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26/04/2016

Une alliance de circonstance, piquante (J-3)

Paris qui, sur le plan sportif, serait sauvée par Marseille. Ce serait pour le moins piquant. Dans un pays qui, sportivement, a toujours été dominé par la féroce et séculaire rivalité footballistique entre le PSG et l'OM.

Cette improbable alliance de circonstance pourrait bien, néanmoins, devenir réalité, et fameusement servir la "Ville lumière". Dans 17 mois. Quand, en septembre 2017, le Comité international olympique désignera la ville hôte des JO d'été de 2024.

Hier, en tout cas, la maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait des tonnes en termes de com' (comme ici, par exemple) en faveur de Marseille. Puisque la Cité phocéenne pourrait contribuer à la victoire de la capitale française sur les trois autres villes qui sont elles aussi candidates à l'organisation de cet événement: Los Angeles, Budapest et Rome. En effet, dans le cadre de ces JO qui se tiendraient à Paris, les épreuves de voile s'y dérouleraient... à près de 800 kilomètres de distance. Dans le grand bleu méditerranéen. Une tribune de 5.000 places serait notamment érigée sur la corniche de Marseille, d'où les spectateurs suivraient les joutes nautiques. Jusqu'à présent, dans la promo de son dossier, le comité Paris 2024 a surtout vanté la scénographie spectaculaire qui bénéficierait aux épreuves de sports équestres (prévues au Château de Versailles), de beach volley (au pied de la Tour Eiffel) ou de tir à l’arc (sur l’esplanade des Invalides). Incontestablement, les compétitions de voile vues depuis la Corniche offriraient un panorama tout aussi grandiose.

Marseille est un «atout incommensurable pour la candidature de la ville de Paris!», en a déduit Anne Hidalgo, hier. Quitte à faire grimacer les si nombreux Parisiens footeux et un peu à cheval sur les traditions antagonistes, qui donc ne peuvent pas encadrer tout ce qui, de près ou de loin, concerne la Cité phocéenne.

22/04/2016

Une échéance qui se précise (suite)

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. RIP Prince. Mais Peter Doherty, lui, «la dernière authentique rock star anglaise» (sic), sera en live dans notre onzième arrondissement de Paris. Puisque, cela a été annoncé la semaine dernière (), c'est lui qui sera sur scène au Bataclan, à la mi-novembre, pour sa réouverture. Il a donc été préféré aux autres stars international du rock dont le nom avait circulé (relire ).

Sinon, en attendant, et dans le même registre rock, cette initiative de Metallica. L'autre jour, le groupe californien a annoncé avoir conclu un accord avec une marque de prêt-à-porter française. Pour créer un tee-shirt rendant hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Le produit de sa vente (23 euros) ira à "Ensemble face au terrorisme": le programme de la Fondation de France qui vient en aide aux victimes des tueries et à leurs proches, et soutient des projets visant à prévenir les processus de radicalisation chez les adolescents. Le tee-shirt est assorti d'un cliché pris lors du concert que ce groupe donna jadis au même Bataclan. L'enregistrement de ce concert est d'ailleurs réédité, dans un album spécial intitulé "Liberté, égalité, fraternité, Metallica!".

Un tee-shirt qu'on ne verra pas forcément beaucoup porté dans les rues de notre onzième. Il n'a été édité qu'à 350 exemplaires. Pas mal d'amateurs, dès lors, risquent de ne pouvoir acheter ce «collector» – à supposer qu'il ne soit pas d'ores et déjà épuisé. De même, le concert de Peter Doherty pourrait bien être complet. Les réservations semblent ouvertes, mais, ce matin en tout cas, sur le site web de la salle de spectacles, quand on tentait de réserver un billet pour le soir où la star est annoncée, s'affichait le message «Il n'y a aucune place en vente sur cette séance».

Un succès de foule, cela dit, un Bataclan plein à craquer, ce serait une belle réponse donnée, un an après la si dramatique actualité qui l'a endeuillé. Et une si bonne nouvelle, pour le quartier.

19/04/2016

«Une liberté accrue»

Transports, TechnologiesLa RATP et les nouvelles technologies, suite (relire l'épisode précédent ici). Cette fois, la régie des transports parisiens est en délicatesse avec une société basée à Londres et déjà active dans trente métropoles du monde. Citymapper: «the ultimate transport App», comme se baptise – sans immodestie... – cette appli.

