02/01/2013
Une tradition, deux innovations
«Le changement, c'est maintenant», avait promis François Hollande. Dans la nuit de lundi à mardi, un bon millier de véhicules n'en sont pas moins partis en fumée, en France. C'est si conforme à la tradition que, pendant toute la journée d'hier, les médias ont répété en boucle que le réveillon de nouvel an s'était globalement bien déroulé – passons.
Deux innovations tout de même, en matière de sécurité et de maintien de l'ordre. Qu'on a remarquées dans notre quartier parisien de Bastille, qui est aussi celui où réside le ministre socialiste de l'Intérieur, Manuel Valls – ceci explique peut-être cela.
D'abord, le déploiement préventif des forces de l'ordre y a pris des proportions qu'on n'avait encore jamais vues, y compris lors des plus grandes heures du sarkozysme sécuritaire triomphant. Ainsi, jusqu'à présent en période de fêtes de fin d'année, les militaires en uniforme étaient plutôt positionnés dans les lieux a priori à risques et/ou bondés: les grandes gares, les aéroports, les Champs-Elysées le soir du 31, etc. Là, on a pu les voir patrouiller également sur des artères aussi anodines, paisibles et familiales que les boulevards Beaumarchais ou Richard-Lenoir. «Le changement, c'est maintenant»: c'est sans doute ce qu'on a expliqué aux gosses qui, vers la Noël, sortant de la représentation du Cirque d'Hiver, tombaient, médusés, sur ces soldats en treillis, si lourdement armés.
Ensuite, à la St-Sylvestre, la police a rendu sa présence très ostensible. Jusqu'à présent, à Paris comme ailleurs, l'usage voulait que, la nuit, les véhicules de police en intervention utilisent le moins souvent possible leurs sirènes: signalent plutôt leur présence par leurs gyrophares lumineux, histoire d'éviter de réveiller des quartiers entiers, par de tonitruants «pin pon». Le 31 aux alentours de Bastille, en revanche, ce fut, en permanence et jusqu'au petit jour, un grand concert de sirènes de police. «Le changement, c'est maintenant»: c'est ce qu'ont dû soupirer d'aise des milliers de riverains, au moment d'être tirés de leur sommeil par ce tintamarre policier si assourdissant.
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19/12/2012
Un feu vert
Des années que le dossier trainait dans les armoires de l'administration. Et, finalement, sans crier gare, la nouvelle vient de tomber, au débotté. Le feu vert a enfin été donné au méga-projet de restructuration de "La Samaritaine": les mythiques anciens grands magasins parisiens.
Vaste sujet, dont on a déjà pas mal parlé dans ce blog – relire notamment ici ou là. Et vaste enjeu urbanistique pour le quartier, que la reconversion de cet immense vaisseau abandonné depuis tant d'années (2005), et occupant une place centrale – pour ceux qui connaissent: tout l'îlot entre le quai du Louvre, la place de l’Ecole et les rues de Rivoli, de la Monnaie et de l’Arbre Sec.
Le dossier d'urbanisme fait miroiter «un projet visant à concilier l’équilibre économique d’une opération privée avec les enjeux économiques, sociaux, architecturaux, patrimoniaux et environnementaux de la capitale». Concrètement, le nouvel ensemble totalisera très précisément 69.284 m² de surfaces. Des commerces, des bureaux, des logements sociaux, une crèche, sans oublier un hôtel, dont l’entrée principale sera sur le quai du Louvre.
Détail qui intéressera les inconditionnels de grandioses vues parisiennes: le toit-terrasse sera accessible à tous, «grâce à un accès encadré, afin de permettre au public de découvrir le panorama exceptionnel de la Seine, de l’Ile de la Cité et de la rive gauche de Paris».
En ce qui concerne le look de cette "Nouvelle Samaritaine", le maître d'oeuvre promet que ses façades feront l’objet «d’une attention particulière et d’un traitement différencié, spécifique et adapté, entre conservation et restauration du XVIIe siècle et de styles majeurs du début du XXe siècle, et création résolument contemporaine du XXIe siècle». En tout, ce sont 460 millions d'euros qu'investira le groupe de luxe LVMH dans ce projet, dont l'ouverture est annoncée pour courant 2015.
On est bien curieux de voir cela.
11:33 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine, urbanisme, paris, economie, luxe
18/12/2012
Un ultime souvenir
Comme une longue relation amoureuse qui prendrait fin après avoir beaucoup agacé, mais qui, aussitôt achevée, susciterait néanmoins une certaine nostalgie. C'est un peu ce qu'il est attendu cet après-midi, à Paris: sur le parvis de la Cour de Rome, devant la gare Saint-Lazare.
