13.02.2012
Une rage
Ca ne faisait pas Athènes – nulle trace, ici, de bris de vitres, de mise à sac, et/ou d'incendie. Mais c'était assez saisissant. La mine, ce week-end, de cette banque du boulevard Beaumarchais, dans notre onzième arrondissement. Sur sa devanture, avait été barbouillé un «VOLEUR» énorme: éclatant de rage, en lettres capitales et peinture fluo criarde.
Ladite banque fait partie des trois établissements français qui, il y a peu, ont été dégradés par les agences internationales de notation, pour êtres mouillés dans les dettes souveraines de pays européens frisant la faillite. Et, lors de la grande crise bancaire mondiale, cette banque, comme d'autres, avait abondamment bénéficié du plan gouvernemental de soutien au secteur.
A l'époque, déjà, à Paris comme en banlieue, on avait vu nombre d'agences bancaires –de cette enseigne et d'autres – maculées de slogans rageurs du même acabit.
Rien ne changerait, donc.
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08.02.2012
Un anniversaire si douloureux
Sinistre souvenir ce mercredi, dans notre onzième arrondissement de Paris. Le drame qu'on y commémore aujourd'hui s'est passé il y a cinquante ans exactement: le 8 février 1962. Il s'est déroulé à la station de métro «Charonne», pas loin de Bastille, où figure d'ailleurs une plaque rendant hommage aux victimes.
C'était le 8 février 1962. Dans le onzième, boulevards Voltaire et Beaumarchais notamment, avaient défilé des milliers de manifestants, pour dénoncer les sept attentats meurtriers qui venaient d'être perpétrés dans la capitale par l'OAS: l'Organisation de l'armée secrète, opposée à l'indépendance de l'Algérie. La police, sous les ordres du préfet Maurice Papon, prit d'assaut la station «Charonne», où s'étaient regroupés des manifestants. La charge policière fut d'une violence inouïe. Huit morts sur place. Un neuvième décédé à l'hôpital quelques jours plus tard. La semaine qui suivit, un million de Parisiens accompagnèrent leurs cercueils jusqu'au cimetière du Père Lachaise.
Quelques mois auparavant, déjà, le 17 octobre 1961 (relire ici), le même préfet Papon avait lancé ses sbires sur des manifestants réclamant l'indépendance de l'Algérie. Ce soir-là, des dizaines voire des centaines parmi eux avaient péri: matraqués à mort, ou noyés après avoir été jetés dans la Seine. Si l'ex-préfet Papon a été, en 1998, déclaré coupable de complicité de crimes contre l'humanité et condamné à dix ans de prison, jamais ses massacres parisiens de 1961 et 1962 n'ont officiellement été reconnus comme étant des crimes d'Etat.
Et, que l'on sache, aucune personnalité politique de premier plan n'est attendue ce midi au métro «Charonne», pour rendre hommage aux manifestants qui y ont été massacrés, il a cinquante ans.
11:37 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : histoire, paris
03.02.2012
Un vrai scandale
Locataire «alcoolique», qui «n'est pas de nationalité française», ou est «ancien SDF addiction boisson». Habitant «séropositif», «cancer», «personne cardiaque», «sous chimiothérapie», ou «alzeimer aveugle». «Fils cancer Mme malade des poumons», ou «violence conjugale». «Personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier», «dépression hôpital psychiatrique», «maladie de parkinson», ou «cancer des intestins opération du cerveau».
Telles sont quelques-unes parmi les innombrables mentions concernant la vie privée des habitants des HLM de la ville de Paris, qui figurent dans le système informatique de l'organisme gérant ces logements sociaux: «Paris Habitat». L'existence de ce gigantesque fichage a été révélée hier par la Commission de l'informatique et des libertés (CNIL): l'organisme qui veille à la compatibilité entre les fichiers électroniques et le respect de la vie privée. Toutes ces informations avaient été collectées par les gardiens d'immeubles de ces HLM, puis illégalement rassemblées et stockées dans les fichiers informatiques de «Paris Habitat». Des associations de locataires, indignées, ont saisi la CNIL. Hier, dans une démarche exceptionnelle (ici), vu la gravité des faits, cet organisme a publiquement mis l'Office des HLM en demeure de détruire ce fichier dans les deux mois, sous peine de poursuites judiciaires.
Dans les médias hier, les dirigeants de cette société ont paru à peine gênés. On a même entendu des propos du genre, en substance: les gardiens d'immeubles ayant commis ce flicage ne pensaient pas à mal, c'était pour mieux connaître et donc mieux venir en aide à ces locataires, etc.
Un tel scandale, dans n'importe quelle autre grande capitale internationale, entraînerait probablement le limogeage sur le champ du patron de l'Office des HLM, et des excuses publiques du maire en personne. A Paris: rien. Aux dernières nouvelles, la hiérarchie de «Paris Habitat» est toujours en place. Et Bertrand Delanoë, pourtant habituellement si prompt à communiquer, ne s'est même pas exprimé sur le sujet.
Encore bravo.
