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17/04/2015

Une violence ordinaire

Puisqu'on parlait hier des transports publics parisiens, ne pas achever la semaine sans évoquer ce chiffre effarant qui a été rendu public hier. Un pourcentage. 100%. 100% des utilisatrices des transports en commun en région parisienne y ont déjà été victimes au moins une fois de harcèlement sexiste ou d'agression sexuelle.

Ce chiffre émane d'un rapport que le Haut Conseil à l’Egalité a remis au gouvernement, hier. Il réclame «un plan national d’action, pour dire stop sur toute la ligne» aux violences contre les femmes perpétrées dans les transports. Il donne même des tas d'idées concrètes de mesures qui pourraient être mises en place ou au moins expérimentées, afin de réduire ce fléau. Ainsi, des campagnes d'affichage dans le métro ou sur les bus, rappelant qu'une main baladeuse, ce n'est pas de la drague. Mais une agression, passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 75000 euros d’amende et cinq ans de prison. Ou donner la possibilité aux victimes et aux témoins d'alerter en temps réel (par SMS, par exemple), en cas d'agression. Ou faire figurer un numéro d'appel d'urgence sur les tickets et abonnements de transports. Ou, comme cela se fait au Canada, permettre que, tard le soir et la nuit, les bus pratiquent le régime de l'«Entre deux arrêts»: offrent aux femmes la possibilité de descendre entre deux arrêts, pour se rapprocher de leur destination. Ou, bien sûr, veiller à ce que les panneaux d'affichage publicitaire, dans les réseaux de transports, ne diffusent pas de campagnes donnant une image dégradante des femmes.

Hier, le gouvernement a réservé un accueil de principe très favorable à ce rapport, et a pris soin de se montrer volontaire, en la matière.

En tant qu'usager quasi-quotidien des transports publics à Paris, on est curieux de voir si on va effectivement passer des mots aux actes. Et agir enfin contre cette violence ordinaire, si arriérée – à supposer qu'existent des formes de violence évoluées... –, si répandue, et qui fait tant de dégâts à tant de monde: deux utilisateurs des transports publics sur trois sont des femmes.

08/04/2015

Un geste «exceptionnel» et «provisoire»

Paris, Social, Economie, Etrangers, Immigration, Femmes, GouvernementCela ne concerne qu'une poignée de travailleurs, mais évoquons cette nouvelle, puisqu'ils sont à l'origine d'un conflit social d'une durée qu'on n'avait plus vue depuis longtemps à Paris. Et puisque leur sort a révélé des pratiques qu'on croyait d'un autre âge – ou, du moins, cantonnées à des pays qui ne revendiquent pas d'être la cinquième puissance économique mondiale.

Ils, ou plutôt elles. Car il s'agit de femmes. Les employées d'un salon de coiffure "afro" du Bd de Strasbourg, pas loin de la gare de l'Est, dans le 10ème arrondissement. La préfecture de police de Paris et le ministère de l'Intérieur ont décidé, à titre «exceptionnel», de leur octroyer des autorisations de travail provisoires (d'une durée de trois mois).

Depuis l'été 2014 (relire , notamment), une quinzaine de ces femmes occupent leur salon de coiffure, pour dénoncer l'exploitation dont elles ont longtemps été victimes. Elles y travaillaient tout en n'étant pas déclarées par leur employeur. Etaient payées "à la tâche", ce qui est illégal. Gagnaient un salaire de misère (400 euros par mois, environ), pour des semaines de travail de 7 jours sur 7, et des journées de 9 heures à 23 heures. Ces cadences de dingues et ce statut professionnel ultra-précaire ne facilitaient bien sûr pas les démarches en vue de leur régularisation – s'agissant d'étrangères sans-papiers. Après avoir très temporairement obtenu de leur employeur la reconnaissance de leur statut de salariées, elles ont vu leur salon mis en liquidation. La justice est désormais saisie de l'affaire. Plainte a été déposée pour, excusez du peu, traite d'êtres humains, faillite frauduleuse, escroquerie, conditions de travail indignes et abus de vulnérabilité. L'an dernier, le ministre de l’Intérieur lui-même, Bernard Cazeneuve, avait dit l'«indignation» que lui suscitait cette «affaire épouvantable» de «femmes exploitées dans des conditions indignes, par des véritables réseaux de la traite des êtres humains».

Son ministère n'en vient pas moins de préciser que le geste en leur faveur ne constituait nullement une régularisation. Les personnes concernées «devront ensuite trouver un emploi déclaré, pour poursuivre la procédure» en vue de l'obtention d'un titre de séjour. Le syndicat qui défend ces travailleuses – et voit dans leur sort l'illustration d'un «système mafieux» – a décidé () de poursuivre l’occupation du salon. Au moins jusqu'à ce que les récépissés ad hoc aient bel et bien été adressés aux intéressées.

