La droite parisienne elle aussi applaudit à cette «première victoire» remportée contre «le massacre du jardin des Halles». La Ville conteste le fond du jugement du tribunal. Et assure que, malgré ce bien mauvais départ,  ce projet gigantesque, au final, «ne sera pas retardé». En attendant, les riverains, gonflés à bloc par cette victoire juridique, préparent une grande manifestation sur place samedi après-midi.

 

Dans le quartier, on n'a pas fini d'entendre parler de ce dossier. Et, vu la manière chaotique dont il a débuté, on ne peut même plus être trop sûr que ce méga-projet urbanistique ne va pas finir par tourner au calvaire politique pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

14.05.2010

Une apparition

Une disparition. On a beaucoup parlé d'une disparition ces dernières vingt-quatre heures à Paris. De la disparition des centaines de cadenas que, depuis des mois, des couples d'amoureux du monde entier avaient pris l'habitude de venir accrocher aux rambardes du Pont des Arts. Les clés de ces cadenas jetées dans les flots de la Seine, ces amours ainsi cadenassés étaient supposés demeurer éternels. Qui donc a osé commettre ce crime de lèse-romantisme? La mairie avait fait savoir, dernièrement, qu'elle n'était pas trop d'accord avec ce cadenassage jugé peu respectueux du patrimoine. Mais elle a vigoureusement démenti avoir été à l'origine de cet enlèvement, qui n'a pas davantage été revendiqué par la préfecture de police. Le mystère reste donc entier, sur le Pont des Arts.

Parlant d'amour, on a moins été intéressé par cette disparition que par une apparition. Une apparition sur le marché français en tout cas, où, mais peut-être cela nous avait-il échappé, on n'avait jamais entendu parler de cela auparavant. Un produit qui s'adresse aux «amoureux du monde entier» et donc aux Français aussi, qui vivent sur leur réputation (justifiée?) de meilleurs amants du monde.

C'est le journal gratuit 20 Minutes qui a débusqué ce concept (ici) en marge de la «Quinzaine du commerce équitable», qui bat son plein en ce moment à Paris. Ce sont des... préservatifs équitables! Ils sont baptisés «French letter», par allusion sans doute au fameux «french kiss». «Fabriqués à partir de latex équitable issu de plantations certifiées FSC (Forestry Stewardship Council) qui garantit une gestion raisonnée des exploitations», ces préservatifs, en outre, ne contiennent «aucun ingrédient d’origine animale et sont donc adaptés aux végétariens». Mais «c’est pas une raison pour les manger», croient bon de préciser les confrères ha ha ha.

Des préservatifs équitables. On aura décidément tout vu, dans ce monde ecolo friendly dans lequel nous vivons désormais. Le slogan de la société britannique qui commercialise cette invention décoiffante? «Make love, not wage slaves». Ou, encore mieux: «Free love, fair trade & safe sex». Qui sait un bon programme pour ce mois de mai si automnal qui, à Paris aussi, donnerait plutôt envie de rester sous la couette.

06.05.2010

Un filon

Une fois n'est pas coutume, un fait divers aujourd'hui dans ce blog, en guise d'accroche à la note du jour. Il s'est produit dans notre onzième arrondissement et a été rendu public hier après-midi. Dans un bureau de poste du quartier, la police a interpellé récemment une dame, présentée comme... «acheteuse compulsive». Elle avait fait pour 9.000 euros d'achats avec la carte bancaire de sa mère, qu'elle utilisait à son insu. A son domicile, les policiers ont découvert une caverne d'Ali Baba ainsi décrite par l'agence de presse AP: «15m3 de marchandises emballées dont trois vélos tout terrain, deux lave-linge, 14 fers à lisser, trois lits, un caméscope, six coffres à bijoux, 21 sacs de sport contenant des produits alimentaires, des cosmétiques, des fournitures scolaires ainsi que trois billets d'avions pour la Tunisie». L'intéressée a expliqué avoir acheté ces objets en multiples exemplaires de peur que l'un d'eux tombe en panne.

 

Parlant de carte bancaire, une (petite) découverte qu'on a faite l'autre jour au hasard d'une visite au distributeur d'une agence bancaire près de Bastille, et qui pourrait bien encourager encore un peu plus les acheteurs compulsifs à dépenser sans compter. Sur l'automate, bien en évidence, était apposé un sticker publicitaire dont on n'avait jamais remarqué la présence auparavant. Il félicitait les usagers d'avoir recours à ce distributeur, car la banque l'hébergeant... multiplie les initiatives environnementales. En gros donc, le message subliminal envoyé était le suivant: «Cher usager de passage, plus vous retirez de billets à l'aide de ce distributeur, plus vous contribuez au sauvetage de la planète, donc ne mégotez pas».

 

DABParis.jpgRenseignements pris, ce programme vert s'appelle «Winplanet». Y participent, outre des banques, nombre de grandes enseignes commerciales présentes en France. Sous son égide par exemple, le Crédit agricole a financé une opération de nettoyage des rives de la Seine, offrant même aux nettoyeurs «un agréable buffet campagnard en plein air» – c'est merveilleux. Le Crédit mutuel a collecté des téléphones portables usagés. La BNP-Paribas a systématisé les procédures de recyclage des composants électroniques, ordinateurs, claviers et autres imprimantes utilisés dans ses agences. Et HSBC France a aidé l'Office national des forêts à planter 15 000 arbres sur un ancien site minier.

 

Autant d'initiatives qui, sans doute, ne mangent pas de pain et ne font pas de mal à la planète. A moins que cette exploitation par les banques désormais aussi d'un filon écolo si à la mode ne relève avant tout de l'opération de marketing. De la campagne de com',  finalement: destinée à rehausser l'image de marque du secteur bancaire qui, en France aussi, est sortie très dégradée de la grande crise de l'an dernier.

14.04.2010

Un (joli) fouillis

L’actualité environnementale du jour dans la capitale, c’est l’annonce ce matin par Bertrand Delanoë de sa décision d’interdire ou non la circulation automobile sur les voies sur berges: les voies qui longent la Seine en contrebas des quais. Le maire de Paris, coincé entre les exigences de la préfecture de police (qui refuse que les voitures soient totalement interdites à cet endroit) et de ses alliés Verts (qui rêvent qu’il soit transformé en «Paris Plages» toute l’année), en sera sans doute réduit à un compromis peu lisible – si ce n’est pas le cas, ce blog y reviendra. En attendant, intéressons-nous à une initiative lancée hier dans le cadre de l’Année de la Biodiversité. Cette Année dont on avait déjà parlé l’autre jour, à la faveur du projet de végétaliser les voies du tram de Paris non plus avec du gazon mais avec des herbes de Provence (relire ici).