12:13 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, logement, social, vie privée, santé, pauvreté, informatique
02.02.2012
Une indignité, ou l'autre
0 degré à peine, ce matin, à Paris. Et vers les -10°, cette nuit. ¨La nuit dernière pourtant, comme les précédentes et comme les suivantes, en plein coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la «Ville lumière», des gens ont passé la nuit dans un mobil-home, une caravane ou une voiture. On les entendait ce matin, sur une radio. Ils (et elles) avaient dormi sur l'immense parking qui fait face au Château de Vincennes. Au micro, certains avouaient n'avoir cessé de grelotter. D'autres, en revanche, ne s'apitoyaient pas sur leur sort. Disaient que «non, non, ça va: pas de problème!» Plaisantaient, même. A entendre leur bonne humeur matinale, malgré une nuit pareille, on hésitait entre l'effarement et l'admiration.
En France, entre 70.000 et 120.000 personnes habitent sous tente ou en mobil-home: résident au camping à l'année, leurs moyens ne leur donnant pas accès au marché de l'immobilier. Théoriquement, c'est interdit par la loi. Pratiquement, c'est toléré. Parmi ces campeurs malgré eux, pas mal de vieux ne touchant que de petites retraites, et pas mal d'étudiants. A la mi-novembre, l'Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi (ici) visant à «mieux encadrer» le secteur des «habitats légers de loisirs» et de «l'hébergement de plein air». Le député (UMP) à son origine invoquait notamment la nécessité d'«éviter les bidonvilles» et de «responsabiliser» les maires sur la question du logement. De facto, avec pareil texte devenu loi, ces dizaines milliers de campeurs à l'année devraient déménager. Direction la rue, donc. Les associations, du coup, s'étaient mobilisées. Avec succès: il y a quelques jours, ledit député a promis de modifier son texte quand il reviendrait à l'Assemblée. Cette centaine de milliers de campeurs malgré eux n'iront donc pas grossir les rangs de la centaine de milliers de SDF qu'on dénombre déjà (au minimum) en France.
Ce matin, en entendant nos campeurs de Vincennes témoigner à la radio, on s'interrogeait. Sous prétexte qu'a été évitée une indignité (les jeter à la rue), est-on prié, ou non, d'en accepter une autre (être obligé de dormir dans sa voiture, en plein Paris)?
12:44 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, pauvreté, social, logement, misère
01.02.2012
Un irrespect grandissant
Cinq ans ce mercredi, jour pour jour, que la France a étendu l'interdiction de fumer notamment à tous les lieux de convivialité (bars, restos, boîtes, etc.). Cinq ans plus tard et d'année en année, cette loi paraît de moins en moins bien appliquée. A en croire un sondage, 32% des Français ont subi la fumée d'autrui dans de tels établissements. Un pourcentage qui grimpe à 60% pour le tabagisme passif enduré aux terrasses de cafés ou de restaurants.
Ce contournement de la loi, on en est témoin chaque jour quasiment, dans notre onzième arrondissement. Il est particulièrement flagrant, pour ne prendre que ce seul exemple, à l'heure des courses: tiercé, quarté et autres quinté plus. Dans les bars-PMU de quartiers populaires, a fortiori s'ils sont équipés d'écrans géants, au moment où les chevaux prennent le départ, la tabagie y est souvent à la hauteur de l'excitation des parieurs: à son comble.
Théoriquement, fumer en terrasse est autorisé uniquement lorsque celle-ci est complètement ouverte. Quand donc elle n'est pas recouverte en tout ou en partie par ces auvents de bâches en plastique transparent que l'on installe si souvent à Paris, dès que la belle saison est finie. Dans la plupart des cas, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements, vous trouverez des fumeurs dans de tels espaces, même si ceux-ci sont entièrement clos.
Au passage, à propos des terrasses à Paris, une constatation qu'on a faite, cet hiver.
On y trouve toujours autant de braseros – a fortiori par ces temps de grand froids. Or, l'an dernier, la mairie avait parlé de progressivement interdire ces installations. Les parasols chauffants, en effet, s'ils assurent un confort aussi douillet qu'appréciable aux clients en terrasse, sont extrêmements énergivores, et donc peu écologiques. En outre, ils polluent énormément. Et dégageraient un air qui ne serait pas excellent pour la santé.
Un an plus tard, donc, exactement comme on en avait fait le pari à l'époque (relire ici), on n'a pas progressé d'un iota en la matière, à Paris.
12:06 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabac, santé, environnement, art de vivre, paris
20.01.2012
Une flambée
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Dans la «Ville lumière», l’ère de l’euro aura donc été «particulièrement favorable aux propriétaires», en termes de plus-values en cas de revente de leurs biens, se réjouit l'agence immobilière en ligne Efficity. C’est une façon de voir les choses. Une autre est de prendre le point de vue des candidats-acquéreurs. Vu sous cet angle, «depuis 2000, l'écart entre l'augmentation des prix des logements et celle des revenus des ménages ne cesse de se creuser (+ 86% contre + 25% sur la période 2000-2009). La solvabilité des ménages français s'est donc nettement dégradée. Une famille qui se serait endettée sur 14 ans en 2000 aurait dû s'endetter sur 31 ans en 2008».
Avec des prix désormais situés entre, en gros, 6000 et 12000 euros le mètre carré, selon l’arrondissement, faut-il encore se demander pourquoi, en dix ans, Paris est devenue une ville de bobos? Du reste, selon la même étude, cette flambée de l’immobilier n’a pas concerné que la capitale. Ainsi, depuis 2000, «les prix ont progressé de 136% à Lille, 118% à Toulouse et 111% à Marseille».
