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24/02/2016

Un «cap emblématique franchi»

Paris, International, Communication, TechnologiesC'est la conséquence des attentats de janvier et de novembre 2015: Paris dégringole, dans la dernière édition en date du classement annuel des villes les plus agréables du monde, rendue publique hier par l'institut Mercer.

La capitale reste la première ville française classée, mais elle perd dix places en un an, ne pointant plus qu'en 37e position. Loin derrière Vienne, Zurich, Auckland ou Munich. Et devancée même par Bruxelles, qui se hisse au 21e rang (+1).

Sans doute, dans ces conditions, faut-il bien se trouver des motifs de consolation. Hier, la mairie en a fait des tonnes (, notamment) sur la première place qu'elle vient de décrocher dans un autre palmarès international. Celui de la mégapole la plus suivie sur Twitter. Elle est la première capitale à compter plus d'un million d'abonnés, sur cette plateforme de microblogging. Ce matin, on dénombrait très exactement 1.002.437 "followers" du compte officiel de la mairie. A titre de comparaison, la ville de New York en a deux fois moins.

Pour fêter ce «cap emblématique franchi», l'Hôtel de ville a lancé un concours visant à récompenser les plus beaux messages mentionnant le hashtag #1MillionParis. Les lauréats verront leur prose diffusée sur la centaine d'écrans tactiles qui équipent les arrêts de bus. Et, en l'honneur de ce millionième abonné, une vidéo en "timelapse" a été réalisée.

2,06 minutes plutôt pas mal. Très très cliché: visiblement, pour ses concepteurs, Paris se limite aux seuls quartiers Notre-Dame, Louvre-Conciergerie et tour Eiffel – les Parisiens de Belleville, de Ménilmontant, de Saint-Lazare, de la Goutte d'or ou d'ailleurs apprécieront. Mais vidéo sans doute parfaite pour alimenter à l'étranger l'image d'Epinal de la "Ville lumière".

Mise en scène de la sorte, en effet, la capitale française paraît la cité plus agréable du monde. Mais donc, au-delà de ces images formatées et si l'on en croit cette étude internationale, c'est loin d'être le cas.

Chacun jugera.

08/01/2016

Un an plus tard (suite)

Quelques centaines de personnes réunies place de la République, hier soir. Pour rendre hommage aux victimes des attentats de janvier 2015. Le 11 janvier tombant lundi, c'est la veille, dimanche après-midi, que Paris se souviendra du gigantesque rassemblement qui, un an plus tôt, le dimanche 11 janvier 2015, réunit plus d'1,5 million de personnes entre "Répu" et Nation. Alors que, au même moment, dans toute la France, deux autres millions de manifestants descendirent dans les rues – du jamais vu, une telle mobilisation, depuis la Libération.

François Hollande en personne sera dans la foule à République, dimanche. Une présence volontairement sobre: il ne devrait pas prendre la parole. Le chef de l'Etat et la maire de Paris inaugureront l'arbre du souvenir qui y a été planté, en début de semaine. Un chêne d'une dizaine de mètres de haut, symbole de force et de résistance. A ses pieds, une plaque où l'on peut lire: «A la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015 à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage». Dans la foulée, prochainement, le café de la place, qui était dénommé "Monde et Médias", sera rebaptisé "Café du 11 janvier".

«Dieu! Mais que Marianne était jolie. Quand elle marchait dans les rues de Paris. En chantant à pleine voix: "Ça ira ça ira... toute la vie"». Ces paroles ont retenti, hier soir, à "Répu". Issues de la chanson "Que Marianne était jolie", de Michel Delpech (dont on célèbre les obsèques ce vendredi matin, à Saint-Sulpice). Entonnées par la foule, à l'initiative du chanteur Renaud et de l'humoriste Christophe Alévêque, à l'origine du rassemblement.

«Elle est née dans le Paris 1790. Comme une rose épanouie. Au jardin des fleurs de lys. Marianne a cinq enfants. Qu'elle élève de son mieux. Marianne a maintenant quelques rides au coin des yeux», dit aussi la chanson.

14/11/2015

«Un cauchemar qui recommence»

De grandes bâches opaques tendues sur toute la longueur de la façade du Bataclan. Pendant toute la nuit, les agents de la police scientifique, vêtus de combinaisons blanches, y ont été à pied d'oeuvre. Depuis le début de la matinée, des camions mortuaires par dizaines s'y succèdent, chargés d'enlever les dépouilles des victimes. Des premières gerbes de fleurs commencent à s'amonceler. «Plus jamais cela», proclame l'une d'elle. Les forces de l'ordre, déployées en nombre dans tout le quartier, invitent sans ménagement les badauds à «circuler». Une grande part des artères voisines ont été totalement interdites à la circulation. Ainsi, rues de Charonne et de la Fontaine au Roi, théâtre de deux fusillades meurtrières, on ne passe pas.

Il y a peut-être un peu moins de monde que d'habitude dans les rues, mais, pour l'essentiel, les Parisiens n'ont pas respecté la consigne de sécurité donnée dès vendredi soir de ne pas sortir de chez eux à moins de déplacements d'une absolue nécessité à effectuer. Des déplacements qui, du reste, sont compliqués. La circulation de cinq lignes de métro a été interrompue, et toutes les stations des environs ont été fermées. Rideaux métalliques baissés, également, pour tous les commerces proches des lieux des tueries.

