Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/04/2016

Une initiative (pas trop) de saison (J-1)

A Paris, dès la semaine prochaine, deux changements, très dans l'air (bobo) du temps. D'une part, les Champs-Elysées qui, un dimanche par mois à compter du 8 mai, seront intégralement dédiés aux piétons (voir ). D'autre part, les week-ends à partir de la même date, l'ouverture ininterrompue, y compris donc en nocturne, de neuf grands parcs et jardins. La mesure vise à «adapter les horaires des espaces verts aux usages des Parisiens, notamment pour ceux qui ne partent pas en vacances, mais aussi à renforcer l'accès aux îlots de fraîcheur que représentent les grands parcs et jardins en cas de canicule».

Lors des pics de chaleur de l'été dernier, déjà (relire ici ou ), des parcs parisiens avaient ouvert en continu. L'initiative avait remporté un franc succès. Un an plus tard, en revanche, et avant même d'entrer en vigueur, elle suscite des récriminations.

Des élus (par exemple ici) et des comités de riverains () maugréent. La mairie a annoncé des «moyens de nettoiement renforcés», l'installation de «bacs à déchet de grande capacité» dans les espaces verts concernés, et «des rondes régulières d’équipes de sécurité», chargées de surveiller l'opération jusqu'au petit matin. Cela ne calme toutefois pas les opposants. Ils jugent de telles mesures d'encadrement «totalement insuffisantes». Et redoutent de subir trois types de désagréments. Des nuisances sonores, des dégradations de ces parcs et jardins, et une hausse de l'insécurité globale.

On verra cet été si leurs appréhensions étaient fondées, ou pas. En attendant, en tout cas, nulle nuisance à redouter. La météo du moment à Paris – digne d'un mois de novembre, donc pas du tout de saison – n'incite aucunement à passer ses soirées, et encore moins ses nuits, dans les parcs.

06/04/2016

Un intérêt à préciser

Télévision, TechnologiesCocorico du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), . Car, ces jours-ci , la France a franchi «avec succès» une nouvelle étape dans la modernisation de la télé numérique. Désormais, les téléspectateurs peuvent «bénéficier sur tout le territoire métropolitain de quinze chaînes nationales gratuites supplémentaires et de chaînes locales diffusées en qualité Haute Définition, grâce notamment à la généralisation de la norme de compression MPEG-4».

Sans doute est-ce merveilleux.

Ce que le CSA ne dit pas, c'est que ce nouveau changement est très profitable aussi pour les chiffres officiels relatifs à la consommation des ménages, et donc pour l'économie. Puisque, cinq ans seulement après le passage de l'Hexagone à la télé numérique, il a de nouveau conduit d'innombrables téléspectateurs à devoir aller acheter, dans les magasins, les éternels adaptateurs indispensables pour pouvoir continuer à regarder la télé.

Pas davantage, n'est explicité par le CSA ou par le gouvernement l'intérêt qu'il y a à regarder désormais en haute définition des programmes qui, en général, d'un niveau qualitatif, restent tout de même très perfectibles. Merci donc, trop aimable, pour ce changement de forme. Mais à quand enfin la révolution de fond, dans la télévision?

Nous, en tout cas, de cette télé française, on se passe très bien, depuis que notre téléviseur n'a pas survécu au passage à la TNT (relire ). Désormais, sur l'ordinateur ou le smartphone, on regarde uniquement les JT, les grands programmes d'information, et un peu de télé d'info continue. Puis, on passe à autre chose: à d'autres activitéset toujours avec plaisir.

05/04/2016

«Un plus bas niveau depuis dix ans»

Puisque, la semaine dernière, ce blog évoquait le problème des embouteillages en France, et puisque cela va une fois de plus bouchonner pas mal dans Paris, ce mardi – encore une journée de manifestations prévue, avec son cortège habituel d'embarras de circulation –, des nouvelles du périphérique. Un premier bilan, en l'occurrence, deux ans après l'entrée en vigueur de la limitation à 70km/h de la vitesse maximale de circulation qui y est autorisée.

Cela avait été un fameux changement, à l'époque. Plus de vingt ans que, sur ce boulevard, la rocade périurbaine la plus fréquentée d'Europe (1,3 million de véhicules par jour), la limite était fixée à 80km/h. Il avait donc fallu des années d'intenses débats (relire ici ou ) avant que la réforme soit mise en œuvre.

Deux ans plus tard, l'impact éventuel de ce changement sur la pollution atmosphérique et sonore reste à démontrer. De même, sur la fluidité du trafic. En revanche, en termes d'accidentologie, l'évolution est notable. Le nombre d'accidents y a diminué de 15,5%, pour s'établir «à son plus bas niveau depuis dix ans». 601 blessés corporels par an, précisément. Contre 627, un an plus tôt. Et un seul tué à la suite d'un accident de circulation survenu sur le périph'. Contre sept, un an plus tôt.