Les sondages, de longue date (voir par exemple ici), indiquent que 65% des Français jugent difficile de trouver un logement. Cette proportion passe à 71% chez les 18-29 ans. 64% des primo-accédants ont rencontré des difficultés pour trouver un logement correspondant à leurs attentes. Ils sont presque aussi nombreux (57%) à avoir peiné à trouver un financement correspondant à leurs besoins, pour acquérir ce logement.
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14:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, logement, economie, social, gouvernement
18.01.2012
Une vi(ll)e barricadée?
C'est le chiffre qui a marqué, hier, et a fait parler de lui: +17%. Soit l'augmentation du nombre de cambriolages, l'année dernière en France. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant – qui, décidément, a toujours un petit mot sympa envers les étrangers... – , a donné notamment cette explication: «Nous devons nous adapter à des phénomènes nouveaux, par exemple les cambriolages qui sont conduits par des bandes venant des pays d’Europe centrale et orientale».
Paris n'échappe pas à la tendance générale du pays. L'an dernier, très exactement 12.595 cambriolages y ont été déclarés aux autorités. Cela fait quand même plus d’un millier de vols par effraction chaque mois, près de 35 chaque jour. D'après les statistiques plus détaillées, notre cher onzième arrondissement figure dans le peloton de tête des quartiers parisiens les plus visités par les Arsène Lupin. Bien avant des arrondissements pourtant infiniment plus cossus, comme le seizième ou le septième.
A dire vrai, on n'a pas été trop étonné par ces chiffres, hier. Rien que parmi nos voisins les plus proches, trois ont été victimes d'un cambriolage, l'an dernier. L'un d'eux, habitant un duplex, a même eu la mauvaise surprise, un matin en descendant de sa chambre à coucher, de constater que tout le rez de son appart' avait été dévalisé pendant la nuit, alors qu'à l'étage, il dormait à poings fermés...
Depuis, dans le quartier, et probablement au-delà, dans Paris tout entier, la profession qui se frotte les mains, en ce moment, ce sont les installateurs de systèmes d'alarme.
Vivre barricadé. Dans une ville que l'on trouve déjà truffée de digicodes. On ne s'est pas encore fait à l'idée.
12:05 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, police, etrangers, gouvernement
17.01.2012
Un bilan assez éclairant
18. C'est, depuis la mi-avril, le nombre de femmes qui, à Paris et dans sa proche banlieue, ont été verbalisées par les policiers pour infraction à la fameuse loi qui, depuis le printemps, interdit le port du voile intégral musulman (niqab, etc.) sur la voie publique. «Au total, il a été procédé à 28 contrôles» dans cette région, lit-on dans le dernier point qu'a fait la préfecture de police sur la question: «douze contrôles à Paris, dont six verbalisations, cinq dans les Hauts-de-Seine et autant de verbalisations, onze contrôles en Seine-Saint-Denis dont sept verbalisations, aucun contrôle ni verbalisation dans le Val-de-Marne».
18 femmes verbalisées, donc. En 10 mois d'application de la loi.
Cela relativise assez bien, trouve-t-on, les cris d'orfraie qu'avaient poussés certains ministres et parlementaires sarkozystes l'an dernier, selon lesquels le port du niqab était en train de prendre des proportions affolantes en France, et y menaçait l'ordre public.
Dommage, cela dit, que la préfecture n'informe pas davantage sur les circonstances ayant donné lieu, à Paris, à ces six verbalisations. Cela permettrait de vérifier si, parmi ces femmes verbalisées, ont figuré, ou pas, ces très riches et respectables touristes intégralement voilées venues des Emirats ou autres, qui sont les hôtes de marque réguliers des palaces multi-étoilés de la capitale ainsi que des maroquineries, joailleries et boutiques de haute couture de l'avenue Montaigne ou de la place Vendôme.
Juste pour savoir si le rétablissement de l'autorité républicaine dans les «zones de non-droit» – ainsi que les plus hautes autorités de l'Etat ont jadis désigné les banlieues difficiles – a concerné également, et équitablement, les quartiers les plus chics du pays.
11:50 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, police, sécurité, paris, etrangers, luxe, tourisme, banlieues, gouvernement
13.01.2012
Une double palme
S'il y avait une palme hebdomadaire de la déclaration à l'emporte-pièce, le député-maire UMP de Nice (et ex-ministre) Christian Estrosi la remporterait haut la main, cette semaine. L'autre jour, sur une radio, ce sarkozyste de choc n'a rien trouvé de mieux que de s'emporter de la sorte, revenant sur un certain dimanche soir de mai 2007: «C'est indigne de reprocher au Président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées, ce soir-là!»
Populaire, donc, le «Fouquet's». Vu l'énormité de cette assertion, nombre de médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à se pencher sur la carte de cet établissement. Cela donne «28€ le saumon fumé de Norvège en entrée», «54€ le ris de veau braisé», ou «des menus à 80€». A l'UMP, semble-t-il, on n'a pas la même notion que dans le reste du pays de ce qui est, ou pas, accessible au peuple.
La socialiste Martine Aubry, elle aussi, a cru bon d'évoquer la brasserie parisienne préférée des sarkozystes, cette semaine. En vilipendant les «maux» d'un «quinquennat Fouquet's».