En effet, une vente aux enchères va disperser les derniers souvenirs de celui qui, chaque jour et pendant plusieurs décennies, fut le compagnon de route quotidien de millions de Parisiens. On veut parler du «Petit gris». Ces trains en acier inoxydable qui, depuis la fin des années 60, ont marqué le paysage ferroviaire de la banlieue parisienne, et dont on a déjà eu l'occasion de parler, dans ce blog (relire ici).
La SNCF organise ce mardi, une vente aux enchères de «mobilier vintage» issu de ces «Petits gris» désormais déclassés. Des banquettes de skaï orangées, des porte-bagages en grillage, les mémorables portes-hublot qui séparaient les rames, des lavabos, des poignées de porte ou des marchepieds: qui sait les Parisiens vont-ils s'arracher les derniers souvenirs d'un modèle de train qui, à la fin de sa carrière, a totalisé pas moins de 2 milliards de passagers transportés. Dont tant de Parisiens et de banlieusards pestant contre son inconfort et sa vétusté.
Ces antiques et pataudes machines, bonnes filles finalement, rendront un ultime service avant de disparaître: la SNCF versera l'intégralité du produit de la vente aux Restos du Coeur.
11:45 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, paris, banlieues
13/12/2012
Un nouvel outil de propreté
On l'écrivait hier: les rues de Paris ne compteront vraisemblablement pas beaucoup moins de pauvres, cet hiver. Mais elles seront peut-être un peu plus propres moins sales. On entendait parler de cela depuis des semaines, mais on ne l'avait encore jamais vu: dans nos pérégrinations, en ville. Jusqu'à ce matin, où l'on est tombé par hasard sur ce fameux nouveau dispositif qui, peut-être, contribuera à réduire un type particulier de pollution qui salit énormement Paris.
Les mégots de cigarette. Cela paraît très anodin comme cela, mais ce l'est moins pour les services municipaux de la propreté: chaque année, ils ramassent... 315 tonnes de mégots, sur la voie publique. Les nouveaux éteignoirs de rue, dont on a enfin aperçu un exemplaire ce matin, permettront aux fumeurs d'avoir désormais une autre alternative que soit de balancer leurs mégots par terre, soit de les jeter à la poubelle mais en risquant d'y mettre le feu.
10 000 de ces éteignoirs ont été fixés sur les cerclages métalliques des poubelles de rue. Ces petits palets de résine sont fabriqués dans un matériau composite (de la polyamide chargée de fibre de verre, pour les amateurs de détails techniques), ce qui les rend ignifuges. Ils remplacent les plaquettes perforées en inox qui, auparavant, équipaient certaines poubelles – avant d'être victimes de vols en cascade, dûs à la flambée du cours mondial de l'inox (relire là).
Avec ce nouvel outil, les trottoirs de Paris n'auont plus d'excuse de rester ce qu'ils sont devenus: un vrai cendrier géant. Plus d'excuse, sauf bien sûr dans l'hypothèse où ces 315 tonnes annuelles de détritus tabagiques seraient moins dues à un problème d'équipement qu'à l'indécrottable incivisme/je m'enfoutisme/ qui caractériserait le Parisien moyen. On verra cela.
11:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, propreté, environnement, tabac
10/12/2012
Un front, urgent
L'ouverture ce matin d'une grande «Conférence nationale contre la pauvreté». A l'issue de laquelle, demain, le gouvernement présentera un plan d'action. L'autre jour, au Sénat, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'a pas tourné autour du pot. Le phénomène de pauvreté «perdure et s'est aggravé, ces dix dernières années», a-t-il reconnu, avant d'estimer qu'«il faut faire front, agir dans l'urgence». Selon un récent sondage (ici), les Français sont 11% à se considérer comme pauvres, et 37% à penser qu’ils sont en train de le devenir. Ce qui donne 48% de citoyens paupérisés ou craignant de l'être, ce n'est tout de même pas rien.
A Paris la semaine dernière, des associations de lutte contre la pauvreté ont fait un coup d'éclat: sur le Pont des Arts, qui enjambe la Seine. Déjouant la surveillance policière, sous l'oeil médusé des touristes et des badauds, elles y ont monté une trentaine de petites tentes de camping, similaires à celles qu'utilisent des SDF. «Il y a deux ans déjà, on était sur le Pont des Arts», s'est souvenu un responsable de la Fonction Abbé Pierre: «En deux ans, de l'eau a coulé sous les ponts. Mais, pour les plus démunis, la situation n'a pas changé».