Sans doute est-ce déjà cela. Même si la baisse globale de l'intensité de la circulation automobile en France, due au ralentissement de l'économie – que ce blog notait, jeudi dernier – a peut-être aussi joué.

04/04/2016

Une course aux clichés

Tourisme, InternationalAprès «Les Français parlent aux Français», voici «Les touristes parlent aux touristes».

C'est le gimmick de com' du dernier volet en date de #ParisWeLoveYou, qui a été annoncé ce lundi. Cette vaste campagne internationale de promotion tente de relancer le tourisme dans la capitale française, les attentats de novembre ayant fait dégringoler la fréquentation internationale.

Dès les beaux jours de mai, Paris sera donc le théâtre d'une grande «Selfie Race». Cette «opération digitale et participative» visera à ce que le plus grand nombre possible de Parisiens et de touristes étrangers réalisent des autoportraits photographiques dans des lieux emblématiques de la "Ville lumière", puis partagent ces clichés sur les réseaux sociaux. L'objectif étant que, diffusés en masse dans le monde entier, ces vues personnalisées de Paris incitent les communautés de ces photographes amateurs à venir, à leur tour, visiter la ville et sa région. Une carte interactive recensera l’ensemble des selfies mentionnant le hashtag #ParisWeLoveYou. Histoire de favoriser l'émulation entre les participants à cette course et donc, espère-t-on, d'accroître encore le buzz global qu'elle suscitera, un système de points permettra de suivre en temps réel «les meilleurs contributeurs» à cette opération. Et ceux-ci «seront récompensés pour leur engagement».

Conseil d'ami, du coup, au quidam qui, cet été, visitera Le Louvre, Orsay, Versailles ou la tour Eiffel: plus que jamais, y redoubler de prudence, pour ne pas se prendre un coup de perche à selfie, par inadvertance. Ce n'est pas toujours si simple que cela, vu l'agitation qui règne souvent dans ses attroupements de touristes et le nombre de visiteurs qui utilisent de tels gadgets.

Qui, du reste, sont censés interdits, désormais, dans un grand nombre de sites touristiques parisiens (voir par exemple ici ou ). Mais, d'après ce qu'on a pu constater, cette prohibition reste assez largement théorique.

21/03/2016

Un "Belgian bashing", évidemment

Tout au long du week-end, pas mal de "Belgian bashing", évidemment, dans les commentaires politico-médiatiques français. Après l'arrestation, vendredi soir à Bruxelles, de Salah Abdelslam.

Principale cible de ces leçons données, Molenbeek et autres quartiers bruxellois assimilés, amalgamés à un «Djihadistan» (variante également entendue: un «Bruxellistan»), donc à un Etat où les terroristes feraient la loi. Il est vrai, si on dresse la liste, qu'en sont originaires, ou y sont passés, les auteurs et complices à la fois des attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris, de l'attaque de cet été contre le Thalys, de la tuerie au musée juif de Bruxelles, des attentats de Madrid en 2004, ou de l'assassinat du commandant Massoud, en 2001. Cela fait beaucoup.

Pour autant, cela ne permet pas de mettre dans le même sac djihadiste les quelque 100.000 habitants de cette commune. Dont tant de braves gens qui n'ont rien demandé à personne et qui n'aspirent qu'à vivre en paix, sans qu'un tel stigmate, en plus, pèse sur eux. Cela n'autorise pas non plus les comparaisons les plus caricaturales. «Molenbeek, c'est la bande de Gaza de l'Europe occidentale!», a-t-on entendu, ainsi, samedi. Dans la bouche d'un chroniqueur sévissant sur une grande radio privée française – on ne nommera ni l'un, ni l'autre, par charité. Il faut vraiment n'être jamais allé à Gaza pour proférer une telle ineptie. On n'est donc là pas loin, dans les commentaires de cet acabit, du niveau plancher, à la Eric Zemmour (son mémorable «La France devrait bombarder Molenbeek»).

Pas mal de critiques françaises également sur le fait que Salah Abdelslam se planqua visiblement longtemps à Molenbeek même, y bénéficiant donc de complicités en dépit de la gravité des crimes dont il est accusé. Assez peu de commentaires parisiens, en revanche, rappelant que cela avait été le cas aussi pour le Corse Yvan Colonna. Avant sa condamnation pour l'assassinat, en 1998, du préfet Erignac, il avait passé le plus clair de sa cavale dans son île.