Il nous semblait que, depuis une certaine affaire Strauss-Kahn (la Porsche place des Vosges, la suite la plus chère du Sofitel, les pâtes aux truffes dans un resto chic de Manhattan, etc.), le PS n'était définitivement plus le mieux placé pour faire la leçon à la droite, question train de vie. Depuis le cas DSK, le parti à la rose a compris l'image désastreuse qu'un tel affichage de luxe a pu donner, dans l'électorat «populaire» par exemple? Les barons de ce parti la jouent modeste, à présent? Et bien pas tous, semble-t-il; on en a eu confirmation (ici) cette semaine.
Aux prochains scrutins, l'électorat «populaire» va adorer cela: la «droite-Rolex» contre la «gauche-Porsche».
Encore bravo.
12:28 Publié dans Dans le viseur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, luxe, art de vivre, gastronomie, paris, aubry, lang, sarkozy
12.01.2012
Un «effet papillon»
C'est un exemple de la théorie selon laquelle «le monde est un village», désormais global. Une illustration de ce qui est appelé aussi l'«effet papillon»: «un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York».
Cela se passe à Paris. Sur un sujet qui n'est pas d'un intérêt planétaire, mais qui, en un de ses aspects, renvoie à des logiques mondiales dépassant complètement le Parisien.
Cela concerne l'annonce faite en début de semaine par la mairie. Qui a déclaré la guerre... aux mégots de cigarettes. Chaque année, dans les rues ici, les services de nettoyage en ramassent... 315 tonnes. Une consoeur du «Figaro» a eu l'amabilité de faire le calcul: «Sachant qu'une cigarette pèse à peu près 90 grammes, cela représente plus de 350 millions de clopes» consommées chaque année dans Paris, leurs résidus étant ensuite jetés sur la voie publique. A terme, quiconque sera surpris en train de balancer un mégot dans le caniveau sera passible d'une amende de 35 euros.
Pourquoi pas. A ceci près que Paris diffère sur un point au moins d'autres capitales internationales qui, comme Singapour ou Tokyo, font la chasse aux fumeurs-pollueurs.
Dans la «Ville lumière», les cendriers publics sont rares. La mairie en est bien consciente, qui vient d'annoncer que, dans les mois à venir, leur nombre passera de 2.000 à 20.000.
On les trouvera sous la forme d'«éteignoirs». Il s'agit de ces petites plaquettes métalliques perforées qui sont apposées sur les cerclages supérieurs des poubelles, qui permettent de bien écraser sa cigarette, puis de s'en débarrasser dans ladite poubelle sans lui mettre le feu.
Très bien. Mais, la pollution des rues de Paris par les mégots ne datant pas d'hier, pourquoi donc les poubelles de rues ne sont-elles pas, depuis belle lurette, déjà équipées de tels «éteignoirs»? C'est ici que l'on retrouve notre «effet papillon».
Les «éteignoirs» qui figuraient jusqu'à présent sur ces poubelles n'y ont pas subsisté longtemps: en majorité, ils ont été rapidement dérobés. Pourquoi? Parce que le métal les constituant, l'inox, a vu son cours flamber sur les marchés mondiaux. Du coup, ces plaquettes métalliques a priori si anodines, et toujours très crasseuses, sont très prisées par les malandrins, qui les dérobent, les stockent, puis les revendent en masse à des grossistes profitant de la flambée des cours mondiaux de l'inox.
La mairie de Paris prévoit donc que la prochaine génération d'«éteignoirs» ne sera plus en inox. Mais dans «un matériau composite» qui aura un double avantage. D'une part, il résistera aux températures très élevées des bouts de cigarette incandescents. D'autre part, il n'aura pas la moindre valeur marchande. Ce qui permettra d'«éviter le pillage en règle» de ces écraseurs de clopes.
Rien n'est jamais simple, décidément, dans la gestion de la cité.
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11.01.2012
Un «faible engouement»
Le début des soldes, ce mercredi. Ce matin à la radio, on entendait un «micro-trottoir» qui donnait la parole à des Parisiens ayant fait le pied de grue dès 6h30 devant les grands magasins du quartier Hausmann. Encore dans un demi-sommeil guère dynamique, on hésitait entre l'admiration envers l'énergie matinale de tous ces lève-tôt, ou l'agacement devant cette tradition consumériste qui, jusqu'au 14 février, va transformer les boutiques de Paris en champs de bataille hystérisés.
Un peu moins hystérisés que d'habitude, cela dit, peut-être.
Selon une étude de l'Observatoire des soldes – oui, ça existe –, ces soldes-ci suscitent un «faible engouement» dans le grand public. L'intérêt pour cette tradition commerciale ne serait plus en augmentation, mais en «stagnation» par rapport à cet été, voire en «décrochage» par rapport aux soldes de janvier. Pourtant, les soldes d'hiver sont «traditionnellement plus prisés que ceux de l'été». Certes, 61% des Français ont bien l’intention de sacrifier à ce rituel, «mais c’est moins que l’année dernière à la même saison (-6 points)». Et «cette baisse se constate chez toutes les catégories de Français quel que soit le sexe, l’âge et le niveau de revenu, avec une chute spectaculaire chez les jeunes (-14 points)». Dès lors, comme cela avait déjà été le cas pour les soldes «très décevants» de l'hiver 2011, «2012 pourrait suivre la même tendance».