En trois mois, en tout cas, rien n'a changé au 115: le numéro de téléphone gratuit mis à la disposition des SDF à la recherche d'un hébergement pour la nuit. Début septembre, déjà (relire là), ce dispositif avait enregistré un taux de réponses positives assez médiocre. Depuis, cela ne s'est pas arrangé. Selon les dernières données (là), «le taux de réponses négatives pour absence de places disponibles a atteint 78%», carrément, en novembre.
Sur dix requêtes d'hébergement d'urgence, seules deux, donc, sont satisfaites. Il serait peut-être plus que temps, en effet, pour ce gouvernement, de commencer à «faire front».
11:34 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, social, paris, gouvernement
06/12/2012
Un si grand homme
Dans une autre vie, on aurait sauté dans le premier taxi, ce matin. Après avoir été réveillé par la radio annonçant la mort d'Oscar Niemeyer. Le taxi, direction Roissy. Puis le premier avion pour Brasilia. Une dizaine d'heures plus tard, on aurait à nouveau poussé les portes de cette sublime cathédrale que le grand architecte brésilien y construisit, notamment. Sûr que, comme il y a longtemps, on aurait une fois de plus été subjugué par la lumière bleutée diffusée par ses vitraux. Un bleu si beau qu'il donne envie de croire en Dieu.
Plus prosaïquement, on sera attentif, ces prochains jours, aux annonces que fera le Parti communiste français. Puisque son chef, ce matin sur une autre radio, a promis qu'en hommage au Brésilien, il organiserait des journées portes ouvertes: pour que les Parisiens puissent visiter le siège de ce parti, place du Colonel Fabien, que l'on doit aussi à Niemeyer. Allez-y, si vous en avez l'occasion. Depuis son toit, on a l'impression d'être sur une vague gracieuse de béton, qui contemple la ville. Et, en son coeur, dans la salle du comité central, on ne peut qu'être impressionné par les dizaines de milliers de petites plaquettes métalliques qui ornent la voûte de son grand dôme.
En attendant, on a ressorti ce matin, du fin fond de notre bibliothèque, «Les Courbes du Temps»: la version française des Mémoires de l'architecte, qui parut chez Gallimard en 1999. Chacune de ses pages est agrémentée de croquis, touchants, du grand hommme. Qui y conte notamment ses années à Paris, ses rencontres avec Sartre, Genet, Aron ou Malraux, et son amour pour cette ville. Pour la Seine, aussi, qui revient plusieurs fois dans ses lignes. La Seine «qui coule tranquillement, indifférente à la vie et aux hommes», la Seine «avec ses bateaux et ses ponts, illuminée et miroitante comme un tableau de Monet».
11:16 Publié dans Dans la peau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, architecture, personnalités, paris, patrimoine, litterature
03/12/2012
Un espoir à oublier, ou pas
C'est le premier pochoir à l'effigie de François Hollande qui vit le jour dans notre quartier du onzième arrondissement de Paris. Apposé par des sceptiques de l'heureux élu, le soir même de son élection (relire ici), alors qu'il était en train de la fêter, à deux pas: avec ses dizaines de milliers de partisans massés place de la Bastille. Plus de six mois plus tard, ce pochoir est toujours là. Comme si les agents municipaux de la propreté, qui, chaque jour et à longueur de journées, effacent quantité d'illustrations murales, ne voulaient ou n'osaient faire disparaître celle-là. Parce que le visage d'un Président, fût-il censé «normal», est intouchable?
Toujours est-il que, depuis six mois, la physionomie très changeante de ce pochoir hollandiste – qu'on avait déjà évoquée ( relire là) – donne une idée de l'évolution de la popularité de l'homme de l'Elysée, auprès d'un certain petit peuple des rues de Panane. On eut ainsi droit au «Président des bisous»: cet été, alors qu'il n'avait pas encore trop dégringolé dans les enquêtes d'opinion.
Cet hiver, François Hollande voit ses partisans et opposants du onzième continuer à s'affronter par ce pochoir interposé, sur la question de savoir s'il incarne toujours, ou non, l'espoir. Dernièrement, les détracteurs du chef de l'Etat avaient ajouté un «forget» devant le «NO HOPE» du pochoir originel, dont le «NO» avait déjà été raturé par les zélateurs du socialiste. Ceux-ci, si mois plus tard, ont immédiatement et de nouveau réagi: rectifiant à leur tour la rectification, ils ont rajouté un «OR NOT» à la fin du message. Et ainsi de suite?
11:36 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, personnalités, hollande
30/11/2012
Un danger public?