Enfin, assez peu d'éloges français sur le fait que Salah Abdelslam a pu être capturé vivant. Ce n'est pourtant pas rien, puisque cela devrait permettre son procès. Or, une telle étape judiciaire est généralement considérée comme très importante, pour la reconstruction des victimes. Il aurait été élégant que davantage de voix françaises, ce week-end, soulignent ce succès policier belge. Près de quatre ans jour pour jour après la mort, à Toulouse, du djihadiste Mohammed Merah, tdans l'assaut policier qui lui a été donné. Ses victimes, elles, n'auront jamais droit à un procès.

11/03/2016

Une double image à rehausser

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreAir France a choisi ce jour de vendredi, magnifiquement doux et ensoleillé à Paris, pour divulguer les nouveaux visuels de sa dernière grande campagne de promotion en date. "Air France, France is in the air" (agence BETC), ainsi qu'elle est dénommée.

Une campagne vraiment très réussie, à notre humble avis: drôle, pétillante, dynamique, etc. – elle met même en scène un... "French kiss".

Parmi ces nouveaux visuels, une image d'Epinal de la "Ville lumière": celle de la belle Parisienne attablée en terrasse. Le cliché a été sélectionné «afin d'inviter au voyage à Paris». Il se veut «un témoignage positif, relayant auprès du public mondial une image symbolique de la France».

Cet «esprit French touch» se retrouvera dans les messages qui, à partir d'aujourd'hui en France, seront diffusés dans la presse papier, le digital et sous forme de panneaux publicitaires. Dans le même temps, la campagne de promo se développera dans les médias de six des dix «grands marchés prioritaires» de la compagnie aérienne française: Allemagne, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Singapour.

Air France ne peut pas se rater, avec une telle campagne. Il lui incombe, en effet, de redresser deux images particulièrement dégradées.

Publicité, Tourisme, Economie, International, Art de vivreL'image de Paris, d'abord, après les attentats de janvier et de novembre 2015 – qui ont fait dégringoler la fréquentation touristique internationale.

L'image de la compagnie aérienne elle-même, ensuite. Puisque, l'an dernier, la mésaventure survenue à ses deux infortunés directeurs, poursuivis par une horde de grévistes jusqu'à en perdre leur chemise, a été filmée et diffusée par les télés du monde entier. Et cet incident, de même que son retentissement, n'ont pas peu écorné la conception du "French art de vivre" que l'on a de l'Hexagone, à l'étranger.

01/03/2016

Un changement qui prit tant de temps

 Paris, Transports, Tourisme, EconomieComme quoi, des choses changent tout de même, en France. Pays qui est si souvent critiqué pour son allergie supposée aux réformes. Pour preuve, ce lundi, entre en vigueur une mesure dont la région parisienne parlait depuis des années – peut-être même depuis dix ans, au total.

Finie, l'insécurité tarifaire dont se plaignaient les clients des taxis voyageant entre Paris et ses deux grandes plateformes aéroportuaires: Roissy CDG et Orly. Après d'innombrables hésitations, lenteurs et protestations (relire par exemple ici ou ), c'est désormais acquis: sur ces tronçons, le prix de la course sera forfaitaire.

Pour info aux habitué(e)s de ce blog à qui il arriverait de préférer le taxi au RER entre Paris et Roissy/Orly, ou dans le sens inverse, voici le détail de ces nouveaux tarifs dorénavant fixes. Concernant Orly, 35 de ou vers Paris rive droite et 30 pour Paris rive gauche. S'agissant de Roissy, 50 de ou vers la rive droite et 55 pour la rive gauche.

Cette réforme est supposée contribuer à la dynamisation du tourisme, en région parisienne. L'histoire ne dit pas (encore) si le sourire et l'amabilité du conducteur sont compris dans ces forfaits de taxi.

25/02/2016

Une échéance qui se précise

Visiblement, les bonnes vieilles gloires du rock international se mobilisent pour notre bon vieux Bataclan. Dont la date de réouverture se précise, depuis la dernière fois que ce blog a évoqué () cette échéance. Ce pourrait être le 14 novembre. Soit quasiment un an jour pour jour après la tragédie du 13 novembre dernier (89 morts et des dizaines de blessés – dont plusieurs sont, à ce jour, toujours hospitalisés).

Ainsi, hier soir, le groupe de heavy metal Metallica a annoncé qu'il allait rééditer un album live qu'il avait enregistré dans la salle de concert du boulevard Voltaire, en 2003. "Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica!", ainsi que ce disque sera rebaptisé, sera vendu au profit de "Give for France". Cette collecte de fonds internationale a été lancée par la Fondation de France. Elle vise à la fois à venir en aide financièrement aux familles des victimes et aux blessés du 13 novembre, et à «prévenir le terrorisme», via le soutien d'«actions d'éducation, de lutte contre le racisme et d'apprentissage de la citoyenneté».