 

Là, prévenons illico, on tombe tellement dans le registre bucolique, léger et ultra-consensuel, limite guimauve tartouille, qu’on se croirait moins à Paris qu’au pays de Candy – «Candy Candy, jolie petite fille aux yeux clairs.Une frimousse qu'un grand sourire éclaire. Quand la nuit se fait câline. Le gentil prince des collines», etc, etc. Il s’agit, en effet, de donner des graines aux Parisiens pour qu’ils puissent semer marguerites, coquelicots et vipérines aux quatre vents, faire fleurir un peu partout trèfle, camomille ou millepertuis – quand on vous disait que c’était le pays de Candy.

 

«Parce que c’est beau, une rue pleine de fleurs des champs», argumente «Laissons pousser», l’association derrière ce projet. Parce que «en plantant des espèces sauvages sur un rebord de fenêtres, un balcon, une terrasse, dans un jardin partagé ou éventuellement au pied d’un arbre, chacun peut enrichir la flore urbaine, et le maillage de fleurs ainsi créé permet aux insectes butineurs de se développer», ajoute la mairie. Parce que la dispersion de ces fleurs sauvages et graminées dans la capitale permet d’y recréer un fouillis végétal de bon aloi, alors que les parcs et squares sont colonisés par des spécialités horticoles faites sur mesure ou par des espèces végétales exotiques. Parce que, à l’heure où les villes essaient de se passer de produits phytosanitaires souvent si toxiques pour l’environnement, elles n’ont d’autre choix que de «réhabituer les habitants à voir des mauvaises herbes pousser au bord des trottoirs et dans les parcs».


L’éradication systématique voire obsessionnelle des mauvaises herbes nous ayant toujours semblé être le volet le moins sympathique du jardinage – on est tous la mauvaise herbe de quelqu’un –, on applaudit des deux mains.

26.03.2010

Une heure

La Ville lumière un peu moins lumineuse que d’habitude, demain soir. Pour la deuxième année consécutive, Paris s’associe à l’opération «Earth Hour, 60 minutes pour la planète» du WWF. Samedi à 20h30 donc, l’éclairage extérieur de plus de 240 monuments et bâtiments de la capitale (le Louvre, l'Hôtel de Ville, Notre Dame, le Panthéon, les Invalides, la place de la Concorde, l’Opéra Garnier, etc), de même que l’éclairage des ponts parisiens et des mairies d’arrondissement, seront éteints pendant une heure. La tour Eiffel, quant à elle, sera plongée dans le noir pendant cinq minutes. Seule l’éclairera, à ses pieds, la lueur de 1600 bougies disposées pour former le chiffre 60 (comme 60 minutes d’obscurité). Plus d’une centaine de pays et plus de 2000 villes dans le monde participeront à cette manifestation, qui est parrainée par le vice-président (français) du GIEC et par ailleurs prix Nobel de la Paix.

 

L’objectif de l’opération est «de mobiliser le plus grand nombre autour de l’enjeu du dérèglement climatique. 100 jours après le sommet de Copenhague, tous les citoyens ont ainsi l’occasion de rappeler leur volonté de voir les Etats aboutir à un accord international sur le changement climatique équitable, ambitieux et contraignant, lors du sommet de Mexico en décembre 2010».

 

Une heure en moins d’éclairage un peu partout dans le monde: voilà qui, assurément, ne mange pas de pain et qui, énergétiquement, ne pourra faire que du bien. «Un geste pour la planète»: voilà une manifestation qui, à coup sûr, sera très consensuelle. On s’étonne un peu, toutefois, de ne pas entendre les grincheux, si prompts à prendre la parole en France, qualifier de tarte à la crème ce genre de manifestation.

02.03.2010

Une richesse

unechouette.jpgPeu de nature à Paris, écrivait-on dans ce blog hier. Pas si peu que cela finalement, semble-t-il. La capitale française serait même «un carrefour biogéographique très riche». C’est en tout cas ce qu’on peut lire dans le programme lancé l’autre jour par la mairie à l’occasion de l’Année mondiale de la biodiversité qu’est l’an 2010.

 

Ainsi, auraient élu domicile à Paris «plus de 2000 espèces de plantes sauvages et de champignons et autant d’espèces animales». Parmi ces dernières, plus d'un millier d’insectes différents: papillons, libellules, fourmis, abeilles, etc. Dix espèces d’amphibiens, dont paraît-il des «crapauds accoucheurs» et «tritons palmés»  – autant vous dire que, depuis la dizaine d’années que l'on arpente le bitume parisien, on n’y a jamais vu ce genre de bestioles. Trente-trois espèces de mammifères: hérissons, fouines, chauve-souris, renards ou écureuils – idem: inconnus à notre bataillon de Parisien moyen. Quarante-huit espèces de mollusques – ça oui, on peut en témoigner: les terrasses du bureau et la cour de la maison sont envahies à longueur d’années par les escargots. Paris regorgerait également de lézards et d’orvets, de faucons et de chardonnerets, et même de truites, d’anguilles et de brochets.

 

Cette grande richesse biologique s’expliquerait par «la présence d’une mosaïque de milieux de vie, l’abondance de nourriture, moins de prédateurs et des températures souvent clémentes». D’où la présence y compris d’orchidées sauvages dans les bois et certains jardins de la capitale. D'où aussi le fait qu’au cimetière du Père Lachaise par exemple, on peut tomber sur des espèces végétales protégées (comme la «renoncule à petites fleurs») et sur des animaux a priori aussi peu urbains que la chouette hulotte.

 

Dans le cadre de cette Année de la biodiversité, les Parisiens sont invités à participer à l’élaboration d’un observatoire de la flore et de la faune sauvages. Sur des sites donnés, ils seront mis à contribution pour observer, recenser et consigner des plantes sauvages mais aussi des animaux «ayant un intérêt particulier en matière de biodiversité urbaine et indicateurs de la qualité du milieu», tels les insectes pollinisateurs. Photos et vidéos réalisées par les riverains seront également les bienvenues.

 

Vu des arrondissements centraux où l’on vit, et dont, on l’avoue, on ne s’éloigne que rarement, tout cela paraît furieusement et délicieusement bucolique – limite exotique.