Cela commence à faire beaucoup. Deux mois plus tard, le Forum des Halles attend toujours la réouverture de sa grande piscine, une des plus fréquentées de Paris, victime fin septembre de chutes de morceaux de plafond (relire ici). Un dégât collatéral dû au méga-chantier de réaménagement de ce centre commercial, en cours en ce moment? Depuis mercredi, de plus en plus de monde en est persuadé.
Mercredi, jour où un incident du même acabit s'est à nouveau produit, cette fois en bordure de la Place de la rotonde. Deux parpaings se sont écroulés carrément devant l'entrée du cinéma UGC. Par chance, il était 9 heures du matin, et donc il n'y avait pas grand monde à cet endroit. On n'ose imaginer ce que cela aurait donné si cette chute de pierres avait eu lieu un samedi après-midi, à l'heure de la séance. Les travaux de démolition en cours au-dessus de la dalle ont dû être immédiatement interrompus. Ils ne reprendront que «sous le contrôle de l’expert judicaire». Un rapport a été demandé à l’architecte de sécurité de la préfecture.
Si l'on récapitule, ce chantier a donc déjà donné lieu à deux parpaings écroulés devant un cinéma, des bouts de plafond tombés dans une piscine, des «fissures sans gravité» dans un gymnase contigu, sans oublier un faux-plafond effondré dans un magasin H&M, en septembre 2011. Le tout, certes, sans jamais causer la moindre victime. Il n'empêche, comme l'a dit cette semaine le maire du premier arrondissement, «dans la rubrique des déboires, cela fait beaucoup».
Il ne faudra pas s'étonner, si les incidents de ce type continuent de se succéder, que le Parisien moyen en vienne à considérer ce chantier comme un vrai danger public.
14:54 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, urbanisme, sécurité
27/11/2012
Un extrême à l'autre
Paris d'un extrême à l'autre, suite. Ce week-end, on le racontait hier, les volontaires de la Banque alimentaire ont dont récolté des vivres dans le supermarchés de la capitale, pour les plus démunis de la région: pauvres au point de n'avoir pas même assez à manger. Au même moment, s'est déroulé un fait divers qui n'a pas fini d'émouvoir, dans les milieux situés à à l'autre extrémité de l'échelle sociale. Un incident qui est d'ailleurs à l'origine du renforcement, aujourd'hui et demain, des mesures de sécurité autour d'un des hôtels de maître les plus chics de la «Ville lumière».
L'hôtel particulier Marcel-Dassault, en l'occurrence. Situé au n°7 du rond-point des Champs-Elysées, et qui abrite Artcurial: la première maison française de ventes aux enchères. Ces deux jours-ci, s'y tient une vente de bijoux et d'horlogerie de grand prestige. Sous forte protection policière, donc, puisque des malandrins ont cambriolé l'édifice ce week-end, et dérobé des bijoux qui devaient faire partie de cette vente aux enchères. Pas du toc, ce butin: sa valeur est estimée à près d'un demi-million d'euros.
Les cambrioleurs n'ont toutefois pas réussi à prendre la poudre d'escampette avec ce qui constitue le clou de la collection: un «exceptionnel» collier Bulgari en or gris et diamant (estimé entre 120.000 et 150.000€), une montre Vacheron Constantin (de 100.000 à 150.000€), et une «bague dôme en or jaune ornée d'un exceptionnel diamant taillé en brillant, la monture spiralée de croisillons sertis de diamants carrés» (de 230.000 à 240.000€). Ces trois merveilles ont miraculeusement échappé aux monte-en-l'air.
Le petit peuple de Paris s'en réjouira certainement.
12:20 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, luxe, art de vivre, sécurité
26/11/2012
Une année de plus
Impossible d'aller dans un supermarché de Paris ce week-end, sans tomber sur les volontaires de la Banque alimentaire. Qui récoltaient des vivres pour les plus démunis. Et Dieu sait s'il y en a, dans la cinquième puissance économique mondiale: selon les dernières statistiques (relire ici): 14,1% de la population, et 440.000 pauvres de plus rien que l'an dernier.
Dans les rayons, on a pas mal hésité sur que donner. Puis, finalement, on a opté pour... du chocolat, des gâteaux, des bonbons, des friandises, et tout cela. Bref, le plus total superflu en termes alimentaires, et pas ce qu'il y a de meilleur d'un point de vue nutritionnel. Mais on s'est dit que c'était sans doute là dessus que les familles en difficultés n'avaient d'autre choix que de faire une croix. Et donc que quelques gosses seraient peut-être ravis de recevoir cela.