Même si chaque Français qui fera les soldes ces prochaines semaines y consacrera un budget moyen de 221€, ce qui n'est tout de même pas rien.
11:38 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, economie, art de vivre
10.01.2012
Une année d'énormes travaux (encore)
Il va falloir supporter encore plus le bruit des bétonneuses et des marteaux-piqueurs, à Paris cette année – comme s'il n'y avait pas déjà assez de vacarme dans cette ville...
C'est ce qu'on s'est dit hier soir, en passant place de la République. Où, soit dit en passant, cela va aussi bouchonner, klaxonner, s'énerver et polluer encore un peu plus qu'avant, cette année.
Hier lundi, en effet, ont débuté les travaux de réaménagement de la grande place de l'Est parisien. L'idée est de la transformer en vaste et belle «esplanade piétonne arborée». «De nouveaux arbres, un bassin, un miroir d'eau», et une circulation automobile complètement chamboulée, qui ne fera plus le tour de la place, comme depuis toujours, mais sera reléguée sur un de ses flancs. Pourquoi pas. On verra. C'est au printemps 2013 qu'on jugera cela.
Le vacarme des travaux toujours, et pour encore un sacré bout de temps, au centre-ville cette fois: aux Halles.
L'immense chantier de rénovation et de réaménagement du complexe commercial et de ses alentours n'en est qu'à ses débuts: il ne sera pas achevé avant 2016. La mairie nous promet monts et merveilles. «Un nouveau jardin convivial ; un quartier piéton étendu et des voiries souterraines restructurées; un nouvel édifice inspiré de la nature, La Canopée, qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous; des cheminements simplifiés et plus confortables; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle; un Forum plus lumineux et moderne; des accès au Forum réorganisés… Avec un cœur de la métropole à l’image d’une capitale accueillante, vivante et dynamique, voilà le Paris de demain qui prend forme».
Mais, dans le quartier, il y a aussi des gens (là) pour qui ce projet pharaonique (802 millions de budget) est «absurde», «hideux», «exorbitant» et «interminable»: un vrai «scand'halles», en somme. Du coup, la bagarre se fait aussi devant les tribunaux. Et, s'il fallait donner le score de cet interminable match urbanistico-juridique, on dirait que c'est égalité 1 partout.
Côté pile, le tribunal administratif a rejeté le recours qu'avait introduit le comité de quartier contre le protocole financier, juteux, passé entre la ville de Paris et le consortium privé pilotant le projet: une filiale des groupes Axa et Unibail-Rodamco.
Mais, côté face, la mairie vient de voir annulé en justice l'avenant qu'elle avait conclu avec l'architecte de la Canopée: ce toit de verre géant – péniblement verdâtre, trouve-t-on, mais les goûts et les couleurs... – qui, à 14 mètres de haut, surplombera les futures Halles.
Les juges ont estimé que cet avenant augmentait de façon exagérément importante le montant du contrat initial. Le jugement «n'a nullement pour effet de remettre en cause l'opération des Halles, ni de suspendre ou retarder le chantier de la rénovation, qui se poursuit dans le calendrier prévu», a précisé illico (ici) la mairie.
A Paris, c'est sûr, on n'a pas fini d'en parler, de ce chantier.
12:19 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, patrimoine, environnement, justice, transports
05.01.2012
Une frénésie, ou pas
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, notre boîte mail, à «La Libre», se retrouve complètement embouteillée, voire parfois paralysée, par les milliers de gigaoctets que pèsent les innombrables dossiers de presse rutilants que les services de com' des grands magasins parisiens se sentent obligés de nous adresser, chaque fois que les soldes approchent. Le même embouteillage électronique, dû à la même cause, avait été de mise, comme les années précédentes, au mois de décembre. Comme si on passait nos journées de travail à écrire des articles recommandant aux lecteurs d'aller acheter tel ou tel cadeau de Noël ou de profiter de telle ou telle promo au «Printemps», aux «Galeries Lafayette» ou au «BHV» ...
Cela dit, l'habituelle frénésie, voire hystérie, sera-t-elle de mise dès le lancement de ces soldes, dans les grands magasins de Paris?
A en croire un sondage (ici), près d'un Français sur deux compte diminuer son budget soldes, cet hiver. De manière plus générale, d'ailleurs, à en croire une autre étude (là), dans les mois à venir ce sont deux tiers des Français qui réduiront leurs dépenses et celles de leur famille. Mais, d'un autre côté, affluence aux caisses et dans les rayons il pourrait bien y avoir, due à un autre facteur: sept Français sur dix ont reporté certains de leurs achats, dernièrement, dans l'objectif précisément de profiter des bonnes affaires présumées de janvier.
Pendant la période des fêtes de Noël, déjà, 28% des Français avaient fait savoir (ici) qu'ils comptaient revoir à la baisse leurs dépenses pour l'occasion. Et ce malgré le fait qu'ils s'étaient serré la ceinture les moins précédents, dans l'espoir, justement, de pouvoir de ne pas trop regarder à la dépense lors de leurs achats de Noël.
Des achats qui néanmoins, malgré la crise, continuent à mobiliser un budget important. A l'occasion des fêtes de Noël, chaque foyer français a dépensé en moyenne un montant évalué (là) à 606€. C'est un budget en hausse de 1,9% par rapport à l'an dernier.
