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19/12/2007

Un froid

c7d792281ad982c755b91a9f9bf8a604.jpgEn cette période de fêtes de fin d’année, Paris en fait-elle un peu de trop pour briller aux yeux du monde et des touristes? La question, en tout cas, est posée.

 

Il y avait déjà le débat autour de la facture d’électricité engendrée par les illuminations de Noël dans la capitale – 312.000 points lumineux rien que pour les Champs-Elysées –, même si le remplacement des ampoules traditionnelles par des diodes électroluminescentes réduira de 70 % la consommation d’énergie. C’est maintenant la dernière animation touristique de la tour Eiffel qui… jette un froid, au propre comme au figuré.

 

A partir de ce mercredi, à la faveur de l’opération "Rendez-vous aux pôles", les travées du premier étage de la célèbre tour seront recouvertes d’une épaisse couche de neige artificielle. Ensuite, un parcours de 300 mètres permettra aux visiteurs, «en suivant les traces d’animaux laissées ça et là», de s’initier à la marche en raquettes tout en bénéficiant d’une vue imprenable sur la capitale, 57 mètres plus bas. Fin du fin: le «frisson garanti» à l’"Umiak". Dans ce «bar tout en givre», l’on pourra s’offrir «une pause détente dans un décor polaire: sculptures d’animaux arctiques (phoque, renard polaire, guillemot…) en taille réelle et mannequins en costumes traditionnels, fabriqués par les Inuits eux-mêmes».

 

75456488219fcf30df521079b832318e.jpgCette opération se présente comme une initiation du grand public «à la diversité et la fragilité de la faune des régions polaires» ainsi qu’aux «activités menées par les scientifiques en milieu polaire, aux avant-postes du réchauffement climatique».

Mais pareil «blanchiment» de la tour Eiffel ne séduit pas tous les écologistes. Car, comme l’ONG «Robin des Bois» le déplore, cet enneigement artificiel «va consommer plusieurs milliers de m3 d’eau» et relève donc du «gaspillage» très peu écologique. L’association fustige même «une forme de business ludique et de récupération du réchauffement climatique». Et, plus consensuellement, formule un vœux hivernal qui ravira tous les inconditionnels de Paris sous la neige – sublime vision s’il en est, du moins avant que cela dégénère en immonde gadoue – : «Puisse la neige naturelle recouvrir cette poudre aux yeux et transformer vraiment la Tour Eiffel en Père Noël de fer».

26/11/2007

Une illumination, ou l'autre

04bd8a31af2e354b88988e6e906ca12c.jpgUne nuit chasse l’autre. Hier soir en banlieue parisienne, à la suite d’un dramatique accident de la route ayant coûté la vie à deux gamins d’une cité du Val d’Oise, la nuit a été illuminée par les incendies de voitures, les saccages de lieux publics et les gyrophares des CRS. A l’écoute des témoignages à la radio ce matin, on se serait vraiment cru revenu deux ans en arrière, à l’époque de la flambée des banlieues. Le pire étant qu’en haut lieu, nul ne doute probablement qu’il ne suffirait que d’une étincelle pour que toute la région à nouveau s’embrase. Tant la situation de fond, en termes d’emploi, de logement, d’insertion ou de discrimination – bref de ségrégation, aurait-on dit en d’autres temps en d’autres pays – ne semble guère s’être améliorée en deux ans.

Sans transition, ce soir à Paris, est donné le coup d’envoi des illuminations de Noël. Pour mériter plus que jamais son surnom internationalement connu et reconnu de «Ville Lumière», la capitale cet hiver encore mettra le paquet, financièrement notamment. Dès cette nuit jusqu’à la mi-janvier, quelque 100 quartiers dans toute la ville seront illuminés de loupiotes clignotantes – des diodes électroluminescentes encore bien, peu consommatrices d’énergie paraît-il.

bd4468cd49ea9f08c23948f432432e30.jpgRien que pour les Champs-Elysées, le budget de ces illuminations se monte à 850.000 euros, en hausse de 70% par rapport à l’année dernière et dont 240.000 euros sont financés par la mairie. Pour ce prix, «la plus belle avenue du monde» aura droit à «un effet de neige qui tombe et des parures de cristaux façon Swaroski», une rangée d’arbres «filante, donnant l’impression d’une pluie de stalactites» et une seconde rangée «qui s’allumera à la nuit tombée et clignotera toute la nuit comme des flashs».