Des sucreries, donc. Données sans illusion ni enthousiasme excessifs. Car, le caritatif, on a toujours trouvé cela très louable en termes d'humanité et de générosité, mais politiquement assez nul voire vain, en termes d'efficacité. Cela peut même avoir pour effet pervers de faire perdurer les failles structurelles à l'origine de cet engagement humanitaire. Ainsi, pour rester dans ce cas de figure de la pauvreté, pourquoi les choses changeraient-elles, sur le fond? Puisque, année après année, les décideurs savent bien que, de toute manière, le secteur caritatif sera toujours là pour suppléer aux carences les plus visibles, éviter que les choses ne se détériorent irrémédiablement.
Pour preuve, c'est ce lundi que Les Restos du Coeur lancent leur campagne hivernale annuelle. Une de plus; c'est la 28ème consécutive. Ces cinq dernières années, le nombre de démunis poussant la porte de l'assoc fondée jadis par Coluche a crû de 30%. Pour culminer, l'an dernier, à ce plafond: 115 millions de repas distribués, à 870.000 personnes paupérisées.
Et l'on peut déjà parier sans crainte de perdre que 2012 sera une année de plus où Les Restos vont à nouveau battre tous leurs records. Une année de plus, avant probablement la suivante, la prochaine, et ainsi de suite – jusqu'à quand?
11:35 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : activisme, social, pauvreté, paris
21/11/2012
Un préféré, à Paris en tout cas
Il a été battu dimanche soir, à l'échelle du pays, François Fillon. Dans sa bagarre avec Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. Mais, à Paris au moins, il n'y a pas photo: c'est lui le chouchou, lui le préféré des sarkozystes.
Dans la capitale, en effet, l'ex-Premier ministre a recueilli 58% des suffrages des adhérents UMP, loin devant son rival. C'était assez prévisible: la plupart des barons de la droite parisienne le supportaient. Jean-François Copé ne l'a dépassé que dans trois des vingt arrondissements.
Du coup, les fillonistes les plus optimistes se remettent à rêver à une éventuelle candidature de leur mentor à Paris, aux élections municipales de 2014.
François Fillon, maire de la «Ville lumière»? Dans un premier temps, l'UMP aurait surtout intérêt à y étoffer son réseau de militants, indispensables à toute campagne. Or, le scrutin de dimanche a montré combien le grand parti de droite comptait très peu de forces vives, à Paris: quelque 12.000 adhérents UMP seulement ont participé au vote.
12.000. Sur une population de 2 millions de Parisiens. A moins de deux ans d'une échéance électorale, c'est vraiment un support militant très très maigrichon, sur lequel bâtir une éventuelle campagne.
15:23 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, paris, partis, personnalités, fillon
16/11/2012
Un désir de départ
Paris. Où, ces jours-ci, il fait péniblement froid et gris. Quitter Paris? Année après année, la capitale française a plutôt tendance à gagner (un peu) des habitants. Mais l'idée d'un départ chemine dans l'esprit de nombre de résidents en région parisienne. C'est ce qui ressort d'un sondage récemment publié sur la question.
A l'en croire, plus d'un habitant sur deux (54%) en région parisienne envisage de la quitter. On les retrouve surtout dans la tranche d'âge 25/49 ans. 68% des candidats au départ sont motivés par la volonté de trouver un cadre de vie plus agréable. L'agressivité ambiante est citée comme facteur de motivation dans 30% des cas. Les plus jeunes parmi tous ces volontaires pour quitter Paris invoquent beaucoup plus que les autres, bien sûr, les prix astronomiques du logement.
Les destinations rêvées par les Parisiens? Le Sud et l’Ouest. 25% des habitants de la capitale qui rêvent de s'installer en province choisiraient la Provence, 21% la Bretagne, 19% le Languedoc-Roussillon, et 18% l'Aquitaine.
Le soleil et la mer: décidément un indémodable classique. A fortiori, sans doute, en plein hiver.
11:09 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, art de vivre, jeunes, social, logement
15/11/2012
Une condamnation, confirmée
A propos des choix journalistiques du moment, dont on parlait hier, on n'a pas été emballé par l'avidité dont, dernièrement, les médias ont fait preuve, concernant l'ex-Garde des sceaux Rachida Dati: la procédure en reconnaissance de paternité qu'elle a engagée, relative à sa fille. On ne s'autoriserait pas à faire la leçon à la corporation, mais on se permet de signaler que, tant comme journaliste que comme citoyen, on n'est pas du tout intéressé de savoir qui est le géniteur de cette enfant. On trouve même que cela ne nous regarde pas. La tyrannie du «buzz» en a décidé autrement, donc la presse en a fait ses choux gras. Au passage, on a remarqué (ici, notamment) qu'on n'était pas le seul journaliste à en être un peu gêné.