06/03/2015

Une visibilité toujours aussi faible

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCe vendredi matin, à quelque jours du 8 mars, trois femmes, membres du gouvernement Valls, ont pris leur petit-déjeuner ensemble. Aux côtés de ces ministres de la Culture, des Affaires sociales et des Droits des femmes, un panel de professionnels de l’audiovisuel, de parlementaires, et de dirigeants du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

A l'ordre du jour des discussions, l'éternel sujet de «la place des femmes dans les médias». Il n'a sans doute pas fallu beaucoup de cafés et de croissants pour que ces convives fassent un même constat accablé: la situation, dont on parle pourtant depuis des années, tarde décidément à s'améliorer.

Pour preuve, la dernière analyse en date du contenu de 1200 heures de programmes (hors publicités et bandes annonces) diffusés par seize chaînes hertziennes. Elle a quantifié à 36% seulement la place que les femmes y ont occupée, par rapport aux hommes. C'est encore moins que l'année précédente (37%). Or, s'il faut le rappeler, dans la population française, les femmes sont toujours largement majoritaires (52%), par rapport aux hommes.

Du coup, dernièrement, le CSA a adopté une délibération qui renforce les obligations des médias, notamment en termes de visibilité des femmes à l'antenne. «On ne peut pas vivre en 2015 dans une démocratie où la moitié de la population est considérée comme subalterne» par les médias, a justifié la journaliste Françoise Laborde, ex-membre du «gendarme de l'audiovisuel».

Femmes, Audiovisuel, Télévision, Radio, PresseCela dit, une opportunité va rapidement se présenter aux gouvernants, qui leur donnerait l'occasion d'au moins faire symboliquement progresser le dossier. La présidence de France Télévisions doit bientôt être renouvelée. Qui sait, nommer une femme à la tête du groupe audiovisuel public pourrait contribuer à sortir tout ce petit monde de l'entre-soi masculin?

 

PS: La presse écrite et la radio, cela dit, ne sont pas fondées à faire la leçon à la télévision, sur la question. 20% des intervenants qui apparaissent sur le petit écran en tant qu'experts (=interrogés pour leurs compétences) sont des femmes – contre 80% d'hommes. A la radio et dans les journaux, ce taux féminin chute à 17% et 15%, respectivement.

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

26/02/2015

Un goût douteux

Femmes, InstitutionsC'est le magazine féminin "Causette" qui a repéré la faute de goût, sur la boutique en ligne de l'Assemblée nationale – mais oui, cela existe: on y vend notamment des besaces ou des trousses de toilette affublées d'une cocarde tricolore, des boutons de manchette à emblèmes, des badges ou des briquets clamant fièrement «Pour», «Contre», «Oui» ou «Non», des porte-clés en plexi à l'effigie de Marianne, etc.

Dans cette boutique, donc, dernièrement, est apparu un nouvel article. Un tablier de cuisine. Vendu 24€. Illustré par la photo d'une femme l'arborant. Et baptisé «tablier Olympe de Gouges». En référence à la grande révolutionnaire française (1748-1793), rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, et qui mourut sur l'échafaud.

Voilà donc une Assemblée législative encore majoritairement composée d'hommes, qui, via sa boutique, de manière subliminale, renvoyait les femmes aux fourneaux. Tout en se référant à celle qui fut une icône du féminisme avant l'heure. Et ce, alors qu'approche la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars.

L'affaire a évidemment fait grincer des dents, sur les réseaux sociaux notamment. Du coup, peu après le buzz lancé par "Causette", le fameux tablier de cuisine a été retiré de la boutique. Désormais, quand on fait un copier-coller de l'adresse qui conduisait à cet article, s'affiche le message «Erreur. Désolé, mais le produit que vous avez demandé n'a pas été trouvé».

Un autre message d'«erreur», s'excusant pour cette initiative commerciale si discutable, n'aurait sans doute pas été de trop.

Encore bravo.

19/12/2014

Un oubli malencontreux

Puisqu'on évoquait hier Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie n'a pas trop fait le fier, cette semaine au Parlement. Lors de son audition consacrée à son fameux projet de loi libéralisant le travail de nuit et du dimanche. Il a dû convenir, assez penaud, d'avoir commis «une erreur».