Ce sera assurément magnifique. Cela resplendira tellement et si merveilleusement que l’on pourra admirer cela de loin et de partout, y compris depuis la banlieue de Paris.

03/10/2007

Un néologisme

C’est un tournant. Il va faire grimacer les investisseurs et spéculateurs mais réjouir les particuliers – et notamment d’innombrables Parisiens  – qui se demandaient où donc la flambée allait s’arrêter. Selon les chiffres de la FNAIM publiés hier, pour la première fois depuis l’an 2000, les prix de l’immobilier en France ont cessé d’augmenter pendant trois mois consécutifs, entre juillet et septembre. Sept ans donc que cela n’était plus arrivé. L’année 2007 se soldera sans doute, malgré tout,  par une nouvelle hausse des prix (de l’ordre de 4%), mais elle sera nettement moindre que celle de toutes les années précédentes.

C’est à ce moment qu’un nouveau mot relatif à une tendance parisienne surgit dans la langue française: la «venisation» de la capitale. On entend par là le fait qu’à Paris (comme c'est le cas à Venise aussi), ne cesse d’augmenter le nombre de logements détenus au titre de résidences secondaires par des étrangers le plus généralement aisés et ayant flashé sur tel ou tel quartier charmant.

En 2006, nous apprenait ce week-end le JDD, plus d’un logement sur dix vendu dans la capitale l’a été à un étranger qui le destinait à un pied-à-terre. Dans les arrondissements centraux de la rive gauche (cinquième, sixième et septième arrondissements), ce chiffre monte à 20%. Autour de Notre-Dame et dans l’Ile Saint-Louis comme dans certaines zones du Marais, il explose carrément pour atteindre 40%.

Dans une ville historiquement cosmopolite comme Paris, le problème ne provient évidemment pas de la présence accrue d’Italiens, d’Américains, de Libanais, de Qataris, de Britanniques ou… de Belges. En revanche, il est clairement posé par le niveau de prix souvent élevé auquel s’opèrent ces transactions – qui font exploser la cote des quartiers concernés et renforcent encore la tendance aux ghettos sociaux. Le problème dérive aussi du fait que ces pieds-à-terre ne sont généralement occupés que deux à trois mois par an.

Du coup, en dehors des beaux jours, des rues entières de Paris sont désertées d’une bonne partie de leurs habitants. Les petits commerces de proximité, évidemment, n’y survivent pas. Et on arrive à des quartiers entiers où on ne trouve plus que des boutiques de mode ou de déco, des restaurants et bistrots chics pour touristes, et des agences immobilières.

Pour expérimenter la «venisation» de Paris, une seule expérience suffit: aller à Saint-Germain des Prés et essayer d’y dénicher un «Franprix», une boulangerie ou un garagiste. Bonnes chaussures de marche conseillées...

27/07/2007

Une leçon de français

39e7f70b4edbd099e1d805130a3fb720.jpgUn sourire pour terminer la semaine. C’est un site web qui est destiné aux étrangers de passage ici et désireux de comprendre toutes les subtilités de la langue française. Conçu par le Comité du tourisme d’Ile de France – des fonctionnaires qui cultivent l’humour et le second degré: bien! –, il fait fureur en ce moment, notamment car il reprend des campagnes de promotion délirantes et décalées. Ainsi, cette pub pour le Mondial de Rugby montrant des rugbymen qui… se galochent en pleine mêlée.

On y trouve notamment des leçons de «street french». Sous forme de petites vidéos délicieuses, elles ambitionnent d’enseigner au touriste moyen «how to parler a real parisian». Ainsi, le visiteur étranger est averti que l’expression «poser un lapin» ne veut pas dire «to leave a rabbit» (mais «to stand someone up»), que «chanter comme une casserole» n’a rien à voir avec les «saucepans» (mais signifie «to sing out of tune») et que «se faire plaquer» ne fait pas le moins du monde allusion au rugby.

Avant quelques «Idées et secrets» de plans touristiques supposés parigots branchés (mais pas follement originaux: le canal Saint-Martin, le Showcase ou l’Hôtel Amour, très déjà vu tout cela), on trouve aussi, sur ce «C’est so Paris», un «Lingo quiz» grâce auquel tout étranger en visite dans la capitale française n’ignorera plus le sens d’expressions aussi folkloriques que «ramener sa fraise» ou «appuyer sur le champignon». Et surtout la plus sublime sans doute: «pousser mémé dans les orties».

