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31/03/2009

Une couleur

«Vert anis!», s’enthousiasmait un Parisien moyen, interrogé à la radio locale ce matin. «Argenté, ou mieux encore: doré!», suggérait une touriste un peu bling, interrogée l’autre jour, lors d’un «micro-trottoir», pour le 20 Heures de TF1. «Rose», proposait plutôt un garçon délicat. «Bleu électrique», corrigeait un amateur de couleurs flashy. Bon, et bien non: ce sera brun. Couleur bronze, en fait. «Brun tour Eiffel», très exactement et officiellement. On parle de la couleur de la peinture qui, à partir d’aujourd’hui, va être apposée sur les armatures de la tour Eiffel. Qui fête ses 120 ans ce mardi. Jour où débute aussi la dix-neuvième campagne de peinture du monument touristique le plus visité au monde (rien que 7 millions de visiteurs l’an dernier!).

 

Gustave Eiffel avait voulu une tour brun rouge. Lors de son inauguration en 1899, elle avait les pieds orange et la pointe jaune clair. Aujourd’hui, à supposer même qu’ils auraient préféré le doré ou le magenta, les responsables parisiens n’auraient eu d’autre choix que la couleur bronze. En effet, la teinte si particulière du revêtement de la célèbre tour est désormais déposée et dûment enregistrée aux Monuments historiques. Précisément, expliquent ses gestionnaires, la teinte de la tour «est une couleur spécifique de trois tonalités (la plus claire est au sommet) de couleur bronze. Elle a été adoptée en 1968. Ces trois nuances différentes assurent aujourd’hui l’homogénéité de la couleur dans le ciel de Paris». Ce dégradé plus foncé en bas qu’en haut souligne aussi la ligne de fuite sur la silhouette élancée de la dame de fer.

 

Vingt-cinq ouvriers se chargeront du renouvellement de la peinture de la tour, une opération qui a lieu tous les sept ans et qui prendra vingt mois. Soixante tonnes de couleur seront utilisées. Lors du lifting de 2001, pour la première fois, une nouvelle peinture sans plomb avait été appliquée. Cette fois, une étape écologique supplémentaire est franchie puisque c’est exclusivement de la peinture bio qui sera utilisée . Les travaux de peinture seront effectués non à l’aide de pistolets mais uniquement avec des pinceaux ronds, afin de limiter les éclaboussures.

 

D’ailleurs, les millions de touristes qui visiteront la tour d’ici à l’achèvement de ses travaux de remise en couleur peuvent être rassurés: deux hectares de filets de protection seront déployés sur l’armature du monument, pour veiller à ce que les vêtements des visiteurs ne soient pas tachés par la peinture fraîche. Dans la capitale mondiale de l’élégance, a fortiori alors que les petites robes d’été ne vont plus trop tarder à faire leur réapparition en terrasse, on n’est jamais trop prudent. 

 

18/03/2009

Un imbroglio

Pas simple de s’y retrouver, sur les Champs-Elysées. Et plus spécifiquement sur la question si délicate de l’autorisation ou non du travail du dimanche en France. La célèbre avenue parisienne, en son édifice portant le n°101, illustre bien toutes les cacophonies actuelles sur le sujet, exacerbées par la décision de la majorité UMP, vu ses divisions, de reporter aux calendes grecques tout débat clair et franc au Parlement sur cette question.

 

Au 101 Champs-Elysées, la confusion a probablement atteint son comble dimanche dernier, et ce sera sans doute à nouveau le cas ce dimanche. A ce numéro de la célèbre allée, on  trouve le plus grand magasin au monde de la marque de luxe française Louis Vuitton. Cette enseigne bénéficiait depuis plusieurs années d’une autorisation préfectorale d’ouverture le dimanche. Mais, il y a quelques jours, tranchant un imbroglio juridique de plusieurs années, le Conseil d’Etat annula cette autorisation d’ouverture. Pour autant, dimanche sur les Champs, la boutique Vuitton était… bel et bien ouverte. En effet, cette enseigne estime être dans son bon droit puisque, d’après elle, l’autorisation préfectorale annulée n’était plus en vigueur et puisque, depuis, elle a été remplacée par une autre, lui permettant d'ouvrir le dimanche pendant trois ans et elle «pas concernée par ce jugement». Vuitton a donc ouvert ses portes.

 

Résultat des courses, le syndicat CFTC crie à «la mauvaise foi» et somme le préfet de retirer son autorisation à Vuitton. A l’UMP locale, en revanche, on estime «dommage d’obliger une enseigne qui porte le savoir-faire français à fermer le dimanche». Mais, à l’Assemblée, ce même parti peut difficilement confirmer légalement cela, tiraillé qu’il est, en son sein, entre libéraux en faveur de l’ouverture des magasins le dimanche et opposants réclamant le respect de la pause dominicale. Et, pendant ce temps, la préfecture et le ministère des Affaires sociales, qui ont vraisemblablement d’autres chats à fouetter en cette veille de grande journée de grève générale, se taisent dans toutes les langues.

 

Résultat, sur les Champs, plus grand monde ne comprend grand-chose. Seuls les touristes étrangers fortunés, grands consommateurs des célèbres sacs griffés français, trouvent peut-être cocasse cette confusion administrative si courtelinienne, et donc à cet égard si hexagonale. Les autres passent leur chemin, plutôt indifférents. Se disant probablement que, de toute manière, vu la crise actuelle, ce genre d’achats leur est hors de portée.

 

 

 

PS : Quand on écrivait hier, dans ce blog, que le climat de convivialité en ce moment à Paris, et dans le reste de la France, n’était pas terrible: cette nuit encore, dans le quartier Montmartre, des heurts ont opposé des CRS en tenue anti-émeute à des jeunes, en marge d’une manifestation étudiante. Actes de vandalisme, bris de verre, bombes lacrymo, vitrines brisées, insultes: un avant-goût de la grande journée de mobilisation de demain?

16/02/2009

Une crise?

Le bureau très vide, déserté par la plupart des collègues journalistes, partis au ski. Les rues très calmes – c’était frappant ce matin dans le onzième arrondissement; on se serait presque cru un dimanche. Pas mal de magasins qui ont baissé leur rideau métallique. Les métros où, même sur les lignes habituellement les plus saturées, en pleine heure de pointe, on trouve encore des places assises. Les passages piétons où l’on peut presque traverser sans même avoir trop regardé à gauche et à droite, tant il y a peu de trafic. Paris, depuis vendredi soir, tourne au ralenti. La capitale française, en effet, est entrée en période de vacances scolaires.

 

On s’était posé la question avant-hier, en voyant la cohue dans les grandes gares parisiennes et tous ces trains pris d’assaut par des armées rieuses de vacanciers: est-ce vraiment la crise pour tout le monde? Les Français ont beau se plaindre depuis des semaines de leur pouvoir d’achat, ils ont beau confier depuis des mois aux sondeurs leur moral historiquement bas, nombre d’entre-eux, manifestement, n'ont pas voulu cette fois encore faire une croix sur leurs sacrosaintes vacances de février. Quitte, sur place, à se serrer un peu la ceinture – d’où le succès des stations de sport d’hiver «low cost».