Cette nuit, dans le quartier, à même le trottoir ou dans les bars, devant les clients médusés, les enquêteurs de la police judiciaire ont improvisé les premiers interrogatoires et prises d'identité des rescapés. «Jamais, de toute ma carrière, je n'avais assisté à de telles scènes d'horreur!», confiait, tremblant, un volontaire de la Croix Rouge.Vers 1 heure du matin, une quinzaine de cars, réquisitionnés à la RATP, ont été acheminés vers le Bataclan pour convoyer les victimes non blessées mais traumatisées vers la mairie du onzième, où une cellule de crise et d'assistance psychologique a été aménagée.

Devant l'édifice, sur un petit bureau d'écoliers, a été posé un registre de condoléances. Les riverains viennent y témoigner de leur émotion, de leur effroi et de leur compassion. Cette empathie a été immédiate et très visible, pendant toute la nuit. Grâce à la mobilisation des réseaux sociaux, des dizaines de Parisiens empêchés de rentrer chez eux – le quartier étant entièrement bouclé – ont pu trouver un hébergement, une collation et du réconfort chez des riverains. Des cafetiers proches des lieux des tueries ont spontanément envoyé leur personnel offrir gratuitement des boissons chaudes aux agents et secouristes qui, dans la rue, s'affairaient. Et, depuis ce matin, la population afflue dans les hôpitaux, pour des dons de sang.

Jusque tard dans la nuit, dans notre quartier, on a vu des attroupements de gens en train de se réconforter. Des personnes atterrées, fondre silencieusement en larmes. Des riverains accourus sur les lieux du drame et incapables de rentrer chez eux, comme pétrifiés sur le trottoir. «Ca recommence, le cauchemar...», gémissait un jeune homme. «Ce quartier commençait à peine à se relever!», hurle-t-il, la rage au ventre.

Se relever de la tragédie du 7 janvier. La tuerie à "Charlie Hebdo", rue Nicolas Appert, située à dix mètres à peine du Bataclan, qui l'avait déjà tant traumatisé.

13:53 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, terrorisme

08/10/2015

Une amélioration, à parfaire

Une bonne nouvelle pour les quelque 30 millions de touristes qui visitent Paris chaque année. Et, tant qu'à faire, une bonne nouvelle aussi pour les habitants de cette ville. La sécurité s'améliore dans et aux alentours des grands sites touristiques de la capitale française.

C'est, du moins, ce qui ressort des chiffres qu'a donnés la préfecture de police de Paris, cette semaine. «Tous les indicateurs sont à la baisse», a-t-elle assuré. Dans ces zones touristiques, de mai à septembre, les coups et blessures volontaires ont chuté de 24%, les vols à la tire de 28%, et les vols avec violence de 17%. Concernant ce dernier type de délinquance spécifiquement, la baisse est même de 34% dans le quartier Montmartre, et carrément de 56% au Champ de Mars. C'est le résultat du travail accompli par les quelque 29.000 policiers qui, depuis le début de l’année, ont été mobilisés dans les sept zones concernées par ce "Plan tourisme" de la préfecture (Montmartre, Champs-Elysées, Champ de Mars, Trocadéro, Louvre, Notre Dame-Quartier Latin et Opéra).

Deux remarques toutefois, si on peut se permettre.

Une nuance, d'abord. Cela a déjà été dit (ici), dans ce blog: le déploiement de milliers de militaires dans les rues, depuis les attentats de janvier, contribue très largement à cette sécurisation accrue de la ville. Pas évident de chercher noise à des touristes sous la tour Eiffel, quand, désormais, tant de soldats armés jusqu'au cou y patrouillent. Un bémol, ensuite. Des faits divers récents – on pense par exemple aux vols dont plusieurs touristes chinois ont été successivement victimes, à la sortie ou aux abords de leur hôtel en banlieue parisienne – montrent que les autorités auraient intérêt à ne pas concentrer leurs efforts sur le seul Paris intramuros. Il arrive aussi aux touristes de franchir le périphérique. Et ils ont le droit d'y être autant en sécurité que sur les Champs ou à Montmartre.

01/09/2015

Une royale commémoration

Une fois n'est pas coutume, dans ce blog, une petite plongée dans le passé. En ce jour de rentrée scolaire et sur un thème qui figurera sans doute dans les cours d'histoire géo qui seront dispensés aux élèves, cette année. Un anniversaire, en l'occurrence. Le tricentenaire de la mort de Louis XIV. Puisque c'est le 1er septembre 1715 que le monarque succomba.

Des évocations sont prévues dans les médias, tout au long de cette journée et de la soirée. En région parisienne, forcément, l'on ne manquera pas de commémorer l'événement: à Versailles bien sûr (voir ici), mais aussi dans nombre de villes (). Pour l'occasion, le fameux château du Roi Soleil a mis en place un dispositif numérique (ici) qui a retracé les derniers jours du souverain. Depuis la mi-août, le compte Twitter de l’institution diffuse des messages relatifs notamment à sa santé et aux coulisses de la vie quotidienne dans son palais – façon, en somme, de revivre comme en temps réel cette si historique disparition.