25/07/2007

Un palmarès

29ff734498e6a3a7846a3ee8ab838d04.jpgC’est un palmarès annuel qui renseigne utilement chaque été, vers la mi-juillet, sur l’état du tourisme parisien: les chiffres de fréquentation des principaux sites de la capitale.

La dernière livraison de ce hit-parade, qui porte sur l’année 2006, confirme l’excellente tenue de Paris: ses 50 premiers sites culturels, en effet, ont enregistré 69 millions d’entrés, soit 7 millions de plus qu’en 2005 (+ 11%). Onze sites enregistrent une fréquentation annuelle supérieure à un million de visiteurs et totalisent donc à eux seuls plus de 80 % des visites touristiques effectuées dans la capitale.

Il n’y a pas de changement dans le classement de tête du tableau. Notre-Dame, qui a accueilli 13,6 millions de visiteurs l’an dernier, occupe toujours la première place du podium, suivie du Sacré Cœur de Montmartre (10 millions), du Musée du Louvre (8 millions), de la Tour Eiffel (6 millions) et du centre Pompidou (5 millions). Le Louvre et la Tour Eiffel ont battu en 2006 leurs records de fréquentation.

La plus forte progression en termes de visites revient logiquement au Petit Palais (800000 visiteurs), qui vient d’être sublimement rénové – on conseille particulièrement la terrasse sur le jardin. Le palais de Tokyo, le Musée de la mode et les Catacombes de Paris enregistrent également une progression importante de leur fréquentation.

Grands perdants, en revanche, sont l’Institut du Monde arabe (-34% de fréquentation), le Musée Guimet (-21%) et le Musée de la Marine (-51 %).

La désaffection dont ils souffrent est un peu étrange. En effet, ces deux derniers musées ont des collections splendides. Quant à l’Institut, il offre depuis sa terrasse la plus belle vue de la ville  sur Notre-Dame.

Mais peut-être vaut-il mieux ne pas l’ébruiter, afin que les amoureux de Paris puissent continuer à jouir de ces trésors sans les inconvénients de la foule.

23/07/2007

Un extraordinaire engouement

On n’a vu qu’eux pendant tout ce week-end dans les rues de Paris, dans tous les arrondissements, à toute heure du jour et de la nuit, enfourchés par un peu tout le monde: jeunes ou vieux, touristes ou Parisiens, bobos, cadres ou étudiants, habitués des plaisirs de la petite reine ou novices semblant réellement enthousiasmés.

Une semaine après son lancement, dimanche dernier, «Vélib» connaît un incroyable succès populaire. La mairie comptabilise 70.000 utilisations quotidiennes. Quelque 25.000 abonnements annuels ont déjà été souscrits. Et chaque jour, 2.000 abonnements quotidiens et 20.000 abonnements hebdomadaires sont enregistrés.

Revers de la médaille: comme cela avait été le cas en 2005 aux débuts de «Vélov» à Lyon, le nouveau système connaît quelques légers ratés - il faudra évidemment un peu de temps avant qu’il soit totalement rôdé.

Les vélos dûment remis à leurs points d’attache à l’issue de la location mais que la machine refuse de considérer comme tels (et qui continuent donc à être facturés à leurs emprunteurs), les stations erronément affichées comme vides par l’ordinateur alors pourtant qu’elles alignent les bécanes en rangs serrés, les cartes bleues refusées pour d’obscures raisons, les bornes dans les quartiers les plus touristiques bondées à longueur de journées et où donc les vélos ne peuvent être rendus: on a eu vent d’une kyrielle d’anecdotes ce week-end.

Mais contées le plus souvent avec un sourire bienveillant – preuve que le dispositif est d’ores et déjà adopté par les Parisiens.

20/07/2007

Une institution

5237de91e2aa2236efb310e6f3f27e4c.jpgPour preuve que cela commence vraiment à sentir les vacances: «Paris Plages» débute ce vendredi.