Sinon, Rachida Dati a eu une autre actualité qui, elle, a été assez peu répercutée par les médias. Moins racoleuse, même très parisienne, elle n'est pas anodine, pour autant. Puisque l'ex-ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy vient... de se faire une deuxième fois condamner par la justice.
Cela concerne une affaire dont on a déjà parlé (relire ici): le "Mur de la Paix" de Clara et Marek Halter, sur le Champ de Mars: dans ce septième arrondissement dont Rachida Dati est la maire. Lors des nombreuses critiques publiques qu'elle fit de cet édifice, l'ex-ministre attribua à ses auteurs des «méthodes et déclarations mensongères», et leur reprocha de «galvauder l'idée de Paix, en l'associant à une structure qui bafoue les lois de la République». L'an dernier à la même époque, cela lui valut une condamnation, pour diffamation. Un jugement que l'intéressée avait alors dénoncé comme «invraisemblable, fondé ni en fait ni en droit». Cette condamnation n'en vient pas moins d'être confirmée: la semaine dernière, par la Cour d'appel de Paris. Qui a donc, elle aussi, mis à l'amende Rachida Dati.
12:08 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, dati, médias, journalisme, femmes, justice, paris, arts
14/11/2012
Un hiver comme un autre
Sinon, en dehors des grands raouts médiatico-politiques sous les ors des palais de la République – 400 journalistes accrédités à la conférence de presse de François Hollande, hier – , dans la rue, l'hécatombe hivernale continue, dans une indifférence journalistique assez générale.
L'autre matin, dans notre onzième arrondissement, boulevard Richard Lenoir, un SDF a succombé. Victime d'un malaise, et n'ayant pu être réanimé par les pompiers. Agé de 62 ans, il vivait dans la rue depuis deux ans. Après avoir été expulsé de son logement pour impayés de loyers, eux-mêmes dus à des factures d'hôpital liées à de gros soucis de santé. Il avait quatre enfants. Et était prénommé Karamo.
Sa mort, quand les médias en ont parlé, n'a fait que quelques secondes à la TV et à la radio, quatre ou cinq lignes dans les journaux.
11:01 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, social, pauvreté, médias
12/11/2012
Un débat enfiévré
Cela risque de chauffer à l'Hôtel de ville de Paris, ce lundi. En effet, les élus y débattent du plan de lutte anti-pollution automobile proposé par le maire, Bertrand Delanoë, et il est très controversé. Au passage, le sujet de la pollution atmosphérique dans la capitale demeure plus que jamais d'actualité. Vendredi encore, un épisode de pollution aux particules fines a été constaté, ayant déclenché la procédure d'information et d'alerte. Cela avait déjà été le cas à trois reprises pendant la dernière semaine d'octobre, pour le même polluant.
Le plan Delanoë n'y va pas de main morte. Il envisage d'interdire la circulation en ville des véhicules les plus anciens (plus de 10 ans d'âge pour les deux roues, à partir de 17 ans pour les autres véhicules), de réduire la vitesse de circulation sur le périphérique, de multiplier les zones 30, ou d'instaurer un péage sur les autoroutes encerclant la capitale. Les pro-voitures et l'opposition de droite sont, bien sûr, vent debout contre ce plan. Qui, selon eux, confirmerait plus que jamais la transformation de Paris en "boboland": repaire d'urbains aisés et non motorisés – par opposition aux banlieusards n'ayant d'autre choix que de prendre chaque jour le volant.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que se remette à mousser ce débat si enfiévré sur la place de la voiture dans la capitale – un sujet qui a déjà pas mal agité les esprits ici, dernièrement (relire ici ou là).
Cela dit, le plan Delanoë n'est doublement pas exempt de pures postures de com'. D'une part, nombre de mesures qu'il propose ne sont même pas de la compétence de la ville (mais de l'Etat). D'autre part, si d'aventure il est un jour mis en application, en tout ou en partie, le maire lui-même ne sera plus là pour essuyer les plâtres: ce sera après 2014, donc après les prochaines élections municipales, dès lors sans Bertrand Delanoë – puisqu'il a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.