Elle permet aux usagers des transports publics de connaître en temps réel l'état du trafic, et donc de calculer les itinéraires les plus adéquats. Oui mais, pour ce faire, elle a besoin des données de circulation de la RATP. Qu'elle accuse de traîner les pieds. Lancée il y a deux semaines, lpétition de Citymapper a déjà recueilli 17.000 signatures. Elle s'indigne que l'on puisse «interdire aux Parisiens de choisir quelle application utiliser pour se déplacer», et donc «empêcher la création de services innovants, au moment où l’Etat essaie d’encourager les start-ups. Dans toutes les autres villes de France et d’Europe, les informations sur les transports en commun, y compris en temps réel, sont à la disposition du public».

La RATP, irritée par le buzz fait par la polémique, a été contrainte d'y réagir (). «La question de l’open data de la RATP est un faux débat. L’ouverture de nos données en temps réel est en marche», a-t-elle assuré. La régie réclame juste du temps («d'ici à la fin 2016»), pour rendre ses données accessibles. Car, argumente-t-elle, si l'on veut mener à bien ce processus, il «nécessite une vraie organisation et des investissements d'une centaine de milliers d'euros».

transports,technologiesAu final, cela dit, la RATP n'aura pas le choix. Comme tous les autres organismes publics, elle sera contrainte d'autoriser le libre accès à ses données d'intérêt général. C'est la loi sur le numérique,  récemment votée, qui le prévoit. En son volet relatif à l'"open data". L'objectif poursuivi est d'aboutir à «une liberté accrue pour la circulation des données et du savoir».

Et cela vaudra y compris pour le cinquième opérateur mondial de transport public, aussi puissant soit-il: présent dans 14 pays, et assurant chaque année plus de 3 milliards de voyages rien qu'en région parisienne.

15/04/2016

Un prix à payer

Paris, Banlieues, Economie, Social, Art de vivreParis, ville magnifique. Ville agréable à vivre, aussi, globalement. Mais ville chère, décidément. Une étude vient de quantifier cela de manière précise.

8,8%. Selon les calculs de l'Institut de la statistique (Insee), c'est le surcoût moyen des prix pratiqués en région parisienne, par rapport à la moyenne nationale. C'est dû en grande partie au coût des loyers, qui y sont supérieurs de près de 50% par rapport au reste du pays. Plus largement, les dépenses relatives au logement (eau, entretien, gaz, électricité, etc.) sont plus élevées de 24,7% à Paris et et dans sa banlieue qu'en province. Cet écart vaut aussi pour la santé (des dépassements d'honoraires médicaux plus fréquents dans la capitale qu'ailleurs, par exemple), pour les loisirs, la culture et l’hébergement. Ainsi que, dans une mesure un peu moindre, pour l’alimentation, la restauration, les transports, les meubles et les vêtements.

Ce coût de la vie moins abordable est toutefois pondéré. Par la différence de rémunération: «le salaire horaire net moyen d’un ouvrier ou d’un employé est de l’ordre de 8% à 10% plus élevé» dans la région-capitale qu’en province.

Oui, mais cela ne vaut que pour les Parisiens et les banlieusards qui bénéficient d'une rémunération digne de ce nom. En revanche, pour les exclus, les précaires, les chômeurs en fin de droit, les travailleurs condamnés aux petits boulots à temps partiel, les jeunes peu aidés par leurs parents, les seniors ne touchant que de petites retraites, et pour tous ceux qui peinent à boucler leur fin de mois, le coût de la vie dans la capitale et sa région devient rapidement prohibitif. D'où, sans doute, le succès de la mobilisation actuelle contre la précarité, à Paris. Où, proportionnellement, ce mouvement semble rencontrer davantage d'écho qu'en province – même s'il y a fait tache d'huile.

07/04/2016

Une reprise qui se fait attendre

Morose, se confirme-t-il, le climat des affaires dans le secteur du tourisme, à Paris. Alors que, normalement, en cette période pascale, l'affluence étrangère devrait être à son comble.

D'après les chiffres qui circulent, le secteur continue, cinq mois plus tard, d'être touché de plein fouet par l'impact des attentats de la mi-novembre. Les réservations d'hôtels affichent toujours une baisse de 15% depuis le début de l'année, et c'est encore pire pour les établissements de très grand luxe et autres palaces (jusqu'à 20% de manque à gagner, par rapport à l'an dernier). Même le créneau particulier, et habituellement très rentable, du tourisme d'affaires (congrès, salons professionnels, séminaires, etc.) accuse le coup. C'est préoccupant pour la capitale, car ce type de tourisme représente à lui seul 40% des nuitées hôtelières, rapportant chaque année plus de 5 milliards d'euros de retombées économiques à la ville et à sa région.