La commémoration dépasse même les frontières de la région parisienne, s'étendant à des lieux et à des types d'initiatives a priori assez improbables. Ainsi, ce mardi, la ville des Sables-d’Olonne (Vendée) va-t-elle... faire sonner le tocsin. Faire sonner les cloches de l'ensemble de ses églises, tout au moins. Entendu ce matin sur une radio, le maire de cette localité, très impatient de ce moment, le justifiait par l'importance à la fois politique, économique et artistique qu'eut, pour la France, ce si mémorable souverain.

Moins drôle: ne manquera sans doute pas de se faire entendre, dans ou en marge de ce cycle de commémorations, la parole des "déclinologues". Ces souvent si sinistres oiseaux de mauvais augure, qui passent leur temps à annoncer toujours le pire pour le pays et à regretter son passé révolu. Le ton aigri de leurs considérations, en tout cas, tranchera avec le caractère globalement plutôt joyeux que prend, dans ce pays passionné par l'Histoire, ce moment national de commémoration royale.

11:37 Publié dans Dans la rue | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire, culture

09/07/2015

Un traumatisme durable

Paris, Police, Sécurité, TerrorismeGrosse agitation hier, dans notre quartier du onzième arrondissement. Des policiers, des gendarmes et des militaires, lourdement armés, qui débarquent en nombre, sans crier gare. Interdisent à la circulation un tronçon entier du boulevard Richard Lenoir. Evacuent sans ménagement les passants. Ordonnent même aux badauds en train d'observer la scène depuis leur balcon de rentrer chez eux et de s'éloigner des fenêtres. Des bandelettes de plastique "Police" déroulées un peu partout. Des véhicules de secours acheminés, au cas où.

Un colis suspect. A quelques mètres de la rue Appert: celle de la rédaction de "Charlie Hebdo", là où les terroristes ont semé la mort, le 7 janvier. Colis découvert quasiment six mois jour pour jour après ce terrible attentat. Et alors que, la veille, il a été révélé que, dans le Midi, l'armée s'est fait voler des dizaines de grenades, de pains de plastic et de détonateurs.

Ce n'était qu'une fausse alerte: aucun explosif. Mais, au vu de l'ampleur du dispositif déployé, les forces de l'ordre ont envisagé le pire, étant donné ces particularités de lieu et de calendrier.

Et, à en juger aux visages tendus des riverains témoins de cette alerte, elle a immédiatement ravivé chez eux le souvenir de la tuerie du début de l'année.

Ce quartier, comme traumatisé, parviendra-t-il un jour à oublier?

07/05/2015

Un effet induit

Paris, Banlieues, Terrorisme, Sécurité, TransportsLa délinquance et l'insécurité ont dégringolé en France, et singulièrement à Paris, depuis les attentats de janvier. Et c'est très probablement dû à Vigipirate, le dispositif de vigilance antiterroriste – qui, en région parisienne notamment, a été relevé à son niveau maximal d'alerte.

Les derniers chiffres en date de l'Observatoire national de la délinquance sont assez spectaculaires. En ce qui concerne par exemple les vols perpétrés sur le réseau ferré de la région parisienne, qui est «l’un des principaux espaces de déploiement des forces de l’ordre et des militaires du plan Vigipirate». Pendant les trois semaines de janvier qui ont suivi les attentats, ces vols ont été «en baisse de près de 40% par rapport aux mêmes semaines de 2014». Puis, lors des six semaines suivantes, les baisses mesurées ont à nouveau été «fortes», «sans atteindre de tels niveaux» (aux alentours des 30%). En mars, encore et toujours, une réduction a été enregistrée, dans la zone de 20%. Ce n'est que depuis la fin de ce mois-là que la diminution est retombée sous la barre des 10%.

Il faut être prudent avant d'attribuer de manière certaine cette dégringolade à la "peur du gendarme" subitement déployé en masse dans les rues. En effet, «dès la première semaine de l’année 2015, celle qui s’est conclue le mercredi de l’attaque de l’hebdomadaire "Charlie Hebdo", le nombre de faits de vols sur le réseau ferré d’Île-de-France était en forte baisse». Et, en novembre 2014, pareillement, le nombre de faits de vols a connu des diminutions hebdomadaires de 25%. Il n'empêche, les experts en criminalité jugent vraiment «très singulières, au regard de l’ensemble des statistiques hebdomadaires», ces variations observées lors des trois semaines de janvier ayant suivi l’attaque contre "Charlie". Ils estiment donc «légitime» le «scénario d’un effet du plan Vigipirate» sur ce type de délinquance et de criminalité, même si cet effet, «avec le temps, se serait réduit progressivement».

En d'autres termes, Vigipirate, qui a pour but de «terroriser les terroristes» (comme dirait Charles Pasqua), incite visiblement aussi les «sauvageons» (comme les appelait Jean-Pierre Chevènement) et autres petits malandrins à se tenir à carreau.

Sans doute est-ce déjà cela.

23/04/2015

Un changement de garde

Aucun renforcement notable du dispositif de sécurité autour des églises, dans notre onzième arrondissement en tout cas. C'est ce qu'on a pu constater ce matin. Au lendemain de l'annonce qu'un projet d'attentat a été déjoué dimanche, visant une ou des églises en banlieue de Paris.