18.02.2010

Une biodiversité

TramwayT3Paris.jpgAujourd’hui, un sujet infiniment plus léger que les jours précédents – cela fait du bien, parfois. Et qui concerne aussi plus directement la vie quotidienne à Paris. Lundi, la mairie va présenter son programme d’actions dans le cadre de «2010, année mondiale de la biodiversité». Il y sera notamment question de dresser des inventaires de la faune et de la flore de la capitale, un recensement qui associera habitants, chercheurs en écologie urbaine et associations naturalistes. Parlant de biodiversité, dans la capitale française elle se cache parfois aux endroits les plus inattendus. Témoin, le (petit) projet, bucolique à souhait, qui pourrait voir le jour… sur les voies du tramway.

 

Cela concerne plus précisément le tramway T3 – la ligne qui, à terme, ambitionne de faire le tour de Paris (voir la carte ici). Dans le cadre des (gros) travaux en cours () pour sa prolongation jusqu’à la porte de la Chapelle, la RATP et la mairie songent à une innovation à la fois odorante et délicieuse. Il s’agirait de remplacer le tapis de gazon qui végétalise habituellement les voies de tram et leurs abords par une autre espèce: le thym. En effet, par rapport à la pelouse, cette charmante plante méditerranéenne aurait l’avantage de nécessiter moins d’arrosages et de tontes à l’année. Et, dans sa modeste mesure, la plantation de cette espèce végétale à cet improbable endroit contribuerait à la biodiversité dans la capitale, assurent les spécialistes.

 

Cette plante aromatique, en tout cas, a réussi les tests que, depuis le printemps 2008, la RATP a fait passer à différents tapis végétalisés susceptibles d'équiper les tramways. Mieux que le romarin, le serpolet, la bruyère ou d’autres plantes vicaces, le thym a montré son «adaptation aux conditions d’exploitation du tramway». Pour ceux que cela intéresse, c’est plus particulièrement une sous-variété de thym, le thym dit laineux, qui aurait la cote auprès des techniciens de la société de transports parisienne. Qui, lors de ces tests, ont noté également les performances d’une deuxième plante vicace: la matricaria tchihatchewii – si, comme nous, vous n’avez pas la moindre idée de ce à quoi cela peut ressembler, coup d'oeil ici

 

Des senteurs de thym, donc des airs de Midi carrément, dans les environnements aussi gris, pollués et bétonnés que sont les portes d’Ivry, de Bagnolet ou d’Aubervilliers. Cela fait (un peu) rêver.

12.02.2010

Une alternative

neigeàparis.jpgFin d’une semaine en blanc. On n’a pas eu beaucoup de temps pour profiter du spectacle de Paris sous la neige, mais, d’après ce qu’on en a vu, c’était une fois de plus ravissant.

 

Tiens, au fond, il y a presque deux mois (relire ici), lors d’un des derniers épisodes neigeux qu’on a connus ici, on avait soulevé le problème environnemental posé par les épandages de sel sur la voie publique. Ce sel, en effet, dégrade les propriétés des sols et empoisonne la végétation par ses racines. Cela peut paraître anecdotique comme souci, mais, quand on sait qu’en cas d’hiver neigeux, une ville comme Paris est amenée à déverser plus d’un millier de tonnes de sel pour rendre ses rues et trottoirs praticables, ce n’est tout de même pas si futile.

 

A l’époque, on avait posé la question à la mairie: ce qu’elle pensait du problème, s’il avait déjà été évoqué, les alternatives qui étaient éventuellement étudiées en la matière, etc. «On vous rappelle», s’était-on entendu répondre. On attend toujours le coup de fil. Passons: c’est habituel. Depuis, a-t-on appris, le sujet n’en a pas moins été officiellement évoqué. C’était lors d’un récent conseil municipal. A l’initiative des Verts, les élus ont adopté un vœu par lequel la ville s’engage à mettre à l’étude une solution de déneigement plus écologique que le sel: l’utilisation de… copeaux de bois. Cette alternative, paraît-il, est déjà utilisée avec succès par plusieurs grandes villes en Suisse.

 

A la radio l’autre jour – comme quoi, on parle pas mal du sujet en ce moment –,on entendait même que, pour remplacer ce sel de déneigement si agressif pour l’environnement, on pouvait très bien utiliser… du sucre. En entendant cela, on s’est demandé si cela ne rendrait tout de même pas les rues et trottoirs de la capitale un peu collants aux chaussures. Mais si c’est la première étape à franchir pour en arriver in fine à une ville l'hiver recouverte de sirop, de caramel ou de chocolat, on est prêt à tenter l’expérience.

04.02.2010

Une accélération

jardinlalanne.jpgCe sera le projet urbanistique de la décennie, à Paris: le réaménagement du Forum des Halles – si vous avez raté des épisodes et voulez voir le projet, c’est ici. Le chantier, pharaonique (760 millions d’euros, dont 500 à charge de la Ville), ne sera achevé qu'en 2016. Mais, dorénavant, on décompte les jours avant son démarrage, prévu dès ce mois de mars. Ces dernières semaines, les choses se sont même accélérées.

 

Fin janvier, s’est achevée l’enquête publique relative à la nouvelle gare prévue en sous-sol, destinée à remplacer la gare actuelle des Halles – une des plus grandes d’Europe: 800.000 usagers chaque jour. Peu auparavant, la commission d'experts en charge des cinq enquêtes publiques concernées à lui seul par ce projet colossal avait remis un avis globalement favorable à la Préfecture de Paris. Ce jeudi soir, enfin, les autorités tenteront de faire sauter l’un des derniers verrous: l’opposition de riverains (ici, par exemple) au réaménagement du Jardin Lalanne. Depuis près de trente ans, cet espace vert très fréquenté jouxte le Forum. Nombre de gens du quartier y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Ces derniers mois, ils ont multiplié les manifestations et interpellations d’élus à son sujet. La réunion de ce soir pourrait donc bien être houleuse.

 

lesfuturesHalles.jpgA supposer que le maire Bertrand Delanoë, ses urbanistes et les architectes du projet emportent l’adhésion des riverains, leur restera encore à calmer d’autres riverains mécontents, ou en tout cas assez inquiets: les exploitants des 380 commerces que compte l’actuel Forum. Commerçants qui, eux aussi, l’échéance du début du chantier s’accélérant, commencent un peu à s’agiter.