L’opération commence à devenir une vénérable institution estivale, puisqu’elle en est déjà à sa sixième édition. Et chaque été, la foule en plus grand nombre répond présent à cet incontournable rendez-vous: l’an dernier, pas moins de 4 millions d’estivants avaient participé à cette opération. Parmi eux, tous les gens qui ne partent pas en vacances ainsi que d’innombrables gamins de banlieue qui en profitent pour venir s’éclater et profiter du soleil à Paris, dans un cadre sublime qui plus est.

Corollaire de cet incroyable succès populaire: dès la mi-juillet et pour un bon mois, les Parisiens qui ont horreur de la foule doivent se replier de plus en plus loin pour prendre le soleil au calme et au bord de l'eau. L’été dernier, fuyant les parasols, les palmiers, la pétanque, les murs d’escalade, le beach-volley, le badminton, la piscine flottante, les bals musette et les autres innombrables activités proposées le long des berges, beaucoup s’étaient réfugiés le long du canal Saint-Martin. Cet été, il va falloir trouver un autre endroit: en effet, après la rive droite et la rive gauche, «Paris Plages» s’étend désormais jusqu’au bassin de la Villette.

Allez, même si on n’y participera guère, on trouve cela plutôt bien.

01:05 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : Paris, Tourisme, Social

18/07/2007

Un peu d'ordre

3399f8b5e028792d1ffe2bfd6be7fb1c.jpgParis est la capitale au monde avec le parc hôtelier le plus dense: 75.840 chambres réparties dans 1459 établissements différents, 155.000 chambres si l’on prend en compte l’ensemble de la région parisienne. Cette ville est donc particulièrement concernée par le dernier projet en date du ministre du Tourisme: remettre de l’ordre dans le système de classification des hôtels par étoiles.

Il faut dire que le système actuel est vieux de plus de 20 ans et que plus grand monde ne s’y retrouve. La France se distingue des autres pays en la matière parce que notamment les étoiles sont attribuées (par les préfets) sur des critères purement quantitatifs (nombre d’ascenseurs, superficie de la chambre, etc.) et non qualitatifs (qualité de l’accueil, etc.). Et parce que le niveau maximal est le «quatre étoiles luxe» et non le cinq étoiles ou plus, comme la plupart du temps à l’étranger.

Dès septembre, l’Hexagone adoptera un classement plus en harmonie avec ce qui se fait déjà dans le reste de l’Europe. Cela devrait satisfaire les trois quarts des clients qui disent se fier aux étoiles pour choisir leur hôtel. Reste que ce système de classification devrait n’avoir toujours qu’une valeur purement indicative et ne jamais donc garantir aux clients un niveau de prestation et de prix. C’est particulièrement vrai à Paris

L’écrasante majorité (78%) des hôtels qu’on y trouve sont labellisés deux ou trois étoiles, pour seulement une demi-douzaine de palaces (les Ritz, Crillon, Bristol, Meurice et autres George V bien connus) et 34 établissements zéro étoile (on se demande à quoi cela ressemble). Officiellement, le prix moyen d’une chambre deux étoiles à Paris est de 72,2€. Mais, dans les faits, on peut trouver une deux étoiles à partir de soixante euros tout comme on peut être amené à payer 160€.

On comprend que les touristes parfois s’y perdent un peu.

11:10 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Paris, Tourisme

09/07/2007

Une charte

-«Je prends le temps de renseigner le visiteur»;

-«Pour lui répondre, je mets à profit ma connaissance de sa langue»;

-«J’indique au visiteur ce que j’apprécie à Paris»;

-«Je suis fier de ma ville, première destination touristique au monde».

Tels sont les premiers engagements, basiques au point d’en être comiques, figurant sur la «Charte du parisien et du visiteur», qui sera lancée ce lundi à Paris à l’occasion de la première «Journée du tourisme».

Cette Journée vise notamment à conscientiser le Parisien moyen à la nécessité de mieux accueillir le visiteur étranger. En effet, selon une étude du cabinet Global Market Inside, sur les soixante plus grandes destinations touristiques au monde notées en fonction de l’accueil, Paris n’arrive qu’à la cinquante-deuxième position.

A en croire les données de l’Office du tourisme, cela n’empêche pas le visiteur étranger de donner, à l’issue de son séjour, une note globale de 17/20 à la capitale française. Ville où il dépense en moyenne 209 euros par jour. Et où, dans 97 % des cas, il a la ferme intention de revenir.