Pour, toutefois, ne pas dresser un tableau trop sombre, noter l'une ou l'autre éclaircie qui semble se profiler, dans la "Ville lumière". Ainsi (voir par exemple ici), après plusieurs mois qui, là aussi, furent dévastateurs, un rebond de fréquentation paraît se confirmer concernant les salles de spectacle, les cinémas et les restaurants – fût-ce de manière inégale pour ces derniers, notamment en fonction du quartier concerné.

En somme, les touristes étrangers tardent toujours à revenir, mais les Parisiens se sont remis à sortir.

Sans doute est-ce déjà cela.

29/03/2016

Un revirement, en douce

 Sécurité, Police, Transports, Terrorisme, GouvernementC'était dans l'air – ce blog l'avait écrit, la semaine dernière –, et cela ne semble désormais plus faire le moindre doute. Finalement, la SNCF et l’Etat ne donneront pas suite au projet d'équiper toutes les grandes gares de France de détecteurs de métaux et de scanners à rayons X.

Un tel filtrage de l'accès aux quais des TGV, des trains Intercités et même des RER, comme c'est le cas dorénavant pour les lignes Thalys, cumule les désavantages, est-il analysé, en haut lieu. Il est à la fois trop coûteux (en personnel de surveillance, singulièrement.) et trop perturbant pour le fonctionnement quotidien des gares (création de longues files d’attente, etc.).

Conséquence: à Paris, il était prévu de que de tels portiques soient testés, ces jours-ci, aux entrées de la gare de l’Est. Il n'en sera rien. Ce dispositif de sécurisation sera «mis en place autrement», a confirmé, l'autre jour (ici), un membre de la direction générale de la compagnie des chemins de fer. D'autres moyens sécuritaires, encore peu définis, seront privilégiés.

Pourquoi pas. Mais il est tout de même curieux qu'un tel revirement soit annoncé par un responsable d'entreprise publique. Et que pas le moindre membre du gouvernement ne s'en explique devant l'opinion publique, et donc assume politiquement ce changement de cap. Où est donc passée la ministre des Transports, Ségolène Royal, qui, il y a trois mois, se fit tant de pub, sur ce sujet?

24/03/2016

Une promesse en l'air

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeLes jours passant, l'évidence semble se faire: le renforcement des mesures de sécurité dans les transports publics, promis (ici) par le gouvernement Valls au lendemain des attentats de Bruxelles, est très largement infaisable. Dans la configuration telle qu'elle a été annoncée, en tout cas.

Permettre que seules les personnes en possession d'un billet et d’une pièce d’identité aient accès aux infrastructures de transports? Y systématiser les fouilles de bagages et palpations de sécurité? Pour le syndicat CFDT (voir ), ce sont des annonces «incompréhensibles et irréalisables». Notamment parce que «la conception des infrastructures de transports, et la structuration et l’organisation des déplacements à l’intérieur de celles-ci rendent très complexe la gestion de leur sécurisation».

Une illustration, avec la gare SNCF de Paris-Montparnasse. Elle compte... une quinzaine d'accès différents. Les sécuriser tous, en affectant des vigiles à chacun de ces accès, coûterait des budgets que personne n'a. L'alternative, réduire massivement le nombre de ces portes d'entrées ou de sorties, est à manier avec prudence. Cela ralentirait les flux d'usagers, donc engorgerait encore un peu plus une gare qui l'est déjà pas mal, aux heures de pointe.

Quant à la généralisation envisagée des portiques de sécurité, elle poserait un gros problème d'espace disponible. Un exemple, là, à la gare de Paris-Nord. La ligne Eurostar, qui fonctionne sur ce modèle, ne représente que 3% du trafic total de cette gare. Mais elle monopolise à elle seule 13% de la surface de la station, avec ses quais qui lui sont réservés, les espaces d’attente et de contrôle qui lui sont dédiés, etc. Comme l'a calculé la télé France 3 Ile-de-France, hier soir, «si on veut traiter de la sorte 100% du trafic, il faudrait une gare du Nord quatre fois plus grande. Une telle perspective est évidemment illusoire, même en imaginant creuser trente mètres sous terre, sous les actuelles lignes de RER».

Sécurité, Transports, Police, TerrorismeCela poserait aussi un problème financier. Les portiques qui, à Paris-Nord, sécurisent désormais l'accès aux quais du Thalys coûtent à la SNCF 2,5 millions d’euros par quai et par an. En frais de personnel, notamment: 100 emplois équivalents temps plein. Généraliserait-on ces portiques aux 17 quais et 31 voies que compte la gare, que cela coûterait plus de 40 millions d'euros et 850 emplois.

Dans ces conditions, on comprend que les syndicats de transports réclament d'être reçus «dans les plus brefs délais» au ministère de l'Intérieur. Pour qu'il leur explique comment diable il compte bien s'y prendre pour concrétiser ses annonces. Qui, à ce stade, semblent être surtout des paroles en l'air.