 

L’image internationale de la France, au demeurant, résiste elle aussi très bien à la crise. Témoin, cette étude qui vient de sortir, établissant un classement de la qualité de vie dans le monde en 2008. L’Hexagone y occupe la pole position, devant la Suisse, les Etats-Unis et le Luxembourg. C’est notamment la qualité de l’offre culturelle et de loisirs dans ce pays qui lui assure sa prééminence, ainsi que son système de santé et l’état des libertés. La Belgique, à la douzième position, ne fait pas mal non plus. Dans le bas du classement: l’Irak, la Somalie et l’Afghanistan. Vu de ces pays, évidemment, cette fameuse crise dont on parle tant en France paraît très relative.

18/12/2008

Un engin

Segway.jpgRestons sur les grands boulevards parisiens, mais dans un registre plus léger que ceux de la violence politique et de la précarité que l’on évoquait dans les notes d’hier et d’avant-hier. L’autre jour, en déambulant boulevard Beaumarchais, comme une semaine auparavant déjà sur le boulevard des Filles du Calvaire, on s’est fait dépasser en trombe par un nouveau mode de déplacement que l’on commence à voir pas mal à  Paris: le Segway.

 

Dans la capitale française, cette espèce de trottinette futuriste – on appelle cela un «gyropode», semble-t-il – est même désormais disponible à la location (ici ou , par exemple). Facturé 45 euros la demi-journée, voire carrément 30 euros de l’heure, il n’est pas sûr que ce nouveau mode de déplacement détrônera le Vélib dans le cœur des Parisiens. Mais, manifestement, à en juger aux idiomes que parlaient ses utilisateurs que l’on a croisés,  il a un certain succès auprès des touristes étrangers.

 

L’engin a l’air assez drôle à conduire, en tout cas. On n’a pas encore essayé cela. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque. Mais, un peu comme avec les rollers – qu’on a tant aimé autrefois user sur le bitume parisien, mais qu’on a depuis remisés au placard –, on a l’impression que, juché là-dessus, on aurait l’air un peu ridicule. Surtout, on aurait vraiment peur de se laisser aller à contribuer peu civiquement à l’insécurité sur les trottoirs. Car l’usage de cet engin a l’air très grisant. Ses utilisateurs qu’on a croisés, en tout cas, riaient tellement aux éclats qu’ils en oubliaient manifestement ses consignes d’utilisation: circuler «à la vitesse du pas», «laisser toujours la priorité aux piétons», «ne pas créer d’inquiétude inutile» chez les autres usagers du trottoir, etc.

10/12/2008

Un patrimoine

bouquinistes3.jpgIls sont une institution de Paris. Ce sont les descendants des colporteurs et des petits marchands d’almanachs du seizième siècle. Aujourd’hui, ils sont certainement les commerçants parisiens qui, à longueur d’années, sont les plus photographiés par les touristes venus du monde entier. Ils sont même répertoriés au patrimoine mondial de l’Unesco. Et ils seraient menacés. Qui? Les bouquinistes de Paris. Ces quelque 200 marchands de livres anciens dont les 900 fameuses boîtes vertes sont accrochées sur les parapets de dix quais de la Seine. Sur une longueur totale de trois kilomètres: du Pont Marie au quai du Louvre et du quai de la Tournelle au quai Voltaire.

 

L’autre jour, les représentants de cette corporation ont été reçus à et par la mairie. Motif de l’inquiétude: une étude menée pendant plusieurs mois cette année sur leur profession, confirmant une tendance qui n’a pu que sauter aux yeux du promeneur parisien un minimum attentif. Cette étude confirme que, sur les quais, la vente de bibelots et de souvenirs pour touristes est en train de prendre le pas sur celle des livres. Au point que certaines boîtes de bouquinistes hier regorgeant d'ouvrages anciens sont devenues de vulgaires stands à tours Eiffel miniatures, à souvenirs hideux et à croûtes d’aquarellistes du dimanche.

 

Pour éviter que ces marchands d’esprit ne se transforment en marchands de souvenirs, un comité ad hoc a été mis sur pied à la mairie, qui est spécialement chargé de réfléchir à l’évolution de cette profession. Plusieurs idées très concrètes sont déjà dans les cartons: une meilleure représentation des bouquinistes sur internet, la publication d’un guide entièrement consacré à ces libraires si particuliers, l’organisation d’événements littéraires (lectures publiques, etc.) sur les quais, la création d’un prix littéraire des bouquinistes, etc.

 

bouquinistes2.jpgIl serait plus que légitime, en tout cas, que soit conservée et revitalisée cette profession. En effet, avec, dans leurs célèbres boîtes vertes, pas moins de 300.000 ouvrages (livres, BD, vieux magazines, etc.), les bouquinistes de Paris sont à la tête de «la plus grande librairie à ciel ouvert du monde». Et représentent donc un patrimoine culturel d’une valeur inestimable.

19/11/2008

Un gaspillage?

champs%20elysees.jpgCela se passe ce soir, vers 18 heures: c'est le coup d’envoi donné aux grandes illuminations de Noël des Champs-Elysées, en compagnie d’un aréopage d’officiels et de people – cet hiver, c’est l’actrice Marion Cotillard qui officiera en tant que maîtresse de cérémonie. Une fois encore, on imagine que la scénographie sera grandiose. Sur les 2,4 km de «la plus belle avenue du monde», de la Concorde à l’Arc de Triomphe, 400 arbres seront décorés d’un million de points lumineux. Leurs troncs seront parés de brillants de couleur bleue pour rappeler la présidence française de l'Union européenne, qui s'achève à la fin de l'année.

 

Comme chaque année, cette animation de Noël suscite la controverse. La mairie et les commerçants des Champs mettent en avant le recours aux ampoules à basse consommation, qui réduirait le coût énergétique de cette opération à la consommation moyenne d’électricité d’une famille de quatre personnes pendant un mois. Plusieurs associations de défense de l’environnement (le Réseau action climat, Sortir du nucléaire, etc.) n’en dénoncent pas moins «un grand gaspillage». Et avancent , elles, un bilan carbone de 600 à 700 grammes de CO2 par kilowattheure consommé. Au total, la surfacturation d’électricité générée par ce dispositif engloutirait à elle seule les économies découlant du passage à l’heure d’hiver. Ces opposants n’exigent pas l’arrêt des illuminations de Noël mais au moins leur limitation tant dans leur durée que dans leur ampleur.

 

Pendant les fêtes de fin d'année, les grands magasins parisiens – qui réalisent 25% de leur chiffre d’affaires annuel lors de cette seule période  –, déploient eux aussi la grosse artillerie lumineuse. Ainsi, au Printemps, rien que pour les décors extérieurs, ont été mobilisés «2500 boules jaunes noires pailletées argent ou encore à facettes, 85.760 diodes électroluminescentes, 5000 grosses ampoules led, 3000 ampoules flash reliées par 2800 mètres de câbles de fête foraine, 48 étoiles de 2 à 4 mètres, 2000 guirlandes lumineuses soit 100.000 points lumineux, 3,5 kilomètres de tube de lumière». A cela, il faut ajouter, pour les décors intérieurs, «50.000 mètres de guirlandes lumineuses soit 1.670.000 ampoules, 15.000 étoiles, 3750 m2 de moucharabiehs et 90.000 sequins». Sans oublier les vitrines animées, dont le montage prend à lui seul 200 heures de travail. 80 personnages animés et 1000 objets sont utilisés pour ce décor. Pendant la durée de leur exposition, soit deux mois, ces personnages animés «effectueront 5 millions de fois le même geste et parcourront l'équivalent d'un aller-retour Paris-Strasbourg».

