06.02.2012
Une année faste
C'est un peu dur à écrire, alors que deux quotidiens («France Soir» et «La Tribune») viennent de disparaître des kiosques, mais, malgré tout, 2011 fut une année faste pour la presse quotidienne nationale (PQN) en France. Au passage, cela n'a pas l'air d'avoir été le cas en Belgique, où, si l'on se souvient bien d'une dépêche vue en coup de vent la semaine dernière, les chiffres relatifs à la diffusion payante des journaux ont, une fois de plus, été mauvais.
Dans l'Hexagone, en revanche, les quotidiens nationaux ont cessé de perdre des lecteurs (+0,04%). Dans le détail (voir ici ou là), cela donne +1,34% pour «Le Figaro», +2% pour «Le Monde», +3,3% pour «Les Echos», ou carrément +5,4% pour «Libération». L'autre jour, le directeur de ce journal, Nicolas Demorand, y est allé d'un cocorico (ici). Selon lui, cela indique «qu’il n’y a pas de fatalité. Qu’un titre de presse peut reconquérir des lecteurs, sur tous les supports. Qu’il peut faire entendre sa voix dans un paysage médiatique saturé».
En tout cas, cela indique qu'en 2011, l'actu a été porteuse pour la «grande presse». Ainsi, c'est la saga DSK qui a permis à «Libé» de réaliser ses dix meilleurs ventes de l'année. Au-delà de cette rocambolesque affaire et rien qu'au plan franco-français – sans rappeler donc les révolutions arabes, la crise mondiale, etc – l'an dernier, l'actu chaude, ici, n'a pas arrêté. Le «Karachigate», les procès Chirac et Villepin, l'«affaire Bettencourt-Woerth», la libération des deux journalistes otages des talibans, les élections cantonales, les déboires tunisiens de Michèle Alliot-Marie, le scandale sanitaire du «Mediator», les primaires socialistes, etc, etc.
Bref, les journalistes PQN de France n'ont pas arrêté, l'an dernier. Le public a suivi, donc. Tant mieux (pour eux); quitte à bosser...
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09.11.2011
Une libéra(lisa)tion
30 ans. Ce mercredi, cela fait exactement trente ans qu'a été signée, le 9 novembre 1981, la grande loi ayant mis fin au monopole d'Etat sur la radiodiffusion en France. Trente ans donc, jour pour jour, de libéra(lisa)tion de la bande FM.
Cela paraît tout bête aujourd'hui, mais, à l'époque, cela avait été un sacré chambardement. A la fin des années 70, en effet, chaque irruption sur les ondes, sans autorisation, d'une radio privée – qu'on appelait alors «radio pirate» – mettait l'Etat en fureur. Pour la petite histoire, et pour nos lecteurs les plus jeunes, les écologistes avaient été parmi les premiers à enfreindre le sacrosaint monopole, avec leur «Radio verte». Et, avant de devenir Président, François Mitterrand en personne avait joué les forbans radiophoniques: au titre de premier secrétaire du PS, avec «Radio Riposte», «la radio des socialistes».
Assez curieusement ce matin, trente ans donc après le Jour J, on n'a pas entendu la moindre radio commémorer cette libéralisation. Qui, en termes quantitatifs en tout cas – en termes qualitatifs, c'est plus discutable, trouve-t-on – est un vrai succès. En effet, la bande FM est plus que jamais plébiscitée dans l'Hexagone: plus la moindre de ses 6 000 fréquences n'est disponible, et pas moins de 43 millions de Français l'écoutent chaque jour.
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14.10.2011
Un lot de consolation?
Comment et dans quelle mesure les présidentiables socialistes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire campagne et faire du buzz autour d'eux? Une étude a été consacrée à ce sujet. Même si elle n'aborde cette primaire que par le petit bout, techno, de la lorgnette, elle vient bien à point, trouve-t-on, pour achever la séquence socialiste de ce blog, cette semaine.