23/03/2016

Un large soutien

On a cru qu'on rêvait encore. Ce matin, tôt, quand le radio-réveil, branché sur l'une ou l'autre station française, s'est mis en marche. Nous tirant des limbes du sommeil, au son de... "La Brabançonne" – à savoir, précision à l'attention des lecteurs français de ce blog, "La Marseillaise" de la Belgique. Mais non, on ne rêvait pas. Ces quelques notes faisaient partie de l'hommage rendu par ce média aux victimes des attentats de Bruxelles.

 Terrorisme, BelgiqueDes hommages qui, à Paris hier, ont été aussi bien physiques (rassemblement silencieux place de l'Hôtel de Ville, fleurs déposées devant l'ambassade de Belgique, etc.), que visuels (la tour Eiffel illuminée en noir-jaune-rouge) ou virtuels. Ainsi, y compris les réseaux sociaux officiels ont manifesté leur solidarité avec le plat pays.

Assez rapidement après la catastrophe, la Ville de Paris a changé la photo de profil de son compte Twitter (plus d'un million de followers, tout de même), y affichant le drapeau belge. Et ce message de sympathie: «Nous sommes de tout coeur avec le peuple belge. Paris pense à vous #Bruxelles». De même, le compte officiel du gouvernement français a troqué son habituel fond tricolore pour une Marianne proclamant «We stand together with Belgium».

Ces petites attentions, cela ne mange évidemment pas de pain. Mais, qui sait, à certaines personnes, font-elles du bien. Donc pourquoi pas.

15/03/2016

Un vrai changement d'échelle

 Terrorisme, Institutions, GouvernementPuisque ce blog revenait hier sur les attentats du 13 novembre, ce chiffre qui a été rendu public il y a quelques jours, mais qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'évoquer, ici. 2.200.

Soit le nombre de demandes d'indemnisation qui ont déjà été introduites par les victimes de ces si mémorables tueries perpétrées à Paris et Saint-Denis. Et encore, ne s'agit-il pas, à ce stade, d'un chiffre définitif. Selon le gouvernement, le nombre total de victimes du 13 novembre «pourrait aller jusqu'à 4.000».

C'est un très officiel Fonds de garantie qui indemnisera ces personnes. Cet organisme a été mis sur pied après les vagues d'attentats qui ont ensanglanté la France, dans le milieu des années 80. Il est chargé d'évaluer les préjudices (physiques, moraux ou économiques) subis par les blessés ainsi que par les ayants-droits des personnes décédées. Puis, il verse les indemnisations auxquelles ces personnes ont droit. Puisque les compagnies d’assurance traditionnelles ne couvrent pas ce type de préjudices liés au terrorisme, ne prenant en charge que les dommages matériels causés.

Il y a un mois, 1.200 dossiers de victimes du 13 novembre avaient déjà été traités par ce Fonds. Ce qui a donné lieu au versement de 18 millions d'euros d'indemnisations, à titre provisoire. L'organisme a à sa disposition une dotation d'1,2 milliard d'euros. Il «n’aura aucune difficulté à faire face» aux demandes des victimes du 13 novembre, assure en boucle le gouvernement.

Il n'empêche, c'est un vrai et fameux changement d'échelle, auquel les autorités sont confrontées. Etant donné la gravité sans précédent des tueries qui ont été commises dans la capitale, il y a quatre mois. Pour preuve, ces 4000 personnes qui devront probablement êtres indemnisées, cela correspond au nombre total de victimes que ce Fonds de garantie a eu à indemniser tout au long de sa trentaine d'années d'existence.

14/03/2016

Une agitation infondée

Quatre mois quasiment jour pour jour après les attentats de Paris et Saint-Denis, "Le Petit Cambodge" rouvre ses portes, ce lundi. A la terrasse de ce restaurant du dixième arrondissement, le 13 novembre dernier, quinze personnes avaient été assassinées par les tueurs. Cette réouverture survient après celles de plusieurs autres établissements (relire ici, ou ) pareillement endeuillés, au même moment. En revanche, pour aller de nouveau faire la fête au Bataclan, il faudra encore un peu attendre (voir ici).

Est-ce une coïncidence? Ce week-end, les rumeurs, ragots et échos sur l'imminence présumée d'attentats sur le point d'être commis à Paris ont à nouveau enflammé les réseaux sociaux. Au point que la préfecture de police, en pleine nuit, ait décidé de réagir, pour tenter de calmer cette agitation infondée. «Ne propagez pas les rumeurs. Pour tout renseignement, consultez les sites officiels», a-t-elle tweeté.

