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22/04/2015

Une nouvelle offensive

paris,transports,tourisme,economie,environnementUne nouvelle étape, dans l'impitoyable guerre des prix que se livrent les compagnies aériennes traditionnelles et leurs rivales à bas coût. Cette fois, l'escarmouche a lieu sur le champ de bataille parisien. Elle oppose Air France à EasyJet. Et concerne le business très lucratif des navettes entre la capitale française et l'aéroport de Roissy CDG.

Aujourd'hui, seules deux possibilités s'offrent à qui n'est pas motorisé, souhaite se rendre à Roissy, mais ne veut prendre ni le RER (avec la qualité de service qu'on lui connaît), ni le taxi (dont coût, une cinquantaine d'euros). Soit le Roissybus, opéré par la RATP à un tarif analogue à celui du RER (11€). Soit les cars Air France, plus confortables mais plus chers: 17€ voire 17.50€, en fonction du lieu parisien de départ ou d'arrivée. Un gros changement est annoncé, à partir du mois prochain. Si l'on s'y prend un peu à l'avance, on pourra effectuer un tel trajet pour... six à huit fois moins cher.

EasyJet, en effet, a décidé de casser les prix, sur ce marché. Le 15 mai, sa filiale EasyBus inaugurera un service de navettes reliant directement Roissy au quartier Louvre-Palais Royal, pour un tarif de départ de... 2 euros. Ces minibus de 16 places opéreront 80 rotations par jour, à raison de deux par heure. Leur réservation se fera uniquement par internet (). En vertu du principe régissant le low cost, plus l'on réservera à l'avance, plus le tarif sera avantageux. Quelque 26.000 sièges sont d'ores et déjà mis en vente, depuis le 31 mars dernier. Ces minibus seront prioritairement destinés aux passagers voyageant sur EasyJet, mais ils seront accessibles également aux clients d'autres compagnies aériennes. La société opère déjà de telles navettes à bas coût à partir ou vers les aéroports de Genève, Gatwick, Luton et Stansted.

L'histoire ne dit pas (encore) si ces minibus carbureront ou non au diesel. Et donc s'ils contribueront ou pas à gratifier les touristes qu'ils transportent d'une atmosphère parisienne encore un peu plus polluée qu'à son habitude. En tout cas, au moment où la mairie entend interdire le centre-ville aux cars de tourisme, si polluants, les professionnels du secteur semblent avoir déjà trouvé la parade: les minibus.

05/03/2015

Une «position à développer»

Dans la vie, chacun sans doute a les intérêts et les préoccupations qu'il peut/veut. Cela vaut aussi pour les membres du gouvernement. Faisons donc un rapide écho à cette initiative que vient de prendre le ministre des Affaires étrangères – et du Tourisme, n'arrête-t-il pas de rappeler –, Laurent Fabius.

Les sujets de tension et conflits sanglants ne manquent pas, de par le monde? Cette semaine, néanmoins, le chef de la diplomatie française a pris sur son temps pour nommer un... «M. Croisières».

Un «Chargé de mission pour le développement des croisières maritimes et fluviales». Celui qui a été choisi pour occuper ce poste est Jacques Maillot: le fondateur et longtemps dirigeant du groupe «Nouvelles Frontières», grande gueule médiatique du monde patronal, s'il en est.

«Sur ces deux marchés touristiques en pleine croissance» que sont les croisières maritimes et fluviales, «la France occupe aujourd'hui une position en deçà de son potentiel, qu'il s'agit de développer fortement», a justifié le quai d'Orsay. Qui juge qu'avec son «expérience reconnue dans le domaine du tourisme», Jacques Maillot sera le mieux placé pour booster le «made in France», dans ce secteur économique également.

«Cette mission (confiée à l'intéressé) est bénévole», a pris soin de préciser le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Sans doute est-ce déjà cela.

02/03/2015

Un tassement, qui se confirme

Tourisme, International, Economie, TerrorismeDe mauvais chiffres à nouveau, concernant le tourisme. Or, pour l'économie parisienne, c'est un secteur absolument vital: un emploi sur six, dans la «Ville lumière», est lié à cette activité.

Tout comme n'avaient pas été bons les derniers chiffres de la fréquentation dans la capitale (relire ), c'est à présent ceux relatifs au pays tout entier qui font état d'une baisse de 1,2% du nombre de nuitées, dans l’ensemble des hébergements touristiques. La fréquentation des hôtels, elle, régresse pour le cinquième trimestre consécutif. Ce tassement est essentiellement dû à la clientèle, non internationale, mais française – l'effet du marasme économique ambiant, sans doute.

Pour Paris, ces données sont d'autant plus préoccupantes qu'elles concernent le quatrième trimestre 2014. Donc la période avant les attentats de la mi-janvier 2015. Or, on le sait (relire ici), ceux-ci ont eu un impact sur la fréquentation touristique étrangère: ils ont fait chuter notamment le nombre de visiteurs originaires du Moyen-Orient.