 

printemps.jpgTrès joli tout cela, mais, ici aussi, très très énergivore, non? «Pas du tout!», assurait-on hier, avec un bel enthousiasme, à la direction du grand magasin. Le recours notamment aux ampoules led permettrait de «réduire au minimum les nuisances et l’impact sur l’environnement». L’enseigne se refuse toutefois à communiquer le moindre chiffre concernant le coût financier et énergétique de ce dispositif de Noël: «Vous comprenez: cela tuerait le rêve». On comprend.

 

Tiens, au fond, en cette période de crise économique mondiale, au moment où en France tant de ménages se désespèrent de leur pouvoir d’achat voire craignent pour leur logement ou pour leur emploi, toutes ces dépenses si somptuaires sont-elles vraiment à propos? Cette année, un peu plus de sobriété, un peu moins d’étalage donc, n’aurait-il pas été bienvenu, voire de bon goût? «Aucun client ne nous a jamais fait de remarque allant dans ce sens», assure-t-on au Printemps. «Ici, on est dans le rêve le plus absolu, dans la magie de Noël. Cela n’a rien d’indécent».

 

 

13/11/2008

Une innovation

Paris est la capitale mondiale du shopping, avec une densité de boutiques exceptionnelle: 29 pour 1000 habitants, contre 18 à Londres ou 16 à Milan. Ce statut autorise toutes les audaces. Ainsi, dernière innovation en date, annoncée hier: les fashionistas parisiens auront bientôt à leur disposition… un GPS spécialement programmé pour les aider à faire flamber la carte bleue.

 

L’appareil les guidera dans la capitale française tout au long de «cinq parcours dédiés aux serial-shoppeurs». Un parcours «classique» (les grandes enseignes de luxe de l’avenue Montaigne, des Champs, de la Place Vendôme, etc.), un parcours «trendy» (Marais, Saint-Germain des Prés ou Etienne Marcel), un «bobo-chic» (Charonne et Canal Saint-Martin), un «créatif» (Abbesses ou Bir Hakeim) et un «FusionFashionWorld» (Belleville, Ledru-Rollin ou Opéra). Ce GPS «pour fashion geeks», comme d’autres initiatives (des bureaux d’accueil pour les touristes, un partenariat avec " Google map street view", etc.), fait partie de l’opération "Soldes by Paris" lancée hier. Cette énorme opération internationale de promotion du shopping dans la Ville lumière est l’œuvre de la Chambre de commerce et de l’Office du tourisme de Paris. Elle coïncidera avec le lancement de la période des soldes d’hiver, en janvier. Et sera dotée d’un budget d’une ampleur sans précédent: un million d'euros.

 

Contraste saisissant: hier, le jour même où était annoncée cette opération de promotion et de valorisation de la dépense chic et glamour dans les boutiques parisiennes, une étude confirmait que les Français, durement touchés par la crise, allaient se serrer la ceinture pour leurs achats à venir. Plus d’un Français sur deux (53%) prévoit d'acheter moins de cadeaux que l'an dernier. Le budget global qu’ils dépenseront pour les fêtes de fin d’année va baisser de 5%, à 527 euros: 291 euros pour les cadeaux, 159 euros pour la table et 77 euros pour les divertissements.

 

527 euros, cela dit, c’est tout de même un chiffre qui paraît énorme. Dans les faits et loin des savants calculs des experts du cabinet Deloitte, combien de ménages rattrapés par la crise ne pourront-ils dépenser un tel montant, qui équivaut à la moitié d’un salaire minimum? Dans ce contexte morose, évidemment, la futilité dérisoire de ce nouveau GPS «pour fashion geeks» n’en saute que plus aux yeux. A moins que, au contraire, cette pénible situation générale rende encore plus utile ce genre d’innovation. A Paris, «la plus grande boutique du monde à ciel ouvert», quand le client français trinque, il faut d’autant plus s’efforcer d’attirer le client étranger, pour compenser.  

14/10/2008

Une épave

lasama.jpgC’est une épave au cœur de la ville, un vieux paquebot vide, comme piteusement amarré en bord de Seine depuis trois ans maintenant. Mais ce mardi, son sort pourrait bien se jouer. On parle de «La Samaritaine», l’ex et célèbre grand magasin de la rue de Rivoli, qui attend une nouvelle destinée depuis la fermeture de ses portes, le 15 juin 2005.

 

Ce mardi, la direction du groupe LVMH (propriétaire des lieux), les représentants du personnel du grand magasin, la mairie de Paris ainsi que celle du premier arrondissement tiennent une grande réunion du «comité de site» de «La Sama». Sur la table, le projet concocté par LVMH pour le site. Enorme projet: 26.000 m2 de bureaux et autant de commerces, quelques logements sociaux (2.400 m2) et, surtout, un hôtel de luxe qui serait situé dans la partie historique du bâtiment, celle à front de Seine et qui dispose en son sommet d’un belvédère avec une vue splendide sur Paris. Si ce projet est accepté, cet hôtel pourrait ouvrir en 2013.

 

A la mairie d’arrondissement, on estime, enthousiaste, qu’«un hôtel à cet endroit, ce serait un événement. Ce serait génial. Cela aurait une classe formidable». Moyennant quelques aménagements (l’assurance de la présence de commerces de proximité rue de Rivoli, par exemple), le projet de LVMH y est bien reçu. En tout état de cause, le maire d’arrondissement estime qu’«on ne peut pas continuer à avoir cette épave au cœur de Paris. Maintenant, il faut aller le plus vite possible».

 

En effet, la relance de cet énorme îlot situé en plein centre ville est indispensable pour  la vie de quartier et pour l’emploi à Paris. En termes de patrimoine également, ce serait une bonne nouvelle. En effet, le paquebot de «La Sama» a une grande valeur architecturale. Cet édifice, construit entre 1926 et 1928, est dû à Henri Sauvage (1873-1932), l’un des seuls architectes français de sa génération à avoir brillamment réussi le passage de l’Art nouveau au modernisme. Sauvage a aussi laissé à Paris de très beaux immeubles à gradins rue Vavin (huitième arrondissement) et rue des Amiraux (dix-huitième) ainsi que le fameux «Studio Building» (seizième): un sublime ensemble d’ateliers d’artistes en duplex dont la façade est carrelée de grès émaillé polychrome.

 

Pour la petite histoire, et parce que cela fournit un argument de plus en faveur de sa réhabilitation, «La Sama» fut aussi le théâtre d’une légendaire «success story» parisienne. L’irrésisistible ascension de son maître d’ouvrage, fondateur et propriétaire, Ernest Cognacq (1839-1928). Un homme à la vie fascinante, orphelin à l’âge de 12 ans, qui débuta comme petit commis dans une boutique puis comme vendeur de tissus dans la rue, au pied du Pont neuf, avant de gravir un à un les échelons et de finir à la tête d’un immense empire de grands magasins parisiens.

 

 

PS : BlogSpirit cafouille visiblement beaucoup, en ce moment. Une opération de maintenance de cette plateforme, lundi matin, a causé pas mal de problèmes, de mise en page notamment, à «Paris Libre». Dont – les lecteurs l’auront remarqué – des variations saugrenues et erratiques dans les polices de caractères utilisées dans ce blog. Juste donc pour préciser que nous ne sommes nullement responsables de ces si énervantes facéties électroniques. Sur lesquelles comme d’habitude, personne ne semble avoir beaucoup de prise – les joies de la technologie informatique, suite. Mais enfin, on imagine qu'on ne devrait pas trop se plaindre puisque certains utilisateurs de cette plateforme, paraît-il, n'y ont carrément plus accès. Dès lors, si l'un ou l'autre jour prochain, ce blog reste silencieux, n'en déduisez pas qu'on est parti à la plage: en lieu et place, on sera probablement en train de pester, impuissant, devant ce fichu ordinateur...