Cette tentative d'apaisement, ou sans doute plutôt la tonalité de cette intervention officielle, n'ont pas valu à la préfecture que des commentaires aimables. «Oui, les bons sites officiels qui ont couvert le (scandale du) sang contaminé et (ont prétendu) que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière», lui a-t-il, ainsi, été envoyé. Entre autres tweets acides, comme ce «Bah oui, c'est connu, la police de la nation renseigne objectivement, elle n'est pas du tout sélective!», ou ce «Le Ministère de la Vérité pourrait-il nous communiquer une liste des sites agréés?».

Ambiance.

04/03/2016

«Une prise de conscience de ses actes»

A Paris, cette semaine, les amateurs de la petite reine en ont beaucoup parlé. Le groupe français JC Decaux, numéro 1 mondial du vélo en libre-service, a dû rappeler 4 600 bécanes. Dans la capitale, mais aussi dans des villes comme Lyon, Toulouse, Nantes ou Marseille. En cause, «un problème de fabrication identifié par un fournisseur et pouvant affecter le bon fonctionnement de certains modèles de freins arrière». La société a pris soin de préciser qu'à ce jour, «aucun incident n'a été signalé». Et que tous les vélos  «qui demeurent accessibles en station ne sont pas concernés».

S'agissant de Vélib, une autre nouvelle est passée, elle, plus inaperçue, dernièrement. A savoir, l'application désormais aux adultes également du principe du «Tu casses, tu répares».

En termes juridiques, cela s'appelle la réparation pénale. Depuis 2013, en vertu d'une convention entre la mairie de Paris, le parquet et la protection de la jeunesse, les mineurs pris à dégrader ou à voler des Vélibs ont une alternative, s'ils veulent éviter de passer devant le juge. Travailler pendant deux jours dans les ateliers de réparation de la société. Ils y sont encadrés par un responsable de l’association qui est chargée d'appliquer cette réparation pénale ainsi que par un chef d’atelier formé au tutorat. Pendant ces deux jours, ils sont formés aux rudiments de la mécanique du vélo, puis prennent part à la réparation des cycles et des pièces endommagés.

«Cette mesure permet au jeune impliqué de prendre conscience de l’impact de ses actes», se réjouit-on, chez Vélib. «Depuis la mise en place du dispositif, aucun des mineurs accueillis en atelier n’a récidivé». Désormais, donc, une convention signée entre Decaux et le ministère de la Justice étend ce système de réparation aux adultes y compris. Toujours, bien sûr, sur base volontaire uniquement (il ne s'agit pas de travaux forcés), et sur le mode des travaux d'intérêt général.

Certaines années, jusqu'à 8 000 Vélib’ sont vandalisés ou volés (87% étant ensuite retrouvés), dans la capitale française.

03/03/2016

Un changement, cousu de fil blanc

 Femmes, Famille, Gouvernement, Elections présidentiellesCe matin, cela n'apparaissait pas encore dans l'organigramme officiel du gouvernement. Mais c'est François Hollande lui-même qui l'annonce, dans une interview au magazine féminin "Elle". Un changement de dénomination de ministère va être opéré.

Il est dû à la polémique qui avait suivi le remaniement ministériel de février. Uu ministère "de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes" avait été créé. Cette dénomination, jugée péniblement stéréotypée (les femmes d'office assimilées à l'éducation des gosses), avait été largement dénoncée, par les mouvements féministes (relire ). François Hollande en a pris acte. Et a décidé qu'il faudrait désormais parler de "ministère des Familles".

Au passage, ce changement d'appellation n'est bien sûr pas anodin, à treize mois du premier tour de l'élection présidentielle. En effet, le terme retenu renvoie implicitement à la grande réforme du "mariage pour tous", en 2013. Qui avait consacré, fût-ce tardivement et incomplètement, la reconnaissance par la France de la pluralité des situations familiales – et reconnu, singulièrement, les familles homoparentales.

Trois ans plus tard, donc, le choix de cette dénomination ministérielle est un clin d'œil subliminal fait par le chef de l'Etat à cet électorat. Alors que, mois après mois, sa popularité ne cesse de dégringoler, a fortiori parmi les sympathisants de gauche qui l'ont élu en 2012. Cela paraît vraiment très gros, comme manœuvre. C'est cousu avec du fil blanc très voyant. Mais, qui sait, à force de se multiplier, ces gestes présidentiels d'amabilité catégorielle finiront-ils par porter leurs fruits.

A ce stade, cela dit, on serait bien le dernier à en prendre le pari.

02/03/2016

Un serpent de mer, ranimé?