Et on trouve ce montant assez énorme. Pour mémoire, 606€ c'est, en gros, la moitié d'un salaire minimum.
12:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, art de vivre, paris
04.01.2012
Une communication déconcertante
Rien ne change, d'une année à l'autre. Une fois de plus, en ce début d'année, on a été (un peu) déconcerté par la manière dont les autorités ont communiqué, depuis dimanche, à propos du bilan sécuritaire du réveillon du Nouvel An. Déconcerté doublement.
Déconcerté, d'abord, par les cocoricos du ministère de l'Intérieur, dus au fait que deux fois moins d'interpellations, et globalement de dégradations, ont été déplorées par rapport à l'an dernier. Certes. Mais, ce sur quoi le gouvernement se garde bien d'insister, c'est sur le fait que, pour en arriver là, il a fallu, pour la deuxième année consécutive, déployer des moyens policiers considérables: 60.000 hommes, dont 10.000 rien qu'à Paris et dans sa région. C'est une réelle inflation, en termes de mobilisation. Pour mémoire (relire ici ou là), quelque 7000 et 4000 hommes avaient respectivement été déployés à Paris les 31 décembre 2009 et 2008. Ce résultat correct, donc, apparaît tout de même comme la moindre des choses.
Déconcerté, ensuite, par cette même question de vocabulaire gouvernemental qu'on avait déjà soulevée l'an dernier à cette époque (ici). «Pas d'incidents notables»: c'est ce qu'a répété en boucle le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, ces deux derniers jours. Mais 250 personnes ont tout de même été interpellées par les policiers en une seule nuit, dont 171 rien qu'à Paris et dans sa banlieue. Or, de deux choses l'une.
Soit toutes ces personnes ont été interpellées pour avoir bel et bien été été mêlées à des «incidents notables». Auquel cas de tels incidents ont bien eu lieu, donc le gouvernement, dans sa com', enjolive la réalité.
Soit, effectivement, comme le dit le gouvernement, aucun «incident notable» n'a été déploré samedi soir. Mais alors, si ces 250 personnes ont été interpellées pour moins qu'un incident, et encore moins un incident notable, pour quoi/pourquoi l'ont-elles été? En France en 2012, on interpellerait donc pour moins qu'un incident? Pour une bricole, alors? Pour une broutille? Pour trois fois rien? Là, pour le coup, il n'y aurait pas trop lieu de s'en réjouir.
Mais ce n'est que notre avis.
12:28 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, gouvernement, sécurité, paris, langue française
23.12.2011
Une efficacité «pas globalement démontrée»
Plus que jamais, il faudra marcher droit, dans Paris. Cette semaine, le Premier ministre François Fillon en personne a fait le point sur le développement de la vidéosurveillance dans la capitale – ce qui, au passage, confirme que le chef du gouvernement est bel et bien déjà en campagne électorale, lui qui ambitionne de se présenter à Paris aux législatives du printemps prochain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Etat est plus décidé que jamais à mettre les bouchées doubles dans la «vidéoprotection», comme il dit.
Intérêt à marcher droit, donc, car, à terme, ce ne sont pas moins de 2500 policiers qui, dans les commissariats des vingt arrondissements parisiens, auront l'oeil rivé en permanence sur les écrans de télé retransmettant les prises de vues effectuées sur la voie publique. Dans les six mois qui viennent, très exactement 1105 caméras seront implantées dans Paris, sans compter les 10.000 caméras figurant déjà dans les réseaux de transport – auxquelles les autorités auront également accès en temps réel. En la matière, Paris restera loin de Londres, couverte elle par un réseau de 65.000 caméras. Il n'empêche, ce plan de «vidéoprotection» représente «un investissement très important», reconnaît-on à la préfecture de police de Paris: 90 millions à charge de l'Etat et 5 millions supportés par la ville de Paris.
Pour les autorités, une telle dépense se justifie, car «la vidéoprotection de voie urbaine permet de réduire le niveau de délinquance et a un effet préventif significatif». A la préfecture, on prend l'exemple de la flambée de vols de smartphones dans les transports publics: les caméras de surveillance lui auraient été d'une grande utilité pour la combattre et la faire diminuer.
Problème? La Cour des Comptes elle-même ne semble pas persuadée du bien-fondé d'un investissement aussi massif dans cette technologie. Ainsi, dans un rapport qui, à l'époque, fit un certain bruit, elle a considéré que l'importance des investissements en jeu «justifie que l’efficacité des dispositifs de vidéosurveillance de la voie publique soit évaluée». Or, «les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas globalement cette efficacité». Et «la France se caractérise par la quasi-absence d’enquête concluante sur le sujet. Une seule étude a été menée par le ministère de l’Intérieur essentiellement à partir des statistiques de la délinquance. Cependant, ses résultats contradictoires autant que sa méthode ne permettent pas d’en tirer des enseignements fiables».
Mais, aux yeux du gouvernement, peu importe et pas de doute: il faut mettre les bouchées doubles en la matière.
Marchons droit, donc. Et sourions, puisqu'on va être filmé, re-filmé et sur-filmé sous tous les angles et de tous côtés, prochainement. Sourions...ou pas, c'est selon.