On y découvre que, sur Twitter, Martine Aubry l'emporte en termes de popularité. Qui, sur ce média, «est calculée à partir du nombre de followers, de reprise dans des listes et le nombre d'abonnés à ces listes». Elle est huit points devant Ségolène Royal, qui elle-même devance d'un point François Hollande. Martine Aubry est de nouveau sur la première marche du podium en termes d'influence: variable calculée «à partir du nombre de followers, de reprise (RT) et de la capacité à démarrer des conversations». Là, elle devance Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. En tête toujours, Aubry (devant cette fois François Hollande Hollande et Ségolène Royal) en ce qui concerne l'engagement, «calculé à partir du nombre de tweet, de réponses aux followers et du ratio followers/réponses». La rivale de François Hollande ne cède sa première place (à Arnaud Montebourg) qu'en ce qui concerne la confiance, «calculée à partir du nombre de retweet (RT), du nombre de mentions (via @)».
Conclusion ? «Le team Aubry est celui qui a le mieux utilisé la toile et qui ressort en tête de presque tous les critères de l'influence. A noter notamment l'indice de popularité qui est très nettement supérieur à ceux de ses concurrents: sans doute le résultat de sa position de leader de l'opposition de fait et ancienne secrétaire générale du PS. Elle focalise, à ce titre, l'attention, et la suivre devient une sorte de passage obligé».
Le succès sur les réseaux sociaux ne se traduisant pas forcément dans la vraie vie, tout cela, bien sûr, n'assure ni n'annonce d'office la victoire de Martine Aubry dimanche: au second tour de cette primaire, où elle affronte François Hollande. Mais au moins, pour elle, cela constituera-t-il, probablement, un lot de consolation.
PS: Et puis aussi, si vous êtes branchés réseaux sociaux, cette autre étude, elle consacrée à Facebook. Elle analyse l'impact, pour les présidentiables socialistes, de leur participation aux débats télé: sur leur compte Facebook, etc.
11:41 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : personnalités, aubry, médias, technologie
22.09.2011
Une idée farce
On la trouve drôle, parfois, Eva Joly. Dans «Le Monde» d’hier soir, la candidate écologiste à la présidentielle de 2012 y est allée d'une petite idée révolutionnaire assez farce, concernant un des lieux emblématiques du patrimoine parisien. A savoir, l'Hôtel de la Marine: l’imposant bâtiment à colonnade qui borde tout le côté nord de la place de la Concorde.
A l'horizon 2014, l'édifice sera vidé par la Défense nationale. Aux projets de réaffectation chics, chocs, voire snobs circulant dans le tout-Paris en ce moment, Eva Joly préfère, carrément, ... un Musée de la Révolution. A ses yeux, ce serait une manière, «en accord avec les idéaux des Lumières, (de) retrouver l'esprit de fête de la Révolution, pour créer un nouvel espoir d'émancipation et un nouvel horizon pour notre pays». A ses yeux, pourraient notamment y être transférées les «25 000 pièces relatives à cette époque, qui se trouvent conservées, loin des yeux du public, dans les réserves du Musée Carnavalet».
Iconoclaste? Pas du tout, selon Eva Joly. Pour qui, ce qui relèverait de «l'outrage» et «du mauvais goût», ce serait, au contraire, de faire de cet Hôtel de la Marine «un palace pour privilégiés». Etant donné que ce bâtiment «regarde la place de la Concorde, ancienne place Royale, qui fut l'un des hauts lieux de la Révolution française: symbole tout à la fois des excès de la Terreur et de la rupture fondatrice que constitua 1789 dans l'histoire nationale».
Tout de même. Célébrer l'esprit révolutionnaire dans ce haut lieu du grand luxe qu'est la place de la Concorde – où se situe aussi, faut-il le rappeler, le si select l'Hôtel de Crillon, un des palaces les plus chers de Paris –; rien que l'idée risque de faire tousser, en haut lieu.