Puisque ce blog évoquait hier les projets parisiens qui mettent des années à aboutir, donner des nouvelles de ce qui est vraiment un serpent de mer. Et depuis des décennies, lui, carrément. Mais la tête de la bestiole semble enfin commencer à sortir tout doucement de l'eau.

La liaison CDG-Express, en l'occurrence. Ce train rapide qui, tous les quarts d'heure, relierait directement la "Ville lumière" à l'aéroport de Roissy CDG, pour un coût de réalisation évalué à 1,6 milliard d'euros. Dernièrement, alors qu'un coordinateur interministériel a été nommé, une ordonnance consacrée à ce méga-chantier est parue au Journal Officiel. Elle a attribué à une filiale de la SNCF ainsi qu'à la société Aéroports de Paris une «mission de conception, financement, réalisation et exploitation» du projet. Une «partie minoritaire du capital social de cette société de projet» pourra être ouverte à des tiers: au secteur privé, donc. Sachant que la construction de cette liaison de 32 kilomètres ne donnera lieu à aucune subvention de l'Etat. Vu l'état de la compagnie nationale de chemins de fer – lourdement endettée –, cette ligne pourrait être financée en partie par une taxe sur les billets d'avion, prélevée sur les passagers qui décollent de Roissy ou y atterrissent.

L'horizon est encore loin, puisque cet éventuel CDG-Express pourrait n'être opérationnel qu'en... 2023. Du moins, si le serpent de mer, d'ici là, n'a pas replongé dans les abysses de l'indécision politique.

On va donc encore pendant très longtemps entendre parler de ce projet. Voire se quereller, à son sujet. En effet, les oppositions ne manquent pas à l'encontre de ce CDG-Express qualifié par ses détracteurs (ici, par exemple) d'«inutile et coûteux». Eux lui préférerait une amélioration de la ligne du RER B, qui relie l'aéroport à la capitale – et qui, il est vrai, est dans un piètre état.

26/02/2016

Une envolée délirante

Sports, Football, EconomieC'est la classique loi de l'offre et de la demande. Mais là, tout de même, cela va loin. Plus de trois mois séparent encore la France du coup d'envoi de l’Euro 2016 de football. Mais, déjà, les tarifs des hôtels s'envolent, dans les dix villes qui accueilleront la compétition.
Du moins, s'il faut en croire les relevés effectués par une association de consommateurs. Elle a passé au crible 440 établissements, essentiellement des deux et trois étoiles, en comparant les tarifs en vigueur les soirs de match avec ceux affichés le même jour de la semaine qui précède. Résultat? En novembre, les tarifs avaient progressé en moyenne de 45%. Mi-décembre (après le tirage au sort des rencontres), la hausse globale était de 67%. Depuis le début de l'année, des envolées à trois chiffres sont carrément constatées.
Ainsi, à Marseille, «le jour du premier match, le 11 juin au stade Vélodrome (Angleterre-Russie), le prix de la chambre du Best Western Aéroport (un 3 étoiles) culmine à 1000€, contre 80,75€ la semaine précédente! Une augmentation de 1138%, qui dit mieux?» Idem, ou à peu près, dans d'autres villes du pays: +307% pour le Formule1 de Bordeaux Nord, +936 % pour l’Ibis Stade Ouest de Saint-Denis, etc.
Cet Euro 2016 est censé constituer «une fête populaire», qui «rassemble les Français partout sur le territoire» et au-delà de leurs moyens financiers. Encore heureux, dès lors, que le gouvernement a eu le nez fin. Lui qui a réservé d'emblée (relire ) 20.000 billets d'entrée gratuits, à l'attention des publics moins favorisés.
Sans doute était-ce la moindre des choses.

19/02/2016

Une façon de parler

Un peu de culture, pour bien terminer la semaine. Et un peu de langue française, en l'occurrence.

«Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement», etc. On a repensé à cet adage, l'autre jour. Lorsque, en suivant les débats à l'Assemblée nationale, on s'est dit que, au moins, on n'avait pas perdu notre journée. Puisqu'on venait d'apprendre un nouveau mot.

Scissiparité. Le terme a surgi au hasard du débat relatif au fameux projet de révision constitutionnelle (la déchéance de la nationalité pour les terroristes, etc.). La phrase disait ceci: «Monsieur le Premier ministre, vous voulez l’union nationale sur votre projet de révision. C’est très bien. Mais pouvez-vous l’obtenir avec le soutien de la moitié de la majorité et de la moitié de l’opposition? L’addition de deux scissiparités ne constitue pas un gain numérique».