Sur ce plan, d'ailleurs, les semaines ont beau passer, la situation semble tarder à s'arranger. D'après des chiffres qui circulent dans le secteur hôtelier, à Paris en février, les hôtels quatre étoiles ou plus ainsi que les palaces ont enregistré carrément un taux de 60% d’annulation de leurs réservations. Et les restaurateurs ont vu leur chiffre d'affaires régresser de 11%. A en croire les professionnels du tourisme, le redémarrage des affaires est en fait beaucoup plus lent qu'il y a vingt ans: après la vague d'attentats qu'avait perpétrés le GIA algérien dans les transports publics parisiens, en 1995.

21/01/2015

Un impact saisissant

Paris, Economie, Tourisme, SécuritéRéunion de crise, ce mercredi, des instances en charge du tourisme à Paris. Et pour cause. C'était très prévisible, mais cela n'en reste pas moins saisissant dans son ampleur: les attentats de début janvier ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale, dans la capitale.

Le week-end dernier encore, la fréquentation hôtelière y a été 10% inférieure à celle de la même période de 2014. La chute du chiffre d'affaires du secteur est plus spectaculaire encore, depuis deux semaines. Certains jours, elle dépasse les 25%. La tendance à la baisse ou à l'annulation des réservations a été constatée dès le 8 janvier, au lendemain de l'attentat contre «Charlie Hebdo». Et ce, en dépit de l'avis que l'Office du tourisme de Paris a mis sur son site web, assurant les internautes et les candidats au voyage qu'elle était «mobilisée plus que jamais pour la sécurité des Parisiens et de ses visiteurs».

Selon les observateurs du secteur (ici, par exemple), cette chute «est globalement plus sensible dans l’hôtellerie haut de gamme, fréquentée par une clientèle internationale plus sensible aux événements géopolitiques». Ce créneau pourrait même souffrir plus durablement de la crise. En effet, la clientèle moyen-orientale, très importante dans l'hôtellerie de grand luxe (palaces, etc.) pourrait être sensible notamment au climat anti-français croissant dans le monde arabe, à la suite de la publication par «Charlie» des caricatures du Mahomet.

Paris, Economie, Tourisme, SécuritéLes professionnels du tourisme parisien espèrent toutefois pouvoir garder le moral, à la lumière des enseignements que, dans le passé, à l'étranger, on a pu tirer d'une identique actualité dramatique.

Ainsi, les attentats de masse à Londres et à Madrid avaient, pareillement, fait s'effondrer la fréquentation touristique. Mais le mouvement ne s'était pas non plus éternisé, et les choses étaient rentrées dans l'ordre après quelques mois.

Le problème est que, à Paris pour l'instant, le tourisme n'est pas le seul secteur économique qui est touché de plein fouet par l'impact des attentats. Dans la plupart des boutiques et des grands magasins de la capitale, les quinze premiers jours de la période des soldes ont été catastrophiques. Et même le secteur du divertissement peine, visiblement – la semaine dernière encore, les salles de cinéma de la «Ville lumière» ont pâti d'une fréquentation en baisse de 50%.

22/12/2014

Une vache sacrée

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationUne note de saison, pour bien entamer la semaine – puisque c'est celle du début des vacances scolaires. Pour remarquer que, plus que jamais, le secteur touristique est décidément la vache sacrée par excellence, dans cette France qui, pourtant, se pique de réformer à tout va.

C'était déjà très patent depuis que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est devenu aussi le ministre du Tourisme. Lui qui n'a que les mots «diplomatie économique» à la bouche semble avoir désormais pour préoccupation première le sort des pauvres touristes chinois privés de shopping le dimanche à Paris, les boutiques Chanel y étant fermées ce jour-là. Mais le veau d'or touristique s'impose visiblement dans l'Education aussi. Ainsi, l'autre soir, à la télévision – et hier soir encore, sur une radio – , la ministre Najat Vallaud-Belkacem a fait comme si elle avait complètement oublié la promesse d'un de ses prédécesseurs, Vincent Peillon, de réformer dès 2015 le calendrier des vacances scolaires d'été. Et, en l'occurrence, de raccourcir un peu ces vacances, tous les experts s'accordant pour juger leur longueur inadaptée aux rythmes scolaires des enfants.

Mais voilà, cela fait bien vingt ans qu'aucun gouvernement n'ose s'attaquer à ce dossier. Apeuré à l'idée de se prendre les récriminations à la fois des hôteliers et des restaurateurs, des plagistes et des campings, des chemins de fer et des compagnies aériennes, des locations de vacances ou des festivals culturels. Sans oublier le lobby des associations familiales. Et les protestations de tous les offices départementaux et régionaux du tourisme que compte l'Hexagone.