Vénérer les sans-culottes dans cet Hôtel de la Marine qui, jadis, fut le garde-meuble de la Couronne; le Premier ministre François Fillon risque encore d'accuser l'écologiste franco-norvégienne de n'être qu'une espèce de sous-Française manquant totalement de culture et d'identité nationales.
09:15 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, patrimoine, histoire, luxe, joly
16.09.2011
Une (double) modernisation
La haute administration française qui se met au goût du jour, suite. Au début de l'année , Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, avait invité ses concitoyens à voyager (informatiquement) avec elle dans les nuages (relire ici). A présent, c'est au tour des Affaires étrangères de choyer «les mobinautes», comme il dit. Après Twitter et Facebook, le vénérable quai d'Orsay «arrive sur Foursquare, réseau social de micro-blogging basé sur la géolocalisation». A l’adresse foursquare.com/francediplo, l'on trouvera des «conseils pratiques selon la localisation de l’utilisateur»: recommandations aux voyageurs, coordonnées d'ambassades et de consulats, etc. Trop chouette.
On trouve que, pour rendre ce nouveau techno-gadget encore plus utile et attractif, les Affaires étrangères devraient l'alimenter avec les exploits de l'inénarrable Boris Boillon.
L'hiver dernier, ce jeune et fringant ambassadeur de France, proche de Nicolas Sarkozy, avait fait sensation. A peine nommé en Tunisie, il avait dû présenter ses excuses pour avoir publiquement rudoyé une journaliste de ce pays. Ensuite, on avait pu admirer sa plastique irréprochable grâce à une photo de lui en maillot de bain figurant sur sa page «Copains d'avant». A présent, voilà qu'il a les honneurs du «magazine people des Tunisiens»: Tunivisions. Ni speedo ni biscottos, mais un titre sublime («Le James Bond de la diplomatie»), une accroche mémorable («My name is Boillon, Boris Boillon!»), et une photo amenée à devenir mythique (le montrant posant à la manière du célèbre espion 007). Cela aussi, c’est une fameuse modernisation de la vénérable diplomatie française.
«Boris Boillon pose façon James Bond dans le magazine people Tunivisions. Cela correspond-il à une nouvelle méthode de communication des ambassadeurs de France?» C'est la question qu'a posée, hier, un téméraire confrère au briefing de presse du porte-parole des Affaires étrangères. «Il s’agit d’un choix d’illustration photographique d’un magazine tunisien, qui consacre une édition aux relations franco-tunisiennes», a sobrement répondu le porte-silence.
C'est petit bras, comme commentaire. En ces temps de crise, les Français ont besoin de rêves. Fi donc de l'avarice de compliments. Boris Boillon, c'est le Roger Moore de Nicolas Sarkozy, c'est Daniel Craig from Paris.
09:14 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, technologie, international
02.08.2011
Un joli coup de com'
C'est LA grosse nouvelle de cet été 2011 en France, à en juger à l'incroyable écho qu'elle a eu ces quinze derniers jours dans les médias, ici. On veut parler du passage de 11 à 17 euros du montant de l'amende pour stationnement impayé ou irrégulier. Cette majoration est entrée en vigueur lundi; cela faisait un quart de siècle que la contredanse n'avait pas augmenté. Cette mauvaise nouvelle pour des millions d'automobilistes a donné une idée assez farce de campagne de com' aux... producteurs de prunes!
Car, il fallait y penser: dans le langage courant, en français de France en tout cas – en français de Belgique, on ne se souvient plus trop, mais on ne croit pas –, les amendes de stationnement sont rebaptisées des «prunes». Du coup, les producteurs de ces fruits ont sauté sur l'occasion pour faire la pub de leurs produits. Comment? Jusqu'au 30 septembre, ils proposent tout simplement... le remboursement des PV de stationnement! Il suffit d'aller sur la page dédiée de leur site web, qui proclame d'ailleurs fièrement: «Chaque jour, la Prune de nos terroirs rembourse 3 PV». Là, l'automobiliste verbalisé répond à un petit quizz sur ces fruits. S'il obtient cinq bonnes réponses et est tiré au sort, les producteurs français de Reine-Claude, de Quetsche ou de mirabelles lui envoient un virement correspondant au montant de son amende.