 

Et pour cause. A l’origine, il était prévu de procéder graduellement au lifting du centre commercial, de manière à ne pas devoir y fermer la moindre boutique pendant le chantier. Mais les architectes ont fini par découvrir que la structure du Forum devrait être consolidée pour pouvoir accueillir «la Canopée»: le nom donné à l’immense et donc très lourd toit de verre qui, culminant à 14,5 mètres de hauteur, recouvrira la galerie et la gare RER rénovées.

 

Au minimum, onze des piliers colossaux soutenant le Forum devront être renforcés. Comme ces piliers passent tous dans des magasins – et y compris en plein milieu de la FNAC des Halles, la plus grande de France –, autorités, architectes et techniciens s’avancent moins, désormais, sur la faisabilité de maintenir ouverts tous les commerces du Forum pendant la totalité des travaux.

 

lesfuturesHalles2.jpgLes commerçants n’en demandaient pas tant, eux qui craignaient déjà la désertification de la galerie pendant cet interminable chantier, vu les embarras de circulation qu’il ne manquera pas de causer – dans un quartier dont les abords, déjà, ne sont pas rarement embouteillés. A Paris, en tout cas, c’est sûr, on n’a pas fini de parler de cet énorme chantier.

03.02.2010

Une ingéniosité

Incroyable, ce dont l’inventivité humaine est capable. En région parisienne, on vient cette semaine d’en avoir une double illustration. Dans le domaine de l’environnement, et plus particulièrement du reyclage et de la réutilisation des déchets.

 

La première innovation concerne Paris. Et consistera à nettoyer les rues grâce à … de l’huile usagée. Les «laveuses» –  ces petits engins verts qui, ici, nettoient l’espace public – rouleront à l’aide d’un carburant constitué d’huiles de friture usagées, récoltées dans les restaurants notamment. En effet, «après décantation et filtration à 1 micron», ces huiles peuvent servir de base à des bio-carburants, moins émetteurs de gaz à effet de serre que les carburants conventionnels. Au début de l’expérimentation , seules une demi-douzaine de «laveuses» seront concernées. Mais à terme, si l’expérience est concluante, seront alimentés de la sorte le demi-millier de véhicules de ce type utilisés à Paris.

 

La deuxième innovation annoncée cette semaine concerne une commune jouxtant Paris: Levallois. Là, dès la mi-février, on va chauffer la piscine municipale grâce… aux égouts. La chaleur des eaux usées (provenant des douches ou bains, des lave-vaisselle ou lave-linge, etc.) rejetées par les habitants sera récupérée par un savant système de pompes, puis permettra de maintenir à 28 degrés la température du bassin municipal. Ce procédé, baptisé «Degrés bleus», diminuera d’un quart la consommation et donc la facture énergétique de la ville consacrée au chauffage de sa piscine.

 

Alors, c’est clair, ces deux innovations ne changeront pas fondamentalement la vie des habitants concernés, ni ne résoudront tous les problèmes environnementaux se posant dans ces municipalités. Et elles sont très locales. Mais elles sont exemplatives d’une démarche ingénieuse qu’à l’avenir, de plus en plus de villes et de communes, en  France comme ailleurs, pourraient ou auraient intérêt à adopter.

18.12.2009

Un grand classique

patinsàglace.jpgC’est un classique de l’hiver parisien, un incontournable même de l’ambiance de fêtes de fin d’année dans la capitale française. Ce vendredi, la grande patinoire en plein air fait son retour,  place de l’Hôtel de Ville. Cette année, il y aura même deux patinoires devant la mairie: une grande pour les adultes et une petite pour les enfants «et débutants». Larges horaires d’ouverture, présence en permanence de moniteurs diplômés, accès et cours gratuits (*), spectacle garanti pour les spectateurs vu le nombre de chutes et de cabrioles à la minute: telles sont les recettes traditionnelles de cette animation, qui lui assurent de rencontrer chaque année un énorme succès. On va encore se bousculer et faire la queue à proximité de l’Hôtel de Ville ces prochains jours, a fortiori que les vacances scolaires commencent ce soir.

 

Cette année pas plus que les précédentes, à moins que cela nous ait échappé, pas une critique n’a été formulée à l’encontre de cette animation. Qui, pourtant, avec un bon millier de m2 de glace à maintenir réfrigérés jusqu’au début du mois de mars, doit pourtant être fameusement énergivore et donc assez peu écologique – même si la froidure actuelle de la météo doit aider. Toutes les animations hivernales parisiennes ne bénéficient pas d’un tel consensus. L’hiver dernier à la même époque, pour rappel (relire ici), la tour Eiffel s’était attirée les foudres d’une association écologiste, après avoir recouvert son premier étage d’une épaisse couche de neige artificielle, créé sur 300 mètres de long un parcours de marche en raquettes et équipé un de ses espaces de restauration d’un bar tout en glace. Les milliers de m3 d’eau utilisés pour cette opération avaient été critiqués comme étant un vulgaire «gaspillage».

 

Au fond, sans souci de polémique mais juste à titre d’information, quel est le coût énergétique de la grande patinoire de l’Hôtel de ville? Quel surcoût en électricité engendre-t-elle? Est-il éventuellement compensé par la mairie? A l’heure de Copenhague, trouvant que ces questions certes un peu anecdotiques n’étaient tout de même fondamentalement inintéressantes, on les a posées à la mairie. Qui n’a toutefois pas donné suite.

 

Reste identiquement sans réponse une autre question bien de saison. On sait que les épandages de sel sur la voie publique en cas d’enneigement ne sont pas du tout bons pour l’environnement, car ces tonnes de sel déversées agressent les sols et brûlent la végétation. D’ailleurs, dans ses conseils aux Parisiens portant sur les attitudes à adopter en cas d’enneigement, la mairie le précise noir sur blanc: «Vous pouvez saler le trottoir, sauf s’il est planté d’arbres afin de ne pas brûler ces végétaux». On sait aussi que, pour rémedier à ce problème, il suffit par exemple de remplacer le sel par de la saumure, beaucoup moins agressive. Nombre de villes à l’étranger ont déjà opté pour cette solution. La Ville de Paris, où les Verts font partie de la majorité, y a-t-elle songé? Si non, pourquoi? Si oui, pour quand? Là encore, pas de réponses. Si d’aventure on en reçoit prochainement, on ne manquera pas de vous tenir au courant.