Cette frilosité, s'agissant de ce dossier, gagne d'ailleurs y compris les Vallsistes purs et durs, censés pourtant grands réformateurs devant l'éternel. Pour preuve, l'autre jour, au Parlement, le sénateur Luc Carvounas, très proche du Premier ministre, y est allé de gémissements plaintifs. Il s'est ému des «craintes légitimes» que ce sujet «délicat» et «très  sensible» suscite chez les professionnels de l’industrie du tourisme. «Il ne faut pas opposer les uns aux autres de manière démagogique», a-t-il plaidé, prônant que l'amélioration des temps scolaires des élèves se fasse «sans pénaliser la première industrie de France». Le gouvernement l'a vite rassuré, précisant avoir parfaitement «entendu les interrogations et inquiétudes des professionnels du tourisme».

Economie, Tourisme, Gouvernement, EducationL'exécutif, dès lors, va veiller à «chercher l’équilibre entre le bien-être des élèves, l’organisation de la vie familiale, et certains impératifs économiques et sociaux». Certes, officiellement, c'est toujours «l'intérêt des élèves» qui le «guide prioritairement». Car «l’école doit privilégier l’intérêt des enfants sur celui des adultes», et cela passe notamment par «une bonne adaptation du calendrier scolaire aux besoins de repos des élèves». Dans les faits, cependant, pour ménager la vache sacrée touristique, une fois encore rien ne sera fait en la matière, d'ici à l'été.

Encore bravo.

29/09/2014

Un joli doublé

Tourisme, Social, Paris, LuxeL'info est passée assez largement inaperçue, à Paris à la fin de la semaine dernière. Vu l'abondance et la gravité de l'actualité en France par ailleurs. Il n'empêche, elle fera date, car est elle unique dans les annales du secteur économique concerné (et de son histoire sociale): celui de l'hôtellerie parisienne de grand luxe.

Vendredi, après huit jours de grève, le petit personnel du «Park Hyatt Paris-Madeleine» a obtenu gain de cause. Ces femmes de chambre, gouvernantes, équipiers et autres valets de chambre réclamaient l'alignement de leurs salaires et conditions de travail sur ceux des employés des palaces. Leur direction a fini par céder. Elle leur a octroyé une augmentation de plusieurs centaines d'euros par mois ainsi qu'une prime de fin d'année équivalente à un treizième mois. Quelques jours plus tôt, ce sont leurs collègues du «Park Hyatt Vendôme», à deux pas de la place du même nom, qui avaient eux aussi remporté des avantages similaires, et donc mis fin à leur grève. L'an dernier, déjà, à l'issue également d'un mouvement social (relire ), plusieurs de leurs revendications avaient été rencontrées.

Pour les intéressés, ces acquis sont d'autant moins négligeables que, dans le secteur hôtelier parisien, les salaires et conditions de travail sont rarement mirobolants (relire ici).

A titre d'anecdote, le dénouement de ces deux conflits sociaux.a pu être favorisé par... la «Fashion Week», en cours au même moment à Paris.

Tourisme, Social, Paris, LuxeEn effet, cet événement draine une très importante clientèle dans les hôtels de luxe, et notamment dans les «Park Hyatt». Et, parmi cette clientèle, des représentants de médias du monde entier. Sans doute, dès lors, la direction de ces établissements a-t-elle voulu éviter des situations embarrassantes en termes d'image et de communication. Comme les rencontres fortuites entre ces clients de choix et un petit personnel en train de manifester, de brandir des calicots syndicaux pas trop glamour, et de scander des slogans tout sauf feutrés («L’esclavage est fini», «Hyatt exploiteur», etc.).

08/09/2014

Un tassement, éphémère ou structurel?

Musées, Culture, Tourisme, Paris Si la saison touristique a été très moyenne à Paris – comme on l'évoquait, l'autre jour –, cet été à nouveau, les grands lieux culturels n'ont pas désempli. Les chiffres de 2014 ne sont pas encore tombés, mais, a priori, le classement des sites les plus visités ne devrait pas être bouleversé. Devrait continuer à caracoler en tête l'inévitable duo formé par Notre-Dame (14 millions de visiteurs, en 2013) et le Sacré-Coeur (10,5 millions), puis les suivre Le Louvre (9 millions), la tour Eiffel bien sûr (6), le Centre Pompidou (3) et, plus loin, le Musée d'Orsay, la Cité des sciences, l'Arc de Triomphe, et le Grand palais.

C'est au Louvre que les chiffres de 2014 seront particulièrement attendus. L'an dernier, en effet, s'il est resté le musée le plus visité au monde, il a vu sa fréquentation régresser. Son dernier rapport d'activités en date prend d'ailleurs acte de ce tassement. «La richesse des collections continue d'attirer un public nombreux aux origines très diversifiées», se contente-t-il de noter () sobrement, loin des cocoricos avec lesquels avaient été saluées les hausses de fréquentation en 2012 (+9%) et en 2011 (+6%).