Ainsi, encore, hier toujours, a fuité l'info () selon laquelle The Cure, rien de moins, pourrait être programmé au Bataclan le soir où il rouvrira ses portes. Quitte, bien sûr, à y partager la scène avec les Eagles of Death Metal. Au même moment, le groupe culte de la new wave des années 90 sera en tournée dans l'Hexagone. Il pourrait donc faire un arrêt symbolique dans la salle endeuillée du onzième arrondissement. Là même où, se souviennent les mémorialistes du rock, les Cure avaient donné «leur premier concert français, le 17 décembre 1979, quelques mois après la sortie de leur premier album: "Three Imaginary Boys"».

03/02/2016

Une coquette somme

64,9 milliards d’euros. Le montant a été dévoilé dernièrement, par le gouvernement (). Il correspond aux achats que les Français ont effectués sur internet, en 2015. C'est une hausse de 14,3% en un an. Quelque 835 millions de transactions (+19%) ont été totalisées. Et 2,3 millions de nouveaux acheteurs supplémentaires recensés. En outre, à en croire la fédération française de l'e-commerce et de la vente à distance, «en 2015, le taux de satisfaction des clients a été de 98%» , autre chiffre record.

Tout irait donc bien et même dans le meilleur des mondes, pour l'e-commerce français. Mais ce tableau mirifique doit être doublement nuancé.

D'abord, comme nul ne l'ignore plus, une part importante de ces e-achats est réalisée auprès de filiales françaises de multinationales qui, grâce à de savants mécanismes d'optimisation fiscale, continuent de payer, dans l'Hexagone, un montant ridiculement peu élevé d'impôts et de taxes. Ensuite, ce boom de l'e-commerce français en 2015 est en partie artificiel, et même dramatiquement conjoncturel: lié aux attentats de la mi-novembre. Car, à Paris comme en province, ils ont vidé les grands magasins traditionnels, de nombreux acheteurs jugeant plus prudent de faire leur shopping de fin d'année sur le net.

Il n'en demeure pas moins que, à en croire un récent sondage, les Français imaginent le commerce de demain à la fois fortement dématérialisé et connecté. Pour sept sondés sur dix, on comptera beaucoup moins de magasins physiques en 2030 qu’aujourd’hui. Et près de huit Français sur dix considèrent que, dans ces rares commerces non virtuels qui subsisteront, les caisses physiques auront été remplacées par des systèmes de paiement dématérialisés.

Sans doute faut-il juger cette perspective merveilleuse.

27/01/2016

Une masculinité, plus que jamais

gouvernement,personnalités,femmes,justiceIls ne perdent pas de temps, décidément, les instituts de sondage. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné ce matin, et, en fin d'après-midi déjà, une enquête d'opinion est venue donner le sentiment des Français sur cette actualité. Dans le pays du monde qui, avec les Etats-Unis, est le plus grand consommateur de sondages politiques.

81% des personnes interrogées approuvent son départ du gouvernement. Mais, à gauche, ils sont moins nombreux (68%) à s'en féliciter. Sans surprise, pour une ministre aussi clivante, son bilan à la Justice est descendu en flammes par les sondés de droite et salué par ceux de gauche.

Puisque, tout au long de cette journée politiquement agitée, les médias français l'ont assez peu souligné, signalons deux conséquences annexes de cette démission. Un: le gouvernement Valls n'est plus paritaire, vu qu'il compte désormais davantage d'hommes que de femmes. Deux: dorénavant, en attendant un probable remaniement en février, tous les ministères régaliens (la Justice, l'Intérieur, les Affaires étrangères et la Défense) sont au mains d'hommes.

Sans doute est-ce le reflet du très mâle contexte sécuritaire ambiant, de mise depuis les attentats du 13 novembre.

15/01/2016

Une diversification bienvenue

Paris, Culture, Musique, BanlieuesUn peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et, en l'occurrence, le constat du succès remporté par la Philharmonie de Paris, qui fête son premier anniversaire cette semaine. Et qui, visiblement, a remporté un pari pourtant pas gagné d'avance. Celui d'élargir un peu les origines sociologiques du public de la culture musicale de haute volée.