 

brianjoubert.jpgEn attendant, le Parisien moyen aura l’occasion, le plaisir et le privilège, dès ce week-end à la patinoire de l’Hôtel de Ville, de se prendre pour Brian Joubert ou Surya Bonaly. Ce qui, ne serait-ce qu'esthétiquement, n’est tout de même pas rien. Hier déjà, on a vu des gamins fous de joie dévaler en surf les pelouses la butte Montmartre; cela avait l’air très drôle. Paris sous la neige, quand on n’est pas automobiliste en tout cas, c’est plutôt sympa. En plus, ce manteau floconneux adoucit spectaculairement les bruits, ce qui n’a pas de prix. Enfin, on ne le répétera jamais assez, Paris en blanc c’est vraiment ravissant – à constater par exemple ici.

 

 

 (*) Accès gratuit, mais la location des patins, elle, est payante (5€). Curieux. De la part d'une mairie d’habitude si à l’aise avec le secteur privé et si prompte à dénicher des sponsors pour un peu tout et n'importe quoi, on se serait attendu à ce qu’elle trouve les moyens de faire financer aussi cela.

10.12.2009

Une «capitale écolo»

Cocorico: «Paris, deuxième capitale écolo en Europe», a-t-on lu, vu et entendu un peu partout dans les médias, hier. On est un peu tombé des nues en découvrant cela. En tant qu’usager lambda de l’espace parisien qui, chaque fois qu’il passe place de la République à l’heure de sortie des bureaux, suffoque à cause de la pollution des bagnoles. Usager qui trouve que d’année en année, la propreté générale des rues ne s’améliore pas vraiment. Qui peste contre le niveau sonore souvent assourdissant régnant dans cette capitale. Qui, habitant un onzième arrondissement sympa certes, mais très densément construit, regrette d’y trouver si peu d’espaces verts. Mais, bon, ce constat d’un Paris si écolo émanant d’une étude européenne en provenance directe du sommet de Copenhague, on est sans doute prié de le croire. Cocorico, donc: parmi 30 villes de 30 pays européens analysées pour leur «durabilité environnementale», Paris figure dans le top 10 et devance des capitales rivales comme Londres, Madrid ou Rome.

 

Toutes catégories confondues, Paris se classe dixième de ce classement européen. Ses performances environnementales «sont particulièrement remarquables en matière d’émissions de dioxyde de carbone, de bâtiments, de qualité de l’eau et de politique environnementale. En revanche, Paris obtient des scores plus en retrait dans les domaines de l'énergie et du transport». Question énergie, la Ville lumière «affiche une faible proportion d’énergies renouvelables dans le réseau d’approvisionnement en énergie, et une consommation par habitant supérieure à la moyenne. Cela est dû en partie aux tarifs compétitifs de l’électricité, qui est 40 % moins chère qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, incitant à une consommation plus importante». Point de vue transports, «Paris arrive en dix-neuvième position, principalement en raison de son faible score en matière d’utilisation des moyens de transport autres que la voiture, malgré les 40% de personnes qui empruntent les transports en commun pour se rendre au travail». La principale raison de cette contre-performance? «Malgré l’existence d’un vaste réseau de pistes cyclables, seuls 2 % des personnes se déplacent à pied ou en vélo pour se rendre à leur travail, loin derrière la moyenne de 20,9 %». Mais l’étude a été conclue avant le succès foudroyant de Vélib’.

 

Globalement flatteuse pour Paris, cette enquête, cela dit, identifie bien un problème environnemental particulier qui s'y pose. Un problème qui est très perceptible par les habitants dans leur vie quotidienne. Et qui, à leurs yeux, occulte sans doute la performance écologique honorable de leur ville – à supposer que le Parisien moyen partage notre vécu des choses, ce qu’il serait présomptueux de présumer d'emblée. Ce problème, c’est la qualité de l’air. Pour ce critère, Paris ne se classe qu’à la treizième position. Car «ses niveaux de pollution de l’air restent supérieurs à certaines réglementations nationales et européennes». Car «les émissions de dioxyde d’azote sont élevées, ce qui classe la capitale à la vingtième place» seulement. Et car «les émissions quotidiennes moyennes de particules et de dioxyde de soufre atteignent également un niveau élevé».

 

C’est bien ce qu’on croyait avoir (res)senti.

25.11.2009

Une responsabilité

journéesansachat.jpgA l’approche des fêtes de Noël, et donc en pleine période de folie consumériste dans les grands magasins, c’est une initiative qui ne manque pas de sel. Samedi, en France comme dans d’autres pays, c’est… la «Journée mondiale sans achats». Pour montrer qu’il y a autre chose dans la vie que consommer.

 

On peut consommer moins, mais on peut aussi consommer mieux, à savoir de manière plus écologiquement responsable. Il y a peu, le gouvernement a donné son appui à la publication d’un guide qui aide le Français moyen à s’y retrouver dans la jungle des écolabels. Ce n’est pas inutile puisque, en attendant 2011, lorsque les produits de consommation courante feront l’objet d’un affichage environnemental, ces écolabels permettent d’avoir une vague idée de l’impact de notre consommation. Sans oublier que, comme le disait l’autre jour la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, «être un consommateur responsable, c’est prendre le temps de lire les étiquettes, de se poser les bonnes questions. C’est privilégier les produits locaux et de saison. C’est aussi préférer des produits labélisés». Fastidieux? «Je ne vis pas dans le pays de Candy, où tout est «beau et joli». Je connais parfaitement le rapport au temps de notre société. Moi aussi, je suis speed. Mais je peux vous assurer que l’on n’a pas besoin de bloquer un créneau horaire sur son agenda pour jeter un coup d’œil sur une étiquette».

 

L’Etat n’entend pas dicter les comportements, mais simplement «les éclairer». Donc, «le jean qui vient de 15.000 kilomètres pourra toujours être acheté, mais au moins le consommateur saura qu’il en existe d’autres, qui ont moins coûté à l’environnement». Dans cette logique, inciter les consommateurs à réorienter leur consommation est vu comme un moyen de faire pression sur les fabricants, afin qu’à leur tour ils commercialisent «de plus en plus de produits éco-conçus, moins nocifs pour la planète», au détriment des «produits poubelles, aux impacts désastreux».