En effet, l'étude d'impact accompagnant sa loi – pourtant volumineuse: elle compte plusieurs centaines de pages – est muette sur un point. On n'y trouve pas le moindre mot relatif à l'impact de cette loi sur les femmes. Or, bien plus que les hommes, elles sont les premières concernées par ce travail dominical que le gouvernement entend développer. «Rien, c'est carrément le néant!», s'est énervée la députée PS présidant la Délégation aux droits des femmes: la commission qui a pour mission d’informer, et au besoin d'alerter, le Parlement sur l'impact de la politique gouvernementale sur les droits des femmes et l’égalité hommes-femmes. «J'en suis surprise, voire fâchée!», a-t-elle lancé sans ménagement au ministre.

Cette omission est d'autant plus incompréhensible qu'en France – mais cela doit être le cas aussi dans d'autres pays –, 56% des salariés travaillant le dimanche sont des femmes. Dans les zones urbaines sensibles, une jeune femme sur cinq travaille le septième jour. Et le secteur économique du commerce, premier concerné par la Loi Macron, emploie du personnel qui est très majoritairement féminin.

Le ministre a dit ses regrets et présenté ses excuses pour cet oubli malencontreux. Il a promis de le corriger dans les plus brefs délais.

Cela paraît la moindre des choses.

17/12/2014

Une lutte renforcée

Près d'un Français sur deux utilisant les transports publics (47%) s'y sent en insécurité, souvent ou parfois. Ce blog avait évoqué le chiffre, dernièrement (relire ). Le gouvernement y a réagi, hier. A la faveur d'une réunion au sommet du Comité national de la sécurité dans les transports en commun.

La secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes participait à cette instance, et pour cause: les femmes (49%) se sentent moins à l'aise dans les transports publics que les hommes (44%). Dès lors, un groupe de travail spécifiquement consacré aux violences faites aux femmes et aux comportements sexistes dans les transports a été créé. Il devra «élaborer des propositions concrètes pour prévenir et lutter contre ces violences», et s'assurer d'«une large sensibilisation du public» à ce fléau.

Concernant cette fois l'ensemble des usagers des transports, femmes ou hommes, le gouvernement a pris note des évolutions positives en matière de délinquance, sur ce terrain: la baisse des atteintes aux personnes à des fins non crapuleuses ou des atteintes aux biens non violentes, par exemple. En revanche, il a bien dû acter la hausse des violences crapuleuses (+16%). Décision a dès lors été prise de «renforcer la lutte contre les infractions, incivilités et fraudes commises à bord des trains».

Concrètement, la réglementation va être assouplie afin de donner davantage de possibilités aux agents de sécurité d’opérer en civil. Le nombre d’infractions successives qui caractérise le délit dit de «fraude d’habitude» sera abaissé de dix à cinq. La coordination entre la police, la gendarmerie et les transporteurs sera renforcée. Et un «droit de communication» sera ouvert au bénéfice de ces opérateurs, qui facilitera l'échange d'informations entre eux et donc l’identification des fraudeurs et des fauteurs de troubles.

Rendez-vous l'an prochain, pour évaluer l'efficacité éventuelle à la fois de ces mesures sur le terrain et de leur impact sur le ressenti qu'ont les usagers de la sécurité régnant, ou non, dans les transports publics.

12/12/2014

Une réapparition

Femmes, Hommes, Art de vivreUne nouvelle très légère, une fois n'est pas coutume et pour bien terminer la semaine. Miss France 2015 ayant à peine été élue, le week-end dernier, voilà à présent le grand retour de Mister France.

Cette compétition était en sommeil depuis 2011. La voilà donc qui renaît. L'objectif est d'élire «un homme responsable, avec des projets, des idées qu'il va pouvoir faire partager. Il va pouvoir exprimer sa vision de l'avenir et être le représentant d'une génération ambitieuse, énergique et volontaire». Avis aux lecteurs de ce blog qui seraient tentés: le casting est ouvert (). Conditions pour candidater: être célibataire, de nationalité française, âgé de 18 à 35 ans et mesurer plus d'1m78. Sont également requis le sens de l'humour, le goût de l'expression en public, le fait d'avoir «une passion, des projets, un talent» ainsi que «du charme». Et, bien sûr, il convient d'être «irrésistible».

Il y a quelques semaines, un sondage () avait décrit l'homme idéal, tel que les Françaises l'imaginent. L'attention à l'autre (caractéristique plébiscitée par 46% des sondées), le sens de l'humour (28%) ainsi que la capacité d'écoute (27%) avaient été cités très largement avant les qualités liées au physique. Les termes «viril» et «sexy», par exemple, n'avaient remporté que 3% des suffrages. «Finies la virilité et l'ère du macho bling-bling, place à l'homme sensible et attentionné!», en avait déduit la Sofres. «La personnalité prime très largement le physique», s'était extasié l'institut de sondage.