La Philharmonie a succédé à la salle Pleyel. Celle-ci, située dans les beaux quartiers parisiens, fonctionnait beaucoup dans l'entre-soi. Le pari a été de faire rentre l'institution dans une zone nettement plus populaire de la capitale: porte de la Villette, en bordure du périphérique. Coup de poker gagnant. En un an, confirmant ses débuts fulgurants, le nouveau temple parisien de la musique classique a accueilli 1,2 million de visiteurs, soit bien davantage que les 800.000 escomptés au départ. Près de la moitié (42%) de ces visiteurs vient des arrondissements du Nord et de l'Est parisiens: pas les plus aisés de la capitale. Surtout, alors que 60% des spectateurs de Pleyel étaient des Parisiens, les habitants de la capitale sont désormais minoritaires (48%) à la Philharmonie. Le public en provenance de l'étranger (21%) a doublé. Et près d'un spectateur sur trois (31%) vient de banlieue. Dont 19% de la Seine-Saint-Denis: le département le plus défavorisé de la région capitale.

La nouvelle institution, malgré sa naissance dans la douleur (relire ici, notamment), a donc fini par remplir sa promesse de diversification et d'ouverture de son horizon. C'est sans doute le plus bel hommage posthume qu'elle pouvait rendre à son père spirituel: Pierre Boulez, qui vient de disparaître.

12/01/2016

Une réouverture (encore)

La vie reprend tout doucement, dans les quartiers de Paris endeuillés par les attentats de la mi-novembre. Pour preuve, demain mercredi – soit deux mois jour pour jour après les tueries –, c'est au tour du café "Le Carillon" de rouvrir ses portes. Quinze personnes avaient été tuées, à la terrasse de ce bar du dixième arrondissement.

En face, le resto "Le Petit Cambodge" est en travaux. Sa réouverture devrait être pour la fin de ce mois. Entre-temps, dans le onzième arrondissement, cela devrait avoir été fait pour la pizzeria de la rue de la Fontaine-au-Roi. A côté, le "Café Bonne Bière" fut, lui, le premier à redémarrer: dès début décembre. Il fut suivi par le "Comptoir Voltaire".

Restent "La Belle Equipe" (19 morts), rue de Charonne, ainsi que, bien sûr, le Bataclan (90 tués). Les concernant, aucune date de réouverture n'a encore été fixée. Et, s'agissant de la salle de spectacles, ce blog l'a déjà écrit (ici), le délai risque d'être extrêmement très long.

Mais c'est tout un quartier qui espère ce moment. Voire qui, confiant, l'attend: persuadé que, sans aucun doute, il viendra.

L'avenir le dira.

15/12/2015

Une alerte, dans la discrétion

Transports, Sécurité, Police, TerrorismeLe dispositif est opérationnel depuis hier. Il fait suite à l'attaque terroriste qui, fin août, avait visé le Thalys. Désormais, les usagers de la SNCF peuvent alerter par SMS – et donc en toute discrétion – des comportements suspects relatifs «à la problématique terroriste».

Depuis 2010 en région parisienne, puis progressivement dans les autres régions, le numéro d'alerte 31 17 est à la disposition des voyageurs. On peut y signaler les incidents, agressions, incivilités, etc. dont on est témoin, survenant dans une gare ou un train. Dorénavant, donc, le centre de gestion des appels de la compagnie des chemins de fer et son poste de commandement national de sûreté peuvent être avertis par textos aussi. Les messages peuvent être envoyés (au numéro 31 17 7) depuis n'importe quel train ou gare situés en France.

Lors du dialogue audio ou écrit qui suit un tel signalement par SMS, l'agent «détermine la nature et la gravité des faits, pour prévenir les forces de sécurité». Il agit donc comme «un relais d'appel d'urgence vers ces services (pompiers, police, Samu, démineurs...)», qu'il informe «en temps réel de la localisation de l'appel, grâce à la connaissance des circulations des trains».

Quarante-cinq opérateurs, répartis dans cinq plateformes situées autour de Paris, traitent ces appels «7 jours sur 7 et 24 heures sur 24». Il s'agit d'«agents aptes à traiter tout type de problématiques», et qui ont été formés notamment aux «situations qui pourraient s'apparenter à des actes terroristes».

Reste à voir si ce service sera lui aussi victime de l'envolée actuelle du nombre de fausses alertes à caractère terroriste (colis suspects, etc.), due au climat tendu du moment. Un phénomène que ce blog évoquait (), l'autre jour, s'agissant des transports publics en région parisienne – mais probablement est-il constaté dans d'autres régions du pays aussi.

04/12/2015

Une réouverture, déjà

On ne dira pas que c'est «the place to be» de ce vendredi: ce serait d'un goût douteux, vu les circonstances. Mais enfin, c'est l'événement du jour, dans notre 11ème arrondissement. La réouverture ce matin, rue de la Fontaine-au-Roi, du "Café Bonne Bière". Cette brasserie qui, il y a trois semaines, avait fait partie des établissements frappés par les terroristes. Cinq de ses clients avaient trouvé la mort, dans la fusillade qui avait visé sa terrasse. «Il est temps pour nous de nous retrouver ensemble unis et d'avancer, pour ne pas oublier», expliquent (ici) les gérants de l'établissement, pour justifier sa réouverture aussi rapide.