 

A cet égard, les associations de consommateurs en France citent souvent, et de manière très pertinente, l’exemple du téléphone portable. La durée de vie moyenne de ces appareils est évaluée à 18 mois. C’est proprement ridicule, écologiquement incorrect, techniquement sans doute pas du tout justifié, mais économiquement très rentable pour les fabricants: cela oblige le consommateur à de nouveau passer à la caisse, de prétendues innovations technologiques étant mises en avant pour mieux leur faire accepter ces dépenses incessantes.

 

telephone_portable.jpgEn matière de téléphonie mobile également, il existe un écolabel (le TCO), qui assure le respect de critères relatifs notamment à l’efficacité énergétique ou à l'utilisation de métaux lourds. Reste à savoir que faire de ses anciens portables. Cela faisait un petit temps qu’on se posait la question. Et, en attendant, nos portables usagés s’amoncelaient. On a peut-être trouvé la réponse ce matin, au hasard d’une chronique sur la conso prise au vol sur une radio. On y parlait d’un système de recyclage solidaire pour téléphones, qui existe en France. Il permet au consommateur de gratuitement se débarrasser de ses vieux appareils tout en venant en aide à des associations caritatives. A première vue, cela avait l’air assez épatant.

09.11.2009

Un moyen de locomotion

Près de 2 millions de gens en galère aujourd'hui, en région parisienne: 1 million d’usagers du RER A et à peu près 800.000 du RER B. Ce lundi, en effet, le trafic est très fortement perturbé sur ces deux lignes, du fait d’un mouvement de grève affectant la RATP. Ce matin, à la radio, on annonçait un train sur dix seulement sur le RER A. C’est dire combien, sur les quais en ce moment, les gens doivent être en train de se bousculer et de pester.

 

Ces dernières semaines, d’ailleurs, les galères s’accumulent pour les usagers du RER. Il y a peu, c’était la circulation du RER B qui avait été considérablement ralentie par plusieurs incidents. A la mi-octobre, le sommet avait été atteint sur le RER D, lorsque 300 passagers étaient carrément restés coincés pendant quatre heures dans une rame, à cause d’un problème de frein. La colère des voyageurs était telle que la SNCF avait dû présenter ses excuses sur son site web.

 

Ce ne sont pas ces banlieusards en train de piétiner dans le froid sur les quais qui vont tirer profit de la dernière initiative en date prise par la mairie de Paris en termes de mobilité. En effet, elle ne leur est clairement pas destinée, vu la longueur des trajets qu’ils doivent chaque jour se coltiner. Et, de toute manière, elle est réservée aux habitants qui résident dans les vingt arrondissement. Cette initiative, cela dit, concerne un moyen de locomotion qu’on commence à voir de temps en temps, dans les rues de Paris: le vélo… à assistance électrique (VAE).

 

Ces vélos fonctionnent à l’aide de batteries amovibles, à recharger sur une prise domestique de 220V. La mairie vient de décider d’octroyer désormais une subvention aux particuliers qui les acquièrent. Elle subventionnait déjà, à hauteur de 400€, l’achat des cyclomoteurs électriques. A présent, cette offre s’étend aussi aux vélos électriquement assistés. «Avec 25% du prix d’achat TTC pris en charge par la mairie, l’économie peut atteindre les 400€», s’extasie l’Hôtel de Ville. Pour qui ces véhicules, «efficaces et économiques, silencieux et non polluants, sont particulièrement bien adaptés à la circulation en ville».

 

Si cette mesure pouvait, en effet, inciter quelques conducteurs de scooters (véhicules eux généralement si polluants et bruyants) à opter pour ce système de locomotion plus vert, ce ne serait déjà pas mal. Mais, en même temps, Paris est une ville au relief somme toute assez plat  – avec quelques exceptions notables: grimpez avec un vélo normal, et a fortiori avec un Vélib’, la butte Montmartre et vous comprendrez … Du coup, on n’est pas vraiment sûr que, dans la capitale, ces vélos électriques feront un tabac. Ni que cette prime à l’achat sera le succès politique de l’année.

 

En revanche, des transports publics où règne un climat de paix sociale et qui donc, 365 jours par an, sont efficaces et fiables seraient certainement les bienvenus. Mais c’est évidemment un peu plus compliqué.

22.10.2009

Un tri (pour rien)

Cela vaut bien la peine que les gens se décarcassent pour l’environnement, si les pouvoirs publics ne sont même pas capables de s’organiser entre eux pour assurer le suivi. Une belle illustration de gâchis cette semaine, dans le réseau du métro de Paris.

 

Depuis deux ans, dans les couloirs et sur les quais, à côté des poubelles pour les détritus organiques, quelque 1700 poubelles jaunes ont fait leur apparition, spécialement destinées aux matières recyclables comme le papier. Elles servent surtout à recueillir, après leur lecture, les nombreux journaux gratuits qui, le matin et le soir, sont distribués aux usagers à l’entrée des stations. Dès l’introduction dans les sous-sol de ce tri sélectif, similaire à celui pratiqué en surface, les voyageurs ont bien réagi. Résultat, ces poubelles jaunes sont souvent très remplies: elles recueillent chaque jour pas loin d’un million de journaux. Mais un million de quotidiens qui sont triés par les gens… pour des prunes.

 

Ces derniers jours, en effet, les médias parisiens ont découvert qu’en fait, in fine, la RATP remélangeait ce papier trié aux autres déchets, avant de se débarrasser du tout dans les bennes à ordures de la mairie. «C’est idiot!», s’est-on indigné l’Hôtel de Ville: «Quand nos bennes arrivent, elles emportent le conteneur entier, et tout le tri effectué par les voyageurs est annulé!» A la RATP, on invoque un problème de place. Les déchets du métro parisien représentent une telle quantité d’immondices (10.000 tonnes par an) qu’ils doivent être sortis tous les jours. Or, la mairie ne collecte que deux fois par semaine les déchets triés. La RATP assure qu’il lui serait impossible de garder tout ce papier plus longtemps, à moins de «construire des locaux spécifiques, très difficiles à réaliser dans nos stations». Dès lors, à cause de ce problème de place, n'est conservé et ensuite jeté à part que le contenu des seuls réceptacles jaunes surmontés d'un pictogramme «tri sélectif», que l’on trouve dans quelques stations de métro uniquement. Tout le reste du papier s’en va dans les bennes avec les ordures.