En revanche, là où le changement est notable – a fortiori dans notre quartier endeuillé par les attentats de janvier –, c'est dans la manière qu'ont les forces de l'ordre d'opérer. Au fil des semaines, elles en sont arrivées à privilégier autant que possible les gardes mobiles, par rapport aux gardes statiques. Laisser des gendarmes, des policiers ou des militaires stationnés à longueur de journées et en permanence devant des lieux susceptibles d'être visés par un attentat, cela coûte cher, en termes financiers et humains. Dès lors, ces gardes statiques et permanentes sont de plus en fréquemment remplacées par des surveillances ponctuelles et tournantes.

On comprend bien la logique d'un tel changement de garde, mais, visiblement, cela ne contribue pas à détendre le climat.

C'est ce qu'on s'est encore dit cette semaine. En assistant fortuitement au débarquement de militaires affectés à de telles gardes mobiles, devant un grand centre communautaire juif du quartier (que ce blog a déjà évoqué: ). Ils étaient une dizaine. Des paras, en treillis de combat. Armés comme s'ils étaient au Mali. Et qu'on n'avait jamais vus auparavant, dans le quartier. Ils se sont postés à tous les coins de la rue, ont monté la garde pendant une heure, ont toisé du regard quiconque, passant ou riverain, qui osait s'approcher, puis sont repartis. Cette apparition si massive et soudaine a tendu le quartier. On a vu des mamans dont les gosses étaient en train de jouer dans un square voisin regrouper leur progéniture, puis s'en aller vite fait. On a entendu des «Il se passe quelque chose?», dans la bouche de riverains. On a croisé des regards inquiets.

C'était une ambiance qui contrastait vraiment avec celle que l'on vit quotidiennement, depuis janvier, dans les lieux du quartier qui, eux, sont surveillés de manière statique et permanente. A ces endroits, à force de se côtoyer, riverains, gendarmes et policiers en sont venus à se connaître, à échanger, voire à sympathiser. On se salue, on se sourit, on bavarde un peu. Dans un souci commun de rendre le moins désagréable possible pour tout le monde ce dispositif d'alerte sécuritaire maximale, si pesant. Et qui devient si durable – bientôt quatre mois, déjà.

03/03/2015

Un «impact moral négatif»

Tout comme notre onzième arrondissement, le neuvième (le quartier des grands boulevards, en gros) a vu, ces dix dernières années, se multiplier les commerces d'un genre particulier: les salons de massage. La chambre de commerce dénombre 115 établissements de ce type dans ce seul quartier de Paris, et pas seulement aux abords des places Pigalle, Blanche et de Clichy. Cela commence à faire beaucoup trop, aux yeux de la maire (UMP) du neuvième. Hier, donc, elle a fait voter un voeu par le Conseil d'arrondissement. Il prie la maire de Paris et le préfet de police de mettre au point une «campagne de labellisation des salons de massage respectant une charte éthique de bonne conduite».

«Un grand nombre de ces établissements sont suspectés d’être en réalité des lieux de prostitution dissimulée», justifie l'exécutif local. Qui en veut pour preuve que, rien que depuis octobre dernier, dans le neuvième, quatre établissements supposément dédiés aux soins de beauté ont été sanctionnés par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme. Invoquant notamment la prochaine Journée internationale de la femme, le 8 mars, la maire d'arrondissement juge «intolérable» que, «dans une capitale comme Paris, des femmes soient exploitées et maltraitées par des réseaux mafieux».

Elle s'alarme aussi de l'«impact économique et moral très négatif» de ces pratiques dissimulées sur «les établissements respectables, offrant des services de massage de relaxation de qualité». Et s'inquiète de «la confusion» créée, dans l'esprit du consommateur moyen.

Sans doute. Cela dit, il ne faudrait pas non plus exagérer l'ampleur du problème. Du moins, si l'on en juge aux informations qu'avait données sur le sujet – il y a quelques années de cela, il est vrai – la préfecture de police elle-même. A l'époque (relire ), elle avait jugé bon de communiquer sur le fait que les salons de massage n'étaient «pas, contrairement aux idées reçues, des repères de prostitution». Sur les quelque 400 établissements de ce type qu'elle avait alors recensés, «moins d’une vingtaine» se livraient à une activité prostitutionnelle.

24/02/2015

Un contraste, frappant

Paris, Sécurité, Police, Armée, Terrorisme, Personnalités, HollandeFrançois Hollande hier soir, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France. Le chef de l'Etat a () renouvelé son soutien ainsi que celui de toute la nation à la communauté juive. Et il a assuré que les autorités ne baisseraient pas la garde face à la menace terroriste visant le pays en général et cette communauté en particulier.

C'est sans doute le moins que l'on puisse faire et dire. A fortiori alors que, ce week-end, dans une vidéo, les islamistes radicaux des Shebabs somaliens ont appelé à frapper des grands centres commerciaux dont notamment, à Paris, le Forum des Halles et Les Quatre Temps (La Défense).

Juste, cet engagement sécuritaire présidentiel paraît un peu décalé, vu depuis notre onzième arrondissement parisien. En effet, depuis ce même lundi où François Hollande a tenté de rassurer la communauté israélite, le plus grand centre culturel juif du onzième se retrouve... sans le moindre dispositif de protection.