22/09/2008

Un revirement

C’était prévu pour survenir aujourd’hui, premier jour de l’automne. C’était attendu pour ce soir précisément, à Paris à la tombée de la nuit. Et cela n’allait certainement pas passer inaperçu aux yeux de millions de Parisiens et de touristes. Et puis non, finalement, la mesure a été reportée.

On parle de la tour Eiffel. Chaque soir depuis le 31 décembre 1999, vestige des festivités du passage à l’an 2000, le célèbre monument s’illumine et scintille pendant les dix premières minutes de chaque heure. Le spectacle est kitschissime à souhait, mais absolument grandiose, voire carrément féerique. Ce 22 septembre, ce dispositif aurait dû être revu à la baisse: le scintillement n’aurait plus duré que cinq minutes par heure. «Une décision symbolique»: les économies d’électricité ainsi réalisées étaient censées montrer le souci de la capitale française pour le développement durable.

Finalement, il n’en sera rien, a-t-on entendu dans un demi sommeil à la radio, tôt ce matin. La présidence française de l’Union européenne a prié la société gérant la tour de maintenir telle quelle la durée de scintillement du monument. Dans la foulée, est également conservée la décoration lumineuse bleue qui, dès la tombée du jour, éclaire l’édifice aux couleurs de l’Europe.

C’est la deuxième fois que les autorités reviennent sur un projet de réduction de l’illumination de la tour Eiffel. A la mi-2001, la «robe de diamants» dont on avait paré la tour pour l’an 2000 était arrivée techniquement en bout de course et avait été arrêtée. Mais la déception des touristes et les plaintes des Parisiens avaient ensuite conduit la ville à faire marche arrière. Du coup, en 2003, 20.000 nouvelles ampoules lumineuses dites «à éclats» avaient été installées sur toute la structure du monument. Ce sont elles qui, depuis, assurent chaque soir le grand spectacle.

Celui-ci se poursuivra donc, jusqu’à nouvel ordre. Ce ne sera pas très écologique (*). Mais, au moment où à Paris aussi, les jours raccourcissent et les soirées se refroidissent, cela rendra cette nouvelle saison un peu moins sinistre.

(*) Pour, tout de même, faire quelques économies d’électricité, est désormais étudiée la possibilité de poser des panneaux solaires sur les toits des restaurants hébergés dans la structure de la tour. 

15/09/2008

Un danger

252940cc7bbfd04fa79b32ce1d7859e2.jpgLe drame s’est joué samedi soir en plein cœur de Paris, aux pieds de Notre-Dame. Sous le regard éberlué de centaines de badauds et de touristes, qui, juchés sur les ponts, l’ont suivi seconde après seconde. Une vedette de plaisance voguant sur la Seine a subitement coulé à pic après avoir heurté un pilier du pont de l’Archevêché, possiblement à la suite d’une collision avec un bateau-mouche. Douze occupants du petit bateau ont été projetés dans les flots noirs. Dix d’entre eux ont été secourus, en état de choc. Les deux derniers, dont un enfant de six ans, se sont noyés.

Ce fait divers remet en lumière les dangers de la Seine, un fleuve que l’on croit pourtant si indolent et paisible.

Le premier de ses dangers est sa fréquentation. Paris est le deuxième port fluvial d’Europe. Il voit passer chaque année 5 millions de touristes embarqués sur les bateaux-mouches et 22 millions de tonnes de marchandises convoyées par péniches. Au bas mot, 500 bateaux traversent chaque jour la capitale française par la Seine. Le trafic est tellement important que des règles de navigation spécifiques ont été édictées. Ainsi, les embarcations doivent impérativement circuler à une vitesse comprise entre 6 et 12km/h. Elles ont l’interdiction formelle de se doubler, dans le but précisément d’éviter les collisions aux endroits de passage très étroits comme ceux de l’île de la Cité, où a eu lieu le naufrage samedi soir.

C’est la brigade fluviale de Paris qui est chargée de faire respecter ces règles. Ce corps d’élite, qu’on n’intègre qu’à l’issue d’une très difficile formation, est une unité unique en son genre en France. En effet, c’est la seule brigade de ce type existant au sein de la Police nationale. Créée en 1900 (à l’occasion de l’Expo universelle de Paris), composée de quelque 70 agents, elle a notamment pour mission de porter secours aux bateaux et aux personnes en difficulté sur la Seine. On voit très souvent les zodiaques de la police du fleuve fendre les flots à toute allure. C’est toujours un spectacle impressionnant: équipées d’un moteur de plus de 200CV, ces petites embarcations bondissent littéralement sur la Seine. Elles peuvent pousser des pointes jusqu’à 70km/h , ce qui leur permet de traverser Paris en moins de dix minutes – le rêve de tout automobiliste...

5e6ed9c2f79024f7008ef64bd6a9a073.jpgUne des tâches (*) de ces «Saint-Bernard de la Seine», comme les Parisiens les appellent parfois, est de… repêcher des cadavres. On dénombre chaque année une petite centaine de personnes qui tentent de se suicider en se jetant dans la Seine. En moyenne une quarantaine de cadavres par an y sont repêchés. L’été surtout, les agents de la Brigade fluviale ne chôment pas: c’est la période de la chasse aux baigneurs. Chaque jour, ces agents verbalisent (38€ d’amende) les estivants qui ont violé l’arrêté préfectoral interdisant de se baigner dans la Seine. Voire portent secours à ces baigneurs et leur sauvent la vie. Car anodine en l’apparence, la Seine est un fleuve qui est traître. Le courant y est souvent beaucoup plus fort qu’il n’en donne l’impression. A certains endroits, les remous sont tels qu’ils peuvent emporter y compris les meilleurs nageurs. Dès lors, il est très fréquent que les baigneurs ou les gens tombés à l’eau se trouvent très rapidement en difficulté.

Mais le scénario mortel le plus classique est celui des fins de soirée de week-end d’été. Lorsque des fêtards éméchés périssent noyés dans la Seine. Après ce qui ne devait être qu’un innocent bain de minuit. Ou après avoir relevé le défi imbécile de traverser le fleuve à la nage – un pari stupide, qui, le plus souvent, ne pardonne pas.

 

 

(*) Outre la mission, plus légère, d’admonester voire de verbaliser les plaisanciers, promeneurs, bronzeurs et autres touristes qui, l’été, grisés par le soleil et les clapotis des eaux, arborent une tenue vestimentaire jugée contraire aux bonnes mœurs…

02/09/2008

Un premier bilan

b1439d70cf5039d040bd9b97a2b823f7.jpgPas terrible, cette saison touristique estivale qui s’achève. Pourtant, cet été comme chaque année, on a eu l’impression qu’il n’y avait jamais eu autant de touristes dans les rues de Paris (*). Et bien non, pas tant que cela en fait. Si la capitale et l’Hexagone ont semble-t-il échappé à la crise touristique qu’aurait pu faire craindre la météo pourrie, l’été 2008 ne restera pas dans les annales.