 

L’extension d’un tri réellement sélectif à l'ensemble du réseau de la RATP n’est pas prévu. Seules les stations de RER en banlieue, moins exiguës et où il est donc plus facile de stocker des containers, en bénéficieront, courant 2010. Pour les quelque 300 stations du métro de Paris, aucun engagement n’est pris. «Ce sera au cas par cas, selon les possibilités de stockage et de ramassage», a commenté, laconique, la RATP.

 

En attendant, donc, chaque jour quelques centaines de milliers de journaux sont triés pour rien par les Parisiens. Sûr que, lorsqu’ils l’apprendront, ils seront très motivés à continuer à avoir des comportements environnementaux citoyens. Encore bravo.

13.07.2009

Un recul

Pas de «Matrix» dans le métro de Paris. Sans tambour ni trompette, la RATP vient de s’incliner devant la mobilisation des activistes anti-pub, très offensifs dans le réseau de transport public parisien. Cela concerne une fois de plus les fameux panneaux publicitaires à cristaux liquides «NumériFlash», que la régie veut généraliser dans le métro (relire ici ou ). Outre qu’ils sont sonores et animés, ces panneaux disposent d’une armada de capteurs électroniques. Selon les associations, ces capteurs sont capables de «déterminer le sexe des passants, leur âge, la couleur de leur peau, le type de vêtements portés, et d'analyser l'expression faciale tout en précisant la zone de l'image» regardée par l'utilisateur du métro/le consommateur moyen/ sur le message publicitaire. Ce qui ferait de ces «NumériFlash» des «panneaux publicitaires espions». Et bien, finalement, ces capteurs ne seront pas activés.

 

L’autre jour, en effet, la RATP a annoncé tenir compte «des nombreuses questions posées par ces installations». Et renoncer à activer ce «dispositif de comptage». Ravi de l’abandon de cette «vidéosurveillance publicitaire», les anti-pubs, pour autant, ne démobilisent pas. «La partie n’est pas terminée!», assurent-ils. Avec ces panneaux, les activistes dénonçaient «une quintuple pollution: visuelle, énergétique, mentale, électromagnétique, des libertés publiques. Or, les caméras en moins, il en reste encore quatre!» En plus, au moment où, en France, les grands sommets sur l’environnement («Grenelle», etc.) se succèdent, les opposants aux «NumériFlash» relèvent que chacun de «ces panneaux, d’une puissance de  1000W et allumés en permanence, consomment autant d’électricité que 3 foyers de 4 personnes!». Alors que «chacun est incité à maîtriser sa consommation et à réduire son empreinte énergétique», voilà qui leur semble relever du «gaspillage» et d’une «pollution publicitaire scandaleuse».

 

Qu’en pense-t-on au ministère de l’Environnement?

06.07.2009

Une pollution

lemetro.jpgLes Parisiens qui, comme nous, utilisent principalement le métro pour se déplacer contribuent à la limitation de la pollution dans la capitale. Par rapport aux automobilistes, en tout cas, c’est sûr. En revanche, et ils ne le savent sans doute pas, le choix de ce type de transport n’est pas forcément excellent pour leur santé. Cela vient d’être confirmé. Ce sont les résultats des relevés qui, cet hiver, ont été effectués dans une station de métro pour extrapoler le niveau de pollution régnant dans le réseau de la RATP.

 

Pour ce test, c’est la station ‘Faidherbe-Chaligny’, pas loin de Bastille sur notre chère ligne 8, qui avait été sélectionnée. Parce qu’elle est «représentative des stations sans correspondance du réseau souterrain de la RATP». Des capteurs de pollution ont été placés à l’extérieur et à l’intérieur de cette station, sur les quais notamment. Les conclusions de ce test confirment ce que l’on craignait: un transfert de pollution s’effectue bel et bien entre le milieu urbain et le réseau du métro. Et, à Paris, ce degré de pollution résiduel n’est pas négligeable.

 

Cet air ambiant respiré par les usagers du métro, en effet, s’il est moins pollué que celui respiré par les automobilistes, est plus chargé en particules fines que celui régnant dans les rues de la ville en général. C’est dû à l’intrusion de la pollution urbaine extérieure (véhicules, chauffage et industrie) dans le réseau souterrain; cette intrusion se fait par les bouches d’aération, qui donnent sur la voie publique, situées dans les stations. Cette pollution est due aussi à l’effet mécanique produit par les frottements qu’exercent sur les rails les trains lorsqu'ils freinent. De plus, le passage incessant de ceux-ci dans les stations «entraîne une remise en suspension de ces particules. La circulation des masses d'air entraîne ensuite des échanges de polluants entre l'intérieur et l'extérieur des stations». Résultat des courses: à l’intérieur de la station ‘Faidherbe-Chaligny’, les mesures de particules dites PM10 sont carrément «1,5 fois supérieures à celles relevées sur le boulevard périphérique, au niveau de la Porte d'Auteuil». Concrètement, cela signifie donc que, en ce qui concerne ce type spécifique de pollution, prendre paisbiblement son petit métro chaque matin pour aller bosser expose le Parisien moyen à un air d’aussi mauvaise qualité que celui régnant à proximité des pires embouteillages de la capitale.

 

danslemetro1.jpgA l’attention des usagers du métro que cette révélation inquiéterait, Airparif, l’organe qui surveille la qualité de l'air en région parisienne, la nuance doublement. Un: en ce qui concerne les microparticules, «si l’on considère le temps moyen de dépacement sur le réseau RATP» de l’habitant lambda de la région parisienne, «la valeur guide n’a pas été dépassée». Traduction en langage profane: dans le métro, on inhale des particules en masse; cet air de piètre qualité ne doit pas être excellent pour la santé mais (à moins d'être un SDF passant ses journées sur un quai?), on n’est pas exposé à un degré de pollution tel que cela en devient fondamentalement grave ou dangereux. Deux: voyager en métro, «comparé à la voiture, c'est toujours mieux. Même si certains polluants sont d'un niveau équivalent, on a moins de dioxyde d'azote et on n'a pas d'ozone» dans le réseau de la RATP.

 

Il n’empêche, les résultats des relevés effectués à ‘Faidherbe-Chaligny’ ont paru suffisamment sérieux pour qu’Airparif décide de conduire, d'ici la fin de l'année, une nouvelle campagne. Cette fois, les mesures seront effectuées dans une station de métro plus complexe (avec de multiples lignes, par exemple) comme ‘Auber’ ou ‘Châtelet’. C’est peu dire qu’il ne faut pas trop s’attendre à ce que les résultats soient mirobolants.