Mais bien sûr. Comme si le concours Miss France venait de couronner une femme au physique complètement anecdotique, mais à la personnalité absolument éblouissante. Et comme si les votants pour ce titre de Mister France réapparaissant allaient élire un candidat à la plastique très moyenne, mais aux neurones prodigieux.

27/11/2014

Un progrès, mais très incomplet

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasNeuf femmes. L'Assemblée nationale qui, il y a quarante ans jour pour jour, examina la loi Veil sur la dépénalisation de l'IVG comptait en tout et pour tout, dans ses rangs, neuf femmes. Siégeant aux côtés de 481 hommes – l'Assemblée n'avait à l'époque que 490 sièges (contre 577, aujourd'hui). Simone Veil elle-même estima, un jour, que cette si criante inégalité homme-femme qui caractérisait alors la représentation nationale n'avait pas peu contribué au caractère extrêmement tendu – et agressif à son égard – des débats parlementaires à propos de cette loi. «Ils voulaient se payer une femme...», confia-t-elle jadis, lors d'une interview télé.

Plusieurs médias, hier, ont rediffusé ce passage de son interview. Tout comme, en boucle et pendant toute la journée, ils ont insisté sur ces seules neuf députées qui, à l'époque, siégeaient dans cette Assemblée si mâle – et si âgée et blanche, ajoutera-t-on.

Si ces mêmes médias avaient voulu être parfaitement complets, s'ils s'étaient montrés soucieux de ne pas risquer de donner l'impression qu'il s'agit d'une ère sexiste désormais complètement révolue, ils auraient pu signaler, au passage, quelle est la part de femmes que compte, aujourd'hui, le Parlement.

A l'Assemblée, elles sont 155. Pour 422 hommes. Au Sénat, elles sont 87. Pour 261 hommes.

Femmes, Institutions, Parlement, Histoire, Personnalités, MédiasDes progrès ont donc été accomplis, en la matière.

Ce qui n'empêche pas que, quarante ans après le vote de la loi Veil, la représentation parlementaire française reste très majoritairement mâle – et âgée, et blanche, ajoutera-t-on. Puisque, en gros, elle est à 75% masculine.

Mais dans quarante autres années, qui sait, ce sera la parité.

26/11/2014

Une croisade qui n'en finit pas

Quarante ans plus tard, la France se remémore l'âpre combat qu'elle a dû mener pour l'avortement. La loi Veil, qui dépénalisa l'IVG, n'a été votée qu'au début de l'année 1975, mais c'était dans ces jours de la fin novembre 1974 que le Parlement avait débuté le débat houleux relatif à ce texte de loi. Cet après-midi, l'Assemblée votera une résolution solennelle, qui réaffirmera «le droit fondamental» à l'IVG et la nécessité de continuer à veiller à son accès effectif, pour toutes les femmes.

Un accès contre lequel, quarante ans plus tard, certains continuent de militer. Au sein d'une mouvance anti-IVG qui est sortie galvanisée de la grande croisade des anti-«mariage pour tous», en 2013 – les activistes «pro-vie» (anti-IVG, en clair) ayant d'ailleurs toujours constitué un des piliers constitutifs majeurs de «La Manif pour tous».

A Paris, la justice a eu à statuer sur un des hérauts de cette cause anti-IVG, dernièrement. Le Dr Xavier Dor, octogénaire, pédiatre à la retraite, et dirigeant d'une association de défense des «tout-petits». L'homme a un lourd casier judiciaire, lui qui a déjà été condamné une dizaine de fois pour des actions anti-IVG. Cette fois, il était rejugé en appel pour avoir fait intrusion à deux reprises, en juin 2012, dans des locaux parisiens du Planning familial. Il y avait abordé une femme qui attendait de consulter en vue d'une IVG, et lui avait donné une médaille de la Vierge Marie ainsi qu'une paire de chaussons pour bébés. Xavier Dor a une nouvelle fois été condamné en appel, comme il l'avait déjà été en première instance. Condamné à 10.000€ d'amende, pour délit d'entrave à l'IVG.

L'an dernier, ce délit a été durci, et son champ étendu (voir par exemple ). A l'origine, il ne s'appliquait qu'aux actes «commis en vue d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption volontaire de grossesse», au sein des établissements médicaux. Désormais, il punit également l'entrave au libre accès à l'information sur cet acte médical, ainsi que les tentatives de blocage des centres qui le pratiquent.