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09/11/2012
Un jugement
Quatre mois de prison ferme, et l'incarcération immédiate. C'est la peine qu'a infligée le tribunal correctionnel de Paris à trois supporteurs de foot croates qu'il a jugés en comparution immédiate, pour avoir été mêlés au grabuge causé dans le quartier Bastille – dont on parlait en début de semaine. Les condamnés ont aussi écopé de cinq ans d'interdiction de séjour à Paris et en région parisienne. Ils étaient jugés pour participation à un groupement armé, formé en vue de commettre des violences et des dégradations.
Tout au long de leur comparution, les trois Croates ont nié appartenir à un groupe de supporteurs: ont prétendu être venus à Paris pour faire du tourisme. Cela n'a pas marché. Le tribunal a jugé qu'ils se trouvaient dans la capitale «pour en découdre, et uniquement pour cela». A joué en leur défaveur le fait d'avoir été arrêtés, sur les lieux de l'affrontement, en possession d'armes «par destination»: une béquille (sans raison médicale valable) ou une matraque télescopique, par exemple. Du côté des supporteurs du PSG, six ont été jugés. Trois ont été condamnés à de simples amendes (de 800 à 1.000€), les trois autres ont été relaxés.
On imagine d'emblée – parce que la France est un Etat de droit – que la disproportion entre ces sanctions, selon qu'elles frappent des hooligans croates ou français, est basée sur des éléments objectifs du dossier: ne doit rien, bien sûr, à la nationalité des intéressés.
Et on ne peut s'empêcher de trouver assez saisissant l'écart entre le nombre de condamnés (six, donc) et la masse de personnes ayant été interpellées par les policiers, dans ce dossier: une bonne centaine. La plupart de ces trublions présumés, après avoir été placés en garde à vue, en ont été quittes pour un simple et très symbolique rappel à la loi.
Au passage, cela illustre bien un grand classique policier. Quand cela commence vraiment à chauffer, on ne fait pas dans le détail: on embarque à peu près tout le monde, sans trop regarder – quitte à ce que la justice ensuite fasse le tri: sépare le bon grain de l'ivraie, comme on dit.
12:04 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paris, sécurité, justice, police, sports, football
07/11/2012
Un gros déploiement policier
Gros déploiement policier dans notre quartier du onzième arrondissement, depuis 24 heures. Depuis qu'un spectaculaire coup de filet a été opéré hier à la mi-journée: dans un petit hôtel de la rue Saint-Sébastien – un de ces hôtels 2 étoiles sans façon, à 60€ la nuit, comme on en trouve tant à Paris. En effet, le hasard a voulu que ce soit cet établissement qu'avaient choisi, pour séjourner, les supporteurs de foot croates dont on parlait hier, qui ont commis du grabuge lundi soir dans le quartier Bastille.
Du coup, quelque 80 de ces hooligans ont été cueillis hier midi par les policiers, à leur sortie de l'hôtel. Le coup de filet a été mené conjointement par la préfecture de police de Paris et la division de la police nationale plus spécifiquement chargée de la lutte contre le hooliganisme. Il ne s'est pas passé sans mal. Des hooligans, en effet, ont réussi à prendre la poudre d'escampette dans le quartier, ce qui a donné lieu à deux bonnes heures de jeu du chat et de la souris avec les pandores, dans une ambiance sonore de «pin-pon» qui donnait l'impression d'être dans une sérié télé policière.
Les Croates ont été placés en garde à vue, pour avoir enfreint l'arrêté pris dimanche soir par le ministre de l'Intérieur, qui leur interdisait de circuler dans Paris jusqu'à mardi minuit. Ils ont rejoint leurs collègues supporteurs qui, depuis lundi soir, après les bagarres dans le quartier Bastille, sont poursuivis pour violences volontaires aggravées et participation à un attroupement armé.
Le maire de Paris a condamné les «scènes inacceptables» dont le quartier Bastille a été le théâtre lundi soir. Et a réclamé que soit mené un «travail d'investigation sans concession», pour «sanctionner fermement tous les auteurs et complices des ces débordements». Ce matin encore, de nombreux policiers sont déployés dans le quartier Saint-Sébastien.
11:21 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, sécurité, football, sports, paris
06/11/2012
Une bataille rangée
Début de semaine nocturne agité, décidément, dans notre onzième arrondissement. Après l'assaut donné dimanche soir par la police au squat de mal-logés de la rue de Charonne, de violents incidents se sont déroulés hier soir dans les environs immédiats de la place de la Bastille. Cette fois, ce n'était pas le jeu du chat et de la souris entre activistes et forces de l'ordre. Mais un autre jeu: la course-poursuite entre bandes rivales de hooligans.