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22.12.2011
Une société «qui marche sur la tête»
Hier après-midi à notre kiosque à journaux favori, place St-Ambroise, dans le onzième. Le kiosquier oscille entre satisfaction et irritation. En moins de deux heures, sa pile de journaux «Le Parisien» a été épuisée: autant d'invendus de moins à gérer. Mais, si ce journal s'est si bien vendu, c'est grâce à un sujet de Une pour le moins léger, sur le fond, par rapport à l'avenir du monde, etc: l'arrivée prochaine du footeux-modeux David Beckham au PSG.
Le beau David y gagnera 800.000€ par mois. Bruts, tout de même, les 800.000. Notre copain kiosquier trouve ce salaire éhontément et ridiculement exagéré. «Ce monde est vraiment mal fichu. Cette société marche sur la tête», maugrée-t-il. En pointant du doigt vers une pile de tracts figurant sur son comptoir, que, le matin même, on lui a apportée pour qu'il les mette à disposition de ses clients. C'est une pétition du personnel du service de pneumologie de l'Hôpital St-Antoine: le grand hôpital public de l'Est parisien. En 2012, ce service va fermer et être transféré. Ainsi l'exigent l'Assistance publique et son plan de restructuration et d'assainissement financier. «Diminution du nombre de lits d'hospitalisation», lit-on. «Suppressions d'emplois». Rideau tiré sur «une équipe médicale et paramédicale qui, pendant les vingt dernières années, a développé des compétences reconnues permettant la prise en charge de patients atteints d'un cancer bronchopulmonaire». «D'un côté, on dépense 800.000€ par mois et, de l'autre, on ferme des lits d'hôpitaux. Ca ne va vraiment pas», s'irrite notre interlocuteur.
Il est le premier à convenir que les deux événements n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre, et qu'ils ne peuvent donc être mis en rapport. Mais trouve tout de même extrêmement fâcheuse la simultanéité de ces deux actualités. «Cette société marche sur la tête», donc.
Comme ça, d'emblée, on ne trouve pas trop d'arguments percutants à lui opposer. De toute manière, aujourd'hui comme hier et comme demain, on est pressé: pas le temps de refaire le monde dans de grandes discussions. Et puis, finalement, nous aussi, on le trouve assez malencontreux, ce hasard ayant conduit à la collision, le même jour, de ces deux actualités. Et, nous aussi, on le trouve assez indécent, le montant de ce salaire mirobolant. Pas trop envie, donc, de contre-argumenter, d'expliquer par A+B à notre kiosquier que, non, non, elle ne marche pas sur la tête, «cette société».
On se contente donc d'opiner, de le saluer, et de lui souhaiter, malgré tout, une bonne journée.
11:54 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, social, santé, sports, economie
21.12.2011
Une «idée reçue»
Pour en finir avec ce sujet de la communauté chinoise de Paris, et l'évoquer de manière plus positive, depuis dix ans que l'on vit dans la capitale française, nous épate le dynamisme commercial de cette communauté. Qui, dans notre onzième arrondissement, est particulièrement visible et spectaculaire.
Il y a plusieurs années déjà, les Chinois y ont massivement investi dans le secteur des grossistes de textile. Ensuite, ils ont jeté leur dévolu sur les bars-tabac. Plus récemment, ils ont repris ou créé quantité de petites boutiques d'onglerie. Dernière évolution en date: depuis quelques mois, les salons de massage asiatiques poussent comme des champignons, à tous les coins de rue presque, dans le onzième comme dans d'autres arrondissements.
A ce sujet, peut-on/faut-il/ être toujours sûr du caractère, disons, sérieux de ces salons? Ou est-on fondé à présumer que, pas rarement, y sont dispensées, disons, des prestations physiques, féminines et tarifées d'un autre ordre? Bonnes questions. Auxquelles la préfecture de police de Paris vient de répondre.
Selon ses calculs,«la capitale recense près de 400 salons de massage, qui proposent majoritairement des massages orientaux». Et, insiste la police, ils «ne sont pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution. En effet, moins d’une vingtaine de salons parisiens se livreraient à une activité prostitutionnelle».
Remarquez, toutefois, dans cette phrase, le discret usage du conditionnel...
Les dérives qu'imputent les on-dit à cette activité commerciale relèvent donc largement de l'«idée reçue». Mais elle n'en fait pas moins l'objet d'une surveillance policière attentive, «quotidienne» même.
Ainsi, nous apprend la préfecture, les «policiers patrouilleurs» surveillent notamment, du coin de l'oeil, la présence éventuelle, dans et aux alentours de ces salons, de personnes «en tenue aguichante». Pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, des enquêteurs de la police judiciaire «ont interpellé pour proxénétisme aggravé deux gérants de salons de massage et l’associé de l’un d’eux, dont les établissements étaient implantés dans les 9e, 10e et 14e arrondissements». Et, sur l'ensemble de l'année 2011, ont été recensés, dans la capitale, «treize établissements en infraction à la législation sur le travail ou sur les étrangers: personnel non déclaré ou en situation irrégulière sur le territoire, le plus souvent originaire de Chine ou de Thaïlande».
Mais il s'agit donc de cas isolés. Avis aux Parisiens amateurs de «bains de pied aux herbes chinoises» (90€, tout de même, dans les salons de notre onzième) ou de «massage ayurvédique indien, prodigué aux huiles chaudes» (55€).