A l’échelle du pays, précisait le ministère du Tourisme hier, la fréquentation des hébergements marchands (hôtels, campings, résidences de tourisme, locations meublées, etc.) pour juillet et août se situera dans une fourchette allant de -0,7% à +0,5%. Ce résultat maigrichon est notamment dû au recul de la fréquentation des touristes américains et asiatiques, pénalisés par le cours de l’euro et la flambée du kérosène.

A Paris aussi, on a constaté l’absence (la moindre présence, en tout cas) de ces visiteurs. Si les chiffres des nuitées hôtelières dans la capitale restent malgré tout (faiblement) positifs (+2%), c’est grâce aux touristes français, qui ont quelque peu compensé la désaffection étrangère. Grâce aussi aux touristes des pays voisins, toujours aussi nombreux: Hollandais, Italiens, Allemands et Belges. Ces derniers singulièrement continuent visiblement à raffoler de la Ville Lumière. Pendant les six premiers mois de l’année, très exactement 295.985 Belges (soit une hausse de 3%) ont séjourné à l’hôtel dans Paris.

L’hôtel, justement: on est un peu tombé des nues hier, à la découverte des derniers chiffres relatifs aux prix des chambres ici, qu’on a trouvés décidément très chers. Le prix moyen d’une chambre d’hôtel dans la capitale française s’élève à 151€60, en hausse de 6,4%. Dans le créneau de l’hôtellerie haut de gamme, Paris est carrément la ville la plus chère d’Europe (388€ la nuit). La chambre d’hôtel moyen de gamme est à 178€. Et la chambre dans la catégorique économique affiche un prix moyen à 95€, ce qui n’est tout de même pas rien.

Paris, plus que jamais, reste un luxe.

(*) Des touristes partout à Paris et même et y compris dans les quartiers les moins courus, remarque-t-on  de plus en plus. C’est bien: les voyageurs sortent des sentiers battus tour Eiffel-Arc de Triomphe-Père Lachaise.

25/07/2008

Un bruit chic

Cela nous éloigne un peu de Paris. Mais c’est une nouvelle parfaite puisque très de saison et qui nous rapproche géographiquement de la route de la plage: il y a des bruits ploucs et des bruits chics.

A Paris par exemple, les habitants se prennent la tête pour des nuisances sonores très peu glamour: le trafic automobile un peu partout, les coups de klaxon inévitables aux carrefours,  les marteaux-piqueurs des chantiers en rue à longueur de journées, et, à la maison, le vacarme des bricoleurs, surtout le samedi matin – les marteaux-piqueurs et les bricoleurs, on prévient: on les déteste vraiment. A Saint-Tropez en ce moment, c’est une nuisance sonore en revanche un brin plus chic qui exaspère les riverains: le ballet incessant des hélicoptères qui transportent la cohorte des people, stars, jet-setteurs et autres paparazzi en villégiature dans la célèbre presqu’île.

 

Le golfe de Saint-Trop’ compte une cinquantaine d’«hélisurfaces», comme semble-t-il on appelle cela. Ce sont des aires d’atterrissage et de décollage privées aménagées dans les vignobles ou à proximité des résidences de luxe. Elles sont très pratiques pour les estivants fortunés, car on les rejoint en une vingtaine de minutes à peine depuis les aéroports de Nice, Toulon ou Monaco. Tellement pratiques que, selon les comités anti-bruit des communes de Ramatuelle, Grimaud ou Cogolin, l’été à Saint-Tropez, c’est chaque jour et pendant deux mois l’ambiance défilé aérien du 14 juillet. Les jours les plus fous, les habitants ont comptabilisé un vol d’hélico toutes les 7 minutes et ce de 7h30 à 21 heures: de quoi devenir fou.

La réglementation n’est donc, de toute évidence, pas respectée. Théoriquement, elle limite le nombre de vols quotidiens, les restreint à certaines plages horaires, et impose le respect d’une hauteur minimale de vol. Du coup, les protestataires ont menacé de faire du grabuge: rien moins que de bloquer la route des vacances menant à Saint-Tropez. L’Etat s’est aussitôt exécuté. Après avoir constaté une kyrielle d’infractions, il a imposé cette semaine la fermeture de l’hélisurface du fameux Château de Pampelonne, à Ramatuelle. Et d’autres sanctions du même type sont d’ores et déjà promises si les nuisances ne diminuent pas.

Même les plus fortunés impitoyablement sanctionnés: les gendarmes de Saint-Tropez, décidément, sont à féliciter.

PS: A propos de gendarmes et de Saint-Tropez, en ce moment la télévision M6, décidément la chaîne des daubes, programme tous les jeudis un épisode de la célèbre série des Louis de Funès – a-t-on constaté avec effarement hier soir. Un de Funès tous les dix ans, quand on est nerveusement très fatigué, soit et même volontiers. Mais chaque été la même série des «Gendarmes» invariablement reprogrammée par et sur la même chaîne: il devrait y avoir des procédures d’avertissement du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour ce genre de fonctionnement si paresseux.

21/07/2008

Un retour

Comme chaque été à la fin juillet, retour ce lundi de «Paris Plages», jusqu’au 21 août inclus.  Comme l’été dernier, l’opération débordera des quais de Seine pour, via le canal Saint-Martin, rejoindre le bassin de la Villette. Les Parisiens détestant la foule mais désireux tout de même de se prélasser au bord de l’eau devront se replier sur la rive gauche. Cette année, en effet, contrairement aux deux étés précédents, aucune animation n’est prévue sur cette rive-là. L’extension de «Paris Plages» aux quais de la Grande bibliothèque n’a semble-t-il pas rencontré le succès escompté (trop «peuple» pour plaire à la si chic rive gauche, «Paris Plages»?)

 

Aux pieds de la même bibliothèque, retour aussi, ce lundi, de la piscine Joséphine Baker: la fameuse piscine flottante de Paris, amarrée depuis deux ans quai François Mauriac (*). Elle était fermée depuis cet automne. Elle rouvre après quelques travaux de rénovation, comme dit pudiquement la mairie de Paris. Ce fut bien plus que cela. Pour tout dire, depuis son ouverture en juillet 2006, ladite piscine s’est transformée en véritable cauchemar pour la ville de Paris.

 

D’abord, quatre jours à peine après son inauguration, elle dut fermer à cause d’une malfaçon affectant le carrelage du bassin. Plus de dix jours de travaux furent nécessaires pour réparer cela. Ensuite, fin octobre 2007, ce fut carrément la panique. Un jour, les responsables réalisèrent que la piscine flottante commençait à gîter dangereusement. Et menaçait donc, si rien n’était fait,… de s’enfoncer dans la Seine. Les pompiers furent appelés en urgence Une dizaine de véhicules et une cinquantaine de sapeurs, dont de nombreux plongeurs, se déplacèrent. Ils durent constater que la piscine flottante, en effet, … prenait l’eau! Il semblerait qu’à la suite d’une opération d’entretien des carénages de l’édifice, de l’eau se soit introduite dans les flotteurs du bassin, qui est construit sur des barges. Du coup, à nouveau de nombreux mois de travaux et de fermeture furent nécessaires.

 

La préfecture de police, après une visite de sécurité, vient de donner son feu vert à la réouverture de la piscine, qui aura donc lieu aujourd’hui. Les responsables de la mairie doivent se croiser les doigts et espérer qu’en termes d’avarie, la règle du jamais deux sans trois ne vaudra pas.