Les lieux ont été remis à neuf. Plus aucun impact de projectiles n'est visible. La mairie de Paris a fait un peu de nettoyage et de rangement dans le "mausolée" qui, depuis la tuerie, s'était accumulé devant cet établissement.

"La bonne bière" se remet donc à couler à flots, à la Fontaine-au-Roi. En revanche, il faudra attendre encore un bon mois, au minimum, pour que les autres établissements endeuillés le 13 novembre ("Le Carillon", "Le Petit Cambodge", et "La Belle équipe") fassent éventuellement de même.

Et le "Bataclan"? Alors, là, ce sera certainement beaucoup plus long. Un an d'attente carrément, sans doute.

D'abord, les lieux ont été complètement dévastés, et ils sont aujourd'hui totalement impraticables (impacts de balles, dégâts causés par les explosions des kamikazes, etc.). Ensuite, si la volonté des gérants de la salle ne fait aucun doute («Nous sommes dans un besoin de vie. Il est nécessaire de revoir les portes ouvertes. Les équipes, les artistes, le public veulent une reconstruction. Il y a un désir de Bataclan»), le pas, dans ce cas-là, est infiniment plus difficile à franchir, d'un point de vue psychologique. Il y a trois semaines, 90 personnes ont trouvé la mort, dans cette salle. Il va donc falloir du temps. Du temps avant que les Parisiens, par hypothèse, se fassent à l'idée de retourner écouter de la musique, danser, boire et faire la fête, dans un cadre qui est désormais, et à jamais, si dramatiquement connoté.

27/11/2015

Une évolution marquante

 Attentats, Politique, Personnalités Une journée bleu-blanc-rouge, ce vendredi, à Paris comme dans l'ensemble du pays. Puisque François Hollande a recommandé aux Français de pavoiser, en l'honneur de la Journée nationale d'hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

L'initiative tricolore de l'Elysée a été très bien accueillie en général, et au Parti socialiste en particulier. Il n'y a pas si longtemps, pourtant, ce parti n'était pas si à l'aise que cela, sur un tel sujet.

Ainsi, quand, en 2007, dans la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle, la candidate PS Ségolène Royal avait sorti de son chapeau, à l'occasion d'un meeting, la proposition que chaque chaumière de France dispose d'un drapeau tricolore à domicile. Pour pouvoir fièrement l'arborer, lors des grandes occasions de communion nationale et républicaine. A l'époque, en coulisses, tout le monde ou à peu près, au sein de l'état-major du PS, avait grimacé. Une telle incursion du parti à la rose dans le registre patriotique-cocardier – jusqu'à présent l'apanage de la droite gaulliste ou souverainiste et de l'extrême droite –, ce n'était pas précisément dans sa tradition. Mais très peu de socialistes avaient osé publiquement s'émouvoir de la trouvaille de Ségolène Royal. Tout au plus les "camarades" les plus critiques l'avaient-ils mise sur le compte du caractère décidément imprévisible de la candidate, et de son socialisme si baroque.

Il n'empêche, ce vendredi donc, moins de dix ans plus tard, François Hollande à son tour convie la nation à se retrouver autour du drapeau tricolore. Et cela ne suscite plus le moindre débat, au Parti socialiste.

Depuis deux ans, on parle beaucoup de l'évolution du socialisme au pouvoir en ce qui concerne sa politique socio-économique (son "coming out" social-libéral). Bien placé dans le palmarès des ventes d'essais politiques en ce moment, le livre d'un confrère du "Monde" qui est entièrement consacré au tournant «militaro-sécuritaire» des socialistes, depuis que François Hollande est à l'Elysée – jamais avant lui un Président de la Ve République, à ce stade de son mandat, n'avait autant envoyé la troupe guerroyer à l'étranger. Ce vendredi, donc, illustre une autre évolution marquante du premier parti de la gauche française, cette fois dans son rapport à la Nation, à ses symboles et au patriotisme.

25/11/2015

Une source d'inspiration inépuisable

 Paris, Terrorisme, Arts, CultureCela avait déjà été le cas après les attentats de janvier, et cela ne manque évidemment pas de se reproduire dix mois plus tard. Les murs et le macadam de Paris sont submergés de tags, graffitis et autres créations de street art se référant aux tueries du 13 novembre. C'est bien sûr particulièrement le cas dans notre quartier du onzième arrondissement, entre Charlie Hebdo et le Bataclan. Et on peut constater que, comme il y a dix mois, les agents de la propreté de la mairie ne font pas trop de zèle pour effacer rapidement ces témoignages, eux qui sont d'habitude si prompts à les recouvrir de peinture fraîche. Sans doute ont-ils reçu des recommandations de tolérance/bienveillance.