On demanderait bien ça comme cadeau de Noël.
12:23 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, etrangers, art de vivre, sécurité, police, femmes
20.12.2011
Un exotisme, parfois dramatique
On parlait hier de la délinquance liée aux salles de jeu clandestines fréquentées par la communauté chinoise, dans notre onzième arrondissement de Paris. Cela nous a rappelé que notre quartier, il y a quelques années, avait été secoué par un fait divers qui, à l'époque, avait créé une certaine agitation parmi la population (relire ici).
C'était au printemps 2006, dans le quartier dit Popincourt. En pleine journée, une fusillade mortelle avait éclaté dans un salon de thé chinois, baptisé "La Lanterne Rouge". Le patron de l'établissement, touché par plusieurs balles tirées en pleine poitrine, y avait perdu la vie. Un client du salon de thé avait été grièvement blessé. Tous deux étaient originaires de la province chinoise de Wenhzou. A l'époque, les autorités avaient évoqué une expédition punitive, menée dans le cadre d'un règlement de comptes portant sur le partage des recettes réalisées par l'établissement. Qui, en fait, n'était pas été un salon de thé mais une salle de jeux clandestine.
Exotique et dépaysant pour le Parisien moyen, qui ne le pénètre que très rarement, cet univers des tripots chinois est donc aussi, parfois, le théâtre d'événements tragiques – outre les situations de surendettement dramatiques que décrivait la préfecture de police la semaine dernière, dans son compte-rendu du coup de filet qu'elle a opéré dans ce milieu si secret et particulier.
10:55 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, etrangers, sécurité
19.12.2011
Un coup de filet très particulier
Paris, ville cosmopolite où cohabitent des gens venus des quatre coins du globe, etc, etc: on connaît cela. Ce côté mosaïque contribue indéniablement au charme de la capitale française. Mais il a aussi, parfois, des aspects moins réjouissants. Ainsi, l'importation de formes de criminalité et de délinquance qui sont assez nouvelles pour les forces de l'ordre, et qui les obligent à opérer sur des terrains moins connus d'elles.
On l'a bien vu l'autre jour, dans le onzième arrondissement. Notre onzième qui abrite une grande diaspora chinoise – on l'a déjà raconté, dans ce blog (relire ici ou là). C'est au sein de cette communauté qu'a eu lieu, la semaine dernière, un coup de filet assez spectaculaire (*), résultat d'«une enquête de plusieurs mois».
Précisément, un «cercle de jeux clandestin chinois» a été démantelé. «Sous couvert d’une association de commerçants», il organisait des parties de mahjong et de shuang – le «poker chinois», précise la préfecture de police. «Les parties réunissaient une douzaine de joueurs chaque soir; les dettes de certains des participants pouvaient atteindre 200.000€». Les 13 joueurs interpellés avaient sur eux «plus de 30.000 €». «Des recherches sont en cours sur des sociétés de prêt-à-porter susceptibles de blanchir une partie des gains» réalisés à l'occasion de ces soirées. Le coup de filet policier a permis la saisie de «six tables de jeu, 8600€, une cinquantaine de grammes d’herbe de cannabis, quelques grammes de cocaïne» ainsi qu'«un véhicule de luxe d’une valeur de 62.000€, payé en espèces».
Vu sous l'angle parisien-parigot-tête de veau-bobo, replacé dans le contexte du quartier, autrement dit, tout cela paraît furieusement exotique.
(*)Une opération que l'on répercute ici juste pour raconter la vie du quartier, et non, évidemment, pour stigmatiser une communauté – cela va sans dire, mais, si besoin, le voilà précisé.
11:09 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, etrangers, paris
15.12.2011
Une première, «triste»?
Deux ans de prison avec sursis. Le jugement est tombé ce matin, au tribunal correctionnel de Paris. L'ex-Président Chirac (1995-2007) a été reconnu coupable de détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, pour des emplois fictifs à la mairie de Paris, dans les années 90.
«Une triste première en France», entendit-on illico sur une radio. «Un jugement très sévère», renchérit une autre. «Une condamnation extrêmement forte», commenta une télé d'info continue. Et ces médias de mettre en avant les 79 ans de l'intéressé, son état de santé affaibli, et les services qu'il rendit à la République pendant ses 43 années de carrière politique.
C'est la première fois en France qu'un ex-chef d'Etat est ainsi jugé et condamné – exception faite des deux cas, historiquement si particuliers, du roi Louis XVI et du maréchal Pétain. «Cette condamnation abîme l'image du pays, de la République»: dès le prononcé du jugement, est revenu, dans la bouche de certains, cet argument. Et il va sans doute être répété tout au long de la journée, par les partisans de l'ex-Président.
Mais que dirait-on de ce pays, lui qui prône et pratique la «tolérance zéro» envers les petits délinquants, si sa Justice avait passé l'éponge, comme si de rien n'était, sur les délits commis par un ex-Président? L'image de la France, à notre sens, en aurait été autrement plus souillée.
11:33 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, justice, chirac, paris




164%. Le chiffre est sorti hier
Notez que, malgré cette situation critique, le gouvernement ne compte pas même, en son sein, de ministre du Logement de plein exercice: juste un secrétaire d’Etat.