 

(*) Précisons, à l’attention des sportifs qui voudraient cet été aller faire quelques longueurs dans ce cadre sublime, que «Joséphine Baker» n’est pas du tout une piscine pour nager: bassin pas très grand (25m x 10m), lignes de nage rarement délimitées par des flotteurs, monde fou dans l’eau à longueur de journées, marmaille qui braille en pagaille, etc. C’est donc plus un endroit pour, au choix, barboter, frimer, mater, bronzer (sur un très beau solarium en teck), faire un spa (oui madame), admirer le panorama (évidemment fantastique), ou tout cela à la fois. Mais cela plaît beaucoup, manifestement: l’été, les queues à l’entrée sont souvent longuettes. Et ce malgré un prix d’accès plus élevé que celui des autres piscines municipales.

11:10 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris, Sports, Tourisme

17/07/2008

Une ouverture

Voilà qui va ravir les routards – mais lisent-ils ce blog? Et, plus globalement, tous les touristes étrangers qui trouvent exagérément cher l’hébergement hôtelier à Paris, ce qui est d’ailleurs souvent vrai. Une nouvelle auberge de jeunesse est inaugurée ce matin, dans le dix-neuvième arrondissement, les pieds dans l’eau du bassin de La Villette: 275 lits accessibles à un tarif situé entre 17 et 30€. Cela faisait quinze ans qu’on n’avait plus inauguré une auberge de jeunesse à Paris. En plus, ici, le concept est plutôt sympa puisqu’il ne s’agira pas d’un ghetto pour touristes: tous ses lieux de convivialité (bar restaurant, cyber-café, salle de spectacles, etc.) seront accessibles aux jeunes Parisiens.

Double bonne nouvelle, que cette inauguration. Urbanistiquement, c’est une étape supplémentaire qui est franchie dans le vaste programme de rénovation des quais de Seine, à savoir la partie haute du canal Saint-Martin. L’auberge a même pris place dans un des deux Magasins généraux bouclant la perspective du bassin, qui avait été détruit dans un incendie dans les années 90. Petit à petit, en quelques années, grâce notamment à l’arrivée des cinémas MK2 (joli flair urbanistique, décidément), le bassin de la Villette a complètement changé de physionomie. Longtemps délaissé et donc délabré, ce quartier est devenu le paradis des bobos. Et l’ouverture, dernièrement, d’une grande terrasse de bistrot supplémentaire – bénéficiant d’un ensoleillement imprenable – sur le côté sud du bassin est même en train de jouer sur l’ambiance de la place de Stalingrad, jadis si mal famée. Revers de la médaille: désormais, le week-end pendant toute l’année et en soirée pendant tout l’été, ce quartier spectaculairement embelli est évidemment bondé en permanence, donc infréquentable si on n’adore pas la foule.

Bonne nouvelle aussi économiquement, que cette auberge de jeunesse supplémentaire. Car Paris est confrontée à une pénurie d’hébergement hôtelier très bon-marché. Sur l’ensemble de la région, les lieux ne manquent pas (voir ici) et y compris dans leurs formes les plus délicieusement désuettes (les foyers pour jeunes filles, par exemple). Mais dans les lieux d’accueil situés en plein cœur des quartiers animés de la capitale, l’on se bouscule souvent dans toutes les langues et à longueur d’années.

19/06/2008

Une étoile

620cee73eef70ca9a08f353f5e8777c5.jpgRévolution (de velours, comme il se doit) dans le monde feutré des palaces. La nouvelle ne concernera sans doute que peu de lecteurs de ce blog, dans leur vie quotidienne. Car qui donc de normalement constitué peut se permettre de passer la nuit dans une chambre d’hôtel à 730 euros (le premier prix au «Ritz» de Paris: on a vérifié ce matin)? Mais enfin, on la donne quand même. Les palaces de France vont enfin avoir leur cinquième étoile: le ministre français du Tourisme l’a confirmé hier.

 

Jusqu’à présent, l’Hexagone faisait exception dans le paysage touristique international. En effet, la limite la plus haute du classement hôtelier y est fixée à «4 étoiles luxe», alors que dans la plupart des pays, elle est de 5 étoiles. Cette incongruité explique pourquoi un Sofitel à Bangkok est cinq fois étoilé alors que le même à Paris ne l’est pas. Les touristes étrangers s’y perdaient; on va donc remédier à cela et du coup rendre l’offre hôtelière hexagonale plus lisible.

 

Autre décision, concernant quantitativement plus de monde, annoncée aux Assises nationales du tourisme, qui se déroulent en ce moment à Paris: un fonds d'investissement doté de 8 milliards d’euros va être mis en place pour la rénovation des hôtels en France. Ce n’est pas du luxe, au propre comme au figuré. En effet, sur 18.000 hôtels classés que compte ce pays, 5.000 sont considérés comme vétustes. Ces établissements sont pour l’essentiel situés dans les zones les moins touristiques du pays, et leur construction remonte pour la plupart aux années 80. C’est d’ailleurs de cette époque (1986, pour être précis) que date le système de classification hôtelière en vigueur en France. C’est la raison pour laquelle lui aussi va être remis au goût du jour. Certains critères, en effet, sont complètement dépassés. Ainsi, le fait par exemple d’avoir une cabine téléphonique dans le hall de l’hôtel est pris en compte pour l’attribution de la deuxième étoile. A l’heure du portable et du Wifi, c’est un brin désuet.

 

Tiens, parlant tourisme, les résultats d’une étude à nouveau catastrophiques pour la France sont tombés dernièrement. Menée par un grand nom du voyage en ligne, elle a porté sur les habitudes et les comportements des voyageurs en vacances. Quelque 4.000 hôteliers dans le monde entier ont été interrogés sur la nationalité des touristes qu’ils préfèrent, en fonction de critères comme le savoir-vivre, la politesse, la connaissance des langues étrangères ou la curiosité pour la vie locale. Comme en 2007, les Français terminent bons derniers du classement européen. Parce qu’ils passent leurs journées à se plaindre, parce que la politesse leur fait souvent défaut, ou parce que ce sont les plus réfractaires aux langues étrangères.

11/06/2008

Une énigme

98a9ed61c4d51decf69e52945b4ed77e.jpg«Remontons les siècles. Cherchez l'origine d'avant et vous obtiendrez les quatre éléments qui composent l'endroit où la pensée d'Empédocle s'est possiblement arrêtée. Quel est le nom de cet endroit?»

 

Ce salmigondis n’a pas surgi de notre cerveau mal réveillé. C’est l’énoncé de la très officielle énigme qui vient d’être dévoilée par la mairie de Paris. Cette énigme sert de préambule à la troisième grande chasse au trésor qui se déroulera début juillet dans la capitale. Trouver la réponse à cette question obscure donne la possibilité de gagner une nuit d’hôtel à Paris le 5 juillet prochain.

 

Ce jour, comme chaque été, la chasse au trésor réunira des milliers de participants dans la capitale – 15.000 l’an dernier. Seuls ou par équipe, ces aventuriers urbains, dont beaucoup de touristes étrangers de passage ici, arpenteront pendant toute une journée le Paris «mystérieux et envoûtant» (bigre) à la recherche d’indices leur permettant de mettre la main sur le fameux trésor. L’aventure se déroulera majoritairement dans «des lieux insolites souvent méconnus: jardins cachés, ruelles étroites ou autres passages secrets». Ce sera l’occasion pour les participants à la fois de découvrir un Paris (un peu) hors des sentiers battus (*) et, tout en cherchant à se faire aider pour trouver les indices, de faire connaissance avec les Parisiens: «commerçants, artisans, artistes ou associations de quartiers». C’est d’ailleurs l’objectif affiché de ce «tourisme participatif et interactif».