25/11/2014

Un fléau qui tarde à être réduit

Femmes, Sécurité, Police, Gouvernement, ParisPas moins de quatre ministres en visite dans notre onzième arrondissement parisien, ce matin. En ce mardi qui, en France comme ailleurs, est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, sa collègue de la Santé, Marisol Touraine, ainsi que leurs homologues en charge de l'Intérieur et des Droits des femmes sont allés rendre visite au commissariat central de police du onzième. Ils y ont évoqué le problème posé par les simples «mains courantes» qui y sont souvent déposées après des violences faites aux femmes, en lieu et place de plaintes en bonne et due forme. Puis ils ont échangé avec des associations et des intervenants spécialisés, qui accompagnent les victimes.

Des femmes qui, année après année, un plan gouvernemental après l'autre (voir ), voient leur nombre rester globalement stationnaire, malgré parfois quelques signes encourageants (relire ici). Cela reste vrai en France en 2014, comme cela avait déjà été le cas en 2013, en 2012 et auparavant: une femme y décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Et l'on estime qu'elles sont près de 216 000, âgées de 18 à 75 ans, à être soumises à la violence physique et/ou sexuelle de leur ancien ou actuel partenaire. Selon les données officielles, seules 16% de ces victimes portent plainte.

Cela mérite bien une visite ministérielle au commissariat, sous l'oeil des caméras. En attendant d'éventuels résultats.

18/11/2014

Un vieux réflexe, si primaire

Les hommes, décidément, ne changent pas. Les mâles, veut-on dire. On a pu le remarquer une nouvelle fois dans les commentaires médiatiques consacrés à la séance agitée qu'a vécue le Conseil de Paris, hier midi. Si par extraordinaire cela vous avait échappé, le fameux projet de Tour Triangle, que ce blog a déjà beaucoup évoqué, a été rejeté, par 83 voix contre 78. Mais la maire, Anne Hidalgo, a introduit un recours contre ce vote. Car, alors que le scrutin avait été déclaré secret, les opposants à la tour (dont la sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet), protestant contre cette procédure opaque, ont exhibé leurs bulletins de vote devant les caméras. Du coup, aux yeux d'Anne Hidalgo, le scrutin est entaché d'irrégularité et son résultat doit être annulé.

Beaucoup d'agitation sur le sujet dans les médias pendant toute l'après-midi hier, et pendant toute la soirée, et ce matin encore. Avec, tel un réflexe pavlovien, à nouveau ces mêmes ricanements à connotation sexiste, dans la bouche de commentateurs masculins.

Ces railleries à propos de «ce duel de femmes impitoyable» Morizet vs Hidalgo. Un «crêpage de chignons» mâlement analysé avec des sourires en coin, sur le mode «Ca chauffe, décidément», quand la politique est faite par des femmes. On a même eu droit, dans ces doctes éditoriaux, à un «C'est une Espagnole!». Lancé par un commentateur goguenard faisant référence aux origines ibères de la maire, donc bien dans la lignée des clichés les plus éculés sur les Espagnols par nature au sang chaud.

Tout au long de la campagne pour les élections municipales, déjà (relire ), la lutte de ces deux femmes pour le fauteuil de maire avait eu droit à une abondance de commentaires et de réflexions machistes.

Rien ne change, somme toute.

13/11/2014

Une sanction confirmée

Ce sont les «Immortels» qui vont grimacer. Il y a peu (relire ici), dans un avis comiquement énervé, les honorables membres de l'Académie française avaient fait la leçon à la classe politique, sur la question de la féminisation des noms de fonction. Cette «mise au point» avait fait suite à la sanction infligée à un député UMP. Un soir de débats, à l'Assemblée nationale (relire ), invoquant les règles du bon français, il avait persisté à refuser de donner du «Mme la présidente» à sa collègue qui présidait la séance. Hier, en dépit du soutien implicite que lui a accordé l'Académie, et malgré une pétition signée par plus d'une centaine de députés sarkozystes, la sanction frappant ce parlementaire a été confirmée.

La décision a été prise par la plus haute instance collégiale de l'Assemblée. Elle réunit, outre le président, tous les vice-présidents, questeurs et secrétaires de cette chambre. Par 11 voix contre 6, elle a validé, en dernier recours, l'amputation, pendant un mois, du quart de l'indemnité parlementaire de l'intéressé. Soit une perte sèche de 1.378 euros, ce qui n'est tout de même pas rien pour un écart de langage.

Qui sait ce député s'en consolera-t-il en constatant que la polémique qu'il a suscitée n'a pas peu contribué à renforcer sa notoriété, le sortant du quasi anonymat dans lequel il était, en dehors de sa propre circonscription électorale, avant cet incident. Sans doute cet accès à la célébrité (linguistique, en tout cas) n'a-t-il pas de prix.