Bravo aux pubards qui ont conçu cette campagne de com': rien qu'au vu du retentissement médiatique qu'elle a eu ces derniers jours, elle est un succès. Qui sait la popularité probable d'une telle initiative auprès des automobilistes se répercutera-t-elle même, cet été, sur les chiffres de vente de cette filière agricole – l'Hexagone produit chaque année, singulièrement dans le Sud-Ouest, 75 000 tonnes de prunes, ce qui n'est tout de même pas rien.
11:50 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transports, police, publicité, agriculture, gastronomie
28.07.2011
Un pastiche
Ce doit être la rançon de la gloire. Cela concerne Miss.Tic: l'artiste dont on parlait il y a deux jours, qui a participé à la confection du nouveau pochoir géant du quartier Beaubourg. Miss.Tic: la papesse du Street Art parisien, dont les pochoirs de jolies jeunes femmes délurées, aux petites réflexions spirituelles et décalées, font la pluie et le beau temps dans les rues ici, depuis le milieu des années 80. La rançon de la gloire? Miss.Tic a désormais un pastiche.
On en avait déjà entendu parler, mais on ne l'avait encore jamais constaté de visu: sur un mur ou l'autre, dans la ville. C'est désormais chose faite. L'autre soir, en effet, de retour du bureau, flânant le nez en l'air dans une ruelle de notre onzième arrondissement, on est tombé sur la soeur jumelle revendiquée de Miss.Tic: la délicieusement dénommée... Mass.Toc.
Le style des pochoirs signés Mass.Toc rappelle tant ceux de Miss.Tic qu'au début, on s'est demandé si ce n'était pas une auto-parodie de l'intéressée.
Un énième produit dérivé, en quelque sorte, imaginé par une artiste qui en a déjà tant (des fournitures scolaires à la maroquinerie, en passant par la lingerie). Une dernière trouvaille marketing d'une miss née dans la rue certes, mais à présent si institutionnalisée qu'elle figure sur des timbres-poste, est exposée dans les galeries de Saint-Germain des Prés (relire ici), ou sert d'identité visuelle à une marque de voitures de location.
Mass.Toc n'en est pas encore là, en termes de reconnaissance. Ses silhouettes, il est vrai, loin des sylphides de Miss.Tic, renvoient plutôt à... Beth Ditto, la gironde (et épatante) chanteuse de Gossip. Mais elles aussi aiment les jeux de mots en forme de clin d'oeil: «J'assure en chair», proclamait la dame aux formes généreuses le soir où on l'a croisée, sur son mur carrelé.
Mass.Toc: une critique de la plastique toujours si irréprochable des femmes de Miss.Tic? On lui souhaite, en tout cas, longue vie à elle aussi. Il n'y a pas de raison, trouve-t-on, que l'accès aux murs de Paris soit réservé à un certain tour de taille.
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24.06.2011
Une distinction
Un peu d'humour, pour bien terminer la semaine. Et car il est plus que temps d'en parler, s'agissant d'un prix qui a été décerné à Paris il y a quatre jours déjà – soit il y a une éternité, au rythme effréné où se déroule l'actualité. La distinction en question, c'est le «Prix Humour et Politique» millésime 2011, prix dont on a déjà parlé dans ce blog auparavant (voir ici, là, là ou encore là).
Cette année, c'est l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius qui a été récompensé. Pour ce commentaire à propos de la Tontonmania ayant entouré la commémoration, le 10 mai dernier, des 30 ans de l'élection de François Mitterrand à l'Elysée: «Mitterrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’espoir pour beaucoup d’entre nous…».
Pas mal, en effet.