A bon droit, les communicants du Louvre rappellent que, désormais, son activité «ne se limite pas aux seuls murs du Palais, mais s'étend bien au-delà». Cela renvoie notamment au Louvre-Lens, dont le succès de foule nuance largement ce bilan parisien moyen. On ajoutera que, pour les finances de toute institution culturelle, et donc pour Le Louvre aussi, le nombre total de visiteurs importe moins que le nombre d'entrées payantes.

A cet égard, il sera intéressant de voir comment, cet été, le public a réagi à la grande nouveauté qui a été introduite en avril: la suppression de la gratuité de l'accès aux collections chaque premier dimanche du mois (ici). Ces dimanches-là, les visiteurs ont-ils beaucoup moins afflué? Ou ont-ils accepté de payer? Réponse dans quelques mois.

02/09/2014

Un mauvais classement, un de plus

Paris, Tourisme, International, Art de vivre Ils se succèdent, décidément, les classements internationaux mauvais pour Paris, dans le domaine touristique. Après la destination de voyages pas trop sympa – on évoquait cela hier –, voilà la ville aux hôtels crasseux.

Un classement rendu public hier, établi sur la base des avis rendus par des voyageurs, place la «Ville lumière» au sixième rang des cités mondiales dont les hôtels sont les plus sales – Bruxelles n'affiche pas un score beaucoup plus fameux, cela dit. En la matière, si on est un peu à cheval sur la propreté, rien ne vaudrait Tokyo, Varsovie ou Seoul. Et rien ne serait pire que Rio, Londres ou Oslo.

Sans doute y a-t-il, en effet, des hôtels peu ragoutants, voire miteux carrément, dans la capitale française. On est très mauvais juge, vu que, forcément, habitant cette ville, on n'y descend jamais à l'hôtel. Il n'empêche, on imagine la tête qu'ont dû tirer hier, à la découverte de ce classement, les hôteliers parisiens qui – il doit bien y en avoir – essaient de bien faire leur boulot. Et tout le petit personnel de chambre et d'entretien qui, malgré des conditions sociales et salariales pas mirobolantes (relire ici), tente de faire de son mieux, quotidiennement. Ce doit être bien difficile d'être accusé comme ça, du jour au lendemain, de détenir quasiment le record mondial de la crasse.

01/09/2014

Une réputation perfectible?

A Paris, la saison touristique qui s'achève a été aussi moyenne que la météo – la capitale a connu un été assez pourri. En juillet et en août, dans la «Ville lumière» et sa région, la fréquentation touristique a été stable, sans plus. Et, sur l'ensemble du premier semestre, elle a été en retrait par rapport à l'an dernier. Un bilan pas trop fameux, donc. Traduit dans la com' de l'Office du tourisme, cela donne: une fréquentation qui «tire son épingle du jeu, dans un contexte difficile». Encore heureux que s'est poursuivie la croissance des visiteurs en provenance des Proche et Moyen Orient (+26,2% d’arrivées hôtelières dans Paris intra-muros). Sans cette clientèle, le bilan touristique parisien aurait été pire encore.

Au fond, la France en général et sa capitale en particulier auraient-elles un problème d'image? En tout cas, auprès de certains publics étrangers? Cet été, un sondage a fait un certain bruit dans les milieux touristiques parisiens. Il portait sur les villes mondiales les plus sympas («friendly») envers leurs visiteurs étrangers, et était réalisé auprès des lecteurs (américains, essentiellement) du magazine «Conde Nast Traveler». Dans ce classement, Cannes, Paris et Marseille (tout comme Monaco) figuraient parmi les villes du monde les moins sympas.

Marseille se voyait reprocher ses «trop nombreuses zones peu recommandables» et son «atmosphère menaçante pour les touristes». Cannes était reléguée au rang d'«anecdotique Las Vegas européen». Quant à Paris, les Américains continuent à la trouver «fabuleuse» et «romantique», mais ils ont visiblement un problème avec ses habitants. «Personne ne vous viendra en aide, si vous êtes perdus», notait ainsi le magazine.

L'été dernier, une grande campagne de sensibilisation («Do you speak touriste?») avait été menée auprès des Parisiens, visant précisément à améliorer l'accueil des touristes étrangers. Visiblement, donc, s'il faut en croire ce sondage, des progrès restent à faire, dans ce domaine.

21/05/2014

Une «reprise mitigée»

Paris, Economie, Emploi, Social, TourismeL'autre jour, dans ce blog, on écrivait combien les bons chiffres de la fréquentation touristique à Paris étaient importants, s'agissant d'un secteur économique vital pour la «Ville lumière». C'est ce que met également en lumière la dernière note de conjoncture que l'Insee (Institut français de la statistique) a publiée hier, consacrée à l'emploi à Paris et dans sa banlieue. A sa lecture, on perçoit combien ces chiffres corrects de la fréquentation touristique sont une bonne nouvelle, tant les derniers mois de 2013 n'avaient pas été folichons. Ainsi, «entre juillet et décembre 2013, les nuitées ont diminué de 0,6% par rapport à l’an passé. L’activité pâtit de la forte diminution de la fréquentation hôtelière de la clientèle française (-9,1% en un an sur la période de juillet à décembre 2013), qui n’est pas entièrement compensée par la fréquentation plus importante de la clientèle étrangère (+6,3%)».