Situé dans une allée parallèle au Boulevard Richard Lenoir, il faisait l'objet d'une surveillance très étroite, depuis les attentats. Une armada de militaires armés jusqu'aux dents étaient postés à ses entrées et patrouillaient sans relâche, nuit et jour, devant ses vingt mètres de façade. Mais, depuis lundi matin, plus rien. Il n'y a plus âme sécuritaire qui vive, devant ces installations. Plus le moindre policier, militaire ou gendarme n'y est en faction.

Curieux.

12/02/2015

Une sécurité globale moyenne

Paris, International, Sécurité, SantéPuisqu'on évoquait la police hier, cette étude comparative internationale qu'a publiée le magazine britannique «The Economist», dernièrement. Elle est consacrée à la sécurité dans cinquante grandes villes. Dans ce classement des métropoles les plus sûres au monde, Paris ne figure qu'en 23e position – juste derrière Bruxelles.

Plusieurs paramètres ont été pris en compte, pour départager toutes ces cités. Ils embrassent des secteurs aussi divers que la sécurité bien sûr (taux de criminalité), mais aussi la santé (qualité des soins de santé et de l'environnement), les infrastructures (qualité des transports ou des routes), et même le numérique (cyberprotection et respect de la vie privée).

C'est dans l'item relatif à la sécurité sanitaire que Paris se distingue: elle apparaît comme la cinquième ville la plus sûre au monde. C'est dû au fait que cet indicateur prend notamment en compte des critères comme le nombre de lits d'hôpital par rapport à la population de la ville, l'espérance de vie de ses habitants, etc. Il n'empêche, ce bon classement a un côté un peu paradoxal. C'est comme si les auteurs de l'étude n'avaient jamais entendu parler du problème chronique de pollution atmosphérique – avec toutes ses conséquences sanitaires – qui empeste cette capitale.

11/01/2015

Un quartier au centre d'une journée historique

Paris, Police, Sécurité, Journalisme Quelques coulisses de cette journée historique qu'a vécue Paris, ce dimanche. Vus depuis notre quartier du onzième arrondissement, plus que jamais concerné puisqu'il a été le premier endeuillé par la si meurtrière semaine écoulée.

Rue Saint-Sabin ainsi que dans quantité d'autres artères à proximité, il ne fallait vraiment pas être allergique à la couleur bleu marine. Dès les premières heures de la matinée, ces rues étaient entièrement, sur toute leur longueur, réservées aux véhicules de gendarmes, de CRS et de policiers.

Boulevard Richard Lenoir, des policiers lourdement armés et vêtus de gilets pare-balles ont, pendant toute la journée, stationné y compris... dans la cour intérieure de l'immeuble où se trouve le bureau parisien de «La Libre». Non pas, bien sûr, pour protéger ses modestes occupants. Mais parce que la même résidence héberge également un habitant qui, en ces temps, est susceptible de constituer une cible de choix, pour les poseurs de bombes et autres tueurs en puissance. Pour raison de sécurité – même si on doute un peu que les islamistes lisent «Paris Libre»... – , on ne s'étendra pas sur l'identité de l'intéressé.

Le hasard a voulu qu'aux grilles d'entrée de ce même immeuble – tout proche du lieu de l'attentat contre «Charlie» –, les gens du quartier, dès mercredi, aient commencé à déposer des bougies, des fleurs, des mots et des dessins en hommage aux victimes. Jour après jour, ce lieu de recueillement n'a cessé de grandir. A présent, c'est devenu un des plus imposants du quartier. Du coup, on ressent désormais une impression un peu bizarre – celle de pénétrer dans un mausolée – chaque fois que l'on franchit les grilles de l'immeuble, direction le bureau pour aller y travailler.

Sur ce même boulevard Richard Lenoir cet après-midi, sur le coup de 16 heures, la foule amassée était si dense qu'à pied, il fallait compter en moyenne une bonne minute pour chaque mètre parcouru. Avancer plus vite était physiquement impossible. Imaginez la facilité d'aller et venir, de réaliser un reportage sur une manifestation, dans de telles conditions.

Boulevard Voltaire à la même heure, et même dès une heure auparavant, on avait beau être muni de tous les badges et accréditations officiels nécessaires, on avait beau s'armer de son plus grand sourire, on avait beau parlementer longuement, surjouer l'amabilité et/ou jurer d'une indéfectible admiration de toujours pour la corporation des policiers, on n'était plus autorisé à franchir le moindre cordon de sécurité. Là aussi, pas facile de travailler.

On va dire qu'au moins, cela a eu l'avantage et l'intérêt de constituer une mémorable nouveauté, dans les usages journalistiques en République: un pass tout ce qu'il y a de plus officiel (délivré par le palais de l'Elysée) qui permet... de ne passer nulle part.

07/01/2015

Un carnage, si proche

Douze morts. Quatre blessés dans un état d'«urgence absolue». Et une vingtaine d'autres, moins grièvement atteints. C'est le dernier bilan que vient de dresser le procureur de Paris, François Molins. Le bilan de l'attentat terroriste qui a été commis ce matin à Paris – le plus grave jamais perpétré en France depuis plus de cinquante ans.