Paris, première destination touristique au monde donc, a accueilli l’an dernier 9,5 millions de visiteurs. En 2007, ils seront encore plus nombreux – il n’y a qu’à prendre la ligne de métro n°1 en ce moment pour s’en faire une idée. Et d’ici à 2020, avec le boom attendu du tourisme indien et chinois, ils pourraient être 20 millions.

L'Office du tourisme en profite pour taper sur le clou et, afin de sensibiliser le Parisien, pour dresser le portrait de sa ville si elle était désertée par les étrangers. «Si le tourisme n’existait pas à Paris? Un emploi sur cinq serait supprimé. La Tour Eiffel aurait disparu, comme c’était prévu à l’origine. Les prix des transports en commun seraient nettement plus élevés. Orsay serait toujours le nom d’une gare. Les Grands magasins seraient de 25 à 30% plus petits. Une pyramide n’aurait pas jailli au milieu du Louvre. Le Moulin Rouge ne serait plus que le nom d’un tableau. Et Paris, ville-lumière, serait éteinte au moment des fêtes». En effet, il y a perspectives plus réjouissantes.

22/06/2007

Une remise en beauté

e24492694abf1a1553647f5bd0edd0c0.jpgL’été donc, depuis hier, avec ses plaisirs associés: les flâneries, les pique-niques, les après-midi à bouquiner dans les jardins des Tuileries, du Luxembourg ou du Palais Royal, les dîners en terrasse, etc. Cet été, cependant, se déroulera sans deux lieux mythiques de la vie parisienne, souvent jugés incontournables pour les touristes de passage ici.

Le célèbre restaurant «La Tour d’Argent» – outre la gastronomie (depuis 1582 !), assurément une des plus belles vues de Paris sur Notre-Dame – a fermé ses portes cette semaine pour trois mois de lourds travaux de rénovation. C’est le plus gros chantier mené dans l’édifice depuis 1937, année où il a été rehaussé et coiffé d’un sixième étage – à l’esthétique qu’on a d’ailleurs toujours trouvée douteuse. Le restaurant rouvrira le 17 septembre, avec de nouvelles cuisines.

«Le Flore» fermera également cet été (du 23 juillet au 19 août), pour la première fois depuis plus de vingt ans. Le fameux établissement du boulevard Saint-Germain va bénéficier d’importants travaux de réaménagement dans les cuisines du premier sous-sol, tandis que le décor de la salle principale sera évidemment précieusement préservé mais entièrement rafraîchi (les guéridons retapés, les banquettes de moleskine restaurées, les peintures refaites, etc.).

Vivement sa réouverture. Un mois d’août sans au moins un bel après-midi passé en terrasse à observer la faune du «Flore», ce ne serait ni l’été, ni Paris.

05/06/2007

Un chantier d'été

ec36ffcdff048e8ea4fb50ac89b4d619.jpgJournée mondiale de l’Environnement, ce mardi. A Paris en ce moment, on y travaille tant à l’environnement que les trottoirs sont, de tous côtés, transformés en gruyère. C’est le vieux projet «Vélib», système de location de vélos en libre service, qui commence à prendre forme – enfin, tant il semble que Paris soit un peu en retard en la matière sur les autres grandes capitales européennes.

Ce dispositif permettra aux Parisiens et aux touristes d’emprunter des vélos dans n’importe quelle station Vélib puis de les déposer dans n’importe quelle autre, le choix de la station étant relativement facile puisqu’elles seront «distantes de 300 mètres environ».

Ces bicyclettes sont annoncées comme mixtes, «adaptées à tous, hommes et femmes», munies d’«un changement de vitesse simple et rapide, sans risque de déraillement», d’une selle réglable en hauteur, de bandes réfléchissantes sur les roues et, fin du fin, d’un feu arrière éclairant même à l’arrêt. Les trente premières minutes d’utilisation seront gratuites, puis le coût de leur location sera débité sur la carte bleue à raison de deux tarifs d’abonnement possibles: 1 euro par jour ou 5 euros la semaine.

Le service fonctionnera 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ce qui permettra donc les balades au clair de lune en bord de Seine et les pique-niques  improvisés en forêt. D’autant que, comble du bonheur bobo, ces vélos seront munis d’un «panier avant de grande capacité».

Voilà une nouvelle qui sent furieusement l’été.