Protagonistes de cette bataille rangée: les supporteurs des deux équipes de foot qui s'affrontent ce soir au Parc des Princes, pour un match jugé à haut risque (sécuritaire): le Paris St-Germain et le Dinamo Zagreb. Hier soir en ville, des heurts ont opposé les partisans des deux camps. Heurts que la police a décrits comme ayant été très violents. Passages à tabac, jets de pétards et de fumigènes, vitrines cassées et poubelles incendiées: aux alentours de minuit, le quartier Bastille a vraiment eu chaud. Certains passants, cernés par les belligérants déchaînés, n'ont eu d'autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou et de trouver refuge, complètement affolés, dans des cafés qui, heureusement, n'avaient pas encore fermé.
Ces échauffourées ont fait, outre les dégâts matériels, deux blessés dont un grave. Et elles ont donné lieu à 24 interpellations – de supporteurs croates, essentiellement.
Cela promet pour l'ambiance en ville, ce soir: en marge et à l'issue du match.
11:29 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, police, sécurité, football, sports
05/11/2012
Un jeu, de saison
Dimanche soir agité, dans notre onzième arrondissement. C'est que, comme chaque hiver à Paris, se déroule à nouveau le jeu favori de la saison: celui du chat et de la souris.
Jeu qui oppose les militants contre le mal-logement aux forces de l'ordre: les premiers occupant des immeubles vides, les seconds les en délogeant. En ainsi de suite, jusqu'à l'année suivante. En attendant, sur le fond, rien ou pas grand-chose ne change: en dépit de l'alternance politique qu'a vécue au printemps le pays, il y a l'air d'avoir toujours autant, voire davantage, de miséreux dans Paris – dans le métro, par exemple, c'est assez effarant.
Hier, la partie s'est déroulée dans le quartier Charonne, qui jouxte Bastille. Une cinquantaine de mal-logés – dont 10 enfants –, réclamant un logement social, avaient investi et occupaient un immeuble vétuste et vide, voué à la démolition. Rejoints ensuite par des militants et sympathisants, les squatteurs ont grossi en nombre et en visibilité. Jusqu'à hier soir. Plusieurs escouades de CRS ont été envoyées sur place. Vers 23 heures, les policiers ont forcé l'entrée du squat. Ses occupants, réfugiés au deuxième étage, ont entamé un face-à face, tendu, avec les forces de l'ordre, scandant des «Non, non, non aux expulsions!» Vers minuit, l'immeuble a été entièrement évacué, et ses occupants embarqués manu militari au commissariat. Fin de la partie. Jusqu'à la prochaine fois.
11:29 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, logement, pauvreté, social, police
02/11/2012
Une grève évitée de justesse
Le Parisien moyen n'en a sans doute jamais rien su: ce conflit social n'a été que très peu médiatisé. Il n'empêche, il s'en est fallu de peu qu'il ne puisse pas, hier, se rendre au cimetière – comme le veut la tradition, le 1er novembre. Un préavis de grève, en effet, avait été déposé par un syndicat des personnels. Et il n'a été levé qu'in extremis.
Le syndicat à l'origine de ce mouvement proteste (ici) contre le régime de travail en vigueur à Paris depuis 2008, concernant le jour de la Toussaint. Il «impose une obligation de service à tous les personnels de la surveillance affectés dans les cimetières parisiens». Auparavant, en revanche, la mairie fonctionnait sur le principe du volontariat: ce jour férié-là, ne travaillaient que les agents qui le voulaient bien. Le système actuel, selon ses opposants, «a pour répercussion de mettre les agents de confession chrétienne dans l’impossibilité de participer, ne serait-ce qu’une fois tous les deux ans, aux offices religieux de la fête de tous les Saints».
«On est assez en colère, c’est de la discrimination. On nous manque de respect», a fulminé le dirigeant du syndicat, après une infructueuse réunion de conciliation tenue à la mairie. Réunion à la suite de laquelle, néanmoins, le mot d'ordre de grève a été levé, la veille du jour J. Levé «par respect pour les familles», et par souci de «ne pas troubler la paix de nos cimetières, en ce jour de recueillement». Hier donc, en attendant d'éventuelles suites juridiques à ce dossier – un recours devant les juridictions du travail n'est pas exclu –, les Parisiens ont pu se recueillir dans les cimetières. Aux grilles d'entrée desquels les candidats grévistes ont renoncé à s'enchaîner, comme ils l'avaient imaginé.
Un tel mode de protestation, dans un tel contexte et dans de tels lieux, cela aurait assurément été assez spectaculaire, voire aurait pu tourner à l'incident.
11:32 Publié dans Dans les coulisses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, social