Parmi les quinze perles, volontaires ou non, qui avaient été présélectionnées par le jury, on aimait assez celle du porte-parole du gouvernement, François Baroin, sur son ex-collègue MAM alors en plein scandale à propos de ses vacances tunisiennes: «Michèle Alliot-Marie conserve toute sa légitimité à Saint-Jean-de-Luz» (la circonscription basque de l'intéressée). Ou cette métaphore naturaliste, si mignonne, de François Bayrou: «Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles: elles sautent dans tous les sens». De même que ce constat de Gabriel Cohn-Bendit, le frère de Dany l'écologiste: «Les Verts sont capables du meilleur comme du pire; mais c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs». Mais, aurait-on fait partie du jury que peut-être aurait-on récompensé, ex-aequo avec Laurent Fabius, l'ex-ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, pour sa réflexion amère mais si lucide, dans ce monde impitoyable qu'est la courtisanerie politique: «Passer de ministre à promeneur de son chien suppose un énorme travail sur soi-même».
Encore bravo à tous. Et merci: en politique, en France comme ailleurs, mais en France particulièrement ces derniers temps, on a si peu l'occasion de (sou)rire.
12:18 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, personnalités, fabius, gouvernement
01.06.2011
Une victoire
On avait évoqué cela dans ce blog (ici), à l'époque: la plainte en justice déposée par l'association antiraciste MRAP contre la société Nutrimaine, qui commercialise en France la boisson chocolatée Banania. Une plainte contre le visuel du tirailleur sénégalais figurant sur les produits de cette marque, et contre son slogan: «Y’a bon Banania». Pour le MRAP, tous deux véhiculent une image du Noir tellement caricaturale et stéréotypée qu'elle en devient «contraire aux principes de respect de la dignité humaine». Si on en reparle à présent, c'est parce que du neuf est intervenu dans cette procédure, dernièrement.
En effet, alors qu'elle avait été déboutée en première instance, l'association a récemment obtenu gain de cause en appel. La justice a enjoint Nutrimaine, sous peine d'astreintes, de «faire cesser, sous quelque forme et quelque soit le moyen, la fabrication et la commercialisation de toute illustration sur laquelle apparaîtrait la mention «Y'a bon» seule ainsi que la mention «Y’a bon» accompagnée de la marque Banania et/ou un personnage de couleur noire ». Le MRAP a salué un arrêt «historique». .
Eric Zemmour et ses amis vont encore hurler au «politiquement correct»...
12:44 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, etrangers, racisme, langue française, activisme
25.05.2011
Une «réalité méconnue»
Audrey Pulvar, Florence Foresti, Gisèle Halimi, Clémentine Autain, Virginie Despentes, Christine Ockrent, Isabelle Alonso et quelque 23.000 personnes ont déjà signé l'appel lancé samedi par plusieurs associations féministes. Le texte s'intitule «Sexisme: ils se lâchent, les femmes trinquent». Et se veut une réaction «au déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques» à la suite de l'«affaire DSK».
Les signataires de ce manifeste disent avoir constaté, ces derniers jours, «un florilège de remarques sexistes». Du «il n’y a pas mort d’homme» au «troussage de domestique» – on en parlait l'autre jour dans ce blog – «en passant par «c’est un tort d’aimer les femmes?», ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent» ont été «largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux». Selon eux, un tel déferlement consacre une «fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires».
Ces tirades ne posent pas pour seul problème de faire «apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes». Elles tendent aussi «à minimiser la gravité du viol», à «en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage». Dès lors, elles «envoient un message simple aux victimes présentes et futures: «Ne portez pas plainte».
75.000 femmes sont violées chaque année en France. 75.000. Ce qui fait plus de 200 viols chaque jour – sans compter, sans doute, tous les viols qui ne sont pas suivis d'un dépôt de plainte. Pour les signataires de cet appel, le déferlement de sexisme auquel a donné lieu «l'affaire DSK » illustre «à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue». Méconnue notamment «de la part d’élites qui prétendent diriger notre société», ce qui «est particulièrement inquiétant».
11:17 Publié dans Dans le vent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : femmes, activisme, personnalités