Une des figures qu'on a le plus vues, dans le quartier et ailleurs, s'inspire du "Baiser de l’Hôtel de ville", la photo sans doute la plus célèbre de Robert Doisneau, accompagnée ici des slogans «Même pas peur» ou «Même pas mal». Mais les thématiques développées par ces artistes de rue sont vraiment très diverses. L'intervention la plus visible est l'immense «Fluctuat Nec Mergitur», en lettres capitales blanches sur fond noir, apposé notamment sur une palissade de la place de la République. La devise latine de la capitale française – la cité qui flotte et ne sombre jamais –, prenant tout son sens dans un contexte aussi dramatique.

Sur les réseaux sociaux, un hashtag spécial #sprayforparis a même été créé (voir par exemple ici ou ). Il est devenu le point de ralliement de tous ces anonymes ou artistes reconnus, qui veulent faire partager leur expression relative à cette sinistre actualité.

paris,terrorisme,arts,cultureLe mouvement semble gagner y compris un terrain qui est d'habitude peu propice à l'expression artistique: la campagne électorale pour les élections régionales de la première quinzaine de décembre.

Ainsi, à partir de ce mercredi, le Parti pirate et ses mouvements associés au sein de la liste alternative FLUO (relire ) mettent leurs panneaux électoraux à la disposition des artistes. Panneaux «tels des pages blanches», qui «offrent une place à l'expression libre, à l'heure où celle-ci est de plus en plus refrénée par l'état d'urgence». C'est le photographe et plasticien francais Joachim Romain qui, cet après-midi, lancera le mouvement.

27/10/2015

Une bonne nouvelle, annonciatrice?

Une hirondelle ne faisant jamais le printemps – a fortiori en plein automne... – ne pas s'emballer. Mais, tout de même, ne pas passer cela sous silence.

La bonne nouvelle a surpris tout le monde, hier soir. En septembre, la France a connu sa plus forte baisse mensuelle du chômage (-24000 chômeurs) depuis... huit ans. Ce n'est vraiment pas anodin. En 2015, ce n'est que la troisième fois que de tels chiffres mensuels positifs tombent. Et c'est le sixième mois seulement de baisse du chômage depuis que François Hollande est arrivé à l'Elysée, il y a 41 mois. En plus, et concernant là plus précisément l'objet de ce blog, une fois n'est pas coutume, la tendance à Paris et dans sa région est encore meilleure que dans le reste du pays.

Une baisse d'1,2% du nombre de demandeurs d'emplois y a été enregistrée, à comparer à la diminution de 0,7% à l'échelle nationale. Ce qui titille surtout les analystes, c'est l'envolée de l'intérim, dans la "Ville lumière" et sa banlieue. Or, les chiffres de ce type d'emploi sont généralement considérés comme prédictifs de l'évolution à venir, à quelques mois de distance, de l'emploi au sens large. Si tel le cas, la région parisienne peut avoir tous ses espoirs. Le mois dernier, en effet, l'intérim y a crû carrément de 6%. Cela a concerné aussi bien l'industrie (+10%) que le commerce (+9%) et les transports (+6%). Le mouvement a bénéficié à la fois aux travailleurs non-qualifiés (+13%) et aux cadres et professions intermédiaires (+9%). Surtout, il n'a pas laissé de côté les départements parisiens les plus frappés par le chômage, le chômage des jeunes en particulier. Ainsi, l'intérim a bondi de 21% le mois dernier en Seine-Saint-Denis, et de 12% en Essonne.

Malgré cette bonne nouvelle nationale – et donc parisienne encore plus – , la France compte toujours 5,7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Ce qui n'est tout de même pas rien.

19/10/2015

Une réhabilitation historique

Mieux vaut tard que jamais. Cette semaine, une statue d'un buste de femme va faire son apparition dans la célèbre salle des Quatre Colonnes, de l'Assemblée nationale. C'est une première, puisque, depuis la création de cette institution, seuls des bustes d'hommes y avaient été exposés. C'est la grande révolutionnaire et féministe Olympe de Gouges (1748-1793) – dont ce blog a déjà parlé: relire ici, par exemple – qui aura les honneurs de cette innovation. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle rédigea à l'époque, sera gravée sur le piédestal de sa statue.