Malgré cette fréquentation hôtelière «en demi-teinte fin 2013», «le secteur de l’hébergement (touristique) et de la restauration reste dynamique (1700 emplois supplémentaires, soit +0,6% en un an)». Cela tombe d'autant mieux que, dans nombre de secteurs de l'économie parisienne, cela patine. Dans le commerce, l'emploi «se stabilise», guère plus. Dans la construction neuve, «l’activité est orientée à la baisse». Dans l'industrie, «l'emploi continue de reculer» (61.000 postes perdus ces six dernières années).

Au total, à la fin 2013 et tous secteurs confondus, l’emploi n'a progressé que de 0,3%, dans la capitale. Logiquement, «la progression du nombre de demandeurs d’emploi n’a que faiblement ralenti», les chiffres du nombre de demandeurs d'emploi parisiens (875.000) dépassant même «les niveaux record enregistrés au cours des quinze dernières années». Ce qui place le taux de chômage parisien à 8,6%, en diminution trimestrielle très infime (-0,1). Conclusion? La capitale ne bénéficie que d'une «reprise mitigée» de son économie.

Et il n'est pas sûr que les Parisiens s'en consoleront en apprenant qu'en province, la situation de l'emploi est encore moins enviable (il y a régressé de 0,4%), et/ou que le taux de chômage en France métropolitaine dans son ensemble (9,8%) est encore plus élevé qu'à Paris.

15/05/2014

Un trésor, précieux

Paris, Economie, Tourisme, International, BelgiqueC'est le chiffre de la semaine. 29,3 millions. Soit le nombre de touristes que Paris a accueillis, en 2013. Parmi eux, 12,1 millions de visiteurs étrangers. Dont, pour l'anecdote, 281.300 Belges, en recul (-5%) par rapport à 2012. Selon l'office du tourisme de la capitale française, qui vient de publier ces données, cela confirme que la «Ville lumière» demeure bel et bien la première destination touristique mondiale. Il y a quelques mois, la question avait agité la campagne électorale pour les municipales (relire ici).

Alors, on est le premier à avoir toujours trouvé un peu agaçant, voire puéril, que Paris insiste sans cesse, aussi lourdement, et sur un ton aussi cocardier, sur son leadership mondial, sur le plan touristique. Mais, si cette ville est obligée en permanence d'en faire autant, en la matière – et notamment en termes de communication –, c'est parce que le tourisme est un secteur absolument vital, pour l'économie locale. Cette attractivité touristique mondiale et l'énorme manne financière qui en découle sont un trésor précieux, que la ville doit veiller en permanence à entretenir.

En guise d'illustration, ce chiffre, qui est généralement peu connu à l'étranger, mais que les Parisiens, eux, et au premier chef leurs élus, ne perdent jamais de vue: dans la capitale française, un emploi sur six – ce qui n'est pas rien, a fortiori en cette période de crise – dépend directement du tourisme. En d'autres termes, l'attractivité touristique mondiale de Paris viendrait à baisser, des dizaines de milliers d'emplois seraient directement menacés. Et probablement davantage encore d'emplois indirects.

14/04/2014

Une si maigre consolation

Paris, Tourisme, Social, Economie, PatrimoineUne adresse de grand luxe en moins à Paris, dès aujourd'hui. Puisque c'est ce lundi que le Lutetia, le célèbre hôtel de la rive gauche, ferme ses portes. Pour trois années de gros travaux – l'installation d'une piscine, en sous-sol, est notamment prévue.

On l'avait relaté, à l'époque (relire ): cette fermeture a fait l'objet d'un véritable bras de fer social. Qui a débouché sur plusieurs manifestations dans et aux abords du si sélect établissement – du jamais vu, auparavant. Le contentieux n'est d'ailleurs toujours pas réglé. A la mi-mai, le comité d'entreprise et le syndicat CGT traîneront en justice la direction de l'établissement (un grand groupe isréalien). Ils ne décolèrent pas contre «le dilemme» devant lequel, selon eux, a été placé le personnel de l'hôtel. A savoir, «accepter une baisse dramatique des salaires pendant les travaux, avec l’acceptation du chômage partiel de longue durée. Ou accepter le plan de départ "volontaire", sans certitude d’être réintégré».

En attendant, les quelque 200 employés de l'hôtel auront la consolation de pouvoir acheter à prix préférentiel... des peignoirs de bain siglés Lutetia ainsi que d'autres articles à l'effigie du célèbre établissement, avant que le tout soit mis en vente publique.