 

La mairie aurait dû, dans cette liste d’interlocuteurs, ranger les concierges, gardiens et gardiennes d’immeubles. En effet, ce sont des auxiliaires indispensables à toute chasse au trésor digne de ce nom. Ce sont aussi de valeureuses mémoires vivantes de Paris qui d’année en année, hélas, tendent à disparaître, les digicodes remplaçant de plus en plus souvent les concierges arrivés à la retraite.

4a4f3832688b97220cfca3ed532653be.jpgPas toujours d’un abord très commode, les concierges parisiens: on prévient charitablement les futurs chasseurs non parisiens. Le plus souvent charmants en fait, quand on les connaît bien. Mais aussi et surtout défenseurs très consciencieux de leurs domaines, auxquels dès lors les intrus ne peuvent espérer avoir accès qu’à force de patience, de persuasion et d’amabilités. A la maison, on le vit chaque été, à chaque chasse au trésor, et c’est toujours assez drôle: la vieille gardienne (au compteur plus de 40 ans de bons et loyaux services) passe sa journée complètement affolée à courir après d’innocents chercheurs de trésor invariablement pris pour «des voleurs»

(*) Parcours intégralement accessible aux personnes à mobilité réduite: un bon point pour la mairie.

22/05/2008

Un véhicule

98a25c65ac3bb578bb4785f560dd7bb4.jpgJournée de grève en France ce jeudi, et donc journée d’embarras dans les transports publics – même si, pour une fois, cela ne semble pas être l’énorme galère. Parlant modes de déplacement, en ce moment, on aperçoit de plus en plus des véhicules un peu bizarres dans les rues de Paris. Entre le vélo-taxi, le tricycle électrique et le rickshaw asiatique, ils servent le plus souvent de promène-touristes, mais seraient également utilisés par de vrais Parisiens pour des courts déplacements effectués dans l’hyper-centre de la capitale.

 

Ce mode de déplacement fonctionne tellement bien à Paris que plusieurs sociétés (ici ou ) se disputent déjà le marché. Avec une vitesse revendiquée de 25km/h maximum au compteur, le vélo-taxi est évidemment un mode de déplacement moins rapide que le taxi traditionnel. Cela revient aussi moins cher: 1,5 à 2€ la prise en charge, plus la même somme par personne transportée et kilomètre parcouru. Au total, selon ses promoteurs, ce «véhicule 100% écologique» constitue «la réponse efficace aux problèmes de pollution et d’encombrements dans les grandes agglomérations».

 

Peut-être. N’empêche, le tricycle de ce type qu’on a aperçu l’autre jour immobilisé en pleine heure de pointe et en plein embouteillage dans le quartier Madeleine faisait quelque peu peine à voir. Et les touristes qu’il transportait avaient l’air de moyennement apprécier la situation, plongés qu’ils étaient dans leurs mouchoirs pour essayer d’échapper à une suffocation due aux gaz d’échappement.

26/03/2008

Un dépit

8efb395ef0acb39348df49f34303d544.jpgOn avait d'emblée localisé l’accent. La voix ne nous était pas inconnue, mais on ne l’avait pas identifiée immédiatement. C’était en fait Freddy Thielemans, le bourgmestre de Bruxelles. Qui, à la radio l’autre jour, paraissait très dépité. Un peu énervé même, pour tout dire.

Il faut dire qu’une enquête réalisée après de 1110 voyageurs par le site de voyages TripAdvisor vient de classer Bruxelles comme… la ville la plus ennuyeuse d’Europe. Devant Zurich, Oslo, Varsovie et Zagreb. A l’attention de tous les auditeurs et potentiels visiteurs français, le maire de la capitale belge tentait donc de rectifier l’image de sa cité. Non, non, assurait-il et répétait-il en boucle, on ne s’ennuie nullement à Bruxelles. Proportionnellement à sa superficie, cette ville accueille même, sur son territoire, la plus grande concentration au monde de théâtres.

Selon ladite étude, Paris est le meilleure ville d’Europe pour la cuisine, le shopping et la mode. C’est aussi, avant Venise et Rome, la cité la plus romantique du vieux continent. Zurich décroche la palme de la ville la plus propre, Prague celle de la plus économique. Londres est la ville la plus sale et la plus chère. Au total, dans ce classement, Paris ne s’en sort pas trop mal. Certes, c’est la deuxième ville la plus chère et la plus sale d’Europe. Et elle est considérée comme la moins accueillante de toutes. Mais, citée dans 9 des 14 catégories du questionnaire, elle est aussi la capitale la plus nominée de toutes les villes européennes.

22712a88484f651a40628be8578e68aa.jpgL’étude, en gros, consacre et alimente tout de même pas mal de vieux clichés sur les grandes capitales européennes, au premier rang desquels l’image d’Epinal d’un Paris chic, savoureux et tendance mais peuplé de Parisiens peu aimables voire carrément teigneux. Au téléphone hier soir, un attaché de relations publiques pour TripAdvisor, un peu gêné, recadrait la portée de ce classement. Ce n’est qu’«une enquête de perception, qui ne reflète pas forcément la réalité», rappelait-il. Elle a été menée en majorité «auprès de voyageurs anglo-saxons, majoritairement Américains», donc elle peut être biaisée. En outre, touristiquement, les voyageurs interrogés sont «relativement immatures», dans le sens où ils ne passent souvent qu’en coup de vent en Europe et «n’y synthétisent en vitesse que deux, trois choses». Avant de passer à autre chose.

Et notre interlocuteur de pousser l’amabilité belgophile jusqu’à préciser que, pour sa part, il trouvait que certains quartiers de Bruxelles ressemblaient agréablement «aux quartiers branchés de New York: Soho, Tribeca, etc». Connaissant les deux villes, on ne voyait pas très bien ce qu’il voulait dire, mais on ne doutait pas qu’une telle appréciation allait mettre quelque baume au cœur des Bruxellois.

27444626b20eac703d0f85264d991281.jpgFreddy Thielemans se consolera également en prenant connaissance d’une autre étude internationale, elle beaucoup plus favorable à la capitale belge. Il s’agit de l’édition 2008 du «Top35 des villes du monde où il fait bon vivre pour les Européens». Bruxelles y pointe en sixième place à égalité avec Luxembourg, loin devant Paris (en vingtième position). La capitale française est même devancée par Strasbourg.

PS: Ce critère de l’enquête du TripAdvisor: «la ville européenne avec le plus de gens beaux». Réponse des sondés, dans l’ordre: Rome, Paris puis Stockholm. Ici, pas de doute même si on adore Rome: on aurait classé Paris très largement en tête.

19/03/2008

Une fermeture

cf300bfc6add1e7a548f386a8814e13f.jpgLa nouvelle est tombée il y a une dizaine de jours déjà, mais, à cause de la campagne électorale, on n’avait pas eu le temps d’en parler ici. Il n’est jamais trop tard, puisque, dix jours après, a-t-on encore constaté hier, les gens ne parlent toujours que de cela, dans le Marais: la fermeture de «Goldenberg».

«Goldenberg», c’était, depuis plus de soixante ans, une des adresses les plus célèbres du Marais juif. Une enseigne incontournable de la rue des Rosiers. Un restaurant traiteur qui a longtemps fait figure d’institution de la cuisine juive d’Europe centrale. Cet établissement avait été ouvert par Joseph et Abraham Goldenberg, les enfants de Nahoum Goldenberg, arrivé en 1920 à Paris après avoir fuit les pogroms en Russie.