05/11/2014

Une inversion de tendance

Paris, Société, Femmes, FamillePrès de quarante ans que l'on n'avait pas vu cela, à Paris. Pour la première fois depuis 1975, la natalité est en baisse, dans la capitale française.

Selon les derniers chiffres publiés cette semaine (relatifs à l'année 2012), 28.945 bébés voient le jour chaque année, dans la "Ville lumière". C'est 1,2% de moins que l'année précédente. Et c'est à comparer avec les quelque 32.000 naissances qui ont été enregistrées à Paris dix ans plus tôt: en 2002.

De fortes disparités de natalité existent entre arrondissements parisiens. Ainsi, dans le si chic sixième arrondissement, la natalité progresse de plus de 10%. En revanche, dans le très bobo deuxième ou dans le bourgeois huitième, elle dégringole de 17% et de 10% respectivement. La mise en regard de ces tendances avec la sociologie des quartiers concernés, cela dit, n'est pas vraiment éclairante: aussi bien des arrondissements très aisés que des arrondissement moins bourgeois, voire populaires, enregistrent des hausses ou des baisses de natalité, selon les cas.

Dès lors, pour expliquer ce phénomène inédit depuis si longtemps, les démographes en sont réduits à le relier plutôt à des facteurs parisiens très globaux. Par exemple, la crise structurelle des modes de garde d'enfants, dans la capitale (manque chronique de places de crèches, etc.). Ou le coût du logement, qui a atteint des niveaux prohibitifs. Ou encore l'insécurisation du parcours professionnel des femmes, due à la crise économique, et qui les pousse à reporter les projets de maternité.

La région parisienne dans son ensemble affiche tout de même encore un taux de natalité qui est supérieur à la moyenne nationale. C'est très largement dû à la banlieue, et grâce à la part de sa population qui est issue de l'immigration.

17/10/2014

Une «mise au point», si prévisible

Langue française, Institutions, FemmesTremblez, mortels: les «Immortels» s'en mêlent. Cette semaine, «fidèle à la mission que lui assignent ses statuts depuis 1635», l'Académie française a donc pris position () dans le fameux contentieux lexical sur la question de savoir s'il est correct, ou non, de dire «Mme la présidente» (relire ici). Et cela n'a rien d'étonnant, s'agissant d'une institution ultra-conservatrice, elle s'est rangée dans le camp des opposants.

Sur la forme, «aucun texte ne donne au gouvernement le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français», s'énervent les «Immortels». «La langue n'est pas un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques». De son usage, «seule l’Académie française a été instituée la gardienne». Autrement dit, rompez: vils manants.

Sur le fond, «l'usage générique du masculin est une règle simple, à laquelle il ne doit pas être dérogé». Et cela doit valoir aussi bien pour les décrets, les instructions, les arrêtés et avis de concours, que pour les fonctions officielles et leur dénomination, ou les désignations honorifiques exprimant une distinction de rang. Car, «pour que la continuité des fonctions à laquelle renvoient ces appellations soit assurée par-delà la singularité des personnes, il ne faut pas que la terminologie signale l’individu qui occupe ces fonctions». Passe encore que «l’usage féminise aisément les (noms de) métiers». Mais, pour les noms de fonctions officielles et les titres correspondants, «les particularités de la personne ne doivent pas empiéter sur le caractère abstrait de la fonction dont elle est investie, mais au contraire s’effacer derrière lui». Sinon? Féminiser systématiquement, c'est risquer de «nombreuses incohérences linguistiques». «Brusquer et forcer l’usage», cela «revient à porter atteinte au génie même de la langue française et à ouvrir une période d’incertitude linguistique».

Langue française, Institutions, FemmesBigre. On n'avait pas compris que c'était aussi grave. On suppose que, devant un tel argument d'autorité, et s'il est question en plus, carrément, d'un génie qui est menacé, il n'y a plus qu'à s'incliner.

Non sans rappeler au passage, tout de même, que l'institution adressant cette «mise au point» compte, parmi ses quarante honorables membres (voir ), en tout et pour tout six femmes seulement.

09/10/2014

Un train de sénateur

Institutions, FemmesPuisque la thématique des femmes au Parlement semble intéresser, en ce moment – voir la grosse polémique qu'évoquait la note d'hier –, cette info que les médias français ont peu traitée, dernièrement. Le Sénat vient de faire un (petit) pas vers le caractère égalitaire hommes-femmes de sa composition.