Un peignoir siglé. Quelle belle attention. Quel merveilleux signe de générosité. On croit rêver.

11/04/2014

Un casse-tête sécuritaire

Ce sera l'événement du week-end, dans la «Ville lumière». La réouverture, après plusieurs années de gros travaux, du Zoo de Vincennes, rebaptisé Parc zoologique de Paris. Comme vient de le faire savoir (ici) la préfecture, les services de police ont été associés de près au chantier de rénovation des lieux et à la conception des espaces réorganisés. Comme le dit un inspecteur en chef de la santé publique et vétérinaire, «chacun garde en mémoire la mort d’un jeune soigneur de 23 ans: attaqué par un lion, en septembre 2001, dans la fauverie du zoo. Nous devons veiller à ce que ce type d’accident ne se reproduise pas».

On n'a pas forcément cela à l'esprit quand on visite un zoo, mais cet endroit – où cohabitent un millier d'animaux, de 180 espèces différentes – est un véritable casse-tête, en termes sécuritaires. Le premier impératif est évidemment de sécuriser les enclos. Mais ce n'est pas le seul. «Il faut aussi penser à la prévention des risques, notamment chimiques. Avec le stockage de produits dangereux comme l’acide chlorhydrique, pour réguler le pH des bassins, la conservation des médicaments pour les animaux, la sécurisation de cuves de stockage de gasoil pour les camions, penser aux armoires blindées pour enfermer les armes et fusils hypodermiques», etc. Sans oublier de prendre en compte le risque sanitaire, lié par exemple aux infections transmissibles de l’animal à l’homme (type grippe aviaire).

Pour la petite histoire, cette réouverture du zoo a mis à contribution de manière inédite les agents des compagnies motocyclistes de Paris.

Leur travail habituel, ce sont les contrôles de vitesse et d'alcoolémie, l'escorte de personnalités, ou l'encadrement des transferts de détenus. Là, ils ont eu à gérer un convoi exceptionnel assez inhabituel: le transport d'un des futurs pensionnaires du parc zoologique. Un lamantin de 450 kg, en l'occurrence. Qui, pour rejoindre son nouveau bassin, a effectué un trajet de plus de 500 km, tout en étant «maintenu dans son milieu aquatique durant la totalité du périple». La compagnie des motocyclistes parisiens l'a escorté jusqu'à Vincennes, depuis le péage de Senlis. «Mission particulièrement délicate, pour ces fonctionnaires». Mais mission accomplie: «0 coup de frein donné, pour une vitesse moyenne de 80km/h».

C'est merveilleux.

10/03/2014

Un éternel malaimé

Paris, Transports, Histoire, Tourisme, International, Economie Sans tambours ni trompettes, l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle vient de fêter son quarantième anniversaire. En effet, c'est le 8 mars 1974 qu'il avait été inauguré.

Quarante ans plus tard, Roissy-CDG, ce n'est vraiment pas rien, en termes de masse. Quelque 62 millions de passagers accueillis chaque année, le deuxième aéroport le plus fréquenté d'Europe (après Londres-Heathrow), le septième au monde, 150 compagnies aériennes l'utilisant, 116 mouvements d'avions chaque heure, deux avions par minute aux heures de pointe, 100.000 emplois directs et indirects.

Indéniable succès quantitatif, donc. Et... énorme problème qualitatif. Ce blog a plusieurs fois eu l'occasion de l'écrire, ces dernières années (relire ici, ou ): Roissy-CDG fait partie des aéroports les plus détestés et décriés, dans le monde entier.

Mais, a-t-on vu, lu et entendu de toutes parts, dans les médias ces derniers jours, les nouvelles infrastructures inaugurées à l'occasion de ce quarantième anniversaire sont vraiment impeccables.

On se réjouit de découvrir cela, en partant en vacances cet été – mais cela paraît encore si loin.

28/02/2014

Une tradition devenue très minoritaire

Un sondage particulièrement de saison, pour terminer cette semaine située en plein congé de février. Et cette enquête d'opinions confirme qu'elle est bien révolue, la tradition française des vacances de février à la neige – l'époque «Les Bronzés font du ski», en somme.

D'après l'institut Ifop, «près de huit Français sur dix (78%) n’ont pas le projet de partir en vacances pour les congés scolaires de février/mars». C'est quatre points de plus que les deux saisons précédentes. De même, 74% des sondés assurent qu'ils n'ont pas l'intention de partir à l'occasion des prochains congés scolaires de Pâques. C'est deux points de plus que l'an dernier.

Le manque d'argent (26%) et le souhait d'économiser en vue d'autres dépenses (18%) ne reviennent pas marginalement, dans les motivations citées par les sondés pour expliquer leur choix de ne pas partir au ski, ces deux semaines. Les privilégiés qui partent ont un budget moyen (962 euros) en baisse de 100 euros par rapport à l'an dernier à la même époque.