Pour l'anecdote – mais c'est si anecdotique, vu la gravité des événements –, cet attentat s'est déroulé à deux pas du bureau parisien de «La Libre». En effet, la rédaction de «Charlie Hebdo», qui a été visée, est située rue Nicolas Appert, dans le onzième arrondissement. Cette petite ruelle se trouve juste aux pieds de la résidence où «La Libre» a établi ses quartiers, depuis maintenant plus de dix ans.

On revient à l'instant du lieu de la tuerie. Le quartier est, bien sûr, complètement sous le choc. C'est même très troublant de voir ainsi si lourdement endeuillé ce qui est notre cadre quotidien de travail et de vie, et qui est d'habitude un environnement si paisible et tranquille.

PLANTU.jpgEn quelques heures, tout a basculé. L'atmosphère y a complètement changé. Plusieurs dizaines de véhicules de police, de gendarmerie, de pompiers et du Samu sont déployés dans toutes les rues environnantes. «Il y a encore des blessés à intuber! Il y a encore des blessés à intuber!», hurlait, tout à l'heure, complètement affolé, un secouriste qu'on a croisé. L'accès à l'ensemble de la zone est interdit. L'agence Pôle Emploi est grillagée: fermée. Les enfants de l'école Saint-Sébastien sont cantonnés à l'intérieur de l'établissement. De même que les journalistes de «Charlie» n'ont pu encore quitter leur rédaction.

«Je ne peux pas rester longtemps au téléphone, là. Je vais bien. Veille sur les enfants. Je te rappelle». C'est ce qu'on a entendu tout à l'heure, rue Appert. Dans la bouche d'une consoeur de «Charlie» qui n'était pas présente au bureau au moment de la fusillade, et qui, accourue sur place, rassurait ses proches. «Je vous en supplie! Laissez-moi passer!», hurlait, peu après, une autre jeune femme, s'adressant aux gendarmes assurant le cordon de sécurité qu'elle voulait franchir. Conjointe d'un journaliste de l'hebdomadaire, sans nouvelles de lui depuis ce matin, et donc morte d'inquiétude, elle voulait à tout prix aller à la rédaction vérifier qu'il était bien indemne. Il fallut de longues tractations avant qu'elle soit autorisée à franchir le cordon de sécurité.

Arrivé sur place dès 12h45, en compagnie de la maire de Paris, François Hollande a qualifié la fusillade contre «Charlie Hebdo» d'«acte d'une exceptionnelle barbarie», et a fait rehausser le plan d'alerte antiterroriste «Vigipirate» à son degré de vigilance maximal.

Après avoir vu et écouté le Président détailler le bilan si effarant de la tuerie, Guillaume, retraité du quartier, ayant longtemps tenu une droguerie très populaire rue Saint-Sabin, n'en revenait pas. Complètement sous le choc, il ne parvenait qu'à répéter, hagard: «Mais quelle société de sauvages! Mais quelle société de sauvages!»

On ne savait trop quoi lui répondre.

04/12/2014

Un lifting bien nécessaire

Cela fait très longtemps qu'à Paris l'on parlait de ce chantier, mais c'est hier seulement qu'il a été officiellement confirmé. Il ne sera pas mince, puisqu'il engloutira la bagatelle de 192 millions d'euros de budget, et s'étalera sur 27 mois. Et il concernera un des édifices les plus emblématiques de la "Ville lumière", connu même dans le monde entier.

A savoir, la Grande Arche de la Défense. Qui, vingt-cinq ans après son inauguration, a mal vieilli. Cela fait plusieurs années déjà que son toit est inaccessible, à cause d'un accident survenu dans un des ascenseurs y menant. Les dalles de marbre qui décorent l'extérieur de l'édifice sont branlantes. Certains de leurs éléments se décrochent même, parfois – on en a été témoin, la dernière fois qu'on a pique-niqué d'un sandwich, sur l'esplanade... – , ce qui a nécessité la pose de filets de sécurité. Sans parler de l'amiante qu'on trouve dans le bâtiment. Enfin, ce colosse est particulièrement énergivore et donc pas du tout environnementalement correct. Alors que, paradoxe, il héberge notamment une partie des services... du ministère de l'Ecologie.

Bref, la Grande Arche va être complètement remise à neuf, et l'on promet même monts et merveilles: la création d’une promenade "Entre ciel et Terre" sur son toit, etc. (voire ).

Au passage, l'ampleur des moyens qu'il faut consacrer à ce chantier confirme que, décidément, on n'a jamais fini de payer la facture des grands travaux parisiens de l'ère Mitterrand. Ce qu'avait déjà montré le dépérissement pitoyable, toutes ces dernières années, de l'Opéra Bastille. Qui lui aussi a terriblement mal vieilli, et dont le chantier de rénovation (relire ici ou ) a coûté un fameux paquet de millions.

28/11/2014

Une mauvaise réputation partagée

Un sujet plus léger que ceux des derniers jours, pour bien terminer la semaine.

Et, en l'occurrence, une bonne nouvelle pour les automobilistes parisiens. Puisque, visiblement, ils ne sont pas les seuls à mériter la réputation d'être des conducteurs pénibles (teigneux, non respectueux des réglementations, etc.). Les cyclistes parisiens ne semblent guère faire mieux.