03.07.2009

Une expérience

Puisque c’est vendredi, faisons dans la légèreté aujourd’hui. Au sens propre: parlons des créatures les plus légères et fragiles qu’on peut croiser (de moins en moins souvent, hélas) à Paris. Ce qui, au passage, permettra de poursuivre notre exploration de la faune parisienne. Après avoir évoqué dans ce blog les abeilles (début de la semaine dernière), les rats (ici ou ), les pigeons et rapaces ( ici), ou les moustiques (ici ou ), parlons des papillons, qui sont à l’honneur en ce moment dans la capitale.

 

En effet, une expérience qui leur est consacrée vient d’être lancée. Elle a été baptisée du joli nom de «Papitrame». Elle consiste à demander aux Parisiens d’ouvrir l’œil. Et, en l’occurrence, de renseigner (via internet) les scientifiques sur le comportement qu’ils auront observé de quelques centaines de papillons que les chercheurs sont en train de lâcher en région parisienne, après les avoir marqués (de manière indolore pour eux) de signes permettant de les reconnaître. Les scientifiques, mis au courant des itinéraires de déplacement de ces papillons, des endroits où ils s’établissent en milieu citadin ou des fleurs qu’ils butinent, pourront en déduire des enseignements précieux sur le mode de vie de ces insectes et sur l’état de l’environnement et de la biodiversité dans la capitale et sa région. Les données issues d'expériences scientifiques de ce type seront ensuite prises en considération dans l’élaboration des normes de construction ou de pollution, dans le développement des espaces verts, etc.

 

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Muséum national d'histoire naturelle, l’agence régionale pour la biodiversité (Natureparif) et l’ONG «Noeconservation» (de la Fondation Nicolas Hulot) pilotent cette opération. Elle est tout sauf légère, dans la mesure où les papillons sont une espèce en danger. Les menacent à la fois la raréfaction des habitats naturels (zones humides, prairies sèches,…), l’intensification des activités humaines, le recours intensif aux pesticides ou le changement climatique. Ainsi, entre 2006 et 2008, le nombre moyen d’espèces observées dans les jardins de la moitié nord de la France a fortement diminué. Or, «face à l’érosion de la biodiversité, il est important de disposer d’indicateurs permettant d’évaluer cette perte». Et «les papillons constituent de bons indicateurs. Pour plusieurs raisons: pollinisateurs, proies pour les oiseaux (en particulier à l’état de chenilles), les batraciens ou les chauves-souris, les 5 200 espèces de papillons (de jour ou de nuit) de France jouent un rôle important dans l’équilibre naturel et le fonctionnement des écosystèmes».

 

Même s’ils sont peu familiers des piérides blanches, tircis, paons de jour ou autres vulcains (les 4 espèces de papillons les plus courantes dans la capitale), les Parisiens sont donc invités à veiller sur ces créatures et à les observer. En ces temps où, vu la splendeur de la ville à cette saison, l’on passerait bien ses journées et soirées dans les parcs et jardins, peut-on trouver passe-temps plus agréable et délassant?

23.06.2009

Une digression

mayalabeille.jpgC’était complètement en décalage par rapport à l’actualité brûlante du moment, mais on a trouvé ce télescopage délicieusement léger et rafraîchissant. C’était hier après-midi, au moment précis où le Président Sarkozy était en train de discourir sur l’Etat de la nation, de l’Europe et de la planète devant le Congrès solennellement réuni pour lui sous les ors de Versailles. En plein milieu de ce discours, l’auguste château communiquait une nouvelle bucolique et donc charmante aux médias. Bientôt, les Parisiens pourront se pourlécher les babines avec… du miel en provenance directe du célèbre château.

 

Avec à l’esprit l’image de Maya l’Abeille qui se superposait sur celle du visage du chef de l’Etat, on n’a pas résisté au plaisir de se pencher un peu et illico sur cette digression informative si délicieuse. Tout en continuant bien sûr à suivre d’une oreille et à surveiller d'un oeil l’exposé présidentiel ô combien plus austère sur les ravages de «l’assistanat» et de «l’égalitarisme» en France, les nécessités d’y lancer bientôt un grand emprunt d’Etat pour financer les «priorités stratégiques nationales», ou l’obligation de réformer le système des retraites à l’horizon 2010.

 

Il apparaît donc que, début juillet, pas moins de 100 kilos de miel seront tirés des six ruches qui, l’automne dernier, ont été installées au cœur des jardins de Versailles, au lieu-dit le «Hameau de la Reine», dans le cadre d’«Abeille, sentinelle de l’environnement»: un «programme national de sensibilisation et d’information sur la sauvegarde de la biodiversité végétale à travers la protection des abeilles». Ce programme a été lancé par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), selon qui «les analyses effectuées sur les pollens ramenés par les abeilles versaillaises constitueront un excellent baromètre de la variété de plantes butinées et de leur état phytosanitaire». Les Parisiens, indécrottablement urbains, l’ignorent sans doute, mais «les abeilles, non contentes de nous offrir du miel, sont indispensables à la pollinisation, donc à la reproduction de 80% des végétaux, soit environ 200 000 espèces différentes. Or, elles connaissent aujourd’hui un taux de mortalité anormalement élevé de 30% par an».

 

Le miel, décidément, est très tendance en ce moment dans les lieux les plus prestigieux de Paris. Ainsi, on trouve des ruches sur le toit de l’Opéra Garnier. Et, avant Versailles, c’est  le Grand Palais qui, il y a quelques semaines, avait annoncé pour juillet la première récolte du "Miel du Grand Palais", issu des ruches qui sont pareillement installées sur le toit de l’édifice. Ici également, l’opération n’a pas été lancée seulement pour «le plaisir du miel», mais surtout «pour contribuer à la défense de la biodiversité et à la connaissance de la vie des abeilles en ville». D’ailleurs, selon l’apiculteur ayant installé ces ruches au sommet du Grand Palais, «les abeilles vivent mieux en ville qu’à la campagne, à cause de la biodiversité. Il y a des milliers de petites fleurs en ville, même de la lavande, alors que la campagne est polluée par les pesticides. La pollution de la ville n’est rien comparée à celle occasionnée par les pesticides».

 

C’est assurément la bonne nouvelle de la semaine pour les quelque 2 millions de Parisiens qui, à longueur d’années, toussent à cause de leur pauvres petits poumons pollués par les particules fines et la circulation automobile.