Parmi ces chanceux, la montagne reste une destination privilégiée. Cette année encore, 46% de ces vacanciers de février s'offrent les joies des sports d’hiver, contre seulement 17% et 18% qui leur préfèrent un séjour à la campagne ou à la mer, respectivement.

Bonnes vacances, où que ce soit, si vous avez la chance d'en prendre.

06/02/2014

Une idée fixe

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalC'est la fin d'un système qui existait depuis près de quinze ans. Une remise en cause en catimini, comme embarrassée. Lundi, Le Louvre a confirmé avoir décidé que, pendant la haute saison touristique (d'avril à septembre), le premier dimanche du mois ne serait plus synonyme de gratuité d'accès à ses collections permanentes. Ce changement est formalisé sur la page de son site web détaillant les horaires et tarifs.

Pourquoi revenir sur cette gratuité dominicale mensuelle? Les agences de voyage étrangères auraient abusé. Elles auraient pris l'habitude d'organiser un grand nombre de visites précisément à ces dates-là. Cela aurait conduit à une «hyper-fréquentation» du musée, ces dimanches, au détriment de «la satisfaction des visiteurs» et des «conditions de travail» du personnel.

Les problèmes que poserait la clientèle étrangère: c'est décidément une idée fixe, au Louvre. Un tel argument avait déjà été brandi il y a quelques années, dans un débat tarifaire voisin (relire ici ou ).

Serrer la vis sur les tarifs, parce qu'il y a trop d'étrangers. Il y aurait une autre façon, plus glorieuse, de résoudre le problème présent.

Musées, Culture, Arts, Economie, Tourisme, InternationalLe personnel du musée est surchargé les premiers dimanches de mois? La qualité de la découverte artistique s'en trouve dégradée? Que ce musée prenne ses dispositions. Qu'il augmente ses effectifs ces jours-là, pour encadrer plus efficacement ces visites: les canaliser, via l'ouverture de salles supplémentaires, etc.

Certes, cela lui coûterait plus cher qu'à présent, en termes de nombre de personnels rémunérés au tarif dominical. Mais, quand on accueille plus de 9 millions de visiteurs à l'année, à un tarif payant supérieur à 10 euros par personne, on peut difficilement faire preuve de pingrerie.

17/01/2014

Un sujet doublement sensible

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetVif agacement à la mairie de Paris, hier. A la constatation du grand écho donné par les médias à une note de l'office du tourisme britannique, publiée le matin même par «Le Figaro». Elle indique que Londres pourrait bientôt détrôner Paris, au rang de ville la plus visitée au monde, par les touristes. Une allégation que la mairie a nuancée, hier soir: dans un communiqué un peu énervé.

Enervé, parce que ce sujet est doublement sensible, ici.

D'abord, pour une raison psychologique. La capitale française n'a jamais digéré l'affront d'avoir été battue, et sèchement, par son homologue britannique, pour l'attribution des derniers JO. Or, ce sont précisément ces Jeux, et l'afflux de visiteurs qu'ils occasionnèrent à Londres, qui pourraient permettre à cette ville de battre Paris, en termes de fréquentation touristique. Cela retourne donc, et douloureusement, le couteau dans une plaie jamais cicatrisée.

Sensible aussi, parce que le sujet a clairement une dimension politique. Dans le sens où ce nouvel épisode dans la vieille guerre Londres-Paris survient dans un contexte politique parisien bien particulier: celui de la campagne, musclée, en vue des élections municipales de mars.

Paris, Tourisme, International, Sports, Personnalités, Elections municipales, Hidalgo, Kosciusko-MorizetHier, dans les couloirs de la mairie, on n'a cessé de pester contre Nathalie Kosciusko-Morizet. La candidate de la droite à la mairie est accusée d'avoir, avec la complicité du très sarkozyste «Figaro», été à l'origine de ce buzz médiatique. Qui, en boucle et pendant toute la journée, a tapé sur le clou des points faibles touristiques de la «Ville lumière», face à Londres: magasins ouvrant peu le dimanche, ville «bonnet de nuit» avec ses bars fermant à 2 heures du matin, insécurité, saleté, etc. Or, ce sont autant de thèmes de campagne de NKM, et d'arguments qu'elle utilise pour descendre en flammes le bilan de la municipalité sortante.

Mais sa rivale socialiste, Anne Hidalgo, n'a pas tardé à réagir. Ce matin, son équipe de campagne a frontalement accusé NKM d'avoir minablement basculé dans un «Paris bashing» déloyal et très peu patriote, motivé par de basses considérations électoralistes.

Cela promet, pour le ton du reste de cette campagne, dans la capitale. Pendant les 64 jours qui séparent encore du premier tour.

16/01/2014

Une coïncidence, pas flatteuse

On est là, bien sûr, dans un registre très anecdotique: celui du folklore à vocation touristique. Mais c'est une coïncidence de deux annonces, tombées quasi au même moment hier, qui n'est pas forcément valorisante, pour la France et pour Paris.