Manuel Valls étant resté de marbre, on ignore s'il a compris, ou non, le sens de l'apostrophe. Dans la négative et/ou à l'attention des lecteurs de ce blog pour qui, comme nous, cette scissiparité relèverait du mystère, sa définition, vue dans le dictionnaire: «Mode de division des êtres unicellulaires consistant à doubler de longueur, puis à se partager en deux cellules identiques qui peuvent se séparer, comme le font de nombreuses bactéries (S'oppose à gemmiparité). Mode de division comparable observé chez les pluricellulaires vermiformes tels que les annélides polychètes».

Merci et bravo au député radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg – qui, on le voit, n'est pas professeur d'université pour rien de relever ainsi le niveau lexical des débats parlementaires. On n'est pas trop sûr, cela dit, qu'une telle façon de parler rapproche vraiment la politique des citoyens (du moins, des quidams qui ne sont pas d'un niveau Bac +19).

18/02/2016

«Une complaisance»

Médias, Télévision, Santé"Le Petit Journal", l'émission vedette des soirs de Canal+, se prend une remontrance du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Un soir d'automne, deux bouteilles de bière avaient été ouvertes et consommées sur le plateau de ce talk-show. Posées en évidence sur la table, elles avaient «été visualisées de nombreuses fois». Le présentateur avait «incité son invitée à trinquer et à boire». Cette consommation avait été «mise en valeur par des propos à caractère humoristique». Et, à aucun moment, pendant la séquence, n'avait été diffusé le moindre message de prévention contre l’abus d’alcool.

Ce faisant, juge le CSA, Canal a méconnu la disposition du Code de la santé publique qui prohibe toute propagande directe ou indirecte en faveur des boissons alcoolisées, à la radio comme à la télé. Sans compter que «l’exposition significative dont la bière a bénéficié tout au long du programme (a) traduit une forme de complaisance de l’éditeur à l’égard de la consommation de cet alcool». Le CSA a d'autant moins apprécié qu'il avait déjà mis en garde cette même émission, à une précédente occasion, sur ce sujet. Il avait alors prié "Le Petit Journal" de «faire preuve d’une grande vigilance» en la matière.

Cela n'a pas empêché Canal de récidiver. Puisque, comme le regrette le CSA, «sous couvert d’humour et de divertissement», cette chaîne a «diffusé à nouveau une émission qui contrevient à la réglementation» et à la «protection du consommateur». On peut donc supposer que ce deuxième «appel à la prudence» lancé par le "gendarme de l'audiovisuel" sera le dernier. La prochaine fois, il sanctionnera.

17/02/2016

Un soutien assez mesuré

A 574 jours du choix de la ville hôte des Jeux olympiques de 2024, 65% des Français se disent favorables à la désignation de Paris. C'est ce qu'a indiqué un sondage rendu public hier soir. Le taux d'adhésion des habitants de la région parisienne (66%) et des Parisiens eux-mêmes (67%) est un peu plus élevé. «Ces résultats confirment que les Français sont en attente de projets fédérateurs, porteurs de sens et de valeurs», a réagi le comité qui porte le projet Paris 2024. «Les Jeux olympiques et paralympiques, c’est une opportunité exceptionnelle pour notre pays de fédérer, de rassembler les Français derrière un projet positif et une ambition collective».

Pourquoi pas. Mais, en l'occurrence et à ce stade, si on peut se permettre, il n'y a tout de même pas lieu de pavoiser.

D'abord, si on regarde d'un peu plus près cette enquête d'opinions, on constate que, parmi ces 65% de Français favorables à Paris 2024, seuls 23% sont «tout à fait» emballés par cette perspective. Les 42% restants y sont juste «plutôt» favorables. On a déjà vu soutien plus enthousiaste.

Ensuite, si on prend la peine de revenir un peu en arrière, il y a six mois, les enquêtes d'opinion (ici, par exemple) donnaient 72% des Parisiens soutenant ce projet, de même que 79% des habitants de la région capitale. Du coup, si ces sondages successifs sont fiables, l'adhésion populaire aux JO à Paris semble en fait... décroître, dans la capitale et sa banlieue. Alors même que, les mois passant, ne cesse de s'amplifier le ramdam fait autour de ce projet, par ses organisateurs et par la mairie.

Les porteurs de Paris 2024 ont donc intérêt à ce que, dans les 574 jours à venir, des chiffres un peu meilleurs soient rendus publics. Pas seulement pour leur moral, mais aussi pour l'avenir du dossier de candidature parisien. Puisque, parmi les éléments que le CIO prend en compte pour attribuer les Jeux à telle ou telle ville candidate, figure précisément l'ampleur – ou non – du soutien populaire à ce projet, dans les pays concernés.