Ainsi, selon un sondage publié cette semaine, dans la «Ville lumière», 88% des cyclistes reconnaissent avoir déjà commis une infraction. 75% admettent circuler sur les trottoirs, 55% tourner sans l'avoir signalé au préalable, et 55% franchir les feux signalisation au rouge. Enfin, seuls 41% portent un casque, 44% des vêtements et accessoires réfléchissants, et un quart utilise encore un vélo sans phare à l’avant ou à l’arrière, ce qui est pourtant obligatoire.

«Il y a un vrai sentiment d’impunité», parmi ces cyclistes, selon le responsable de la prévention de la compagnie d'assurances MMA, qui a commandité ce sondage. Pourtant, les enjeux en termes de sécurité ne sont pas minces. Pour preuve, les années ont beau passer, la mortalité chez les usagers des deux roues ne régresse pas, à Paris comme ailleurs. En 2013 en France, on a déploré 147 décès de cyclistes. Et, à en croire les chiffres de la Sécurité routière, depuis le début 2014, ce taux de mortalité est en hausse de 6%.

05/11/2014

Une inversion de tendance

Paris, Société, Femmes, FamillePrès de quarante ans que l'on n'avait pas vu cela, à Paris. Pour la première fois depuis 1975, la natalité est en baisse, dans la capitale française.

Selon les derniers chiffres publiés cette semaine (relatifs à l'année 2012), 28.945 bébés voient le jour chaque année, dans la "Ville lumière". C'est 1,2% de moins que l'année précédente. Et c'est à comparer avec les quelque 32.000 naissances qui ont été enregistrées à Paris dix ans plus tôt: en 2002.

De fortes disparités de natalité existent entre arrondissements parisiens. Ainsi, dans le si chic sixième arrondissement, la natalité progresse de plus de 10%. En revanche, dans le très bobo deuxième ou dans le bourgeois huitième, elle dégringole de 17% et de 10% respectivement. La mise en regard de ces tendances avec la sociologie des quartiers concernés, cela dit, n'est pas vraiment éclairante: aussi bien des arrondissements très aisés que des arrondissement moins bourgeois, voire populaires, enregistrent des hausses ou des baisses de natalité, selon les cas.

Dès lors, pour expliquer ce phénomène inédit depuis si longtemps, les démographes en sont réduits à le relier plutôt à des facteurs parisiens très globaux. Par exemple, la crise structurelle des modes de garde d'enfants, dans la capitale (manque chronique de places de crèches, etc.). Ou le coût du logement, qui a atteint des niveaux prohibitifs. Ou encore l'insécurisation du parcours professionnel des femmes, due à la crise économique, et qui les pousse à reporter les projets de maternité.

La région parisienne dans son ensemble affiche tout de même encore un taux de natalité qui est supérieur à la moyenne nationale. C'est très largement dû à la banlieue, et grâce à la part de sa population qui est issue de l'immigration.

11/09/2014

Une indignité quotidienne

Cela ne s'arrange décidément pas, le mal-logement à Paris. Cette semaine, a comparu en justice un locataire qui était poursuivi par ses propriétaires pour quatre mois d'impayés de loyer. Il habite dans les environs du très chic parc Monceau, dans le 17e arrondissement. Rien que de très banal? A un détail, la surface de son logement: 6 m². Avec notamment une douche dans laquelle il n'y a pas d'autre solution que de se tenir accroupi. Loyer mensuel de cet espace de vie si minuscule? 410 euros.

Un expert, mandaté par la préfecture, a dûment constaté qu'un tel logement ne permettait «pas un hébergement des personnes conforme à la dignité humaine», et était même «susceptible de nuire à la santé» de ses occupants. La loi, du reste, prohibe la location d'un logement d'une surface inférieure à 9 m². Ce locataire n'en a pas moins été traîné devant le tribunal par ses propriétaires. Les magistrats se prononceront à la fin octobre.

L'an dernier déjà, à peu près à la même époque (relire ), avait comparu en justice un propriétaire ayant loué (330 euros) un logement d'une surface... d'1,56 m².

Il y a vraiment des gens que rien n'indigne.

11/06/2014

Un printemps agité

Plus de 300 kilomètres cumulés de bouchons (soit deux fois plus que la normale) ont été constatés sur les routes en région parisienne, ce mercredi matin au plus fort de l'heure de pointe. Conséquence de la grève en cours depuis hier soir à la SNCF, et qui a d'ores et déjà été reconduite pour demain. Pour ne rien arranger, viennent s'ajouter les gros embarras de circulation qu'entraîne l'«opération escargot» menée en ce moment par les chauffeurs de taxi, sur l'autoroute A1 entre Roissy et Paris. Et il n'y a pas que les automobilistes qui, ce matin, ont galéré. Dans les gares de certaines lignes du RER, les usagers ont dû patienter une heure avant de voir arriver un train (évidemment encore plus bondé que d'habitude).