La première annonce: la confirmation (, par exemple) que le Musée Grévin va bientôt honorer, par une statue de cire à son effigie, l'animateur de télé Patrick Sébastien. La seconde: son homologue à Rome, le Museo delle Cere, a choisi, lui, de rendre hommage au Sud-Africain Nelson Mandela, qui s'apprête donc à rejoindre sa galerie de personnalités statufiées.

Certes, il en faut pour tous les goûts. Mais, tout de même: on a donc, mis en valeur, d'un côté un bienfaiteur de l'humanité, et de l'autre le symbole du comique troupier télévisé.

Vive l'exception culturelle française.

11/10/2013

Un secteur en ébullition, plus que jamais

Coup de tonnerre, hier, dans le monde feutré de l'hôtellerie parisienne de prestige – qui, décidément, traverse une passe agitée (on en avait notamment parlé ici, dernièrement). A son tour, l'Hôtel Lutetia, le très beau 4 étoiles Art déco de la rive gauche, va fermer ses portes. Dès la fin 2014, et pour subir trois années de lourds travaux de restauration. Précédemment, déjà, avait fait sensation, dans ce petit monde de grand luxe, l'annonce de la fermeture du Ritz (relire ici) et du Crillon (), pour la même raison.

Et, une fois de plus, cela se passe mal avec le personnel. D'où, hier, des mouvements de protestation et des arrêts de travail ayant perturbé la quiétude du prestigieux établissement. Le propriétaire des lieux (le groupe israélien Alrov) n'offre que deux possibilités à ses 211 salariés. Soit ils voient leur contrat de travail suspendu pendant trois ans, ont l'assurance d'être réembauchés à la fin des travaux, mais, en attendant, doivent se contenter d'une indemnité équivalant à 12% maximum de leur salaire brut – ce qui ne fait pas lourd, vu le niveau des salaires dans le secteur (relire). Soit ils acceptent un départ volontaire et se retrouvent donc sur le marché de l'emploi, avec tout au plus une indemnité de départ un rien majorée (15%). Sinon? C'est la porte: le licenciement sec.

Les syndicats sont fous de rage contre ces propositions, jugées d'autant plus indignes que le groupe Alrov «annonce chaque année des bénéfices colossaux». Cet après-midi, dès lors, à l'occasion d'un rassemblement devant l'hôtel, ils vont manifester bruyamment leur mécontentement.

On n'a sans doute pas fini d'en parler, dans le tout-Paris, de ce dossier.

25/09/2013

Un secteur en ébullition

Encore un exemple de ce que l'on a déjà (d)écrit, dans ce blog: à Paris, le secteur du tourisme, s'il résiste bien à la crise (relire ici), se distingue souvent par des conditions de travail pas mirobolantes (relire ). Parfois, tout de même, les choses s'améliorent. C'est ce qu'il vient de se produire au «Park Hyatt Paris-Vendôme»: palace de 180 chambres situé rue de la Paix, à deux pas de la très chic place Vendôme.

Les petites-mains de cet hôtel (femmes de chambre, valets, équipiers, etc.) réclamaient une amélioration de leur sort, «très difficile». Leurs témoignages étaient sidérants. Ainsi, ces employés du room service ou des cuisines qui «font des doubles journées sans être payés». Ces pâtissiers travaillant «seize heures d’affilée, parfois sept ou dix jours d’affilée sans repos». Ou ces femmes de chambre qui ont «20 minutes pour faire une chambre, alors qu'on travaille seules – dans la plupart des palaces, les femmes de chambres sont à deux –, et si on dépasse le temps prévu, ce n’est pas payé». Le mouvement de protestation gagnait en visibilité et en médiatisation, au point de devenir un peu gênant envers la clientèle de l'élégant établissement: les slogans «L’esclavage est fini» ou «Hyatt exploiteur», scandés par des manifestants devant l'hôtel, cela jette un froid. Un accord social est donc intervenu, hier soir. Les grévistes ont obtenu une prime de fin d'année équivalente à un 13e mois, ainsi que l'abandon des contrats de travail inférieurs à 130 heures mensuelles.

Sans doute est-ce déjà cela. Ce qui n'empêche pas que, aux dernières nouvelles, la plus belle chambre du «Park Hyatt Paris-Vendôme» coûte toujours 16.000€ la nuit. Soit bien plus que ce que la femme de ménage la nettoyant chaque jour gagne, elle, en une année.

 

PS: Pour preuve que des choses se passent, dans ce secteur hôtelier: en banlieue de Paris, un autre mouvement de protestation vient lui aussi d'obtenir gain de cause. Le groupe Louvre Hôtels, propriétaire des «Campanile» et «Première classe» à Suresnes (Hauts de Seine), a promis d'améliorer les conditions de travail d'une vingtaine de femmes de chambre et de gouvernantes – qui étaient tenues de nettoyer, elles, plus de quatre chambres à l'heure.