16/02/2016

Un an à attendre

Paris, Musique, Culture, Economie, TerrorismeLes "Eagles of Death Metal" de retour sur scène à Paris, ce mardi soir. A l'Olympia. près de trois mois jour pour jour après leur concert endeuillé du Bataclan, le 13 novembre.

A propos de la salle de spectacles du onzième arrondissement, précisément, on en sait un peu plus sur le moment où elle pourrait rouvrir ses portes. «Nous ferons tout notre possible pour accueillir à nouveau des spectacles avant la fin de l'année 2016», ont annoncé, ainsi, l'autre jour, ses directeurs et le propriétaire des lieux: le groupe Lagardère.

Le délai de la fin novembre a été évoqué (, par exemple). Les travaux de rénovation – lourds –, cela dit, n'ont pas encore débuté. Le site web officiel (en sommeil) du Bataclan n'en confirme pas moins cette décision de principe de rouvrir ses portes au public.

Le jour venu, ce sera assurément tout bénéfice pour l'animation de cette partie de l'arrondissement – qui peine un peu, depuis le 13 novembre. En outre, cela fera un grand bien à la vie économique locale, lourdement impactée par la fermeture de ce lieu où, chaque soir ou presque, convergeaient des centaines de personnes et travaillaient des dizaines d'autres (relire ).

11/02/2016

Une collision douloureuse

Le projet de révision constitutionnelle adopté en première lecture hier, par les députés. A une majorité assez large, mais le fameux article relatif à la déchéance de nationalité pour actes terroristes, lui, est passé vraiment ric-rac: avec 14 voix d'avance seulement, sur quelque 300 votants. Cela promet, pour la suite du parcours parlementaire de ce texte.

Dans cette affaire de nationalité, il est frappant de constater combien, dans de nombreux cas, l'histoire personnelle et familiale vient entrer en collision avec l'histoire de la République en train de s'écrire. Un choc douloureux, qu'ont notamment exprimé trois élus, pour ne citer qu'eux, ces derniers jours.

Ainsi, ce député centriste (ici) qui, à la tribune de l'hémicycle, a peiné à retenir ses larmes. A l'évocation de son grand-père. Lui aussi député, qui avait voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (grand utilisateur de la déchéance de la nationalité) et qui, parce qu'il était dans la Résistance, était «qualifié de terroriste, par l'occupant nazi». Ou cet autre élu (), lui eurodéputé sarkozyste, qui, sur un plateau de télé, brandit une copie d'un décret publié au Journal officiel en 1941, sous Vichy. Le décret qui priva de sa nationalité son grand-père, amiral dans les Forces françaises libres. Ou encore ce député socialiste (ici), descendant d'une famille ayant, en 1957, «fui l'Egypte parce que juifs». Et dont la propre mère fut longtemps apatride, «avant d'être naturalisée française, comme toute la famille».

Rarement avait-on vu autant d'élus, dans un laps de temps aussi court, évoquer d'une telle manière leur histoire personnelle.

Signe que, au-delà des stratégies parlementaires, des postures politiques et des clivages traditionnels, ce projet de réforme se distingue vraiment des autres. Car il ravive des souvenirs, rouvre des plaies, remue les âmes. Et remet en lumière les complexités de l'histoire nationale.

Ce que François Hollande et Manuel Valls, à l'évidence, n'avaient pas mesuré.

09/02/2016

Une gêne, visiblement

Encore une réouverture d'un établissement de l'Est parisien qui a été frappé par les attentats du 13 novembre. Mais cette réouverture-là fait moins l'unanimité, et les médias n'en font pas des tonnes à son sujet. Comme si tout le monde était un peu gêné.

Le restaurant "Casa Nostra", dans notre onzième arrondissement: rue de la Fontaine au Roi. Il a fait scandale quand, dans la foulée des tueries, des médias l'ont accusé – tournage en caméra cachée à l'appui – d'avoir vendu à la presse à sensation des images de vidéosurveillance du soir du 13 novembre. Cela conduisit la mairie de Paris à ne pas lui verser la subvention qu'elle a allouée aux autres commerces mis à l'arrêt par les attentats.

Le gérant de l'établissement a porté plainte en diffamation contre l'émission de Canal+ qui a fait ses choux gras de l'affaire. A l'en croire, les images qui l'incriminent ne sont qu'«un montage». L'homme estime avoir été piégé. Ces jours-ci, il tente une contre-offensive médiatique (, par exemple). La Justice tranchera.

En attendant, visiblement, on ne se bouscule pas, dans son restaurant. Alors que le grand public se précipita dans chacun des autres établissements endeuillés par les tueries, dès qu'ils rouvrirent.