25/05/2007

Un regard

Première destination touristique au monde, Paris accueille tout au long de l’année des visiteurs venus du monde entier. Mais là, avec les beaux jours, les touristes sont vraiment très très nombreux dans la capitale. Dans les arrondissements centraux, on ne peut guère faire un pas sans en croiser. Ils sont d’ailleurs souvent assez mignons, avec invariablement leur petit guide à la main et leurs regards extasiés.

Parlant de regard, dans le métro, c’est amusant de voir ceux que leur lancent les Parisiens. Regards de haine quand les valises toujours énormes de ces visiteurs gênent tout le monde dans les trains bondés aux heures de pointe. Regards ébahis quand leur tenue de plage arborée en pleine ville tranche avec la légendaire élégance parisienne. Regards énervés quand ces touristes stationnent complètement perdus en plein milieu d’un quai ou d’un trottoir et bloquent le passage de Parisiens par nature toujours pressés. Regards narquois quand ces voyageurs tentent de bredouiller quelques mots dans un Français approximatif. On l’a déjà souvent constaté: le Parisien vit du tourisme mais n’est vraiment pas toujours sympa avec l’étranger de passage chez lui.

C’est d’ailleurs l’image (le cliché?) que l’on a du Français moyen dans les autres pays, comme l’a encore confirmé hier l’enquête réalisée par l’institut GfK auprès de 15.000 hôteliers européens.

Dans un classement portant sur 28 pays, les Français arrivent à la première place des peuples réfractaires à l’apprentissage des langues étrangères, à la deuxième place des voyageurs les plus impolis, à la troisième place des touristes les moins ouverts à l’art culinaire étranger, et à la quatrième place des visiteurs jamais contents. Du reste, ce n’est peut-être pas un hasard que les Français soient si peu nombreux  à passer leurs vacances à l’étranger: 17% à peine contre 59% pour les Britanniques et 64% pour les Allemands.  

10:50 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Paris, Tourisme

25/04/2007

Un monde

b17e152d14dbf9ecca7d3ae9aeae98d5.jpgFrançois Bayrou l’a joué simple pendant toute sa campagne - proche, terroir, tracteur. Cet après-midi, en revanche, il va en mettre plein la vue pour sa grande conférence de presse parisienne, lors de laquelle il se positionnera sur le second tour – il va y avoir foule, on va encore devoir jouer des coudes.

Le candidat centriste aurait-il cassé sa tirelire? Il recevra les médias dans un palace parisien du quartier du Louvre. Un endroit visiblement délicieux, avec un «restaurant boudoir» décoré «néo-moderne» «aux mélanges raffinés de pourpre, velours et soieries», avec aussi une «Terrasse fleurie», véritable «havre de tranquillité», avec encore un piano bar, «lieu de rencontre raffiné et apprécié, paisible et accueillant, aux tons chatoyants rouges, acajou, noirs et or».

Cela dit, en cas de petit coup de fatigue après sa conférence de presse, on se gardera bien de prendre une chambre dans ledit établissement pour y faire une sieste éclair. En effet, le «meilleur tarif garanti» démarre tout de même à 279 euros. Comptez 459 euros (un demi SMIC, quasiment) pour une suite «supérieure non-fumeur, lit Heavenly, accès internet haut débit, chambre spacieuse, salle de bains en marbre» avec en option, la vue imprenable sur les Tuileries et la tour Eiffel, oui madame.

C’est un monde décidément, cette «révolution orange» bayrouïste.

B.DL.

PS: Un «lit Heavenly» donc: mais ce nom ne donne pas du tout envie de dormir! ;-)

   