Pendant ce temps, au-delà de ce secteur des transports, les choses continuent de s'envenimer de jour en jour, dans le domaine de la culture. Hier, le personnel du parc et de la Halle de la Villette a décidé de se joindre au mouvement de protestation des intermittents du spectacle – qu'on évoquait lundi. Il a voté la grève reconductible à partir du 13 juin. En dehors de Paris, la traînée de poudre protestataire se poursuit. La grève frappe, outre le Festival Printemps des comédiens à Montpellier, le festival Rio Loco de Toulouse (ainsi qu'une dizaine de théâtres de cette ville), les Furies (festival de rue) de Châlons en Champagne, le Festival d'Anjou à Angers, et le Festival Crossover de Nice.

L'agitation sociale semble donc marquer ce printemps. Alors que c'est à la langueur qu'inviterait plutôt la météo, si estivale, du moment.

13/05/2014

«Un nouvel élan»

Paris, Métro, Transports, Sécurité, Art de vivrePuisqu'on évoquait hier le métro de Paris, l'insécurité n'y progresse pas – contrairement à ce que claironnent les Identitaires –, et, en plus, le sentiment de ses usagers est que les incivilités y sont en diminution. C'est ce qu'a indiqué la RATP, à l'occasion du lancement, lundi, de sa nouvelle campagne de sensibilisation sur le sujet.

Frauder. Ne pas céder son siège à une personne âgée. Rester assis sur son strapontin ou garder son sac à l'épaule, y compris en cas d'affluence. Ne pas laisser descendre les voyageurs avant de soi-même monter. Mettre les pieds sur la banquette. Ecouter son baladeur à un volume sonore gênant pour les autres usagers, etc. Tous ces comportements seraient en diminution, dans les transports publics de la «Ville lumière» et de sa région. Du moins, c'est le sentiment majoritaire qu'en ont les voyageurs, qu'a interrogés (là) l'institut de sondages TNS-Sofres. Cette diminution, toutefois, est légère: 8%. Et des points noirs d'incivilité subsistent, comme dans le Noctilien (les lignes de bus de nuit).

Plus important pour le long terme, peut-être, est «l'acceptation d'une coresponsabilité dans les incivilités», les voyageurs se disant «prêts à agir sur leur propre comportement ainsi que sur celui de leur entourage», pour que progresse encore le climat de courtoisie et de respect d'autrui. La RATP salue donc «un nouvel élan» collectif dans la lutte contre les incivilités.

Outre qu'on imagine assez mal une personne interrogée revendiquer de but en blanc, devant un sondeur, le droit à l'incivilité et à l'indifférence à son égard, au vu du nombre d'usagers du métro que, chaque jour, on croise en train de franchir les portillons sans payer ou de hurler dans leur téléphone, on est un peu sceptique, on l'avoue. Mais – soyons fous, faisons un rêve –, on accepte bien volontiers l'augure qu'un jour, qui sait, les transports publics de Paris seront peuplés de gens non teigneux ou grossiers, mais aussi courtois et respectueux d'autrui que ceux de Londres.

Dans quelques décennies?

31/03/2014

Une victoire, sans euphorie

Paris, Elections municipales, Personnalités, Hidalgo, Kosciusco-MorizetCela nous a peut-être échappé – vu qu'on est resté coincé au bureau, à travailler jusqu'a minuit –, mais, a priori, dans les rues de Paris hier soir, l'annonce de la victoire de la socialiste Anne Hidalgo n'a suscité aucune euphorie. Dans notre onzième arrondissement, en tout cas, nul concert de klaxons ni mouvement de foules, et encore moins de feux d'artifice d'extase populaire. Ce qui a fameusement tranché avec la mémorable nuit qui, à Bastille, avait suivi l'élection de François Hollande à l'Elysée, il y a moins de deux ans (relire ).

Il faut dire que le petit peuple de gauche avait de quoi être KO, avec la claque magistrale qu'ont prise les socialistes dans le reste du pays.

Hier soir, la victoire de la gauche parisienne a été assez nette. Au prochain Conseil municipal de la capitale, elle disposera de vingt sièges de plus que la droite. Cette dernière n'a réussi à conquérir ni le douzième arrondissement, ni le quatorzième, qui lui étaient indispensables pour décrocher la mairie. A 500 voix près (sur 23.000 votants), elle a même failli perdre son fief du cinquième arrondissement, le Quartier latin. Elle ne l'a conservé qu'au prix d'une alliance avec le sulfureux clan Tiberi, du nom de l'ex-maire de Paris, Jean Tiberi (1995-2001). L'UMP peut néanmoins doublement se consoler. Avec la prise du neuvième (en gros, les quartiers Opéra, Cadet, Chateaudun). Et avec l'humiliation qu'elle a infligée aux socialistes dans le quatrième (Beaubourg, Saint-Paul, place des Vosges): ils n'ont conservé cet arrondissement qu'avec une misérable avance de 55 voix (sur 10.000 votants).

Mine de rien, c'est tout de même la troisième fois consécutive qu'une personnalité de droite est mise en déroute, dans la capitale. Nathalie Kosciusko-Morizet en 2014, comme Françoise de Panafieu en 2008, comme Philippe Séguin en 2001.

Rétrospectivement, il y en a un qui, ce matin, doit se dire qu'il a bien fait d'être prudent: l'ex-Premier ministre François Fillon, qui, un temps, avait pensé à briguer l'Hôtel de Ville.