Sinon, concernant l'Histoire toujours, et celle de Paris plus particulièrement, plus de 150 personnalités de la culture, des médias et du syndicalisme ont lancé un appel pour qu'une des stations de métro programmées dans le cadre des travaux du Grand Paris soit baptisée "Commune de Paris 1871". En hommage au soulèvement révolutionnaire (relire par exemple ) qui fit trembler la capitale et marqua tant cette époque.

«Il est temps, plus que temps, que la Commune retrouve toute la place qui lui est due dans la mémoire parisienne et nationale», estiment ces signataires. Parmi lesquels le chanteur Dominique A ou les comédiens Pierre Arditi, Michel Piccoli, Arianne Ascaride et Yvan Le Bolloch. Qui rappellent que «les communardes et les communards surent inventer des mesures démocratiques et sociales qui sont encore d’une brûlante actualité, de la séparation de l’Église et de l’État à l’école laïque, gratuite et obligatoire, de l’égalité des salaires des femmes et des hommes à la citoyenneté des étrangers, du droit du travail au droit au travail».

09/10/2015

Un engouement, finalement

Sports, Paris, PersonnalitésCe n'était pas si évident que cela au départ (relire par exemple ), mais, finalement, les Français – et les Parisiens, singulièrement – ont l'air de se prendre... aux Jeux: de se mobiliser, pour que Paris décroche les JO de 2024.

En tout cas, la campagne de financement participatif qui a été lancée fin septembre pour soutenir la candidature de la "Ville lumière" a connu un plutôt bon début. Durant les dix premiers jours de collecte, elle a engrangé plus de 200.000 euros de dons. Sans compter 3,5 millions de contacts générés sur les réseaux sociaux.

Le Comité olympique a pris le parti d'accepter y compris jusqu'aux contributions les plus modestes. Cela commence donc à partir de 0,65€, soit le coût de l'envoi d'un SMS "2024". On peut aussi acheter un bracelet vantant la candidature parisienne (2€). Ou, nettement plus cher, participer à des ventes aux enchères, pour acquérir des symboles de l'esprit sportif tricolore: un kimono porté par une judoka française médaillée olympique en 2012 (200€), un ballon de l'Euro de basket dédicacé par les joueurs de l'équipe de France (450€), etc.

L'histoire ne dit pas (encore) si, d'ici à 2024, parmi ces lots mis aux enchères, figureront quelques objets très symboliques de l'activité sportive de personnalités publiques.

Sports, Paris, PersonnalitésOn n'est pas sûr que cela déclencherait un tonnerre d'enchères, mais au moins on aurait l'embarras du choix.

Du vélo de course de Nicolas Sarkozy aux chaussures de running de Dominique de Villepin, en passant par les maillots de foot que François Hollande portait quand il avait le temps de participer à des matchs caritatifs, ou le casque que coiffe François Fillon quand il se rend au circuit du Mans pour assouvir sa passion de la course automobile.

23/09/2015

Une évolution qui semble se confirmer

Culture, Arts, Paris, BanlieuesParis et sa région se décoincent, décidément, dans leur rapport à l'art urbain – qui y fut si longtemps méprisé, dénigré et pénalisé. Au printemps, on avait eu/vu des premiers signes de cette évolution (relire ici ou ). En ce début l'automne, ce mercredi, le mouvement, lentement mais sûrement, semble se confirmer.

Ainsi, en gare de Paris-Nord – une fois de plus –, précisément face à la voie 7, un artiste de rue, Nowart, a reçu carte blanche pour célébrer le 125ème anniversaire de la mort de Vincent Van Gogh. Sa fresque en hommage au grand peintre a été créée sur les palissades du kiosque Thalys. Van Gogh ayant passé sa vie entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, «nous voyons cette fresque comme un cadeau fait à nos voyageurs», a commenté la direction de Thalys. «Il est dans notre ADN de favoriser les rencontres et la créativité: le démontage de notre kiosque nous a donné une belle opportunité de sortir des sentiers battus».

L'art urbain fait tout autant parler de lui, ces jours-ci, dans un lieu nettement plus éloigné du centre de Paris. En effet, le record de la plus grande fresque murale d'Europe est désormais détenu par Evry, la ville préfecture du département de l’Essonne.

Culture, Arts, Paris, BanlieuesCette fresque a 95 mètres de long et 16 mètres de haut. Signée par l'artiste de street art Speedy Graphito, elle a été réalisée en deux semaines, sur l'enceinte de l'agora de la ville. Et s'inscrit dans le cadre d'un festival que la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne consacre à l'art urbain. A cette occasion, pendant deux ans, cinquante artistes locaux mais aussi des créateurs «d’envergure nationale et internationale» se relaient dans les six villes regroupées au sein de cette agglomération. Afin d'y enraciner la pratique culturelle et de souligner la diversité de ce territoire.

Bien.