04/04/2007

Une innovation

medium_metro-train1.jpg«Filles du Calvaire», «Saint-Sébastien», «Chemin vert», «Voltaire» et maintenant «Bréguet-Sabin»: les unes après les autres, les stations de métro du quartier bénéficient de gros travaux de rénovation. Quais et couloirs plus clairs, signalétique plus parlante, salles des guichets joliment agrémentées de couleurs acidulées: le résultat est plutôt réussi.
Un changement, toutefois, ne fait visiblement pas l’unanimité, ou en tout cas déconcerte les Parisiens. Dans ces nouvelles stations, l’achat de titres de transports se fait désormais exclusivement via les distributeurs automatiques, les agents au guichet se consacrant uniquement à l’«information», à l’«assistance» et au «service après-vente».
Les usagers ne l’ont pas trop compris. Ils continuent invariablement à faire la queue au guichet pour acheter leur billet, avant d’être immanquablement renvoyés faire une deuxième fois la queue devant les distributeurs – d’où des énervements et beaucoup de perte de temps. Lesdites machines, en effet, opèrent évidemment moins vite que les préposés d’hier.
Les touristes semblent également décontenancés. Certes, les distributeurs fonctionnent en cinq langues (français, allemand, anglais, italien, espagnol): chose exceptionnelle dans ce pays si fréquemment unilingue. Mais les machines sont tout de même moins conviviales que les humains et du coup, effraient manifestement un peu les étrangers.
Comme d’ailleurs aussi certaines personnes âgées. Hier à «Saint-Sébastien», on a vu une petite vieille demander à deux reprises au préposé si elle pouvait sans craindre de le perdre introduire son précieux billet de 20 euros dans la machine. Puis attendre, les mains nouées par l’appréhension, le retour de sa monnaie et la délivrance du précieux billet.
B.DL.

27/02/2007

Un rajeunissement

medium_pont_20neuf_20au_20soleil.jpgOn l’a lu au petit-déjeuner ce matin dans «A Paris», la gazette de la mairie: la restauration du Pont Neuf est enfin terminée. Pour tout Parisien qui se respecte, c’est vraiment une grande nouvelle: en effet, les travaux de réfection et d’étanchéité du plus vieux pont de Paris (1578-1607) avaient commencé… en 1990.
Les douze arches en plein cintre ont donc été entièrement consolidées et rénovées. Et les mascarons, ces figurines sculptées qui contribuent au cachet de l’édifice, ont toutes retrouvé leurs traits ciselés.
On va aller y jeter un coup d’œil, ce week-end. Avec toutefois une certaine appréhension. L'endroit est splendide, certes. La pointe ouest de l’île de la Cité offre évidemment un des plus beaux et émouvants panoramas de Paris qui soit. Mais comme sur le parvis de Notre-Dame, c’est au Pont Neuf que l’on perçoit vraiment la pression touristique que subit la capitale, que l’on ressent physiquement – par la cohue, par la promiscuité et par le bruit, à longueur d’années – qu’elle est la ville la plus visitée au monde.
Sans doute donc va-t-on fuire rapidement la foule et se retrouver place Dauphine, cette place où on est venu si souvent bouquiner, dans le temps. Architecturalement, bien entendu, elle n’a plus son homogénéité et donc son intérêt d’origine. Mais l’endroit garde un charme fou. Le souvenir du couple mythique Montand-Signoret n’y est pas pour rien.
Les plus curieux découvriront que, dans une brasserie du coin, une table est réservée à vie au commissaire Maigret. Le célèbre héros de Simenon venait y déjeuner chaque midi – de mémoire: un œuf mayonnaise et des anguilles au vert – puis, la pipe au bec, regagnait calmement son mythique bureau du quai des Orfèvres. La promenade est très belle. Vivement ce week-end.
B.DL.

03/11/2006

Un monde

medium_110_F_670060_XcqM1u3vxTdeAJy0N2YDrO2vRbc8ef.jpgLe club très select des palaces parisiens s’agrandit, avec l’ouverture ce matin du «Fouquet’s Barrière» à l’angle des avenues des Champs-Elysées et George V.
Ils sont désormais au nombre de sept les hôtels de très grand luxe dans la capitale pouvant afficher la dénomination enviée de palace: le «Fouquet’s» donc, mais aussi le «Bristol», le «Crillon», le «George V», le «Meurice», le «Plaza Athénée» et le «Ritz».
Il y a quelques années, on avait passé pas mal de temps au «George V», pour un grand reportage «lifestyle» d’été. On avait visité des suites tarifées jusqu’à 10.000 euros la nuit. On nous avait présenté une bouteille de vin (un Petrus 1947, si on se souvient bien) affichée 7.500 euros sur la carte du restaurant gastronomique. On avait sympathisé avec le «styliste floral» de la maison: un ancien mannequin américain âgé de 28 ans, clone de Jim Morrison, très star. Pour notamment pouvoir parsemer chaque soir les sols de marbre du palace de dizaines de milliers de pétales de roses, il disposait d’un budget mensuel équivalant à cinquante fois le salaire minimum.
C’était vraiment tout un monde.
B.DL.

10:55 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Paris, Tourisme