En août 1982, le restaurant avait tragiquement marqué l’actualité. Des terroristes du groupe Abou Nidal avaient lancé une grenade vers sa terrasse puis mitraillé les clients en train d’y déjeuner. Cet attentat antisémite avait fait 6 morts et 22 blessés. L’an dernier, la plaque commémorative a été arrachée et dérobée. D’autres souvenirs, moins douloureux, étaient, il n’y a pas si longtemps encore, affichés en quantité en vitrine de «Goldenberg»: des dizaines de photos jaunies et émouvantes d’innombrables personnalités    stars du show-bizz, des lettres, de la politique, etc. –  qui, pendant toutes ces années, ont fréquenté cet établissement.

5c9dc71be917404d93d63cf640ff618f.jpgAujourd’hui, les lieux sont totalement vides. En vitrine, on n’aperçoit plus qu’une vieille bouteille de champagne toute poussiéreuse. Et quelques petits écriteaux de mets qui ne renvoient désormais plus à rien: kneïdlech, poitrine d’oie, pastrami, vodka zubrovka blanche, esturgeon, blinis et tarama. Bien visible, en revanche, accroché au grillage, un énorme panneau: «A LOUER».

Après avoir dû fermer ses portes pour des problèmes administratifs en 2006, «Goldenberg» avait été repris par les frères Costes, qui gèrent toute une série de restaurants branchés à Paris. Mais l’investisseur ayant récemment racheté ce fonds de commerce veut en tirer un meilleur loyer, conforme aux prix du marché dans ce quartier très coté. «Goldenberg » a donc définitivement mis la clé sous le paillasson. A sa place, dans quelques semaines, on trouvera sans doute une boutique de jeans, un Starbucks Café ou un H&M.

92431348b7ab4516ddfb1537f058c5fb.jpgA moins que la mobilisation des riverains ne porte ses fruits? L’autre soir, une centaine d’habitants du quartier ont manifesté pour que, dans les affectations commerciales, soit mieux respecté le caractère historique et culturel de la rue des Rosiers. Une pétition circule dans le Marais. Elle appelle les autorités à réagir contre la disparition des «commerces de tradition et de proximité» chassés du Marais juif par la flambée des loyers. En quelques années, affirme cette pétition, «des dizaines» de ces commerces ont fermé: 3 coiffeurs, 6 boucheries, 1 teinturerie, 4 restaurants, 1 hammam, 1 marchand de journaux, 1 PMU, etc.

Cette évolution du Marais juif, d’ailleurs, saute aux yeux quand on s’y promène. Certes, «Sacha Finkelsztajn» est toujours là, avec ses vatrouchkas de fromage. La belle librairie «Chir Hadach» aussi. Et on fait toujours autant la queue pour les baygels et les mazurkis devant le salon de thé «Korcarz». Mais, de tous côtés et de plus en plus, ont surgi les boutiques de vêtements ou de déco, les lunetteries, les bars branchés, etc. La communauté juive ne le supporte plus. Et entend bien ne pas laisser cette partie du Marais se transformer «en une promenade dominicale où l’on vient photographier les restes d’un quartier juif disparu».

e52793cc44fe4d5f0242fd210842c255.jpgLe dimanche, nous en tout cas, dans le Marais, depuis belle lurette on n’y va plus. Tous les jours de la semaine, quand on veut et chaque fois avec plaisir – on y est d’ailleurs souvent: on n’a qu’un boulevard à traverser – mais le dimanche, plus jamais ô grand jamais. Ce jour-là, en effet, depuis que les boutiques y sont ouvertes toute la journée, la masse de touristes et de promeneurs y est insupportablement dense. C’est comme si la ville entière, grégaire, bruyante voire vulgaire, s’était donné rendez-vous dans ce quartier. Qui, du coup, en perd irrémédiablement une grande partie de son indéniable charme. A moins d'aimer la foule, évidemment.

20/12/2007

Un cadeau, ou l'autre

Le rituel des cadeaux de Noël. On a trouvé sur le net des tas de présents typiquement parisiens – au choix, délicieusement parisiens, débilement parisiens, fabuleusement parisiens, futilement parisiens, ringardement parisiens, etc. Pour tous les goûts et tous les budgets.

b3cfcf57358483736690c6da1bd91fe2.jpg-Dans cette «société de stickers urbains» qui vend des tas de stickers géants en vinyle, à coller sur les murs de son salon ou de sa chambre à coucher et rappelant la Ville lumière, ce sticker «Val d’Osne», du nom donné au candélabre apparu en 1908 et encore utilisé aujourd’hui à Paris pour supporter l'enseigne lumineuse du métro. 70€ ;

-Un grand classique de la gastronomie parisienne: les célèbres macarons du non moins célèbre salon de thé «Ladurée» – notamment rue Bonaparte, à Saint-Germain des Prés. Chocolat, café, praliné, caramel au beurre salé, vanille, pistache ou framboise: plein d’assortiments sur lesquels se ruer sans hésiter, notre préféré restant évidemment le si fabuleusement écoeurant macaron «Ispahan», à l’eau de rose. 33 € la boîte de 18. Livrables par la société «Gants Blancs Express», oui madame;

bf683ac93c7eb570d2ab8fe8c1950c7b.jpg-Un tee-shirt avec le plus fameux logo de la RATP: le légendaire petit lapin qui, depuis trente ans, met les enfants et leurs parents en garde contre les portes du métro qui pourraient se refermer sur leurs doigts. 100 % coton 190 grammes, 4 tailles disponibles du XS au XL, 15€95. Il y a aussi l'épatante serviette de bain en forme de ticket vert de la RATP, qui en ce moment est soldée à 16€75, ce qui doit vraiment être une affaire;

-Une «montre Joconde», en l’honneur évidemment du grand tableau exposé au musée du Louvre. 25€. Bracelet  plastique uniquement, ce qui n'est pas top, mais on peut compenser cela en associant si élégamment ce cadeau avec un «mug Joconde» (9€);

5e27ec03496bebb4b1aac4585a07c680.jpg-Une «boule de neige Paris Seine», dénichée dans une époustouflante sélection de «plus de 150 souvenirs de Paris et cadeaux de la France, choisis par une équipe de vrais Parisiens». Taille: L=8.9 H=7.6 cm Poids: 225 gr Matériau: plastique. Prix:10 €. Nec plus ultra : «Lorsque l'on fait pivoter la boule, le bateau descend et remonte la Seine». C’est vraiment Noël ;

-Un «tee-shirt aux couleurs de légende», par exemple un tee-shirt reprenant pile-poil la couleur du fantastique sorbet framboise du glacier «Berthillon»: depuis trois générations une institution de l’Ile Saint-Louis. 70 €, mais c’est du jersey double-fil et c’est livré dans un ravissant pot de peinture;

44914b1d40f21ed692159457a3099772.jpg-Un caleçon de type boxer aux couleurs du PSG, le club de foot Paris-Saint-Germain, qu'il faut d'autant plus soutenir qu'il est très mal en point. Coloris rouge, surpiqûres contrastées, ceinture gracieusement logotée, 100% coton, 13 €. De préférence, ne pas l’arborer à Marseille. Et sinon, dans cette boutique, des tas de choses vraiment magnifiques, dont une maquette du Parc des Princes (45 €) et une «piscine gonflable PSG Marine Junior» à 14€90.