En effet, les dernières élections sénatoriales, il y a dix jours, ont fait progresser, un peu (3%), le nombre de femmes siégeant dans cette assemblée. La France compte désormais 87 sénatrices, dix de plus qu'avant le scrutin. A comparer aux 261 sénateurs, ce qui donne un taux de 25% de femmes dans cette institution.

A ce train-là, avec une progression de 3% à chaque élection sénatoriale, donc tous les trois ans, la Haute assemblée devrait atteindre la parité... dans un quart de siècle environ: à l'horizon 2040.

C'est merveilleux.

08/10/2014

Une double curiosité

Beaucoup d'agitation dans les médias pendant toute la journée d'hier. A propos de ce député UMP qui s'est vu imposer une pénalité financière pour avoir, lundi soir à l'Assemblée, refusé de donner du «Mme la présidente» à sa collègue socialiste qui présidait la séance (lire et voir ici, si par extraordinaire cela vous avait échappé). Au début de l'année, déjà, ce même élu, donc désormais récidiviste, s'était illustré sur le même thème (relire ). Ce matin encore, soit deux jours après cet incident de séance, l'UMP en particulier et la «France de droite» en général («Le Figaro», etc.) continuent de s'agiter. Ils voient dans le règlement parlementaire ayant fondé la sanction de cet élu l'illustration de la «police de la pensée» et de «la novlangue» d'une gauche qu'ils accusent plus que jamais d'être «politiquement correcte» et «bien pensante».

Sans consacrer plus de temps qu'il n'en mérite à cet individu, remarquons juste une double curiosité, piquante, dans son attitude et celle de son camp.

Curieux, d'abord, pour une famille politique qui à longueur de journées rappelle la nécessité du respect de la règle et de l'autorité, de subitement s'indigner qu'un de ses élus soit sanctionné pour, précisément, avoir récidivé dans l'infraction aux règles s'imposant à lui ainsi qu'à toute la communauté des députés. A savoir, le règlement de l'Assemblée.

Curieux, ensuite, pour une famille politique qui prône en boucle la rupture et la réforme, qui fustige en permanence les conservatismes et le refus de l'adaptation à la modernité, de subitement défendre son député en brandissant les règles si poussiéreuses de l'Académie française. A savoir, l'institution qui, vu le rythme où elle fait évoluer la langue, incarne le sommet d'un certain conservatisme à la française – jusqu'à la caricature, même.

Encore bravo pour la cohérence.

18/09/2014

Une analogie misérable

Journalisme, Médias, Presse, Corse, Sports, Football, Femmes, HistoirePuisqu'on évoquait le cas de journalistes ces deux derniers jours, poursuivons dans la même veine. Non pour évoquer la grande conférence de presse semestrielle de François Hollande, à partir de 17 heures ce jeudi à l'Elysée – sujet qu'il nous pardonnera de trouver un peu tarte à la crème –, mais pour relater le traitement qui a été infligé à une consœur. Cela s'est passé il y a plusieurs jours déjà, en Corse. Mais la nouvelle a mis un petit temps avant de faire du bruit en métropole, et elle continue à agiter les milieux journalistiques, dans l'île.

Samedi soir à Bastia, au stade de Furiani où avait lieu un match entre le Sporting Club local et l'équipe de Lens, plusieurs banderoles ont été déployées. L'une d'elle arborait le nom d'une consœur journaliste du quotidien «Corse Matin», suivi de ces mots: «En 45, on t'aurait tondu» (sic). Auparavant, l'intéressée avait couvert, pour son journal, le procès de quelques supporters de Bastia qui, dernièrement, ont été condamnés pour les incidents survenus en marge d'un match Bastia-OM, en août. La consœur a donc relaté cette actualité judiciaire. Samedi, cela lui a valu d'être rangée dans la catégorie des «journalistes complices d'Etat». Et d'être assimilée aux collabos de la dernière guerre, et plus particulièrement à ces Françaises tondues à la Libération pour avoir couché avec l'occupant allemand.

«On a tout à fait le droit de critiquer un article de presse, de l'estimer injuste et infondé et d'expliquer pourquoi, mais pas le droit d'écrire ce qui a été vu au stade samedi», s'est indigné le maire de Bastia, jugeant la banderole «lamentable». Le patron de la communauté urbaine d'agglomération s'est dit «scandalisé» et «écœuré». Le club lui-même s'est effaré de l'«inacceptable» analogie avec les collabos. Et la Ligue corse de foot a condamné «une banderole infamante, faisant référence à une période noire de notre histoire».

Journalisme, Médias, Presse, Corse, Sports, Football, Femmes, HistoireComble de la bassesse, le groupe de supporters «Bastia 1905», réagissant sur sa page Facebook, y a présenté «ses excuses pour la banderole qui fait actuellement polémique. En effet, il faut un "e" pour respecter l’accord»: il aurait fallu qu'y soit écrit «tondue», et non «tondu».

Misérable.

12/09/2014

Un univers toujours aussi masculin

Femmes, Médias, Télévision, Radio, JournalismeCela n'a décidément pas progressé, en un an. Comme chaque année, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait analyser () quelle était la place occupée par les femmes dans les programmes d'information des chaînes de télé et de radio, en France. Et le bilan n'est pas plus mirobolant que celui qui avait été dressé l'an dernier, déjà très mitigé (relire ici).

Au global, de l'étude des programmes informatifs des télés et radios généralistes (TF1, France Télévisions, Canal+, RTL, Europe 1, etc.) et des chaînes d’info continue (BFM TV, iTélé, LCI), il ressort que «la présence des femmes reste marginale». Ainsi, pour les télés généralistes, si «le taux moyen des femmes intervenant à l’antenne dans les journaux de 20 heures et d’avant soirée a dépassé, en 2014, le seuil des 20%, alors qu'il était de 18,9% en 2013», «la place des femmes intervenant dans les sujets, qu’elles soient témoins ou expertes, en plateau ou en reportage, reste marginale».

De même, si la médiatisation des personnalités féminines a un peu progressé (20,2%, contre 17,8%), les femmes «restent tout aussi peu visibles à l’antenne Elles sont quatre fois moins présentes que les hommes, et les trois quart de ces personnalités féminines sont des politiques». En outre, «à l’inverse des hommes, elles sont totalement absentes de certains domaines comme la religion, la santé ou la société». En revanche, pour ce qui est de la répartition des sujets traités par les journalistes selon qu'ils soient masculins ou féminins, est à nouveau confirmée la vieille règle selon laquelle «les femmes restent toujours un peu plus présentes sur les sujets de société, de santé et d’éducation, moins sur les sujets concernant le sport ou les sciences et la technique» – eux traités en majorité par des journalistes hommes.

Plus que jamais, donc, les médias audiovisuels restent un univers avant tout masculin. C'est d'autant plus singulier que, dans le même temps, la profession journalistique, elle, année après année, ne cesse de se féminiser – et c'est valable aussi ailleurs qu'en France.

Ainsi, «la population des femmes journalistes est en constante augmentation depuis 2000, et a progressé dans tous les secteurs d’activité (presse, télévision, production audiovisuelle)». Parmi les détenteurs de la carte de presse en France, on compte désormais 46% de femmes et 54% d’hommes: On approche donc, tout doucement, de la parité.

Femmes, Médias, Télévision, Radio, JournalismeEn revanche, on est encore très loin de l'égalité pour ce qui concerne la répartition hommes-femmes des postes à responsabilités, dans les médias: les fonctions de direction y sont occupées à 62% par des journalistes hommes, contre 37% seulement par des femmes.

Et on ne parierait pas que le rapport 2015 du CSA sera franchement meilleur.

07/07/2014

Un sujet de discorde? Pas vraiment

Sports, Télévision, Art de vivre, Femmes, HommesLes Bleus de retour à la maison, la France ayant été battue par l'Allemagne. Un malheur n'arrivant jamais seul, les Français ne peuvent même pas se consoler de leur élimination en se disant qu'au moins, la diminution de la frénésie footeuse à la télé, qu'elle va entraîner, ramènera la paix dans les ménages. La fin, donc, du plan: Monsieur rivé devant sa télé et surtout à ne pas déranger, Madame se morfondant en rêvant de regarder un autre programme. Et bien non. Car, s'il faut en croire un sondage (mais oui, on fait même des sondages là dessus...), cette compétition n'a pas spécialement tendu les relations de couple, dans l'Hexagone.

Ainsi, avant l'entame de ce tournoi, seules 8% des femmes françaises en couple disaient le redouter, et 73% des couples estimaient que cette compétition n'allait changer en rien leur quotidien. Ce serait surtout les célibataires, en fait, qui s'imagineraient que cet événement sportif et télévisuel perturbe la vie des ménages. Encore mieux: 64% des hommes en couple assurent préférer passer une soirée en amoureux plutôt qu'être scotché seul devant la télé, à regarder du foot.

On est, toutefois, un peu sceptique sur ce dernier chiffre. Au vu de l'hystérie, très majoritairement masculine, dont on a été témoin à Paris, ces dernières semaines – pas grand-chose ne semblait être en mesure de détourner les mâles du petit écran.